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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/26/13--13:48: DEUX MILLE ET DES POUSSIERES
  • je raye un millénaire sur le calendrier.
    - Comment trouvez-vous cette vie? - Palpitante!
    - Et ce siècle? - Passable.
    L'éternité ne fait pas son âge, ce matin
    Et moi, poète confidentiel d'une langue partout étrangère,
    Je vous dis que les rues regorgent d'êtres qui n'ont jamais vécu
    Et prennent néanmoins la mort en marche ainsi qu'un autobus
    Pour des odyssées sans issue vers d'abstraites Sibéries ou de scabreuses Babylones.
    Ceux qui n'existèrent qu'à reculons, nourris d'absence et d'avenir posthume
    Savent combien il est dangereux de lancer des prières aux dieux
    Ou de glisser son âme entre les grilles à portée de leurs griffes.
    Serons-nous remboursés à la fin du spectacle?
    Vagabond de l'entre-deux-mondes, je guette les oiseaux qui saccagent le ciel.
    L'automne a mis partout des fruits qui te ressemblent.

     

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    MARC ALYN

     

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  • 03/26/13--15:01: POUR UNE HEURE INCERTAINE
  • « Le silence étouffe tes mots. Quelle langue habites tu ? Ta voix creusée dans le lourd manteau de ['oubli, ta voix revendique migre soudain, s'arrête aux frontières d'un jour moribond. Et s'animent les mots qui dormaient dans la nuit profonde du passé. Mais où es-tu ? Qu'écrira-t-elle malgré toi cette main qui t’échappe sur le revers trouble du jour ? Ta vie bat dans le mot. Mais d'où vient-il ce mot, fragile appel surgi dans la complicité du soir ?

    Va savoir, va savoir. »

     

    .

     

    CLAUDE CAILLEAU

     

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    cail

     

     

     


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  • 03/27/13--11:49: L'ETE SUR LES TERRASSES
  • Parler depuis la mort, sans porte-voix
    suppose un entraînement de tous les instants
    inauguré dès le premier regard.
    C’est de sa propre destruction que l’être s’édifie
    tenu en respect par les appariteurs musclés de la durée
    et la férocité pompeuse des mythes.
    La vie est salissante en dépit des enzymes
    gloutons qui seuls connaissent
    la vérité sur Dieu : hypothèse d’insecte
    projetant sur une feuille de menthe assoiffée
    sa souffrance à facettes.
    Quant à l’humanité, espèce sonnante et trébuchante
             au cours surévalué,
    Métisse d’ici-bas et d’au-delà, sang mêlé,
    qu’elle fasse l’amour à midi, l’été sur les terrasses
    avec le risque contagieux d’engendrer une fois de plus
              le néant
    sans feu ni dieu, dans l’immuable et le fuyant
    puisque sous chaque peau limitrophe du temps
    circule, sève aride, âme prédatrice des corps,
    l’insoutenable fécondité de la mort.

     

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    MARC ALYN

     

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    david ho

    Oeuvre David Ho

    http://davidho.com/

     


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  • 03/27/13--13:58: CREPUSCULE D'AUTOMNE
  • Sa salopette bleue lui serre la ceinture,
    lui morcèle le corps en fesses et en seins,
    la mue en petit homme et lui donne les pleins
    pouvoirs d’une délicate architecture.

    Parmi la brise va la chevelure obscure,
    tout entière elle est fruit, tout entière venin ;
    de ses cuisses ramant – de genre mal certain –,
    elle invente une éphémère pisciculture.

    Amazone à la salopette bleutée, l’art
    la fige dans ce parallèle rituel,
    mouvant sillage à l’abri des migrations ;

    vieux poète, vois-la te jeter ses regards
    de ses yeux piquetant d’astres un autre ciel
    où il n’est pas de port pour tes ambitions.

    .

     

    JULIO CORTAZAR

    Traduction Lionel- Edouard Martin

    http://lionel-edouard-martin.net/tag/julio-cortazar-traduction-en-francais/

     

    .

    salopette-2

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    Su mono azulle ciñe la cintura,
    le amanzana las nalgas y los senos,
    la vuelve un muchachito y le da plenos
    poderes de liviana arquitectura.

    Al viento va la cabellera oscura,
    es toda fruta y es toda venenos;
    el remar de sus muslos epicenos
    inventa una fugaz piscicultura.

    Amazona de mono azul, el arte
    la fija en este rito paralelo,
    cambiante estela a salvo de mudanza;

    viejo poeta, mírala mirarte
    con ojos que constelan otro cielo
    donde no tiene puerto tu esperanza.

     

    .

     

    JULIO CORTAZAR


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  • 03/28/13--04:03: MON CORPS ET MOI...Extrait
  • «N’est vraisemblablement juste ni définitif aucun amour, aucune haine. Mais l’estime où, bien malgré moi et en dépit d’une despotique éducation morale et religieuse, je suis forcé de tenir quiconque n’a pas eu peur et n’a point borné son élan, L’ELAN MORTEL, chaque jour m’amène à envier davantage ceux dont l’angoisse fut si forte qu’ils ne purent continuer d’accepter les divertissements épisodiques»

    .

     

    RENE CREVEL

     

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  • 03/28/13--05:48: GRITO HACIA ROMA
  • Manzanas levemente heridas
    por finos espadines de plata,
    nubes rasgadas por una mano de coral
    que lleva en el dorso una almendra de fuego,
    Peces de arsénico como tiburones,
    tiburones como gotas de llanto para cegar una multitud,
    rosas que hieren
    Y agujas instaladas en los caños de la sangre,
    mundos enemigos y amores cubiertos de gusanos
    caerán sobre ti. Caerán sobre la gran cúpula
    que untan de aceite las lenguas militares
    donde un hombre se orina en una deslumbrante paloma
    y escupe carbón machacado
    rodeado de miles de campanillas.


    Porque ya no hay quien reparte el pan ni el vino,
    ni quien cultive hierbas en la boca del muerto,
    ni quien abra los linos del reposo,
    ni quien llore por las heridas de los elegantes.
    No hay más que un millón de herreros
    forjando cadenas para los niños que han de venir.
    No hay más que un millón de carpinteros
    que hacen ataúdes sin cruz.
    No hay más que un gentío de lamentos
    que se abren las ropas en espera de la bala.
    El hombre que desprecia la paloma debía hablar,
    debía gritar desnudo entre las columnas,
    y ponerse una inyección para adquirir la lepra
    y llorar un llanto tan terrible
    que disolviera sus anillos y sus teléfonos de diamante.
    Pero el hombre vestido de blanco
    ignora el misterio de la espiga,
    ignora el gemido de la parturienta,
    ignora que Cristo puede dar agua todavía,
    ignora que la moneda quema el beso de prodigio
    y da la sangre del cordero al pico idiota del faisán.


    Los maestros enseñan a los niños
    una luz maravillosa que viene del monte;
    pero lo que llega es una reunión de cloacas
    donde gritan las oscuras ninfas del cólera.
    Los maestros señalan con devoción las enormes cúpulas sahumadas;
    pero debajo de las estatuas no hay amor,
    no hay amor bajo los ojos de cristal definitivo.
    El amor está en las carnes desgarradas por la sed,
    en la choza diminuta que lucha con la inundación;
    el amor está en los fosos donde luchan las sierpes del hambre,
    en el triste mar que mece los cadáveres de las gaviotas
    y en el oscurísimo beso punzante debajo de las almohadas.


    Pero el viejo de las manos traslucidas
    dirá: amor, amor, amor,
    aclamado por millones de moribundos;
    dirá: amor, amor, amor,
    entre el tisú estremecido de ternura;
    dirá: paz, paz, paz,
    entre el tirite de cuchillos y melones de dinamita;
    dirá: amor, amor, amor,
    hasta que se le pongan de plata los labios.


    Mientras tanto, mientras tanto, ¡ay!, mientras tanto,
    los negros que sacan las escupideras,
    los muchachos que tiemblan bajo el terror pálido de los
    directores,
    las mujeres ahogadas en aceites minerales,
    la muchedumbre de martillo, de violín o de nube,
    ha de gritar aunque le estrellen los sesos en el muro,
    ha de gritar frente a las cúpulas,
    ha de gritar loca de fuego,
    ha de gritar loca de nieve,
    ha de gritar con la cabeza llena de excremento,
    ha de gritar como todas las noches juntas,
    ha de gritar con voz tan desgarrada
    hasta que las ciudades tiemblen como niñas
    y rompan las prisiones del aceite y la música,
    porque queremos el pan nuestro de cada día,
    flor de aliso y perenne ternura desgranada,
    porque queremos que se cumpla la voluntad de la Tierra
    que da sus frutos para todos.


    FEDERICO GARCIA LORCA

     

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    Cité du Vatican

     


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  • 03/28/13--07:56: MON "JE " ETEINT L'AUTRE...
  • Mon "je"éteint l'autre.

     

    Je le vois à sa mire,

    quand il me regarde

    le louche quand il cerne

    et

    je suis sa voix,

    ne la hait pas ;

    je dis son cours à ma valeur,

    le paie de mon timbre

    tout au son de mon interne action,

    quand

    les mots sont ceux qu'il veut d'autre

    quand

    il est près de céder à leur procession

    vers l'inavouable,

    l'horrible blancheur des plages de l'enfer

     

    Je suis sa vocation

    n'ai d'intelligence que de lui, 

    le juge à ses blessures

    et ne l'aime qu'à sa place

     

    même avisé 

    j'ai l'oeil à la lunette

    quand je le vois se regarder "montré"

    et

    sans me démettre je l'élève

    je l'épaule, je m'en joue

    et

    je le tire du côté d'ombre de la cible.

     

    .

     

    PHILIPPE LEOTARD

     

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    LEOTARD3

     Philippe Léotard

     

     


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  • 03/28/13--08:43: LEURRE ET ILLUSION
  • Allo ?

    (Une voix de femme dit :)

    Jupe, robe, pantalon ?

    (Je réponds rapidement sans sourciller)

    Jupe ou robe

    Jambes nues ? Collant ? Bas Dim up ? Jarretelle ?

    Comme tu veux, mais habillées, oui habillées tes jambes

    Chaussures ?

    Escarpins, mais pas trop hauts ou ce que tu veux…

    Le haut ?

    Corsage, pull léger, tee-shirt… comme tu veux…

    Maquillage ?

    Pas trop. Juste esquissé, à peine visible…

    Rouge à lèvres ?

    Oui de la couleur naturelle de tes lèvres…

    Cheveux, coiffure ?

    Naturelle, floue

    Parfum ?

    Oui, mais discret.

    Bijoux ?

    Juste ce qu’il faut, pas de bracelets.

    Où ?

    A ce restaurant chic, rue Mignet, où je t’avais croisé pour la première fois.

    Quand ?

    Ce soir, à 20 heures.

    Tu me diras un poème, à nouveau ?

    J’essaierai

    Tu seras plus gai que l’autre fois ?

    J’essaierai

    Et moi, comment ?

    Féminine et joyeuse, insouciante, décontractée, naturelle…

    ../..

    Amoureuse ? dis-je

    ../..

    C’est con la Saint Valentin, je dis.

    Tu trouves ?

    Oui, c’est con ; cette histoire de cadeau ; cette histoire d’amour censée renaître de ses cendres ? Phoenix suprême ?

    La vie peut être simple, tu sais, sans cadeau, sans amour vain ; juste toi et moi, pour une soirée. Je mettrai ma petite robe noire, des Dim up noirs opaques, mes créoles en or, et puis c’est tout… OK ? Et puis –puisque tu le veux – je me ferai « féminine », je minauderai, c’est bien ça ?

    ../.. (sourire)

    Tu dis rien ?

    Ça me va, dis-je.

    Bon, je raccroche ?

    Et moi ? Je dois être comment ?

    Jeune, beau, riche, fringuant, volontaire, astucieux, bien habillé, décontracté mais bien habillé, plein d’humour : bref comme d’habitude… Non je plaisante. Attentif, voilà ! Toi, tu dois être attentif ! Il y a tant d’hommes qui ne le sont plus ! Bref, tu fais « attention », tu me regardes ! Tu m’admires ! N’est-ce pas ? Tu me parles en étant a-t-t-e-n-t-i-f …

    Je t’ai toujours aimée, tu le sais !

    L’amour c’est un flux et un reflux, tu le sais, n’est-ce pas ? Profites-en quand c’est le ressac qui vient  vers toi.

     

    …/…

     

    Le sans-domicile-fixe se relève avec difficulté, ses yeux peinent maintenant à voir la gracile silhouette d’une jeune femme habillée d’une robe noire et qui s’éloigne vivement. Il ne distingue bientôt plus qu’un halo d’une noire luminosité. Depuis tout à l’heure Jean la regardait. Elle lui rappelait sa femme, décédée il y a cinq ou six ans. C’était la mort de sa femme, si brutale, si soudaine qui avait tout précipité : l’alcoolisme, le licenciement, le chômage puis la rue. L’abandon de sa famille et tout le reste. Il cherchait à mourir, lui aussi, maintenant, mais seul et ignoré de tous ; c’est ainsi qu’il le voulait. Il venait à la vue de cette jeune femme tout juste de se remémorer les conversations téléphoniques qu’ils avaient jadis lors de moments difficiles ; ils se réinventaient alors une jeunesse dans des rituels de complicité amoureuse.

    Jean ne distinguait plus maintenant la silhouette frêle, il avait perdu ses lunettes, ou volé peu importe. Malheureusement. Il prit son sac-à-dos élimé, et divers plastiques remplis à craquer et se dirigea vers les chambres d’accueil pour la nuit. Le froid venait de tomber vite et son ventre avait faim.

     

    Il eut envie de pleurer. Mais eut un sourire aussi, le visage charmeur de sa femme en tête.

     

    .

     

    FRENCH PETER PAN

    Sur son site

    http://www.frenchpeterpan.com/

     

    .

     

    SDF

     


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  • 03/28/13--10:13: NATHAN KATZ
  •   On pourrait comprendre l’éternité.
         Nous jetons la graine dans les champs ;
         Mais qu’elle pousse,
         Cela dépasse nos forces.

         C’est cela qui pour nous est si incompréhensible :
         La puissante vie,
         Dans laquelle tout pénètre,
         Tout meurt,
         Dans laquelle un jour pour de bon nous retournons,
         Quand l’air passe sur nos tombes
         À travers les vertes haies vives. –

         Et pourtant : c’est comme si parfois on pouvait comprendre l’éternité,
         La saisir avec son cœur :                             
         Quand dehors dans les jardins on entend le bruissement secret.


    .

     

    NATHAN KATZ

    Traduction Eugène Guillevic

     

    .

     

    ETERNITE

     

     

     

     

     


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    La fugacité disparaît
    Toujours la même déflagration je t’aime
    La hâte obstinément éclaire
    Ton souffle où je tombe encore une fois

    Quel dénuement n’ai-je pas dit
    Un souvenir sans souvenir aucun ciel
    N’a l’étendue de l’abandon
    Un cri l’impudeur pensive

    Le sens et l’effacement bougent
    Le désir avec les oiseaux qui respirent
    Tellement le jour était vaste
    Comme quand l’aveu n’a plus d’ombre et roule

    Quand la ressemblance sans cesse
    Si ensevelie se sépare de moi
    L’enfance changée en pitié
    Dans les rochers que l’apaisement forme

    .

     

    BERNARD VARGAFTIG

     

    .

     

    qqq

    Photographie Pierre Mestre

    Sur

    http://www.afleurdenet.com/journalextime/index.php?showimage=234&PHPSESSID=13c85b460be0d4a218e4cea2b7288b79

     

     

     


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  • 03/30/13--12:35: SE SOUVENIR
  • La lampe à huile
    Faisait danser sur le repas du soir
    Les nuages chassés par le vent chaud
    Et l'odeur des tubéreuses se mêlait
    À celle des pommes alignées sur la fenêtre...
     
    En ce temps l'histoire était faite
    D'un bonheur indicible et sans fin.
    Les jours tombaient comme des oiseaux blessés
    Dans les clairières d'ancolies
    Que discernent seuls les yeux des enfants...
     
    .
     
    JEAN-GEORGES LOSSIER
     
    .
     

    nature-vie-


     

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  • 03/30/13--12:58: LE CARRE DU RÊVE...
  • Le carré du rêve
    à chaque côté montre la même femme
    c'est une petite place de marché
    traversée par des courants mobiles,
    diagonales de bon sens.
     
    Il te reste Sénèque, le noir, la pyramide.
     
    Chaque nombre divisé par lui-même
    vomit son âme sur toi.

    La table de Pythagore
    dans son schéma austère
    enferme rêves et larmes.
    Héraclite, son fleuve : tout
    dans la table, le carré
    d'un destin déjà prévu, et Hypoténuse
    n'est pas le nom d'une femme.
     
    La somme des côtés et de tes jours
    traversés par des oiseaux empaillés
    le nombre indivisé, ce pain amer,
    indique un temps d'ailleurs crucifié
    aux abscisses d'une tendresse inattendue,
    un temps astreint à l'espérance.
     
    Voyons alors comment va finir
    cette histoire qui est peut-être sans fin,
    des nombres tendus vers l'infini
    comprenant les étoiles
                                            le sable
                                                        les poissons.
     
    Il te reste une issue, le négatif,
    Sénèque et la morale de la mort.
     
    Celui qui est cher au ciel meurt encore jeune :
    la racine carrée
    l'élu parmi les nombres premiers.
    Et Hypoténuse n'est pas le nom d'une femme.
     
    .
     
     
    CARMELO PIRRERA
    (Caltanissetta 1932)
     
    .
     
     

    philippe charpentier

    Oeuvre Philippe Charpentier


     
     

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       Il faut t’asseoir au nord de toi-même
    et puis au sud
    établir ensuite un axe
    pour tenir debout
    le temps du désamour

    La mer tiendra dans ton poing
    si tu arrêtes tes larmes
    et ta maison sera dans la clé
    Empoigne le bois
    le soleil se lèvera dans sa sciure

    près du cirque vide
    d’où auront fui les fauves
    et ton cheval blond enchaîné
    Elles auraient pu durer encore
    les roses
    mais tu ne l’as pas voulu vraiment…
    Sens la fraîcheur de la nouvelle croix
    La liberté s’inaugure
    lourde mais si légère aussi
    dans son humilité
    Axe fumant à présent…
    va vers le rien
    quelqu’un t’y accueillera.
     
    .
     
    JOSE ENSCH
     
     
    .
     

    alphons mucha 2

    Oeuvre Alphonse Mucha


     
     
     
     

    0 0

    Ne retourne pas la feuille du temps
    ne ferme ce ciel
    ni dans la cendre ce fruit
    qui se fend
    N’aborde la mer avant l’âge
    le champ de sel
    Ô amère joie et l’océan
    la stridence des berceaux
    Ne danse devant le feu
    que dévêtu comme lui
    et sans robe prétexte
    car le temps n’est pas venu.
     
    .
     
    JOSE ENSCH
     
     
    .
     

    TEM2


     
     

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  • 03/31/13--11:47: JE DIS TON NOM
  • O mon amour, tu existes en moi depuis toujours. Il y eut un temps où je t’aimais et où tu ne m’aimais pas encore, mais ce temps est mort depuis tant d’années que je ne m’en souviens plus. Il y eut un temps où je n’étais que moi-même, mais ce temps est oublié. Il y eut un temps où rien n’existait de ce que nous sommes. Et aujourd’hui, ce temps est effacé où je t’aimais et où tu ne m’aimais pas encore. Je dis ton nom et le monde connaît la beauté du matin. Et pâlissent les aurores qui baignent le front des statues de l’ennui. Je dis ton nom et le ciel vide se remplit des promesses d’une nouvelle vie. Tu m’as guéri de mes peurs, tu m’as consolé de mes défaites, tu m’as sauvé de la dérision. Chaque jour, je cherche le chemin qui me conduit vers toi, me rapproche de toi comme un arc-en-ciel d’allégresse. O mon amour, après tant d’autres, je redis ces vieux mots que me dicte ton seul amour.

     

    .

     

    ALBERT AYGUESPARSE

     

    .

     

    PH PACHE


    Photographie Philippe Pache

     

     


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    Le savoir n’est pas la connaissance. Il est même douteux que le savoir y conduise ; et s’il peut y mener, il n’est pas suffisant. Confondre le cumul des connaissances avec la connaissance est un péché contre l’esprit, une faute d’intelligence et une erreur de langage, presque une faute d’orthographe. Poussant sa recherche dans une discipline quelconque, la paléontologie, par exemple, le savant qui prétend enrichir la connaissance (comme je l’ai entendu dire hier) en augmentant le bagage scientifique de ses nouveaux apports, est tout simplement quelqu’un qui ne sait pas penser et qui, par conséquent, parle mal. Il enrichit un nombre : celui des connaissances humaines, dont précisément l’étendue et la masse sont peut-être l’obstacle le plus sérieux mis entre l’homme et la connaissance, l’opposition à leur hyménée. Il connaît trop ce qu’il sait pour savoir ce qu’il doit connaître ; et plus il a de science, moins il approche de la connaissance, dont le premier éveil se fait par un grand holocauste et repose sur lui : l’embrasement qui aboutit à la combustion totale des savoirs particuliers. Réduits en cendres, ils ont donné avant tout leur chaleur et aussi leur lumière ; et c’est cette chaleur, c’est cette lumière-esprit qui donnent vie et battement, mouvement et ardeur à la connaissance qui n’a, dès lors, que faire du savoir.
    L’ennui, dans ce domaine, est que l’accumulation ou le perfectionnement des savoirs est à la portée de n’importe quel imbécile, diplômé ou non, ayant assez de pratique et de technicité dans l’étroitesse de sa spécialité. N’importe qui, s’il dispose de quelques habitudes, peut coopérer à une addition ou à une multiplication. L’ascèse de la connaissance, par contre, qui suit la voie de l’unité et qui est œuvre de singularité, est en quelque sorte réservée à certains élus. Par conséquent l’intérêt majeur, incontrôlable et inconscient de cette inépuisable majorité astreinte à un perpétuel recyclage pour ne pas avoir à quitter son nombre, est d’entretenir farouchement – en elle-même d’abord et autour d’elle superstitieusement – cette confusion déplorable. La science usurpe presque toujours ainsi sa supériorité trop aisément contrôlable. Douteusement. Parce que ce qui compte, finalement, ce qui est essentiel, ce qui importe véritablement se moque de nos idées et n’éprouve nul besoin de se montrer sous un jour vérifiable. Ce qui compte foncièrement ne se démontre pas et n’est jamais à la portée de n’importe qui. On peut en parler. On ne peut pas le dire. Fringale de l’esprit. Nourriture de l’âme. Il faut un grain de génie pour ne pas dévoyer sa vie, pour ne pas la gâcher : un petit rien d’humilité dont la racine fraîche et menue se plonge dans le mystérieux et béatifique esprit de pauvreté (la clef de l’Évangile), pour la vivre vivante et lui donner ses marges.
     
    Apprendre l’apparence. – Se laisser pénétrer. – Percevoir l’apparence. – Affronter l’apparence. – Pénétrer l’apparence. – Enjamber l’apparence.
     
    Une réalité commence là, plus solide que l’autre qui a visiblement trop besoin de gendarmes pour qu’on se fie à sa réelle légitimité. Il n’y a rien à inventer : il suffit de s’y rendre. Elle est le domicile de la connaissance, le vestibule ou le parvis par où passer pour la rejoindre ; et de là, quand on se retourne, on reprend la vision de la réalité dans le bon sens de la lecture. Les choses sont des signes et tout commence là. Une musique, qui peut bien ne pas être toujours intelligible, mais qui appelle et qu’on entend ; un geste qui vous prend et qui vous mène quelque part ; un moment qui vous porte et qui vous repose non pas derrière, mais devant les choses. Comme du temps où les bêtes, les plantes et les pierres parlaient. Dans un même langage. Loin de toutes les choses qui ont fait leur temps ; plus près et de plus en plus près de celles qui nous font le nôtre. Car il n’y a que l’avenir qui alimente le présent ; le passé, lui, n’y peut rien faire : il n’est que l’excrément. La beauté accomplie. Le vestige de ce qui a vécu très au-dessus de nous. La beauté sans promesse. L’autre beauté est incertaine, le gibier de la chasse, mais sa promesse est le seul aliment, la seule nourriture. Car la vie commence devant. Celle dont on connaît les dates et les heures est arrivée, finie. Toute naissance est appelée (non pas poussée) appelée à naître indéfiniment jusqu’à l’heure de sa mort où elle est poussée, enfouie, recouverte de son premier mystère.
    Le plus absurde est qu’il y ait des philosophes qui, étant eux-mêmes des êtres vivants, des souffles de vie, puissent s’autoriser de leur « pensée » pour décider que la vie est absurde. L’a priori est non, tant qu’ils ne sont pas morts, et leur recherche devrait commencer là. Simplement. Non. L’absurdité est en eux seuls, comme leur propre contradiction.
     
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    ARMEL GUERNE
     
     
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    jeu_d_ombre2


     
     

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  • 04/01/13--10:25: MAX POL FOUCHET
  •  Merci Francis....

     

    Il passe toujours un nuage
    Pour nous distraire à nous-même
    Il vole toujours un oiseau
    Pour nous enlever à la terre

    Il passe toujours une étoile
    Pour nous ôter au troupeau
    Il naît toujours une fleur
    Pour nous enlever aux oiseaux

    Il vient toujours une insecte
    Qui nous ravit à la fleur
    Il accourt toujours une vague
    Pour nous ôter à ce qui meurt

     

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    MAX-POL FOUCHET

     

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    OISE


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  • 04/01/13--10:36: CHEMINS DU DOUTE...Extrait

  • Écrire ce n’est pas espérer
    une quelconque réponse
    mais une bouteille à la mer
    sans le moindre message
    Écrire pour se justifier
    d’être au monde : cela suffit

    *

    Entre l’orgueil des métaphores
    et l’eau vive de l’humilité
    choisir où le poème ira boire
    Cette soif d’infini
    n’est jamais que prescience
    intuition paradoxale

    *

    L’écriture n’est jamais
    que timide questionnement
    sur notre humaine destinée
    L’on interroge les mots
    et les mots vous interrogent
    Ce dialogue sans issue
    ni la plus petite chance
    de jamais se conclure
    porte sa raison d’être
    en ce vain effort
    pourtant recommencé

    *

    Maux pour mot
    mot à maux
    tenter de dire
    la déchirure
    dans le tissu
    des jours vains
    Il faut prendre
    ses mots
    en patience

     

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    FRANCIS CHENOT

     

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    ecrit

     


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  • 04/02/13--07:10: LE GANT DE CRIN...Extrait
  • Quelle terrible épreuve constamment renouvelée. S’asseoir pour écrire le plus beau poème du monde, le sentir tel en soi, le vivre, en contenir difficilement la frémissante beauté qui déborde et transforme tout votre être et le soulève, puis … rester avec ce bout de glace entre les doigts ou cette cendre !
    Tout le reste a été consuméà l’intérieur. Dehors, il n’y a plus que le reflet des flammes. Car le poète est un four à brûler le réel.
    De toutes les émotions brutes qu’il reçoit, il sort parfois un léger diamant d’une eau et d’un éclat incomparables. Voilà toute une vie comprimée dans quelques images et quelques phrases.

     

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    PIERRE REVERDY

     

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    JULIETTE ARISTIDES

    Oeuvre Juliette Aristides

     www.aristidesarts.com


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  • 04/02/13--09:07: JUARROZ
  • Chacun s'en va comme il peut,
    les uns la poitrine entrouverte,
    les autres avec une seule main,
    les uns la carte d'identité en poche,
    les autres dans l'âme,
    les uns la lune vissée au sang,
    et les autres n'ayant ni sang, ni lune, ni souvenirs.

    Chacun s'en va même s'il ne peut,
    les uns l'amour entre les dents,
    les autres en se changeant la peau,
    les uns avec la vie et la mort,
    les autres avec la mort et la vie,
    les uns la main sur l'épaule
    et les autres sur l'épaule d'un autre.

    Chacun s'en va parce qu'il s'en va,
    les uns avec quelqu'un qui les hante,
    les autres s'en s'être croisés avec personne,
    les uns par la porte qui donne ou semble donner sur le chemin,
    les autres par une porte dessinée sur le mur ou peut-être dans
    l'air,
    les uns sans avoir commencéà vivre
    et les autres sans avoir commencéà vivre.

    Mais tous s'en vont les pieds attachés,
    les uns par le chemin qu'ils ont fait,
    les autres par celui qu'ils n'ont pas fait
    et tous par celui qu'ils ne feront jamais.

     

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    ROBERTO JUARROZ

     

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    dholaprogressionej1

    Oeuvre David Ho


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