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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 12/06/16--11:00: CONCERT POUR DAMES
  • Femmes de la terre et femmes de vent
    Femmes des clairières
    Femmes dans la terre d'entre les morts
    Femmes faîtes des arbres ruisseaux
      Femmes des jours nouveaux et des ombres pures
    Femmes au fardeau, déployées toutes ensemble
    Femmes christiques des matins de pluie
    Femmes exhangues des photographies
    Femmes dans les vagues de mes songes heureux
    Femmes parties trop loin
    Femmes des images passées à dévoiler les rêves
    Femmes uniformes au couteau d'argent
    Femmes sous la tente aux bracelets d'argent qui tintent
    Femmes des cythares et des vases peints
    Femmes caméléons entourées de plaines et de cyprès
    Femmes à l'orée sauvage d'un instant de grâce accordée
    Femmes venues des sommets sur le tertre de l'enfance,
    Je vous ai couronnées.
    Et chaque morsure du froid sur mes doigts,
    Chaque baiser donné, chaque lueur dans vos yeux
    Me renvoie à la Femme qu'en vous toutes je suis.

     

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    MARTINE BIARD

     

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    amel zmerli,

    Oeuvre Amel Zmerli

     

     


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  • 12/07/16--01:24: ATTENDEZ...
  • Attendez, je n’ai pas dit mon dernier mot ni déchiré tous mes livres, il me reste un cœur fugitif qui chevauche une langue inespérée, un verbe escaladé au petit jour, des secousses d’images dans ma nuit végétale. Attendez, je n’ai pas salué tous les hiboux silencieux de mes forêts, ni bu le sang bleui de mes vampires, l’or de ma mémoire scintillant sur la lande endormie. Non je n’ai pas épuisé toutes mes barques du désir ni bu l’alcool de chaque vigne, je n’ai pas exploré toute l’exactitude des heures ni relevé tous les axes du soleil. Je veux m’allonger encore sur cette herbe glacée près de mes spectres bienveillants, père blessé, mère soumise, ô fantômes dansant dans la respiration de l’aube, je veux dire merci à ceux qui m’aident à porter le fardeau, mes présences de cristal, mes lampes au vent, mes voyageurs sans boussole, ô mes splendeurs quand je tombe à chaque doute, le souffle traversé par le chant et le tumulte de l’univers.

     

    .

     

     

    BRUNO RUIZ

    2016

    https://brunoruiz.wordpress.com/

     

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  • 12/07/16--06:26: LA PAIX, DISENT-ELLES
  • La paix disent-elles
    La guerre font-ils

    Nous avions maquillé nos yeux pour contempler le ciel
    Et rougi nos lèvres au suc des grenades pour embrasser la terre
    Nous avions arrondi nos ventres pour honorer le monde

    Les oiseaux se sont tus
    Ô silence des déserts rendus plus arides
    Sous l’acharnement des chars
    Que restera-t-il sous la cendre ?
    Nous cherchons les chemins, les champs
    Dévastés par les bottes

    Nos yeux sont cernés de deuil, nos jardins de décombres
    Nos sexes ont été fouaillés au nom des frontières
    Nos bouches souillées
    Nos ventres ont accouché d’enfants traîtres

    Ô paix abandonnée aux ronces
    Mariée couronnée de la fleur d’oranger
    Laissée blanche dans un cortège funèbre
    Nous demeurons tes filles d’honneur
    Et
    Nos voix continuent d’élever au milieu des salves
    Leurs chants impérieux
    Nos pieds continuent de fouler la terre gorgée de sang
    En danses imprécatoires

    Nous nous vêtirons à nouveau pour les noces
    Nous nous parfumerons à nouveau de rose
    Nos maisons s’ouvriront à nouveau au voyageur
    Le ciel reflétera à nouveau les vagues du désert

    Nos obsédantes psalmodies emplissent déjà l’horizon où se poursuit notre légende

    .

     

    GHYSLAINE LELOUP

     

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    Photographie tirée du film " Syngué sabour, pierre de patience "


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  • 12/07/16--10:53: L'INDICIBLE
  • Pas de mots
    la tendresse du vent
    le respir d’une essence
    l’accueil de son épaule…

    mon être qui revit
    la joie cachée dans la nuit

    Je viens
    lentement
    je viens
    j’entre dans le non-dit
    dans les abysses de ton être…

    et voici nos fragilités
    cette fêlure dans la pierre
    cette arme de satan
    j’en partage le sang
    et l’amère faiblesse

    ta chère… ton humble main
    ta main si fraternelle
    anéantit les traces

    La nuit le reçoit du silence
    le murmure court entre les arbres
    d’un souffle
    va
    va profond
    et soulève le poids
    qui étouffait le cœur
    le brise
    en disperse les cendres…

     

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    ÉLISABETH KOECHLIN



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  • 12/08/16--05:14: UN OEUF A REBOURS
  • À Alep, les enfants n'ont plus d'yeux. Ce sont les poupées qui ferment leurs paupières. Les oursons meurent les bras en croix. Le pus des ballons crève. La mort des enfants règne dans le pays des cèdres. Les djihadistes se confondent avec les G.I. Joe. On ne compte plus les cadavres dans les ruelles en sang et les maisons en ruine. On compte les balles dans le chargeur. Chaque nouveau mort engraisse un marchand d'armes. Je n'aurais jamais cru les hommes si méchants. Le capital entoure le monde de cruauté. Un voisin que je croyais ami m'a brisé une épaule et menacé de mort. Si j'écris sur la mort, ce n'est pas par peur de mourir. Je serais mort si je n'y pensais pas. Je suis dans un grand vide que je remplis de mots. Lorsque je peux, je disparais entre les arbres, les tons sombres du bois, les brouillards de brume, les broussailles d'herbe folle et les cahiers brouillons. Je veux toucher du doigt ce que l'on ne voit pas, manger des yeux ce que le temps cuisine, retrouver l'âme dans la beauté des choses. Contrairement aux dieux, les eaux ne dorment pas. Elles miroitent parfois pour cacher le courant. La lumière se transforme imperceptiblement. La rosée du matin épouse le soleil. Des gestes frayent dans la laitance du jour. La pluie, cette langue du ciel, ce glissement de la main sur la douceur d'un sein, ce plissement de terrain, ce souffle des nuages, la pluie fait remonter l'enfoui dans les berceaux d'argile. Une autre langue bouge en moi en remuant des mots. Ils imprègnent la page d'une salive d'encre. En manque de papier, quelques phrases titubent sur la table. Je n'ose pas bouger pour ne pas perdre le fil. Il arrive qu'un crayon touche le plus vivant et soigne les blessures. C'est souvent dans les mots que l'âme touche le corps. Ayant perdu le s du mot oiseau, les frissons de la langue couvent un œuf à rebours.

    .

     

    Jean-Marc La Frenière

    http://lafreniere.over-blog.net/

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    syria2

    Alep


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  • 12/08/16--10:40: AGNES SCHNELL...Extrait
  • En pensant à toi Agnès...

     

    Un jour grignoté
    sans transparence
    chants d'oiseaux perdus
    soupirs de la terre submergée
    toute la nuit
    la pluie a chanté
    mille doigts d'eau
    ont pénétré mon sommeil...


    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    PLUIE


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  • 12/08/16--11:38: AIR - JOHANN SEBASTIAN BACH

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  • 12/08/16--12:02: REGARD DES ETOILES


  • à Jean Laugier, i.m.


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    Ce corps de glaise,
    pesant, lié au sol,
    tiré vers l’invincible nuit,

    ce corps où l’esprit veille
    comme l’oiseau, dans la charpente de ténèbre,
    la cage d’os qu’un sang paisible éclaire,

    en songe une musique le saisit,
    l’allège et le dénoue de la terre charnelle.

    l’aile promise, triomphale, déploie
    ses plumes frémissantes.

    Il se retourne
    et la rosée l’aspire.

    Les yeux fermés,
    rêvons que dans le froid
    s’élève librement notre corps de lumière.


    Et le voici alors dissous dans la lumière,
    dépossédé du sang
    et du grand livre intime que feuillette
    un vent de glace, éparpillant l’histoire.

    Il n’y a plus ni songe ni mémoire
    de la terre embrassée,
    arbre et femme mêlés
    d’amour et de douleur.

    Et le jardin des mots
    qui fleurissait jadis,
    un âpre gel le brûle.

    L’éternité bâille comme un désert
    de sable pur, sans maître ni veilleur.


    Désert,
    renonce à ton désir en rêve d’une pluie

    et d’une fleur alors qui ne fût fleur
    mystique et couronnée
    dans cette enceinte vierge du désert.

    Que la pluie et la fleur ne soient plus que le songe
    d’un jardin étranger
    qu’irriguent l’eau et le sang de l’exil.

    Seule beauté du roc :
    sable, ciel et silence,
    sans rien qui te détourne du regard des étoiles.



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    JEAN JOUBERT

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    ODILON REDON2

    Oeuvre Odilon Redon


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  • 12/11/16--08:44: SOMNANBULE
  • Je garde sous la peau mon costume de mort
    avec à l'intérieur le long poignard de l'aube
    ma voix se couvre mon ombre et moi nous sommes seuls
    et je laisse sur l'eau des blessures insensées

    Je suis à bout de peau je fais des métiers d'absence
    je descends dans le corps des oiseaux somnambules
    j'éteins les ombres blanches sur le miroir des morts
    et la couleur du monde s'est perdue en chemin

    Je vois le ciel pendu à des crochets de plomb
    je vois des marées mortes dans le sang blanc des algues
    et sur les seuils de pierre des bracelets d'oiseaux

    Dans un désert de peau je guette un enfant fou
    je vois dans les bûchers des émeutes de miroirs
    et le même visage à toutes les fenêtres....

     

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    TRISTAN CABRAL

     

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    dominique perreard2

    Oeuvre Dominique Perreard

     

     


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  • 12/11/16--09:10: GHYSLAINE LELOUP...Extrait
  • Voix envolée, cris d’hirondelles
    Arc du corps, traduction des ailes
    Venant d’en bas les cris

    Silhouette furtive des futaies
    Mes élixirs guérissent, on me dit maléfique
    Arrachée des forêts aux grandes fougères
    Ils me fouettent me fouaillent me forcent et m’étouffent
    Ma robe est jaune pour le feu et son orgie de ténèbres

    Toujours les cris

    Musique condamnée jusque dans les cages
    Le glas de la prière tombe comme nos larmes

    Traquée dans un orient aux fontaines séchées
    Je porte ma prison en un voile tissé lourd
    Ciel obscurci sous les barreaux de mon regard

    Les étoiles se taisent la lumière s’achève

    Mais revient aujourd’hui et sa promesse de clarté

    L’obscurité du temps n’y fera rien
    Pas plus que leurs souillures
    Une lumière d’un autre ordre
    Brûle
    Intacte dans ma chair peuplé de voix

    Le jour se lève

    Je rejoins la prochaine aurore

    .

     

    GHYSLAINE LELOUP

     

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    sebastien baroukh2

    Oeuvre Sébastien Baroukh

    sebastienbaroukh.wix.com/baroukh-peintures

     

     

     

     

     


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    " Que te dirais-je de la poésie ? Que dirais-je de ces nuages, de ce ciel ? Les voir, les voir, les voir... et rien de plus. Tu comprendras qu'un poète ne peux rien dire de la Poésie. Laissons cette tâche aux critiques et aux professeurs. Mais ni toi, ni moi, ni aucun poète, nous ne savons ce qu'est la Poésie.
    La voici ; regarde. je porte le feu dans mes mains. je le comprends et je travaille parfaitement avec lui, mais je ne peux en parler sans littérature. "

     


     ! DIAMON~11

     

    FEDERICO GARCIA LORCA

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     ! DIAMON~11

     

     

    poesie

     

     

     


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  • 12/13/16--08:14: ERNEST PEPIN...Extrait
  • Irons-nous

    Pays frileux

    Au bord des fraternités

    Vrai cœur recousu de la mer

    Au hasard

    L’irrémédiable en nous

    L’atroce traversée de la fosse en nous

    Au hasard

    Le neuf galop d’une île qui cherche

    Se cherche

    Au hasard

    D’un feu de camp

    D’un boucan de soleil

    Coupable de quoi

    Je demande au remords

    Aux souvenirs hantés

    Au pays à venir

    Et que façonne la belle espérance

    Visage dû

    Ile tue

    Le ciel ne s’en est pas allé

    Il est en nous

    Irons-nous jusque là

    Aux dernières nouvelles

    Tout est en nous

    Tout est à nous

     

     ! DIAMON~11

     

    @Pépin Ernest

    Lamentin/Faugas

     

     ! DIAMON~11

     

    emmanuelle_auzou

    Photographie Emmanuelle Auzou

     

     

     

     

     


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  • 12/13/16--09:14: HEIDEGGER
  • Chemins,
    chemins de la pensée ; ils vont d’eux-mêmes,
    ils s’échappent. Quand donc amorcent-ils à nouveau le tournant,
    dégageant la vue sur quoi ?
    Chemins allant d’eux-mêmes,
    jadis ouverts, soudain refermés,
    plus tard. Montrant de l’antérieur,
    jamais atteint, voué au non-dit –
    relâchant les pas
    à partir de l’accord d’un fiable destin.
    Et à nouveau presse
    une ombre incertaine
    dans la lumière qui tarde.

     

     ! DIAMON~11

     

    MARTIN HEIDEGGER

     

     ! DIAMON~11

     

    Soon_Young_Lee__

    Oeuvre Soon Young Lee


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    Ecrire un poème sur rien,
    où toutes les transparences peuvent flotter,
    ce qui n’a jamais connu la condamnation de l’être,
    ce qui l’a abandonné déjà,
    ce qui est sur le point de commencer
    et ne commencera peut-être jamais.

    Et l’écrire avec rien ou presque rien,
    avec l’ombre des mots,
    les espaces oubliés,
    un rythme qui se détache à peine du silence,
    et un silence marqué dans un point
    de l’autre côté de la vie.

    Un poème sur rien et avec rien.
    Peut-être que tous les poèmes
    passés, futurs ou impossibles
    pourraient tenir en lui,
    au moins un instant chacun
    comme s’ils se reposaient dans sa forme,
    dans sa forme ou son rien.

     

     ! DIAMON~11

     

    Traduit de l’espagnol par Silvia Baron Supervielle

     

      ! DIAMON~11

     

    Escribir un poema sobre nada
    donde puedan flotar todas las transparencias,
    lo que no conoció nunca la condena del ser,
    lo que ya la abandonó,
    lo que está por empezar
    y tal vez nunca empiece.

    Y escribirlo con nada o casi nada,
    con la sombra de las palabras,
    los espacios olvidados,
    un ritmo que apenas se destaca del silencio
    y un silencio acotado en un punto
    por detrás de la vida.

    Un poema sobre nada y con nada.
    Quizá todos los poemas,
    pasados, futuros o imposibles,
    puedan caber en él,
    por lo menos un instante cada uno
    como su descansaran en su forma,
    en su forma o su nada.

     

     ! DIAMON~11

     

    ROBERTO JUARROZ

     

     

     ! DIAMON~11

     

     

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    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com/

     

     


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  • 12/13/16--09:56: J'AIMERAIS TOUT SAVOIR
  • J'aimerais tant savoir comment tu te réveilles,
    J'aurais eu le plaisir de t'avoir vue dormir
    La boucle de cheveux autour de ton oreille,
    L'instant, l'instant précieux où tes yeux vont s'ouvrir.
    On peut dormir ensemble à cent lieues l'un de l'autre,
    On peut faire l'amour sans jamais se toucher,
    L'enfer peut ressembler au Paradis des autres
    Jusqu'au jardin désert qu'on n'avait pas cherché.

    Quand je m'endors tout seul, comme un mort dans sa barque,
    Comme un vieux pharaon je remonte le Nil.
    Les années sur ma gueule ont dessiné leur marque,
    Mes grands soleils éteints se réveilleront-ils?
    On dit depuis toujours, "le soleil est un astre,
    Il se lève à cinq heures ou sept heures du matin",
    Mais chaque heure pour moi n'est qu'un nouveau désastre,
    Il n'est pas sûr du tout qu'il fera jour demain.

    Je ne suis jamais là lorsque tu te réveilles,
    Alors je parle seul pour faire un peu de bruit,
    Mes heures s'éternisent et sont toutes pareilles,
    Je ne distingue plus ni le jour ni la nuit,
    Je ne crois pas en Dieu mais j'aime les églises,
    Et ce soir je repense au gisant vénitien
    Qui me ressemblait tant… Mais la place était prise
    Toi seule sait vraiment pourquoi je m'en souviens.

     

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    BERNARD DIMEY

    JEHAN CAYRECASTEL

     

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    Oeuvre Michael Parkes


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    Pour Vincia, ma fille que j'aime

     

    Dors, ma fille, ma gazelle,
    ma rose du Doued et de la Laponie,
    mon fruit d'Asie, ma tourterelle,
    la nuit chantonne "V....." ( Virginie )
    Dors mon jasmin, mon Bagatelle,
    mon poisson d'or, ma symphonie,
    une étoile ouvre son ombrelle
    sur le berceau de V......( Virginie )

    Dors mon oiseau, ma belle abeille
    mon bébé de songe et de vie,
    j'entends les chevaux du sommeil
    attelés de rêve et de bruit.

    Mon opéra, mon arabesque,
    mon air de fable et d'infini
    j'entends chanter au vent de sable
    un air de fées pour V......( Virginie )

     

    ...

     

    ses yeux sont pleins de lunes tranquilles
    ses yeux sont pleins de malles perdues
    par des corsaires aux fonds des creux marins !
    ses yeux quand le sable est mouillé
    qu'il y neige des mouettes,
    que la terre est brûlée et que la nuit s'y jette
    voilà ses yeux de nouveau-né !
    Elle a des yeux de perce-neige et de poème hindou,
    elle a parfois des yeux de prétentaine
    qui rendent bleu l'oeil andalou,
    elle a parfois des yeux pleins de lanternes,
    des yeux de filets posés, de vol de nuit,
    des yeux de charme, de devineresse
    des yeux de certitude et de guerrier,
    elle a des yeux de plomb pour amarrer les fées !

     

    .

     

    COLETTE SEGHERS

     

    .

     

     

    Photo VINCE2,

     


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  • 12/15/16--04:21: BRUNO ODILE
  • Nos souffles sont restés dans l’abandon.

    Des brises lames s’enfoncent dans la cornée des heures mortes. Je suis estomaqué de voir combien le temps se limite parfois à la seule pensée qui m’occupe. Ta silhouette tabanège (1) à l’intérieur de mes rêves, tu es l’Arlésienne dans la fugue, tu es le sanquet (2) recueilli pour la marinade confectionnée par l’émotion. Tu fais la cabucelle (3) et le parfum du thym placarde les parois de ma mémoire. Qui du senti ou de la pensée précède l’autre ? Il n’y a pas de mesure pour exprimer ce qu’effleure le souvenir. Tu exacerbes mes sens à la rencontre de ce qu’ils ignorent et tu augmentes ma réflexion par-delà la simple contemplation.
    « Uno terro, uno lenguo, un pople » (une terre, une langue, un peuple), je t’assimile à l’identité de notre culture. Celui qui n’est jamais allé en nôtre pays, te reconnaîtra dans l’accent qui épouse nos expressions colorées.
    Et puis, comment oublier nos après-midi à jouer aux alentours du moulin de Daudet, nos cabrioles dans les champs qui bordent le Rhône, nos pique-niques aux abords de Maillane. Chaque champ de lavande me rappelle nos cache-cache improvisés, chaque champ d’oliviers me ramène aux promenades que nous faisions les jours sans école.
    Le réel m’échappe toujours. Je voyage au travers de la pitrerie des jours lancinants comme des épures au pays des ruines. Je garde le contact avec ton fantôme. L’amour me conduit à pratiquer des excursions immobiles. Mon cœur trimballe ses malles à l’infini de tes contours.

     

     ! DIAMON~11

    (1) Tabanèger : vaquer à des taches sans grand intérêt.  (3) Faire la cabucelle : couvercle d'un pot d'une marmite.

     ! DIAMON~11

     

    BRUNO ODILE

     

     ! DIAMON~11

     

     

     

    fonds-ecran-enfant-

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 12/15/16--07:51: ELOGE DE LA FUITE...Extrait
  • Amour. Avec ce mot, on explique tout, on pardonne tout, on valide tout parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux hommes politiques.

    L’amour déculpabilise, car pour que tous les groupes sociaux survivent, c’est-à-dire maintiennent leurs structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorés.

    Le mot d’amour se trouve là pour motiver la soumission, pour transfigurer le principe du plaisir, l’assouvissement de la dominance.

    Aimer l’autre, cela devrait vouloir dire que l’on admet qu’il puisse penser, sentir, agir de façon non conforme à nos propres désirs, à notre propre gratification, accepter qu’il vive conformément au nôtre. Mais l’apprentissage culturel au cours des millénaires a tellement lié le sentiment amoureux à celui de possession, d’appropriation, de dépendance par rapport à l’image que nous nous faisons de l’autre, que celui qui se comporterait ainsi par rapport à l’autre serait en effet qualifié d’indifférent.

    Ce que l’on appelle « amour » naît du réenforcement de l’action gratifiante autorisée par un autre être situé dans notre espace opérationnel et le mal d’amour résulte du fait que cet être peut refuser d’être notre objet gratifiant ou devenir celui d’un autre, se soustrayant ainsi plus ou moins complètement notre action. Ce refus ou ce partage blesse l’image idéale que l’on se fait de soi, blesse notre narcissisme et initie soit la dépression, soit l’agressivité, soit le dénigrement de l’être aimé.

    On naît, on vit et l’on meurt seul au monde, enfermé dans sa structure biologique qui n’a qu’une seule raison d’être : celle de se conserver. Mais, chose étrange, la mémoire et l’apprentissage font pénétrer les autres dans cette structure, et, au niveau de l’organisation du moi, elle n’était plus qu’eux.

    La source profonde de l’angoisse existentielle, occultée par la vie quotidienne et les relations interindividuelles dans une société de production, est cette solitude de notre structure biologique enfermant en elle-même l’ensemble, anonyme le plus souvent, des expériences que nous n’avons pas retenues des autres. Angoisse de ne pas comprendre ce que nous sommes et ce qu’ils sont, prisonniers enchaînés au même monde de l’incohérence et de la mort.

     

     ! DIAMON~11

     

    HENRI LABORIT

     

     ! DIAMON~11

     

     

    SAMANTHA KELLY SMITH,

    Oeuvre Samantha Kelly Smith

     

     

     


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  • 12/15/16--09:40: GHYSLAINE LELOUP
  • Ça murmure ça chuchote
    Entends

    Dedans
    La petite voix

    Qui te remonte
    Au détour du printemps
    Une petite plainte
    Un couinement de pauvre bête entravée

    Et moi ?
    Où ?
    Comment ?
    Pourquoi ?

    Le bleu de la mésange ecchymose l’enfance
    Le vieux rêve obsolète qui ne veut pas mourir
    Une serre cobalt veinée de plomb
    La vie miroitante empoignant ses fêlures

    Renvoyer l’enfance au coin des illusions
    L’abandonner encore et encore
    Aux sentiers battus
    Aux petits cailloux imbéciles
    À l’ogre gave de pain d’épices

    « On dirait qu’on serait des plumes d’oiseau-lyre
    Et qu’on s’envolerait sous les vents alizés… »

    Oublie le vieil enfant aux genoux couronnés
    Inconsolable dans ses chagrins vitrifiés

    Maintenant ruisselle
    Fécondant comme pluie d’été

    Oublie le vieil enfant

     ! DIAMON~11

     

    GHYSLAINE LELOUP

     

     ! DIAMON~11

     

    MANEGE


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  • 12/16/16--06:22: JE ME SUIS RECONNU...Extrait
  • Le tyran a posé devant lui ses mains nues
    et, seul devant ces mains étrangères, ces Mères
    presque exsangues sur le drap pourpre des nations,
    seul contre ces ménades pâles de l’histoire
    dont l’ombre lacère sans trêve l’univers,
    il fixe leur blancheur funèbre dans les âges
    il sent la nuit grandir derrière elles, le sang
    les soulever jusqu’au regard de dieu qui juge !
    Les siècles neigeront en vain sur ces déserts
    et le sang vainement saturera leur poudre,
    ils sont blancs jusqu’au sang même dont ils sont teints
    et nus, jusqu’à la mousse aride des armées :
    rien n’ose les vêtir devant l’éternité,
    pas même le Sang pur de la miséricorde.

    Vertige aux innombrables mains, son Ombre immense
    agrippe le tyran sans yeux, sans voix, sans mains.
    (Son orbite est le creux des vents visionnaires,
    son mutisme le seuil béant de la clameur :
    la bouche noire il crie les foules, hérissées
    de moignons si pareils aux siens, et qu’elles tendent
    vers lui, dérision majeure !). L’Ombre est vide
    à pic-horizontal où croulent les armées.

    Ah ! Saisir ce rameau de ciel qui se balance
    ce Signe ultime avant la chute illimitée !
    Hélas ! L’homme est sans mains, le monde sans mémoire
    l’Ombre aspire en avant le tyran fasciné,
    il tombe dans la haine et la gloire : si dure
    la surface de son orgueil, que pas un pli
    n’en tressaille dans l’avenir. Ainsi la pierre
    en sa lourde immobilité tombe sans fin,
    ainsi croulent debout dans leur néant sonore
    tant de statues coulées de l’airain des nuées

     

    ! DIAMON~11

     

    PIERRE EMMANUEL

     

    ! DIAMON~11

     

     

    BROOKS SHANE SALZWEDEL,

    Oeuvre  Brooks Shane Salzwedel

     

     

     



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