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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    ...

    un oiseau s’est posé aujourd’hui sur tes lèvres,
    comme si c’était un infime tremblement de paille
    ou de la poussière blanche,

    comme si c’était l’haleine d’un songe
    ou un charbon de neige,


    un oiseau s’est ainsi posé au bord du vide,
    au bord de la pensée,

    tout au bord du silence,
    tout au bord d’un poème entrouvert,



    ce qu’on appelle un oiseau, ce n’est pas un oiseau,

    c’est un voile avec l’oiseau en dessous,
    c’est une prairie avec des insectes minuscules,
    de la rosée, du chant d’herbe et un voile au-dessus de tout ça,

    et c’est aussi du chant d’oiseau,
    si lointain qu’on ne sait pas s’il viendra un jour,

    ou s’il restera à chanter au centre
    du Nulle part,

    au centre d’un poème,



    un poème vient en réalité de nulle part

    et il ne va nulle part ailleurs
    qu’au centre de soi-même,

    quelle que soit l’ombre ou la lumière
    qui le pousse à devenir un jour
    poème


     

     ! DIAMON~11

     

    YVES NAMUR

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Hokuzai Katsushika (1760-1849), Canari et petites pivoines, 1834, estampe nishike-e, Japon, 24

     Oeuvre Hokusai Katsushika

     

     

     


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  • 12/16/16--07:50: KAMIKASE KETCHUP...Extraits
  • dans quelques mois
    j’aurai quarante ans
    j’ai peur je serre les dents
    j’enfonce un mouchoir
    dans ma gorge
    pour ne pas hurler
    dans quelques mois
    j’aurai quarante ans
    je ne sais pas qui je suis
    je ne sais pas où je vais
    Terrorisé d’avance
    puisque ce sont les ordres
    supérieurs secrets

    Autrefois j’avais une maman.
    Autrefois
    parce qu’elle est morte
    j’avais trois ans je crois
    il n’y a personne pour me renseigner
    exactement
    Mon père
    ne parle plus de tout cela
    il s’est remarié
    il y a longtemps
    il a fait deux enfants
    que je n’aime pas
    il vieillit mal
    il respire très fort la nuit
    en souvenir d’une blessure
    de guerre
    d’une évasion Stalag KZ
    la fuite à travers la neige
    la nuit
    les chiens flairent la trace
    D’un couteau il tue un SS
    la lune est froide
    au-dessus de la Poméranie

    J’aime tes cuisses bleues
    tes lèvres
    de campagne brûlée
    Je songe à tes seins
    qui sont deux solos de saxos
    deux amazones
    deux nuits boréales
    j’aime ta chair
    je te suce
    jusqu’à ce que
    la ville flambe

    Sur la photo il y a ma mère
    Elle sourit à mon père
    hors champ
    elle est belle on m’a raconté
    Elle est coiffée d’un béret
    nous sommes en 1936
    j’ai cinq ou six mois
    je souris béat
    j’ignore tout
    du Front populaire
    En Espagne Federico
    vient de crever,
    assassiné par des imbéciles
    des phallocrates, des fascistes
    Tu souris, tu me regardes
    avec des yeux de mai 1968
    Je ne sais pas que je suis
    mortel j’ignore qu’un jour
    je serai cet ivrogne
    titubant
    le long
    de la rue des Archives
    Première à gauche
    rue Rambuteau
    Puis c’est la Rue Beaubourg
    un effort Camarade
    Première à gauche encore
    Tu t’épuises
    Enfin rue Chapon.

    J’ai mon père
    il ne m’a pas dit
    trois phrases
    depuis mon enfance
    il pleut quelque part
    sur ma ville natale
    j’oublie les coups les bleus
    les baffes les gnons
    les torgnoles
    j’aime cet homme déglingué
    cassé il est mon géniteur
    un jour une nuit
    il m’éjacula sur terre
    je devrais le haïr
    je n’y arrive pas

    ...


    dans quelques mois
    j’aurai quarante ans
    de plus en plus je me perds
    il y a des flics
    qui me pistent
    il y a ma tête mise à prix
    Au secours docteur Freud
    À moi Emiliano
    (Emiliano Zapata fut
    mon copain d’enfance.
    Ensemble
    nous dévalisions les nids
    ensemble nous couchâmes
    à l’heure de la puberté)

    je marche j’écris
    « André Laude
    a un beau brin de plume,
    André Laude est un spécialiste
    de la culture Underground
    Allan Ginsberg a touché les couilles
    d’André Laude
    André Laude
    écrit comme Williams Burroughs
    et il est l’ami
    de Brion Gysin
    À la Tartine
    il salue d’un coup de chapeau
    Roland Topor
    et l’aveugle
    de la rue des Mauvais Garçons

    André Laude est poli.
    Il a du talent au Monde
    on le respecte
    la dactylo l’invite
    le week-end
    dans sa maison
    nichée au creux de la verdure
    André Laude récite des poèmes
    aux vieilles folles de Chaillot
    puis il sort sa bite
    et pleure
    comme un « orphelin d’Auteuil ».

    Ça fait mal maman
    de penser à toi
    depuis si longtemps
    que tu pourris sous la terre
    j’aimerais
    baiser tes seins de bois sec
    tu m’écris
    que tout va bien pour toi
    pourtant je m’inquiète
    je ne t’ai jamais dédicacé
    un de mes livres
    tu n’as jamais tourné
    les pages
    depuis vingt ans je t’écris
    pourtant je hais les mots
    qui mentent et qui défigurent

    Sais-tu au moins
    que je suis papa
    une fille de neuf ans
    Nedjma
    il faut que je t’explique
    ça veut dire étoile en arabe
    à cause de Kateb Yacine
    et de mon année de taule
    et de la rue des Merguez
    à Alger
    avec l’indienne
    qui avait le troisième œil
    Un fils de quatorze ans
    Vincent
    comme Van Gogh
    Quand il naquit il était bleu
    fou condamné idiot
    le quatorze juillet dernier
    il a dansé
    Rue Sainte-Croix
    de-La-Bretonnerie
    Une danse étrange
    il inventait les gestes
    la musique
    C’était beau à pleurer
    des gens
    avaient les larmes aux yeux
    Sa mère
    faisait semblant de rire
    Et j’ai pensé alors
    que les êtres
    ne se trouvent jamais
    au moment exact

    Maman c’est à toi
    que je songe cette nuit
    tu me manques
    comme me manque la femme
    dont je caresserais
    les cuisses les seins
    le sexe diabolique
    dans quelques mois
    je vais avoir quarante ans
    de plus en plus
    j’efface mes traces
    je disparais
    André Laude voyage
    aux antipodes
    murmurent ceux qui m’aiment
    Je n’irai pas
    aux Galapagos
    Cette nuit
    c’est la rumeur
    du ressac à Roscoff
    qui m’obsède
    Elle s’appelait Lil
    C’était sans doute un mensonge
    Elle avait
    une bouche de marée haute
    des seins
    de mouettes effrayées
    des yeux de phares des Trépassés
    Elle s’appelait Lil
    dans son kabig mouillé
    elle tremblait
    comme Yseult
    sous la voile noire
    Rue Rambuteau
    la putain réelle me sourit.
    Elle est grosse laide.
    Pourtant
    je vais monter avec elle ;
    Je lui parlerai de Rimbaud,
    de Reich, de Tristan Tzara,
    de Rosa Luxembourg,
    du Pouvoir Absolu des Conseils
    elle s’en foutra.
    Je la couvrirai de foutre.
    Elle sera nue, grasse, ignoble.
    On s’enculera mutuellement.
    Parce que c’est bon.
    Parce que c’est la mort
    vaincue trois minutes.
    Parce que
    c’est la misère humiliée
    un éclair bref.

    Mes Géniteurs
    je vous crache à la gueule.
    C’est moi
    qui crèverai un jour.
    Vous n’y avez pas pensé
    la nuit
    où vagin et queue s’épousèrent
    dans des hurlements,
    dans des bonds de bête fauve
    Maman je t’aime !
    Dans quelques mois
    j’aurai quarante ans.
    Je suis un auteur comblé :
    neuf livres pour enfants,
    trois recueils de poèmes,
    un roman
    plus deux ou trois trucs
    sous presse.
    Pour la centième fois
    je relis la lettre
    d’une salope qui jadis m’offrit
    son ventre velu, son pubis :
    « on commence toujours
    par faire l’amour
    avec les yeux ».

     

     ! DIAMON~11

     

    ANDRE LAUDE

    "Comme une blessure rapprochée du soleil "

     

     ! DIAMON~11

     

    André-Laude-

    André Laude

     

     


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  • 12/17/16--14:54: UNE ONDÉE DE MOTS
  • Il pleut de leurs yeux
    des averses
    sur le sol piétiné
    par tant d'errance
    que même les fleurs
    se prosternent
    au passage des pas usés

    oubliant la faim la soif
    et la boue
    leur espoir s'entraîne
    pour la course européenne
    et même américaine
    jusqu'au fil d'arrivée
    devant les barbelés

    il pleut aussi d'une île à l'autre
    dans le regard des enfants usés
    ne leur reste que les fleurs
    et la boue pour s'amuser

     

    ! DIAMON~11



    HUGUETTE BERTRAND

    ! DIAMON~11

     

    enfance


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  • 12/17/16--15:39: LA FEUILLE
  • De toutes les feuilles que j’ai frôlées dans les taillis avant que le vent nomade ne les entraînât sur les routes,
    Je n’en veux retenir qu’une seule, la plus commune, mais qui les réunit toutes
    Parmi les alertées, les craintives, les soleilleuses, la celle-là
    Qui, dans le temps où elle appartenait encore à la branche, timidement bruissait entre les mots que j’écris là,
    Une feuille, pour que l’été sauvé ait son visage !

    Le peintre est plus heureux que le poète, qui sur sa toile assemble les couleurs et les paysages Rouges de sang, verts comme sève et bleus du ciel de ce tableau.
    L’espace est plein à ras bord, l’eau déliée déborde quand on y trempe la pointe du pinceau.
    Moi, je n’ai couleur que de mots et leurs lumières
    Sont noires comme le feu captif à l’intérieur des pierres.
    Et le langage grince et crie entre l’inerte et le vivant et me fait mal
    Quand je me fraie un passage pour rejoindre ma place entre le particulier, le général.
    Il me suffit pourtant d’un mot, d’un seul, pour l’ouverture.
    Comme la source
    Qui s’étire entre les joncs avant de prendre course,
    S’éveille dans le plaisir et le murmure dans l'immense octave du plain-chant,
    La feuille libre devient langue commune dans la bouche même du vent.

    Ainsi tous deux élus sans choix — et peu m’importe que je sois laurier, et toi acacia à odeur de femme — ou bien feuille de chêne,
    Nous ne savons ensemble que les premiers mots de l’été, mais les autres sont venus, faisant la chaîne
    Où tout se tient, et le monde et les cieux se sont ouverts
    Et il en faut peu pour que la pression aérienne de cette feuille ne déborde sur nous l’univers.

    Et l’arbre vient qui la porta, et tous les arbres avec leurs lichens sur l’épaule, et le buisson où le soleil se déchire,
    La haute mer des prés qui lance ses vagues d’herbes comme des messagers pour s’assurer de son empire,
    Et les chemins où nous nous sommes rencontrés — chemins à deux que l’on suit un moment, qu’on abandonne en leur montrant du doigt le rendez-vous
    Sur la colline qui s’embrase avec la haute maison solaire du mois d’Août.

    À l'image d'une journée prise entre deux pages d'un herbier,
    elle dort, maintenant, la feuille, un long sommeil l’a prise
    Et si bougent les souvenirs, c’est qu'entre les mots court un ruisseau dont les syllabes sur les pierres se brisent,
    Se plaignent et se mélancolisent en reliant hors du temps l’aube et l’espoir.
    Une feuille tombe de la rive dans le poème, et c’est la même. Alors, des fonds où ils dormaient, se détachent les poissons noirs de la mémoire et affleurent la surface pour venir voir.

    Elle est verte et légère à la vitre du poème qu’elle ride. À son envers,
    Que je monte aussi vers sa lumière et que vivre me soit soudain différent quand je regarde à son travers.
    Que tout me soit à nouveau sauvé, me soient données toutes les chances et que s’élance
    Un autre étééternel avec ses terres à l’affût. Plus large et plus puissant
    Pour avoir crevé la membrane verte de l’espace, malgré la charge accrue des ans où ploie mon chant,
    Je vais grandir et devenir moi-même été, prairie, colline.
    Nos pas perdus se rejoindront dans nos poitrines,
    Ces pas de loup, ces bruits de feuilles accourant en tous sens
    Qui reprendront chaleur et renaissance dans le sang.

    L’amour inquiet a besoin de patience
    Et dans le monde du poème où j'étends les bras pour assigner à chaque chose sa place, son harmonie et ses distances,
    Peut-être que j'apaiserai et confondrai dans un même secret
    La feuille perdue qui rêvait d’avoir un visage et mon visage qui avait perdu sa forêt.

     

     ! DIAMON~11



    JEAN MALRIEU

     ! DIAMON~11

     

    Femme-avec-une-feuille-dans-la-main,

    Oeuvre ?


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  • 12/18/16--09:25: GHYSLAINE LELOUP
  • Ils ont tant de fois tenté
    De broyer mon corps et d’effacer ma mémoire
    En habits d’infamie, ployant sous l’anathème
    Leurs mots lacéraient ma chair autant que leurs pierres

    Je sais les deux

    L’obscurité du temps n’y fera rien
    Pas plus que leurs souillures
    Une lumière d’un autre ordre
    Brûle
    Intacte dans ma chair peuplée de voix

    J’ai trois mille ans
    Mariée sans amant sur une faille d’encens
    Je hurle la prophétie de dieux affolés
    Les hommes m’exilent loin des vivants
    Venant d’en bas les cris

    Toujours les cris

    J’ai deux mille ans
    Épouse répudiée aux aubes de granit
    Chênes entaillés des solstices
    Je ne cueillerai plus vos beaux fruits mordorés
    Le gui a éteint son or au seuil de la raison

    J’ai deux mille ans ailleurs
    Repentie à la chevelure parfumée
    Ils me disent la putain de l’autre
    Celle qui danse sur des paroles inouïes
    Et baise ses mains sans entraves

    Depuis mille ans figée dans leurs cathédrales
    Vierge définitive ou catin repentie
    Ils ont gelé mes courbes dans des plis de stuc
    Ourlé ma bouche de marbre

     

     ! DIAMON~11

     

     


    GHYSLAINE LELOUP

     

     ! DIAMON~11

     

     

    FRANCESCO HAYEZ

    Oeuvre Francesco Hayez

     


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  • 12/18/16--09:28: JOEL GRENIER...Extrait
  •  "Pourquoi a-t-il fallu qu’un bout de nuit s’entasse
    Au fond de cette allée oubliée par le temps,
    Que la pluie de janvier recouvre de sa crasse
    Ces semblants de pavés balayés par le vent?
    Pourquoi a-t-il fallu que des ombres sans âme,
    Fantômes du Néant, viennent s’y perdre un soir,
    Pour planter le décor d’un mauvais mélodrame,
    D’un film de quatre sous sur un écran trop noir?
    Pourquoi a-t-il fallu qu’une femme perdue
    Dépose son bébé dans les bras du hasard?
    Personne n’habite cette maudite rue
    Qui ne fait après tout qu’abriter le blizzard!
    Même Dieu se foutait, au chaud dans son église,
    Que cet enfant soit nu : son fils, lui, l’était bien !
    Il s’en moquait comme de sa propre chemise,
    Qu’il avait dû donner au dernier des chrétiens.
    Et même la lune, s’en battant les étoiles,
    S’est voilé la face d’un nuage plus dense.
    Ô lune maudite, tu n’enlèves tes voiles
    Que pour les sorcières quand elles sont en transe.
    Mais pour le nouveau-né que l’on offre en pâture
    Aux griffes de l’hiver, aux morsures du froid;
    Il n’est point de destin aux couleurs de l’azur,
    Ni même une prière, encore moins une croix."

     

     ! DIAMON~11

     

    JOEL GRENIER

     

     ! DIAMON~11

     

     

    sabine-weiss2

    Photographie Sabine Weiss

     

     


    0 0

     D’ici là
    D’un instant l’autre
    L’inattendu adviendra
    Quand les dieux habiteront l’intervalle
    Du dire à l’entre-dire
    Du don à l’abandon
    Tout le respiré du printemps
    Qu’un trait de sang retrace
    La brûlure éclatant en bourgeons
    Ivresse et soif demeurent intacts
    Dans l’initial rythme retrouvé
    Source sera nuage et nuage averse
    D’ici là
    D’un instant l’autre
    Nous nous rejoindrons
    Chacun en avant de soi
    S’étend de ce qu’il ouvre
    S’accroît de ce qu’il donne
    Toute fêlure offrande
    Toute en- tente
                                       ex- tase

     ! DIAMON~11

     

    FRANCOIS CHENG

     

     ! DIAMON~11

     

    inconnu

     

     


    0 0


    Au nom d’Alpha, de Bêta, grands-prêtres du langage,

    Veaux d’or de la Loi et maîtres des cérémonies,

    Chefs de la chronologie, pères de l’alphabet,

    Qui est origine et fin, de tout temps à jamais,

    En ce livre lourd, épais, plurivolumineux,

    Sur lequel on se penche sans savoir ce qu’on cherche,

    Mais que l’on parcourt sans cesse avec jubilation,

    Je me prélasse, comme je vis, de mot en mot.

    Après des haltes aux endroits justes, salutaires,

    Après avoir contourné l’objectif à atteindre,

    Sondé dans le profond, ou bien gagné les hauteurs,

    Après des erreurs de parcours, de fil en aiguille,

    Uni l’antinomique et autres choses subtiles,

    Fait mes ablutions en l’eau des étymologies,

    Par l’éclair d’une métaphore absolue, désir,

    Je reviens toujours vers toi, ô patrie de l’enfance,

    Donnant terre à mes pieds, terre du mot à mot.



     ! DIAMON~11

     

    ZBIGNIEW BIENKOWSKI

    Traduit par Michel Manoll

     

     ! DIAMON~11

     

     

    daniel jaugey

    Oeuvre Daniel Jaugey

     

     


    0 0

    Je retourne au pays des sources avant les noces du
    chêne, avant l’enfance, avant la nuit. Il y a, sur le bord
    du chemin de sable, la trace et la trame de toutes les
    années passées. Et parfois dans le ciel, les étoiles glacées
    portent un visage, une voix et le manuscrit d’une
    vie.
    Je retourne au pays des fées, je vais dormir dans la
    forêt du milieu avec le petit peuple des légendes.
    Où vont les années qui passent : dans quel grenier ?
    Dans quelle mémoire ? Dans quel doux oubli ? Et le
    grand livre de la vie est toujours ouvert à la page du
    jour présent.
    Et le miroir est changeant qui déforme les paraboles
    du visage, l’ivoire de nos désirs et la brume des souvenirs.
    Je retourne au pays des sources et le temps et l’âge
    sont de taquins compagnons de voyages. Ce sont des
    elfes malicieux qui ne respectent rien des usages.
    Je retourne dans mon pays près du ciel bleu et de la
    rivière Guisane. Je retourne dans le puits des jours
    devant moi. Le seul pays qui veut bien de moi, c’est
    celui de mon pas.

     

     ! DIAMON~11

     

    PATRICK CHEMIN

    www.patrick-chemin.odexpo.com

     

     ! DIAMON~11

     

    ciel MONTAGNE


    0 0
  • 12/19/16--12:05: LUIS MIZON
  • Je voudrais quitter ma ville
    et mon corps
    pour aller vivre ailleurs
    si le ciel était lumière de l'instant
    je partirais en quête du ciel
    si le ciel habitait notre regard
    je chercherais la transparence
    pour voir le vol des oiseaux traverser tes yeux
    et l'instant de lumière
    se poser près de nous
    jour après jour
    j'imite je colle je reconstruis avec des mots
    les morceaux dépareillés de l'instant
    une maison éphémère entourée de cigales
    de bidons et de vieux pneus

     ! DIAMON~11

     

    LUIS MIZON

     

     ! DIAMON~11

     

    Elfi Cella3

    Oeuvre Elfi Cella


    0 0
  • 12/20/16--12:38: MICHELE MORGAN - Hommage
  •  ! DIAMON~11

     ! DIAMON~11

     

     ! DIAMON~11

    .

    ! DIAMON~11 


    0 0

    ! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11

     

     Restera-t-il en tes mots
    quelque image
    qui parlera de ton absence ?
    Restera-t-il en tes mots
    un peu de l'haleine tiède...
    qui leur donna des ailes ?

    ...

     Mourir ce n'est peut-être qu'une mue
    un abandon des boues
    une altération de la lumière
    et des mots... pour d'autres...

    ...

    Un jour grignoté
    sans transparence
    chants d'oiseaux perdus
    soupirs de la terre submergée
    toute la nuit
    la pluie a chanté
    mille doigts d'eau
    ont pénétré mon sommeil...

     

    Agnès Schnell

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    De résines et d’ombres (3)
    In memoriam Agnès Schnell

     

    Es-tu libre
    Des ferventes angoisses ?
    Vois-tu
    Le ciel d’en haut
    Comme une page ?
    Peux-tu encore prier
    Comme le doute
    Dans ce qui est
    Nos cathédrales ?
    Tu n’es plus
    Sur la terre
    L’arbre ne dit plus
    Ton nom
    L’air est saturé
    De ceux qui sont allés
    Pousser la porte
    Que nous ignorons

     

    © Patrick Chemin
    Le 8 décembre de 2016

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Au-delà de la mer,
    disais-tu,
    quelles lumières ?
    Vers quel destin de pierre et de sable
    tourner des visages creusés
    par la brûlure d'exister
    Le vent tournoie
    Le vent fait vibrer l'impossible,
    violon pour la soir,
    jungle verte dans l'ocre désert...

    Au-delà de la mer
    comme un mirage à l'infini,
    cette terre brûlée
    en attente de pluie
    Interminable combat des vivants
    pour que s'installe une clarté vivace
    Lancinante espérance

    Dans l'ombre de tes yeux
    j'ai vu passer tous les instants du vivre
    noires blessures, éclats de soleil,
    chemins d'herbes et de poussière
    Et tu rayonnais malgré la détresse

    Si la mort est au bout du chemin,
    qu'elle soit l'estuaire
    où la rivière abandonne ses boues
    pour entrer, nue, dans l'océan

    Au-delà des mers, disais-tu,
    Quelles sources nouvelles ?

     

    Colette Gibelin

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Pourquoi le mystère de la mort
    Nous est-il apparu si simple en ta présence

    Pourquoi l'automne a-t-il cette douceur
    Pourquoi même les animaux de l'arche sont complices
    Pourquoi de très loin l'univers nous fait signe
    Pourquoi le ciel nous couvre de caresses
    Pourquoi la terre nous prend-elle sur son sein

    Pourquoi en ce verger
    Serions-nous restés des heures encore
    À contempler les fruits de ton amour
    Pourquoi avons-nous franchi émerveillés
    Chaque arpent de ces vendanges tardives

    Pourquoi partout dans les auberges
    Avec toi ce rendez-vous des pauvres
    Pourquoi ces mains tendues
    Ces cœurs brûlants
    Ce bon pain de l’amour partagé

    Pourquoi partout ce goût d'exode
    Et cette joie sans reste
    Et toutes ces semences
    Pourquoi la moisson délivrée
    Et la simple assurance d'une mission désormais sans soucis

    Pourquoi entre tes bras ce souffle d'infinie gratitude
    Ce léger toucher du divin
    Ce chant silencieux de reconnaissance
    Pourquoi plus haute que notre douleur
    La douce lumière persistante sur la rétine de nos cœurs

    Pourquoi en nous cette dilatation de l'âme
    Pourquoi ce lâcher des peurs
    Cet espace sans limites
    Cet envol de ballons
    Dans l'arc-en-ciel de nos enfances

    Pourquoi ce soulèvement d'archets
    La danse des papillons
    Le ballet des colombes
    Pourquoi la certitude d'un printemps à venir
    Pourquoi ces rameaux d'olivier
    Abandonnés par l'oiseau au seuil de nos demeures

    Pourquoi entre nous la vie donnée
    La grande Vie déjà là déployée
    Pourquoi le jour sans fin
    Et sur le rebord de l’instant
    Les pas confiants de l'aube attentive

    Pourquoi ce sourire qui ne nous quitte pas
    Ce soleil déposé comme un fruit mur
    Dans la paume ouverte de chaque matin ?

     

    Jean Lavoué

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Périodiquement,
    il faut faire l’appel des choses,
    vérifier une fois de plus leur présence.
    Il faut savoir
    si les arbres sont encore là,
    si les oiseaux et les fleurs
    poursuivent leur invraisemblable tournoi,
    si les clartés cachées
    continuent de pourvoir la racine de la lumière,
    si les voisins de l’homme
    se souviennent encore de l’homme,
    si dieu a cédé
    son espace à un remplacement,
    si ton nom est ton nom
    ou déjà le mien,
    si l’homme a terminé son apprentissage
    de se voir de l’extérieur.

    Et en faisant l’appel
    il s’agit de ne pas se tromper :
    aucune chose ne peut en nommer une autre.
    Rien ne doit remplacer ce qui est absent.

     

    Roberto Juarroz

    " De la présence des arbres ? "

     

    ! DIAMON~11

     
     
    Pour Agnès Schnell

    Celle qui s’en va
    Porte à l’avant du corps
    Un verbe nouveau
    Qui épuise les étoiles
    Tient dans sa main
    Ce qu’elle devait écrire
    Plus tard
    L’absence est soudaine
    Feu de givre
    L’étonnement
    Puis la peine

     

    © Patrick Chemin (2016)
    Extrait du livre
    « Les petites gares et le verger »

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Au-delà des limites de la vie, il y a toujours une vie nouvelle
    Dont les frontières sont inconnues.
    Au-delà des jours sans souvenirs
    Il y a toujours une condition d’un autre domaine
    Il y a toujours un air plus vif, un ciel plus clair
    Une aspiration immense dont tu ne te savais pas capable,
    Une rupture

    Elle engendre une naissance émerveillée.

     

    Pierre Seghers

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    À quel endroit de ce monde maintenant
    Pourrait-on rencontrer ton visage
    Ton visage et ton corps
    Avec son passé qui fut vivant ?
    Ce que j’entends
    C’est le seul bruit des mots
    Donnés comme l’épaisseur noire du monde, et restant
    Dans l’inconnu
    De ce qui fut portant visible et vivant ?



    James Sacré

     

     

    ! DIAMON~11

     

     


    Où va le souffle après ? Où vont les mots ?

    Belle histoire la terre qui rejoint le ciel
    Croire dépasse le réel

    Quels signes dans les spectres évanescents des nuages ?
    Quelles paroles en l’air ?

    Les yeux blessés par chaque deuil coagulé
    Sillons profonds des ans retenus contre soi
    Précipices sans bord

    Résistent tout au fond blancheur aiguë du sable
    Ces moments où s’impose l’amour tellement
    Qu’on se croit éternel
    Accordé au monde

     

    Mireille Fargier-Caruso

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    J’avance sans filet
    d’une étoile à l’autre
    glissant à travers les trous noirs
    je saute de lunes en soleils

    Je me balance aux bords
    de la terre
    déjà je ne lui appartiens plus

    Parce que ce poème est un mensonge
    il a le droit d’être beau

     

    Anise Koltz

    " Le porteur d'ombre "

     

    ! DIAMON~11

     

     

    C'est presque l'invisible qui luit
    au-dessus de la pente ailée ;
    il reste un peu d'une claire nuit
    à ce jour en argent mêlée.

    Vois, la lumière ne pèse point
    sur ces obéissants contours
    et, là-bas, ces hameaux, d'être loin,
    quelqu'un les console toujours."

     



    Rainer Maria Rilke

    " Les quatrains valaisans "

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Sur le soupir de l'amie
    toute la nuit se soulève,
    une caresse brève
    parcourt le ciel ébloui.

    C'est comme si dans l'univers
    une force élémentaire
    redevenait la mère
    de tout amour qui se perd.

    Rainer Maria Rilke

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Ce corps de glaise,
    pesant, lié au sol,
    tiré vers l’invincible nuit,

    ce corps où l’esprit veille
    comme l’oiseau, dans la charpente de ténèbres,
    la cage d’os qu’un sang paisible éclaire,

    en songe une musique le saisit,
    l’allège et le dénoue de la terre charnelle.

    l’aile promise, triomphale, déploie
    ses plumes frémissantes.

    Il se retourne
    et la rosée l’aspire.

    Les yeux fermés,
    rêvons que dans le froid
    s’élève librement notre corps de lumière.

    Et le voici alors dissous dans la lumière,
    dépossédé du sang
    et du grand livre intime que feuillette
    un vent de glace, éparpillant l’histoire.

    Il n’y a plus ni songe ni mémoire
    de la terre embrassée,
    arbre et femme mêlés
    d’amour et de douleur.

    Et le jardin des mots
    qui fleurissait jadis,
    un âpre gel le brûle.

    L’éternité bâille comme un désert
    de sable pur, sans maître ni veilleur.

    Désert,
    renonce à ton désir en rêve d’une pluie

    et d’une fleur alors qui ne fût fleur
    mystique et couronnée
    dans cette enceinte vierge du désert.

    Que la pluie et la fleur ne soient plus que le songe
    d’un jardin étranger
    qu’irriguent l’eau et le sang de l’exil.

    Seule beauté du roc :
    sable, ciel et silence,
    sans rien qui te détourne du regard des étoiles.

     

    Jean Joubert

    " Regard des étoiles "

     

     

    ! DIAMON~11

     

    .

    Coupé du ciel, des racines, de l'espoir, le passage aura-t-il été inférieur ? L'osmose, les traverses, la souffrance, la paix, la direction, pourquoi, comment, où ? Et que devient l'amour quand la matière meurt ? Un quant à soi opaque resserre les murs. Temps mal ajusté qui plombe l'instant et finit en eau. Quelque part, un jardin, sa patience, l'attention d'un chien jaune, les jours où l'on chuchote pour ne rien déranger, une virevolte de neige sur les crevasses d'hiver, des baies rouges pour le lièvre blanc, la rivière suspendue en brisures, la voix du clocher à l'oreille du paysage, un rêve d'ange dans une aile d'oiseau, les brimborions festifs des vieilles vignes. Quand le gel embrasse le ruisseau sur la bouche et que se tait le cri, revient en mémoire une géodésie des sèves plus sûre que les chemins d'homme.

     

    Ile Eniger

     

    .

    ! DIAMON~11

     

     

     ...

    La nuit vient pour mourir

    tout comme nous.

    Sur un disque irisé

    nos traces gravées

    disent nos racines

    celles des jours

    où la pluie était magicienne

    et notre vie

    amour illimité. "

     

    Agnès Schnell

     

     ! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11! DIAMON~11

     .


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    Laissez-moi dans l’exil

    voyager parmi les étoiles d’eau

    les gémissements de l’air

    laissez-moi là-bas dans le poème

    au cœur de l'infini à Alep

    l’espérance désespérée

    la détresse couchée sur les murs

    nous reviendrons ô terre

    et la vie enfantera ce qu'elle recèle encore de merveille

    dans chaque souffle qui anime l’humain

    lave les rêves de la rose

     

    ! DIAMON~11

     

     

     AHMED BEN DHIAB

    Inédit 2016

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ahmed ben dhiab,

    Oeuvre Ahmed Ben Dhiab

     

     

     

     


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  • 12/23/16--08:52: LE JARDIN SUSPENDU...Extrait
  •  Toujours les choses se dérobent et laissent
    le regard errer sur cette nappe de clarté
     dont la douceur n’est que l’approche de la pierre
      pour de violentes noces imparfaites.
     Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,
     de quel cri s’éveillera le chemin ?
     Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées,
     dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres.

    ! DIAMON~11

     

     

    PIERRE-ALBERT JOURDAN

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Joyce Gehl,

    Oeuvre Joyce Gehl


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  • 12/23/16--10:18: LES YEUX FERMES
  • J’ai grandi dans la beauté fugitive de matins bleus. Rien ne bougeait pourtant que le scintillement de l’eau. Tout tremblait en moi comme la liqueur des rêves. J’étais un animal marin entre les étoiles dormantes au fond des chenaux, la cabriole sur les algues et l’ombre des goélands.
    J’ai dormi dans des chambres tièdes où me visitaient des corps silencieux. J’étais fait de départs et d’ombres blanches sur la mer, en habit de feuillage, entre les violons du vent et les hautbois de l’automne.
    Je me souviens d’habits légers de femmes tombant sur des chevilles, de pins des Landes enfouis sous le sable. Des parfums dansaient dans la musique des cheveux des filles, des flammes rouges sur les épaules. Elles avaient le visage salé d’un temps immobile et caressé.
    Je fus une église fraîche à midi, une ancre descendant lentement dans l’eau verte, l’horizon lent d’un ennui écarlate.
    Ne me demandez pas le prix de tout cela. Il n’existe pas. Il se dépense en moi comme un alcool puissant, me tient dans l’ébloui d’instants qui font de mes vieux jours des milliers de cahiers étranges, un désordre incandescent d’images, un archipel où j’invite chaque soir la dérive des curieux.
    Ne me demandez pas l’oubli.
    Laissez-moi éloigner mes adieux à chaque fois que je m’endors.

     

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    BRUNO RUIZ

    2016

     

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    gerald-bloncourt,,

    Oeuvre Gérald Bloncourt


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  • 12/23/16--14:08: QUE LA VIE ME PARDONNE
  • La vie est une orange mûre et bigarrée

    Un présent que l’on ne finit pas d’ouvrir

    Une mémoire d’autres vies

    Une enfance qui  tourbillonne vers sa lumière

    J’ai habité un nuage

    Et j’ai tellement voyagé que j’ai avalé le noyau du monde

    Je n’avais que mon cœur pour monture

    J’ai pansé le soleil

    Rendu hommage aux femmes nues

    La vie m’a toujours tout donné

    Des pépites d’amour

    Des cimetières de rêves

    Des sanglots

    Des naufrages

    Et des torrents de rires

    Ainsi soit-elle

    Ma parole a usé les miracles

    Elle a aussi recyclé les arcs-en-ciel

    A force de souffler sur les braises d’amour

    Toute vie est une faille

    Un arbre que l’on plante dans sa propre chair

    Dans la plus belle des solitudes

    Mais il y a pire

    Il y a ceux qui souffrent

    Ou qui meurent de vivre

    Qui remontent à la source au-delà du malheur

    Peut-être faut-il aimer le présent

    Ouvrir le cadeau

    Et demander l’hospitalitéà la vie

    Où est la maison du rêve

    Nous la construisons chaque soir sous l’éclat des paupières

    Mais le rêve ne nous attend pas

    La vie est trop pressée de vivre pour attendre

    L’oiseau court après son chant

    Et moi je cours après mon ombre

    Je n’ai jamais douté de l’ombre

    Cette part fidèle de l’errance

    Aux dernières nouvelles

    Demain remontera de la nuit

    Comme un seau sort du puits

    Il y aura de l’eau pour toutes les soifs

    Et de l’amour à boire

    Aux dernières nouvelles

    Il y aura des indignés sur les places publiques

    On parlera au printemps

    On réveillera le feu

    L’amour applaudira

    Je veux de cette vie là

    Je veux de la rosée des mots

    Je dis à ma vie qu’elle est tambour

    Une résistance à l’affût

    Une mer en manœuvre de beauté

    Voici ma vie

    Je la suis ou je la précède

    J’emprunte une oasis cosmique

    J’emprunte un nom de guerre et d’amour

    J’emprunte un monde boiteux

    J’emprunte tout y compris ma peau d’homme

    Et je vis

                    Avec vous

                    Parmi vous

                    Comme un mendiant heureux de respirer

    Le monde a une odeur de mère

    J’habite ma mère

    Je vis…

    Comme l’arbre hisse sa voile

    Comme l’abeille polit son miel

    Je vis…

    Sans raison de vivre

    Par la femme qui porte ses seins comme un bouquet

    Par le vent qui m’enlace sans m’étouffer

    Par la poésie qui me souffle d’aimer

    Que la vie me pardonne

    Que la vie me pardonne

     

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     ERNEST PEPIN

    Faugas/Lamentin

    21 décembre 2011

     

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    SAMERE TANSLEY,

    Oeuvre Samere Tansley

     

     


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  • 12/24/16--06:05: COLETTE ...Extrait
  • "J'ai vu tant de Noëls... Noël ici, Noël au loin - et pourquoi pas Noël dans mon village natal ? C'est que mon village ne célébrait que le premier de l'an, et ne faisait guère d'apprêts pour la crèche, l'âne humble et le boeuf dont l'haleine réchauffe, depuis deux mille ans, un dieu nu... Rien ne commémorait Noël chez nous sinon l'ellébore. Sous son nom populaire "rose de Noël" elle seule fleurissait le jardin de décembre et de janvier. Quand la neige tenait bon pendant une quinzaine, j'allais la soulever par moellons épais, par croûtes friables, et me récriais de trouver la feuille digitée, la fleur en bouton, le petit oeuf blanc, clos, teinté d'un peu de couperose, sa tige épaisse, ronde et rougeâtre. "

     

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    COLETTE

    24 décembre 1953

     

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    ellebore

     

     

     


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  • 12/24/16--06:28: MOTS DE NOËL
  • Que reste-t-il ? ...
    De ce qu’on a su,
    De ce qui a déjà valu,
    Que reste-t-il ?
    Que reste-t-il
    De l’étrange Nouvelle
    Annonçant le grand Éveil,
    Proclamée comme la Merveille ?
    Que reste-t-il ? ...
    Que reste-t-il
    Quand la nouvelle est denrée périssable,
    En ces jours où tout neuf est jetable,
    Où plus rien n’est indispensable,
    Parce que tout paraît remplaçable ?
    Que reste-t-il ? ...

    Ce qui reste,
    Ce pourrait être pauvres grenailles,
    Pitoyables fragments, rien qui vaille,
    Des rogatons de minable boustifaille
    Pour une humanité affamée, sur la paille,
    Gisant entre les champs
    de stupides batailles.
    Voilà peut-être ce qui reste.
    Ce qui reste,
    Ce pourrait être la froide nudité
    D’âmes et de cœurs décharnés,
    Le creux ennui de vies esseulées
    Dans un monde devenu inhospitalier
    Quand tristement a pris congé
    La plénitude d’un destin partagé.
    C’est peut-être là ce qui reste.
    Ce qui reste,
    Ce pourrait être
    encore la teneur
    D’un secret confiné en la noirceur
    De notre abîme d’horreurs
    Où grouillent mille agents de peur,
    Et qui attend la calme éclaircie d’un heur
    Pour dégager discrète lueur
    Où point l’espoir de bonheur.
    Ce peut être cet intrigant reste.

    Mais où
    regarder
    quand il ne reste
    De l’étoile au firmament,
    De la clarté venant d’Orient
    Que la lumière des écrans,
    Que néons et feux clignotants
    Semant la ruée des passants
    Dans les labyrinthes d’un sombre néant ?
    Comment
    dire
    quand il ne reste
    Pour dégager cette clarté
    Que mots tragiquement évidés,
    De viles pacotilles farcis, bourrés,
    Tout juste capables d’aguicher,
    Habiles surtout à fourvoyer
    Une humanité en mal de frivolités ?
    Comment
    fêter
    quand il ne reste
    Du mystérieux événement
    Que piteux souvenirs chancelants
    Sur insipides décors ronflants,
    Enfouis dans un apparat décadent
    Où grognonne le dieu argent
    Au grand plaisir des marchands ?

    Que
    faire
    au milieu de tous ces restes ? ...
    Au fond de l’abîme plonger résolument,
    Affronter le monstrueux Léviathan
    Des eaux troubles de ce temps
    Qui s’en prend même aux enfants,
    L’affronter en un singulier engagement,
    Mais sans ferraille comme armement.
    "Imprudent et inutile geste !"
    De proclamer s’empressera-t-on.
    Toutefois c’est clair que les canons
    Ne savent pas donner le ton
    Pour que se crée l’unisson
    D’une immense et silencieuse clameur de fond
    S’élevant contre la haine, vengeance
    et courte vue des convictions.
    "Simple et valeureuse geste !»
    Faut-il rétorquer toutefois,
    Que cette originelle voix
    Au cœur du pauvre, du riche, du roi,
    Montrant à l’humanité en désarroi
    La seule et unique voie
    Vers l’hospitalité d’un même toit.

    .....

    Alors en quête de ce qui reste
    Par delà oripeaux, travaux et tas de cadeaux
    Qui jonchent le vide,
    le rien du beau,
    Peut apparaître comme en un halo
    Le souvenir du premier chaos :
    Au commencement, la parole, le mot;
    Puis s’annoncer la mission de dire à nouveau.
    Dans le temps qui nous reste,
    Redire
    à neuf l’univers
    Pour que le monde des experts
    Géniteur de ses propres adversaires
    Avec pouvoir de le défaire,
    Trouve un espace salutaire
    Pour s’établir à demeure et
    être.

    Le symbole de la crèche
    Abritant le Verbe nourrisson
    Reste toujours de saison :
    La simplicité du son,
    Du mot rajeuni capable d’innovation,
    Est l’hôte, le séjour, la maison
    De l’être de la mouvante création.
    Le
    mot
    appelle
    Et renouvelle...
    Est ce qui reste

     

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     FERNAND COUTURIER

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    sergefiorio

    Oeuvre Serge Fiorio

    sergefiorio.canalblog.com

     


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  • 12/24/16--06:31: NICOLE BARRIERE ...Extrait
  • un enfant suffit, présent
    une main suffit, tendue
    dans le tumulte des sanglots
    Ce jour, cette heure
    la nudité des multitudes cherche l’autre
    ouvre la page et dit : je t’aime.

    dans le silence, les images des solitudes
    les cieux gris sentent venir la lumière.
    Et le monde se lève
    cœur battant jubilation
    libère et envahit
    l’abime du seul mot fraternités

    Jours ordinaires d’entente et d’appel
    Même l’obscurité des jours de pauvreté,
    c’est toujours l’étable des humbles
    et l'espoir d’un jour beau d’accueil
    sur la vieille terre des pleurs,
    Le silence soudain chuchote.

    Respirent et halètent les prières
    longue marche des ombres, équinoxes des fois
    Dans l’air les oiseaux d’exil ne peuvent dormir
    De quelle douleur se tendent leurs ailes ?
    De quel cri se fendent leurs becs ?
    De quelle attente piétinent leurs pas ?

    Derrière les jalousies, veillent les tempes engourdies
    tourmentées d’agapes insolentes
    le monde meurtri d’ordres militaires
    pleure comme l’enfant dans le rocher
    le songe bat et affole sa gorge
    un enfant vient en silence
    dans l’ombre de sa croix

    Il fait grand soleil sur la joue des lunes
    Et grande tourmente sur la douleur du monde
    Il arrive comme les pauvres de l’exil
    dans le vent et déjà fuit vers les étoiles
    Dieu le voit debout sur le soleil.

     

    ! DIAMON~11

     

     


    NICOLE BARRIERE

    ! DIAMON~11

     

     

     

    misere

    Oeuvre ?

     


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