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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 07/18/13--11:42: MONSIEUR MANDELA...Extrait
  • Aujourd'hui les 95 ans du grand Madiba

     

    Tu es Nelson
    Tu es Mandela
    Mon poing levé
    Le souffle de ma voix
    Dans la forge des jours
    Tu es Mandela
    L’onde irisée
    L’appel soleillé
    Paraphe de flammes
    Aux linteaux des libertés
    Mandela
    La houle la verve et l’étoile
    De mon sang
    Rendu au bleu
    De l’océan
    Nelson
    L’octave parabolique
    Dressée
    Dessus l’enclos
    Des guerres chromatiques

    Nelson Mandela
    Ma pomme de concorde
    Aux arènes
    Surmontées
    Tu es Nelson
    Tu es Mandela
    Le bleu des veines
    Aux armoiries
    Délacées
    La ligne focale
    La corde d’horizon
    Le chant de la brise
    La lettre du ciel
    Et la trace des mers
    Faisant corps
    En une périphrase
    De sucre
    Mémoriel
    Mandela
    L’index matinal
    L’appel du jour
    L’onde capitale
    L’étoile hiératique
    Le souffle phréatique
    Dessus
    Les soifs séculaires
    Du Sahara
    Delà le buste
    Et le torse des dunes
    Du Kilimandjaro
    Nelson
    Le chalumeau
    La braise
    Au beurre
    Désolé
    Des fers
    Mandela
    L’accent
    Aux soleils
    De la conscience
    La gorgée de miel
    Lampée
    De mots
    Offerts aux ciels
    D’une geste
    Sans
    Cadastre
    Mandela
    La verve
    De l’arbre
    La saille
    Du fruit
    La Promesse
    Tenue
    Des corolles enluminées
    Mandela
    Matin inédit
    Eclatant
    De verbes
    En fleur de rosée
    Pavé
    Torse et mains
    Tressées
    En laurier d’espérance
    Nelson
    Le saut d’Armstrong
    Dans l’aire
    Du jour
    Qui vient
    Et le matin
    Fait de tous les tons
    De l’entrain
    Le fil
    Tissé de mains
    Accordées
    Pour la joie
    De l’océan en émoi

    Et voici en toi
    Seule hirondelle
    A faire des cycles
    Et des siècles
    De printemps
    Le chant fécond
    De la liberté
    Tu es Nelson
    Tu es Mandela

     

    .

     

    JOSUE GUEBO


    in « Monsieur Mandela », textes rassemblés par Paul Dakeyo,
    Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris, 2013.

     

    .

     

     

    MADIBA2

     

     

     

     


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  • 07/19/13--09:18: L'ORAGE
  • voir
    je veux vous voir –
    voir
    vous voir là assise sur le banc
    voir votre rire
    et toutes vos dents
    les lèvres roses si rosées
    la voix qui va dedans
    sous la langue
    qui fait des pas de géant
    voir le cou
    tendre
    à vos épaules
    la peau humide
    au tissu léger de votre robe entre ouverte
    deviner
    la courbe de vos cuisses
    sur le paradis de minuit
    attendre la goutte
    la goutte de pluie – pluie paradis- vous me dites -
    sur la bretelle
    de votre soutien gorge
    qui glisse
    danse timide
    fluide jusqu’à vous reins
    féérique de la démesure des parfums d’orage
    voir cette main
    à la vitesse de l’éclair lent défaire
    le geste en succession - avancer
    mémoire vive - rires
    lune des craintes
    aux draps si bleus de l’étreinte
    voir
    voir sur ce banc vos mots enlacés au liseron des hortensias
    jungle des fraises des bois
    juillet frissonne
    flaques

     

    .

     

     

    PATRICK ASPE

     

     

    .

     

    RIPOIS3


     

     

     


    0 0

    Si nous avions - imaginais-je –
    l’espoir secret des enfants :
    se réveiller un matin
    avec la seule obligation de vivre
    avec le courage des pastels
    avec l’avenir d’une feuille blanche
    et des oiseaux aériens
    revenir en arrière en interrompant
    le jeu ou réparer
    des blessures même profondes des méchancetés
    avec de petites blandices.
    Si nous avions le droit au retour
    juste avant la limite de l’innocence
    au bord d’une journée imprévoyante
    le simple geste qui efface
    la douleur
    fait renaître l’amour scelle
    dans ce toujours un toujours
    qui est nôtre. Si nous pouvions
    sauver ce qui peut l’être
    comme à la fin d’une journée
    de vacances
    fermer les tiroirs en riant
    comprendre que nous avons grandi       
    et peut-être
    que l’essence de l’action
    est une erreur remédiable…

     

    .

     

    GIACOMO CERRAI

    Traduction Raymond Farina

     

    .



    Avessimo – immaginavo –
    la speranza segreta dei bambini :
    risvegliarsi un mattino
    col solo obbligo di vivere
    col coraggio dei pastelli
    col futuro di un foglio bianco
    e di uccelli ventosi
    tornare indietro interrompendo
    il gioco o risarcire
    ferite pur profonde cattiverie
    con piccola blandizie.
    Avessimo il diritto al ritorno
    appena prima del limite dell’innocenza
    sull’orlo d’una giornata improvvida
    il semplice gesto che cancella
    il dolore
    ripristina l’amore sigilla
    in questo sempre il sempre
    che è nostro. Potessimo
    salvare il salvabile
    come alla fine d’un giorno
    di vacanza
    chiudere ridendo i cassetti
    capire che siamo cresciuti
    e forse
    che essenza dell’agire
    è un rimediabile errore…

     

     

    .

     

    NOURS3

     

     

     


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  • 07/19/13--14:42: PREMICES DU DESERT...Extrait
  • Loin, plus loin que la vie,
    à quel  point les choses peuvent trahir
    et surprendre la chasteté de la pensée,
    tu l’as vu, tu en as douté, tu l’as connu,
    à quel point les choses peuvent blesser
    et leurrer la pureté intérieure,
    tu l’as vu, tu l’as mesuré même par le songe.
    Le réveil est le soir impétueux,
    c’est ce signe d’âmes exilées,
    l’hirondelle en crie la fraîcheur.
    Ah, il n’est par tard quoique la nuit menace,
    tu as avant cela eu le temps de voir
    à quel point les choses portent loin,
    à quel point d’un seul coup elles peuvent manquer,
    faire défaut à la vive vérité de l’esprit.
    Les routes, si tu les parcours à cette heure, sont parsemées
    de ces hommes, non, de ces larves
    inquiètes qui répètent la vie déjà vécue,
    vagues dans l’implacable clarté
    des sentiers déjà vus et déjà parcourus,
    et qui hâtent la mort pour s’ouvrir
    dans l’ombre, pour se dérober au connu.
    Tu en vis venir dans la nuit
    une lumière minuscule surgie du fond
    pour chercher accueil dans l’amour.

     

    .

     

    MARIO LUZI

     

    .

     

     

    partir

     

     

     


    0 0

    J’ai
    Dans l’oubli de mon ventre
    Mon garde-manger
    Pris un rêve de toi
    Où coloriés de cils
    Les hanches blancheurs laiteuses
    Comme des cygnes arc-en-ciel
    Peint

    J’ai
    Où filent les fusées
    Les nuageux nuages
    En paquets de ouate et
    Coton blanc délavé
    Puis arc-en-ciel sur fond azuré
    Lavé

    J’ai
    De ces noirceurs
    Ces suies où suintait l’ennui
    Ces gris ces glauques gris
    En couches affalées et durcies
    Enfin éclairées arc-en-ciel
    En resplendissement
    Laqué

    J’ai
    De toi
    Préféré le gris accéléré,
    Les jambes qui tracassent,
    Les fêlures du temps de vivre
    Dans tes tissus tes lins tes feuilles
    Tes strates cutanées tressées
    Ta natte aux reins finissante
    Puis au ciel de toi, en labours et sentes
    Tes pays obligatoires
    Et tes frontières du verbe aimer.

     

    .

     

    MARC LAUMONIER

     

    .

     

     

    nu artistique jean-loup sieff2

    Photographie Jean-Loup Sieff

     

     

     

     


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    La fleur pourrait voler, le papillon prendrait racine,
    l’étoile éclairerait la vie dans le cœur,
    la veille effaroucherait le jour, et le rêve aurait un sens.

    Tout est possible, peu importe.
    L’indifférence est la haute pensée
    qui règle le cours des événements.

    ....

    L’envie d’immortalité est pareille à la peur de l’ombre,
    et histoire de voiler la même réalité,
    on croit surmonter ses propres limites
    en se figurant que le savoir de l’autre vaut l’infini.

    J’énumère de désagréables évidences.
    Il semble pourtant que le plus vrai
    ne soit pas encore énoncé– ou alors je me dupe encore.
    Par magie je rends vrai le mensonge, si le vrai est
    mensonge

    et si je veux embrasser mon illusion bien-aimée.

     

    .

     

    PENTTI HOLAPPA

     

    .

     

    phil charpentier ,,,,,,

    Oeuvre Philippe Charpentier

     

     


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    J'ai si longtemps navigué que je ne sais plus
    quel royaume oublié vit un jour mon départ
    ni même si de quelque terre originaire
    j'en suis à traverser ce présent hors voyage
    dans l'immobile sans feu ni lieu de l'exil



    J'ai vu le sang couler des pierres
    J'ai vu la lumière s'évanouir de douleur
    J'ai vu pleurer la terre
    muette de chagrin
    Et j'ai vu des hordes ravager les cités
    disposer du bétail humain en hécatombe
    tandis que les fleuves mugissaient rougissaient
    J'ai vu la nuit s'ouvrir dans le jardin des nuits
    J'ai vu danser les ombres
    apparaître des anges
    sans pouvoir retenir leurs signes ni leurs mots
    Et j'ai vu le brasier m'attendre de tous temps
    et puis j'ai vu chaque matin comme un miracle



    - Demain est un rêve ancien.



    Quel jour ? quel squelette ?

    Ossature par défaut
    Mémoire en quelque sorte membre fantôme

    Belle comme l'éclair
    Maigre comme la lune
    - disent les enfants

     

    .

     

    CHRISTIAN ARJONILLA

     

    .

     

    arjonilla2

    Oeuvre Christian Arjonilla

     

     

     

     

     

     


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  • 07/20/13--15:37: L'EMIGRE
  • Ommi Yêma Ya Mima !*

    Le bateau m’emporte,
    Loin de tes yeux enflammés.
    La mer me balance,
    Loin de tes bras qui tremblent.
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Ils m’ont fouillé,
    Jusque dans mes plus petits souvenirs.
    Ils me poursuivent,
    Jusque dans mes lunes les plus émiettées.
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Ils m’ont ligoté dans leurs citadelles de l’oubli.
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Mes appels qu’ils matraquent,
    Dans les asiles de leurs rues.
    Mon âge sans repères,
    Les cages de mes nuits sans étoiles.
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Ton sourire bleu qui m’obsède,
    Qui me précède dans mes cris.
    Leurs djinns cravatés,
    Leurs cravaches qui se fâchent,
    Qui crachent leurs venins de lâches
    Qui ne me lâchent, en aucun lieu,
    Leurs djinns qui m’arrachent les cheveux
    Ommiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
    Yêmaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
    Yaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
    Mimaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
    Dans mes nuits froides,
    Dans mes soupirs sans logis,
    Leur ciel, leur ciel est plein de pus !
    Je pue, je sue, je suis à moitié nu,
    Dans leurs rues qui me tuent !
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Tes yeux humides,
    Tes yeux qu’ils fouillent,
    Dans ma valise qui grelotte,
    Tes yeux qu’ils m’arrachent
    De ta photo qui me tient au chaud.
    Tu m’appelles,
    De mon appel enchaîné
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Le bateau m’emporte,
    Comme une feuille endormie !
    Ommi !
    Leurs syllabes d’inquisiteurs !
    Yêma !
    Leurs poisons d’affameurs !
    Leurs rires moqueurs !
    Leurs tours, leurs détours !
    Leurs danses de vautours !
    Ya !
    Mima !
    Le retour vers tes cheveux,
    Vers tes yeux qui m’attirent,
    Comme un aimant, loin d’eux !
    Mon râle comprimé !
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Mon ombre qui se brise !
    Mon ombre qui s’enlise !
    Mon ombre qui se paralyse !
    Mon nom que j’oublie,
    Dans mon sang qui frémit !
    Ma trace que je vomis !
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Mon exil, dans leurs ports !
    Leur vie, dans ma mort !
    Ommi Yêma Ya Mima !
    Le bateau me ramène,
    Vers nos rêves assassinés !

     

    .

     

     MOKHTAR EL AMRAOUI

     "Arpèges sur les ailes de mes ans "

     

     * Mère

     

    .

     

     

    tunisie0

     

     

     


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  • 07/22/13--14:02: AGNES SCHNELL
  • (Certaines âmes ne trouvent asile
    que dans l’ombre.)


    Au sortir de la nuit
    chiffonnée encore
    l’âme s’étourdit et brûle.

    Tu portes tant d’instants
    simultanés
    méandres empêchés
    songes qui se disjoignent…

    Tous ces instants perdus
    à assembler copeaux et miettes
    à tisser sans grâce
    l’ombre des souvenirs !


    Il arrive un temps
    où vivre est insensé.

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    VUILLARDtrees-

    Oeuvre Edouard Vuillard

     

     

     


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  • 07/22/13--20:00: L'HOMME IMAGINANT...Extrait
  • La droite considère l’homme comme foncièrement “mauvais” mais capable de s’améliorer par la stricte observance des règles qu’impose le respect de certaines “valeurs” qu’elle trouve “bonnes” parce qu’elles lui permettent de survivre agréablement. L’homme de gauche, depuis Rousseau, ne peut s’interdire de considérer l’homme comme foncièrement “bon” s’il n’est pas soumis aux déformations du comportement que lui inspire une société rendue “mauvaise” par l’existence de la classe bourgeoise. Ainsi, dans une société sans classes, des anges asexués passeraient leur vie à travailler en chantant, des gerbes de blé sur leur épaule, et à se serrer la main, car logiquement l’ambition, la jalousie, l’envie, l’instinct de domination, la haine, la colère, auront vu leur source se tarir par la transformation du milieu social. 

    Malheureusement, ce paradis terrestre ne risque pas de se réaliser tant que l’homme n’aura pas compris par quels mécanismes biologiques ces différents comportements peuvent apparaître et par quels moyens précis il peut parvenir à les contrôler. En effet, on pourrait aussi bien envisager d’agir d’abord sur le comportement individuel plutôt que sur l’environnement social, si nous avions les moyens scientifiques de le faire, puisque l’homme fait partie intégrante du milieu. On peut imaginer qu’en supprimant l’instinct de domination on supprimerait non pas seulement les luttes de classes, mais les classes elles-mêmes. Par contre, il est peu probable qu’en supprimant les classes sociales, on supprime l’instinct de domination. Celui-ci semble intiment liéà la propagation et à la survie de l’espèce. 

    Il y aurait un certain progrès si chaque homme était conscient de ce déterminisme. Imaginez une campagne électorale à la télévision où chaque candidat serait conscient qu’il présente à l’admiration des foules son sexe plus ou moins camouflé en disant : “J’ai le plus beau, le plus fort, suivez-moi, je suis Tarzan” et où chaque électeur jugerait la présentation plus ou moins convaincante et tenterait de découvrir derrière la feuille de vigne ce qui resterait d’utile à l’ensemble social. Beaucoup d’animaux pour exprimer leur domination sur un autre individu du même sexe font sur lui le simulacre de l’acte sexuel. J’ai souvent l’impression, en voyant vivre mes contemporains, qu’ils présentent généralement leurs fesses de la même façon aux plus agressifs et aux plus dominateurs. 

     

    .

     


    Henri LABORIT

     

    .

     

    MAGRITTE1

    Oeuvre René  Magritte

     

     


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    Il existe des personnes qui nous rendent heureux dans la vie, par le simple hasard de les avoir rencontrées sur notre chemin. Quelques-unes parcourent le chemin en entier à nos côtés, et voient passer beaucoup de lunes, mais il en est d’autres que nous voyons à peine, d’un pas à l’autre. Toutes, nous les appelons amies, et il en est plusieurs sortes. Chaque feuille d’un arbre pourrait caractériser un de nos amis. Les premiers àéclore du bourgeon sont notre papa et notre maman qui nous enseignent ce qu’est la vie. Ensuite, viennent les amis frères, avec lesquels nous partageons notre espace pour qu’ils puissent fleurir comme nous. Nous en arrivons à connaître toute la famille des feuilles, nous la respectons et lui souhaitons du bien. Mais le destin nous présente d’autres amis, ceux dont nous ne savions pas qu’ils allaient croiser notre chemin. Parmi ceux-là, il y en a beaucoup que nous appelons amis de l’âme, du coeur. Ils sont sincères et vrais. Ils savent lorsque nous n’allons pas bien, ils savent ce qui nous rend heureux. Parfois un de ces amis de l’âme étincelle en notre coeur, nous l’appelons alors ami amoureux. Il met du brillant dans nos yeux, de la musique sur nos lèvres, fait danser nos pieds et chatouiller notre estomac. Il existe aussi des amis d’un temps, peut-être de vacances, de quelques jours ou de quelques heures. Pendant ce temps où nous sommes à leurs côtés, ils s’ habituent à mettre de nombreux sourires sur nos visages. Parlant de près, nous ne pouvons oublier les amis lointains, ceux qui se trouvent au bout des branches et qui, lorsque souffle le vent, apparaissent d’une feuille à l’autre. Passe le temps, s’en va l’été, l’automne s’approche et nous perdons quelques unes de nos feuilles, certaines naîtront lors d’un autre été et d’autres restent pendant plusieurs saisons. Mais ce qui nous réjouit le plus, c’est de nous rendre compte que celles qui tombèrent continuent d’être proches, en alimentant notre racine de joie. Ce sont les souvenirs de ces moments merveilleux lorsque nous les avons rencontrées. Je te souhaite, feuille de mon arbre, paix, amour, santé, chance et prospérité. Aujourd’hui et toujours… tout simplement parce que chaque personne qui passe dans notre vie est unique. Elle laisse toujours un peu d’elle-même et emporte un peu de nous. Il y a celles qui auront emporté beaucoup, mais il n’y en a pas qui n’auront rien laissé. C’est la plus grande responsabilité de notre vie et la preuve évidente que deux esprits ne se rencontrent pas par hasard.

     

    .

     

    Existen personas en nuestras vidas que nos hacen felices por la simple casualidad de haberse cruzado en nuestro camino. Algunas recorren todo el camino a nuestro lado, viendo muchas lunas pasar, mas otras apenas las vemos entre un paso y otro. A todas las llamamos amigos y hay muchas clases de ellos.

    Tal vez cada hoja de un árbol caracteriza uno de nuestros amigos. El primero que nace del brote es nuestro papá y nuestra mamá, nos muestra lo que es la vida. Después vienen los amigos hermanos, con quienes dividimos nuestro espacio para que puedan florecer como nosotros.

    Pasamos a conocer a toda la familia de hojas a quienes respetamos y deseamos el bien.

    Mas el destino nos presenta a otros amigos, los cuales no sabíamos que irían a cruzarse en nuestro camino. A muchos de ellos los denominamos amigos del alma, de corazón. Son sinceros, son verdaderos. Saben cuando no estamos bien, saben lo que nos hace feliz.

    Y a veces uno de esos amigos del alma estalla en nuestro corazón y entonces es llamado un amigo enamorado. Ese da brillo a nuestros ojos, música a nuestros labios, saltos a nuestros pies, cosquillitas a nuestro estómago, etc.

    También existen aquellos amigos por un tiempo, tal vez unas vacaciones o unos días o unas horas. Ellos acostumbran a colocar muchas sonrisas en nuestro rostro, durante el tiempo que estamos cerca.

    Hablando de cerca, no podemos olvidar a los amigos distantes, aquellos que están en la punta de las ramas y que cuando el viento sopla siempre aparecen entre hoja y otra.

    El tiempo pasa, el verano se va, el otoño se aproxima y perdemos algunas de nuestras hojas, algunas nacen en otro verano y otras permanecen por muchas estaciones.

    Pero lo que nos deja más felices es darnos cuenta que aquellas que cayeron continúan cerca, alimentando nuestra raíz con alegría. Son recuerdos de momentos maravillosos de cuando se cruzaron en nuestro camino.

    Te deseo, hoja de mi árbol, paz, amor, salud, suerte y prosperidad. Hoy y siempre... simplemente porque cada persona que pasa en nuestra vida es única. Siempre deja un poco de sí y se lleva un poco de nosotros. Habrá los que se llevaron mucho, pero no habrá de los que no nos dejaran nada.

    Esta es la mayor responsabilidad de nuestra vida y la prueba evidente de que dos almas no se encuentran por casualidad.

     

    .

     

    JORGE LUIS BORGES

     

    .

     

    NATHALIE MAGREZ bb

    Photographie Nathalie Magrez

     

     

     

     

     

     


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  • 07/23/13--09:53: GEORGES BATAILLE
  • “À la base, la passion des amants prolonge dans le domaine de la sympathie morale la fusion des corps entre eux. Elle la prolonge ou elle en est l’introduction. Mais pour celui qui l’éprouve, la passion peut avoir un sens plus violent que le désir des corps. Jamais nous ne devons oublier qu’en dépit des promesses de félicité qui l’accompagnent, elle introduit d’abord le trouble et le dérangement. La passion heureuse elle-même engage un désordre si violent que le bonheur dont il s’agit, avant d’être un bonheur dont il est possible de jouir, est si grand qu’il est comparable à son contraire, -à la souffrance. Son essence est la substitution d’une continuité merveilleuse entre deux êtres à leur discontinuité persistante. Mais cette continuité est surtout sensible dans l’angoisse, dans la mesure où elle est inaccessible, dans la mesure où elle est recherche dans l’impuissance et le tremblement. Un bonheur calme où l’emporte un sentiment de sécurité n’a de sens que l’apaisement de la longue souffrance qui l’a précédé. Car il y a, pour les amants, plus de chance de ne pouvoir longuement se rencontrer que de jouir d’une contemplation éperdue de la continuité intime qui les unit.
    Les chances de souffrir sont d’autant plus grandes que seule la souffrance révèle l’entière signification de l’être aimé. La possession de l’être aimé ne signifie pas la mort, au contraire, mais la mort est engagée dans sa recherche. Si l’amant ne peut posséder l’être aimé, il pense parfois à le tuer : souvent il aimerait mieux le tuer que le perdre. Il désire en d’autres cas sa propre mort. Ce qui est en jeu dans cette furie est le sentiment d’une continuité possible aperçue dans l’être aimé. Il semble à l’amant que seul l’être aimé– cela tient à des correspondances difficiles à définir, ajoutant à la possibilité d’union sensuelle celle de l’union des coeurs, – il semble à l’amant que seul l’être aimé peut en ce monde réaliser ce qu’interdisent nos limites, la pleine confusion de deux êtres, la continuité de deux êtres discontinus. La passion nous engage ainsi dans la souffrance, puisqu’elle est, au fond, la recherche d’un impossible et, superficiellement, toujours celle d’un accord dépendant de conditions aléatoires. Cependant, elle promet à la souffrance fondamentale une issue. Nous souffrons de notre isolement dans l’individualité discontinue. La passion nous répète sans cesse : si tu possédais l’être aimé, ce coeur que la solitude étrangle formerait un seul coeur avec celui de l’être aimé. Du moins en partie, cette promesse est illusoire. Mais dans la passion, l’image de cette fusion prend corps, parfois de différente façon pour chacun des amants, avec une folle intensité. Au-delà de son image, de son projet, la fusion précaire réservant la survie de l’égoïsme individuel peut d’ailleurs entrer dans la réalité. Il n’importe : de cette fusion précaire en même temps profonde, le plus souvent la souffrance – la menace d’une séparation – doit maintenir la pleine conscience”.

     

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    GEORGES BATAILLE

     

     

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    romeo_and_juliet__68

    Roméo et Juliette - 1968

     

     

     


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  • 07/23/13--12:15: MARMONNEMENT
  •  Pour ne pas me rendre et pour m’y retrouver, je t’offense, mais combien je suis épris de toi, loup, qu’on dit à tort funèbre, pétri des secrets de mon arrière-pays. C’est dans une masse d’amour légendaire que tu laisses la déchaussure vierge, pourchassée de ton ongle.

     

     

     

    Loup, je t’appelle, mais tu n’as pas de réalité nommable. De plus, tu es inintelligible. Non-comparant, compensateur, que sais-je ? Derrière ta course sans crinère, je saigne, je pleure, je m’enserre de terreur, j’oublie, je rie sous les arbres. Traque impitoyable où l’on s’acharne, où tout est mis en action contre la double proie : toi invisible et moi vivace.

     

    Continue, va, nous durons ensemble ; et ensemble, bien que séparés, nous bondissons par-dessus le frisson de la suprême déception pour briser la glace des eaux vives et se reconnaître là.

     

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    RENE CHAR

    http://lafreniere.over-blog.net/article-marmonnement-119211257.html

     

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    homme-loup-Werner-Freund

     

     


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  • 07/24/13--06:47: IDENTITE
  •  

    Tu marches

    et c’est ton pas qui

    donne sens à la route

     

    Tu marches

    et c’est la route qui

    s’enracine en toi

     

    en ton désir d’aller

    de ce que tu fus

    à ce que tu es

     

    Tu marches

    et c’est le pays traversé qui

    met des ailes à ton identité

     

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    BEATRICE LIBERT

    Sur l'excelent blog de Guy Allix

    http://anthosuballix.canalblog.com/pages/beatrice-libert/27633826.html

     

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    artwork_images_424755332_487062_mauricede-vlaminck

    Oeuvre Maurice de Vlaminck

     

     


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    « Nous dirons que les bœufs sont heureux ; 

    quand ils trouvent à manger de la vesce ».

     

    Héraclite, Fragment 4.

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    Tous ceux qui comptent qui amassent

    courtiers & courtisans

    histrions gladiateurs

    jouteurs & faux-jetons

    philistins de tout poil

    savent combien coûte leur gloire

    & ils ruminent leur grandeur

    comme de savoureuses vesces

    se vautrent dans leur renommé

    incapables de voir

    que toujours et partout

    la même loi régit

    talent & nullité

    idiotie & sagesse

    Loin de ces hiérarchies

    oublieux des bousiers

    ébloui de bourrache

    en votre pays d’herbes

    vous aurez vous aussi

    votre moment de gloire

    luciole seule & solidaire

    soleil infime en sa nuit vaste :

    un bref appel incandescent

    dont un dieu – de son insomnie –

    sans doute las d’être immortel

    enviera l’éclat éphémère

     

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    RAYMOND FARINA

     

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    courtisans3

     

     

     

     

     


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  • 07/24/13--12:55: DEPUIS TANT D'ANNEES
  • Depuis tant d'années je lave mon regard
    dans une fenêtre où ciel et mer
    depuis toujours sont sans s'interrompre
    où leurs vies sont un, sont innombrables
    sont une fois encore dans mon âme
    un champ magnétique d'épousailles
    une goutte de lumière-oiseau.

    Depuis tant d'années je lave mon regard
    à la première couleur si fraîche
    sur les lèvres humides de nuit
    d'être la peau et d'être la pierre
    où mes doigts rencontrent le secret,
    ce savoir qu'ils sont et celui qui est
    des tonnes infinies de lumière.
    Du plus pâle au tranchant du plus sombre
    sans s'interrompre entre sang et pensée
    entre feuille pinceau étendue
    corps de liquide musique à jamais

     

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    LORAND GASPAR

     

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    CIEL MER2

     

     


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  • 07/24/13--13:08: LORAND GASPAR
  • "La gorge peut délivrer le silence, le chant, la parole ou le cri d’angoisse quand elle se
    resserre sur son souffle le plus désespéré ; “ce rien qui coule” est entre vie et néant ;
    la “houle emporte” pour perdre comme pour sauver… La “ligne de partage” est parfois à
    peine discernable entre la tempête qui ravage au-dehors et le “bonheur d’entendre le
    vent au-dedans —” ( ). “Tant de choses incomprises”, et qui le restent selon l’art trop
    ordinaire du comprendre, n’interdisent pourtant pas l’effort d’un “com-prendre” — attentif,
    presque muet, poétique en un mot — où, en soutenant l’insoutenable, “l’être ici”
    (parfois “cinglant”, parfois plein d’“ardeur”, magnifique parfois) s’harmonise un instant
    avec “la force tranquille d’être là des choses” dans “l’indessinable/ pure jouissance
    d’être” un instant seulement…

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    LORAND GASPAR

     

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    CRABE2

     

     

     


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  • 07/25/13--02:21: JE TE NOMME TUNISIE
  • Avec le 56ème anniversaire de la république en Tunisie...A tous nos amis Tunisiens...

     

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    Et tu m'habites terre
    Archet sur la joue du violon
    Dans le hennissement de la mer
    Indomptable les notes éphémères
    Déroulées en pelotes d'écume
    Jalouses de la chevelure rebelle
    Dans la chevauchée des prismes
    Cette taille comme une crinière
    Pour libérer mille et un cavaliers
    Des montures aux parages des bordures
    Touches de piano aux tourbillons d'exil
    Guidées par les contraintes des contours
    Pourquoi avez-vous égaré mon ancre
    Les cordes usées de tant d'incendies

    (...)

    "C'était un décembre de colère

    Debout comme un eucalyptus
    A l'appel des probités
    Je te disais ami des tailleurs de marbre
    La voix des battages en choeur
    Ces mille pas battus au rythme de l'hiver
    Sidi Bouzid Thala Siliana et Kasserine
    Fallait-il marcher encore et encore
    Marcher sur l'ombre violente 
    Et dédier aux steppes ces chants
    Nourris à plein gosier de ta douleur
    Dans le cri des rouges-gorges
    S'élevait ta promesse de braise
    Les douilles tombaient indignes

    Voleuses de souffles et de vies"

    (...)

    Je t'aime
    Dans les lueurs étincelantes
    Dans l'envolée des rayons comme des rubis
    Dis au soleil
    Libère ta lumière
    L'éclipse est sœur des potentats
    Suppôts tapis dans les pliures sans relâche
    Dis au soleil
    La rumeur par-delà les haies
    Paraphe nos désirs de pleine lune
    Cyprès figuiers de barbarie et alfa
    Pour tanner nos visages
    Nulle peur ne se terre

    (...)

     

     

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    TAHAR BEKRI

     

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    tunisie

     

     

     

     


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  • 07/25/13--11:01: LE COEUR NAVIGUANT
  • Loin des cultes
    qui nous réduisent en cendres,
    Des temples
    où le ciel se force en vain une entrée,
    Loin des puissances d’airain que d’autres
    puissances culbutent
    Élisons encore la vie
    Au sommet du jour blessé.
    Plutôt le fruit hasardeux
    Que la lettre de marbre,
    Plutôt toujours chercher
    Et ne jamais savoir :
    Arc à travers buissons,
    Aile à travers pièges,
    Que la sinistre fresque
    d’une vérité bouclée.
    Le temps fond comme cire,
    Et les verrous ne cèdent qu’au coeur naviguant.

    .

     

    ANDREE CHEDID

     

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    RECH

     

     

     

     

     


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  • 07/25/13--11:09: PARTIR
  • Nous partons pour nous éloigner du lieu qui nous a vu
    naitre et voir l'autre versant du matin. Nous partons à la
    recherche de nos naissances improbables. Pour
    compléter nos alphabets. Pour charger l’adieu de
    promesses. Pour aller aussi loin que l’horizon, déchirant
    nos destins, éparpillant leurs pages avant de tomber,
    quelquefois , sur notre propre histoire dans d’autres
    livres.
    Nous partons vers des destinées inconnues. Pour redire
    à ceux que nous avons croisés que nous reviendrons et
    que nous referons connaissance. Nous partons pour
    apprendre la langue des arbres qui, eux, ne partent
    guère. Pour lustrer le tintement des cloches dans les
    vallées saintes. A la recherche de dieux plus
    miséricordieux. Pour retirer aux étrangers le masque de
    l’exil. Pour confier aux passants que nous sommes,
    nous aussi, des passants, et que notre séjour est
    éphémère dans la mémoire et dans l’oubli. Loin des
    mères qui allument les cierges et réduisent la couche du
    temps à chaque fois qu’elles lèvent les mains vers le ciel.
    Nous partons pour ne pas voir vieillir nos parents et ne
    pas lire leurs jours sur leur visage. Nous partons dans la
    distraction de vies gaspillées d’avance. Nous partons
    pour annoncer à ceux que nous aimons que nous
    aimons toujours, que notre émerveillement est plus fort
    que la distance et que les exils sont aussi doux et frais
    que les patries. Nous partons pour que, de retour chez
    nous un jour, nous nous rendions compte que nous
    sommes de exilés de nature, partout où nous sommes.
    Nous partons pour abolir la nuance entre air et air, eau
    et eau, ciel et enfer. Riant du temps, nous contemplons
    désormais l’immensité. Devant nous, comme des enfants
    dissipés, les vagues sautillent pendant que la mer file
    entre deux bateaux. L’un en partance, l’autre en papier
    dans la main d’un petit.
    Nous partons comme les clowns qui s’en vont de
    village en village, emmenant les animaux qui donnent
    aux enfants leur première leçon d’ennui. Nous partons
    pour tromper la mort, la laissant nous poursuivre de lieu
    en lieu. Et nous continuerons ainsi jusqu’à nous perdre,
    jusqu’à ne plus nous retrouver nous-mêmes là où nous
    allons, afin que jamais personne ne nous retrouve.

     

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    ISSA MAKHLOUF

     

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    PARTIR

     

     

     


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