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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 01/29/17--06:41: ATTEINT
  • Inquiétant. Ça devient inquiétant.

    Comment, pourquoi inquiétant ?

    De n’avoir jusqu’à présent pas été atteint.

    Atteint. Atteint de quoi ?

    D’une balle.

    De quoi ?

    D’une balle.

    Tu sais, un projectile qui court...

    il court, il court et il rentre ;

    il court, il court, il court, il ravage ; il court, il court tout ravager ;

    il ravage tes muscles, tes os ; il court, il rentre et tout ravage en toi ;

    tu ne le sens pas qui court ;

    c’est le feu en toi ; cette chose brûle tout en toi, et toute cette chaleur qui monte subitement, tout ça, tout ça te bouleverse, tout ça, tu ne comprends pas ;

    tu ne penses même pas à comprendre, tu n’es pas habitué, tu parles, personne n’est habituéà cette chose-là, mais elle est là, là, rigide, tenace, téméraire ;

    elle arrête même de courir pour bien se loger dans un de tes muscles ;

    elle est même faite pour être logée en toi, dedans toi, oui, pense ; pense àça, pense que c’est normal qu’elle se fiche dedans, dedans l’un de tes organes, pense, pense, vas-y, mais tu ne peux ;

    bien qu’elle soit là dans toi, tu ne peux pas, même ça, tu ne le peux pas, penser, la chose, la vérité de cette chose, elle est là, plantée dans ton corps même, elle l’est, oui, oui, oui, dedans même, elle s’installe, elle s’incruste, elle se plante, mais vas-y, défends-toi, défie-la, ose la défier, cette chose-là ;

    cette chose, à la vérité, elle finira en arrêtant de courir par t’arrêter toi-même ;

    toi, oui, toi-même ;

    les gens courent vite te transporter, tu saignes, tu perds ton liquide ; ça dégouline, ta sueur, ta morve, tout ton sang tu le vois se verser ;

    ça te bouleverse, et toi, pour l’instant, ce n’est pas ce qui compte, ce n’est pas ce qui compte pour toi, d’être bouleversé ;

    tu ne penses pas ;

    tu ne peux pas, tant que ça coule, tant que ça dégouline ; les gens sont bouleversés ;

    les gens, ceux qui te transportent, ils ne peuvent pas, ils n’osent pas te regarder ;

    mais pour l’instant, une fois de plus, ce n’est pas ce qui compte ; pour toi, ce n’est pas ce qui compte vraiment ;

    les gens et toi vous ne pouvez même vous regarder, même pas ; vos yeux expriment déjà une trop grande désolation ;

    une grande désolation s’abat sur vous, sur eux, sur les gens ;

    s’abat sur eux, sur tout le pays ;

    une grande désolation s’abat sur tout pour tous nous ravager ;

    pense, vas-y, pense ;

    je te défie de penser ;

    impossible pour l’instant ;

    ça, ça ne compte pas ;

    même les gens ne comptent pas pour toi ;

    même les gens, même le quartier, même la ville, même le pays tout entier ne compte pas ;

    pour l’instant ce qui compte vraiment pour toi c’est d’être sauvé ;

    tu les effaces les gens, malgré leurs yeux éteints par la désolation, tu les effaces, tu les éteins ;

    toi, tu voudrais être sauvé, tu voudrais garder ton souffle, respirer, respirer, respirer, encore, encore, respirer, vivre, voir, encore, encore, respirer, entendre, vivre, pouvoir encore bouger, respirer, respirer, vivre, exister, exister encore, être encore, être en vie ;

    malgré eux, les gens, malgré tout, malgré nous tous, être encore capable de bouger ;

    pense, vas-y, pense, pense à pourquoi tu tiens tant à respirer encore ;

    pense, pense, pense ;

    non, tu ne sais même pas trop pourquoi tu voudrais continuer à respirer, à durer, à continuer à faire bouger ce corps qui finalement sera toujours cible dans cette ville, dans ce pays, où tout est déjà cible ;

    les murs, les fils électriques, les pylônes électriques, les gens, les femmes, les enfants, les militaires, les lâches, les braves, les défenseurs, les défendus, les policiers, les protecteurs, les protégés, les assaillants eux-mêmes, les murs, les fils électriques, les pylônes électriques, les gens encore, les femmes encore, les gosses encore, les assaillants encore eux-mêmes, les policiers encore, leurs bras encore, leurs mains encore, leurs ventres encore, leurs têtes encore ;

    pense, vas-y ;

    non, ce n’est pas bien d’être une cible, quoi que l’on fasse, qui que l’on soit, de quelque nature que l’on soit ;

    non, pas tentant du tout ; mais, pour l’instant, toujours et toujours, ce n’est pas ce qui compte pour toi ;

    pour toi, non, toujours pas ;

    toi, tu voudrais vivre ;

    tu voudrais respirer, respirer, encore, encore, encore, garder ton souffle, entendre, voir, toucher, respirer, encore, encore, voir, entendre, respirer, respirer, respirer encore, encore ;

    que la ville meure, que le pays se carbonise, s’enterre, s’incinère ; que le pays se carbonise, s’enterre, s’incinère ;

    que le pays se carbonise, s’enterre, s’incinère ;

    toi, tu veux planter ton mât, ton digne étendard d’homme ;

    toi, tu veux vivre ;

    pourquoi, mais pourquoi tu voudrais vivre, planter ton mât, ton digne étendard d’homme, ce pays encore se carbonise, s’enterre, s’incinère ;

    se carbonise, s’enterre, s’incinère ; se carbonise, s’enterre, s’incinère ;

    mais pourquoi, mais pourquoi, mais pourquoi pendant que toi tu voudrais vivre, respirer, ce pays se carbonise, s’enterre, s’incinère ; pourquoi mais pourquoi, mais pourquoi ce pays, mais pourquoi ce pays, mais pourquoi, mais pourquoi, mais pourquoi... ce pays...

    Arrête.

    Arrête de penser.

    Oublie. Dors.

    Il est minuit dehors.

    Oublie. Dors.

    Referme à nouveau les yeux. Referme-les.

    Dors. Dors.

    Tranquillement.

     

     

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    GUY REGIS

     

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    Pierre Mary Joseph2

    Oeuvre Pierre Mary Joseph

     

     


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  • 01/29/17--08:04: MAHMOUD DARWICH...Extrait
  • Comme pousse l’herbe entre les fentes des rochers
    Nous avons rencontré deux étrangers un jour
    Le ciel du printemps inventait les étoiles…
    Et j’inventais un épisode d’amour Pour tes yeux…je les ai chantés
    Tes yeux savent-ils combien j’ai longtemps
    Comme l’ oiseau attend l’été
    Et me suis endormi
    Tel le sommeil d’un exilé
    Un œil s’endort pour que l’autre veille…longtemps
    Et pleure son frère
    Nous sommes des amoureux jusqu’à ce que la lune s’endorme
    Et nous savons que l’étreinte et les baisers
    Sont la nourriture des soirées de charme
    Et le matin appelle mes pas afin qu’ils prolongent
    le chemin un nouveau jour
    Nous sommes deux amis, marche à mes cotés, main dans la main,
    Ensemble nous fabriquons le pain et les chansons
    Pourquoi interrogeons nous ce chemin…vers quelle destinée
    Nous dirige t’il ?
    Et d’où a-t’il recueilli nos pas ?
    Ce que je cherche ce que tu cherches c’est de cheminer
    Ensemble, jusqu’à l’éternité
    Pourquoi cherchons nous les chansons des pleurs
    Dans un recueil de vieux poèmes
    Et nous demandons, O notre amour, resteras-tu ?
    Je t’aime d’un amour de caravanes d’herbe et d’eau
    Et l’amour du pauvre pour le pain
    Nous avons trouvé deux étrangers un jour
    Et nous restons deux amis pour toujours.

     

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    MAHMOUD DARWICH

     

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    picasso

    Oeuvre Pablo Picasso


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  • 01/29/17--08:57: STROMAE - ALORS ON DANSE -

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  • 01/30/17--05:30: CARNETS - CAHIER I
  • Ne pas se séparer du monde. On ne rate pas sa vie lorsqu'on la met dans la lumière. Tout mon effort, dans toutes les positions, les malheurs, les désillusions, c'est de retrouver les contacts. Et même dans cette tristesse en moi quel désir d'aimer et quelle ivresse à la seule vue d'une colline dans l'air du soir.

    Contacts avec le vrai, la nature d'abord, et puis l'art de ceux qui ont compris, et mon art si j'en suis capable. Sinon, la lumière et l'eau et l'ivresse sont encore devant moi, et les lèvres humides du désir.

    Désespoir souriant. Sans issue, mais exerçant sans cesse une domination qu'on sait vaine. L'essentiel : ne pas se perdre, et ne pas perdre ce qui, de soi, dort dans le monde.

     

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    ALBERT CAMUS

     

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    camus2

    Albert Camus

     

     

     

     

     

     


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  • 01/30/17--06:01: CARNETS - CAHIER I...Extrait
  • « On mène une vie difficile à vivre. On n'arrive pas toujours à ajuster ses actes à la vision qu'on a des choses. (Et la couleur de mon destin, alors que je crois l'entrevoir, la voici qui fuit devant mon regard.) On peine et lutte pour reconquérir sa solitude. Mais un jour la terre a son sourire primitif et naïf. Alors c'est comme si luttes et vie en nous sont d'un seul coup gommées. Des millions d'yeux ont contemplé ce paysage, et pour moi il est comme le premier sourire du monde . Il me met hors de moi au sens profond du mot. Il m'assure que hors de mon amour tout est inutile et que mon amour même, s'il n'est pas innocent est sans objet, n'a pas de valeur pour moi. Il me refuse une personnalité et rend mes souffrances sans écho. Le monde est beau et tout est là. Sa grande vérité que patiemment il enseigne, c'est que l'esprit n'est rien ni le cœur même. Et que la pierre que le soleil chauffe, ou le cyprès que le ciel découvert agrandit, limitent le seul monde où« avoir raison » prend un sens : la nature sans hommes. Ce monde m'annihile. Il me porte jusqu'au bout. Il me nie sans colère. Et moi, consentant et vaincu, je m'achemine vers une sagesse où tout est déjà conquis - si des larmes ne me montaient aux yeux et si ce gros sanglot de poésie qui me gonfle le cœur ne me faisait oublier la vérité du monde. »

     

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    ALBERT CAMUS

     

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    albert-camus

    Albert Camus

     

     


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  • 01/30/17--10:23: ENTRELACS
  • La grâce d’une chute de moineau dans le monde
    Je te la donne, femme des paysages,
    Plus grande avec passion dans le bruit des montagnes
    Toute brûlure sur tes seins toute froidure sur tes dents
    Tant de désir au fagot de tes jambes
    Le nuage a trouvé ton nom de compassion
    Dans des débris de blé et des actes de sable
    Fastueuse est ta vie immensément servante
    La nuit de ta fougère jusqu’au ciel
    Les prairies perdues de ta vie s’évaporent
    Autour de toi, femme des paysages,
    Amoureuse et féconde,
    Enfermée dans des entrelacs de lacs
    Avec les pigeons, les enfants des vergers
    Autour de toi, femme,

    Aimée dans des halètements de chevaux

     

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    SALAH STETIE

     

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    salah

     

     

     


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  • 01/30/17--10:47: ÉQUATEUR ABSOLU
  • Brûlante ligne froide
    Comment fait le soleil pour apaiser les îles ?
    Je suis ici avec mes deux mains inutiles
    Cherchant une évidence aveugle dans le blanc
    La Terre est bleue comme une orange et point d’orange
    L’espace autour de nous définit le marteau
    CASSER Derrière il y a le temps des fluidités
    Et sous l’arbre ainsi que fourche de la femme
    Il y a la pulsation et le malheur du sang
    Brûlante ligne froide
    Dans le jardin de la concentration
    L’homme et la femme et les étrangetés du monde
    Elle est peut-être agenouillée à l’horizon
    Lingot de terre et de soleil poids des semences
    Et tout ce corps ici tombé tout ce désir
    Comme un taureau lâché dans la couleur
    Bœuf écorché de toute femme au bout du sang
    Corps écorché de toute femme au pré d’amour
    Brûlante ligne froide équateur absolu
    Comme est la femme-épouse avec sa bissectrice
    Le raisin de ses hanches délavées par la mer
    Dans ce pays de nul pays le bleu de l’air
    Allumé seul dans l’être et dans le rien de l’être
    Où va halluciné le maître de ce bleu
    Vers le néant qui est l’achèvement des lignes
    La mort, dit-il, et la couleur – sont mes filles
    La mort et la couleur sont des filles de nuit
    Le temps les accompagne
    Et nous voici sans bras pour embrasser l’espace
    Où brille avec autorité un fragment d’île
    La pierre est de désir, son chemin pur, son roc pulvérisé
    Et nous n’avons pour nous aimer que la mémoire
    Je rêve à toi fourche des femmes
    À ta haute broussaille
    Instable et dure et droite au sommet de la mer
    Brûlante ligne froide
    Brisant le nu de l’Un l’éclat du deuil
    Et le visible et l’invisible ensemble
    Au seuil de tout, guitare et cœur, cela vibre
    Car ailleurs est le monde ailleurs est l’assemblée
    Ici ici
    Ce que nous entendons grincer
    C’est la présence et c’est l’absence l’une dans l’autre
    Saisies et saturées dans le même piège
    L’amour pourtant est le chemin loin des images
    L’amour comme une plante évaporée sa fleur
    Et seulement de verticalité tendue
    Alors que c’est là-bas l’espoir des hommes
    Le sentier de leurs barques
    Et qu’au-delà de l’horizon il y a un horizon encore
    Un horizon un grand bouquet d’horizons
    Et qu’au-delà de toute aimantation des lignes
    Il n’est jardin ni porte
    La pulsation et le malheur du sang :
    Sous la tonnelle se sont glissés les hémisphères
    Un ciel éparpillé de jasmin dans le ciel
    À l’heure où tournent l’heure et le rêve et la nuit
    Fiancés dans des halos
    La ligne bleue va toujours son chemin d’astre
    Vers le corps de la femme et de l’île et de l’heure
    La lumière à la fin
    La lumière est venue habiter la maison
    Il semble enfin que cela soit, que la lumière
    Est venue s’installer au cœur de la maison
    Pour aider une rose inaltérée à naître
    L’espace autour de nous définit le marteau
    CASSER Derrière il y a le temps des fluidités
    Brûlante ligne froide
    Avec toi nous irons vers la fin du désir
    Dans ce pays de nul pays bleu d’air
    Cherchant une évidence aveugle dans le blanc
    Brisant le nu de l’Un l’éclat du deuil
    C’est la présence et c’est l’absence l’une dans l’autre
    L’assemblée des insectes
    Le soleil ! Le soleil !
    Comment fait le soleil pour apaiser les îles ?
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    SALAH STETIE
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    anonyme

    Oeuvre ?


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  • 01/30/17--11:24: POCHADE POUR ROBERT MARTEAU
  • passent les nuages
    dans un ciel de Poussin
    puis ma fenêtre disparaît
    dans un Magritte mal encadré
    et bourdonne la vie
    passent les ponts sur l’eau
    l’eau sous les ponts
    le vin coulant dans les goulots
    les gorgotons
    la vie va et nous allions
    dans un sonnet disiez-vous
    la prière est l’abeille de l’abîme
    c’était enguirlander le vieux néant
    comme Pollock ou Riopelle
    et bourdonne la vie
    Paris où est-ce si
    je ne sais où nous sommes
    étions
    depuis la Butte-aux-Cailles
    jusqu’en la galerie du Fleuve
    pendant ce temps que dis-je
    quel temps y a-t-il dans la mort
    dans un temps fort du poème
    un ange passe est-ce Chagall
    et bourdonne la vie
    .
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    FRANCOIS  HEBERT

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    ALKAPLAN2

    Oeuvre Alkaplan

     

     

     

     

     

     

     


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  • 01/31/17--04:59: LA ROUTE QUE NOUS SUIVONS
  • À la criée du salut nous voici
    armés de désespoir

    au nord du monde nous pensions être à l'abri
    loin des carnages de peuples
    de ces malheurs de partout qui font la chronique
    de ces choses ailleurs qui n'arrivent qu'aux autres
    incrédules là même de notre perte
    et tenant pour une grâce notre condition

    soudain contre l'air égratigné de mouches à feu
    je fus debout dans le noir du Bouclier
    droit à l'écoute comme fil à plomb à la ronde
    nous ne serons jamais plus des hommes
    si nos yeux se vident de leur mémoire

    beau désaccord ma vie qui fonde la controverse
    je ne récite plus mes leçons de deux mille ans
    je me promène je hèle et je cours
    cloche-alerte mêlée au paradis obsessionnel
    tous les liserons des désirs fleurissent
    dans mon sang tourne-vents
    venez tous ceux qui oscillent à l'ancre des soirs
    levons nos visages de terre cuite et nos mains
    de cuir repoussé burinés d'histoire et de travaux

    nous avançons nous avançons le front comme un delta
    « Good-bye farewell ! »
    nous reviendrons nous aurons à dos le passé
    et à force d'avoir pris en haine toutes les servitudes
    nous serons devenus des bêtes féroces de l'espoir

     

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    GASTON MIRON

     

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    christian Arjonilla,,,


    Oeuvre Christian Arjonilla

     


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    A M. Fillon, candidat à l'élection présidentielle.

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    Monsieur le candidat,

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    je suis médecin généraliste depuis 25 ans, j'ai fait dix ans d'études et obtenu un doctorat en médecine. Je travaille en libéral, je vois 30 personnes par jour en moyenne, ce qui est déjà beaucoup, mais m'oblige parfois à refuser des consultations pour mieux m'occuper des patients présents.

    Ma rémunération brute est d'environ 120000 euros annuels, mes frais sont de 50% avant impôt (secrétariat, réseau, logiciel et matériel informatique, loyer, etc...), donc mon salaire net est d'environ 60000 euros soit 5000 euros par mois, ce qui tout à fait satisfaisant pour mes 42 heures par semaine après 25 ans d'exercice dans la même ville.

    Croyez-vous que je puisse mériter un salaire à la même hauteur que votre assistante parlementaire, ou bien mon salaire serait exagéré voire usurpé ? Avez-vous une véritable notion de l'échelle des salaires en France pour offrir une telle somme mensuelle à votre assistante parlementaire ?

    Je suis certes un grand chanceux avec mon niveau de rémunération, mais la majorité des gens au SMIC ou juste au-dessus du SMIC se sentent méprisés depuis qu'ils savent combien Madame Fillon est rémunérée pour son "travail". Je n'ose penser aux bénéficiaires du RSA...
    Je crois qu'en effet, pour que certain.e.s de vos "ami.e.s" bénéficient d'un tel niveau de salaire, il va vous falloir couper sévèrement dans les comptes publiques, faire disparaitre 500000 emplois publics.

    Notre peuple mérite-t-il un tel mépris ?
    Et vous, connaissez-vous des remords ?
    Que peut bien vous souffler Dieu à l'oreille ?

    Si vous dormez du sommeil du juste, tant mieux pour vous.
    Nous, le peuple de France, nous avons honte, très honte.

     

    .

     

    NB : peut-être faut-il qu'un grand mouvement se fasse et que tous ceux qui sont choqués par les chiffres avancés envoient un tel message personnalisé au candidat ? voici les adresses mails : equipe@fillon2017.fr
    ffillon@assemblee-nationale.fr

     

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    GAËTAN LECOQ

     

     

    .


    PENELOPE2


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    « Que font les morts
    de dix lys flétris et cinq oiseaux muets ? »

     

    Ruines et clôtures
    mouchoirs et civières
    tel est mon cœur
    Mulets accablés, arbres dénudés
    enfants usés, fleurs étiolés
    amas de crânes, livres, plumes d’oiseaux :
    tel est mon cœur
    Bombe
    mur sombre et voie barrée
    noces comptées en mois et funérailles en jours
    « Embrasse-moi, que je t’abatte »
    « Je te donne mon cœur, tu m’offres le gibet »
    sirènes d’alarmes et cercueils
    vieux fers et tintements factices
    épitaphes pâlies et carnages d’exportation :
    tel est mon cœur
    Amis et cannibales
    rues et stèles du souvenir
    heures infinies… de six à deux et demie
    heures infinies… de neuf à demain ou après-demain
    de demain aux années à venir
    heures qui s’étirent, débordant les besoins du cœur
    vastes étendues, débordant les besoins des pas
    balles de fusil et poignards, débordant les besoins des morts
    volatiles décrépits et cages d’excellente facture
    modulation de fréquence
    dix lys flétris et cinq oiseaux muets
    chat noir bourré de poussière, paille et ressorts détraqués
    coupe-ongle
    avis postaux ignorés
    voyageurs et assassins, compliments bons à tirer
    avertissements en recommandé : « Veuillez excuser notre refus »
    dernière heure du dernier jour du neuvième mois :
    tel est mon cœur
    Seigneurs de jadis et seigneurs de ce jour
    montagnes pelées et cœurs rongés par l’acide :
    tel est mon cœur

     

     

    .

     

    NAZIH ABOU AFACH

     

    .

     

    APARTIAN DIBASAR

    Oeuvre Apartian Dibasar

    Peintre Syrien

     

     


    0 0

    Et vous… que faites-vous de nous ?
    Vous…
    Tant de tristesses calculées, de mornes sourires !
    Et nous… que faisons-nous ? possédons-nous ?
    Nous regorgeons de temps pour tirer sur les papillons, les nuages et les idées neuves
    regorgeons d’espace pour les bastilles, les cercueils et les cimetières d’enfants
    détenons grands sanglots et très intimes secrets
    titres de livres mauvais parlant d’amour, élevage de poulets et fleurs interdites
    Mais vous… que faites-vous de nous ?
    Et nous… que possédons-nous ?
    A voir les belles mallettes pour contrats de vente, ordres de tuer
    et permis d’inhumer
    A nous les poches pour réchauffer nos doigts et sauver les poèmes de contrebande
    A vous la terre
    A nous les cartes et les mappemondes en relief
    A nous les rêves inouïs et le petit lopin
    suffisant pour rassurer nos enfants :
    « Les morts prennent leur lait et s’en vont dormir »
    Ce que nous faisons très exactement :
    prenons notre lot de coups de fouet, épidémies, attaques aériennes
    de visages moroses, cachots… et nous allons au cimetière
    Nous, les humains,
    nos temps sont noirs, nos cœurs très blancs
    Nous, les humains,
    nos horizons sont vastes, nos logis très étroits
    Nous, les humains,
    La mort est diligente, notre vie très coûteuse
    Pour nous, rien de plus

     

    .

     

    NAZIH ABOU AFACH

     

    .

    dibasar apartian3

     Oeuvre Apartian Dibasar

    Peintre Syrien

     

     


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  • 02/01/17--13:29: À MARIA PETROV
  • La terre meurt
    des anges dans ton profil

    tout te suis où tu vas

    ta chair n’a pas de bas
    mais tes yeux sont de dentelles

    ils sont des fleurs qu’on rencontre parfois

     

    .

     

    JEAN RAINE

     

    .

     

    sergio-lopez

    Oeuvre Sergio Lopez


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  • 02/01/17--13:58: L'OEIL DE L'EAU
  • La beauté a ses forêts
    son ciel opposéà la terre
    un été pour t’aimer
    un hiver pour te plaire
    le vent pour te penser

    Elle a le sang de tes dents blanches
    elle a tes doigts baignés
    l’ombre penchée des fleurs
    dans l’eau de ton silence

    dans l’eau qui te respire
    elle a leur immobilité

    elle est le fil de l’eau le rêve qu’elle étire
    l’image penchée que tu admires
    tout le ciel
    la peur et les frissons
    qui vont mourir dans les roseaux

     

    .

     

    JEAN RAINE

     

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    paysage

    Artiste ?


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  • 02/02/17--09:09: PAUL AUSTER ...Extrait
  • De la perte.

    Et d’une perte telle
    qu’elle pille l’esprit – jusqu’à la perte même

    de l’esprit.

    Commencer avec cette pensée : sans rime

    ni raison.

    Et puis simplement attendre. Comme si le premier mot
    venait seulement après le dernier, après une vie
    d’attente du mot qui était perdu.

    Ne pas dire plus
    que la stricte vérité : les hommes meurent, le monde déçoit,
    les mots n’ont aucun sens.

    Et par conséquent ne rien demander
    que les mots.

    Mur de pierre. Coeur de pierre. Chair et sang.

    Autant que tout ceci.
    Plus.

     

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    PAUL AUSTER

    Traduction Françoise de Laroque

     

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    thami3

    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com/

     

     

     

     


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    Et tous les espaces de nos solitudes passées, les espaces où nous avons souffert de la solitude, joui de la solitude, désiré la solitude, compromis la solitude sont en nous ineffaçables. Et très précisément, l'être ne veut pas les effacer. Il sait d'instinct que ces espaces de sa solitude sont constitutifs. Même lorsque ces espaces sont à jamais rayés du présent, étrangers désormais à toutes les promesses d'avenir, même lorsqu'on n'a plus de grenier, même lorsqu'on a perdu la mansarde, il restera toujours qu'on a aimé un grenier, qu'on a vécu dans une  mansarde.  On y retourne dans les songes de la nuit. Ces réduits ont valeur de coquille. Et quand on va au bout des labyrinthes du sommeil, quand on touche aux  régions du  sommeil profond, on  connaît  peut-être  des  repos  anté-humains. L'anté-humain touche  ici  à  l'immémorial. Mais, dans la rêverie du jour elle-même, le souvenir des solitudes  étroites, simples, resserrées nous sont des expériences de  l'espace réconfortant, d'un espace qui ne désire pas s'étendre, mais qui voudrait surtout être encore possédé. On pouvait bien jadis trouver la mansarde  trop  étroite, la trouver froide l'hiver,  chaude  l'été.  Mais  maintenant,  dans  le  souvenir retrouvé par la  rêverie, on ne sait par quel syncrétisme, la  mansarde est petite et grande,  chaude  et  fraiche,  toujours réconfortante.

     

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    GASTON BACHELARD

     

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    mansarde_5,


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  • 02/02/17--12:10: LE SEUIL, LE SABLE...Extrait
  • Tu veilles dans tes yeux
    aux bambous de ténèbres
    Une lampe pour les autres
    ceux qui t’observent
    Le sang essuie les vitres
    de nos maisons en ruines
    Petites ombres tu suis les morts
    à la trace de nos pas
    Fraîcheur des lignes des barbelés
    On se fait signe avec les lames de la rose
    Les amants affrontent leur visage
    Leur voix peuple les ondes de ce pays au tien
    aux abîmes d’étoiles


    Place

    à l’eau qui dort dans l’eau au creux des mains
    à l’air à ses chapeaux trop larges pour nos têtes
    au sable à l’herbe jeune sœur de nos orteils


    Place

    aux brebis du vent halées dans les étables
    aux vaches sourdes sur les paliers de grêle
    au renard au chien bruyant des jours et des nuits


    Place

    au verbe ascendant vert des édifices
    aux fenêtres à leurs rames épaisseur du temps
    à la girouette montée sur roues de miaulements de chaton


    Place

    aux sirènes du souffle à leurs agrafes de lis
    aux chevelures dans les sapins de l'orgue
    au pain rose des museaux de poisson


    Place

      àla tour penchée des passions de paille
    à la rouille des attentes des grandes voiles
    à la mer aux villes suspendues aux cloches de Noël


    Place

    à la solennelle enquête des marches au cours fleuri
    La parole est au soleil levé sur la salive
    La parole est aux trente-deux candélabres des baisers


    Minuit aux semences de lune
    Le jour est au fond de la terre
    dans le brouillard des pierres
    dans les rêves boueux des branches
    Le jour est dans les narines du lièvre
    Ses bonds sont des poupées qui se lèvent


    Place

    aux poils rasés patrie du cerf
    ton sexe que les navires traversent par vagues crache le désir
    L'aventure est une idole aux seins de sel
    Les marins la confondent avec la soif
    Folie idole le poème comme ton sein
    n'a ni commencement ni fin
    Baigneuses rieuses
    Vos bras serpents oisifs
    Vous sentez l'amour
    Nous quêtons dans vos chants
    une place de nerfs et de feuilles
    un nom pour nos collines
    Les aiguilles du cri acclament leur fil
    Aveugles elles naissent enfin à l'ouvrage
    Fière idole le poème est ta robe de chute de rosée
    au corsage pâle de cigale
    Baigneuses englouties
    nous émergeons de votre ultime pacte avec le feu
    Le ciel est couronné de chapelles d’iris
    aux palpitants autels d'ibis


    Place

    aux corneilles du son dans le gosier du chêne
    à la craie sur les toits légendes pour enfants
    au sommeil des ancres noires dans les dortoirs d’océan
    Place

    aux cerceaux des haltes à leurs sceaux de cire

    au vieux part plein de rires en fruits
    aux souveraines grilles sentinelles des heures


    Place

    aux momies des arches dans le sillage gris des ponts
    à la poussière des fleuves la nuit sur les barques borgnes
    aux pêcheurs penchés sur les racines mouvantes des mondes


    Place

    aux courroies des îles mille boucles de naufrages
    aux soucoupes de l’aube les rayons pour chalumeaux
    aux bulles d’incendie le long des lèvres humides


    Place

    au carrefour des fronts la pensée belle passante
    à la rue aux fontaines appuyées à leur langue
    au duvet d'ambre sur le visage étonné du matin


    Place

    au calepin de mousse sur le rocher altier de nos servitudes
    La parole est aux doigts d’écume dans les terriers bleus des récifs
    La parole est à l’arc-en-ciel sur l'épaule nue de la montagne
    Lac moulin couché
    A la pointe de l'aile
    le blébroie le blé
    Nous bâtissons sur les rives une promesse de vivre
    aux torches de chouette
    La lumière crisse dans le cristal
    palette aux pétales de précipice
    Le buffle fend la colonne
    Rouge idole nous choisissons pour unité de mesure de nos liens
    les plis irritants de ton haleine
    Au col amidonné du phare
    tu noues le fer et le plomb cravate à pois d'hymnes
    La douleur dénombre à chaque escale ses vautours

    Leur livrée toute en perles
    r silence
    L'horreur est pour le clou
    Les murs admirent
    Les morts mentent
    Nous avons vu l'orage daller nos dômes d’affres
    Le Dimanche sur les falaises
    et les sanglots sertir leurs vitraux dans le vide
    Nous avons vu les heures fourrage apprécié
    répandre leur gesse de cendres sur l'été
    les tigres graver leurs pattes dans la chaleur
    Nous avons vu le poing prendre son souffle
    et atteindre les nues écureuil vengeur
    Nous avons vu le bois attenter à son arc
    Le poème est l'épave aux sources des assauts
    que les chemins se livrent
    La nature règne éternelle au cœur des citadelles
    Le hibou porte en collier la clé lourde des mages
    Le poème est la laisse aux abords de l'antre
    del’idole aux lions


    Place

    au somnambule hardi les algèbres compromises
    à la course des zèbres coupés de leur mémoire
    à la flore affranchie des miroirs piétinés


    Place

    à l'incurable plaie du songe roux des forêts
    Tu veilles dans tes yeux aux fusains de ton áge jeune fille inspirée
    Le fort est ta fortune que les siècles assiègent
    drapée dans nos drapeaux
    Nous ciselons pour la faim un fermoir de flambeaux
    aux fines franges de foudre
    Le passé passe la main
    Tu écartes en marchant tes cils frêles barreaux
    idole à l'échode gestes manqués

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    EDMOND JABES

     

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    cesar santos,

    Oeuvre César Santos


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  • 02/04/17--16:53: ESTAS TONNE & REKA FODOR
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  • 02/05/17--09:54: CENDRES...Extrait
  • Aurai-je le temps d'écrire et de pleurer,
    Aurai-je la vie de l'âme et le temps de créer,
    Aurai-je encore la force d'agir et de donner ?

    Ma jeunesse ivre de sang et d'eau,
    Toute forte et trempée des larmes de mon corps
    Saura-t-elle fendre le temps
    Pour dormir dans l'éternité ?

    O terre,
    Voudrais-tu, avant la mort du corps,
    Mon âme glorifiée dans l'Esprit,
    Sceller ma joue en fleur à ta lèvre glacée ?
    Tes bras se tendront-ils demain,
    Tes bras d'amante délaissée,
    Dans la nuit dense où la chair meurt dans la chair consolée ?

    Non, Terre !
    Je ne veux pas me couler dans ta couche.
    Mon âme est la sœur des étoiles qui dansent sur la nuit.
    Mon cœur est plein de sang qui brûle et roule une mer de désirs ;
    Mon cœur est plein de larmes et de sel
    Et toute l'eau du ciel
    Ne tuera pas la soif qui me consume.

    Viens, Nuit,
    Ensevelisseuse aux doigts doux et frais comme une sœur
    Nuit qui berces, et promènes des caresses d'amante
    Sur mon front brûlé.

    Dormir, noyé, sur un lit d'algues couleur de mer,
    Fondre dans la nuit simple ma chair qui pleure
    Et mon âme démente,
    Comme un enfant blessé.

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    JEAN AMROUCHE

    Radés, 5 Novembre 1928

     

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    Elfi Cella2,

     Oeuvre Elfi Cella

     


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    Tout cela qui fut, qui est l’éclat d’un moment
     Étrange sans doute comme les métaphores des rêves
     Offre une vision meilleure du temps
     Malgré tant de figures réfractaires
    Qu’en dépit de plus d’un détour
     La langue échoue à prendre dans ses pièges,
    Mais bien loin de se tenir à distance
    Elles rayonnent assez fort pour que s’exerce
    Au-delà des mots leur hégémonie souveraine
     Sur l’esprit qui, grâce à elles, y voit plus clair
    Quand il ne se laisse pas dévoyer par la phrase
     Avec ses trop beaux accords, son rituel trompeur
    Auxquels s’oppose en tout la communion silencieuse,
     Ce feu profond sans méditation impure.
     Prendre forme est si contraire à leur nature
    Qu’il ne sert à rien de leur faire violence,
    Elles ne respirent librement qu’en nous-mêmes
    Qui sommes là pour les protéger du dehors
     Bien qu’appelés avec elles à disparaître
    Il en coûte aux vivants d’avoir à se taire
     Comme si, prisonniers d’une vieille méfiance,
    Ils avaient perdu la mémoire du cœur,
     Oublié même ce que l’on nomme l’oubli
     Dont chacun a besoin pour survivre.
     Non, c’est quelque chose d’autrement obscur,
    La tendresse qui fait s’étrangler la voix
    Le devoir de l’amitié vigilante.



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    LOUIS-RENE DES FORÊTS

     

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    hokusai katsushika,

    Oeuvre hokusai katsushika


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