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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 02/06/17--05:35: DERNIER POEME
  •  
    À l’âge de Guérin (14), à l’âge de Deubel (15),

    un peu plus vieux que toi, Rimbaud (16)anté-néant,

    parce que cette vie est pour nous trop rebelle

    et parce que l’abeille a tari tout pollen ;

     

    ne plus rien disputer et ne plus rien attendre,

    et couché sur le sable ou la pierre, sous l’herbe,

    fixer un regard tendre

    sur tout ce qui deviendra quelque jour des gerbes.

     

    Fixer un regard tendre ! Tendresse de l’absence,

    dans le Néant, Néant auquel je ne crois guère !

    Mais est-il plus pure présence

    que d’être à toi rendu, ô Mère douce, ô Terre ?

     

    On se retrouvera tous dans ta solitude,

    et peuplée, et déserte ainsi que l’océan.

    Et chaque fois qu’ici haut soufflera le vent du sud,

    en bas l’on causera des survivants.

     

    Quelles racines de fleurs viendront alors nous boire

    pour calmer dans le soleil telle soif de fruits ?

    Se pencheront sur nous les héliotropes du soir

    et viendra prendre de nos secrets le Bruit.

     

    Le Bruit, le Bruit humain – vaines rumeurs de coquillages

    pour les marins endormis du sommeil de la terre !

    Le Bruit, le Bruit humain, toujours le même à travers les âges

    et qui ne se dépouille que chez les morts d’un peu de vos misères.

     

    Mais déjà je sens l’odeur de la poussière

    et des herbes ; déjà j’entends l’appel de ma fille ;

    ah ! Pour peu que l’Oubli n’ait pas cerné vos yeux de terre,

    songez quelquefois à nous dans nos grottes tranquilles !

     

    Et que ce ne soit pas pour verser des larmes

    près de nos portes closes par le silence !

    Que ce soit pour penser qu’il y aura quelque charme,

    un jour, àêtre guidés par nous dans la fin immense.

     

    .

     

     

    JEAN-JOSEPH RABEARIVELO



    .

    phil charp,

    Oeuvre Philippe Charpentier

     

     


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  • 02/06/17--06:22: DEUX PRELUDES
  •  Goût d’étrange, saveur d’inconnu, soif brûlante

    d’ailleurs, ce ciel nouveau qui t’obsède et tourmente

    t’offrira-t-il, parmi la paix des palmeraies,

    les délices des yeux et des sens ignorées

    que l’art habile et vain des villes te refuse ?

    Quelle, parmi le flot de lumières diffuses,

    au cœur d’une nature encore inviolée,

    quelle tente de vent libre et calme gonflée,

    – immobile steamer chargé de ta fortune,

    conque de lys fragile où s’annonce la lune, –

    berçant ton rêve au seul rythme du pur silence

    qui se confronte avec le grand cri qui s’élance

    de ton intérieur, apaisera ta peine,

    ô cœur d’enfant qui veux défier la Sirène

    afin de t’affranchir des liens de la terre

    et d’étancher ta soif que rien ne désaltère ?

     

     

     Oiseaux migrateurs, nomades de l’azur

    et du calme vert des forêts tropicales,

    que de mers encore, hélas ! et que d’escales

    avant de trouver le port heureux et sûr !

     

    Cependant, vainqueurs du vent et de l’espace,

    le dôme nouveau des palmiers entrevus

    au seuil lourd d’Ailleurs des beaux cieux inconnus,

    refait votre espoir et double votre audace !

     

    Ah ! j’ai tant de fois envié votre sort

    pourtant menacé de chute et de naufrage

    pour n’avoir aimé que l’incessant mirage

    des ciels et des flots, loin de l’appel des morts !

     

    Et si l’horizon qui limite ma vue

    n’avait en ses flancs les premiers de mon sang,

    si j’oubliais que ce terme florissant

    garde les tombeaux dont ma race est issue,

     

    j’aurais déjà pris ma place dans la barque

    qui mène au-delà des fleuves et des mers

    pour ne plus cueillir que des fruits moins amers

    avant que fût consommé le jeu des Parques !

     

    Et j’aurais connu, comme vous, des matins

    parés chaque jour des fleurs d’une autre terre ;

    battant l’océan d’un nouvel hémisphère,

    mon rêve aurait fait quels somptueux butins !

     

    .

     

     

    JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

     

    .

     

    .

    celine alves,,

    Oeuvre Céline Alvès

     

     

     

     

     


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    "Je suis infirmière depuis plus de 12 ans et j'ai reçu la paie de janvier hier. Je travaille en 12 heures et comme j'ai fait 3 week-ends et 10 nuits en décembre, je touche 1745 euros nets d'impôts. On est très loin des sommes à 6 ou 7 chiffres dont j'entends parler à la télé depuis une semaine.


    "Dans la famille Fillon, je voudrai le père". Monsieur est payé depuis 1976 sur nos impôts car j'ai regardé son cv et entre assistant parlementaire, député, sénateur, ministre, premier ministre, président conseil général, monsieur n'a jamais bossé autrement que comme un parasite politicien qui voudrait maintenant présider la France pour mieux s'en mettre plein les poches. Hier soir, on apprenait via Médiapart que monsieur aurait aussi trempé les mains dans la magouille côté sénat. Pourquoi j'suis même plus étonnée ? Il y a quelques semaines on apprenait aussi que monsieur avait investit 1000 euros dans une société de conseil qui lui a rapporté 1500000 euros en 18 mois.


    "Dans la famille Fillon, je voudrai la mère". Madame, réputée femme au foyer, est depuis peu médiatiquement assistante parlementaire de monsieur. Elle a gagné entre 3200 et 7900 euros par mois pendant des années. Avant que Saint Canard Enchaîné n'ébruite, madame était éloignée de la vie politique de son époux. On apprend aussi que madame a été payée 100.000 euros en 16 mois par une maison d'édition pour rédiger 3 ou 4 notes de lecture.


    "Dans la famille Fillon, je voudrai les enfants". Là aussi les enfants ont été employés dans la holding parlementaire Fillon. Même quand ils étaient encore étudiants en droit, ils gagnaient déjà plus que moi chez papa.
    Monsieur Fillon rebaptisé Monsieur Propre a fait du nettoyage son cheval de bataille et son programme électoral. Il a manifestement oublié de balayer devant sa porte. A lui qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires et nous faire bosser 39 heures payées 35, je dis que moi, citoyenne contribuable, décrète qu'il faut supprimer toute cette racaille mafieuse politicienne qui nous pourrit la France. Le pire dans cette histoire est que la seule qui profite en se taisant est Marine Lepen.


    Quand on fait la liste des familles Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls, Fillon qui ont conduit la France dans la merde actuelle avec 8 millions de chômeurs et autant de pauvres, il y a de quoi vomir. Quand on voit comment les gens se privent de soins parce que les mutuelles sont devenues trop chères, quand on voit comment Touraine nous ment en permanence sur la santé, il y a de quoi gerber. Quand on fait la liste des scandales politiques, la liste des scandales sanitaires pour ne citer que ceux-ci, il y a de quoi ne plus aller voter car oui ils sont tous pourris."

     

     

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    famille


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  • 02/07/17--09:15: PABLO NERUDA...Extrait
  • Parmi les étoiles admirées, mouillées
    Par des fleuves différents et par la rosée,
    J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais
    et depuis ce temps-là je dors avec la nuit.
    Parmi les vagues, une vague, une autre vague,
    vague de verte mer, branche verte, froid vert,
    j'ai seulement choisi l'unique et seule vague
    et c'est la vague indivisible de ton corps.
    Vers moi toutes les gouttes toutes les racines
    et tous les fils de la lumière sont venus.
    Je n'ai voulu que ta chevelure pour moi.
    Et de toutes les offrandes de la patrie
    Je n'ai choisi que celle de ton cœur sage.

     

    .

     


    PABLO NERUDA

     

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    tina modotti,

    Photographie Tina Modotti


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  • 02/07/17--14:57: DERNIERE STATION
  • Encore
    Encore une fois se lever
    Vous ne savez pas pour certains ce seul geste fait mal
    Le geste
    Tant de fois fait pour rien pour personne
    Dans les foules assises pesantes
    Lever la main le poing avoir
    Du mal à le serrer
    En voir les jointures qui blanchissent de honte
    Et de lassitude
    Gueuler, gueuler de rage noire, s’en crever la gorge,
    Combien de fois je vous ai dit combien
    De vous lever mais vous avez été
    Comme des pâtes sans levain
    Sans la vie des pâtes mortes qu’on malaxe
    Qui ne seront jamais du pain
    Vous faut-il que le pétrin du boulanger se souille sous vos yeux
    De sang et de merde pour comprendre,
    Faut il pour savoir que le fascisme ne vient pas il est là
    Que ce soit vous le long du mur hors des caméras
    Dont on fouaille les fesses et qu’on déchire le cul
    Ils sont quatre, et il y en a trois qui regardent et qui immobilisent
    Ce gamin qui se nomme dieu
    Ce n’est pas moi qui l’invente c’est son nom Théo

    Et je laisse passer ce silence
    Si je vous entends je vous vois vous rasseoir
    Me parler de la justice le bateau mou qui suit son cours
    Je vous gifle

    Debout !

     

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    police violence


     

     


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    Regardez-les ceux qui échangent leur peur contre de la haine
    Ils sont plus ordinaires que les orties ou les chardons ils sont
    Partout du nord au sud ils ont des papillons sous les cheveux
    Mais vos mains griffées leur ressemblent vos pourtant vos çà
    Et là tous les mots sont des aubes ou des obus tous les gestes
    Et s'ils ont les yeux barbelés il faut la patience du cordonnier
    Pour remonter leurs pentes écoutez-les ils ont perdu les traces
    Leurs miroirs sont brisés ils ne reconnaissent plus leurs noms
    Et s'ils dorment devant vos portes c'est pour entendre le bruit
    De mousse de votre sommeil ce silence attendri cette douceur
    Tout ce qui contredit les prénoms de leur désespoir tout ce qu'
    Un jour le jour leur donnera c'est pour croire que vous n'êtes
    Ni une image ni une insulte Oh combien faudra t-il de temps
    Pour qu'ils regagnent leurs couleurs et combien voudrez-vous
    Donner quand pourrez-vous leur dire qu'il est si beau d'aimer

     

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    ALAIN DUAULT

     

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    tham3,

    Photographie Thami Benkirane

     

     https://benkiranet.aminus3.com/

     

     

     

     

     


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    Je sais tant la fugacité des choses tant les gestes labiles

    Et je m'étonne encore pourtant de ce long ricochet rayé

    Des vagues quand elle apprivoisent le sable Je ne suis

    Qu'un écho infiniment relayé de ceux dont les vieux os

    Poudroient sous la terre dont les cheveux les ongles oui

    Vous savez cette histoire infinie comment ne pas croire

    Un instant que la mer cette si vieille frissonnante avoue

    Elle aussi elle en a cherché des cailloux blancs ou bleus

    Pour envelopper les rochers des épaules ces îles et celle

    Qu'on voulait porter au silence parce qu'elle est comme

    Ces fleurs de bougainvillées qu'on disposait sur notre lit

    Qui nous rappelaient combien le temps est une danse qu'

    On ne conduit pas qui nous entraîne enivre nous chavire

    Et nous jette un matin un soir les doigts sales sur le pont

    D'un navire qui s'en va comme nos cheveux pousseront

     

    .

     

    ALAIN DUAULT

     

    .

     

    bateau2

     

     


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  • 02/10/17--10:22: POEME
  • Il est des pensées que fait jaillir la nuit,

    épaves de pirogues qui ne peuvent se dégager des flots ;

    il est des pensées qui n’arrivent pas à se hausser

    jusqu’aux lèvres et qui ne sont qu’intérieures.

     Épaves de pirogues perdues loin des bancs de sable,

    qui se charrient simplement près du golfe.

    Devant, l’on voit une terre désertique,

    et derrière, l’océan infini.

     

    Ô mes pensées, quand naît la lune,

    et que tout ce qui se voit paraît boire les étoiles !

    Ô mes pensées, liées, enlacées,

    épaves d’une pirogue aventureuse qui n’a pas réussi,

     

    vous êtes suscitées en un moment suave

    puisque déjà se repose aux limites de la vue

    tout ce que nous croyons être l’univers,

    et qui est le prolongement d’Iarive-la-sereine ;

     

    en un moment de paix, en un moment de bonheur :

    il siérait bien que s’élevât du fond du cœur

    le plus beau chant, le chant qui dit

    la dernière élégie, la fin du sanglot.

     

    .

     



     JEAN-JOSEPH RABEARIVELO

    (Traduction de l’auteur)

     

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    pirogue


     
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    TONONKIRA  (Texte malgache)

     

    Misy eritreritra atopatopan’ alina

    Vakivakim-botry tsy tafavoaky ny onja

    Misy eritreritra tsy afaka miarina

    Ho tonga eo am-bava, fa ao anaty monja

     

    Vakivakim-botry tsy tody tora-pasika

    Mivalombalom-poana ery am-binanin-drano

    Jerena ny eny aloha, tany midadasika ;

    Ny eo aoriana kosa ranobe manganohano

     

    O ry eritreritro rahefa tera-bolana

    Ka toa misotro kintana izato zavatra hita !

    O ry eritreritro mifatotra, miolana,

    Vakivakim-botry nandeha fa tsy tafita !

     

    Fotoana mamy loatra no ahaterahanao,

    Fa efa miala voly ery ampara-maso

    Izay rehetra inoantsika ho izao tontolo izao

    Dia ny tohin' ny eto Iarivo madio mangasohaso

     

    Fotoanam-pahatoriana, fotoam-pahasambarana ;

    Mety raha misandratra avy ao anaty foko,

    Ny hira tsara indrindra, ny hira izay hamarana

    Ny fara-vetsovetso, ny faran’ ny toloko...



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  • 02/11/17--05:40: TRANSPARENCES
  • Un matin bruissant
    froissé
    de bruits sourds
    de voix contenues
    un matin chagrin s’il n’y avait
    cette ferveur inavouée
    récurrente
    ce chant au loin palpitant.


    Le nom imprononçable
    s’est replié avec la nuit
    comme une carapace vide
    une cuirasse d’insecte
    craquant sous nos pas.
    Le nom s’est pulvérisé
    sur nos lèvres impatientes.
    Reste le souffle
    l’élan qui nous porta.


    Aller au plus saillant
    de notre légende
    aller jusqu’à l’ardeur
    blessante
    et chercher chercher
    ranimer l’éparpillé
    aller au-delà de la voix aimée
    dans l’absence
    marquetée d’obscur.



    Aller
    de courbes en sinuosités
    hésitante repentante
    alourdie de l’inaccompli
    ces rêves embryons
    qu’on a étouffés par convenances.


    Lente glissade vers le jour.


    Dans nos mains fermées
    cette part nocturne
    et secrète
    ce moi de femme occulté.
    Dans nos mains fermées
    l’offrande
    aux crêtes frémissantes.


    Prière en haillons
    un cœur bat sans mesure
    en désaccord
    avec la pensée.
    La voix en excès
    était saccades et lourdeurs
    la voix s’est fêlée
    sans reprises sans écho
    une brèche vers le silence


    Parole tendue
    du chercheur de l'étrange.
    En sa folie vaine
    le fouilleur n’est plus abusé
    par les mots en cendres.

    En partage enfin
    le chant…


    En partage dis-tu ?
    Arrache d’abord lichens
    et carcans
    cocons mal tissés et tous ces mots
    de travers
    que tu mis dans ma gorge.
    Arrache les baillons
    que tu forças contre ma bouche
    épargne-moi tes palinodies.
    Dans mes rêves tâtonnants
    j’avais touché la ligne
    chimérique
    où je m’abandonnais.
    Laisse-moi m’éloigner
    dans l’été…

    Partager, dis-tu ?

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

     

    silence

     


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  • 02/11/17--05:45: REFUS
  • Je ne parlerai pas d’amour.
    Le mot s’est arrêté
    sur mes lèvres
    s’est figé s’est fermé fossilisé.

    Je ne dirai pas l’amour
    ni le chant qui s’en évade
    chant de joie mêlée de crainte
    telle l’envolée soudaine
    de mille oiseaux dans l’émoi
    dans la transe.

    Je sens leurs battements d’ailes
    l’ivresse de leur vol
    vers les cimes toujours plus hautes.
    Je sens leur passage
    le trouble qui jaillit
    au tout profond.
    L’espace conquis est ample
    et lourd et inquiétant.

    Pulsations d’ailes
    et du cœur en arythmie
    l’amour attache s’accroche
    s’épingle se fibule
    comme une médaille de la légion.

    Je ne dirai pas le combat
    pour le tenir
    hors du mièvre
    du mécanisme de l’habitude.
    Je tairai la révolte
    la lutte
    pour être branche vive
    d’un arbre mille fois mort
    sans cesse renaissant.

    Phénix criant appelant
    guettant une proie
    toujours naïve
    toujours avide
    de s’immoler
    pour l’inexplicable lumineux.

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

     

    francois fressinier,

    Oeuvre François Fressinier

     


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  • 02/11/17--05:52: L'IMPROBABLE...Extrait
  • Quand nous avons à défier l’absence d’un être, le temps qui nous a dupé, le gouffre qui se creuse au cœur même de la présence, ou de l’entente, que sais-je, c’est à la parole que nous venons comme à un lieu préservé. Le mot est l’âme de ce qu’il nomme, nous semble-t-il, son âme toujours intacte. Et s’il dissipe dans son objet le temps, l’espace, ces catégories de notre dépossession, s’il l’allège de sa matière, c’est sans porter atteinte à son essence précieuse et pour le rendre à notre désir.

     

    .

     

    YVES BONNEFOY

     

    .

     

    bonnefoy


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  • 02/12/17--10:43: UN CAHIER DANS MA POCHE
  • Il neige comme un lait renversé. Un cahier dans ma poche me sert de fenêtre. Quand je le sors et l'ouvre, je vois la mer et les oiseaux, le bleu du ciel qui surnage, des pages pleines de cerfs-volants. Ça sent la résine entre les mots, le sapinage entre les lignes, l'espoir en bout de page. J'y ramasse avec les yeux la terre des forêts. Les mots d'amour ne sont jamais perdus. Ils rejoignent ce fleuve qui nous maintient en vie. C'est par les yeux que j'entre dans le monde, par les mots que j'en sors. Quand on perd son enfance, adulte, on n'est plus qu'un fantôme. Des lignes invisibles tracent un pays secret. Il faut s'y faire enfant pour y trouver sa route. Les petites choses que personne ne voit me sont des points de repère. J'écris hors du sujet, hors des sentiers battus, d'une façon brouillonne. Si un oiseau traverse la fenêtre, je le mets dans ma phrase, même le train qui suit, la pluie qui tombe, la neige qui hésite sur le rebord du toit. Les mots censurés de l'enfance remontent à la surface. Il y a des jours où chaque lettre bouge sur la page comme une voile de bateau. Certaines phrases sont un lac de lumière dans un décor de poussière. J'avance dans une forêt de mots, cherchant une embellie vers la résurrection. J'avance dans ma vie en même temps qu'à côté. Les mots vont de biais, jamais synchrones avec la route. Ils vont de pair avec le temps qui passe et n'attendent personne. Il faut les prendre quand ils viennent.

    Pour ce qu'on donne en mots, on se prive de tout. On rogne sur les heures. On dort le moins possible. On mange ses mots à défaut d'un bifteck.Il faut puiser et s'épuiser dans l'abîme sans fond du silence. Ce qui se produit en siècles ne se traduit pas en heures mais en mythologies. Il y a chez mon voisin une corneille aux ailes rognées. Elle quitte à peine son arbuste. Elle picore, de ci de là, dans un jardin de pierres et de poupées, entre les chaises brinquebalantes et les tables bancales. Sentinelle à vif, elle a passé l'hiver dans son manteau de plumes, toujours vivante, brandissant à la vue de chacun ses noirs moignons d'espoir. Quand le froid bleu du froid s'appuie contre la vitre, les fenêtres grelottent. Mon cœur, tenu par un seul gond, fait claquer ses artères au gré des émotions. Chaque jour, il faut évacuer la boue d'hier et déneiger la route. Les mots sont des épingles sur le chiffon des jours. Ils font piquer les yeux. Ils surlignent le temps. Même si écrire, c'est être mal compris, je ne peux pas me taire. Je ne veux pas trahir les mots qui se bousculent. Il faut que je recouse au fil de soie, au fil de fer, au fil de laine, au fil d'or, les lambeaux du passé, que je brode sur l'âme des paroles de feu. Il faut que je survive sans brader l'infini. Ma vraie vie n'est pas la mienne, mais celle de mes enfants.

    Il ne sert à rien de trouver des mots clés. On change constamment de serrure. Chaque matin, il faut racheter sa peau. Les plantes ont la couenne dure. Des rhizomes d'iris font éclater la pierre et poussent entre les failles. Le vent du nord se recueille sous les saules en prière. Les mots sont comme des doigts qui me touchent la peau, descendent le long du bras et me tiennent éveillé. J'éteins et je rallume ma lampe de chevet. Je couche dans un cahier où l'encre s'accumule. Je la puise dans les arbres, les nuages, les vagues, le vol des oiseaux. Du poisson qui frétille à la pomme qui craque, de la miche de pain à la sueur des amants, du cul des bêtes à la terre des forêts, j'embrasse le monde entier. Que cherchent donc mes lèvres dans ce baiser cosmique? J'ai l'impression de vivre un crayon à la main, un bracelet d'herbes autour du bras, une source sous mes pieds. Il n'y a pas de saisons au bout de mon stylo. Malgré le froid dehors, les degrés sous zéro, les glaçons de moustache, une aile de papillon zèbre la peau des pages. Du soleil brille entre les lignes. Les virgules aux aguets, les phrases bandent sous le reflux de l'encre. L'alphabet des orties se laisse pousser la barbe. Une volée de freux chavire dans le vent. Le roseau pense et se redresse comme un héron sur une patte. Les molécules se fracassent sur le front blanc du froid. Ils sont finis les fleurs, les framboises à l'écoute, les granges pleines d'oiseaux, le souvenir des feuilles. Le lac s'est éteint. La lune pend comme un glaçon. Le gel est là. Il n'y a plus dans l'air cette odeur de présence, ce goût de lait, de plaie, ce parfum de chaleur. Il ne neige plus de pissenlits, de samares, de noix. Il neige pour de vrai. Le temps s'est arrêté. L'hiver nous piétine de ses grands pieds mouillés. Le vent découpe à cran d'arrêt la douceur des bouleaux. Dans les greniers muets, des souris grises raclent des miettes. L'araignée du cerveau époussette sa toile. L'hiver est long. L'hiver est blême. J'ai grossi comme un bonhomme de neige. J'appuie ma vie sur le comptoir du ventre. J'ai gossé dans l'érable des allumettes pour le cœur, des amulettes, des colliers de barbe. Le verre s'est usé dans la soif des hommes et la fumée des bars. Le bois des arbres ne part plus naviguer, mais s'enterre en planches de cercueil. J'attends qu'on recouse la terre, que les jardins frissonnent dans leurs habits de fleurs, que les fourmis reviennent dans la foule des herbes, que les ruisseaux donnent à boire aux canards, que le ciel se déchire en éclats de soleil, que les semences quittent leur pot et courent aux nouvelles.

     

    .

     

     

    JEAN-MARC LA FRENIERE

     

     

    .

     

    JOYCE GEHL

    Oeuvre Joyce Gehl


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  • 02/14/17--08:32: MES APPRENTISSAGES...Extrait
  • « Mon bouquet de Puisaye, c'est du jonc grainé, de grands butômes à fleurs roses plantés tout droits dans l'eau sur leur reflet inversé ; c'est la châtaigne d'eau à quatre cornes, sa farine à goût de lentille et de tanche ; c'est la bruyère rouge, rose, blanche, qui croît dans une terre aussi légère que la cendre du bouleau. C'est la massette du marais à fourrure de rat grondin et, pour lier le tout, la couleuvre qui traverse à la nage les étangs, son petit menton au ras de l'eau. Ni pied, ni main, ni bourrasque n'ont détruit en moi le fertile marécage natal, réparti autour des étangs. Sa moisson de hauts roseaux, fauchés chaque année, ne séchait jamais tout à fait avant qu'on la tressât grossièrement en tapis. Ma chambre d'adolescente n'avait pas, sur son froid carreau rouge, d'autre confort, ni d'autre parfum que cette natte de roseaux. Verte odeur paludéenne, fièvre des étangs admise à nos foyers comme une douce bête à l'haleine sauvage, je vous tiens embrassée encore, entre ma couche et ma joue, et vous respirez en même temps que moi. »

     

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       COLETTE

    1936

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    bruyeres et joncs


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    D'hirondelle en hirondelle je suis arrivé au bout du bout

    Du monde c'est dire combien tu étais belle j'en ai connu

    Des frayeurs et des lumières dorées quand le soir se pose

    Comme un cerf-volant sur les yeux j'ai couru j'en ai pris

    Ton parti des poignards dans les seins des chemins bleus

    J'étais prêt à tout et à travers je voulais tes cheveux dans

    Mes paupières comme quand on croit encore j'ai marché

    Sur les fleurs j'ai nagé j'ai remonté l'escalier des fleuves

    Rien pas une ombre ne m'aurait arrêté c'est dire combien

    Tu étais miel je chiffonnais des roses je fumais du hasard

    Je n'avais que ta direction et j'en changeais tout le temps

    Puisque tu étais là et je n'y étais pas j'ai chevauché aussi

    Des présages sans fin j'ai voulu tout écouter tout montrer

    Je voulais croiser mes mains sur ta nuque te soulever t'é

    Merveiller j'ai volé même c'est dire combien tu étais ciel

     

     

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    ALAIN DUAULT

     

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    alain


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  • 02/14/17--15:33: PAR TES LEVRES, J'Y CROIS...
  • L’amour est l’enchantement nettement perceptible qui naît dans une attirance où les affinités ne sont pas automatiquement ses raisons créatrices. Partir à la recherche d’une amante à sa convenance comme on cherche dans des slogans publicitaires un opérateur de tourisme au moment des vacances d’été, c’est dépouiller le sentiment amoureux de tous ses envoûtements. L’amour se crée souvent d’une faculté distincte de notre volonté, de notre raison, de la vision même que nous avons de sa définition classique. Aimer, c’est d’abord savoir sabrer avec un cran rebelle le mythe bancal des goujats qui confondent esprit, ventre et bas ventre. Aimer, c’est se fondre dans la magie d’une sensitivité particulière dépourvue de toute forme de sacré et dont l’usage est toujours insuffisant. La flamme quand elle s’allume dans les yeux et tient les lèvres en haleine, les aubes des étoiles n’ont plus qu’un seul chemin, celui du vent où les regards des amants se croisent pour chavirer dans le même rivage des idylles.

    Aimer à réinventer la raison.

    Je prendrai de l’énergie cinétique des vents et des océans tout ce qu’il y a d’électrique, j’en ferai des rafales d’éclairs qui allumeront les hauts quinquets ancestraux pour éclairer la profondeur des cieux afin d’y graver ton prénom. Adviendra l’orage qui éclatera l’espace et brisera les temps, submergeant de ta voix les antiques prophéties. J’ordonnerai aux fleurs qu’elles se nomment par la spontanéité des hasards sans saison comme raison. Je troquerai mes insuffisances pour un lit de tournesols et sous le plaid de jasmin s’écrira notre amour en caractères de flammes dans une prose adulatrice. Ainsi, nous amasserons les feux charnels dans la ferveur des nuits enjolivées de griseries en délires. Tu humeras mon souffle comme un autel fumant de véhémentes douceurs et tu sentiras mon amour pour toi doux comme une aurore blanche mais tenace à faire fondre les neiges en ramiers blancs. Tu les verras survoler des astres inconnus pour t’apporter les nectars célestes aux rires enivrants d'où naîtront des oracles nouveaux et tu verras les voluptés s'allumer en flambeau sublime modifiant la destinée des dieux. Je ferai de mes imperfections des talents avec tout le génie imaginable et j’humecterai de ta larme de joie les flèches des Venus et Éros, tous deux à genoux comme des divinités mineures devant ta grâce aux soleils dansants.

    La lumière réfléchit dans la source de tes yeux
    Limpides et profonds
    Comme un miroir d’eau en ses ondes, capiteux
    À toi, le rêve se confond
    Ton regard filtre de la grâce du désir impérieux
    Les larmes de mes rayons
    L’amour se secoue, se fortifie et en moi il fait foi
    Par tes lèvres, j’y crois.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

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    GABRIEL_MORENO_

    Oeuvre Gabriel Moreno

     

     


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  • 02/14/17--15:52: GABRIEL CELAYA
  • La vida que murmura.
    La vida abierta.
    La vida sonriente y siempre inquieta.
    La vida que huye volviendo la cabeza
    tentadora o quizá, sólo niña traviesa.
    La vida sin más.
    La vida ciega que quiere ser vivida sin mayores consecuencias,
    sin hacer aspavientos,
    sin históricas histerias,
    sin dolores trascendentes ni alegrías triunfales,
    ligera, sólo ligera,
    sencillamente bella
    o lo que así solemos llamar en la tierra.

     

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    GABRIEL CELAYA

     

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    duault


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  • 02/15/17--08:25: LE LIVRE OUBLIE
  • Des souris des morts
    je te sauve
    ô livre innocent
    qu’a laissé
    le fugitif fantôme
    d’un peuple passager
    fatigué de ses songes

    Avec toi tes lettres bouclées
    ont côtoyé
    la vérité du pain
    ont coulé même
    dans l’haleine lente du cèdre
    sont devenues
    passions saveurs de mondes
    musique dans
    le registre figé des deuils
    la théorie des morgues
    où les morts attendaient leur nom
    sont devenues silence
    pour ceux qui apprenaient
    la cruelle leçon du deuil
    devant la mère diaphane
    deviendront
    procédures d’aurore
    pour alléger le monde

    On t’avait oublié
    dans la misère des poussières
    puisque jamais tu n’eus d’images
    à donner aux enfants
    Mystère tu restais
    dessous leurs doigts humides
    mystère encore dans les yeux clairs
    du tendre analphabète

    Maintenant tu réveilles
    tes signes magiciens
    les rassemblent nous ensorcelles
    d’anciennes guerres d’écoliers
    sortis des quartiers de la lune
    avec leur lexique trilingue
    de ce cœur d’oiseau qui battait
    à nous faire éclater le poing
    de ce moineau d’Alexandrie
    pillant un songe d’épicier

     

     

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    RAYMOND FARINA

    Extrait de " Le moineau d’Alexandrie in Pays "
    Editions Folle Avoine

     

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    denis mondineu2

    Sculpture Denis Mondineu

    http://denis.mondineu.free.fr/oiseaux.html


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    Alerte

    Il y a au bout du monde  une parole

    Qui éclot dans la tendresse

    Les mots appellent les mots par delà l’océan

    Et répondent aux chercheurs de trésor

    D’étranges magiciens maîtres des formules

    S’emparent de la fleur ouverte des étoiles

    Le monde s’arrondit au cercle de tes lèvres

    Ton visage surgit comme l’éclair

    Il est temps de respirer l’orage au fond de l’auberge

    Il est temps d’apprivoiser les grains de la beauté

    Les feuilles se taisent et s’enroulent comme des parchemins

    Elles ont beau tirer la langue

    La phrase s’envole à tire-d’aile d’un point à l’autre tel un papillon qui cherche la sortie

    Le soir a peint sa calebasse de peintures d’amour

    Je ne suis qu’un jardin suspendu

    Qu’un bateau ivre

    D’autres diraient un plain-chant

    Une foule d’hommes à la recherche d’un seul cœur

    Une foule d’hommes dans la vigne des mots

    Et qui parle à haute voix par tes lèvres musiciennes

    Je me souviens de la marche nuptiale

    Des trois pierres sacrées sous le feu

    Et du pain de l’alliance

    Je me souviens des mots sur les toits

    De la parole qui demande la route

    Le langage s’est invité parmi un chant de noces

    A mouillé l’ancre aux aisselles des îles

    Et me voilàà l’autre bout des rives

    Le train des mots attachéà tes mots

    Je dis pour toi le voyage de toutes les Indes

     

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    ERNEST PEPIN

    Faugas/ Lamentin/Guadeloupe

    01 Août 2011

     

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    michael parkes

    Oeuvre Michael Parkes

     


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  • 02/15/17--19:55: LES MOTS QUI FÂCHENT
  • Il y a dans les incertitudes électorales passées et à venir des traces évidentes de nervosité, un désir d’autre chose contrarié… un sentiment de tant d’impasses. Nos idées ne sont pas incarnées, ou mal, ou par des leaders que l’on ne veut pas voir ne serait-ce que deux secondes à la tête du pays, alors on vote comme aurait pu le chanter Stromae, on vote résigné, on vote machin pour éviter bidule, Paul pour déshabiller Jacques, on espère peser, pulvériser les plans prévus, on détricote les combines, les plans des officines, on flaire la mauvaise colle derrière le courage affiché, la droite qui se cache derrière la gauche, l’autorité derrière l’insoumission, alors on vote. On se croit malin mais on sait bien… Nous ressemblons en fait à ces familles dont un lourd secret plombe chaque réunion, qui s’engueulent et se brouillent pour des détails lors même que l’essentiel les ronge ; il pèse sur les silences et fait hurler les couverts dans la faïence, ça additionne les cancers, muré dans d’impossibles aveux. Il manque un Festen à la France. Notre lourd secret est notre conscience écologique. Nous savons tous que notre monde ne peut pas continuer comme ça, nous connaissons les grandes lignes des véritables enjeux environnementaux ; nous savons que la démographie pèse chaque seconde plus lourdement sur nos destinées ; nous savons que nous devons changer radicalement et le plus vite possible notre façon de consommer, de se déplacer et de travailler. Que l’on soit de droite ou de gauche, aux extrêmes ou au centre, la conscience d’un bouleversement climatique inquiétant est en nous. Nous savons que nous ne pouvons pas vivre derrière des barbelés en raclant les fonds de tiroirs d’une planète exsangue devant les trois quarts de l’humanité tenus à distance par des murs, du barbelé et des mitrailleuses… On le sait, mais si on additionne les intentions de vote des trois principaux leaders, Le Pen, Macron, Fillon, dont l’écologie est quasiment absente des programmes, on arrive à 65 % des voix.

     

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    PHILIPPE TORRETON

     

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    France-elections


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