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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 02/27/17--14:47: DJAFFAR BENMESBAH...Extrait
  • Emmenez-moi dans d’autres contrées, les miennes sont avariées, corrompues de chapelles outrageuses depuis que des nuits accablantes les gagnent hâtivement et s’éternisent blousant les aurores qui se perdent saccagées d’anathèmes et d’injures. Emmenez-moi loin des hosannas sombres et le chant fatigant des muezzins, ils génèrent l’hystérie des charlatans qui appellent à lapidation des femmes alors que l’éminence civilisée marchande encore des frontières à la barbarie de la barbe et de la burqa. Emmenez-moi, là où le soleil du soir nappe le rideau de la mer de tons vermeils sans fermer ses confins, loin des désopilants ballets de dévotions absurdes que composent des duplicités elle-même dupées. Emmenez-moi, là où la lune câline les corniches faisant au bord de la mer des flots blancs comme des neiges éternelles.

    Emmenez-moi, là où le genre humain ne se plie pas à la morale du commerçant ni ne succombe aux rayons trompeurs de l’or ni ne fléchit devant les ardeurs des slogans et réclames. Emmenez-moi, là où l’Homme n’est plus un arrière-produit gratuiciel, digitalisé pour faciliter son transfert vers la consommation dans un ordre numérisé. Emmenez-moi là où les silhouettes ne sont pas froissées dans des dogmes définitivement établis par les prieurs du chaos, tueurs des printemps...

    Emmenez-moi, là où l’exécution du supplice de feu ne se fabrique pas contre les théorèmes par l’autorité axiomatique d’une schizophrénie collective ; là où l’ordre pédant ne tague pas les lutrins afin de ravitailler la racaille de barbouzes et malandrins.

    Emmenez-moi, là où aimer n’est pas indice de démence ; là où l’amour se rajoute d'instinct à la fureur des baisers. Là où les lèvres des amants s’entremêlent sans répit afin que s’amenuisent les chagrins. Emmenez-moi là où l’ode des lèvres chatoyées exige plus de marge aux effluves du vin pour mieux semer la joie.
    Emmenez-moi, là où les femmes refusent les cocktails d’instances et fuient la corruption des accoutrements de luxe tirés des vils animaux. Emmenez-moi, là où les muses ne tombent pas dans les strates de l’oubli à force d’attendre, comme des Pénélope crétines, les tendresses engourdies par la froideur des idylles asphyxiées.

    Emmenez-moi aux rivages lointains où l’odeur fumante des rochers sent la pointe acre mais délicieuse des moules, là où l'enivrement rajoute de l'extase aux quolibets que j’adresse à ma misérable vie dont je me suis entiché pitoyablement sans l’implorer de me réserver la moindre indulgence. Emmenez-moi dans les domaines où l'arbre est sacralisé et que tout par les fleurs se nomme et je saurai que je suis arrivéà bon port. Sinon, laissez-moi avec mes mots à la métrique, ils me procurent l’ivresse de l’essor et me gardent de sommeiller comme un oiseau crédule dans un coin obscur du passé.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

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    djaffar benmesbah2

    Oeuvre Djaffar Benmesbah


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  • 02/28/17--06:55: A BOUCHE PERDUE
  • A Rachel

    Je voudrais te parler à bouche perdue
    Comme on parle sans fin dans les rêves,
    Te parler des derniers jours à vivre
    Dans la vérité tremblante de l’amour,
    Te parler de toi, de moi, toujours de toi,
    De ceux qui vont demeurer après nous,
    Qui ne connaîtront pas l’odeur de notre monde,
    Le labyrinthe incertain de nos vies mêlées,
    Qui ne comprendront rien à nos songes,
    A nos frayeurs d’enfants égarés dans les guerres.
    Je voudrais te parler, ma bouche contre ta bouche,
    Non de ce qui survit ni de ce qui va mourir
    Avec la nuit qui déjà commence en nous,
    De nos vieilles blessures ni de nos défaites,
    Mais des étés qui fleuriront nos derniers jours,
    Et j’ai tant de choses à te dire encore
    Que ne serait pas assez long ce qui reste de mon âge
    Pour raconter de notre amour les sortilèges.
    Je voudrais retrouver les mots de l’espoir ivre
    Pour te parler de toi, de tes yeux, de tes lèvres
    Et je ne retrouve plus que les mots amers de la déroute.
    Je voudrais te parler, te parler, te parler.

     

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    ALBERT AYGUESPARSE

    1-04-1900 – 28- 09-1996.


    Extrait de " Les armes de la guérison "

     

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  • 02/28/17--07:40: JOEL GRENIER...Extrait
  • C'était le temps où les us faisaient coutumes. C'était hier, c'était là-bas. C'était le temps où les armoires cachaient des secrets pour faire l'avenir que les mères savaient.
    Quand les filles rougissaient aux premiers chants d'oiseaux, quand leurs yeux agrandis se bordaient d'un air de mystère et que leur ventre bouillonnait d'un sang neuf de printemps, la mère l'entendait et gardait le silence.
    Mais elle sortait de sous les draps sans taches promis aux nuits de noces que la lune appelle, le collier qu'elle reçut de sa mère qui elle-même l'accepta quand le temps fut venu de s'offrir à la chair.
    Promesses de femmes, amour sans paroles, une chaîne de vie raconte l'histoire qui perdure dans les contes en couleurs.

     

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    JOËL GRENIER

     

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    Awatef Messedi2

    Oeuvre Awatef Messedi


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  • 02/28/17--07:47: FIN DE PARTIE
  • Alors
    C’est fini il n’y a plus rien plus rien à voir à dire à tuer
    Il n’y a même plus de décor des cartons éventrés des choses
    Non identifiables qui s’enchevêtrent au sol
    On peut éteindre les lumières
    Fermer le grand rideau
    Sur Alep
    Le troupeau peut se lever de ses fauteuils rouge sang
    Quitter le théâtre des événements
    Chercher pour la prochaine fois un spectacle nouveau
    Une comédie ce serait une bonne idée
    Commenter Après tout cela nous dépasse ces intérêts supérieurs
    Nous ne savons plus qui est le méchant l’indien le shérif le policier
    Et où sont les héros qui sont les traîtres
    Ils s’en vont et ils cachent leurs mains dans leurs poches
    Le théâtre est vide, obscur, on n’entend plus rien,
    La poussière tombe son odeur sèche
    Quelques bruits à peine au loin comme des sacs
    Que l’on trainerait parmi les pierres.
    Si quelqu’un vous dit un jour que je suis désespérée
    Répondez lui
    que c’est de vous
    Que je désespère

     

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    ALEXO XENIDIS
    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/


     
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    Bahram-Hajou

    Oeuvre Bahram Hajou

     


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  • 03/02/17--05:39: DJAFFAR BENMESBAH...Extrait
  • Recroquevillée dans ta solitude, l'amie, tu replies doucereusement tes flammes sur l’hameçon d’un cœur froid tel un voilier qui amarre, capturant timidement la sensualité insipide du mauvais port.

    Ravagée par les serres rapaces des aventures grossières enivrées de goujateries, ta colère sonne l’hymne pesant du temps qui se brise sur le temple où sèchent tes prières. Tu chantes et bouges d’illusions, vibrante et attendrie comme une pitié sacrée. Les amours sont d’essences mortelles quand l’idylle est contrefaite ; ainsi, d’irréel en réalité, de lumières en ténèbres, tes soleils tombent en ruine et tes tendresses s’effritent. Par passion d’aimer encore en guise de lutte, tu tentes alors l’ultime recours qu’est le refuge dans les alvéoles de la poésie, encore te faut-il la certitude de vouloir la rattraper à force de chavirer dans les rivages cédés aux mensonges mille fois démentis. Mais quoi trouver de beau sous les oripeaux d'une chimère sculptée en gargouille ? Que de furtives ironies de glaces sur un feu impur éjectant des étoiles d’asphalte dans un ciel dépeint.

    Et pour mieux porter ta douleur, tu chantes tes maux dans un exotisme stérile. Dépouillée de ton innocence, tu souffres affreusement bien en te faisant l’objet absent d’une idylle mesurée en désirs, maintes fois trompée par les manuels douteux des traditions et de la sottise. Tu veux partir mais où aboutir ? Jusqu’à te reposer au bas de la porte du trépas, tu traînes ta vie comme une hémorragie qui saigne de toi d'un bruit de cuivre furieux alors que tes quinquets sont allumés d’un immortel soleil dont hélas, tu fuis les éclats, sans laisser ses clartés filtrer les larmes de tes propres rayons. La déception t’étreint et verse en toi ses baisers pour te spolier de tes derniers flirts. Et dans tes longs cheveux noirs interdits comme une rivière en crue roulent les eaux d’une triste tempête. Seules tes larmes sont à toi avec leur intérieur où tout se meurt doucement. Pourtant tes nuages n’ont pas d’âge et te sont à portée de main, il t’appartient de reformer ton destin.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

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    djaffar benmesbah3,

    Oeuvre Djaffar Benmesbah

     


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  • 03/02/17--08:06: JULES SUPERVIELLE...Extrait
  • Tout ce qu'il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l'amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l'aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d'une page de Lucrèce, de Dante ou de d'Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d'imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil... Le silence, c'est l'accueil, l'acceptation, le rythme parfaitement intégré....

     

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    JULES SUPERVIELLE

     

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    Deedra Ludwig

     Oeuvre Deedra Ludwig

     


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  • 03/02/17--08:15: RAOUL VANEIGEM...Extrait
  • Il n'y a pas d'enfants stupides, il n'y a que des éducations imbéciles. Forcer l'écolier à se hisser au sommet du panier contribue au progrès laborieux de la rage et de la ruse animales mais sûrement pas au développement d'une intelligence créatrice et humaine.
    Dites-vous que nul n'est comparable ni réductible à qui que ce soit, à quoi que ce soit. Chacun possède ses qualités propres, il lui incombe seulement de les affiner pour le seul plaisir de se sentir en accord avec ce qui vit. Que l'on cesse donc d'exclure du champ éducatif l'enfant qui s'intéresse plus aux rêves et aux hamsters qu'à l'histoire de l'Empire romain. Pour qui refuse de se laisser programmer par les logiciels de la vente promotionnelle, tous les chemins mènent vers soi et à la création.

     

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    RAOUL VANEIGEM

     

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    petit prince


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  • 03/02/17--08:21: MARIA ZAMBRANO...Extrait
  • Ce n'est pas lui-même que cherche le poète, c'est tous et chacun. Son être n'est qu'un véhicule, n'est qu'un moyen pour qu'une telle communication se réalise. Une médiation, l'amour qui lie et délie, qui crée. La médiation de l'amour qui détruit, qui consume et se consume, de l'amour qui s'arrache la vie.

    Pourra-t-il venir le jour bienheureux où la poésie recueillera tout le savoir de la philosophie, tout ce que la distance et le doute lui ont appris, afin de donner forme avec lucidité et pour tous à son rêve?

     

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    MARIA ZAMBRANO

     

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    Alfred Sisley 4,

    Oeuvre Alfred Sisley

     

     

     


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  • 03/03/17--10:13: ARMEL GUERNE
  • Miserere

    On les a vus, l’impatience fleurie

    Entre les doigts et la peur vide dans les yeux :

    Ceux-là qui font le nombre noir de la cohue

    Et le luxe des épouvantes. Qui sont-ils ?

    Ils ne sont rien que cette hâte

    Comme un vent blanc,

    Seulement pour ne pas y être.

    Mais ils sont là, tenacement, ils sont tous là

    Ceux qui tiennent la place

    De leur absence. Et leur nom est légion.

     

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    ARMEL GUERNE

     

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    sergefiorio

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://sergefiorio.canalblog.com/

     

     


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  • 03/03/17--12:07: LA ROSEE DES MAINS...Extrait
  • Quand il se renverse dans le ciel

    les bras pleins de rumeurs

    noués au-dessus du rire des graminées,

    ton beau visage tourné vers les puissances du rêve

    les joues rougies par l’églantine du plaisir

    brille sous la fraîcheur du matin.

    Une mer respire derrière ton front

    nue et tranquille dans l’eau des larmes

    luisant de l’éclat poudreux d’un trésor

    le ruissellement de lait de ta gorge

    ce torrent invisible qui meurt sous ta peau

    et le goût de l’infini humecte tes lèvres

    glissant d’un mouvement léger

    par les chemins du sang

    gagne avec un bruit d’ailes

    la nappe des oliviers

    et j’entends s’enfoncer dans ta chair

    derrière tes dents humides de soupirs

    le collier de cailloux dans le cou des collines

    le bruit de l’amour qui remonte vers ta bouche.




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    ALBERT AYGUESPARSE

     

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    Francois Fressinier (2)

    Oeuvre François Fressinier

     

     

     

     

     

     


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  • 03/03/17--12:14: MES ATTENTES
  • Mes attentes ne sont pas des attentes mais des flambées rebelles au seul bois d’exister. Des yeux clairs aux éclipses guerrières, des fruits de neige, une musique bohémienne, l’eau d’un secret. Et je ne suis pas sage. Je choisis l’or du ciel, son froissé audacieux, le propos rougissant de l’argile impudique, le jour qui n’a pas sens de jour mais de pain chaud, de feuillage mûr, de verdeur. Je choisis le voyage, l’enfiévré, l’inconnu, la soif qui roule sur les hanches, la mémoire rétive qui échappe à la loi et la maison lavande qui craque sous les doigts son parfum ivre et bleu. Et tes mains aériennes. Et je choisis septembre plus riche que l’été. Mes attentes ne sont pas des attentes, mais l’amour debout, à boire frais dans rien, dans tout, d’un trait, comme on écrit.

     

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    ILE ENIGER

    Sur http://lafreniere.over-blog.net/

     

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    auguste rodin

    Oeuvre Auguste Rodin

     

     


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    Aucune quête n’est inutile même si parfois elle pèse comme la neige sur la branche. Je cherche des mots qui soignent, des mots qui sentent frais, des mots qui disent vrai
    des mots trempes à lavette pour nettoyer mon âme, des mots qui désinfectent, des noms d’oiseaux ou bien de plantes, des mots de miel, des mots de ciel pour effacer le fiel, des mots de source, des mots de souche, des vieux mots flambant neufs, des mots qui lèvent ceux qui tombent et redressent les arbres, des mots qui rafistolent et
    font des cerfs-volants, des mots aux ailes d’ange, des mots sans trop de bleus mais plutôt des caresses, des mots qui corrigent la route et réparent les hommes. Entre les bordées de neige, le froid inaugure un cristal. Le ciel peut tenir dans la main d’un enfant. Même la chute d’un fruit prépare l’éternité.

     

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    JEAN-MARC LA FRENIERE

     

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    henri-lebasque

    Oeuvre Henri Lebasque


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    « Le vent grandit, puisque la porte qui ouvre, sur la vigne, l’enclos ceint de briques ajourées, se débat faiblement sur ses gonds. Il va balayer, rapide, un quart de l’horizon, et s’agripper sur le nord verdâtre, d’une pureté hivernale. Alors, le golfe creux ronflera tout entier comme un coquillage. Adieu, ma nuit à la belle étoile sur le matelas de raphia… Si je m’étais obstinée à dormir dehors, la puissante bouche qui souffle le froid, le sec, qui éteint toute odeur et anesthésie la terre, l’ennemi du travail, de la volupté et du sommeil, m’eût arraché draps et couvertures qu’il sait façonner en longs rouleaux. L’étrange tourmenteur, occupé de l’homme comme peut l’être un fauve ! Les nerveux en savent plus que moi sur lui. Ma cuisinière provençale, attaquée près du puits, pose ses seaux, se tient la tête et crie : « Il me tue !» Les nuits de mistral, elle gémit sous lui dans sa cabane de la vigne, et peut-être qu’elle le voit… »

     

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    COLETTE

    La naissance du jour

     

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    peintures-le-mistral-aquarelle-d-une-jeune-

    Oeuvre Yokozaza

     

     


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  • 03/05/17--06:05: TEXTES INEDITS
  • J'ai dans la mémoire des monceaux d'éternité. Un ciel de pleine lune et l'étoile manquante du jour où je suis né. J'ai dans la mémoire le long couloir des chambres de l'amour. Des corps posés comme des toiles de maître dans la lumière furtive et nue. J'ai dans la mémoire la fulgurance des mots qui me traversaient alors que j'étais dans les initiales de l'écriture. J'ai dans la mémoire les initiations dans le jardin paisible du prétendant. Ma mémoire
    est un grand hôtel où dorment les amis de tous les temps, présents ou absents. Chacun sa chambre et la clé bienheureuse de l'amitié entre des mains généreuses. J'ai dans la mémoire bien plus que je ne pourrais dire et tout au bout du chemin toutes ces richesses deviendront un champ de blé, une forêt profonde, une source et l'étoile d'un baiser.

     

    ...

     

    Avec mes doigts je chuchote à l'oreille du grand infini. Des traces de lune s'effacent sur mon clavier que je caresse comme une femme de mots. Je chuchote, je murmure, je susurre, je viens à votre porte, je dis la bonne aventure et la mélancolie des libellules. Je susurre, une bougie à la main dans la nuit ventée, je vais mon chemin. Je susurre des choses délicieuses à l'oreille des demoiselles de tulle mauve. Je dis des légendes ou la rumeur du temps. Je viensà la fenêtre du vivant et dans l'ombre des ombres. Avec mes doigts je murmure à l'oreille du grand infini. Je sais qu'il y a des milliers de vies qui frémissent dans chacune de vos vies, mes amis. Que la lumière soit douce et délicate dans le flux de vos histoires de coeur et de souffle. Que la vie soit toujours ce jardin des possibles sous le grand arbre et la tendresse de la lune.

     

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    © PATRICK CHEMIN

    (2011)
    Texte inédit

     

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    patrick


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  • 03/05/17--06:45: FEU DE VIE
  • Poème bleu fenêtre,
    Poème rouge fruit
    Qui s'envole du rire argenté de la lune
    Vers nos lèvres assoiffées d'étoiles
    Et de glissantes caresses infinies,
    Comme d'un bateau d'amour
    Et de rêves d'où l'on ne cesse de s'appeler.
    Poème attentes de jours et de nuits
    Qui ouvrent le miroir ailé d'un cri,
    Qui renaît feu d'amour,
    Feu de toujours,
    Feu de vie !

     

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    MOKHTAR EL AMRAOUI

    " Le souffle des ressacs "

     

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    mokhtar

     

     


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  • 03/05/17--07:03: SERGE PEY ... Extrait
  • La Vérité joue ses erreurs aux cartes
    sous la table de la nuit
    puis le jour inverse le jour
    et l’Erreur joue ses vérités
    sous la même table

    Nous ramassons les mises fracassées des passages
    la manche truquée d’un chien
    et l’aboiement du silence
    quand nous nous recouvrons avec le tapis
    le visage

     

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    SERGE PEY

     

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    fillon,,

     

     

     


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    Pareils à ces arbres qui voyagent dans les textes
    ils se mettent en marche à la lueur des amandiers
    pressés d’atteindre l’eau qui flambe
    depuis un millénaire
    dans un village en mal d’oiseaux
    et qui à contre-orage repart à vide.
    Visiteurs aux portes du Jardin
    leur cercle s’élargit
    comme des chats miroitants
    que dessine la peur sur les murs
    des cathédrales abandonnées.

    Toujours la même ligne infranchissable
    toujours la même errance le même mort
    la même griffe la même blessure
    une botte sur le cœur
    et cette lune qu’ils tiennent serrée entre les dents
    et ce soleil qu’ils renversent dans une tasse de sang
    pour lire l’avenir
    tandis que leurs yeux de liège continuent
    d’étayer le dernier rempart.

    De quel eucalyptus sont-ils originaires ?
    de qui sont-ils la quête
    la traversée le songe ?
    Flûtes traversières
    ils se saoulent d’eux-mêmes
    et s’étalent semblables à des algues.

    Visiteurs
    ils s’envolent et redeviennent la Ville
    crépusculaire ou étoilée
    puis ils écrivent leur nom
    sur un quignon de pain
    ou l’écorce d’une mandarine
    en attendant un renfort de lauriers-roses.

     

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    NOHAD SALAMEH

     

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    eucalyptus

     

     


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  • 03/05/17--07:40: DES PAYS

  • Certains pays portent de grands manteaux de feu
    afin de se protéger de la nuit

    pareils aux saints des temps anciens
    allant, venant et causant à voix basse
    à travers les jardins épicés de légendes.

    Des pays où des paysages intouchables
    s’éveillent en sursaut
    au plus noir du sommeil
    pour expirer à force de splendeur
    - écriture d’incendie
    sous la plume du poète.

    Il existe des terres d’orgueilleux testaments
    lourdes d’encens
    de danses, de fontaines
    où chaque pierre est un berceau de colère
    atterrée de n’avoir que la mort
    à offrir aux enfants du futur.

     

    .

     

    NOHAD SALAMEH


    " Passagère de la durée "

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    liban


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