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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/07/17--11:23: MOTS FRUITS, MOTS SAUVAGES
  • Certains livres étaient des pêches dont je buvais le jus
       la tête renversée
    d’autres des coquillages d’où s’évadaient les fables.
    Frissonnaient sur mon front telle une frange de
       cheveux sombres
    les neiges, les mirages, les criquets pèlerins de
       l’inconnaissable.
    Je dérivais dans l’ombre au sein d’une glace sans tain
    étrangleuse d’images
    caressant au passage le pelage des monstres
    guidé par la voluptéà tête chercheuse éperdue de
       liqueurs
    avide de froisser les dessous mauves de l’extase.
    J’écrivais. Et mon être naissait de l’encre
       lettre à lettre :
    j’avais lieu dans le mot à venir.
    J’écrivais comme on meurt et c’était pour survivre
    convaincu d’engendrer ainsi le dernier Livre
    que déchiffreraient sans en saisir hélas toutes les nuances
    les grands lézards créés à l’image de Dieu.

     


    .


    MARC ALYN

    .

     

    thami3

    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com/


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  • 03/07/17--12:10: PARIS NAIT DE PARIS
  • Paris des braseros, Paris des barricades,
    Paris qui s’émerveille au bout de la journée
    Quand l’amour fatigué des rideaux de cretonne
    Respire à la fenêtre un air de liberté,
    Paris qui ne dort pas quand le monde sommeille,
    Paris naît de Paris dans son décor de suie.

    Sous le vieux ciel rayé par le vent des émeutes,
    Son grand bûcher troué de rires et de perles
    Eclaire le sommeil paisible des amants.

    Les objets oubliés au fond de la campagne,
    Après le long travail des saisons de soleil,
    Viennent toucher le coeur endormi de l’enfance,
    Le bras des voyageurs étendus dans la nuit
    Au pied du mur doré des avoines poudreuses.

    En plein vent, la tête et les mains dans le silence,
    Paris respire à peine et replie doucement
    Sa songerie et ses longues jambes de pierre.

    Alouette ou caille, on ignore le nom
    De son bonheur, de ses soupirs, de ses fantômes,
    Des boucles de la Seine entre les cils humides
    Du matin, scintillante et fiancée au monde.

    Mais je connais le bruit de son coeur de cristal
    Et lis son nom parmi les étoiles mourantes.

    L’été couvert d’oiseaux dans la force de l’âge,
    L’été, les cheveux pleins de brindilles de feu
    S’arrête sur Paris et se mouille les lèvres
    Sur Paris qui écoute et rêve de bonheur.

     

    .



    ALBERT AYGUESPARSE

    .

     

    paris


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  • 03/08/17--07:05: HOMMAGE A MAYA ANGELOU
  •  Je suis femme par les deux plateaux de mes mains

    Comme deux générosités ouvertes

    Je suis femme par la savane brûlée de mes yeux

    Et par le bouclier de mon front  derrière lequel luttent mes pensées et mes rêves

    Je suis femme par l’audace de mes lèvres où viennent pondre les baisers

    Je suis femme par l’écho de mon prénom qui roule dans les vallées de la vie

    Je suis femme par l’étreinte de mes bras autour du soleil

    Je suis femme par le berceau de mon ventre

    Je suis femme par la poulie de mes hanches où remonte l’eau vive de mon désir de femme

    Je suis femme par l’unique étoile où s’accrochent les nuits

    Je suis femme comme la terre est ronde

    Je suis femme par la flamme de mes jambes au bal des songes

    Je suis femme sans maître

    Sans laisse

    Sans vigile

    Celle qui ne tombe pas

    Celle dont les fruits repoussent sans cesse à force de mourir

    Celle qui soulève les sphères de l’univers

    Celle qui arrose les bourgeons du jour

    Je suis femme pour rien et pour tout

    Pour que le monde soit moins seul

    Pour la vie

    Et pour l’équilibre du monde

     

    .

     

    ERNEST PEPIN

    Faugas

    juillet 2011

     

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    maya-angelou-


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    L’automne trempe ses prés dans le rêve

    et les flammes du paysage se lèvent devant nous

    à mi-chemin entre les touffes de ronces, les cailloux,

    les puissances de la solitude

    du côté des pommiers en retard sur la noce

    pressée d’en finir

    avec cette journée qui remue sous l’empois

    une journée de grand vent

    nue et sèche au milieu des prairies et des fièvres

    quand passent dans la campagne une haleine de bataille

    une lumière d’orage qui met tout à l’envers

    le cœur de la mariée sous le voile couvert de baisers

    les tristes lessives de la semaine

    l’équilibre des voix sur les routes de la mer

    et sous la blouse du marchand ambulant

    au fond de sa carriole verte

    dans l’odeur des pommes et des foins

    la photographie pâlie d’un enfant qui ne vient pas bien

    la tête pleine de géants, de sommeil

    pendant qu’un grain venu sur le chemin des écoliers

    emporte sur un petit nuage de sang

    le char à bancs, les tables du verger et les musiciens en redingote. »



    .



    ALBERT AYGUESPARSE

    « La rosée sur les mains » 1938

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    noce_bretagne

     

     


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  • 03/09/17--08:35: LA BELLE SAISON
  • Je regarde d’ici les guerres fatiguées
    Les mots qui sont des mouches sur les vitres
    Prisonnières
    Le poids mort de la pesanteur sur la nuque et ce temps que l’on tue
    De peur
    De croiser son regard d’y voir le décompte
    A rebours et le va et vient qui finira
    Les mêmes boucles la même fin qui ramène le naufragé
    Toujours à la même vague quand le sol se dérobe

    Je pense à Diogène avec sa lampe qui cherchait un homme
    Quand j’écarte de mon chemin les humains en cherchant la lumière
    Pourquoi
    Est-il impossible d’être debout
    Sans retomber
    Et puis touchant la terre pour la millième fois de se relever, sans repos,
    Reprendre la même place
    Je danse, c’est mon rôle, trois petits tours,
    Avant que ne se raniment et se rouvrent toutes les blessures
    Toutes,
    Ma vie fuit par cent portes rouges je me tais
    Et mon silence coule jusqu’à mes pieds qui disparaissent
    Combien de temps avant que toutes les portes ne s’effacent

    Pourquoi
    Ne se relève-t-on que pour retomber
    Pourquoi rebâtir des villes avec les pierres des villes disparues
    Poser les temples les maisons sur des ruines sans voir
    Que la ville nouvelle ne sert qu’au prochain massacre
    Que les dieux qu’on y convoque partiront comme ceux qui les ont précédés
    La bouche amère pour ne pas revenir, si las, désabusés,
    Quand je suis ces cailloux que dispersent les soudards qui rient dans les décombres
    La mémoire qui s’éparpille les souvenirs sans date la vieille affiche déchirée
    Sur le mur qui flotte écrite dans une langue que plus personne ne comprend
    Comment pourrais-je vous appeler
    Verrez-vous seulement que maintenant je me dépouille
    Que je vous jette à la tête mon chapeau ses grelots et mon habit écartelé rouge et jaune
    Mes rires qui provoquaient les vôtres et ma joie à vous regarder
    Que la poésie qui vous amuse est justement la mouche prisonnière sur sa vitre
    Elle se cogne et c’est à vous qu’elle se cogne
    Croyant que vous êtes clarté
    Pourquoi
    Est-il avec vous impossible
    De rêver

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    Soon Young Lee

    Photographie Soon Young Lee


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  • 03/10/17--08:20: RAG-TIME...Extrait
  • On ne refera plus les sapins aussi verts
    ma sœur
    Ni les cieux aussi cieux, ni les aubes si frêles
    ni les goudrons fondants des routes de l'été
    ni les canons de bronze aux jambes des enfants sur la grand-place,
    à l'ombre insigne des vieux morts
    d'autres guerres
    Ma foi
    on ne refera plus la gaieté d'autrefois
    ma sœur
    je n'y crois guère
    Pas plus qu'aux longs comas de nos douillets hivers
    mon cœur
    ni aux calmes maisons avec leurs demoiselles
    roses pour vous servir une tasse de thé
    les seins jeunes dessous des corsages bouffants

    De tout cela qui a été
    ma sœur
    Les rivières de nos pieds nus, et les cris d'or
    au loin, des fiers couchants
    qui s'en souvient encore ?
    On ne refera plus ton ancienne candeur
    mon cœur
    Les oiseaux sont allés ailleurs
    Les enfants et les demoiselles
    Les grisons de l’été, l’hiver qui s’échevelle
    Ailleurs…
    Vois l’oubli mon cœur
    Mon cœur voici la mort

     

    .

     


    LOUIS CALAFERTE

    .

     

    Andrey Remnev,

    Oeuvre Andrey Remnev


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    « Moi, Olga Orozco, du fond de ton cœur je déclare à tous que je meurs.
    J'aimais la solitude, l'héroïque durée de toute foi, l'oisiveté dans laquelle grandissent d'étranges animaux, des plantes fabuleuses, l'ombre d'une grande époque fluant au milieu des mystères, des hallucinations, et aussi le petit tremblement des bougies à la nuit tombante.
    Mon histoire est là dans mes mains et dans les mains de ceux qui l'ont tatouée.
    De mon séjour il reste les magies, les rites, quelques dates usées par le souffle d'un amour inhumain, l'épaisse et lointaine fumée de la maison où nous n'avons jamais vécu, et quelques gestes dispersés parmi les gestes d'autres gens qui ne m'ont pas connue.
    Le reste s'accomplit encore dans l'oubli. Le malheur œuvre sur le visage de celle qui se cherchait en moi comme dans un miroir de souriantes prairies et qui te paraîtra si bizarrement étrangère: ma propre apparition condamnée àêtre ma forme en ce monde.
    Elle aurait voulu me garder dans le dédain ou dans l'orgueil, dans un dernier instant aussi fulgurant qu'un éclair et non dans ce tumulus incertain où j'élève ma voix rauque et éplorée dans le tourbillon de ton cœur »

     

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    OLGA OROZCO

    Traduction de l’espagnol argentin Claude Couffon

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    ARBOL2


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    Ces fleurs brusques avec des eaux et des menaces,
    ce pavillon pris dans les tourments de l’écume,
    ces rayons de miel et ces récifs incendiaires
    sont devenus la paix de ton sang dans le mien,
    une couche d’étoiles et bleue comme la nuit
    et la simplicité sans fin de la tendresse. »

     

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    PABLO NERUDA

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    pablo2


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  • 03/12/17--03:04: SOUFFLES ET SONGES...Extrait
  • Lumières d’octobre
    comme un bonheur inespéré déployant ses filets
    un félin assoiffé
    qui voit venir l’hiver
    Oh ! les feulements du vent
    quand les temps se renversent
    Soleils d’octobre
    illuminant le ciel entre deux averses
    La vie est douce, et lente, et douloureuse
    Le présent bat le rythme
    Cœur d’espace et de transparence
    La beauté souveraine
    rayonne en sa fragilité
    Nous n’avons rien à dire
    sinon cette caresse de lumière
    .
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    COLETTE GIBELIN
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    colette gibelin 2


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  • 03/12/17--03:16: HÔTEL DES VOYAGEURS
  • Hôtel des voyageurs
    La fenêtre ouvre sur le ciel
    Bleu soleil,
    renversant
    On y lit le vertige, et la fascination
    des blancs bateaux glissant dans la lumière

    Dedans est l’espace du cœur,
    l’intime centre de la vie,
    peut-être le bonheur
    Nous habitons cette chambre furtive,
    lieu d’étreintes sans lendemains

    Dehors est l’inconnu
    L’amour est dérisoire, face à la mer,
    souveraine et brutale
    avec tous ses pillards
    Elle entre en toi,
    te déchiquette
    La mer,
    pourvoyeuse de désespoir

    La chambre rétrécit
    L’espace du recueillement s’étiole
    Jusqu’au petit matin
    nous serons sans mémoire
    L’amour est illusoire

    Hôtel des voyageurs
    De quel voyage sommes-nous ?

    Quelle aventure ?
    Mésaventure ?
    Nos caresses n’empêchent pas l’obscur
    qui gagne peu à peu

    Je voudrais habiter l’univers,
    abolir le dedans, le dehors,
    rire aux étoiles
    et trouver le point d’orgue

    Je n’ai que cette chambre
    Hôtel des voyageurs

     

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    COLETTE GIBELIN

     

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    colette gibelin


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    Nuit de Sisyphe,
    sans halte, sans recours
    Il n’y a pas d’aurore éclatante et fragile
    Juste cette fatigue
    et l’habitude du naufrage

    Mais l’étincelle, la sauvage, la brusque,
    nous la portons en nous,
    malgré nous,
    plus tenace que les désastres

    Envole-toi, Sisyphe,
    Un feu déjà se prépare
    La nuit, la nuit éclatera
    comme une graine prête à de nouveaux départs

     

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    COLETTE GIBELIN

     

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    LAUREOS2

    Photographie Laureos

     


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  • 03/12/17--10:23: LA VAGABONDE...Extrait
  • "Écrire, pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de flêchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé de papillon-fée…
    Écrire… C’est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l’encrier d’argent, la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu’une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit. Cela veut dire aussi l’oubli de l’heure, la paresse au creux du divan, la débauche d’invention d’où l’on sort courbatu, abêti, mais déjà récompensé, et porteur de trésors qu’on décharge lentement sur la feuille vierge, dans le petit cirque de lumière qui s’abrite sous la lampe.
    Écrire ! Verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide… et retrouver, le lendemain, à la place du rameau d’or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée…"

     

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    COLETTE

     

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    colette3


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    "Quelle est la plus haute espèce chez l’être et quelle est l’espèce la plus basse ? Le parasite est la plus basse espèce, mais celui qui est la plus haute espèce nourrit le plus de parasites. Car l’âme qui a la plus longue échelle et qui peut descendre le plus bas : comment ne porterait-elle pas sur elle le plus de parasites ?  

    -  l’âme la plus vaste qui peut courir, au milieu d’elle-même s’égarer et errer le plus loin, celle qui est la plus nécessaire, qui se précipite par plaisir dans le hasard : –

    – l’âme qui est, qui plonge dans le devenir ; l’âme qui possède, qui veut entrer dans le vouloir et dans le désir : –

    – l’âme qui se fuit elle-même et qui se rejoint elle-même dans le plus large cercle ; l’âme la plus sage que la folie invite le plus doucement :

    – l’âme qui s’aime le plus elle-même, en qui toutes choses ont leur montée et leur descente, leur flux et leur reflux : – oh ! comment la plus haute âme n’aurait-elle pas les pires parasites ? "

     

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    FRIEDRICH NIETZSCHE

     

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    FRIED


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  • 03/14/17--03:05: GILLES DELEUZE...Extrait
  • "La bêtise est une structure de la pensée comme telle : elle n'est pas une manière de se tromper, elle exprime en droit le non-sens dans la pensée. La bêtise n'est pas une erreur, ni un tissu d'erreurs. On connaît des pensées imbéciles, des discours imbéciles qui sont faits tout entiers de vérités ; mais ces vérités sont basses, sont celles d'une âme basse, lourde et de plomb.

    ...

    Lorsque quelqu'un demande à quoi sert la philosophie, la réponse doit être agressive, puisque la question se veut ironique et mordante. La philosophie ne sert pas à l'État ni à l'église, qui ont d'autres soucis. Elle ne sert aucune puissance établie. La philosophie sert à attrister. Une philosophie qui n'attriste personne et ne contrarie personne n'est pas une philosophie. Elle sert à nuire à la bêtise, elle fait de la bêtise quelque chose de honteux."

     

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    GILLES DELEUZE

     

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    BETISE


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  • 03/14/17--09:17: JOEL GRENIER...Extrait
  • J'ai dormi à la rose, sous son collier de perles. Elle disait quelque chose dans la langue des pensées et ses pétales s'ouvraient aux magies des jardins de l'aube blanche
    Des parfums de pluie se mêlaient à la terre au fond des vases sacrés. La nuit pleurait en cristal des larmes de velours comme font les vestales quand elles frôlent le bonheur.
    J'ai dormi à la rose pendant un siècle et demi. Le temps était suspendu à la pointe d'un sein.

    Rose...

     

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    JOEL GRENIER

     

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    joel2

     

     

     

     


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  • 03/14/17--09:45: BERNARD PERROY...Extrait
  • Bien-sûr le temps demeure un lieu
    de course folle ou d'immobilité,
    de courses poursuites
    entre nos élans et nos peurs,
    nos belles heures et les plus sombres,
    nos promenades, nos marches forcées,
    nos territoires gagnés ou perdus,
    nos flammes de vaste envolée
    ou celle trébuchante à chaque seconde,
    mais sûre abri en son indéchiffrable beauté
    dont la lumière s'élève dans la nuit de nos cœurs
    comme le tremblement obstiné de l'étoile…



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    BERNARD PERROY

     

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    bernard3

     

     

     

     


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  • 03/14/17--10:40: BALLADE
  • Je retrouve toujours mêlés à la souffrance
    Le cri mal achevé de notre amour, le goût
    De tes baisers, et comme au ciel de la nuit d’août,
    La musique des mots s’évade et recommence.

    Le temps du désespoir n’a fait que rendre vive
    Cette soif que j’avais de l’eau de ton regard,
    Car pour nous séparer, le sort venait trop tard
    Si même notre amour est amour fugitive.

    Le ciel peut refermer sur nous sa main de nues,
    L’océan nous lier avec ses goémons,
    Le pain avoir le goût mortel de la ciguë
    Et les oiseaux mourir dans les cours des prisons,
    Ton amour est plus fort que cette trahison
    Et tes yeux sont plus beaux qui saluent le matin
    Quand un monde va naître avec ses lourds poisons
    Du peu de sang qui reste aux fleurs de nos jardins.

    Je ne sais plus où commence ta bouche,
    Je ne sais plus où finissent tes lèvres,
    Où s’arrête le rire courageux du matin.
    Mes doigts cherchent sans fin à briser le cristal
    Du rêve opaque de ton torse de neige.
    Je déchire la rose noire de l’oubli.

     

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    ALBERT AYGUESPARSE

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    albert

     

     


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  • 03/14/17--12:12: LUC BERIMONT...Extrait
  • Mon amour, je t'associe à la senteur de l'herbe que l'on a coupée dans le pré

    je te marie au chant du rossignol, à la splendeur des boutons d'or et des genêts

    Mon amour, le corps universel que nous cherchons à travers nous deux, à tâtons

    est présenté dans l'ombre des ombrelles, dans le bleu têtu des chardons

    Mon amour, tenons bon la route, et la sente, et l'herbier des nuits

    Tout nous est donné, sans le doute qui ronge les cours et les dents

    Je parle d'astres, de survie. Par toi, je suis, de nouveau, né

    Entends la flamme de l'été qui ronfle sur nos champs de vie

    Et crois que l'accord est passé pour les cent mille ans du passé

    autant que pour l'éternité .

     

    .

     

    LUC BERIMONT

     

    .

     

    luc2

     

     

     

     


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  • 03/14/17--12:32: GIGUE
  • La guerre, on la dansait dans la cour de l’école
    Bardés de cheveux fous et de tabliers noirs
    On sentait l’encre amère, un peu la confiture,
    Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.
    L’institutrice était une jeune bergère
    Qui avait entendu la voix de Michelet.
    Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lecture
    Ses seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.
    Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voiture
    Acheter à la ville un coupon de satin.
    Son fiancé, était – disait-on – mort en guerre
    C’est un très grand malheur quand on n’en compte qu’un.

    Crève le ciel d’orage et meurt la bergère
    C’est avec nos cœurs sourds que nous dansons la guerre.

     

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    LUC BERIMONT

    In Cahiers de l’école de Rochefort

     

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    Robert-Doisneau

    Photographie Robert Doisneau


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