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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Les noms s’effacent les dalles
    Disparaissent sous les lierres
    Près des falaises le sable
    Oublie les jours et les siècles

    Pourtant l’âme continue
    Entre le ciel et la terre
    A lier le feu et l’ombre
    A la présence invisible


    Donne-moi de mieux entendre
    Le murmure sous la neige
    La note émue du silence
    Où s’est abrité le cœur

    Accorde-moi de saisir
    L’instant où s’ouvre ta grâce
    Le galbe de ce fruit d’or
    Que ton ciel met à ma bouche

     

    .

     

    GERARD BOCHOLIER

     

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    camille claudel2

     Oeuvre Camille Claudel

     


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  • 03/17/17--10:40: LA BALAFRE
  • Dieu sait que tu es une terre battue, exploitée, casernée !

    Tu es la Terre et tu peux bien te permettre d'en rire.

     

    Un buisson toujours prêt à exploser au regard sur une

    parcelle que l'on dit pauvre, faute de savoir ce qu'est la

    profonde richesse, l'admirable ressource, tu es là,

    dans ce clin d'oeil  - et le troupeau se sera dissipé -

    tu es assurée de fermer la marche.

     

    Tu es là, cloîtrée dans ta rage innocente et les replis de

    ta chair. Tu es comptable du terrible et ils ne le savent

    pas ceux qui, un instant, se couchent sur toi sans rêver.

     

    Mais qu'importe ! Ta mémoire est si profonde et

    ta tendresse si méticuleuse !

     

    A peine une ride et c'est là que le fouet des siècles

    a laissé sa trace.

     

    Tu peux rire de cet ordre. C'est le tien.

     

    .

     

    PIERRE-ALBERT JOURDAN

    " Le bonjour et l'adieu "

     

    .

     

    TERRE


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  • 03/19/17--09:31: J'ECRIS
  • J’écris avec la tyrannie des misères

    J’écris avec mes processions de poète errant

    J’écris avec les jachères sèches de la terre

    J’écris et la colère gronde dans mon cœur transparent

    J’écris avec cent milliards de balles à tirer

    Dans la cervelle des bobards les jambes des voleurs

    La couronne des bavards la bourse des guerriers

    Le calcul des imbéciles sur l’échelle des grandeurs

     

    .

     

    MONCEF GHACHEM

     

     .

     

     

    luisa sartori2,,


    Oeuvre Luisa Sartori

     


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  • 03/19/17--09:35: BERNARD NEGRE...Extrait
  • Mon jardin est grand
    en long il va jusqu'au fond de l'enfance
    et rien ne peut l'arrêter
    pas même les Apaches embusqués derrière le sorbier

    En large il court libre
    avec la menthe et les orties
    Au fond de la prairie
    il y a le grand totem
    géant à la chevelure de mélèze
    cousu de terrifiantes cicatrices.
    Autour de lui,
    des lupins dansent une danse iroquoise
    Le fil télégraphique relie le ciel
    d'un voisin à l'autre
    Les écureuils passent et repassent
    rangent les nuages
    vérifient la position des nids
    apporte des lettres d'amour

    (....)

    Le vent soulève la jupe des pommiers
    pour faire rougir les pommes

     

    .

     

    BERNARD NEGRE

     

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    DAMIAN ELWES2

    Oeuvre Damian Elwes


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  • 03/19/17--09:38: JOË BOUSQUET...Extrait
  • Vois la brûlure que fait en ce monde l'instant d'avant
    les choses tu es la pensée de cet instant et sa chair
    hélas
    Il n'y aura plus jamais de place entre toi et la folie
    de l'oubli et la folie de toutes les flammes

    Courage va tu as planté la hache les heures sont tes
    prisonnières déjà quand c'est le soir et que l'air change
    de couleur tu regardes en te penchant à droite à gauche
    comme un piéton à travers les arbres d'un pays inconnu
    tu fais tourner les yeux avec les derniers feux du jour tu
    marches tantôt doucement tantôt vite comme si tu
    suivais quelqu'un
    A force de trouver partout la tristesse tu n'auras plus
    qu'elle à quitter quand le moment sera venu
    Une chanson est dans le jour tu ne sais plus si c'est le vent ou
    bien la peur du vent d'ici tu ne sais plus quand elle
    t'éveille si ce cœur c'est ta vie ou bien si c'est la peine

    Tu as deviné dans tous les cœurs un peu de la tristesse
    que personne ne connaît comme toi
    Et c'est toute ta force en ce monde d'avoir les mains fermées sur ce qui
    nous ferait peut-être mourir

     

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    JOË BOUSQUET

     

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    ANDREW WYETH,

    Oeuvre Andrew Wyeth


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  • 03/20/17--02:19: BRUNO RUIZ...Extraits
  • Je vis dans une discontinuité qui s’articule malgré moi. Un infini provisoire. Je choisis des hasards. Des vertiges de souvenirs. Une enfance réécrite. Je suis chaque matin la préface d’un récit. Une photo prise au temps. Mes projets brûlent au soleil. Mes tempes battent au rythme de rêves transparents jusqu’à l’invisible. Je le sais désormais : je n’atteindrai jamais entier l’autre rive du fleuve. Un courant m’emporte dans un chaos merveilleux de fragments et de confidences. Ce que j’écris n’a pas plus d’importance qu’un miroir qui sans cesse se brise dans la plus grande des solitudes. Je n’ai rien à vous dire d’autre que les lumières d’un désordre qui essaie pourtant de vous rejoindre. Demain n’a rien à voir avec aujourd’hui et c’est très bien ainsi. Je veux seulement fleurir encore le monde avant de partir.

     

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    BRUNO RUIZ

    2017

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    bruno

     


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    Le vrai porteur de joie, c'est cet homme sur la colline de mars ou d'avril, au coeur d'un pays immense à peine éveillé de l'hiver, avec le tait bleu des neiges mortes au revers des forêts et des haies, les villages humides aux replis de l'herbe d'étoupe, roses comme un buisson de bois-gentil. (...) Comme l'odeur de la première violette, comme cette perce-neige dans le verger ouverte sans tige au ras du sol effacent en nous d'un seul coup le souvenir des jardins de septembre épanouis, toute l'opulence d'une saison mûre et condamnée, ainsi le semeur debout dans l'air âpre, contre le ciel peuplé d'un délire d'alouettes, nous arrache enfin à ces images que nous avions amassées en nous pour nourrir la terrible traversée de l'hiver! Son geste nous délivre d'un passé trop lourd, ouvre devant nous la vierge étendue d'une année qui commence enfin. Le voici devant nous, tout proche. Il se relève, ayant fait glisser d'un sac dans l'autre le froment non plus fauve comme à l'automne, mais bleui par le vitriol. (...) Ce corps sait la mesure exacte du pas à prendre au long du sillon, cette main sait la poignée de froment qu'il faut saisir, ce bras sait l'ampleur du geste lanceur de graines. Regardons-le, cet homme tout hanté d'un rythme qu'il a su faire vivre au plus profond de sa chair. Combien seront-ils, aux années à venir, ceux qui s'en iront comme lui, de cette marche dansante, aux collines de l'avant-printemps?

     

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    GUSTAVE ROUD

     

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    Juan_Romero,,,

    Oeuvre Juan Romero


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  • 03/20/17--13:32: JULES SUPERVIELLE...Extrait
  • Il vous naît un poisson qui se met à tourner

    Tout de suite au plus noir d'une lame profonde,

    Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,

    Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux

    Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.

     

    Il vous naît un oiseau dans la force de l'âge,

    En plein vol, et cachant votre histoire en son coeur

    Puisqu'il n'y a que son cri d'oiseau pour la montrer.

    Il vole sur les bois, se choisit une branche

    Et s'y pose, on dirait qu'elle est comme les autres.

     

    Où courent-ils ainsi ces lièvres, ces belettes,

    Il n'est pas de chasseur encor dans la contrée,

    Et quelle peur les hante et les fait se hâter,

    L'écureuil qui devient feuille et bois dans sa fuite,

    La biche et le chevreuil soudain déconcertés?

     

    Il nous naît un ami, et voilà qu'il vous cherche

    Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux

    Mais il faudra qu'il soit touché comme les autres

    Et loge dans son coeur d'étranges battements

    Qui lui viennent de jours qu'il n'aura pas vécus.

     

    Et vous, que faites-vous, ô visage troublé

    Par ces brusques passants, ces bêtes, ces oiseaux,

    Vous qui vous demandez, vous, toujours sans nouvelles,

    "Si je croise jamais un de ces amis lointains

    Au mal que je lui fis vais-je le reconnaître?"

     

    Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence

    Et les mots inconsidérés,

    Pour les phrases venant de lèvres inconnues

    Qui vous touchent de loin comme balles perdues,

    Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

     

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    JULES SUPERVIELLE

     

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    juan romero2

     Oeuvre Juan Romero

     


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     Depuis que les portes closes et le froid ont été créés
    je tends la main en aveugle
    cherchant un mur
    ou une femme qui puisse me recueillir
    Mais que peut faire la gazelle aveugle
    d'une source vive
    et le rossignol prisonnier
    de l'horizon caressant ses barreaux ?

     

    À l'ère de l'atome et des cerveaux électroniques
    À l'ère du parfum, de la chanson et des lumières tamisées
    je lui parlais des sandales des bédouins
    du voyage au désert
    à dos de chamelle
    et ses seins m'écoutaient
    comme les petits enfants écoutent
    un récit captivant autour du brasero

     

    Nous rêvions de désert
    comme un prêtre rêve de faire l'amour
    et l'orphelin d'une flûte
    Je lui disais en portant
    mes regards vers le lointain horizon :
    là-bas nous reposerons sur les sables bleus
    et nous dormirons en silence jusqu'au matin
    non parce que nos paroles seront rares
    mais parce que les papillons fatigués
    dormirons sur nos lèvres

     

    Demain mon aimée, demain
    nous nous réveillerons tôt
    avec les navigateurs et les voiliers
    Nous monterons avec le vent comme des oiseaux
    comme le sang au moment de la colère
    et nous nous abattrons sur le désert
    bouche s'abattant sur la bouche

     

    Nous avons dormi enlacés toute la nuit
    les mains sur nos valises
    Et au matin, nous avons renoncé au voyage
    car le désert était dans notre cœur

     

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    MOHAMED AL-MAGHOUT

    Traduction Abdellatif Laâbi

     

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    al-maghout


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  • 03/22/17--01:49: LES BEQUILLES
  • Pendant sept ans je n'ai pu faire un pas.
    Quand je suis allé chez un grand médecin, il m'a demandé :
    « Pourquoi portes-tu des béquilles ? »
    Et je lui ai dit : "Parce que je suis perclus."
    "Il n'est pas étrange", m’a-t-il dit
    Vas y ! Essaie de marcher.
    Ce sont ces vieilleries celles qui t'empêchent de marcher
    Marche, ose, rampe à quatre pattes! "
    En riant comme un monstre
    il m'a retiré mes belles béquilles,
    les a cassées dans mon dos et, sans cesser de rire, il les a lancées au feu.
    Maintenant je suis guéri. Je marche.
    Un éclat de rire m'a soigné.
    Seulement parfois, quand je vois des bâtons,
    je marche mal pour quelques heures.

     

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    BERTOLD BRECHT
    Traduction Cristina Castello

     

     

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    dali-girafeenfeu2

    Oeuvre Salvador Dali

     

     

     


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    Descendre en soi- au plus profond de soi
    là où s'origine en secret la vie.
    Gagner la complicité du ruisseau
    le silence du lac et la promesse
    du noroît porteur de spores, élagueur
    de cimes, passeur de sables et d'or.

    Les livres sont refermés. A peine
    écrire nos versets sur l'oubli de l'onde
    et la haute respiration du ciel.
    Les paroles sont tues qui taraudaient
    les lèvres et déchaînaient le tumulte
    des hémisphères. L'écoute nous suffit

    et tous les sens en plénitude convoqués:
    le toucher du regard, le goût du parfum
    en la symphonie d'espace et de temps.

    Musique en contrepoint. Faseillement
    des feuillages aux voilures claires,
    traces d'émoi sur la douceur des choses.

     

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    MAURICE GRAVAUD LESTIEUX

     

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    lupin

     

     

     

     

     


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    Il avance dans la langue avec la main, en faisant aller et grincer la plume sur le papier, puisque telle est l'écriture.

    Qu'y a-t-il dans la main qui trace des lignes, sinon, encore, des lignes : de vie, de coeur, de chance dit-on... Que fait le poète qui écrit, sinon déposer à même la blancheur l'empreinte de ces lignes-là, jusqu'à signer un texte de son identité? Elle est celle d'un destin (ligne de vie), et d'une parole destinée (ligne de coeur d'une voix « tendue vers un autre »).

    « Je ne fais pas de différence entre un poème et une poignée de mains »écrivait Paul Celan. Qu'est-ce que lire un poème, sinon voir trembler sous nos yeux, en se mêlant aux nôtres (comme dans le geste où deux paumes se lient, s'impriment, échangent momentanément leur chaleur) les lignes de vie, de coeur et d'intelligence d'une destinée qui nous est destinée. Moment de partage d'un destin, telle est la lecture, dès lors que le poète parle « dans l'angle d'inclinaison de son existence ». Inclinaison du propre vers une altérité : celle à laquelle chacun est confronté en soi, celle que le poète a pour fonction d'émouvoir au-dehors de soi. Ni lui, ni son poème, ne sont destinés à quelqu'un en particulier, mais à« la main de personne », de quiconque. Tel une bouteille jetée à la mer, le poème est adresséà celui qui le trouve. De sorte que ce trouvère qu'est le poète (il trouve des mots, des tours, des formes) a pour interlocuteur inconnu ce troubadour qu'est son lecteur lorsque celui-ci découvre, accueille, reconnaît et s'approprie à son tour cette parole providentielle dont la particularité est précisément d'attendre d'être trouvée pour exister.

     

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    JEAN-MICHEL MAULPOIX

     

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    POETE


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  • 03/22/17--14:48: CHRISTIANE SINGER...Extrait
  • Quand je demande à ceux que je rencontre de me parler d'eux- mêmes, je suis souvent attristée par la pauvreté de ma moisson.
     On me répond: je suis médecin, je suis comptable...j'ajoute doucement: vous me comprenez mal. Je ne veux pas savoir quel rôle vous est confié cette saison au théâtre mais qui vous êtes, ce qui vous habite, vous réjouit, vous saisit ? Beaucoup persistent à ne pas me comprendre, habitués qu'ils sont à ne pas attribuer d'importance à la vie qui bouge doucement en eux. On me dit: je suis médecin ou comptable mais rarement: ce matin, quand j'allais pour écarter le rideau, je n'ai plus reconnu ma main...ou encore: je suis redescendu tout à l'heure reprendre dans la poubelle les vieilles pantoufles que j'y avais jetées la veille; je crois que je les aime encore...ou je ne sais quoi de saugrenu, d'insensé, de vrai, de chaud comme un pain chaud que les enfants rapportent en courant du boulanger. Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ?
    Les choses que nos contemporains semblent juger importantes déterminent l'exact périmètre de l'insignifiance: les actualités, les prix, les cours de la Bourse, les modes, le bruit de la fureur, les vanités individuelles. Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l'âge, ni le métier, ni la situation familiale; j'ose prétendre que tout cela m'est clair à la seule manière dont ils ont ôté leur manteau. Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez- vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre. Je ne veux pas les entendre parler de cette part convenue de la réalité, toujours la même, le petit monde interlope et mafieux: ce qu'une époque fait miroiter du ciel dans la flaque graisseuse de ses conventions ! Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux. Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé.. Mais ce dont j'ai plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre.

     

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    CHRISTIANE SINGER

     

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    sisyphe-coeur2


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    En hommage à Vincent Van Gogh

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    Pour une fois, je vais prendre la parole sans considérer cette faculté naturelle comme une automutilation que je m’inflige pour rajouter du mordant à l’intensité des émotions générées par mon combat psychique quasiment quotidien. Laissez-moi parler, docteur, il y a un conflit ondulatoire qui s’éternise dans mon être sans cesse envahi par des ondes antagonistes qui cherchent à s’y évincer réciproquement. Je regorge d’impertinences et deviens hutin et pugnace devant celui qui se permettrait l’audace de me reprocher mon raffut.
    Je ne suis pas qu’un être physique ou simplement un corps matérialisé sur un sol florissant d’énergies lourdes, mon âme est insondable. Vous tentez à chaque fois de numériser mes neurones alors que pour vous, depuis longtemps, amour et humanité ne sont qu’incompréhension ? Vous allez feutrer les poils de ma peau à vouloir cerner le côté délictueux de ma personnalité ; nous ne sommes pas frères d’une même lumière, télétransmis dans la même sphère cérébrale par une même affinité neurotrope. Quelquefois, vous opérez dans un commerce pitoyable pour répondre au mieux à mes hallucinations innombrables, amusées par mon ardeur de jouet épidermique. Quand j’aime, je ne dis pas que l’amour est à moi pour laisser à la haine l’instinct le plus élémentaire. Ma musculature affective ne relève pas de votre sensibilité, je suis un phénomène opératif capable d’agir et de produire une semblance de lui-même à l’état sobre et pur.

    …/…

    Vous me dites schizophrène, je vous le concède. Je suis un schizophrène conscient de sa schizophrénie et pour se plaire à l'avouer, il faut endurer des pluralités d’insomnies ; il faut tirer à bout portant sur l'érudition des pudeurs à la condition livresque et tant pis si elles en seront affectées. C’est vrai, je perds quelques fois toute notion d'espace et de temps et mes cheveux blanchissent prématurément à quelques endroits de ma palette mais rien de ce que vous pensez saisir de mes délires ne peut aboutir sans ma participation. Ma lucidité a le mérite d’être cyclique ; elle est élastique ; elle reprend à chaque fois sa souplesse d’origine après avoir été contractée. Laissez-moi parler, cela va vous éviter de procéder au téléchargement de mes pensées par effraction, sans crypter les codes de mon homéostasie subrepticement modérée dans un équilibre respiratoire devant lequel votre compréhension risque de déchanter. Nuages, froid, sexe, extase, cauchemar, craintes, surprise, joies, tristesse et sommeil ne sont pour moi que pétarade d'étincelles dans un douillet d'amour et de vin. Je me fustige inlassablement de rimes colorées comme une prime de ma propre colère où nichent mes plaisirs ailés et je m’enivre d’espoir alors que s’étrillent mes miroirs aux pastels de pluie dans le faubourg des indifférences qui m’ont déjà muté au nu vain et stérile.

    .../...

    À force d’avoir bu tant de douleurs, il y a des orages dans ma bouche et mes mots tempêtent comme de fortes précipitations de soupirs expectorés en signes persistants de délivrance

    …/…

    Patientez, docteur, ou alors, mettez-moi un oreiller sur la bouche et quand bien même, mon cri surgira de manière à m’extraire des absurdités paradoxales de la morale. Élu par mes nuits mandataire idéal de l’errance dont les chenaux m’ont ordonné label incontesté de la navigation entre les iles, transcendant les points de chutes, je porte mes jours comme un faix d’orgueil avec le vœu de rester libre dans ma raison jusqu’au trépas

    …/…


    Je suis d’une douleur particulière, ma prose sur la paix n’est pas un âpre chant de désolation que la raison des autres m’impose avec la mystification de ses bruits au goût effréné du bavardage. Dans le souterrain de mes longs soliloques intimement rageurs, les autres pensent dénoter une altération pathologique de mes facultés mentale et je m’en fous. Etre incompris je l’admets, être confondu, je refuse. Il est inutile de me condamner aux partitions des autres pour mériter l’état normal. Je m’interdis obstinément la moindre joliesse acquise sans bouleversement des codes et sans habilité. Ma prose sur la paix est un chant rugueux et touchant d’oùémerge la vitalité contagieuse des insoumis dans l’exaltation de mes émotions intenses poussées au paroxysme sans endommager mes urgences. Mais, hélas, on est fou dès qu’on s’écarte du convenable dans les normes sociales dominantes comme des herbes qui croissent en désordre, en abondance et au hasard.

    Un homme qui s’exclut de la morale des autres se mutile et qu’importe si ses yeux se dépêchent de regarder ailleurs. Il tombe comme un vieux enclin à la peur de mourir brusquement sans pouvoir dire adieu. Je me crois en enfer, peut-être que j’y suis ? Parfois, je procède à une analyse méthodique de mon cerveau, comme pour la défaillance d’un logiciel mais ma raison persiste à disséquer les particularités de ma folie qui se succèdent avec envie de me déchirer. Devenir fou, c’est ne plus s’appartenir, c’est se désincarner psychiquement pour n’être plus rien ni personne, ou alors, juste un cri d’une libellule qui lentement s’étouffe dans le souvenir des autres…

    .../...

    Je ne suis ni tristesse ni ennui, docteur, ni l’arrière-gout des joies dans un monde supra sensible des aisances. Vous ne connaissez comme réponse que l’action périphérique pour agir sur l’esprit. Je suis fou parce que vous ignorez les vertus de la parole, Je suis le fou qui s’identifie volontairement au cheval mal traité de Nietzsche parce que je parle de la beauté dont la sensitivité sacrée s’insurge jusqu’à nous soustraire du relief contrefait des interdits. À moins que vous ne soyez chapardeur des expériences essentiellement sensorielles des autres, la beauté peut vous aider àévacuer vos ruminations sur la cohésion de l’être et de son esprit. La beauté déclenche l’offensive de la poésie. Oh, la poésie, voilà le corpuscule d’une extrême ténuité, docteur, qui restera de nous quand sonnera la fin des fins, n’en déplaise aux moralistes ringards qui s’effectuent d'un point aveugle sans le savoir.
    On ne dégage pas de la poésie comme on éructe par effet de contre sens à son être. S’engager dans la poésie, c’est avoir l’exceptionnel privilège de réinventer à chaque fois les eaux de son bain, avec des ondes justifiant les effluves de son vin où le jasmin trouve intacte la tonalité de ses enchantements en fureur qui écorchent les inquiétudes et dépouillent le silence de ce qu’il a de féroce. Sinon, on se donne genoux à terre aux idoles qui fomentent des cendres dans nos volontés et de l’acide pulvérisé dans nos idées. Je ne collectionne pas les psys ni des idoles afin d’en faire des calmants ou des expédients à mes peurs soudaines, j’ai du gout pour l'audace. Par contre, je voudrai bien m’offrir les idoles des monarques et celles des psys mais il faudrait qu’elles m’appartiennent, qu’elles soient entièrement à moi et j’en disposerai à ma guise avant de leur cracher dessus pour conjurer mes craintes et réconforter ceux qui s’agitent dans la colère des incertitudes.

    Vous vous voulez spectateur de ma vie que vous décortiquez dans une tentative désespérée de me reconstruire artificiellement dans l’illusion d’une réalité. C’est donc dans le sentiment chronique de ma dépersonnalisation que vous expérimentez vos propres doutes métaphysiques afin d’actionner vos mécanismes d'acquisition de connaissances qui servent de référentiel psychotropique à vos histoires sur le psychique alors qu’inversement, il n’est que le pendant intérieur de votre déréalisation. Oui, docteur, l’usure des lèvres étanchées me font encre rouge qui sèche sur une plume irritée contre les brises légères des dieux pénates aux revers déplaisants.

    Ne cherchez pas dans mon subconscient, docteur, l’estampille de l’irréalité. Dans la grisaille de vos notes à mon sujet se succèdent mes graffitis de sueurs dans lesquels vous percevrez l’écho renvoyé par mes désirs dans une symphonie de rupture où mes lutins intérieurs ont posé leur dernière pierre. J’ai des folies en réserve alors que mon esprit n’est point une idée préétablie en dehors du rationnel et mon âme n’est pas une esbroufe soumise à la psyché inclinable des carabins caressant les horribles sorts.

    .../...

    Vous cherchez toujours un accès à mon cerveau ? Faites gaffe, il vous sera plus difficile d’en sortir que d’en forcer l’entrée. La localisation physique de mes sentiments est une équation à plusieurs inconnues, elle sème le déséquilibre. Je ne suis pas un être soumis au calcul algébrique dans une méthode de géométrie variable. On n’entre pas dans la chambre de mon hypothalamus comme on va à l’offertoire des messes où les idoles sont rentables, où les dieux païens habillent Jésus d’un sentiment d’appartenance, développé pour actionner les revues destinées aux grands spectacles de la crédulité. Au risque de me dévoiler bigrement névrotique dans la blancheur crue des sunlights de la physique, je peux faire danser Bouddha à vos pieds dans une longue jupe de tartan sous le rythme aigu d’une chanson raï. Je suis ainsi, pire que moi-même. Je ne suis pas fou, docteur, je ne suis qu’un incrédule.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

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    Vincent Van gogh

    Autoportrait

     


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  • 03/23/17--09:53: ROUGE
  • Rouge est humain. Par le sang, par le désir qui l’anime sans cesse, l’homme est dans le rouge de sa naissance jusqu’à sa mort. Les yeux fermés, tournés vers le soleil, la lumière explose non pas en blanc  mais filtrée par la peau où circule le sang. Les yeux clos, la lumière nous illumine en vermillon et cela conditionne notre existence.

     

    L’homme rouge, tragique. C’est le crime, le sang versé. Crime crapuleux, crime d’état, la violence frappe et le corps se fissure, laisse échapper son souffle, des fluides disgracieux mais surtout, plus frappant que tout, notre précieux sang. Forcément, cela inspire ! Les révolutions s’insurgent en rouge, les totalitarismes écrasent en rouge, et la littérature de l’héroïsme baigne dans le carmin des exploits virils, forcément mortels, toujours fatals. Depuis Achille, demi dieu si solaire, versant le sang d’Hector sur le sable aux portes de Troie, jusqu’à Colin,  tout petit homme vaincu par l’absence de rêve dans l’Ecume des jours qui fait pousser des roses sur les fusils,  le rouge est mariéà la guerre, tout comme la guerre semble chevillée à l’homme. Même le refus militaire de Vian est rouge car c’est dans le rouge que l’arme porte la mort, là se tient le symbole. Le sang coule, dedans puis dehors.

    Mais le rouge des hommes a aussi trouvé, parfois, le chemin d’une élévation moins guerrière. Chrétien de Troye prête au tout jeune Perceval une méditation contemplative à partir de la neige et de trois gouttes de sang, dans lesquelles sont préfigurés à la fois l’élévation à laquelle il est destiné et les sacrifices qu’on attend de lui.  La transcendance pointe son nez. Ce rouge-là devient une possible rédemption au travers d’une innocence qui, bien qu’érodée par l’expérience de la vie, ne perdra ni sa force ni sa pureté. A l’apogée de la Courtoisie, le rouge de la blessure jette un pont littéraire entre l’homme et son dieu. C’est l’élégance de notre faiblesse devenue force et grâce. C’est peu de chose cependant face à la puissante église qui, elle aussi, a aimé le rouge.
    La robe empesée des cardinaux, en éloignant les hommes de l’amour pour mieux les ancrer dans le terrestre signifie en quelque sorte l’abandon de la transcendance. C’est le rouge du pouvoir, héritier de la pourpre impériale romaine et annonçant à qui aurait été assez stupide  pour  l’ignorer que le royaume chrétien est avant tout séculier, n’en déplaise aux gardiens du dogme.

    Guerre, religion, que reste-t-il ? Dictature ? Ah, là on ne trouve aucune grandeur, mais de ces deux sources, militaire ou religieuse, est né le despotisme. Qu’il s’agisse de dictature ou d’inquisition, le sang, encore lui, a couléà flot et qu’on se souvienne du rouge des drapeaux soviétiques, de la svastika sur fond rouge des nazi ou du petit livre rouge de Mao, on voit combien Rouge fut dévoyé afin d’inspirer une image calibrée de la force. On a appris à craindre cette couleur tout en s’empressant d’y placer l’espoir révolutionnaire et je me  demande, si  au bout du compte, notre propension à l’espérance n’a pas fini par accepter la dictature du rouge, comme s’il représentait  le nécessaire consentement à un sacrifice avant qu’adviennent des jours meilleurs. La chose politique, qu’elle soit laïque ou religieuse, est toujours salie par le rouge de violences indignes. C’est le péché d’Abraham en quelque sorte. Le rouge sacrificiel du résistant fabrique aussi bien le martyr que le bourreau, et  cette paire indissociable perpétue les haines et les guerres.

    Cela fait une boucle. Le mal, cette violence incontrôlable et comme surgie de nous-mêmes est le dévoiement de la force brute qui pulse en nous et nous fait vivants. Il nous précipite dans la peine; l’Histoire est remplie de chapitres écrits en rouge avec le sang des hommes achetéà bon marché, soit par la force, soit avec des idéologies mensongères.

    Pourtant, il n’y a pas que cela. En raison même peut-être de sa proximité avec l’horreur, le rouge a aussi servi  la vie, et plus encore la beauté. Ceci au point qu’en Russe ancien, le même mot signifiait « rouge » et « beau ». La Place Rouge chère au cœur des moscovites  est une erreur de traduction, un anachronisme en quelque sorte. Elle est un peu rouge, certes, mais surtout belle aux yeux de ceux qui la conçurent. Le rouge est beau, et même notre bien aimé petit chaperon rouge se désigne, de par la couleur de sa capeline, comme éminemment désirable. Enfant coquelicot, elle est la jeune fille interdite, celle qui surclasse tous les désirs.

     

    Car parler du Rouge amène bien sur à parler des femmes.  Encore une fois il s’agit de sang  et d’un rouge périlleux d’une certaine manière, liéà la naissance et à la mort. Mais cela reste notre nature. On peut considérer que notre mortalité est une tragédie, notre fragilité face aux périls de l’existence aussi, mais c’est néanmoins ce que nous sommes. Invincibles, invulnérables, nous ne serions plus humains mais divins – ou robots, peu importe. La présence des femmes rappelle à chacun que le processus de la vie aussi commence dans le rouge de la naissance. Pour ma part, je vois en cela une couleur moins flamboyante que la pourpre impériale ou le rouge tragique des guerres. La vie  est pleine de terre, de poussière, de sueur et le rouge des naissances n’échappe pas à cette loi des mélanges. C’est même sans doute grâce à elle que nous sommes propulsés dans le monde des couleurs et des sons, dans la vie.

    La misogynie judéo-chrétienne est-elle liée au déni de cette « impureté » ? Il a fallu transcender les choses pour les rendre spirituelles et acceptables, littéraires mêmes. Par rejet autant que par volonté de pouvoir, Le discours religieux a bel et bien associé le sang versé en tribut à la vie par les femmes à un danger, à quelque chose d’impur. Danger de la séduction, danger de la chute. Le discours n’a pu s’accommoder  de la matière brute qui nous compose sans la travestir.

    L’interdit sublimant le désir, le voici transformant les choses les plus simples en une grandiose parade amoureuse pleine de vermillon et de carmin, dans toutes les déclinaisons de la passion. La rose rouge de Carmen, celle si capricieuse du petit prince, la rougeur vénéneuse du camélia de la dame du même nom… Le rouge a transformé la femme une héroïne tragique qui meurt souvent, car l’amour ne saurait se satisfaire de simplicité. Le Grand Amour est l’Impossible Amour, dans lequel la femme entraine son amant, parce que, on y revient une fois de plus, Rouge est mort, superbe mort, musicale mort, mais fin tout de même, et défaite.

    Que dire de cette ambivalence ? Vital et mortel à la fois, le sang s’est accaparé la couleur qui le caractérise faisant d’elle le symbole de tout et son contraire. Rouge est promesse de félicité et d’apocalypse.  Rien n’illustre mieux cela à mes yeux  que les plages de Normandie. Quand j’y allais contempler les grands incendies de soleil couchant, j’étais émerveillée. Tant de beauté coupait le souffle. Et puis un jour, j’ai lu une lettre écrite au lendemain du 6 juin 1944. Il y était dit que ce jour-là, la mer  était rouge tant le sang des hommes l’avait noyée. Depuis, les deux images se mêlent sur le ruban des grèves, la beauté parfaite de la nature, et la détresse absolue des hommes.

    Rouge est humain n’est-ce pas ? On y projette tout de sa vie ou presque. C’est le miroir des émotions. Il habille les femmes, resplendit dans les rubis,  enivre dans l’arrondi des verres, réchauffe et réconforte dans le rougeoiement des braises en hiver. Rouge, c’est notre intimité, les secrets de chacun, à la fois semblables et uniques. C’est un mythe à lui tout seul, un paradoxe entre mensonge et réalité.

    Pour en finir, provisoirement sans doute, il reste heureusement le rouge compensatoire des excellents vins, qu’ils soient de Bordeaux, de Bourgogne, d’Italie, d’Afrique ou de Californie.  Il reste ce rouge sombre et goûteux qui lui aussi manie le paradoxe, réveillant ou anesthésiant l’esprit selon ce qu’on attend de lui, selon ce que nous sommes. Mixte, ravissant indifféremment hommes et femmes par la finesse de son bouquet, le vin a le mérite de réconcilier l’homme avec un sang venu cette fois de la terre, plus sombre que le sien sans doute mais pas moins riche de possibilités. Le rouge du vin ouvre la porte à une forme de liberté qui s’affranchit des codes de l’héroïsme et de la vertu. On peut  noyer dans le bordeaux toute la rigueur de la pourpre et troquer la grandeur contre un peu de folie, et ça, c’est bien.

     

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    LEILA ZHOUR

     

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  • 03/23/17--12:14: LEON PAUL FARGUE...Extrait
  • Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente... Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres... Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine...

    Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade... Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague... Un nom touchant qu’on n’arrive pas à retrouver... Tout ce qui porte une chanson triste au bord des lèvres... Et ce mutisme avant les larmes...

    Le retour, un soir, dans un quartier où l’on a vécu jadis. Le tremblement de la voiture entre des arbres... L’odeur d’une avenue frissonnante où il a plu... L’odeur d’un chantier, sépulcrale et tendre... Un geste passe sur une fenêtre éclairée très tard, tout en haut d’une maison qui se reflète dans un fleuve... Le grondement lent d’un train sur un pont de fer... L’adieu long d’un remorqueur... Et la persistante vision de ce coin de faubourg où la vieille maison que j’ai tant aimée ne me connaît plus. Rien qui bouge à ses vitres. Un boutiquier maussade y tourne et pèse. Elle est sans regard, elle est sans rêves. Et il n’y a même pas de lumière à la fenêtre où j’ai songé...

    J’allume pour nous deux les lampes... Une parole heureuse, un visage de femme, une fenêtre brûlante, des voix connues passent et se brisent... Ah je voudrais serrer tous les souvenirs sur ma poitrine, en bouquet, pour te les offrir. Mais ils sont lointains comme des signaux. Signaux du soir, avec leur douceur menaçante... Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste... Signaux d’amour, tendres et fins comme des cœurs à la fenêtre... Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d’ombre...

    De beaux accords plans se recouvrent. La mer qui remonte. Un rayon de Chopin m’arrive - et fait la lumière où je veux m’étendre - sans plus rien dire - avec un ami qui sache tout de moi-même, qui me reproche tout - et qui me pardonne...

     

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    LEON PAUL FARGUE

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    BERNARD LIEGEOIS3

    Photographie Bernard Liégeois


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  • 03/24/17--11:36: COMPLAINTE AMOUREUSE
  • Oui dès l'instant que je vous vis
    Beauté féroce, vous me plûtes
    De l'amour qu'en vos yeux je pris
    Sur-le-champ vous vous aperçûtes
    Ah ! Fallait-il que je vous visse
    Fallait-il que vous me plussiez
    Qu'ingénument je vous le disse
    Qu'avec orgueil vous vous tussiez
    Fallait-il que je vous aimasse
    Que vous me désespérassiez
    Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
    Et que je vous idolâtrasse
    Pour que vous m'assassinassiez

     

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    ALPHONSE ALLAIS

     

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    Vladislav Erko3

    Oeuvre Vladislav Erko

     


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  • 03/24/17--12:15: LE CARREAU
  • Pures pluies, femmes attendues,
    La face que vous essuyez,
    De verre voué aux tourments,
    Est la face du révolté ;
    L’autre, la vitre de l’heureux,
    Frissonne devant le feu de bois.

     Je vous aime mystères jumeaux,
    Je touche à chacun de vous,
    J’ai mal et je suis léger
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    RENE CHAR
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    rene char


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