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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/30/17--13:26: COLETTE GIBELIN...Extrait
  • Le monde est éblouissant et insaisissable
    Il passe de mains en mains,
    s'échappe,
    oiseau de feu et de glace mêlés

    Ses mille visages se confondent
    Ta voix de tambour
    ou mon clavecin
    Mes cerisiers, ou tes pommes cannelle

    Mille éclats de couleurs,
    cristal brisé,
    transparences perdues
    et regagnées

    Tu prends mon deuil et m'offres la lumière
    en ses moissons de ciel
    Je porte ta souffrance et te donne ma joie
    conquise sur l'effroi

    Le monde, mon ami,
    C'est toi, c'est moi,
    Même regard d'aubes froissées,
    Même ténacité

    De toute nuit faire son miel
    Planter la cendre dans l'argile
    pour que naisse l'étoile

    Seulement ces sentiers tendres et rocailleux,
    ensemble
    dans l'énigme du temps

     

    .

     


    COLETTE GIBELIN

     

     

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    ODILE ESCOLIER,

    Oeuvre Odile Escolier

    www.odile-escolier.com


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  • 03/31/17--01:54: ANISE KOLTZ...Extrait
  • Parfois je ramasse
    un poème blessé
    qui meurt
    entre mes mains
    Je l’enterre
    Et ma solitude s’accroît

    ....

    Abattez mes branches
    sciez-moi en morceaux
    les oiseaux continuent à chanter
    dans mes racines

     

    .

     

    ANISE KOLTZ

     

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    pol Ledent2

    Oeuvre Pol Ledent

     

     

     

     

     


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  • 03/31/17--02:06: ANNE PERRIER...Extrait
  •  Si je pouvais glisser mon ombre
    Dans la lumière immobile
    Et passer en des mots
    Qui ne soient plus qu’allègement
    Et envol d’amandiers

    ....

    Ne me retenez pas si
    Au détour du chemin
    Tout à coup
    Emportée vers les sources du jour
    J’escalade le chant du merle

     

    .

     

    ANNE PERRIER

     

    .

     

    pol Ledent,

    Oeuvre Pol Ledent


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  • 04/01/17--00:47: MAX-POL FOUCHET...Extrait
  • L'espace de l'homme
    est sans frontière
    dans l'espace
    Le temps de l'homme
    est sans heures
    dans le temps


    ...

     

    Sache-le:
    toute victoire est
    contre la violence.

    Force est un nom souillé.
    Lave-le.

     

    .

     

    MAX POL FOUCHET

     

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    odile-escolier-figuratif

    Oeuvre Odile Escolier

    www.odile-escolier.com

     

     

     

     

     

     


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  • 04/01/17--03:04: HISTOIRE DE MA VIE..Extrait
  • Merci à Marie-Paule F.

     

    L'oiseau, je le soutiens, est l'être supérieur dans la création. Son organisation est admirable. Son vol le place matériellement au-dessus de l'homme, et lui crée une puissance vitale que notre génie n'a pu encore nous faire acquérir. Son bec et ses pattes possèdent une adresse inouïe. Il a des instincts d'amour conjugal, de prévision et d'industrie domestique ; son nid est un chef-d'œuvre d'habileté, de sollicitude et de luxe délicat. C'est la principale espèce où le mâle aide la femelle dans les devoirs de famille, et où le père s'occupe, comme l'homme, de construire l'habitation, de préserver et de nourrir les enfants. L'oiseau est chanteur, il est beau, il a la grâce, la souplesse, la vivacité, l'attachement, la morale, et c'est bien à tort qu'on en a fait souvent le type de l'inconstance. Et tant que l'instinct de fidélité est départi à la bête, il est le plus fidèle des animaux. Dans la race canine si vantée, la femelle seule a l'amour de la progéniture, ce qui la rend supérieure au mâle ; chez l'oiseau, les deux sexes, doués d'égales vertus, offrent l'exemple de l'idéal dans l'hyménée. Qu'on ne parle donc pas légèrement des oiseaux. Il s'en faut de fort peu qu'ils ne nous valent ; et, comme musiciens et poètes, ils sont naturellement mieux doués que nous. L'homme-oiseau, c'est l'artiste.(…)

    Je n'en finirais pas avec l'histoire des oiseaux que j'ai eus pour amis et pour compagnons. A Venise, j'ai vécu tête à tête avec un sansonnet plein de charmes, qui s'est noyé dans le Canaletto à mon grand désespoir: ensuite avec une grive que j'y ai laissée et dont je ne me suis pas séparée sans douleur. Les Vénitiens ont un grand talent pour élever les oiseaux, et il y avait, dans un coin de rue, un jeune gars qui faisait des merveilles en ce genre. Un jour il mit à la loterie et gagna je ne sais combien de sequins. Il les mangea dans la journée dans un grand festin qu'il donna à tous ses amis en guenilles. Puis, le lendemain, il revint s'asseoir dans son coin, sur les marches d'un abordage, avec ses cages pleines de pies et de sansonnets qu'il vendait tout instruits aux passants, et avec lesquels il s'entretenait avec amour du matin au soir. Il n'avait aucun chagrin, aucun regret d'avoir fait manger son argent à ses amis. Il avait trop vécu avec les oiseaux pour n'être pas artiste. C'est ce jour-là qu'il me vendit mon aimable grive cinq sous. Avoir pour cinq sous une compagne belle, bonne, gaie, instruite, et qui ne demande qu'à vivre un jour avec vous pour vous aimer toute sa vie, c'est vraiment trop bon marché! Ah! les oiseaux! qu'on les respecte peu et qu'on les apprécie mal!

     

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    GEORGE SAND

     

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    MONIQUE PRADOUX2

    Oeuvre Monique Pradoux

     

     


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  • 04/05/17--06:41: RIMES DU COEUR ...Extrait
  • Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons
    La solitude est verte en des landes hantées
    Comme chansons du vent aux provinces chantées
    Comme le souvenir liéà l’abandon.

    La solitude est verte.

    Verte comme verveine au parfum jardinier
    Comme mousse crépue au bord de la fontaine
    Et comme le poisson messager des sirènes,
    Verte comme la science au front de l’écolier.

    La solitude est verte.

    Verte comme la pomme en sa simplicité,
    Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,
    Verte comme tes yeux de désobéissance,
    Verte comme l’exil où l’amour m’a jeté.

    La solitude est verte."

     

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    LOUISE DE VILMORIN

     

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    VERTE2


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  • 04/05/17--09:32: ALBERT AYGUESPARSE...Extrait

  • Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.
    La nuit même se cueille avec des gants de suie
    Et son bouquet se fane entre les mains des pluies
    Et l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.

    Le monde surprenant des bêtes endormies
    Glisse dans les chemins et laisse un long remous
    De sueur et de lait à la robe des loups.
    Les pieds dans les cailloux, je t'attends, mon amie.

    Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,
    Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,
    Si tu lèves le bras, les murailles d’orties
    N’arrêtent plus le sang de couler sous pas.

    Je ne vois pas tes yeux mais je sais comme ils brillent.
    Le vent noue à ton cou son collier de fraîcheur.
    Tu pousses les verrous des portes de la peur
    Et tu n’écoutes plus ce que les soldats crient.

    L’un a perdu la voix et sa besogne est faite;
    L’autre reste les bras ballants devant la vie
    Et défait le cocon d’un sommeil de charpie.
    Pour moi le jour s’avance avec ses chants de fête.

    S’il se mêle à cette aube un goût de tragédie
    Il vient d’un souvenir que nulle eau n’effaça
    Ton amour s’il me manque est un jeu de forçat
    Et mon cœur pique au mur sa triste broderie.

    Il pousse au bord des champs de grandes feuilles rouillées
    Qu’aucune main n’arrache aux mortelles caries.
    Les pâles tournesols surveillent les prairies
    Et penchent leur œil noir vers les herbes mouillées.

    Quelle fronde a brisé le fil des rêveries?
    On n’entend plus le bruit du vent dans les villages.
    La guerre a devancé dans la plaine l’orage
    Et disperse ses morts sous des terres fleuries.

    Il ne se passe rien, mais on ne sait quel feu
    Réveille dans le chant d’un oiseau la folie
    De la terre et des cieux. Les désastres s’oublient
    Trop vite et la lavande enlève ses bas bleus.

     

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    ALBERT AYGUESPARSE

     

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    LAVANDE2


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  • 04/07/17--23:26: BRUNO RUIZ...Extrait
  • Nous reposons nos vies sur de vastes prairies de soucis et de pensées, peuplées de papillons et de fourmis, de colombes et de renards, et inlassablement, nous sarclons les yeux des morts qui nous regardent du fond de la terre, comme s’ils étaient témoins de je ne sais quel mystère que nous leur aurions caché. Car nous sommes une magie de leurs limites, un peu de vent dans la bâche de leurs légendes, un cheval égaré au milieu de leurs ruines. Et toutes ces feuilles qui tombent d’arbres inventés, elles sont le ferment et le terreau des grandes moissons de l’homme sous la voie lactée de quelques inaccessibles galaxies d’où l’on entend d’ici des veilleurs attablés dans le ciel cogner leur verres aux grandes retrouvailles des anciens vivants.

     

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    BRUNO RUIZ

     

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    juan romero

    Oeuvre Juan Romero


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  • 04/08/17--02:30: LE TAMIS DU TEMPS ...Extrait
  • Les armes qui éventrent la terre

    Brisent l’enfant

    Dénaturent ses jeux

    -

    Quelle refonte de nos âmes

    Quelles alluvions de paix

    Quelles brassées d’amour

    Écarteront les mâchoires d’épouvante ?

    -

    Quelles paroles quels regards quelles mains

    Redonneront enfance

    A nos enfants en mal d’enfance ?


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    ANDRE CHEDID

     

     

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    syrie

    Oeuvre de Rabee Kiwan

    (Syrie)


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  • 04/08/17--02:46: PLAZA SOLA
  • Qué sosiego volver,
    hablarte,
    abrazarte con mis miradas,
    besarte la boca de tiempo
    dónde el polvo seca la lágrima,
    qué descanso poner mi oído
    sobre tu madera encantada,
    apurar las gotas de música
    de la caja de tu guitarra,
    recordar, preguntar,
    soñar ahora que nada importa nada.

     

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    JOSE HIERRO

     

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    .

     

    MA

     

     

     


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    « Je contemple la douleur de l’affamé et m’aperçois que sa faim est tellement éloignée de ma souffrance que je pourrais bien jeûner jusqu’à en mourir, de ma tombe jaillirait toujours au moins un brin d’herbe. Il en va de même de celui qui aime. Quel sang que le sien, si bien engendré pour le mien qui n’a ni source ni fin ! » Je n’éprouve pas cette douleur en tant que César Vallejo. Je ne souffre pas de moi en tant qu’artiste, en tant qu’homme, ni même en tant que simple être vivant. Je n’éprouve pas cette douleur en tant que catholique, en tant que mahométan, ni en tant qu’athée. Aujourd’hui je souffre, simplement. Quand bien même ne m’appellerais-je pas César Vallejo, j’éprouverais cette même douleur. Quand bien même ne serais-je pas artiste, je l’éprouverais encore. Quand bien même ne serais-je pas un homme ni même un être vivant, je l’éprouverais encore. Quand bien même ne serais-je ni catholique, ni athée, ni mahométan, je l’éprouverais toujours. Aujourd’hui je souffre de plus bas. Aujourd’hui je souffre, simplement. Je souffre à présent de moi sans aucune explication. Ma douleur est si profonde qu’elle n’a plus aucune cause, ni n’en manque. Quelle serait cette cause ? Où se trouve cette chose tellement importante, qui aurait cessé d’en être la cause ? Rien n’en est la cause ; rien n’a pu cesser d’en être la cause. Pour quoi cette douleur est-elle née, jaillie d’elle-même ? Ma douleur est celle du vent du Nord et celle du vent du Sud, tels ces œufs neutres que certains oiseaux étranges déposent, issus du vent. Si ma fiancée était morte, ma douleur serait la même. Si la vie, enfin, était autre qu’elle n’est, ma douleur serait la même. Aujourd’hui je souffre de plus haut. Aujourd’hui je souffre, simplement. Je contemple la douleur de l’affamé et m’aperçois que sa faim est tellement éloignée de ma souffrance que je pourrais bien jeûner jusqu’à en mourir, de ma tombe jaillirait toujours au moins un brin d’herbe. Il en va de même de celui qui aime. Quel sang que le sien, si bien engendré pour le mien qui n’a ni source ni fin ! Je croyais jusqu’alors que toutes les choses de l’univers étaient, inévitablement, pères ou fils. Mais voilà, la douleur que j’éprouve aujourd’hui n’est ni père ni fils. Il lui manque le dos pour devenir crépuscule, tout comme sa poitrine l’empêche de devenir aurore et si on la plaçait dans un endroit sombre, elle ne donnerait aucune lumière, et si on la plaçait dans un endroit lumineux, elle ne jetterait aucune ombre. Aujourd’hui je souffre quoi qu’il puisse se passer. Aujourd’hui je souffre, simplement

     

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    CESAR VALLEJO

     

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    VALLEJO

     

     


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  • 04/08/17--03:39: RETENUE
  • Ce qui est bien à toi d’étrange, de paradoxal,
    particulier, marquant la résonance de ton verbe,
    tu ne l’as pas en poche, ni au cœur, mais dans le sang
    à la fluidité et au rythme si variables.

    La poésie peut-elle constituer l’horizon,
    et partant, le désir de t’en approcher, être un havre
    quand le sang de victimes répandu sur les jardins,
    coule partout, quelquefois près de nous dans l’hexagone ?

    Quelle unité formeront ces fragments de désarroi
    que par réflexe l’on continue à nommer poèmes ?
    Ils sont conscients de n’être que vide cautérisé,
    du faux départ à l’obturation qui n’en est pas une.

    Voilà déjà longtemps que tu ne t’y reconnais plus,
    bien qu’il t’arrive d’être frappé par les ressemblances
    avec celui qui ne vit qu’en dehors de tes contours,
    maillon d’une chaîne serrée autour de ta poitrine.

    Tu sais qu’au fond ce que tu écris est déjà traduit,
    du mutisme de nos torrents primitifs et des gouffres,
    intérieurs, partagés, dont nous ignorons le savoir ;
    rendre le dix-millième de leur chant serait miracle.

    Du véhicule où tu rêves d’emporter la pensée,
    l’adéquation avec leur langue n’est jamais acquise ;
    surtout n’induire nulle règle de fonctionnement
    d’occurrences ici ou là nouvelles, singulières.

    Les rafales d’épithètes par compulsivité
    ne sont d’aucune saison, au mal de l’équivalence,
    l’action et son sujet aspectent le noyau du sens,
    nom et verbe mesurent l’abrupt de leur solitude.

     

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     HENRI-LOUIS PALLEN

    www.lierreentravail.com

     

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    Vangoolen Gaëlle,

    Photographie Gaëlle Vangoolen

     


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  • 04/08/17--04:00: AZAM ALI - LASSE POUR QUOI

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  • 04/08/17--04:37: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Pour Christine Guenanten

     

    La poésie sauve le monde à chaque pas, à chaque souffle, à chaque éveil, à chaque instant. Avec allégresse, elle ne cesse d’écrire à sa santé. A la tristesse, elle oppose le pain des jours, le miracle de la beauté, le fil d'or de la joie.

    Dès mon enfance,
    Sous le pommier
    Je promenais mon rêve,
    Je devenais printemps.

    On entre en son poème comme en un monastère de mousses et de fougères, d’eaux souterraines et de pluies de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes, si, du moins, nous acceptons d’accueillir en nous ce murmure très bas, d’une assurance inouïe.

    Entre la feuille et l’arbre
    réside la Présence.

    Et c’est à raison qu’elle nous livre, dès lors, sans détour sa profession de foi :

    Ma vérité est végétale,
    Mon église, un nénuphar.

    … et qu’elle nous révèle le lieu secret de sa méditation :

    Emmitouflée d 'amour
    j’héberge du silence.

     

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    JEAN LAVOUE

     

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    jean

     

     


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  • 04/08/17--10:34: LE REPOS
  • Ce magnifique texte de Khalil Gibran pour les enfants de Syrie, pour les enfants de Palestine, pour les enfants du monde entier sacrifiés sur l'autel de la turpitude et de la bêtise humaine...

     

    .

     

    Débarrassez mon corps de cette toile de lin et enveloppez-moi d'un linceul fait d'iris et de jasmin d'Arabie. Retirez mes restes de ce cercueil d'ivoire, et déposez-les sur des coussins de fleurs d'oranger et de citronnier. Ô enfants de ma mère ! Ne me pleurez pas, entonnez plutôt le chant de la jeunesse et de l'allégresse. Ô fille des champs ! Ne pleure pas, chante plutôt les romances des jours des moissons et des vendanges.

    Ne noyez pas ma poitrine sous les lamentations et les soupirs, mais, de vos doigts, marquez-la du symbole de l'amour et du signe de la joie.

    Ne troublez pas le repos de l'éther avec des incantations et des Requiem, laissez plutôt votre coeur acclamer avec moi des louanges pour la pérennité et l'éternité.

    Ne portez pas du noir en signe de deuil pour moi, mais habillez-vous de blanc en signe de joie avec moi .

    Ne parlez pas de mon départ avec des sanglots, fermez plutôt les yeux et vous me verrez parmi vous aujourd'hui et demain.

    Étendez-moi sur des branches feuillues, portez-moi sur vos épaules et à pas feutrés, emmenez-moi dans la campagne déserte.

    Ne me transportez pas dans un cimetière, car la foule des morts troublerait mon repos et le craquement des ossements et des crânes me dépouillerait de la quiétude du sommeil.

    Emportez-moi dans une forêt de cyprès et creusez-moi une tombe dans cette terre où se côtoient les violettes et les anémones.

    Creusez une tombe profonde pour que les torrents ne puissent emporter mes os dans les vallées.

    Creusez une tombe spacieuse pour que les fantômes de la nuit y viennent s'asseoir à mes côtés.

    Ôtez mes vêtements et déposez-moi tout nu dans le coeur de la Terre, et tout doucement étendez-moi sur le sein de ma Mère.

    Couvrez-moi de terre tendre et lancez avec chaque poignée des graines de lys, de jasmin et d'églantine qui germeront sur ma tombe et aspireront les éléments de mon corps. Ainsi elles croîtront, exhalant dans les airs le parfum de mon coeur, révélant à la face du soleil les secrets intimes de mon repos, et elles se pencheront avec la brise, rappelant au passant le passé de mes penchants et de mes rêves.

    Laissez-moi maintenant , ô enfants de ma mère ! Laissez-moi seul et partez en marchant comme la quiétude marche dans les vallées désertes.

    Laissez-moi seul et dispersez-vous en silence, comme les fleurs d'amandiers et de pommiers se laissent disperser par les souffles d'avril.

    Regagnez vos demeures, vous y trouverez ce que la mort n'a pu prendre ni de vous ni de moi.

    Quittez ce lieu, car celui que vous recherchez est à présent loin, très loin de ce monde.

     

    .

     

    KHALIL GIBRAN

     

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    freedom-omar-delawer-L-

    Oeuvre Omar Delawer


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  • 04/10/17--03:20: LES ROCS...Extrait
  • Merci Thami

    Ils ne le sauront pas les rocs,

    Qu'on parle d'eux.

    Et toujours ils n'auront pour tenir

    Que grandeur.

    Et que l'oubli de la marée

    Des soleils rouges.

     

     

    Ils n'ont pas le besoin du rire

    Ou de l'ivresse.

    Ils ne font pas brûler

    Du souffre dans le noir.

    Car jamais

    Ils n'ont craint la mort.

    De la peur

    Ils ont fait un hôte.

    Et leur folie

    Est clairvoyante.

     

     

     

    Et puis la joie

    De savoir la menace

    Et de durer.

    Pendant que sur les bords,

    De la pierre les quitte

    Que la vague et le vent grattaient

    Pendant leur sieste.

     

     

    Ils n'ont pas à porter leur face

    Comme un supplice.

    Ils n'ont pas à porter de face

    Ou tout se lit.

     

     

    La danse est en eux,

    La flamme est en eux,

    Quand bon leur semble.

    Ce n'est pas un spectacle devant eux,

    C'est en eux.

    C'est la danse de leur intime

    Et lucide folie.

    C'est la flamme en eux

    Du noyau de braise.

     

     

    Ils n'ont pas voulu être le temple

    Ou se complaire.

     

    Mais la menace est toujours là

    Dans le dehors.

     

    Et la joie

    Leur vient d'eux seuls,

    Que la mer soit grise

    Ou pourrie de bleue.

     

     

    Ils sentent le dehors,

    Ils savent le dehors.

    Peut-être parfois l'auront-ils béni

    De les limiter :

    La toute puissance

    N'est pas leur faible.

     

     

    Parfois dans leur nuit

    C'est un grondement

    Qui longtemps résonne.

    Et leur grain se noie

    Dans un vaste effroi :

    Ils ne savaient plus

    Qu'ils avaient une voix.

     

     

    Il arrive qu'un bloc

    Se détache et tombe,

    Tombe a perdre haleine

    Dans la mer liquide.

    Ils n'étaient donc bien

    Que des blocs de pierre,

    Un lieu de la danse

    Que la danse épuise.

     

     

    Mais le pire est toujours

    D'être en dehors de soi

    Quand la folie

    N'est plus lucide.

    D'être le souvenir d'un roc et l'étendue

    Vers le dehors et vers le vague.

     

    .

     

    EUGENE GUILLEVIC

     

    .

     

     

     

    STJEAN

     


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  • 04/10/17--03:25: GRAND VENT
  • Nous n’appartenons qu’au sentier de montagne

    Qui serpente au soleil entre la sauge et le lichen

    Et s’élance à la nuit, chemin de crête,

    À la rencontre des constellations.

    Nous avons rapproché des sommets

    La limite des terres arables.

    Les graines éclatent dans nos poings.

    Les flammes rentrent dans nos os.

    Que le fumier monte à dos d’hommes jusqu’à nous !

    Que la vigne et le seigle répliquent

    À la vieillesse du volcan !

    Les fruits de l’orgueil, les fruits du basalte

    Mûriront sous les coups

    Qui nous rendent visibles.

    La chair endurera ce que l’œil a souffert,

    Ce que les loups n’ont pas rêvé

    Avant de descendre à la mer.

    .

    JACQUES DUPIN

    .

    ferdinand siméoni

    Photographie Ferdinand Siméoni


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  • 04/11/17--10:54: CARMEN PENN AR RUN...Extrait
  • Quand mon cœur un instant s’attarde
    aux lèvres d’une espérance
    qui consent aux sourires
    il se couche dans les brisants
    qu’aucune côte ne décourage
    et chaque îlot devient jardin
    que ma main fauve apprivoise

     

    .

     

    CARMEN PENN AR RUN

     

    .

     

    BREHAT2

    .


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  • 04/11/17--11:22: IDLIB
  • Je vous prie laissez-moi
    Me semer sur le cœur une poignée de nigelles de Damas
    Bleues d’air
    Une poussière qui frissonnerait
    Que mes doigts deviennent racines et poussent
    Jusqu’à toucher la voix enfouie des cèdres aux branches en prière
    Que j’entende enfin
    La vie
    La sourde pulsation la source
    La lumière faufilée dans les ferrailles muettes
    Ce qui reste du monde
    Dans l’après

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    freedom-omar-delawer

    Oeuvre Omar Delawer

     

     


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  • 04/11/17--11:56: CHRISTIANE SINGER...Extrait
  • Quand je parle d'un a-théisme aimant,
    Le "a" privatif interdit toute représentation...

    Ce n’est pas un contenu que j’ai à transmettre :
    Chaque âme est d’une telle richesse !
    Il faut que cette richesse soit réveillée…
    La vie est tellement généreuse : on ne peut pas passer à côté.
    On ne peut pas passer à côté de l’automne, de la neige quand elle tombe…
    Tout reflète de la Présence
    Nous sommes dans une société qui nous distrait en permanence de l’essentiel.
    Nous sommes hors de nous !
    Nous ne sommes pas mis en relation avec cette profondeur en nous.
    Ce ne sont pas des choses, des contenus qu’il y a à transmettre :
    C’est une manière d’être, intense !
    Ce qui manque le plus c’est cette intensité surgie de l’intérieur.
    Et cela se goûte en présence de personnes vivantes.
    Dans cette sinistrose ambiante, il y a une nostalgie de ce qui serait la vraie vie.

    Rien ne nous est donné pour nous écraser.
    Il y a une force d’apprentissage dans chaque qualité qui nous visite.
    C’est ce mal être qui va nous mettre en chemin, qui va nous faire obliquer, partir dans une direction plus véritable.
    Je plains les personnes qui n’ont ni difficulté, ni maladie…
    C’est irrecevable quand on est juste dans la souffrance.
    Mais par la suite cette souffrance se modifie au cours de l’existence si nous cessons d’y être totalement identifiés.

    Tout est le visage voilé d’une unité intangible.
    Le vent entre.
    Deux univers séparés se rejoignent.
    Là, nous sommes tout près du réel.

    Rien ne nous est dû sur cette terre.
    Tout est cadeau.
    C’est cet organe de la gratitude qui a été modifié dans notre société.

    Tout ce qui nous rencontre a un visage secret, a un message qu’il nous délivrera un jour.
    Etre en amour avec soi-même, d’abord ! C’est le plus difficile.
    Tant que nous ne le sommes pas, nous sommes des fréquentations dangereuses pour les autres…

     

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    CHRISTIANE SINGER

     

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    Amar amarni2

    Oeuvre Amar Amarni


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