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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Sur le mur de la maison détruite demeure le
    papier peint,
    comme demeure le poème, une fois le cœur
    démoli.
    Vert, violet, de gros dessins jolis, ce papier fossile
    a la fraîcheur des sentiments neufs,
    comme le poème dévoile son cœur d’enfant, à
    l’épreuve du temps.

    Sur le mur de la demeure en ruines, le papier
    peint s’expose,
    à la façon du nourrisson, orphelin d’intention,
    Œdipe, Moïse, Dionysos ou Persée, Gilgamesh…

    tous ceux-ci qui, humblement, parmi les roseaux,
    au creux des flots ou bien à flanc de coteau,
    sur la roche escarpée se pénètrent déjà, tout
    petits, de l’âpreté du destin.

    L’abandon est source de sagesse.

    L’enfant mis à nu sur la paroi du cœur démoli
    possède l’intuition d’une science qui nous
    dépasse –

    notre au-delà, la pluie qui bat,
    l’amarrage de l’instant clapotant
    sur la revêche éternité sans joie,
    l’immobile écran de nos tourments

    sans nous, le vide de notre désarroi.

    Mais nous nous tenons pour tous parmi les
    roseaux,
    au creux des flots ou bien à flanc de coteau,
    enfant nu comme l’instant aux ruines de la durée,
    ressaisi, exposé, ce papier peint, le poème,
    naguère, une chambre d’enfant,

    l’abandon est source d’attention.

    Exposés, nus, nous voici parfaitement aux aguets
    parfaitement disposés à résister au destin,


    en son âpreté.

     

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    ANNE MOUNIC

     

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    ABANDON


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    La terre est brune, et le pied s'y imprime
    Cercueil de vent, chaque pas mène à l'autre
    Dans les feuilles
    Ton visage défiguré mime
    Un autre soleil

    J'ai tiré le rideau sur les grimaces du printemps
    Trop de boue,
    Trop de vent, et j'ai perdu la trace
    J'avance, dans les gifles des fleurs,
    Peut-être à reculons

    Là-bas, c'est sans doute l'été?
    Tu disais: le feu pur
    La terre est rouge, et le pied la possède
    Et tu disais: les grands vols d'oiseaux fous
    Mais le ciel pèse lourd, ton visage se fige
    Et le soleil a mis le masque de la mort

     

    .

     

     COLETTE GIBELIN

     

    .

     

    noyer1,,

     

     

     

     


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  • 04/27/17--09:04: LES INEDITS 12
  • Près du visage que tu aimes
    Se trouvent les lucioles
    Se trouvent les baisers
    Non encore échangés
    Se trouve l’argile de l’origine
    Près du visage que tu aimes
    Se trouvent les oiseaux
    Non encore envolés
    Les secrets non encore dévoilés
    Se trouve la genèse des arbres
    Se trouvent les racines
    D’un amour inouï
    Et c’est le tien
    Et c’est le mien
    Tous les jours
    A nouveau réinventé
    Par la force et le lien
    De l’invisible
    De l’indicible
    Garde auprès de toi
    Le visage que tu aimes
    Ne sois pas distrait par la foule
    Garde en toi cet amour
    Après toutes ces années
    Il contient le sens
    Que tu cherchais jadis
    Sans jamais le toucher
    Il faut parfois longtemps
    Pour comprendre la lumière
    Du verbe aimer

     

     

    .

     

    PATRICK CHEMIN

     

     

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    Pauline


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  • 04/27/17--10:55: LA QUESTION D'INDIVIDU !
  • Dans Paris, tu pisses tes bières en vociférant ta réussite sociale en prétentieux frimeur et quand ton aide est sollicitée alors qu’un enfant souffrant a besoin de soins, tu souris d’ironie car tu y vois une arnaque burlesque et compliquée ; il ne faut donc pas chanter le vaudeville et tant pis si l’enfant gémit seul comme un poulain pendu dans la détresse de sa maman. Mais, quand un chef politique parle de petites escarmouches lancées à son endroit par la localité bancaire qui l’a enrichi, tu te déchaînes à son secours d’une volonté qui mord le ciel. Tu te sens dépossédé de ta bonté et l’humanité entière est subitement en danger. Tu animes les réseaux sociaux, tu enflammes du feu des titans tes hardiesses pour l’appuyer dans sa quête gourmande, tu vantes ses conquêtes politico-commerciales comme si le mérite t’en revenait. Tu t’offusques quand les autres ne suivent pas et tu es prêt à disséquer ta carte de crédit. Puis, tu respires d'un air de fin de mission et paradoxalement, tu te sens homme de principes car le milliardaire a repris sa course d’un seigneurial dédain envers l’enfant souffrant.

    Quand le riche arrache des droits, il a de la fermeté, quand le pauvre réclame les siens, c'est un entêté.
    Quand les deux accusent du retard dans une tâche, le riche est soigneux, le pauvre est fainéant.
    Quand les deux exécutent vite leurs tâches, le riche est studieux, le pauvre bâcle.
    La pauvre dans un petit commerce : il magouille, le riche dans les transferts suspects : il se débrouille.
    Quand les deux rejettent les idées reçues, le riche a de la clairvoyance, le pauvre a de l'outrecuidance.
    On ne dit pas au riche : tu mens, on lui dit, monsieur, vos dires ne sont pas conformes à la vérité.
    Quand le pauvre se montre aimable, il est forcément hypocrite et quand le riche est odieux, c’est de notre fausseté qu’il s’acquitte.
    Quand les deux te rendent visite, Le riche t'honore, le pauvre te dérange.
    Si les deux citent tes carences, le riche est franc, tu rougis de honte, le pauvre est insolent, tu rougis de colère
    Le riche s'éclate, le pauvre chahute. Le riche est économe, le pauvre est radin. Le riche a des faiblesses, le pauvre a des tares. Le riche critique, le pauvre dénigre. Le riche s’enivre, le pauvre se soûle. Le riche rend, le pauvre dégueule. Le riche se soulage, le pauvre chie. Le riche demande, le pauvre prie. À leur mort, le riche s'éteint, le pauvre crève...
    La question d’individu fausse tes pensées, ton arbitrage et ta lucidité. Tu loges dans la tornade des débris de sons et de fureurs. Ta nature est fébrile au croisement du vent et de la raison, "hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère".

     

    .

     


    DJAFFAR BENMESBAH

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    ombre du pouvoir


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  • 04/29/17--12:30: EEVA LIISA MANNER...Extrait
  • Quand la rive et son reflet sont parfaitement semblables
    et qu’harmonieux et paisible se fait le mariage entre
    ciel et eau,
    quand profonde et claire est l’illusion du miroir,
    et que flânent les animaux, et les nuages, et que la sombre forêt
    frémit en profondeur sans un souffle,

    il suffit alors d’une aile d’oiseau plongée dans l’eau pour
    briser le mirage :
    la reconnaissance émerveillée de l’eau et de la lumière
    au monde,
    fine comme le soir ; mais elle noue le mariage.

    Et le monde, frais et beau comme après la pluie ou la
    création,
    ou une conversion ou une longue maladie,
    est unique, lourd, seul membre à membre.

     

    .

     

    EAEVA-LIISA MANNER

     

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    EAU LUMIERE

     

     


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    " ... La huppe, tout émue et pleine d'espérance, arriva et se plaça au milieu de l'assemblée des oiseaux : Chers oiseaux, dit-elle, pendant des années, j'ai traversé la mer et la terre, occupée à voyager. J'ai franchi des vallées et des montagnes ; j'ai parcouru un espace immense du temps du déluge. J'ai accompagné Salomon dans ses voyages ; j'ai souvent arpenté toute la surface du globe. Je connais bien mon roi, mais je ne puis aller le trouver toute seule. Si vous voulez m'y accompagner, je vous donnerai accès à la cour du roi. Délivrez-vous de toute présomption timide et aussi de tout trouble incrédule. Celui qui a joué sa propre vie est délivré de lui-même. Nous avons un roi légitime, il réside derrière le mont Câf. Son nom est Simorgh ; il est le roi des oiseaux. Il est près de nous, et nous en sommes éloignés. Le lieu qu'il habite est inaccessible, et il ne saurait être célébré par aucune langue. Il a devant lui plus de cent mille voiles de lumière et d'obscurité. Le chemin est inconnu, et personne n'a assez de constance pour le trouver, quoique des milliers de créatures le désirent. On trouve tour à tour dans ce chemin l'eau et la terre ferme, et l'on ne saurait se faire une idée de sa longueur. Il faut un homme à cœur de lion pour parcourir cette route extraordinaire ; car le chemin est long et la mer profonde. Aussi marche-t-on stupéfait, tantôt riant, tantôt pleurant. Quant à moi, je serais heureuse de trouver la trace de ce chemin car ce serait pour moi une honte que de vivre sans y parvenir. A quoi servirait l'âme, si elle n'avait un objet à aimer ? ... "

     

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    FARID AL-DIN ATTAR

     traduction du persan par Garcin de Tassy 

     

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    SIMORGH2

     


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  • 04/29/17--16:11: JIDDU KRISHNAMURTI...Extrait
  • La Vérité est un pays sans chemin, vous ne pouvez avancer vers elle par quelque voie que ce soit, par aucune religion, aucune secte...

    La Véritéétant infinie, non conditionnée, inapprochable par aucune voie, on ne peut l'organiser... Il est impossible d'organiser la foi. La foi est quelque chose de strictement personnel, vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si vous le faites, elle meurt, se cristallise, devient un credo, une secte, une religion que l'on impose aux autres.

    Ce n'est pas une initiative glorieuse que je prends en disant que je ne veux pas de disciples. Dès l'instant où vous suivez quelqu'un, vous cessez de suivre la Vérité. Une seule chose m'importe et elle est essentielle : rendre l'homme libre. Je désire le libérer de toutes les cages, de toutes les peurs et non fonder une religion, une nouvelle secte, ou établir une nouvelle théorie ou une nouvelle philosophie.

    A quoi cela servirait des milliers de gens qui ne comprennent pas, qui sont complètement englués dans leurs préjugés, qui ne veulent pas ce qui est nouveau mais préfèrent interpréter le nouveau à la convenance de leur moi stérile et stagnant ? Je désire que ceux qui cherchent à me comprendre soient libres, qu'ils ne fassent pas de moi une cage. Ils devront plutôt se libérer de toutes leurs peurs - peur de la religion, peur du salut, peur de la spiritualité, peur de l'amour, peur de la mort, peur de la vie elle-même.

    Nul ne peut vous rendre libres de l'extérieur ; nul culte organisé, non plus que votre immolation à une cause, ne peuvent vous rendre libres. Le fait de vous constituer en organisation ou de vous précipiter dans le travail ne peut vous rendre libres.

    Vous vous imaginez que seules certaines personnes détiennent la clé du Royaume du bonheur. Nul ne la détient. Personne n'a l'autorité pour la détenir. Cette clé est en vous ; dans le développement, la purification et l'incorruptibilité de vous seul, se trouve le Royaume de l'Eternité...

    Ceux qui désirent vraiment comprendre, qui sont à la recherche de ce qui est éternel, qui est sans commencement ni fin, marcheront ensemble avec une plus grande ardeur et seront un danger pour tout ce qui n'est pas essentiel, pour les chimères et les ombres. Et ils se concentreront, ils deviendront flamme. De cette amitié naîtra une véritable coopération entre tous, qui ne sera pas due à l'autorité, mais à une authentique compréhension. Grâce à cela, vous pouvez vivre dans l'éternel. Cela dépasse tous les plaisirs et tous les sacrifices....

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    JIDDU KRISHNAMURTI

    Extrait du discours du 3 août 1929 dans Krishnamurti, les années de l'éveil (Éd. Arista)

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    Tejo Verstappen9,

    Oeuvre Tejo Verstappen

     

     

     

     

     


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  • 04/30/17--08:49: UNE COLOMBE EN CAGE
  • Élevée derrière des pierres et des murs très imposants
    Mes pas comptabilisés sous des regards menaçants
    Des montagnes en dentelle à me donner des frissons
    Et des portes verrouillées , étaient mes seuls horizons

    Mon royaume de songes et de rêve pointé des doigts
    Tout était là pour me priver de mes propres droits
    J'ai alors chanté, dansé , feintant une immense joie
    Pour que mes geôliers aient enfin confiance en moi

    J'ai tissé des ailes de soie avec résilience et passion
    J'ai cassé les boulets que je traîne depuis longtemps
    J'ai chanté ma condition d'oiseau libre à tous les vents
    Et j'ai reculé très loin pour mieux prendre mon élan

    Armée de ma patience, j'ai cassé toutes les serrures
    J'ai enjambé toutes le barrières et les hauts murs
    Et je me suis envolée très haut au sommet de l'âge
    Libérer mes pousses et mes plumes élevées en cage

    Des étreintes avec la vie et des ébats très épuisants
    Ont secoué la tempête que je couve depuis longtemps
    Imprévisible, pleine de surprises et des instants fins
    Conquérir ma liberté, la curiosité m'a poussée loin

    La nature avec ses spectacles m'ont beaucoup apporté
    Je me remplis et je me vide d'émotions à vouloir l'imiter
    Je n'ai pas senti la prison, toujours en gestation de la vie
    Les fossoyeurs de mes angoisses, les nuages de l'oubli

    Ainsi à ma mission de colombe, je n'ai jamais failli
    Mes chants de fraternité et de paix , mes grands cris
    Que jai semés à la terre entière à tous et à tout prix
    Sont l'écho au bruit du monde, le battement de la vie.

     

     

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    KELTOUM DEFFOUS

    Constantine, 12/03/2015

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    joss2

    Oeuvre " Ma " Joss

     

     

     


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  • 04/30/17--13:45: KAREL LOGIST...Extrait
  • J'écris des poèmes nains.

    Mes poèmes mélangent

    sous le manteau de l'ange

    le miel et le venin.

    J'écris des poèmes faits main.

    Mes poèmes étranges

    troublent parfois dérangent

    l'ordre d'hier avec demain.

    J'écris des poèmes en forme d'orange

    et votre bouche qui les mange

    c'est encore moi qui la peins.

     

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    KAREL LOGIST

     

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    coucher-de-soleil2

     

     


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  • 05/03/17--00:09: OUBLI
  • Ferme les yeux et perds toi dans l'obscurité
    sous le feuillage rouge de tes paupières.
    Enfonce toi dans ces spirales
    du son qui bourdonne et tombe,
    et rêve là bas, lointaine,
    jusqu'au site du tympan,
    comme une cataracte assourdie.
    Plonge ton être dans les ténèbres,
    noie toi dans ta peau,
    et plus profondément, dans tes entrailles;
    que l'os, livide éclair,
    t'éblouisse et t'aveugle,
    et entre des cimes et des golfes sombres
    qu'ouvre son panache bleu le feu follet;
    Dans les ténèbres liquides du sommeil
    trempe ta nudité;
    abandonne ta forme, écume
    qui ne sait pas qui elle a laissé sur le rivage.
    Perd toi en toi, infinie,
    dans ton être infini,
    mer se perdant dans une autre mer :
    oublie toi et oublie moi.

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    OCTAVIO PAZ

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    MER

     

     

     

     


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  • 05/03/17--00:10: OLVIDO
  • Cierra los ojos y a oscuras piérdete
    bajo el follaje rojo de tus párpados.
    Húndete en esas espirales
    del sonido que zumba y cae
    y suena allá, remoto,
    hacia el sitio del tímpano,
    como una catarata ensordecida.
    Hunde tu ser a oscuras,
    anégate en tu piel,
    y más, en tus entrañas;
    que te deslumbre y ciegue
    el hueso, lívida centella,
    y entre simas y golfos de tiniebla
    abra su azul penacho el fuego fatuo.
    En esa sombra líquida del sueño
    moja tu desnudez;
    abandona tu forma, espuma
    que no se sabe quién dejó en la orilla;
    piérdete en tí, infinita,
    en tu infinito ser,
    mar que se pierde en otro mar:
    olvídate y olvídame.

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    OCTAVIO PAZ

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    Echasses Blanches1

     

     

     


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  • 05/03/17--00:38: CONTRE-COURANT
  • Je ne me coucherai jamais dans un lit de sang, je nagerai jusqu’à l’exténuement, remontant vers la source, là où un jour tout s’est joué sous l’arc-en-ciel des hommes. Et mes muscles, usés d’écarter les branches dérivantes, reposeront sur les brûlures de l’onde. Alors d’autres que moi franchiront d’autres cascades, d’autres reliefs, et jamais, jamais cela ne s’arrêtera. Car nous appartenons à la force des contre-courants, nageurs infatigables de l’histoire et nous ne nous résignerons jamais. Jour après jour, nous dessinons le nouvel océan qui nous contient malgré nos différences, l’émeraude partagée des hommes qui inventent, pensent et actent le monde. Aujourd’hui nous sommes quelques-uns à nager dans le noir. Non ce n’est pas nous qui sommes aveugles, c’est seulement l’obscurité qui nous entoure. J’entends l’éclat riant de nos brasses. Ne nous arrêtons pas. Ne nous arrêtons pas. Il faut parfois savoir garder raison contre la foule.

     

    .

     

     

    Bruno Ruiz

    2017

    https://brunoruiz.wordpress.com

     

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    Reflets-deau-Photo

     


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  • 05/03/17--00:48: IDENTITE CULTURELLE
  • Mon identité culturelle n'est pas légitimée par un terroir ancestral, une pureté originelle, ni par une langue ou une culture dominantes, mais par le fait d'assumer les dépossessions originelles et le partage des altérités réunies, quelles qu'en soient les contraintes imposées ou choisies. Un métissage d'humanités, offrant fraternellement au monde toutes ses re-créations, échappées aux frontières des couleurs, des papiers et des langues d'identité.
    Ainsi, pour toi, lecteur :
    les mots que je te donne imaginent que tu rêves
    le mot que je réserve rêve que tu l'imagines
    et la feuille prend son vol au risque de sa verdure

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    DANIEL MAXIMIN

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    dessin2

    Oeuvre ?

     

     

     


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  • 05/03/17--03:47: OEUVRE POETIQUE...Extrait
  • " Il se pourrait que le chant
    Soit plus fort que la nuit

    Il se pourrait que le sang
    Sculpte une terre de vie

    Il se pourrait que le vent
    Conduise vraiment au pays

    Et que les mots faisant la chaîne
    Arrachent à la roche la gorgée d'eau

    Où tremble la femelle du renne
    Ce peu de clarté pure qu'il faut

    Pour croire que ca valait la peine
    Les faims les soifs et les couteaux

    Quand tu seras devenue très belle
    À force de souffrir
    Quand tu seras devenue très belle
    Je m'approcherai sur la pointe des ailes

    Je toucherai tes paupières
    Ton torse tes seins
    Et surtout tes jambes
    Je toucherai aussi tes blessures

    Je tendrai l'oreille vers ton coeur
    Comme si la nouvelle saison
    Devait surgir du sud de ton être brûlé
    J'écouterai car dès aujourd'hui je crois aux ciseaux de ton sang

    Quand tu seras devenue transparente
    Et très calme
    Et humaine
    à force de souffrir de dialoguer avec tes épaules de fièvre
    à force de ne rien dire d' apprivoiser la flamme de ta chevelure
    Avec tes mains aux songes longs
    Je viendrai
    Et le temps sera feuillage fixe immortel près de la source."

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    @ ANDRE LAUDE
    Éditions de la Différence

     

     

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    Tejo Verstappen6,

    Oeuvre Tejo Verstappen

     

     

     


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  • 05/03/17--06:27: OEUVRE POETIQUE...Extrait
  • "Je suis la rage, la rage universelle contre les limites
    La fleur, la Fleur d'acier
    La Fleur parmi les ruines

    La fin se lève ? Qui a parlé. Moi , un inconnu, un fantôme.
    Nous habitons une terre féroce où les "droits de l'homme" sont au mieux notre misérable butin. Dans la nuit , j'entends tourner les roues maléfiques qui broient victimes et bourreaux, pêle-mêle.
    Le flanc perçé d'une lance longue et fourbe, l'homme saigne.
    La lumière a rétréci dans nos regards jusqu'àépouser la dimension de la plus minuscule piécette d'argent.
    La fin se lève?
    Mais nous n'avons pas encore donné notre accord.
    Egarés, déchirés d'amour, d'un désir d'amour surgi le premier jour avec nos os, nos vertèbres, nous tentons parfois de nous redresser hors de la bauge de fatalité et d'ennui.
    Nous contemplons les étoiles glacées, sans signification.
    Nous questionnons la bête morte, putride, abandonnée au bord du chemin, et le caillou muet.
    Nos poings se serrent, se souvenant toujours des antiques rébellions, des songes plus anciens que la mousse au pied des arbres.
    La foi a fait place à la terrifiante lucidité.
    Mais la lucidité est plus amère que le plus pauvre pain.
    Mais nous tenons au bord de l'aube, au bord de la nuit, nous écoutons les voix sourdes des camarades qui agonisent dans les prisons bâties par des mains d'hommes.
    Et nous creusons des labyrinthes pour parvenir jusqu'à eux, dénouer les bâillons, déchirer les chaînes.
    Nous tendons à travers la ténèbre l'oreille des désespérés.
    Le feu s'est refroidi dans nos muscles.
    Devenu matière dure, infracassable, il nous maintient debout, irrémédiables dissidents.

    Le dernier mot de ce livre sera le mot : REFUS."

     

    .

     

     

    @ ANDRE LAUDE
    Éditions de la Différence

     

     

    .

     

    ANDRE2

     


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  • 05/03/17--07:59: DE L'EGO OU DU SAIN CREDO ?
  • D'aucuns avancent aisément
    ou d'un commun accord                   Ego
    confinant alors au devant de la scène
    au con-sensus    de circonstance
    Mais je leur oppose                        Credo
    l'envers sibyllin des sens
    l'immémoriale allégeance
    du nomade   du passeur  sans paraître

    Un oiseau    un voilier    au loin
    unitivement
    lient les horizons extasiés de la mer et du ciel
    Ils fondent l'espoir  

    De la migration immanente
    au temps d'une courte traversée
    entre deux infinis qui poignent
    que je devienne

    Ainsi les Ciels distancent
    plain-chant
    envol
    desquels   dès lors   destiner les maux du coeur
    cette souffrance latente
    aux mondes brisés
    que l'on ressent
    jusqu'au bout de ses doigts tremblés
    au fil de l'écriture fluide
    solennellement guidée

    Quelle manne quel écrin
    en chemin
    sur la voie blanche et bleue
    la solitude ne  dévoile-t-elle pas 
    Allégorie métaphore
    le poète
    irradie sans limites le songe
    immensurable
    empruntent à la foi profondeur
    et clarté
    d'un penser pacifique
    à l'orée du sacré

    Ainsi va le sentiment
    océanique
    quand de la beauté létale
    émerge la certitude essentielle
    de l'harmonique
    du vivre sain

    Que je demeure comme on meurt
    à la lumière de ces accords fondamentaux
    en esprit
    qui comblent les étendues de l'océan
    en vaguant à la semblance de l'âme
    vagabonde 
    Aux antipodes du doute
    un peu plus près du vrai
    du soleil
    être aux mondes

    Quand ils affirment        Ego
    je panse toujours               Credo
    le cri
    et le chant meurtris des vagues et des baleines immortelles
    le douloir de tout dont l'écrit s'empare
    sans frein

    Qui trace  un sillage
    ne laisse aucune empreinte
    De passage  sur le parchemin
    initiatique   quelques portulans
    marie à toujours
    amour et liberté

    Qui se livre
    loue les limbes du mystère et de l'éther
    sert le Grand Livre
    nourrit et sème l'Etant
    en sachant au Tout mourir enfin
    en paix
    contre le sang    les ordures
    infime poussière d'étoiles

    Que ce viatique
    honore
    l'Azur   Un et Multiple
    dont je ne suis que l'humble témoin   l'intuition cosmique

     

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    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

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    GOELAND2,

    Photographie Emmila

     

     

     


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    Vraiment, je vis en de sombre temps !
    Un langage sans malice est signe
    De sottise, un front lisse
    D’insensibilité. Celui qui rit
    N’a pas encore reçu la terrible nouvelle.

    Que sont donc ces temps, où
    Parler des arbres est presque un crime
    Puisque c’est faire silence sur tant de forfaits !
    Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue
    N’est-il donc plus accessible à ses amis
    Qui sont dans la détresse ?

    C’est vrai : je gagne encore de quoi vivre.
    Mais croyez-moi : c’est pur hasard. Manger à ma faim,
    Rien de ce que je fais ne m’en donne le droit.
    Par hasard je suis épargné. (Que ma chance me quitte et je suis perdu.)

    On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d’avoir ce que tu as !
    Mais comment puis-je manger et boire, alors
    Que j’enlève ce que je mange à l’affamé,
    Que mon verre d’eau manque à celui qui meurt de soif ?
    Et pourtant je mange et je bois.

    J’aimerais aussi être un sage.
    Dans les livres anciens il est dit ce qu’est la sagesse :
    Se tenir à l’écart des querelles du monde
    Et sans crainte passer son peu de temps sur terre.
    Aller son chemin sans violence
    Rendre le bien pour le mal
    Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier
    Est aussi tenu pour sage.
    Tout cela m’est impossible :
    Vraiment, je vis en de sombre temps !

     

    Je vins dans les villes au temps du désordre
    Quand la famine y régnait.
    Je vins parmi les hommes au temps de l’émeute
    Et je m’insurgeai avec eux.
    Ainsi se passa le temps
    Qui me fut donné sur terre.

    Mon pain, je le mangeais entre les batailles,
    Pour dormir je m’étendais parmi les assassins.
    L’amour, je m’y adonnais sans plus d’égards
    Et devant la nature j’étais sans indulgence.
    Ainsi se passa le temps
    Qui me fut donné sur terre.

    De mon temps, les rues menaient au marécage.
    Le langage me dénonçait au bourreau.
    Je n’avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtres
    Etait sans moi plus assuré, du moins je l’espérais.
    Ainsi se passa le temps
    Qui me fut donné sur terre.

    Les forces étaient limitées. Le but
    Restait dans le lointain.
    Nettement visible, bien que pour moi
    Presque hors d’atteinte.
    Ainsi se passa le temps
    Qui me fut donné sur terre.

     

    Vous, qui émergerez du flot
    Où nous avons sombré
    Pensez
    Quand vous parlez de nos faiblesses
    Au sombre temps aussi
    Dont vous êtes saufs.

    Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,
    A travers les guerres de classes, désespérés
    Là où il n’y avait qu’injustice et pas de révolte.

    Nous le savons :
    La haine contre la bassesse, elle aussi
    Tord les traits.
    La colère contre l’injustice
    Rend rauque la voix. Hélas, nous
    Qui voulions préparer le terrain à l’amitié
    Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.

    Mais vous, quand le temps sera venu
    Où l’homme aide l’homme,
    Pensez à nous
    Avec indulgence

     

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    BERTOLT BRECHT

     

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    gala dittmar

    Oeuvre Gala Dittmar

    https://www.galadittmar-photographie.com


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  • 05/04/17--00:47: JEAN JOUBERT...Extrait
  • Tout te ressemble et te chante à mi-voix,
    L’arbre, le vent, la gorge des collines,
    L’eau qui sommeille et les veines du bois,
    Le feu couvant au coeur d’une racine.

    Ton corps s’étire aux courbes du salpêtre,
    Dans un roseau s’apprivoise ton sang
    Et sur le givre affolé des fenêtres
    Une main s’ouvre et me jette ton gant.

    Rien qui ne soit ton geste, ta parole
    Et cette plaie toujours mal refermée
    Dans ma mémoire et cette parabole
    Que je suis seul encore à déchiffrer.

    Si je te fuis près d’autres amoureuses
    Ta bouche nue se mêle à nos baisers.
    Tu viens à moi dans cette nuit poreuse
    Et l’aube laisse un masque à mon côté.

    L’une à tes cils, une autre ton visage,
    Une autre parle et te vole ta voix,
    Une autre enfin délace son corsage
    Avec les mêmes gestes enfantins.

    De par ce monde aux fontaines légères
    Où ton reflet multiple s’écartèle
    J’ai poussé les ombres passagères
    Et m’y plongeant je te restais fidèle.

    Mais si le feu tourne aux brises futures
    Et si l’amour change de paysage
    Tu ne seras sous une cendre obscure
    Qu’un beau miroir hanté d’une autre image.

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    JEAN JOUBERT

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    le-miroir-hante2


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