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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/04/17--01:34: FRENCH DREAM...Extrait
  •  « Je ne sais pas enfin, quand je relis le mot destin qui s’est glissé sur la page un peu plus haut sans que je le pense réellement, si je dois fondre en sanglots ou rire aux éclats, sautant
    sottement en cognant ma tête contre le mur le mieux serait d’alterner rires et larmes en
    grimaçant ,tant ce mot est dans mon esprit associéà la grandeur, la gloire, l’immortalité. Il est inapproprié en fait de nommer destin une chienne de vie menée sans laisse au jour le jour,
    dont une grande partie est consumée dans des bars sordides « trous à rats », « repaires de délinquants », « lieux d’insalubrité morale »— dans des boulots de merde, quand j’arrive à endénicher un, à me débattre dans le vide, dans le vide...Or, en écrivant, avec toute l’inquiétude qui accompagne un tel acte, tant il est grave, je ne fais peut-être que de la brouillonner davantage, quand je m’attends à l’élucider, entretenant l’illusion que je me la réapproprie en la magnifiant, c’est à dire justement en l’accomplissant en tant que destin, la traînant et la biffant dans la marche processionnelle des phrases. Je ne me serais en effet assigné, de bout en bout, qu’une seule ambition : réussir le prodige d’être à la fois le marionnettiste et la marionnette, me travestissant jusqu’à ne plus me reconnaître. C’est qu’il s’agit — plus que de raconter, fût-ce par bribes, une vie — de tisser avec des lignes froides et détachées, comme
    l’araignée autophage sa toile, son propre linceul, puis partir brûler dans l’éclat irradiant des morts... »
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    MOHAMED HMOUDANE
     La Différence, Paris 2005
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    jean baptiste huynh2

    Oeuvre Jean-Baptiste Huynh


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  • 05/04/17--05:05: ENTRE ROCHEBONNE ET DINARD
  • Tout est si permanent
    Tout semble volubile
    C’est à peine si l’on pressent
    Sur le Sillon évanescent
    L’oisellement bleu de la ville
    Ô que personne ne gémisse
    Ô que nulle âme ne périsse
    À moins de mille années d’ici
    Que sur le front de marée glisse
    À la manière d’un calice
    Un fier haleur aux yeux d’oubli
    Voici le ferry de Portsmouth
    Qui s’éloigne sur ses feutrines
    Avec son front d’amareyeur
    Et son giron de popeline
    Voici le ferry de Portsmouth
    Tel un mirage aux yeux de bruine
    Ô que personne ne flétrisse
    Ô que nulle âme ne trahisse
    À moins de mille années d’ici
    Que sur le front de mer ne passe
    À la manière d’un rapace
    Un fier haleur aux yeux de nuit
    Voici l’hôtel du bout du monde
    Dont tu me parlais l’autre soir
    Voici l’hôtel du bout du monde
    Entre Rochebonne et Dinard
    Tout est si permanent
    Tout est si volubile
    Nous n’avons d’yeux que pour les îles
    Qui voient partir vers l’Angleterre
    Un oiseau-lyre aux yeux de mer
    C’est à peine si l’on pressent
    Sur le Sillon luminescent
    L’oisellement bleu de la ville
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    SYLVIE MEHEUT
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    Elisabeth Celton Bazin, la-plage-du-prieure-dinard

    Oeuvre Elisabeth Celton Bazin

    " La plage du Prieuré"à Dinard


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  • 05/04/17--05:10: LE SEL DE LA VIE ...Extrait
  • " L'événement s'envole, mais reste l'essentiel, inscrit dans le corps, qui resurgit au charme furtif d'une évocation, au frisson d'une sensation, à la force étonnamment vive et parfois incompréhensible d'une émotion. À quoi cela tient-il sinon à cette voix intérieure brûlante, cette dynamo vitale dont nous ne savons même pas que nous l'avons élaborée au fil du temps. Le souvenir n'est plus mais la mémoire sensuelle du corps parle toujours. Nous sommes un tissu muni de capteurs qui enregistrent des empreintes tenaces lesquelles nous servent de tuteurs pour nous diriger. Trop de souvenirs nous paralyseraient. Restent les prototypes de ce qui nous touche vraiment dans le grand registre des émotions possibles. "

     

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    FRANCOISE HERITIER

    Antropologue, ethnologue

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7oise_H%C3%A9ritier

    Editions Odile Jacob

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    FRANCOISE HERITIER

     


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  • 05/04/17--06:35: BERNARD PERROY ...Extrait
  • J'imagine le bruit
    d'un tendre mot couleur de lune
    quand il tombe sur le sable,

    un mot comme un cri,
    dans le tumulte du monde,
    que plus personne n'entend...

     

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    BERNARD PERROY

     

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    Tejo Verstappen5,

    Oeuvre Tejo Verstappen

     

     


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    « Debout ! ma compagne,
    ma belle, et viens.
    Car voici que l'hiver est passé ;
    la pluie a cessé, elle s'en est allée,
    les fleurs sont apparues dans le pays,
    le temps des chansons est venu,
    et la voix de la tourterelle
    s'est fait entendre dans notre pays,
    le figuier a poussé ses fruits verts
    et les vignes en fleur ont donné leur odeur. »

     

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    panier-de-figues-001,


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  • 05/05/17--00:09: L'EROSION DE L'ÂGE
  • Je m’enfonce à nu dans le précipice
    sous ce ciel réfractaire mon souffle vagabonde
    j’interroge l'épitaphe de l'obscure absence

    en exil je cueille l'érosion de l'âge
    j'espère l'indulgence de l'éloignement
    une armée de cris s'est tue dans ma prairie

    seul je brave l'incendie de l’étrange songe
    mon ombre enchaînée à son brasier
    se consume dépourvue de compassion

    je jure sur le parvis de cette danse avec l’abîme
    que la valve de mon cœur ne pliera pas
    devant le sentier paradoxal de la cruauté

    je vous ai laissé les ossements de ma lignée
    la bravoure de Yahia mon ancêtre
    le poème de ma ville saccagée

    désormais mon errance est une étoile éprouvée
    mon corps est un monument ambulant
    mon âme est la valseuse des temps promis

    je suis l'étranger à perpétuité dans l’inconnu nuage
    au loin de mon sol je suis la natalité de l'ailleurs
    je ne prononcerai pas mon pardon aux crabes

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     KAMEL YAHIAOUI

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    OMAR DELAWER2

    Oeuvre Omar Delawer

     

     

     

     


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  • 05/05/17--00:12: FAUTE DE MENEE
  • La question point au cœur de l’oiseau et il chante encore
    (opposé au silence, ne pouvant rester muet,
    de sa toute vibration au contraire, à tue-tête)
    la cantilène que les prophètes n’entendent pas,
    faute de trace en eux de ce qui est beau en ce monde.

    Pas davantage un seul instant il ne songe à l’exil
    bien que ce soit au cœur même du buisson qu’il habite,
    dût celui-ci flamber lui n’en sera pas aveuglé,
    ni son chant ne perdra sa capacité d’émergence
    dans le lent cataclysme de notre pandémonium.

    A l’aplomb, sous le sommet de son arche de fortune,
    dans la réelle mais tout aussi abstraite étendue,
    s’étale une forêt que certains diront symbolique
    le long d’une route pour cervidés à quatre roues,
    longue couleuvre de goudron noir dans le paysage.

     

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    HENRI-LOUIS PALLEN

    www.lierreentravail.com

     

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    route2


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  • 05/05/17--01:14: HEATHER DOHOLLAU
  •  L’illusion dans une île
    Est de croire tout voir
    Dans le livre blanc des heures
    Que chaque oiseau déchire
    Ici comme partout
    Vivre c’est fermer les yeux

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    HEATHER DOHOLLAU

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    île

     

     

     

     

     

     

     


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    Merci Marie-Paule et Raymond Farina

     

    .

     

    On t’a commandée jeune solide responsable

    telle que ta chair ne prenne en rien exemple

    sur notre chair à nous.

    Interdiction ciselée

    de tout changement, toute déformation

    protégée comme ne le fut par aucun Art

    notre floraison à nous, notre force.

    L’une de tes mains est placée telle un peigne

    dans tes cheveux épars, tandis que l’autre

    semble avoir choisi seule son rôle :

    caresse posée sur le ventre

    de la fécondité interdite

    - la pierre elle-même ne renonce pas à la matrice.

     

    On t’a commandée avant tout Vigilante,

    pour ne jamais succomber au sommeil,

    ne jamais apprendre du rêve

    ce qui ne se réalise pas.

    Vigilante pour veiller sur les variétés de roses,

    les protéger des mains ennemies des fleurs.

    Ah, statue surveillante,

    c’est en vain que tu veilles

    et ne laisse pas le rêve t’apprendre

    ce qui ne se réalise pas :

    on n’a encore trouvé ni surveillant, ni leurre ni même

    de poète qui puisse, en automne, empêcher

    que par des mains ennemies des fleurs

    toutes les variétés de roses et d’existence

    ne soient sauvagement ravagées.

     

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    KIKI DIMOULA

    Traduction du grec par Michel Volkovitch

    (Extrait de Mon dernier corps,

    Cahiers grecs, 1995)

     

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    dimoula

     

     

     

     


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  • 05/06/17--01:49: LA VICTOIRE DE GUERNICA
  • Hommes réels pour qui le désespoir

    Alimente le feu dévorant de l'espoir

    Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l'avenir

     

    PAUL ELUARD

     

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    Beau monde des masures

    De la nuit et des champs

     

     

    Visages bons au feu visages bons au fond

    Aux refus à la nuit aux injures aux coups

     

     

    Visages bons à tout

    Voici le vide qui vous fixe

    Votre mort va servir d'exemple

     

     

    La mort coeur renversé

     

     

    Ils vous ont fait payer la pain

    Le ciel la terre l'eau le sommeil

    Et la misère

    De votre vie

     

     

    Ils disaient désirer la bonne intelligence

    Ils rationnaient les forts jugeaient les fous

    Faisaient l'aumône partageaient un sou en deux

    Ils saluaient les cadavres

    Ils s'accablaient de politesses

     

     

    Ils persévèrent ils exagèrent ils ne sont pas de notre monde

     

     

    Les femmes les enfants ont le même trésor

    De feuilles vertes de printemps et de lait pur

    Et de durée

    Dans leurs yeux purs

     


     Les femmes les enfants ont le même trésor

    Dans les yeux

    Les hommes le défendent comme ils peuvent

     

     

    Les femmes les enfants ont les mêmes roses rouges

    Dans les yeux

    Chacun montre son sang

     

     

     

    La peur et le courage de vivre et de mourir

    La mort si difficile et si facile

     

     

    Hommes pour qui ce trésor fut chanté

    Hommes pour qui ce trésor fut gâché

     

     

     

    Hommes réels pour qui le désespoir

    Alimente le feu dévorant de l'espoir

    Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l'avenir

     

     

     

    Parias la mort la terre et la hideur

    De nos ennemis ont la couleur

    Monotone de notre nuit

    Nous en aurons raison.

     

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    PAUL ELUARD

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    PAULA22

     

     


     

     

     


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  • 05/06/17--02:04: GILLES DELEUZE...Extrait
  •  Nous vivons dans un monde plutôt désagréable, où non seulement les gens, mais les pouvoirs établis ont intérêt à nous communiquer des affects tristes. La tristesse, les affects tristes sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves.

    Le tyran, le prêtre, les preneurs d’âmes, ont besoin de nous persuader que la vie est dure et lourde. Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes. La longue plainte universelle qu’est la vie … On a beau dire « dansons », on est pas bien gai. On a beau dire « quel malheur la mort », il aurait fallu vivre pour avoir quelque chose à perdre. Les malades, de l’âme autant que du corps, ne nous lâcheront pas, vampires, tant qu’ils ne nous auront pas communiqué leur névrose et leur angoisse, leur castration bien-aimée, le ressentiment contre la vie, l’immonde contagion. 

     

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    GILLES DELEUZE

     

     

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    picabia3,

    Oeuvre Francis Picabia

     

     


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  • 05/06/17--05:27: ART POETIQUE
  • Sur les voies où tu tentes d’avancer en écriture
    tu voudrais effleurer les mots de la pointe des pieds,
    t’efforçant d’allégir ton être le plus possible,
    diminuer le poids de ta chair et de ton esprit.
    Retenir pour mieux donner n’est chose paradoxale
    que pour adeptes de raccourcis embobelineurs,
    de traits d’arc et de couleurs vives, éclats de paroles
    dont l’enjeu prioritaire est sans doute de briller
    comme les étoiles, qu’on sait cachées dans leur lumière.
    Alors, précaution première : écrire un minimum.
    Bizarrerie : exprimer avec l’esprit de s’abstraire
    les choses qui te poussent et te freinent à la fois.
    Ne fais pas pourtant économie de munificence
    qui s’avérerait plus paradoxale, sans issue.
    L’équation à résoudre ne présente rien de simple.
    Donne le meilleur de toi, c’est-à-dire presque rien,
    te souvenant de ceux que CHAR nomme des pisse-lyres.
    En ce monde d’exhibitions confuses et de bruit,
    le cri est souvent moins perceptible que le murmure.

     

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     HENRI-LOUIS PALLEN

      http://www.lierreentravail.com

     

     

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    henri lebasque,

    Oeuvre Henri Lebasque

     

     


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  • 05/06/17--07:18: AMEDEO MODIGLIANI
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    modigliani,

    Amédéo Modigliani

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Amedeo_Modigliani

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     Cet homme a existé !

    Modigliani 1884-1920, a vécu sa légende à Montparnasse… Vie intense et infernale… Drogue, alcool, drames quotidiens… Incompréhension, égoïsme… Indifférence !… Les tableaux dont il n’obtenait pas cent francs sont aujourd’hui avidement recherchés par les musées… et par les fils de ces millionnaires qui laissèrent Modigliani crever de faim. Les modèles de Modigliani n’étaient que des prétextes. Il ne les copiait pas. Il les interprétait à sa manière qui était celle d’un poète inspiré… De ces modèles ne subsistait que l’idée émouvante.

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    Modigliani_-_Nu_couché,

     

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    « Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice. Ton devoir réel est de sauver ton rêve… Je voudrais au contraire que ma vie soit comme un fleuve très riche qui coule avec joie sur la terre. »

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    Modigliani-Tete-1911-1912,

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    modigliani4,

    Sculptures  de Modigliani

     

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    La personnalité d'Amedeo Modigliani (1884-1920) est celle d'une fulgurance créatrice qui réunit les extrêmes. Homme ordinaire, affamé, qui vit à Paris, il est aussi cet artiste glorieux qui se trouve placé au-dessus de la réalité. Morceau de marbre limpide, bloc de cristal intact à travers les époques de sa vie, Modigliani n'est pas uniquement sculpteur, pas seulement peintre, encore moins dessinateur : au-delà du temps et des styles, il demeure un magicien de l'art.

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    modigliani8

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    modigliani femme_gitane_avec_enfant

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    ...

    Il trouvera un petit atelier au " Maquis "....

      Il abritait alors toute une faune de marginaux un peu brigands ainsi que des brocanteurs, des mouleurs, des artistes pauvres et tenait bien davantage d'une cité de chiffonniers que d'une cité d'artistes. Outre l'insalubrité et l'humidité, ces logements du Maquis fermaient si mal qu'il était parfois à craindre d'y trouver des intrus en rentrant chez soi. Le quartier était truffé de moulins, de cabarets, de tonnelles, de ruelles silencieuses bordées de chaumières, de granges, de jardins touffus, de plaines vertes entrecoupées de précipices où des sources filtraient dans la glaise, détachant peu à peu certains îlots de verdure où s'ébattaient des chèvres qui broutaient l'acanthe suspendue aux rochers, comme disait Gérard de Nerval lorsqu'il habitait le Château des Brouillards.

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    modigliani violoncelliste

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    modigliani_paysage

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    Modigliani_Kyratide,

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      "Je ne suis impressionniste ni divisionniste. Mais je suis l'un et l'autre, parce que je tire avantage de tout élément pictural ; et je peins selon ce que me dicte la nécessité de traduire mon émotion sur la toile, et non pour acquérir le droit de cité de telle ou telle autre école. "

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    JeanneHEBUTERNE-17-

    Jeanne Hébuterne, compagne de Modigliani

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_H%C3%A9buterne

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    Jeanne_Hébuterne_(au_chapeau) Amedeo_Modigliani

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    jeanne hebuterne

    Portraits de Jeanne Hébuterne par Modigliani

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    Modigliani par jeanne hébuterne

    Amadéo Modigliani par Jeanne Hébuterne

     

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  • 05/06/17--13:53: ON TROUVERA DES LETTRES
  • On retrouvera des lettres entre les draps, dans une armoire normande au bois vermoulu. Dans la chambre où la poussière a figé le temps, on traversera en quelques pas des années de silence. Contre le mur, calé par des livres de papier jaune, le grand bahut nous craquera sa vérité enfouie. Il faudra de la patience pour ouvrir l’armoire à la serrure grippée. On insistera. La clef en laiton fera des tours perdus à l’angoisse de la découverte. Les battants finiront par céder dans un frémissement. Sur les étagères, des piles de linge viendront sous nos yeux disperser les lunes, dévoiler des années d’intimité au jour neuf.
    On retrouvera des lettres entre les draps de lin pliés au carré. Avant le brin sec de lavande, le flacon d’huile essentielle de cèdre, un reste d’odeur humaine. Des lettres oubliées dans les plis du passé, à l’abri du regard de l’autre. Cet autre à qui on a caché les mots. Sur les enveloppes, on admirera la calligraphie, les hautes jambes des lettrines, les vieux timbres et les dates évoquées feront passer le siècle pour une respiration.

     

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    CHRISTOPHE SANCHEZ

    http://lafreniere.over-blog.net/page/2

     

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    sanchez2,

     

     


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  • 05/06/17--16:27: L'AMITIE
  • Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
    Avec soleil et pluie comme simples bagages
    Ils ont fait la saison des amitiés sincères
    La plus belle saison des quatre de la terre

    Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
    Et la fidélité des oiseaux de passage
    Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
    Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
    Alors, ils viennent se chauffer chez moi
    Et toi aussi tu viendras

    Tu pourras repartir au fin fond des nuages
    Et de nouveau sourire à bien d'autres visages
    Donner autour de toi un peu de ta tendresse
    Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse

    Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
    Il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne
    S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne

    J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines
    Alors, peut-être je viendrai chez toi
    Chauffer mon cœur à ton bois

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    Chanson interprétée par
    FRANCOISE HARDY
    .
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  • 05/07/17--11:19: LE SOLEIL SE MEURT...Extrait
  • Qui parle
    de refaire le monde ?
    On voudrait simplement
    le supporter
    avec une brindille
    de dignité
    au coin des lèvres.

    L'époque est banale
    moins étonnante que le tarif d'une prostituée
    Les satrapes s'amusent beaucoup
    au jeu de la vérité
    Les déshérités se convertissent en masse
    à la religion du Loto
    Les amants se séparent
    pour un kilo de bananes
    Le café n'est ni plus ni moins amer
    L'eau reste sur l'estomac
    La sécheresse frappe les plus affamés
    Les séismes se plaisent à compliquer
    la tâche des sauveteurs
    La musique se refroidit
    Le sexe guide le monde
    Seuls les chiens continuent à rêver
    tout au long des après-midi et des nuits

     

    .

     

     

    ABDELLATIF LAÂBI
    (Éditions de la Différence, 1992)

     

     

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    Montserrat Guidol

    Oeuvre Montserrat Gudiol

     

     


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  • 05/08/17--00:41: PATRICK CHEMIN...Extrait
  • Si tu es convié
    Au festin
    Par le petit vent d’iris
    De la naissance
    Si tu vas sur la terre
    Dans l’innocence
    De tout ce qui commence
    Puisses-tu illuminer
    De ta présence
    La marge étroite de la beauté
    Si tu es convié
    Au festin des années
    A la vérité de l’amour
    Qui naît à chaque fois
    Que tu te rencontres
    Dans un sentiment
    Plus grand que toi
    Si tu vas dans la pluie des corps
    L’argile mauve des apogées
    Puisses-tu apporter
    En présent
    La pierre précieuse
    De l’humilité
    Dans le jardin en marge
    De la beauté
    Si la vie te reprend
    La conscience
    Le passage des années
    Si tu vas fragile
    Et démuni
    Du bel oiseau
    De la jeunesse
    Si tu vas vers d’autres naissances
    Dans l’incandescence
    Du soleil ocre
    Puisses-tu toujours te souvenir
    Que tu fais partie
    De la beauté du monde
    Quand tu donnes un visage
    A la ferveur de la lune
    A la poussière d’être
    Un petit grain
    Infime
    Sur la terre des humains
    Sur la terre sous le ciel
    Des multitudes
    Tu fais partie de la beauté

     

     

    .

     

     

    PATRICK CHEMIN
    Texte inédit de 2013

     

     

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    Fatat Bahmad12,

     

    Oeuvre Fatat Bahmad

     


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  • 05/09/17--00:41: JEAN LAVOUE...Extrait
  • À l'impossible

    Nous opposerons les ferments
    De tous les possibles.
    Nous renouerons avec l'invraisemblable,
    Avec l'audace.
    Nous ne laisserons pas tranquilles
    Les chiens féroces qui se disputent la misère des pauvres.

    Nous serons de toutes graines levées
    L'élan, la tige et la couronne.
    Nous ne mépriserons pas les ronces de la peur,
    Mais nous ferons des terres dévastées où elles croissent
    Des jardins partagés,
    Des cultures protégées,
    Des espaces gagnées sur l'inhumain
    Et sur les murs qui les tenaillent.

     

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    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

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    Tejo Verstappen8,

    Oeuvre Tejo Verstappen


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  • 05/09/17--00:49: JOEL GRENIER...Extrait
  • Tu verras, tous les deux, on ira à la mer peut être pour fermer les yeux, comme quand on était jeune et qu'on s'aimait moins fort.
    Je tiendrai par la taille un frisson de jeunesse que tu auras gardé pour te blottir encore dans nos silences complices.
    Je te dirai la vague, tu me diras l'élan, on entendra le vent nous bercer d'éternité. Et l'on sera heureux comme si c'était hier, comme si c'était le temps des marées à l'étale.
    Et le soir venant, nous aurons de l'écume sur nos rires comme si nous avions joui une nouvelle fois.

     

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    JOEL GRENIER

     

     

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    Montserrat Guidol

    Oeuvre Montserrat Gudiol

     

     

     

     


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