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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/09/17--09:41: ABDELLATIF LAÂBI...Extrait
  • Je me sens sur cette charnière de l’être entre vie et mort, entre un soleil qui se meurt et un autre dont le lever est confisqué, entre deux planètes, deux humanités qui se tournent le dos, deux langues qui se parlent tellement dans ma bouche qu’elles me font bégayer, entre folie d’espoir et retour de bâton du désespoir. Que d’entre ! Mais tout cela donne un être vivant, pas plus. Le fait d’être sur une charnière me rend attirantes toutes les autres et me met sur leur chemin. Car, de par le monde, il n’y a pas que l’Orient et l’Occident. Tant de continents humains manquent à notre plénitude .

     

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    ABDELLATIF LAÂBI

     

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    laâbi


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  • 05/10/17--09:14: JOURNAL, LE 10 MAI DE 2017
  • Trois pierres. Une pour le ruisseau dolent. Une pour le vif-argent de l’intuition. Et la dernière qui veille sur le sommeil du sage. Trois ruisseaux dans la pente qui saisit nos vies furtives. Au pied de la lettre. Trois lettres. Une pour la bien-aimée. Une autre pour les amis du passé que la mémoire regroupe dans la pierre. Dans la vasque du jardin où le ciel est vaste comme un petit lutin. Trois lutins qui portent les nouvelles. Et dans la lettre du jour qui vient, le propos de la beauté s’épanche comme un baiser volé. A la pluie. Au vent. A l’éternité. Trois éternités, la première pour aimer dans l’instant. Une autre pour la musique qui peuple les fragrances du plaisir. Puis la dernière pour quitter la scène au bout de mille nuits. Trois nuits pour t’aimer, t’enlacer et nommer les trois anges que caresse ton épaule.

     

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    © PATRICK CHEMIN

    (2017)

     

     

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    claude monet

    Oeuvre Claude Monet


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  • 05/10/17--09:57: PALETTE ÉGORGÉE
  • Tu possèdes tes géographies intérieures
    que tu sèmes pêle-mêle
    lors de souterraines insomnies
    sur une palette égorgée.
    Marges blanches
    d’où fuse un orchestre d’anges
    les continents que tu façonnes
    n’ont ni crépuscules ni nuits.
    Ruelles d’exil
    les arbres rougissent de leurs feuilles
    et rêvent d’oiseaux d’avant la naissance
    d’horloge sorcière
    à ensevelir le temps.
    Tu t’enrichis de jardins charnels
    visibles sur fond de toile
    hélant d’autres arbres
    perdus sur l’axe de la durée.
    Exploratrice de l’extrême
    tu prends d’assaut l’infini.

     

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    NOHAD SALAMEH


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    Tejo Verstappen,,,

    Oeuvre Tejo Verstappen


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  • 05/11/17--02:35: UN JARDIN SUR LA MER
  • Je sais un lieu de haute lice
    Où la livrée du matin joue
    À robinsonner sous les lys
    Près des falaises d’amadou
    Où le déhanchement des îles
    Grise la Manche qui s’exile
    Sous son chapelet de Corfou
    .
    Je sais un lieu de haute sphère
    Où les sternes vont poinçonnant
    Le nonchaloir évanescent
    D’un archipel bagué de mousse
    Où la veine bleutée du vent
    Sur les voiles des barcaroles
    Jette la clé de ses vingt ans
    .
    Je sais un lieu d’étreintes folles
    Où pour l’ongle d’un souvenir
    La mer au large s’émeraude
    Et encorbelle de plaisir
    Les lys les îles et les roses
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    SYLVIE  MEHEUT
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    alexandre bonade Dinard2

    Oeuvre Alexandre Bonade


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  • 05/12/17--05:52: MOI...NOUS
  • Moi n'existe pas si le nous est absent
    La racine du racisme c'est la négation de soi-même, renier un alter ego de l'espèce humaine est un rejet de l'humanité, ne peut s'affirmer être humain un vivant qui se réclame d'une identité autre qu'humaine.
    Le rejet de son semblable est le propre de l'inculture, la grande dérive de ce monde est le monopole des cultures, la culture d'un peuple est un air commun à chaque humain, ça circule, s'il n'est pas respiré, l'étouffement est assuré.

     

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    KAMEL YAHIAOUI

     

     

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    Lahrach Abdesslam2

     Oeuvre Lahrach Abdesslam

     


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  • 05/14/17--01:55: ILS CASSENT LE MONDE
  • Ils cassent le monde
    En petits morceaux
    Ils cassent le monde
    A coups de marteau
    Mais ça m’est égal
    Ca m’est bien égal
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    Il suffit que j’aime
    Une plume bleue
    Un chemin de sable
    Un oiseau peureux
    Il suffit que j’aime
    Un brin d’herbe mince
    Une goutte de rosée
    Un grillon de bois
    Ils peuvent casser le monde
    En petits morceaux
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    J’aurais toujours un peu d’air
    Un petit filet de vie
    Dans l’oeil un peu de lumière
    Et le vent dans les orties
    Et même, et même
    S’ils me mettent en prison
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez
    Il suffit que j’aime
    Cette pierre corrodée
    Ces crochets de fer
    Où s’attarde un peu de sang
    Je l’aime, je l’aime
    La planche usée de mon lit
    La paillasse et le châlit
    La poussière de soleil
    J’aime le judas qui s’ouvre
    Les hommes qui sont entrés
    Qui s’avancent, qui m’emmènent
    Retrouver la vie du monde
    Et retrouver la couleur
    J’aime ces deux longs montants
    Ce couteau triangulaire
    Ces messieurs vêtus de noir
    C’est ma fête et je suis fier
    Je l’aime, je l’aime
    Ce panier rempli de son
    Où je vais poser ma tête
    Oh, je l’aime pour de bon
    Il suffit que j’aime
    Un petit brin d’herbe bleue
    Une goutte de rosée
    Un amour d’oiseau peureux
    Ils cassent le monde
    Avec leurs marteaux pesants
    Il en reste assez pour moi
    Il en reste assez, mon cœur

     

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    BORIS VIAN

     

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    boris vian

    Boris Vian

     


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  • 05/16/17--01:24: SILENCE
  • Le silence est un lit pour le chant du monde.

    Il est rempli de sons (les amoureux et les solitaires le savent)  dans la ville comme à la campagne.

    Le silence, c’est avant tout se taire, un état d’esprit, un moment de l’en-soi, quand cesse la course et le contrôle. Le silence est vagabondage possible (mais non obligatoire !) de la pensée.

    J’ai besoin de silence. Tous, nous en avons besoin, même si certains ne le savent pas, même si certains ne le trouvent jamais, la faute aux conditions extérieures, intérieures, cela dépend sans doute.

    Il nous faut penser. Quelque chose en nous l’exige. Cela relève peut-être de notre dignité, de notre humanité. Toujours est-il qu’il nous faut tendre ce lit blanc et net du silence pour percevoir et concevoir le temps, l’espace, nous dans ce temps et cet espace. Il nous faut le silence pour nous déployer.

    Le chant, lui, c’est la beauté brute, en dehors de tout jugement, de tout esthétisme. Chant, écriture, peinture, tout repose sur un socle de silence. Les enfants le savent d’instinct. Ils sont bruyants quand ils jouent, jusqu’à cet instant que tous nous avons observé un jour ou l’autre. Ils s’arrêtent, concentrés, absorbés tout entiers dans l’observation intense de la serrure du buffet, de cette pierre, de quelque chose qu’on n’identifie peut-être même pas. A cet instant, quoi que ce soit, c’est le plus important au monde.

    Et puis c’est fini. Ils retournent au jeu, au mouvement, au bruit. Les enfants passent du silence aux cris sans transitions, sans truchement, ils n’ont besoin de rien.

    Certains perdent cela ensuite. Sans doute notre mode de vie hyper-bavard et hyper-connecté y est-il pour beaucoup. En offrant très tôt l’accès au monde des textos, à la tribu des pairs virtuels, nous fermons la porte qui donne sur les trajets solitaires vers la liberté. En imposant des itinéraires intellectuels, en enfermant les esprits dans le carcan de « programmes », nous fermons la porte à l’exploration en compagnie d’un livre, d’un film, d’une musique, en bande ou en solitaire.

    L’amitié elle-même repose sur le silence. Elle n’est pas un like sur Facebook. L’amitié, ce sont des heures ensemble où la parole et le silence dessinent des motifs spécifiques sur les trames de la mémoire et du cœur.

    Le silence est à l’origine de tout ce que nous devenons, il naît de la solitude mère autour de laquelle tout se construit.

    A notre mort, la solitude et le silence se résorbent. C’est presque rien, à peine une ride à la surface du monde. Elle s’efface de d’elle-même, et ce qui reste, c’est le silence des autres, troublé peut-être par le vide et la blessure du chagrin mais rendu très vite à sa densité, à sa qualité aussi.

    Après avoir traversé la journée, je retrouve le silence comme on arrive au port, j’y ai des repères familiers – de petits sons posés sur le drap propre de l’achevé– et je circule sous les arches très privées de ma pensée, au milieu de fragments, de mots, de phrases, d’images, de presque-souvenirs, du juste-vécu, libre et flottant.

    Ce silence-là est récurrent, nécessaire lui aussi, et j’ai appris à attendre sa venue. C’est une respiration lente, elle rend possible la traversée du chaos ordinaire.

     

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    LEILA ZHOUR

    https://melimelodesmots.wordpress.com/ 

     

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    SILENCE

     

     

     


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  • 05/16/17--01:38: BRUN
  • Brun est fasciste mais brunes sont les femmes du sud, ocre est convivialité et marron a la douceur vernie des fruits du marronnier qui déformaient mes poches dans mon enfance.
    L’histoire a chevillé dans nos mémoires une idée de morositéà la couleur de la terre, peut-être parce qu’on y ensevelit nos morts. Les obsèques ont pour armoiries le gris et le noir, teintés de la terre en hiver – c’est toujours une forme d’hiver que mettre en terre le corps de ceux qui furent. La nudité, le froid, les arbres dénués de leur parure après l’enchantement flamboyant de l’automne, tout dans l’hiver tire le brun vers le noir de la nuit et de l’oubli.

    On peut se demander pourquoi le brun sied-il si bien aux méchants ? Pourquoi le sombre si semblable à une inhumation a-t-il séduit les fascistes ? Brun est presque noir. Il est austère, il a la rugosité sans fioriture de la bure et du travail ; brun ne promet une dureté sans tendresse à nos imaginaires et le brun fasciste a été porteur d’une promesse mensongère de probité et de tradition, un faux rempart dressé devant le rouge que l’espoir révolutionnaire faisait bouillir dans la marmite plébéienne.

    Dans l’esprit des gens, était-il une valeur refuge ? Les tuniques brunes les renvoyaient-elles à la noble aspiration de la Réforme, laquelle ne faisait que reprendre un combat plus ancien encore ? Car avant Luther, il y avait eu l’Italie. On parle de l’or bien sur, mais le brun a aussi ses lettres de noblesses, et la bure franciscaine les lui avait données. La robe marron avait la beauté et la grandeur d’un désir transcendant. Elle s’était, par sa simplicité, détachée des prétentions de pureté d’ordres plus blancs, mais plus salis aussi. Pauvres les moines, pauvre le textile, donc brun.
    Brun est la couleur de la misère et approcher de la pauvreté par le biais d’une authentique ascèse, c’était déjà une forme de sainteté.

    Il y a des excès, bien sur. A trop en faire on tombe dans l’exhibitionnisme mais rien, malgré tout, n’a jamais éradiqué la vérité brune de la poussière sur le corps desséché des miséreux à travers les âges.

    Les anonymes et les sans-noms ont aussi leurs grâces pourtant. Compensation sans titre, certes, mais universelle. Les grecs ne s’y étaient pas trompés. Ils avaient prêtéà la terre l’un de leurs dieux les plus turbulents, un bouc à la robe couleur de sol. Pan, double dévergondé de la fière Perséphone en quelque sorte, qui s’emploie à faire pousser de la terre non pas ce qui nourrit sagement, mais ce qui enivre jusqu’à la folie. De l’ocre jusqu’au marron foncé, il a entretenu dans les plis de la terre antique la foule des nymphes, des dryades et des satyres, consommant la vie sans soucis d’ordre ni de raison. Nul richesse pour Pan, seulement une existence à pleine main avec, les jours de fêtes, Dionysos à sa table tirant son meilleur vin de ceps noueux. L’âme de la terre s’épanouissait sous les pas d’un dieu fou dont le seul luxe avait la couleur pourpre des vins qui ravissent et le corps et l’esprit.
    Par quelle miracle la vie brute devient-elle l’essence de la joie, de la fête, de l’art de vivre ? Le rêve sans doute. L’homme sans haute naissance œuvre au plus simple et invente l’Art quotidiennement. Bruns sont les meubles les plus simples, bruns sont les bancs pour les invités, brunes sont les tables dressées pour le repas, que l’or des vernis conduit jusqu’aux portes de la blondeur.

    Brun devient chaleur et depuis nos premiers pas, nous savons que marron n’est pas une seule couleur mais cette infinité de teintes sur laquelle nous posons nos mains, qui accueille nos affaires, qui nous entoure et nous protège.

    Marron les souvenirs parfumés à l’encaustique avec, dans un rai de lumière, la danse des poussières en suspension. La puissante cire qui ressemble au miel transforme le meuble sombre en artefact brillant et doux au toucher. Marron est une couleur tactile plus que toutes les autres. Elle évoque la rampe de l’escalier usée par des centaines de mains, la commode et son grain irrégulier vibrant sous la pulpe des doigts et son trésor de foulards. Marron, c’est toutes ces textures, les raccords parfois fatigués entre les planches, le parquet qui grince, les lattes dont on sait lesquelles sont disjointes, lesquelles sont encore solides sous les pieds. C’est aussi ces efforts de réparations sur l’objet auquel on tient, sur le meuble qui n’a de valeur que dans notre cœur.

    Brun nous accompagne tout au long de notre vie, discret, presque invisible. Le revendiquer pour d’autres gloires, c’est une forme de trahison. Il a la saveur de l’utile, du quotidien. C’est le bois, la magie de l’ébénisterie dans nos vies. Brun n’est pas loin de l’or si on y songe. C’est la terre transmuée par l’homme.

    C’est la couleur de notre humilité et du partage que la nature consent à faire avec nous.

     

     

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    LEILA ZHOUR

    https://melimelodesmots.wordpress.com/

     

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    Paul gauguin2

    Oeuvre Paul Gauguin


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  • 05/16/17--03:22: JOURNAL, LE 15 MAI 2017
  • Ce que vit le papillon. Ce que vit l’eau dans le temps du ruisseau. Ce que vit le pèlerin qui a perdu son chemin distrait par le babil des dieux. Ce que vit la parole dans la pierre. Ce que vivent les disparus en mer. Ce que vit celle qui est abandonnée par la possibilité physique de peindre. Ce que vit le pont qui enjambe deux civilisations. Ce que désirent les peuples liés dans la redoute de la pauvreté. Ce que vit le papillon. Je ne sais pas. Je n’en sais rien. Je sais le temps furtif de l’eau qui enseigne toutes choses et le passage. Que le pèlerin devient la pierre. Perdue en mer. Je sais l’aquarelle et la conscience des pigments. Je sais la pauvreté immobile et redoute le terme. Ce que vit le papillon, je le saurai quand je serai passé dans l’interstice.

     

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    © PATRICK CHEMIN

    (2017)

     

     

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    camomille,-papillon,

     

     


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  • 05/16/17--08:43: LES ENFANTS

  • à Vénus Khoury-Ghata

    Tous les enfants, vous le savez, sont des navires
    qu’un proverbe pareil aux brises les plus douces
    conduit, syllabe après syllabe, au continent
    où les pingouins dorés murmurent des poèmes.
     
    Tous les enfants, vous le savez, sont des bouleaux
    qui dans la nuit, en demandant pardon, écartent
    leurs branches, leur écorce, et vont, jusqu’au vertige,
    danser sur la grand-place, au milieu des poulains.
     
    Tous les enfants, vous le savez, sont des comètes
    venues nous rendre hommage au nom d’un autre azur,
    d’une autre vérité, d’une autre fable ; et nous,
     
    adultes par défaut, saurons-nous les convaincre
    de s’attarder ici le temps d’un bref bonheur,
    avant de repartir chez les étoiles folles ?

     

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    ALAIN BOSQUET
     

     

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    bosquet


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  • 05/16/17--10:55: L'ÂME INSURGEE...Extrait
  • Pourquoi crier à l’impossible quand le possible est déjà là, prêt à entrer, qui n’attend plus que vous pour s’accomplir en vous accomplissant ? Il n’y a pas un homme qui puisse vivre heureusement de ses instincts bestiaux, enfermé dans son corps, incarcéré dans son opacité muette, rivé stupidement sur son nombril. On y suffoque, on s’y étouffe, on s’y éteint – et la haine enragée gravite, comme un soleil mort, autour de cette viande inhabitée. Réapprenez à lire et sauvez-vous de là ! Laissez parler en vous la langue qui libère. Relevez le grand I de l’Imagination : c’est le bâton magique qui vous déshallucinera, la verge de la vraie lucidité. Vous n’êtes pas des huîtres ! Ouvrez votre silence à la conversation de l’ineffable et vous saurez étonnamment de quelle immensité intérieure votre réalité est faite, insérée aux deux bouts dans l’infini. Son appétit de point final est une duperie ; l’apparence est un leurre et les idées, presque toujours faites sur des idées, ne disent rien qui vaille. La confidence des poètes vous en convaincra : il ne se passe rien dehors, tout se passe dedans. Ils ne font pas la poésie, ils n’en sont pas les auteurs, car ils sont une oreille avant d’être une bouche et ce sont eux, au contraire, qui sont faits par la poésie, comme un premier maillon entre elle et vous. Sans elle, ils ne sont rien ; avec vous, ils sont tout. Le verbe qu’ils conduisent a son génie en vous. Ne le tuez donc pas. 

     

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    ARMEL GUERNE

     

     

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    guerne2

     

     

     

     

     

     


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    Dès mon enfance,

    Sous le pommier

    Je promenais mon rêve,

    Je devenais printemps.

    On entre en son poème

    comme en un monastère de mousses et de fougères,

    d’eaux souterraines et de pluies

    de lumière qui n’en finissent pas de tapisser nos âmes,

    si, du moins, nous acceptons d’accueillir en nous ce murmure très bas,

    d’une assurance inouïe.

    Entre la feuille et l’arbre
    réside la Présence.

    Et c’est à raison qu’elle nous livre, dès lors, sans détour sa profession de foi :

    Ma vérité est végétale,

    Mon église, un nénuphar.

    … et qu’elle nous révèle le lieu secret de sa méditation :

    Emmitouflée d'amour

    j’héberge du silence.

     

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    JEAN LAVOUE

    Début de la préface au recueil de Christine Guenanten

    "De la nécessité du poème"

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    bernard jean caron2,

    Oeuvre Bernard-Jean Caron


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  • 05/18/17--01:15: LE PREMIER AMOUR DU MONDE
  • Le soleil est venu
    Et reparti cent mille fois
    Depuis le jour du premier jour
    Du premier amour
    Le premier amour du monde?
    C'était... quand?
    Et d'abord, comment se sont retrouvés
    Comment se sont retrouvés
    Le Ciel et l'Océan?
    Il a pris sa main sans le savoir
    Sans savoir où les menait la peur du premier soir
    Il a pris son corps contre le sien
    Sans savoir qu'un deuxième matin
    Renaîtrait des cendres du premier matin
    Ils ne savaient pas que d'autres jours
    Suivraient le premier jour
    Ils ne savaient pas que la naissance
    La naissance engendre la vie
    Et d'abord comment pouvaient-ils savoir
    Comment pouvaient-ils savoir

    Puisque les mots n'existaient pas
    Puisque les mots n'existaient pas
    Comment pouvaient-ils savoir
    Que l'Amour s'appellerait l'Amour?
    Ils ne savaient pas qu'ils inventaient
    La vie et la mort et la lumière du mois de mai
    Ils ne savaient pas que leurs enfants
    Peupleraient la terre d'autres enfants
    Ni que leurs cœurs allaient faire marcher le temps
    Et ce soir en marchant
    En marchant à contretemps de nos vingt ans
    Nous faisons ce qu'ont fait longtemps
    Longtemps des millions d'amants
    Et je prie en pensant
    A ce premier amour du monde
    Que jamais ne vienne le jour
    Du dernier amour.

     

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    SERGE REGGIANI

     

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    Bertalan Karlovzsky,

    Oeuvre Bertalan Karlovzsky

     

     


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    Beauté, ce grand espace tout noir
    Où l’homme s’avance les yeux fermés
    Un bouquet de coquelicots jeté sur l’épaule
    Ce mauvais air qu’on souffle sur les âmes
    Le bruit des songes qui épouvante le monde
    Jamais ne me feront oublier, Beauté,
    Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.
    La terre me retient d’une main tremblante
    Car la mort est un dur voyage pour l’homme seul
    Quand Dieu se fait vieux
    Et n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.
    Déjà le radeau de la chance se soulève
    Le vent de la chance tourne
    L’abîme me prend par le bras, l’abîme
    Me fait la courte échelle pour toucher
    L’enclume des batailles luisante d’usure
    Au fond du ciel tout bleu dans son auge
    Dans sa perfection de ciel distrait et pur
    Qui perd comme un gant une saison pour une autre.

    Encore un peu de sang
    Et la première violette charbonne
    Sur l’obscure patience des forçats
    Porteurs de chaînes dans le matin d’été
    Lâchant leur salive noire entre deux jurons
    La résine tiède des lèvres
    Une goutte et puis une goutte encore
    Dans la morsure du fer
    Une goutte entre les dents de la lime
    Une goutte pour creuser les ténèbres.
    Il donne encore un peu de sang
    Une goutte et puis une autre goutte
    Pour étouffer la poussière d’orage
    Qu’on avale à la fin d’un long jour de feu
    Et la vie se démène autour des chevilles nues
    Le soleil rit dans les montagnes pleines de pavots jaunes
    Au-delà des mauvaises herbes où brillent
    Les outils, les colonnes du silence.
    Donne encore un peu de sang
    Et cela fera une journée bien remplie.

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    ALBERT AYGUESPARSE

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    CHAMPS2

     


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  • 05/18/17--01:46: DESNOS...Extrait
  • A René crevel

     

    je suis passé dans une rue étrange
    où des enfants blonds compissaient leur langes

    à la porte d’un restaurant
    un écriteau était collé :


    ICI ON PEUT APPORTER SON MANGER

    à la porte d’un hôtel meublé
    un écriteau était collé :


    ICI ON PEUT APPORTER SON AMOUR

     

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    ROBERT DESNOS

     

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    amour

     

     


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  • 05/18/17--05:29: UN COEUR QUI BAT
  • Merci Adélita mia

     

    Lorsque le coeur éclot dans le berceau du temps,
    Comme une goutte d'eau jaillissant de la source,
    Un lever de soleil, des bourgeons éclatants,
    Sur la vie au long fleuve, un vaisseau prend sa course.

    Lorsque le coeur frémit sous le souffle du vent,
    Poussant tous les ruisseaux merveilleux de l'enfance,
    Au regard d'une mère, on voit briller souvent
    Une perle, une larme, au miroir d'espérance.

    Lorsque le coeur explose aux rayons de l'été,
    Ainsi qu'un soudain feu brûlant l'aube première,
    Rien ne peut remplacer la douceur, la beauté,
    D'une âme qui s'allume à la même lumière.

    Lorsque le coeur s'endort au côté de la nuit,
    Poursuivant son chemin sur les ailes du rêve,
    Il voudrait, dans le ciel, saisir l'éclair qui luit,
    Naviguer sur la vague et l'océan, sans trêve.

    Lorsque le coeur s'éteint, tout consumé d'amour,
    Sur le dernier bateau redescendant la voile,
    Très doucement, le soir ferme les yeux du jour,
    Et, dans le firmament, scintille une autre étoile !

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     .

    DOMINIQUE SIMONET

     .

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    temps2


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  • 05/18/17--11:16: LE CRI DU BUTOR
  • Maintenant que la jeunesse
    S'éteint au carreau bleui
    Maintenant que la jeunesse
    Machinale m'a trahi
    Maintenant que la jeunesse
    Tu t'en souviens souviens-t-en
    Maintenant que la jeunesse
    Chante à d'autres le printemps
    Maintenant que la jeunesse
    Détourne ses yeux lilas
    Maintenant que la jeunesse
    N'est plus ici n'est plus là
    Maintenant que la jeunesse
    Sur d'autres chemins légers
    Maintenant que la jeunesse
    Suit un nuage étranger
    Maintenant que la jeunesse
    A fui voleur généreux
    Me laissant mon droit d'aînesse
    Et l'argent de mes cheveux
    Il fait beau à n'y pas croire
    Il fait beau comme jamais
    Quel temps quel temps sans mémoire
    On ne sait plus comment voir
    Ni se lever ni s'asseoir
    Il fait beau comme jamais
    C'est un temps contre nature
    Comme le ciel des peintures
    Comme l'oubli des tortures
    Il fait beau comme jamais
    Frais comme l'eau sous la rame
    Un temps fort comme une femme
    Un temps à damner son âme
    Il fait beau comme jamais un temps à rire et courir
    Un temps à ne pas mourir
    Un temps à craindre le pire
    Il fait beau comme jamais
    Tant pis pour l'homme au sang sombre
    Le soleil prouvé par l'ombre
    Enjambera les décombres

     

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    LOUIS ARAGON

     

     

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    sergefiorio

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://sergefiorio.canalblog.com/


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  • 05/19/17--02:57: COLETTE LEINMAN...Extrait
  • Savoir si quelqu’un d’autre
    parfois se débat comme
    le prolongement des digues
    contre l’assaut suicidaire des vagues

    savoir qu’il se laisse couler
    dans l’aleph des mots étendus
    en débâcle
    en tous sens
    longs à venir

     

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    COLETTE LEINMAN

     

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    ombre-et-lumiere

     


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  • 05/19/17--11:40: ESPERANCES...
  • Parce que j’ai mal à l’âme du père clandestin qui peine dans un ghetto de Paris, avec des larmes qui irriguent à flots silencieux les fontaines où se régénèrent les pulsions mondaines. Parce que j’ai des douleurs au dos de la femme de ménage qui abroge sa silhouette vibrante et attendrie dans les arrière-salles des boulevards culinaires et bombesques, quand le maquignon sirote le bon vin, la main décidée sur les cuisses d’une vierge que lui a rétrocédé l'impuissance des ventres creux. Parce que je souffre d'une entorse au pied de cette fille de l’abandon déchirant des apatrides, marcheuse dans Pigalle comme une éructation de livraison d’où s’évaporent les détresses en même temps que les frissons soudains des rançonneurs impulsifs et fougueusement impatients de gicler en instincts sonores. Je pleure des yeux d'enfant éclaboussé de musiques mortes, riche d'indigences mais rayonnant comme une feuille de colère teintée d’espérances.

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

     

     

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    gala dittmar2

    Oeuvre Gala Dittmar

    https://www.galadittmar-photographie.com

     

     

     

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  • 05/19/17--17:35: LUZ CASAL - PIENSA EN MI

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