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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/20/17--13:35: JOURNAL, LE 20 MAI 2017
  • Lettres vives et langues mortes. Dans le petit coffre reposent quarante ans de correspondance. Quarante ans de signes. Les lettres d’amour dévoilent la généalogie et l’avancée d’une parole. Qui n’osait pas. Qui avait peur qu’on ne lui réponde pas. La lettre des amis brûlés par le temps où les symboles sont clos. La lettre des amis dispersés par le forsythia et la solitude du jardin dès lors. Quelques mots sur du papier : je pense à tes yeux, à tes mains... Quelques mots qui ouvraient la façade des saisons. Qui faisaient bruire dans l’escalier de bois la rumeur des bougies dans l’attente. Lettres vives retrouvées ce jour sur l’océan gelé de mai.

     

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    © PATRICK CHEMIN

    2017

     

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    LETTRES 2

     


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  • 05/21/17--09:28: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Elle sait les ponts sur l’eau rapide
    les voûtes végétales
    leurs mystères sonores
    l’estuaire toujours reculant
    l’amour et ses orages
    soudain lassés.

    Elle ne parle plus.
    Elle sait le rire étranglé
    le grondement des âmes
    et les fêlures
    miroirs brisés ou lézardes.

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

     

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    miroir2,


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    Je connais
    les matins sableux
    où la langue grince
    et s'empêtre
    où les mots n'ont de réalité
    que la lumière
    incertaine.

    Je connais ces rêves fous
    fixés sur une page mutilée,
    terre mise à nu
    labourée
    une fois de plus
    une fois de trop.

    Je suis du pays de ta voix
    et n'ai place
    en nul autre songe.



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    AGNES SCHNELL

     

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    AGNES1

     


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  • 05/21/17--09:37: ENFIN, LENTEMENT...
  • Il faut sortir des ombres
    de l'épaisseur des nuits
    dans l'indifférence
    des rêves trop étroits

    il nous faut sortir du sombre.
    Pénétrer dans le jour
    exister simplement
    dans la trace du geste
    dans la ligne posée.

     L'aube tarde.
    Du bronze de la nuit
    le vert émerge
    l'espace soudain élargi
    crée un besoin effréné
    d'étreindre.

      La branche taciturne
    l'en allée de l'eau
    paresseuse et lente
    rien ne retient celui qui cherche
    une floraison tardive.

    Rien    sinon une femme
    la première
    sur une toile
    fixée.

     Une femme
    nourrie de couleurs
    et d'encres
    nourrie de rêves et de visions
    autrefois née
    de la main d'un homme.

     L'attente, toujours répétée,
    la marche vers l'autre
    qui lui ressemble peut-être
    le tiennent tout entier.

     Le ciel est barbouillé
    de grands traits nocturnes
    qui s'attardent.
    Quelques vagues traversent
    l'abrupt des images.
    Sous un ciel mouvant
    le haut lieu inaccessible,
    les combes schisteuses
    où s'accrochent l'excès de hasards
    et cette lourde confusion
    qu'il lui faut quitter.

     La vie ramifiée
    les mouvements de sève
    le souffle
    par pulsions sauvages
    les traits un  à un déposés
    l'envahissent
    l'inondent.

     Les traits déposés
    en couches ailées
    habitent maintenant
    le jour inerte.

     

    .

     

     

    ©  AGNES SCHNELL

     

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    richard morris3

    Oeuvre Richard Morris

     

     

     

     


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  • 05/22/17--04:18: AMERS III...Extrait
  • Aux baies de marbre noir striées de blanches couvaisons
    La voile fut de sel, et la griffe légère. Et tant de ciel nous fut-il un songe ?
    Ecaille, douce écaille prise au masque divin,
    Et le sourire au loin sur l'eau des grandes lèpres interdites...

    Plus libre que la plume à l'éviction de l'aile,
    Plus libre que l'amour à l'évasion du soir,
    Tu vois ton ombre, sur l'eau mûre, quitte enfin de son âge,
    Et laisses l'ancre dire le droit parmi l'églogue sous-marine.

    Une plume blanche sur l'eau noire, une plume blanche vers la gloire
    Nous fit soudain ce très grand mal, d'être si blanche et telle, avant le soir...
    Plumes errantes sur l'eau noire, dépouilles du plus fort,
    Vous diront-elles, ô Soir, qui s'est accompli là ?

     

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    SAINT-JOHN PERSE

     

    .

    PERSE

    Photographie Emmila

     

     

     


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  • 05/22/17--04:19: PAROLE

  • La vie lourde battra à sa mesure la poussière
    Combien de blé cette année pour la saison
    Quelles gerbes à lier de désirs qu’on arrache à la haie
    Quelles tresses pour la paume nouées blessant
    La paresse d’été des moissonneurs
    On couche sur le sol les journées pour les glaneurs
    Ils sépareront le bon grain de l’ivraie
    La douceur des farines et le sec de la balle
    Le pain blanc pour la Ville
    Ce qui reste, aux oiseaux, en prévision de leur départ,
    A moi, la terre nue, pour y bâtir
    Ce fantôme de champ qui ondule
    Et le vent rien que
    Le vent

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    jules adolphe breton,

    Oeuvre Jules Breton


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  • 05/22/17--07:23: ERRI DE LUCA...Extrait
  • Notre mer, toi qui n'es pas aux cieux
    Et qui embrasses les rives de l'île
    Et du monde, avec ton sel,
    Que soit béni le fond de ton océan
    Tu accueilles les navires bondés
    Sans route sur tes ondes
    Les marins pêcheurs sortis dans la nuit
    Leurs filets parmi tes créatures
    Qui reviennent au matin avec pour prise
    Des naufragés sauvés.
    Notre mer qui n'est pas aux cieux
    A l'aube tu as la couleur du blé
    Au coucher du soleil, celle du raisin et des vendanges
    Nous t'avons semée de noyés plus
    Que n'importe quelle époque de tempête.
    Notre mer qui n'est pas aux cieux
    Tu es plus droite que la terre ferme
    Même quand tu soulèves des vagues hautes comme des murs
    Puis les jettes au tapis.
    Protège les vies, les voyageurs,
    Comme des feuilles sur un boulevard,
    Deviens pour eux un automne,
    De caresses, d'embrassades, un baiser sur le front,
    Aux mères, aux pères, avant de partir.

     

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    ERRI DE LUCA

     

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    emmila

    Photographie Emmila

     

     


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  • 05/22/17--07:29: LES SECRETS DE L'ECRITURE
  • Je n’écris pas pour quelques-uns retirés sous la lampe
    Ni pour les habitués d’une cité lacustre
    Pour l’écolier attentif à son cœur
    Non plus pour cet enfant paresseux qui sommeille
    Entre mes bras depuis cent ans
    Mais pour cet homme qui dépassé par l’orage
    N’entend pas la rumeur terrestre de son sang
    Ni l’herbe le flatter doucement au visage
    J’écris pour divulguer ce qui vient des saisons
    La neige pure ainsi qu’une main féminine
    Et le pollen éparpillé sur les gazons
    Aussi l’agneau qui fait le calme des montagnes
    J’écris pour dépasser la crue noire du temps
    Tandis que les oiseaux et les fleurs me précèdent
    À cette auberge au bord du ciel où les passants
    Trouvent des couches étoilées et des vaisselles
    Pleines de fruits et des soleils encourageants
    Mais reste au fond de moi le plus clair de ma vie
    Qui ne supporte pas le poids de la parole
    Ces mots d’amour qui ne seront jamais écrits
    Et la lumière de mon cœur toujours plus haute
    Aveuglante comme une poignée de sel gris.

     

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    RENE GUY CADOU

    9 Août 1944

    " Poèmes inédits, in Poésie la vie entière "

     

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    RENE GUY


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  • 05/22/17--07:45: CE MAROC..Extrait
  • ...

    Ma plaie
    où seule l'abeille trouve des fleurs neuves
    porte-moi loin de cet oubli battant
    et rampe
    pays pays je plie bagages
    ceux qui
    ajoutent du noir
    à leur cellule
    me voient partir
    pays pays où seule
    la terre
    se souvient et hurle
    quelle terreur couve
    sous ta colère.

     

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    MOHAMMED KHAÏR-EDDINE

     

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    tham90,,

    Oeuvre Thami Benkirane


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  • 05/22/17--13:08: RINA LASNIER...Extrait
  • On n’enterre pas le sang décharné de la servitude
    ni le sang désarmé de l’amour inutilisé ;
    on ne retire pas le cri de la bouche comme une clef,
    on ne suture pas la pierre fissurée d’une soif.
    La chaux vive du sang qui n'a point dormi,
    tu l'entendras liquéfier la dalle des morts,
    traverser ses étapes de neige étouffée
    et siffler en remarchant tout son hiver.
    On n'enterre pas le talon poudreux de la foudre
    ni la fureur tendre du fruit piétiné ;
    le sang retourné sur sa racine comme un décombre
    s'est armé tout droit d'une moisson fruste de couteaux...

     

    .

     

    RINA LASNIER

    http://lafreniere.over-blog.net/

     

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    sang monde

     

     


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  • 05/23/17--01:02: TEINDRE EN ROUGE
  • Teindre en rouge vos habitudes nouvelles
    Les sans-papiers
    les ex-bombardés
    les sans-paix
    les sans-amis
    les sans-amour
    les sans-famille
    les sans-abris
    les sans-pays
    tous des exilés
    à la recherche
    d’un don de soi
    de la part de l’autre
    d’une adoption
    d’un foyer accueillant
    de vêtements
    d’un travail
    confrontés souvent à une nouvelle langue
    incompréhensible
    pour eux
    ou à l'illettrisme
    une frontière de plus
    qu’ils voudraient
    détruire
    de manière à savoir communiquer
    parler librement
    et non pas être
    prisonniers de
    leur langue
    maternelle

    savoir revêtir
    sa propre garde-robe de mots
    de couleurs
    et la garde-robe hôte
    qui les couvrira
    pendant nos quatre saisons

    arrivés avec des murs
    dans la tête
    des frontières
    les séparant d’eux-mêmes
    de leurs proches
    de leurs rêves
    de l’ensemble de la composition
    de leur être
    ils ne se reconnaissent pas
    dans les grands espaces
    les nouvelles cultures
    ils sont placés au centre
    de ce qu’ils ne sont pas

    ouvrir leurs geôles
    teindre leurs
    nouvelles habitudes
    en rouge coquelicot
    ouvrir nos cercles
    pour qu’ils y ajoutent
    leur pan d’arc-en-ciel

     

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      MARIE CHOLETTE

    Québec, le 22 mai 2017

    https://fr-fr.facebook.com/cholette.marie

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    odile-escolier3,

    Odile Escolier


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  • 05/23/17--22:47: PATRICK CHEMIN...Extrait
  • Quand les mots s'envoleront du texte pour visiter la vallée aux mille mémoires. Quand j'aurai fini d'écrire, c'est à dire compter toutes les étoiles du ciel dans ces nuits profondes de l'été. Quand la grande valse brillante de l'herbe s'ouvrira aux mains du silence. J'aurai fait une part du chemin. Quand mes mots rejoindront la grande rivière des mots de tous les humains. J'aurai été utile un court instant. J'aurai joint ma voix aux chants des hommes. Et alors mon corps de passant pourra de nouveau s'incarner dans celui de ces ancêtres silencieux qui vivaient sur la montagne. Il est étrange à un moment donné de prendre la parole, il est étrange d'oser écrire. Ils sont étranges tous ces poèmes accumulés dans le lit des jours d'une vie. C'est sans doute que j'étais un marcheur et que le silence qui m'accompagne était un silence peuplé de mots. Alors quand ils s'envoleront vers vous mes amis c'est que j'aurai fait ma part du chemin

     

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    © PATRICK CHEMIN

    (2011)
    Texte inédit

     

     

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    patrick


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  • 05/25/17--04:19: RENE CHAR...Extrait
  • Oh la toujours plus rase solitude
    Des larmes qui montent aux cimes.

    Quand se déclare la débâcle
    Et qu'un vieil aigle sans pouvoir
    Voit revenir son assurance,
    Le bonheur s'élance à son tour,
    À flanc d'abîme les rattrape.

    Chasseur rival, tu n'as rien appris,
    Toi qui sans hâte me dépasses
    Dans la mort que je contredis.

     

    .

     

    RENE CHAR

     

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    char

     


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  • 05/26/17--00:17: LA BOITE A MUSIQUE...Extrait
  • Ce que je me dis à moi-même

    jamais ne passe mes lèvres

    de ce que je lis dans les livres

    ne naît pas l'oubli de mes peines



    or mes peines sont ordinaires

    pourquoi résisteraient-elles

    à la grâce d'un vol d'oiseaux

    sauvages au bord du ciel



    les oiseaux migrateurs sont loin

    la peine toujours se réveille

    et je ne peux tendre la main

    qu'à cette ombre inconnue qui m'appelle

     

    ...

     

    Je ne parlerai qu'à voix basse

    à mes fantômes familiers

    et de nos pas dans les allées

    incertaines du vieux vieux temps

    nul ne pourra suivre la trace



    les reflets au bord des étangs

    de nos misérables carcasses

    s'évanouissent comme passent

    les frêles amours les nuées

    les étincelles de la grâce



    Je ne parlerai qu'à voix basse

    et le coeur à peine battant

    à mes ombres dépossédées

    par le mirage des années

    incertaines du vieux vieux temps

     

     

    .

     

     

    JEAN-CLAUDE PIROTTE

     

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    mark briscoe

    Oeuvre Mark Briscoe


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    « Et nous aurons aimé le vin des rêves comme jamais, nous aurons vendangé les sourires et les regards, nous aurons parcouru la pénombre des anciennes venelles au pied des vignobles lumineux, nous aurons exploré les niches où dorment les plus improbables flacons de jaune, nous aurons mesuré jour après jour la véraison des grappes et l'allure des nuages, nous aurons habité les faubourgs autour desquels la vigne s'éveille et se range et verdoie sur les coteaux, nous aurons bu l'amour de climats en climats, de parcelle en parcelle, et nous saurons encore que la vigne voisine, sous la protection du clocher de Saint-Just, portait le nom de paradis, car il est l'heure, qui sait ? de parler au passé.

     

    ...

     

    Le vin, la littérature, la peinture, la musique, la philosophie même ne sont pas des ornements de la vie. Ils sont la vie même, qui n'est tissée que de confidences. Nous n'existons que dans l'à-peu-près, l'instable, le précaire et l'insoupçonnable. Nous ne pouvons compter que sur une planche de salut, où cependant nous redoutons de nous aventurer, car elle apparaît plus menacée, plus risquée encore, que nos certitudes mesquines et le sentiment taraudant de notre dépossession

     

    .....

     

    Je ne suis qu’un apatride, ou un émigré d’opinion. Plutôt qu’aux tropismes moutonniers du siècle, auxquels je suis viscéralement rebelle, je succombe à la seule élégie discrète des pays dont le lent effacement me bouleverse. Il y a, dans l’agonie des terroirs, un charme auquel l’épithète ineffable convient, c’est le charme des promenades de Nerval, des sourires masqués de Paul-Jean Toulet, des prénoms anachroniques des jeunes filles de Francis Jammes, et des chambres feutrées, des voix du silence, de Rodenbach.
    Cette promenade-ci, autour d’une cave née d’un songe, j’aurais aimé qu’elle pût ressembler aux tableaux d’une exposition de Moussorgski, interprétés pas Ivo Pogorelich. Cette lenteur indécise, ces contrastes éloignés de toute enflure, cette retenue au bord du silence, et ces martèlements sourds aux échos si profonds et si lointains qu’ils semblent émaner de la texture même de la nuit.
    Serait-il possible d’aller avec plus de lenteur encore, ce ne serait plus de la musique, mais du silence – une succession de silences habités comme on rêve que soient la littérature et la rencontre avec un vin sans égal et si confidentiel qu’il semble n’avoir mûri que pour se dévoiler hors du temps.

     

    ...

     

     

    En renonçant à l’art comme au vin, à la paresse comme à l’ivresse de l’inattendu, nous nous livrons à la commune terreur, nous nous faisons les complices de ces tueurs d’humanité que sont les fous messianiques, les hommes d’État vergogneux, les sbires des sectes nazies. On trouble les consciences comme on sulfite le vin. Les mercantis de la chose publique cadenassent l'esprit du peuple (mais quel peuple, hélas!) entre des parois d'amiante, comme naguère encore des négociants véreux filtraient ce qu'ils prétendaient être du vin à travers la même substance fatale en ajoutant du méthanol afin de « fixer» la mixture. La gueule de bois n'a pas fini de ravager les victimes de la démocratie dévoyée.

     

     

    .

     

    JEAN-CLAUDE PIROTTE

     

    .

     

     

    VIN LIVRES

     

     

     


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    A Maya...

     

     

    C'est un chat mourant qui m'observe

    il me demande guéris-moi
    toi l'homme à qui j'accorde foi
    il ne suffit pas de m'aimer

    à ta façon un peu distraite
    tu devrais pouvoir me soigner
    si tu étais ce dieu des bêtes
    que certains disent que tu es

    et je lui parle doucement
    maintenant au-delà des ans
    il est compagnon de mes veilles

    il est présent quand je m'éveille
    et je suis certain qu'il m'attend
    quelque part dans un creux du temps
    .
    .
    .
    .
    JEAN-CLAUDE PIROTTE
    .
    .
    .
    .
    .

    maya


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  • 05/26/17--04:43: PROPOS SUR LE VIN
  • J'aime le vin* parce qu'il m'est étrange, parce qu'il m'est familier,
     parce qu'il incompréhensible et fabuleux.
     J'aime le vin parce que je ne peux m'empêcher d'aimer les hommes.


    ...



    Je dirais: allant de cave en cave je me suis aperçu que je n'avais pas besoin de le boire pour
    aimer le vin.
    Je l'aimais déjà,
    je l'aimais avant de le goûter,
     je l'aimais avant de le connaître,
     je l'aimais avant de naître,
     je l'aimais avant que les poètes m'apprennent à l'aimer,
    je l'aimais avant que l'homme se décide enfin à cultiver, apprivoiser, choyer la vigne comme un trésor inespéré.
    Je l'aimais avant de savoir que la vigne porte des fruits, avant même que l'homme s'en avise


    ...

     


    J'aimerais bien raconter cette histoire: ma vie avec le vin.
    Je parle à mes amis: buvez du vin. Mais c'est à moi que je parle aussi:
    bois du vin, bois du vin ce soir et tous les soirs.
    Cependant, ne bois pas seul, jamais. Et ne bois qu'avec ceux que tu aimes.
    Ou encore, ne bois qu'avec celle que tu aimeras.
    Tu l'aimeras si le vin tout à coup scintille dans ses yeux,
    si la couleur du vin s'éveille entre les doigts qui s'approchent du verre,
    et si toi, brusquement, tu découvres en la regardant pencher un peu la tête
    et se sourire à elle-même, tu découvres au vin que tu croyais connaître
    des arômes sans précédents et des saveurs impossibles.
    Ce sera la musique du vin.
    Je crois, oui, je crois que la vie, le vin, ne cessent de nous ménager des surprises
    en nous restituant le passé, l'enfance, les belles images au détour d'une ruelle,
    ou dans l'éclat soudain de l'automne jaillissant d'un vignoble

     

    .

     

     

    JEAN-CLAUDE PIROTTE

     

    * Je tiens à rappeler que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé....!

    .

     

     

    OB DE LAIDET

    Oeuvre OB de Laidet

    https://www.obdelaidet.fr/peintures/le-vin-et-la-gastronomie


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    Mon navire est chargé de mémoire
    de milliers d'années de signes et de lieux
    du souvenir d'Ulysse qui refusa l'immortalité
    des ouvreurs de routes,
    des déchiffreurs d'univers,
    de toutes les libertés arrachées.

    Je salue les bardes, porteurs des mots de la tribu
    le clair parler françois, ma patrie,
    les poètes du monde, voleurs d'étoiles, brasseurs de nuages
    sachant, en tapis volant, remonter le temps
    Et chanter l'Amour et le souci.
    Le dernier souffle de la saga leur appartient.

    Au-delà de tous les désastres et de la mort
    à chaque naissance, le monde recommence.

     

    .

     

    GERARD CHALIAND

     

     

    .

     

     

     

    sebastien mehal

     

    Oeuvre Sébastien Méhal

    https://testmehal.wordpress.com/oeuvres/oeuvres/

     

     

     

     


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  • 05/27/17--11:11: CHANT II, L'APPARITION
  • D'aussi loin qu'on puisse voir, à travers des signes
    nous étions là, dans le brouillard du temps,
    saga si lointaine où nous sommes chasseurs et gibiers,
    sans autre mémoire que l'empreinte de mains sur des parois,
    était-ce pour marquer le passage,
    pour ne pas mourir ?

    Les silhouettes de bêtes familières à la vue,
    sur toute la terre, sont nos traces
    avec quelques ossements et des fragments de glaise durcie.

    Les dieux sont apparus, pour ordonner le chaos,
    faire travailler l'espèce humaine,
    établir le corset des lois, des interdits et du châtiment,
    conjurer la mort

    L'écriture  naissait au bord des grands fleuves nourriciers,
    avec le labour, le repiquage du riz
    aux rives du Nil, de l'Euphrate,
    au bord de l'Indus,
    du fleuve Jaune et du fleuve Rouge, aux digues chaque année refaites.

    La cité fondait l'Etat
    dans un monde inégal, où règnent les puissants
    Les despotes se prétendent divins
    et se prolongent dans une mort célébrée par des pierres et des hymnes.

     

    Tout est régi par la force et la crainte,
    le perdant devient esclave.
    Malheur aux vaincus !
    Ainsi se font et défont les empires.

    Je me souviens des oies sauvages des nécropoles de Thèbes,
    prenant leur vol, au dessus du bleu des lotus.
    De Gilgamesh, à la recherche de son ami disparu,
    voulant savoir le secret de l'au-delà.
    Tout ce que tu as eu de cher,
    que tu as caressé et qui plaisait à ton coeur,
    est aujourd'hui couvert de poussière,
    tout cela dans la poussière est plongé
    Le fil du destin mène de la nuit à la nuit,
    et les jours fugitifs sont à toi.

     

     

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    GERARD CHALIAND

     

     

    .

    MEMOIRE


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