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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    8000 ème message de ce blog...Merci à tous pour votre constance !

     

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  • 05/27/17--22:53: JOEL GRENIER
  • Au jardin de l'improbable, j'avais planté le clou. Rien n'a su pousser qu'une clé des songes sur un fond de soleil. Il suffisait de pousser le cœur, tout était ouvert, et le toi profond et le moi d'été, journée porte ouverte.
    Il a fallu que je me suspende à un coin de tes yeux pour comprendre à la fin qu'il n'y avait pas de serrure.
    La clé ne servait, à la vérité, qu'à garder le secret.

     

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    JOEL GRENIER

     

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    vieille-clé


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  • 05/28/17--01:13: LE PLUS BEAU TEMPS DU MONDE
  •  L’été respire au bout de ce récif de toits,

    L’été de ton amour plein de mélancolie,
    L’été qu’on voit mourir un peu dans chaque jour
    Qui roule jusqu’ici ses falaises de suie.
    Églogue fatiguée, l’on entend la chanson
    Très pure d’un oiseau au milieu du silence.
    Regarde s’enfuir le plus beau temps de la vie,
    Le plus beau temps du cœur, la mortelle saison
    De la jeunesse aux noirs poisons. Voici la route,
    Ce saut de feu dans le délire des cigales
    Et de bons parapets pour reposer tes bras.
    Dans le ciel campagnard meurt le maigre charroi,
    S’envolent les décors barbares des passions :
    Petits balcons de fer écumant d’églantines,
    Escalades des murs titubants, dérision
    Des dorures, outremer houleux des orages.
    Tu ne reconnais plus ces folles mousselines
    Dans tout ce bleu que fait resplendir sans raison
    Chaque matin, parmi plusieurs enfantillages,
    L’été de ton amour, la saison du bonheur.

    Tu regardes s’enfuir le plus beau temps du monde.

     

     

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    ALBERT AYGUESPARSE

     

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    Fatat Bahmad8,

    Oeuvre Fatat Bahmad

    https://fr-fr.facebook.com/fatatbahmadart/


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  • 05/28/17--02:01: CESARE...
  • Des pensées pour mon petit Césare qui fête ses 9 ans aujourd'hui

     

     

    Ô que c’est long d’aimer sans voir ce que l’on aime…
    De caresser une ombre et de sourire au mur
    Et de s’interroger si l’Autre fait de même
    Et se sent dans le cœur je ne sais quel fruit mûr
    Qui crève de tristesse et d’espérance extrême.

     

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    PAUL VALERY

     

    ..

     

    cesare 2

    " Moana " Tableau à Césare Ortoli

    par Caroline Ortoli ( 2009 )

    .

     

    Tu penses à quoi ?
    A ma voix sur le fil quand je cherche ta voix ?
    A toi qui t’enfuyais quand j’allais te connaître ?
    A tout ce que je sais de toi et à ce que tu crois ?
    A ce que je connais de toi sans te connaître ?

     

     Tu penses à quoi ? Tu penses à quoi, dis ?
    A moi ? Des fois ?…
    Je t’aime !

     .

     ..

     

    LEO FERRE

    .

     ..

     

    CE3,,

     

     

     

     

     

     

     


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  • 05/28/17--02:17: Ô MERE !
  • Merci à toi Mokhtar pour ce beau poème ...

     

     

    Ô Mère !
    Lait toujours ascendant,
    Voyageur
    Dans mes étoiles nécessaires
    Conjuguées aux distances blessées de mon cri !
    Ciel de mes yeux, yeux de mon ciel
    Recousu de ses blessures larmoyantes
    Pour reporter, de ta lymphe triomphante,
    Ma folle errance et mes agonies !
    Tu es les arbres candélabres
    Qui m’éclairent tous ces chemins inextricables
    De mes lourdes litanies d’incompris
    Trébuchant de tant de chaînes,
    Ombre prévenant mon possible aveuglement,
    Seins aux aguets pour me rassurer,
    Pour m’arracher au plus profond
    De mes sauts anéantis
    Et me faire renaître, entier,
    Dans ton feu jamais brûlant,
    M’offrant la juste chaleur
    De ces mains des ans
    Qui me caressent de leurs attentes,
    De ce sang toujours prêt à me reprendre
    De mes jours soliloques d’exilé
    Sans échos !

     

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    MOKHTAR EL AMRAOUI

    " Le souffle des ressacs"

     

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    mam ete 1956,

    Mam


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  • 05/28/17--05:18: LE CYGNE
  • Dans toute société, soit des animaux, soit des hommes, la violence fit les tyrans, la douce autorité fait les Rois : le lion et le tigre sur la terre, l’aigle et le vautour dans les airs, ne règnent que par la guerre, ne dominent que par l’abus de la force et par la cruauté ; au lieu que le cygne règne sur les eaux à tous les titres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur ; avec des puissances, des forces, du courage et la volonté de n’en pas abuser, et de ne les employer que pour la défense : Il sait combattre et vaincre, sans jamais attaquer; Roi paisible des oiseaux d’eau, il brave les tyrans de l’air (…).
    -
    Les grâces de la figure, la beauté de la forme répondent, dans le cygne, à la douceur du naturel; il plaît à tous les yeux, il décore, embellit tous les lieux qu'il fréquente; on l'aime, on l'applaudit, on l'admire; nulle espèce ne le mérite mieux; la nature en effet n'a répandu sur aucune autant de ces grâces nobles et douces qui nous rappellent l'idée de ses plus charmants ouvrages: coupe de corps élégante, formes arrondies, gracieux contours, blancheur éclatante et pure , mouvements flexibles et ressentis, attitudes tantôt animées ,tantôt laissées dans un mol abandon; tout dans le cygne respire la volupté, l'enchantement que nous font éprouver les grâces et la beauté, tout justifie la spirituelle et riante mythologie, d'avoir donné ce charmant oiseau pour père à la plus belle des mortelles.
    -
    À sa noble aisance, à la facilité, la liberté de ses mouvements sur l'eau, on doit le reconnaître, non seulement comme le premier des navigateurs ailés, mais comme le plus beau modèle que la nature nous ait offert pour l'art de la navigation. Son cou élevé et sa poitrine relevée et arrondie semblent en effet figurer la proue du navire fendant l'onde; son large estomac en représente la carène; son corps, penché en avant pour cingler, se redresse à l'arrière et se relève en poupe; la queue est un vrai gouvernail; les pieds sont de larges rames, et ses grandes ailes, demi ouvertes au vent et doucement enflées, sont les voiles qui poussent le vaisseau vivant, navire et pilote à la fois.

     

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    GEORGES-LOUIS LECLERC BUFFON

    Extrait de Histoire naturelle, Tome IX

     

     

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    cygne


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  • 05/28/17--06:12: EL MALTRATO ANIMAL
  • affiche


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  • 05/28/17--12:18: LES ESPACES DU SOMMEIL
  • Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
    du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
    Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende
    cachées dans les fourrés.
    Il y a toi.
    Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l’assassin
    et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère
    et celle de la lanterne du chiffonnier.
    Il y a toi.
    Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays
    où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule
    et les premiers frissons de l’aube.
    Il y a toi.
    Un air de piano, un éclat de voix.
    Une porte claque. Une horloge.
    Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
    Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
    Il y a toi l’immolée, toi que j’attends.
    Parfois d’étranges figures naissent à l’instant du sommeil et disparaissent.
    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent
    et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
    Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
    Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
    Et l’âme palpable de l’étendue.
    Et les parfums du ciel et des étoiles et le chant du coq d’il y a 2 000 ans
    et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
    Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
    et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
    Il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire.
    Mais qui, présente dans mes rêves, t’obstines à s’y laisser deviner sans y paraître.
    Toi qui restes insaisissable dans la réalité et dans le rêve.
    Toi qui m’appartiens de par ma volonté de te posséder en illusion
    mais qui n’approches ton visage du mien que mes yeux clos
    aussi bien au rêve qu’à la réalité.
    Toi qu’en dépit d’une rhétorique facile où le flot meurt sur les plages,
    où la corneille vole dans des usines en ruines,
    où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
    Toi qui es à la base de mes rêves et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
    et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
    Dans la nuit, il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer,
    des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
    des poumons de millions et millions d’êtres.
    Dans la nuit il y a les merveilles du monde.
    Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens mais il y a le sommeil.
    Dans la nuit il y a toi.
    Dans le jour aussi.


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    ROBERT DESNOS

     

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    Mikko Lagerstedt2

    Oeuvre  Mikko Lagerstedt
    https://www.facebook.com/pg/mikkolagerstedt/photos/


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  • 05/29/17--23:09: LE SIECLE DE LA PEUR
  •  Quelque chose en nous a été détruit par le spectacle des années que nous venons de passer. Et ce quelque chose est cette éternelle confiance de l'homme, qui lui a toujours fait croire qu'on pouvait tirer d'un autre homme des réactions humaines en lui parlant le langage de l'humanité. Nous avons vu mentir, avilir, tuer, déporter, torturer, et à chaque fois il n'était pas possible de persuader ceux qui le faisaient de ne pas le faire, parce qu'ils étaient sûrs d'eux et parce qu'on ne persuade pas une abstraction, c'est-à-dire le représentant d'une idéologie

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    ALBERT CAMUS

     

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    torture2

    Trois courageux sionistes torturant une femme palestinienne...

     


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    Si j’écris un vers à même le songe de ta peau. Ce sera pour ton dos. C’est beau la cambrure des mots. Si j’écris un vers qui tombe dans le verbe de tes seins ce sera un poème jumeau et serein.
    Si j’écris au pied de la cathédrale de ton âme ce sera pour le vitrail de tes yeux et pour la patience de la flamme.
    Si j’écris un vers pour tes collines de lumière ce sera la frondaison du désir et le vin de résines. Si j’écris un vers à l’oreille des sources ce sera la pente et les frissons.
    Si j’écris un mot sur tes cuisses ce sera de l’eau sur le givre. Et si je rejoins l’opacité de tes brumes je pourrai dormir dans le silence et poser ma tête sur ton cœur. Et si j’écris un vers tombé dans le verbe de ton ventre je saurai le parcours imaginaire de ces enfants de pluie et d’argile.
    Si j’écris des mots dans l’incendie de tes cheveux je saurai faire la part du feu. Et si j’écris sur l’Unique de ton corps je pourrai deviner l’immensité et le pluriel de tous les amours du monde.

     

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    © PATRICK CHEMIN

    2012

     

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    sir-william-russell-flint

    Oeuvre Sir William Russell Flint


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  • 05/30/17--00:47: LA VIE RÊVEE...Extrait
  • Tu peux bien m'enfermer
    Dans la neige et les fleurs,
    Me défendre d'aimer
    Une saison nouvelle.
    Je regarde le ciel
    Et je te porte en moi.

    Tu sauves les vergers.
    Ton rire mieux qu'une aile
    Apprivoise en passant
    Une étoile égarée.
    Les lièvres les oiseaux
    Boivent dans tes prunelles.

    Tu es toute la vie,
    La glaise et le feuillage.
    Si j'écarte le vent
    Je trouve ton visage
    Dormant comme un ruisseau
    Plein de frai lumineux
    Ta main va se poser

    Sur ma plus haute branche.
    Tu plantes des bleuets
    Tout autour de mes yeux.
    L'océan accompagne
    Au loin ta robe blanche.

     

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    RENE-GUY CADOU

     

     

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    williamrussellflint-original

    Oeuvre William Russell Flint

     

     

     

     


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  • 05/31/17--00:13: SOURCIERS
  • J'aime les sourciers qui percent le secret des mondes,
    Échappent aux croûtes mortelles, aux rigidités stériles, aux sécheresses exemplaires,
    À tout ce qui retient la vie
    Et l'empêche de se transformer.

    J'aime les sourciers
    Qui savent prendre des risques,
    Emprunter des chemins audacieux
    Pour contourner le poids des murailles
    Des habitudes et des morales.

    J'aime les sourciers
    Qui font voler en éclat les portes du temple,
    Qui n'ont pas peur d'eux-mêmes
    Ni du regard inquiet qui les fige.

    Ils savent trouver passage,
    Ils connaissent la brèche
    Où le vieux monde s'anime
    Et s'élance à nouveau.

    J'aime les sourciers
    Dans chaque groupe,
    Dans chaque clan
    Dans chaque religion
    Dans chaque famille :
    Ils ont payé le prix fort
    Pour que le sang circule,
    Pour que la vie l'emporte,
    Que l'eau irrigue les bras morts.

    J'aime les sourciers et leur jeunesse,
    J'aime leur descendance innombrable
    Même s'ils n'ont pas eu d'enfants.
    J'aime qu'ils brûlent leur vie,
    Qu'ils ne comptent pour rien leur existence
    Au regard de cela qui les sauve
    Les rend impérissables,
    A jamais fraternels.

     

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    JEAN LAVOUE

    www.enfancedesarbres.com

     

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    DEEDRA LUDWIG10,

    Oeuvre Deedra Ludwig


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  • 05/31/17--06:33: GESTES...Extrait
  • Parfois les mots viennent tout seuls presque, comme les feuilles
    aux arbres –
    bien sûr, les racines, invisibles, la terre, le soleil, l’eau ont aidé
    à cela,
    et aussi les feuilles pourries du passé. Les idées, plus tard,
    viennent facilement par-dessus, comme sur les feuilles les araignées,
    la poussière
    et les gouttes de rosée scintillant d’une lumière équivoque.
    Sous les feuilles une petite fille éventre sa poupée nue ;
    une goutte de rosée tombe sur ses cheveux ; elle lève la tête, elle
    ne voit rien ;
    et seulement cette transparence froide de la goutte, diluée dans
    son corps entier.

     

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    YANNIS RITSOS

     Traduction Chrysa Prokopaki et Antoine Vitez

     

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    berthe-morisot

    Oeuvre Berthe Morisot


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  • 05/31/17--06:58: A THIERRY METZ
  • J’habite un rêve sans fin
    une maison ouverte aux vents de passage
    un espace sans cesse menacé

    j’habite un temps ennuagé
    une saison hasardeuse
    un temps voilé de silence

    les routes ne conduisent plus
    n’innervent plus la vie en boule

    ta voix me saisit…

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    metz

    Thierry Metz


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  • 05/31/17--07:34: ECCE HOMO...Extraits
  • J'ai vu l'homme.
    Je n'ai pas vu l'homme comme la mouette, vague au ventre, qui file rapide sur la mer indéfinie.
    J'ai vu l'homme à la torche faible, ployé, et qui cherchait

    ...

    Je n'ai pas entendu le chant de l'homme, le chant de la contemplation des mondes, le chant de la sphère, le chant de l'immensité, le chant de l'éternelle attente.
    Mais j'ai entendu son chant comme une dérision, comme un spasme.

    ...

     
    C'était donc bien lui, lui, toujours l'homme, l'homme gonflé de soi, mais pourtant embarrassé et qui veut se parfaire et qui tâtonne, essayant de souder son clair et son obscur.

    Avec de plus longs cheveux et des façons de liane, c'était toujours le même à la pente funeste, l'homme empiétant qui médite de peser sur votre destin.

    J'ai vu l'époque, l'époque tumultueuse
    et mauvaise travaillée par les hormones de la haine et des pulsions de la domination, l'époque destinée à devenir fameuse, à devenir l'Histoire, qui s'y chamarrerait de l'envers de nos misères, mais c'était toujours lui, ça tapait toujours sur le même clou.
    Des millions de son espèce vouée au malheur entraient en indignation au même moment et se sentaient avoir raison avec violence, prêts à soulever le monde, mais c'était pour le soulever sur les épaules brisées d'autres hommes.

    La guerre! L'homme, toujours lui, l'homme à la tête de chiffres et de supputations sentant la voûte de sa vie d'adulte sans issue et qui veut se donner un peu d'air, qui veut donner un peu de jeu à ses mouvements étroits, et voulant se dégager, davantage se coince.

    La Science, l'homme encore, c'était signé.
    La science aime les pigeons décérébrés, les machines nettes et tristes, nettes et tristes comme un thermocautère sectionnant un viscère cependant que le malade écrasé d'éther gît dans un fond lointain et indifférent.

    Et c'étaient les philosophies de l'animal le moins philosophique du monde, des ies et des ismes ensevelissant de jeunes corps dans de vieilles draperies, mais quelque chose d'alerte aussi et c'était l'homme nouveau, l'homme insatisfait, à la pensée caféinée, infatigablement espérant qui tendait les bras. (Vers quoi les bras ne peuvent-ils se tendre?)

    Et c'était la paix, la paix assurément, un jour, bientôt, la paix comme il y en eut déjà des millions, une paix d'hommes, une paix qui n'obturerait rien.

    Voici que la paix s'avance semblable à un basset pleuretique et l'homme plancton, l'homme plus nombreux que jamais, l'homme un instant excédé, qui attend toujours et voudrait un peu de lumière...

     

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    HENRI MICHAUX

     " L'espace du dedans "

     

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    Lahrach Abdesslam2

    Oeuvre Larach Abdesslam

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Sens…vous avez dit « sens » ?

    Y a-t-il un sens à la quête de sens de l’Homme ? Et si sa quête de sens était une quête de sens interdit ?

    Comment interpréter la présence, chez l’Homme, de la conscience ?

    La conscience humaine, n’est-ce pas d’abord une manière de se tenir hors du monde, hors de tout ?
    N’est-ce pas, d’abord, le sentiment d’une radicale séparation ?
    D’une altérité qui pousse à harceler le monde, vu comme extérieur, de questions, quand ce
    n’est pas  à se harceler soi-même de questions sur soi-même ?

     Il y aura peut-être quelque chose qui subsistera de nous.
    Une mémoire que les choses auront gardé de notre présence, de notre interaction avec elles.
    Une à peine sensible modification, due à notre (éphémère, toute passagère) turbulence .
    Notre façon de nous inscrire dans le monde est double : en plein et en creux.

     L’absence ?
    Une version impalpable, inversée de la présence.

     La conscience aide-t-elle notre présence à nous-mêmes et au monde ? J’en doute.
    Entre les présences absentes et les absences trop présentes
    on se débrouille comme on peut !

     Que peut représenter la conscience d’être pour l’entité qui est ?

    L’être dénué de conscience de son propre être est-il en état de manque ?
    Prendre conscience de son être.
    Est-ce un plus ? Une complication ?

    L’Homme est un être conscient.
    Et le monde ? Est-il conscient de lui-même ?
    Ou a-t-il donnéà l’Homme pour mission de lui révéler qu’il peut l’être ?

    Toute présence traîne autour de ses contours une aura d’absence.
     Vice versa.
    Toute absence peut être vue comme l’empreinte, le modelage en creux d’une présence évanouie (ou inavouée).

    Le tout n’est jamais égal à la somme de ses parties. Quel fascinant axiome !

     C’est bien vrai qu’il existe des absents qui ont une sacrée présence.
    A tel degré que les présents, du coup, se demandent s’ils ne sont pas absents !

     

     

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    PATRICIA LARANCO

     

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    paul wonner,

    Oeuvre Paul Wonner


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  • 06/01/17--11:46: DEDICACE
  • Au politique de charge, couard façonnier du verbe haut
    Indu et imbu de bluff, rapace de ses ailerons de gerfaut
    Maître dans l’art de convertir la plaisanterie mortifiante
    En requête initiale des valeurs bêtes dites constantes

    Au diplomate truqué de chics qui musarde le culot
    Dans les hauts lieux des enjeux et de l’hypocrisie
    Cravate pendante de sa mine pimbêche de Godillot
    Et qui guinche luron comme un Arlequin de comédie

    Aux avocats fesse-mathieux, façonniers de l’esquive
    Hâbleurs confirmés dans les calculs ascensionnels
    Et les vilenies en tournures envisagées ou casuelles
    plaidoyers vains des girons envahis d’hivers en dérive.

    Au Wali en fla-fla relevé de croûte et d’éloges confortés
    Légataire du bakchich et des interdits étrécis en alacrités
    Aux sponsors scrofuleux et pourvoyeurs du réseau
    Des entraves, du pasdaran, du flic et des bourreaux

    À l’oppression qui nous revient effroyablement féroce
    Appuyée du nul et non avenu du démocrate de farce
    Adapté lâche aux banques des combines coordonnées
    Capet barbare des nervis chauffés et barbouzes acharnés

    Aux pauvres hères dociles, mous, mal séduits et soumis
    Zouaves piètres, pitres chauffés nûment en tiers ennemis
    Aux intellos de la retenue, pénitents hideux du narthex
    À vous prieurs et jeûneurs roulant la pensée de l’index

    À la raison isolée, renversée et reculée dans l’horrible destin. À la mer qui rejette des cadavres froids, cloqués mais exultant le lexique insultant des muftis où cogitent le malin et le crétin. Au musicien du quatuor, peaufiné dans les crescendos de son intérieur qui du doigt appuyé sur la corde fait révolter la lueur des percussions dévotes des cuivres sous la clameur d’un si mineur. C’est vers les violons que se déchaînent en hordes les biles et fiels des prudes. Au poète avant-gardiste, rieur averti des ruses des tribuns. Qu’il soit maudit de ses propres quatrains, excommunié et interdit des tribunes consacrées à l’imposture des mémoires corrompues par une sociologie particulière qui manigance l’homme contemporain. À l’offertoire des messes où les idoles rentables habillent Jésus d’un sentiment d’appartenance, développé pour actionner les revues à grands spectacles qui font danser Bouddha dans une longue jupe de tartan sous le son aigu d’une cornemuse. À la publicité qui conditionne les réflexes afin de servir la torture comme on offre une descente de lit à un maquignon qui dort les pieds scellés dans des bottes de caoutchouc. À tous les sacrifices qui bouillonnent comme des neurones en ébullition dans le comité central des ancêtres. À tous les tireurs de ficelles, qu’ils reprennent leur manuel du piège, des compromis et des abdications car enfin, le To be or not to be n’est plus la question.

     

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    DJAFFAR  BENMESBAH

     

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    MAGRITTE2

    Oeuvre René Magritte

     

     


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  • 06/01/17--14:10: SOLOGNITUDE
  • S’est accroché aux arbres ce drap bleu, clair, presque blanc
    Fait pour un lit d’enfant, sa naïveté de ciel pur,
    On y pressent
    Des nuages de soie et des poupées
    Le monde, juste en dessous,
    Ne fait aucun effort mélange des vacarmes et des murmures
    Le zinzillement des tondeuses le klaxon des voitures
    Un peu de folies d’hommes des aboiements
    Regarde
    Passer la vie
    Avec les yeux
    Et n’y touche pas

     

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    ALEXO XENIDIS

     

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    DRAP ARBRE2


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  • 06/02/17--08:33: LIGNES DE LA MAIN
  • Comme émeuvent aussi les lignes de la main
    un dessin grêle et fragile
    la mémoire ou l'empreinte d'un filigrane
    et loin d'un tracé qui en saurait plus que nous sur notre destin
    des rides peut-être, précoces
    mais sans accompagnement de peur,

     

    comme elles un vol noir au loin fane le ciel.

     

     

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    JUDITH CHAVANNE

     

     

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    messager-annette

    Oeuvre Annette Messager


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