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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 07/02/17--01:10: SEUIL D'ERRANCE...Extrait
  • Je construis une balance
    pour équilibrer
    la norme et la folie
    le pendule et le chant du coq
    la parole d’explication et la poésie
    le travail inutile et l’oisiveté vitale
    l’obligation et l’acte libre
    l’usure et l’aumône

    Je construis une balance
    pour peser la glace
    et sa combustion
    le privilège et la misère ambulante
    dans le labyrinthe global
    dans l’impasse de l’arnaque
    sur la place des propagandes
    au jardin des pendus
    au cimetière disparu
    dans l’éclair et le tonnerre

    Je construis une balance
    pour le bourreau des lucioles
    et le jardinier de la nuit
    le sobre explorateur de lunes
    et le marcheur ivre lacté

    Je construis une balance
    sans hâte puisqu’il y a urgence
    pour peser la pierre et la parole

     

    .

     

     

    JORGE TORRES MEDINA

     

     

    .

     

    MEDINA2,

     


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  • 07/02/17--02:05: YVES BONNEFOY...Extrait
  • Nous plongions nos mains dans le langage,
    Elles y prirent des mots dont nous ne sûmes
    Que faire, n’étant rien que nos désirs.
    Cette eau, notre espérance.
    D’autres sauront chercher à plus profond
    Un nouveau ciel, une nouvelle terre.

     

    .

     

     


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  • 07/02/17--02:06: NIZAR QABBANI
  • " Je bruis de tes mots, de ton souvenir, comme se gargarise de ses eaux la fontaine de la maison andalouse. Je ne peux plus garder ton prénom pour moi. Que peut faire la rose de son parfum, que peuvent faire les champs de leurs épis, le paon de sa queue et la lampe ancienne de son huile? Les gens te voient en goutte de pluie sur mon épaule, en bouton doréà la manche de ma chemise, en livre sacré accrochéà mon porte-clés, en blessure oubliée sur les rives de mes lèvres: non je ne peux plus te cacher a personne. Trahi par la touffeur de l'herbe dans ma bouche, le monde entier découvre que je t'ai embrassée..."

     

    .

     

     

    NIZAR QABBANI

     

     

    .

     

     

    wasma al agha

    Oeuvre Wasma Al Agha

     


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  • 07/02/17--08:31: J'ENTENDS BOUGER
  • J'entends bouger
    la part secrète en moi
    d'une musique dédiée
    à ma naissance,

    comme un envol
    pour des choses d'éternité
    dont je ne comprends rien

    si ce n'est la cueillette d'un sourire
    ou d'un enchantement
    sur un visage aimé...

     

    .

     

     

    BERNARD PERROY

     

     

    .

    bernard 2

     


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    ...

    La terre comme chose

    - l’homme comme propriétaire de cette chose  -,

    l’utilisation de la Terre et de toutes les créatures

    comme exercice du droit absolu de propriété.

    L’établissement de territoires, l’exploitation de la terre,

    la déportation et l’utilisation des peuples

      - des êtres doués ou non de parole -

    découlent de cette croyance délictueuse :

    à savoir que la vie est une chose

      - au lieu d’un souffle et d’un songe -,

    et que la propriété (sur ce souffle et ce songe) est un droit.

    Alors qu’il s’agit d’un abus

      - un terrible désordre qui va croissant et dont la spirale se nourrit d’elle-même -

     

    ...

     

     

    .

     

     

    ANNA MARIA ORTESE

     

     

    .

    terre


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     Je considère les Animaux comme des Petites Personnes, des “frères” différents de l’homme, des créatures dotées d’un visage, de beaux et bons yeux qui expriment une pensée, et d’une sensibilité enclose, mais qui a la même valeur que la sensibilité et la pensée humaines

    ...

     

    Torturer ou tuer la vie vivante, c’est se mettre du côté de la non-vie, du côté des cavernes ou des apocalypses. Qui aime vraiment l’homme l’aime tout entier, avec ses oiseaux et ses racines de rêve.

    ...

    En quantité désormais apocalyptique, ils voyagent sur toute la terre dans des wagons plombés où ils perdent connaissance, pleurent ou meurent comme, autrefois, les prisonniers de guerre ; puis, s’ils parviennent à rejoindre les abattoirs, ils sont introduits dans des machines à tuer d’où ils sortent déjà prêts pour les restaurants de luxe ou les sandwicheries. Notre ventre, le ventre de cette génération occupée à la satisfaction la plus complète possible de sa propre liberté physique — et ceci d’un continent à l’autre —, se nourrit et se satisfait délicieusement de l’horreur subie par les animaux. Combien d’animaux ? On ne peut plus les compter.

    ...

    Et un jour, alors que j’étais une petite fille, j’ai vu un charretier furibond descendre de sa charrette, saisir le cheval par la bride et cracher à plusieurs reprises dans ces yeux dolents ! Je n’ai plus aimé les hommes, à partir de ce moment. Ni même les enfants. Ou plus aussi facilement. Pour moi, les uns et les autres, tant que je ne les observe pas dans leurs relations avec la nature, sont de simples formes humaines, et je ne m’exclamerais jamais, comme le pape Wojtyla : quel respect devant le mot « homme » ! Non, je n’ai aucun respect pour l’homme incapable d’admiration, d’égards et de pitié pour la terre et pour tous ses enfants. Et surtout pas d’admiration. Je n’admire pas l’homme de la marmite

    ...

     

    On ne dit pas des animaux, ces âmes vivantes – tel est leur nom dans les textes sacrés -, qu’ils occupent désormais l’échelon le plus bas de toute la vie vivante, et que leur malheur, leur asservissement, leur douleur, autrefois fortuits, sont aujourd’hui savamment programmés par l’industrie; et nous voyons, à chaque instant de leur vie muette, assujettis à l’infâme programmation de la vie – une minuscule portion de vie – humaine, à la programmation de l’homme tout puissant. Élevages, abattoirs, laboratoires, jeux indignes, sacrifices qui n’ont de religieux que l’apparence – en réalité, sadiques -, mauvais traitements, divertissements, et pour finir, absence totale, pour eux, d’un semblant de protection légale : réduits à des objets, eux, des âmes vivantes, et leur vie en tout point identique à l’enfer que l’homme craignait et qu’il a désormais pleinement réalisé. Qu’il a réalisé pour les plus faibles.

     

    ...

     

    Je le répète, je ne m’y connais pas en médecine, et je ne suis pas sûre que la pratique de la vivisection soit vraiment indispensable à l’étude des maladies qui menacent l’humanité ; en revanche, je m’y connais un peu en mots, et en leur signification. La vivisection (…) est une expérience scientifique (et elle peut aussi ne pas être scientifique, mais dictée par la simple curiosité) faite en sectionnant des animaux vivants, avec l’aide, ou non, d’anesthésiques.

    La vivisection n’est rien d’autre.

    ...

     

    Ces dernières années il m’est arrivé plus d’une fois d’être amenée à prononcer le mot « esprit »* et de voir soudain apparaître, sur le visage des personnes présentes, de haute ou moyenne culture, une crispation, quand ce n’était pas une grimace irritée ou soupçonneuse, qui se transformait aisément en agressivité.

    Invitée à clarifier le sens que je donnais à ce mot, certains, imaginant que je me débattais dans des difficultés verbales, venaient aimablement me voir, sollicitant une explication liée à une philosophie de la nature à laquelle je ne pensais absolument pas, alors que d’autres,plus intelligents, ou ayant tout de suite compris ce que j’entendais par ce mot, manifestaient ouvertement leur indignation : bref, les uns comme les autres m’accusait des choses les plus étranges : tantôt de ne pas être au courant des dernières découvertes scientifiques, tantôt de ne pas avoir tenu compte des derniers chapitres en matière de philosophie, tantôt, et j’utilise les termes exacts de cette dernière accusation, d’utiliser des mots qui n’ont plus aucun sens, ni dans la langue italienne, ni dans n’importe quelle langue moderne.

     

    * A propos des animaux....Les petites personnes ...

    .

     

     

    ANNA MARIA ORTESE

    Traduction Marguerite Pozzoli

     

     

    .

    .

     

    ANNA MARIA2

     

    .

     


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  • 07/02/17--17:19: TU VERRAS...
  • Ah, tu verras, tu verras
    Tout recommencera, tu verras, tu verras
    L'amour c'est fait pour ça, tu verras, tu verras
    Je ferai plus le con, j'apprendrai ma leçon
    Sur le bout de tes doigts, tu verras, tu verras
    Tu l'auras, ta maison avec des tuiles bleues
    Des croisées d'hortensias, des palmiers plein les cieux
    Des hivers crépitants, près du chat angora
    Et je m'endormirai, tu verras, tu verras
    Le devoir accompli, couché tout contre toi
    Avec dans mes greniers, mes caves et mes toits
    Tous les rêves du monde

    Ah, tu verras, tu verras
    Tout recommencera, tu verras, tu verras
    La vie, c'est fait pour ça, tu verras, tu verras
    Tu verras mon stylo emplumé de soleil
    Neiger sur le papier l'archange du réveil
    Je me réveillerai, tu verras, tu verras
    Tout rayé de soleil, ah, le joli forçat!
    Et j'irai réveiller le bonheur dans ses draps
    Je crèv'rai son sommeil, tu verras, tu verras
    Je crèv'rai le sommier, tu verras, tu verras
    En t'inventant l'amour dans le cœur de mes bras
    Jusqu'au matin du monde

    Ah, tu verras, tu verras
    Tout recommencera, tu verras, tu verras
    Le diable est fait pour ça, tu verras, tu verras
    Je ferai le voyou, tu verras, tu verras
    Je boirai comme un trou et qui vivra mourra
    Tu me ramasseras dans tes yeux de rosée
    Et je t'insulterai dans du verre brisé
    Je serai fou furieux, tu verras, tu verras
    Contre toi, contre tous, et surtout contre moi
    La porte de mon cœur grondera, sautera
    Car la poudre et la foudre, c'est fait pour que les rats
    Envahissent le monde

    Ah, tu verras, tu verras
    Tout recommencera, tu verras, tu verras
    Mozart est fait pour ça, tu verras, entendras
    Tu verras notre enfant étoilé de sueur
    S'endormir gentiment à l'ombre de ses sœurs
    Et revenir vers nous scintillant de vigueur
    Tu verras mon ami dans les os de mes bras
    Craquer du fin bonheur de se sentir aidé
    Tu me verras, chérie, allumer des clartés
    Et tu verras tous ceux qu'on croyait décédés
    Reprendre souffle et vie dans la chair de ma voix
    Jusqu'à la fin des mondes

    Ah, tu verras, tu verras

    .
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    CLAUDE NOUGARO
    sur une musique de Buarque De Hollanda
    .
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  • 07/03/17--09:29: L'ALBUM...Extrait
  • Un soir
    j'ouvre l'album
    pour ne pas être seul

    Les photos n'ont pas jauni

    Dans la forêt de Marly
    Jean Rousselot fait la course avec son ombre
    les arbres applaudissent

    Un jardin entre dans l'été
    Michel Manoll invente des bouquets
    aux couleurs de la liturgie

    Jean Bouhier marche sur la mer

    Dans les yeux de Luc Bérimont
    des jeunes filles nous sourient

    Guillevic à La Forê t Sainte -Croix
    donne des leçons de solfège au merle



    Et Laude encore
    les yeux fermés
    écoutant
    sa chienne de vie
    aboyer à la mort

     

    .


    SERGE WELLENS

     Poèmes de l'inconfort

    .

    Tejo Verstappen4,

    Oeuvre Tejo Verstappen

     

     

     


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  • 07/03/17--09:59: SOUFFLES ET SONGES...Extrait
  • ...


    Lancinant,  
    le cri des mouettes
    nous traverse comme un reproche
    Nous avons vécu des années de poussière
    sans retenir la leçon des tempêtes
    Le temps s’est évaporé,
    la plage est vide
    Si peu de mots pour construire la vie
    Le cri des mouettes,
    lancinant,
    dénonce les renoncements,  
    la passivité des miroirs
    Nous avons laissé nos couteaux au vestiaire
    Il fallait brasser sans relâche la boue,
    extraire l’or,
    et scintiller
    Il fallait mettre le rêve en mouvement
    Il fallait
    Mais nous avons si peu rêvé
    Déchirant,
    Le cri des mouettes
    Déchirant   


    ....


    .

     

     

    COLETTE GIBELIN

     

     

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    michele guillet2

    Oeuvre Michèle Guillet

     

     

     


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  • 07/06/17--23:05: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Ce sel de nos vies
    Si lent à se former
    Àéclairer nos pas
    À révéler nos nuits

    Cette lampe des jours
    Si fermement tenue
    Ce brasier à l'intime
    Cet Amour en surplus

    Ce sable que rien n'étreint
    Ni le tic-tac des heures
    Nul rivage nulle enfance
    Pas un battement d'ailes

    Ce mystère en secret
    Dont le rien nous enfante
    Ce fil jamais rompu
    Ce souffle si ténu

    La bonté sans calcul
    Ce fruit inattendu
    Cette joie d'héritage
    Cette chance en éclats

    Ce matin sans limites
    Où le ciel est donné
    Du soleil aux racines
    Où deux ne font plus qu'un

    Ce silence ce Chant
    Qui monte de sa source
    Cette eau des gratitudes
    Cette vive présence

    Que ferions-nous encore
    Pour ne pas la troubler
    Pour la laisser aller
    Son ardente de jeunesse ?

     

    .

     

     

    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

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    jean


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  • 07/06/17--23:41: HADES EN MANGANESE...Extrait
  • Vent dans les marronniers.
    A faire éclater les bogues – piquants, duvet.
    Artaud se brisant sous l’électro-choc,
    comme si pour chier du sang par le nombril
    il avait dû passer au gril à fond.
    Qui n’est en traitement chez La Mort,
    la servante Perséphone ?
    Qui ne rayonne de tout
    ce qu’il a fait sortir de
    son accordéon de roc rouillé ?
    Quand nous rentrons en nous-mêmes,
    les ratures font d’étranges nourrissons.
    Les traces forment des entrelacs – fugue fœtale
    à la Giacometti, langes de retraits et de recommencements.
    Le fait d’écrire suit-il un sillon
    capable d’écorcer l’esprit premier ?
    Car c’est ma tâche, semble-t-il – briser la bogue
    et me découvrir dans la caverne de la tête,
    là où dedans a cessé d’être de côté
    et tire sa noblesse de là :
    roc est continuité,
    sur lui je ferai naviguer mon doigt.
    Crâne devient caverne une fois la cervelle consommée.
    Homme est crâne une fois la caverne délaissée.
    Qu’est-ce qui était consomméà Lascaux ?
    Non – ce qu’était Lascaux est maintenant consommé.
    Comme si le boeuf n’était pas encore mangé,
    comme si les volontés d’Hadès se lisaient ainsi :
    avant d’avoir un titre à mon héritage,
    il te faudra manger tous mes cadavres.

     

     

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    CLAYTON ESHLEMAN
    traduit de l’américain par Auxeméry © L’extrême contemporain, Belin

     

     

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    roberto concha2

    Roberto Concha

     

     

     

     

     


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  • 07/07/17--01:17: SEJOURS...Extrait
  • Neige
    Attente évacuée
    - Ciel plus lourd que la ville même -
    Le centre du jardin
    Coïncide avec celui de mon silence
    Nous habitons cet œil immense
    La chose tangue
    Et tout à coup dans le soir qui commence
    Devient sensible
    Qu'il faut un centre pour aimer

    Un centre rejoint l'autre
    Lent sourire invisible de notre gravité

     

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    GABRIELLE ALTHEN

     

     

    .

    neige

     


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    J'ai trempé ma vie au langage secret des lavoirs
    mes bras dans la douceur et la lavande
    et dans la pitié tombante du jour
    j'ai vu un vent inconnu
    descendre de vos yeux
    et les oiseaux du soir qui volent bas dans le silence
    et nos vies couchées sous l'envol des oiseaux
    et le silence qui vient
    quand aucune vie ne commence.

     

     

    .

     

     

     LIONEL JUNG-ALLEGRET

    Editions Al Manar, 2015, page 29.

     

     

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    NONZA2

    Lavoir de Nonza ( Cap Corse )


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  • 07/08/17--08:55: SOMMEIL BLESSE
  • Tu respires dans un autre monde
    vivante à peine et soulevée par un nuage de poudre
    tirée en arrière par des troupes de fumées
    et sourde à l’eau des lèvres
    aux coups de grâce
    au beau rêve humide de la nuit
    qui rejette dans le sommeil
    les armées d’ombelles qui te lèchent les jambes
    la poitrine nue où bat
    l’haleine d’une longue paresse
    avec des bouquets de feu dans les cheveux
    dans tes mains trop grandes pour retenir la mer
    que j’entends ruisseler au fond des routes
    et j’aiguise le tranchant de la vie
    sur ta belle peau mouillée de soupirs.

     

    .

     



      ALBERT AYGUESPARSE

     

    .

     

    williamrussellflint-original

    Oeuvre William Russell Flint

     

     

     


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  • 07/08/17--09:07: ALBERT AYGUESPARSE...Extrait
  • La lumière de midi fait éclater les fronts.
    Elle peint de résine les masques insensés
    Que les puissants ont pris pour traverser la ville
    Où les bûchers croulants grillent le ciel géant.

    Elle bouge avec l’ombre décapitée des murs
    Et recouvre de chaux les cris des premiers morts.
    Ses doigts d’encre ont tracé les couloirs de la peur,

    Ne me demande pas ce que font ces fantômes.
    Ils arrachent le coeur des colombes blessées
    Et vendent des colliers d’amulettes sonores
    Pour conjurer la foudre et sauver les damnés,
    Mais l’enfer n’entend pas ce doux bruit d’ossements.

     

    .

     


    ALBERT AYGUESPARSE

     

    .

     

    SERGE FIORIO

    Oeuvre Serge Fiorio

    sergefiorio.canalblog.com

     

     


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  • 07/08/17--09:32: ICARE OU LA CHUTE...Extrait
  • Les ailes pèsent sur ses veines.
    Debout le corps tendu de désir
    il se détache du stable
    se projette vers le vide.

    Muscles os souffle
    s'allongent jusqu'à la douleur.
    Il s'arrache
    rejette les entraves
    emporte l'aride de ses déserts
    sa haute solitude aussi.
    Long cri d'oiseau
    coléreux impatient.
    Long cri d'avidité de terreur.

    Bras étendus
    happé par l'invisible
    il rythme battements et souffle.
    Le poids inerte des ailes
    - si pesant puisqu'il est étranger -
    le poids le freine un peu.

    Lente montée
    trop lente pour l'exalté,
    ce n'est pas l'ivresse attendue
    mais des à-coups secs.
    Vol lourd hésitant
    trop humain.

     

    .

     



    AGNES SCHNELL

     

     

    .

     

    LZ-PG-Swan-Song-Tableau,

    Oeuvre William Rimmer

    Couverture du premier album “Physical Graffiti”  de Led Zeppelin


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  • 07/08/17--09:50: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Elle rêvait souvent, alors...
    Elle multipliait les rêves comme si la vie, menacée dans son terme, avait besoin d’être doublée, prolongée par l’illusion du songe.
    Son inconscient créait des lieux infinis. Elle passait de l’un à l’autre avec aisance, traversait le temps, les âges, les contrées sans s’étonner. Elle nouait le presque réel à l’absurde sans se réveiller. Il lui arrivait d’en rire dans son sommeil, d’en sourire encore se réveillant...

    ...Ses rêves germaient le jour et s’épanouissaient la nuit. Mais, de temps à autre, ils germaient la nuit et s’épanouissaient le jour. Elle était alors absente au bruit des autres, à leurs inquiétudes, à leurs vanités et futilités.

    Elle était dans les clameurs de ses créatures, dans le fracas de son imaginaire. Elle était au bord du fleuve, toujours le même, dans l’attente d’un bateau ou dans une gare immense, petit pion parmi tant d’autres.
    Elle gravissait une colline en pente douce sans fin. Elle était assise au milieu d’un verger digne de l’Eden. Elle dansait sans fatigue, sans poids ni freins. Elle était pianiste, violoncelliste ou une voix qui osait les chants les plus audacieux. Chaque matin la trouvait épanouie, enrichie des terres intérieures qu’elle seule avait foulées, ivre de rencontres, d’expériences, de jouissances.

    Dans ses errances, une main ou un souffle l’accompagnaient. A la fois soutien et caresse, toujours tendres, toujours aimants. Elle disait, au réveil, qu’elle avait dormi dans la main de son ange…

     

    .

     

     

    AGNES SCHNELL

     

     

    .

     

     

    AGNES2

     

     

     


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  • 07/08/17--12:00: DES VILLAGES VERS LA MER...
  • La mer    les vagues
    la monodie des vents
    les nuages qui filent sur l'azur
    et solfient les accords azuréens
    du chant des îles et des pêcheurs

    Frissons    L'oiseau convole
    Au royaume de la Lyre
    Cetera  cistre et gaita  
    irisent l'horizon
    interrogent le ciel à la source des étoiles

    L'embrun vole    l'embrun neige
    quelle harpe  alors  larme de joie
    entonne depuis le ponant
    la mélodie  
    des contrées que l'océan souligne

    Bretagne  Biscaye  Asturies
    Galicie   Île de Corse et de Sardaigne
    profonds rivages
    la liberté   là-bas  s'enivre de récits
    hèle le pèlerin  en chemin

    Que mon âme  enfin  soit  océan
    l'allégorie se jouant du temps
    en passant
    avant que d'être ailleurs
    ou  renaître des eaux 

    A mes regrets qui vont déjà
    par les champs
    à l'ombre des arbres  recouvrant  les flots
    quand les fragrances du maquis
    à l'aube   perpétuellement se marient

    ...

     

    .

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

    .

     

     Ugo Casalonga, luthier


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  • 07/09/17--06:37: SERGE VENTURINI...Extrait
  • Pour notre âme, les hommes sont des cristaux :
    ils sont la nature transparente.

    Novalis

     

    La poésie est transparence de l'invisible. Elle est dans la recherche charnelle de la transparence aux lèvres sensuelles, au galbe des formes de la femme ronde, même si le plus souvent elle n'apparaît qu'en formes décharnées d'anorexique. Si la beauté est fille de l'invisible, elle occupe toute la place en sa rose iridescence nacrée. Pour le voyant, la beauté est irradiante.

    Son impact est percussion et tumulte. Elle foudroie dans sa furtive fulguriance. Rétive comme l'amande en sa coque dure, elle n'offre son lait que l'espace-temps d'un regard éclair. Ses lèvres fascinent, son toucher brûle les doigts de désir.

    Ses feux nourrissent, sa cosse recèle l'essentiel. Sous la verdeur de ses apparences, elle masque la réalité de son trésor, la source toujours cachée. Le poète ne cherche qu'à en briser l'écorce, à en déchirer le voile. Il veut embrasser ses lèvres entrouvertes dans sa contemplation, il brûle d'atteindre le secret de sa lumière, ― son éblouissant mystère.

    Au cœur de la fragile vision de jaspe et de cornaline, il meurt d'enfoncer un doigt dans sa bouche, de caresser son noyau inviolable dans l'obscur. Sa lumière est pour le voyant révélation de son secret. Sa transparence met à jour la chair de l'invisible,    ― elle provoque le poète aux tremblements sacrés de la parole.

     

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    SERGE VENTURINI

     

     

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    Bahram Dabiri

    Oeuvre Bahram Dabiri


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