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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 11/28/17--10:52: A LA RENCONTRE D'UN PIN
  • La parole chargée de guérir a dressé cette ruine
    de quelques chardons bleus, de poussière et de vent ;
    ce chemin où la mort, empoignée par tant de mots,
    comme un figuier portant ses fruits dans un vieux mur
    et l’embellie de lierre sur la porte fanée,
    se referme sur le devenir joyeux,
    le lointain, très lointain murmure
    d’un pin amoureux.

    .

     

    PIERRE-ALBERT JOURDAN

     

    .

     

     

    lierre


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    Ecarte cette pierre
    de mon chemin, car ma fatigue

    est devenue trop vieille, j’ai perdu le sommeil
    je ne sais où, j’hésite

    entre une chose et son contraire, je
    je veux l’espace

    et quelqu’un me repousse contre un mur,
    y a-t-il du bruit

    dans le dehors, du feu, des fruits très lourds
    sur les arbres

    tout
    est si loin, tout me blesse, et cette pierre

    que je porte au ventre,
    arrache-là.

     

     

    .



    CLAUDE ESTEBAN

     

    .

     

     

    raoul-ubac-pierres

    Photographie Raoul Ubac

     

     

     


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    La promenade n'est pas aussi éloquente que le voyage. Un murmure lui suffit, c'est pourquoi elle aime tant longer les ruisseaux. Attentive, elle écoute et ne parle guère. Son allure est légère, son souffle est régulier, rien n'affole son haleine. Si parfois son cœur bat plus vite, ce n'est pas qu'elle se précipite, mais qu'elle s'immobilise. Tout près, le monde a sursauté : l'envol d'un oiseau tressaillant dans les feuilles, un rayon de soleil ou quelque coup de vent, coup d'amour, coup de grâce...La promenade aime les surprises, ces lambeaux de papier froissé où viennent s'écrire d'étranges aventures.
    La promenade aime aussi le silence et les contes. En posant le pied sur la terre, nous la faisons rêver. Mais comme le monde n'est pas vraiment un grand jardin, il y a de longues plages blanches entre les rencontres. Beaucoup plus d'attente en somme que de trouvailles, le temps peut-être pour les yeux de s'écarquiller.
    La promenade est une parole simple où le désir sonne clair. Son air est vif; c'est pourquoi l'aube est le meilleur moment pour les pas comme pour les mots. Il ne s'agit jamais que de marcher ou d'écrire sans bien savoir où l'on va. Etre là, somnambule et sensible, les paumes tournées vers le chemin que l'on invente. Il reste si peu de choses à dire parmi tant d'ombre.

     

    .

     

     

    JEAN-MICHEL MAULPOIX

     

     

    .

    PROMENADE


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  • 12/02/17--06:54: LORAND GASPAR...Extrait
  • ...

    comprendre vraiment ce qu’est être ici
    nuage, martinet, homme ou caillou —
    c’est ainsi dans les moments les plus simples
    que le dire s’enracine en son vivre —
    puisse la saveur du jour dans la gorge
    portée par l’ouverture trouvée,
    pour d’autres parmi les herbes renaître -

     

    .

     

    LORAND GASPAR

     

    .

     

    serge fiorio 4

     

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://www.sergefiorio.canalblog.com

     


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  • 12/02/17--07:06: INSOMNIE
  • Paupières closes , les pensées s'entrechoquent en quête d'un
    point de fuite .
     Moins que l'absence et plus que le silence : la pensée invasive tue .
    Sans résistance, la vague gourmande devient houle dévoreuse.
    C'est le chaos dans la boite.
    La nuit sanglote sur les herbes folles.
    Le vent lève la mer et dénude la terre .
    La nature s'affale , presque tout est horizontal ,
    tel une ligne de battements de coeur à l'arrêt.
    La vie hoquète sans bruit.
    Il est minuit, le regard noir ne cherche plus, il est nu .
    La mise à mort de la pensée destructrice s'applaudit .
    La mer chante sa plus belle mélodie ,
    le matin clair chemine doucement ,
    le vent a chassé le sombre et peigné les longues herbes dorées.
    L'espoir décimé renait....
    Il fait jour....
    .
    JOSIANE
    .

    insomnie


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  • 12/02/17--08:06: NOCTURNE
  • La nuit vient, un ange est là qui mesure le temps des étoiles,

    les vents sont immobiles, immobiles les heures.

    La paix serait d’être étendu immobile à travers les heures immobiles,

    aux pieds de l’ange, sur une étoile en suspens dans le ciel étoilé

    mais le cœur bat à un autre rythme.

    Chaque corps étendu, même dépourvu d’ailes,

    fait naître et s’envoler un papillon de nuit aux ailes délicates, aux yeux de pierrerie.

    Certains sont jetés sur les rives du jour

    et d’autres se perdent dans l’obscurité,

    sous les vagues, au-delà du monde,

    là où affleurent très loin les îles des élus.

     

    .

     

    KATHLEEN RAINE

    Traduction François Xavier Jaujard

     

    .

     

    angels-angels-and-fairies

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 12/02/17--11:19: LETTRE DE SALAH HAMOURI
  • Depuis la prison du Néguev, Salah Hamouri, avocat français vivant en Palestine arrêté le 23 août dernier, nous adresse ces quelques mots. Hamouri nous adresse ces quelques mots.


    "J’ai ressenti une étrange sensation, lorsque, le 23 août, aux alentours de 4h30, si je me souviens bien, j’étais tiré de mon sommeil par des bruits sourds. Quelqu’un s’acharnait sur la porte de mon appartement et appuyait nerveusement sur la sonnette à répétition. Je me suis dit que je connaissais ce type de vandalisme mais dans les toutes premières secondes, je pensais qu’il s’agissait d’un rêve. Je vis dans un bâtiment de six étages, à Jérusalem-Est. Chaque étage est composé de deux appartements. Les soldats et leur commandant ne savaient exactement dans quel appartement je vivais, alors, ils ont frappé brutalement à chaque porte. J’ai alors eu une pensée pour mes voisins, tous réveillés en plein nuit par les soldats, terrorisant chaque famille, je pouvais entendre des enfants pleurer.

    Les soldats n’ont pas cessé de frapper sur ma porte jusqu’à ce que je finisse par ouvrir, encore engourdit par le sommeil. Le premier soldat que j’ai vu portait une cagoule. Je ne pouvais voir que ses yeux remplis de haine. Il m’a alors hurlé dessus, me demandant ma carte d’identité. Après vérification, les soldats présents ont appelé du renfort, en criant qu’ils avaient trouvé la personne qu’ils cherchaient. A la seconde où j’ai compris que la force occupante venait bien pour moi, mon cerveau m’a envoyé un ordre clair : « Une nouvelle bataille commence là pour toi, cet ennemi ne doit pas te vaincre une seule seconde ». Ils m’ont forcéà m’asseoir sur une chaise et trois soldats m’entouraient, leurs armes pointées sur moi. Pendant ce temps-là, leurs collègues ont fouillé tout l’appartement, bouleversant les meubles, les livres, les vêtements... Je les sentais fébriles, ils s’énervaient, ils ne trouvaient rien de ce qu’ils cherchaient dans cet appartement. Le commandant a fini par donner l’ordre de repli. Ils m’ont alors ordonné de m’habiller pour partir avec eux. En marchant vers la porte d’entrée de mon appartement, avant d’en sortir pour une durée qui m’était inconnue, je fixais la photo de mon fils accrochée au mur. Dans son regard, j’ai puisé de la force pour affronter les durs moments qui m’attendaient. Je l’imaginais me dire « Papa, sois fort, on sera vite réunis tous les trois ». Je lui promettais alors de rester fort et de ne jamais donner l’occasion à cette occupation de nous confisquer notre humanité et de détruire notre vie comme elle s’acharne à le faire. Ils me bandèrent ensuite les yeux et me conduisaient dans une voiture blindée. La marche vers ce nouveau destin commençait. Une marche pénible vers un monde que je ne connais que trop bien. Un monde dans lequel nous devons rester forts, humains et garder notre sourire en toute circonstance. Une nouvelle fois, je suis conduit dans ce véhicule blindé vers l’endroit le plus sombre et le plus misérable pour un être humain : une prison de l’occupant.

    En arrivant dans la prison du Neguev, après deux semaines passées dans le centre d’interrogatoire, tout me semblait tristement familier. Je suis rentré dans la section 24, j’ai vite reconnu les visages que j’avais quittés il y a quelques années. Je n’ai pas su quoi leur dire, j’étais soudainement impressionné de les retrouver ici. Parmi eux, certains sont derrière les barreaux depuis plus de quinze ans. Ils me questionnaient et je ne savais pas quoi leur répondre. « Qu’est ce qui est arrivé, pourquoi es-tu là ? ». Je n’avais pas les réponses à leurs questions. Pas plus que je n’arrivais à leur parler de l’extérieur, eux, qui sont là depuis tant d’années. Que faisons-nous pour eux, pendant qu’ils paient le prix de leur lutte ? En les retrouvant, je me demandais si j’avais assez agi pour parler d’eux à l’extérieur. On a ensuite énormément discuté. Un détenu m’a dit « Ah tu es de retour, on va parler de nous en France alors ! ». J’ai réalisé alors que malgré ma nouvelle privation de liberté, je n’avais aucun doute sur le fait que la mobilisation allait se mettre en place en France, c’est un véritable espoir pour moi et pour eux. J’ai penséà toutes les personnes qui avaient déjà lutté pendant ma première incarcération et depuis, toutes celles et ceux que j’ai rencontrés en France et en Palestine. Aucun doute qu’ils seraient tous à nouveau au rendez-vous pour dénoncer l’injustice qui nous frappe.

    Et des éléments que je reçois par fragments, je sais que vous êtes même plus nombreux que la dernière fois ! Des personnalités que j’apprécie, des élu-e-s, des citoyen-ne-s en nombre plus nombreux encore vous vous êtes mobilisés pour dénoncer l’injustice, l’arbitraire et pour exiger ma libération.

    Je vous en remercie très sincèrement. Je veux vous dire aussi que je serai digne du soutien que vous m’accordez. On ne marchande pas la liberté même si on la paie parfois très chère. Ce n’est pas une question d’entêtement mais de dignité et de principe : pour la liberté je ne lâcherai rien. Le peuple palestinien, comme tous les autres, ne veut pas vivre à genoux. Et quelle force cela nous procure que de savoir que, vous aussi, vous n’avez pas l’intention de lâcher. Cela, l’occupant ne le mesure pas. Moi je le ressens au fond de moi. Et c’est pourquoi même quand il pleut je pense au soleil qui vient..."

     

    .

     

    SALAH HAMOURI

    Novembre 2017, prison du Néguev, section 24

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Salah_Hamouri

     

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    salah_hamouri (3)

    Salah Hamouri

     


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  • 12/06/17--09:11: JEAN-PHILIPPE SMET...HOMMAGE
  • « My feet took a walk in heavenly grass
    all day while the sky shone clear as glass
    My feet took a walk in heavenly grass
    all night while the lonesome stars rolled past
    Then my feet came down to walk on earth
    and my mother cried when she give me birth
    Now my feet walk far and my feet walk fast
    but they still got an itch for heavenly grass »

     

    .


    « Mes pieds ont marché sur une herbe céleste
    Toute la journée tandis que brillait le ciel clair comme du verre.
    Mes pieds ont marché sur une herbe céleste
    Toute la nuit pendant que les étoiles solitaires passaient en roulant 
    Puis mes pieds sont descendus marcher sur la terre
    Et ma mère a crié en me mettant au monde
    Maintenant mes pieds marchent loin et mes pieds marchent vite
    Mais ils sont encore tentés par l'herbe céleste. »

     

    .

     

    TENNESSEE WILLIAMS

     

    .

     

     


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  • 12/06/17--09:27: JOXE ARREGI...Extrait
  • Qu’est-ce donc la foi si ce n’est l’assurance qui te permet de fouler le sol comme terre sacrée et de faire un pas vers ton frère? Je parle de la foi, non des croyances. Je parle de la foi, non des religions.
    Lorsque je dis foi, je me réfère à cette petite flamme qui scintille sans cesse dans tous les cœurs, dans le tien également, bien que parfois tu sentes qu’elle est éteinte.

    C’est le même feu qui brûle dans le cœur de la Terre et des étoiles, des atomes et des galaxies. C’est la flamme de la Vie, et la flamme de la Vie est le Cœur de l’Univers qui bat dans chacune de tes cellules et de tes neurones.
    C’est cela la foi et elle n’a rien à voir avec les religions ni avec les croyances, mais plutôt avec le battement libre et universel de la Vie.

    Telle fut la foi de Jésus, au-delà de ses croyances. Il désignait cette Vie, à la fois puissante et tendre, par le nom de «Dieu» et il l’invoquait tendrement en l’appelant abbá. C’est grâce à cette Vie qu’il se sentait heureux et libre et c’est pour sa cause qu’il risqua sa vie.
    Le christianisme en tant que système de croyances, de rites et de normes morales, en tant qu’organisation hiérarchique, structure du pouvoir, en tant que réseau d’intérêts complexes, parfois même troubles... ça c’est une autre histoire. Ce n’est pas ce que prônait Jésus.


    ...

     

    Que tu sois ou non croyant, prends soin de la foi, cette flamme profonde et secrète, car l’éclat de ton sourire et le futur de la Terre en dépendent. Prends soin du cœur de ta vie, du cœur de la Vie. Ne cesse de palpiter et de sentir. Ne cesse de respirer, de te sentir libre et de tendre la main à la Vie qui, tout près de toi, réclame ton attention.

    Et les croyances? Elles sont bonnes dans la mesure où elles te rendent meilleur et plus heureux. Elles sont bonnes si tu ne t’accroches pas trop fort à elles. Si tu t’acharnes trop à les défendre, elles finiront par t’empêcher d’être meilleur et d’être heureux.

     

    .

     

    JOXE ARREGI

    " Noticias de Gipuzkoa "

     traduction Edurne Alegria

     

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    OLIVIER LE GAC 2

     

    Oeuvre Olivier Le Gac 


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  • 12/06/17--09:37: SOLEIL DES GREVES...Extrait
  • Faut-il que flamboie la blessure
    afin que germe la parole

    Ta vie à jamais lestée
    du poids d’un silence
    Restent pour le regard
    quelques traces d’oiseaux sur le sable

    Et pour le chant
    la musique du nom gravé

    Soleil des grèves

     

    .

     

    JEAN  LAVOUE
     Ed. Calligrammes, 1996


    www.enfancedesarbres.com

     

    .

     

    GREVES


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    Sans autre signe, sans nul autre prologue

    que la nuit, sertir l’espoir

    du monde dans l’amande du poème.

    Mais en cet enclos si précaire,

    qui saurait lire en filigrane l’éternel ?

    Quelle lumière filtre et graine

    sans l’inflexion d’une voix si ténue ?

    Langes ou linceul, naissance ou deuil,

    comment traduire ce que les mots recèlent ?

    Il a neigé tant de silence

    sur la page, que ce qui fut jadis écrit

    porte le sceau des sans-visage.

     

     

    .

     

    GILLES BAUDRY

     

    .

     

    nuit

     

     

     

     


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  • 12/06/17--12:17: AZRAËL
  • Ailes mortes, ailes mortes en moi,
    Tomber, c’est renaître
    Hors de la solitude, dans la mer –
    La mère des âmes égarées, des voyageurs perdus
    Et des exilés du ciel.

    Le souvenir de la terre est comme un poids
    De vagues et d’îles ; dans mon sang et mes os
    La pesanteur de mon incarnation,
    Plus forte que ma volonté d’être singulier,
    Me brise et me détruit, me rappelle en mon lieu.

    Prisonnier de ma faute, de ma beauté, de mon vouloir,
    Des cellules de la vie transparentes mais murées,
    Délivré par la mort innocente, je m’abîme avec joie
    Dans la tombe ouverte de la terre, de la mer et de l’air,
    Docile comme une pierre, un ange, ou une étoile.

    Tomber, c’est renaître,
    Attiré au sommet profond d’un baiser ;
    La mort et la naissance
    Ne sont qu’un même sommeil, une grâce unique
    Qui infléchit tous les trajets à la courbe de la terre.

    Mon désir superbe est inféodéà la paix de l’amour
    Qui régit les orages, les guerres, l’essor des ailes.

     

    .

     

    KATHLEEN RAINE

     

    .

     

    serge teneze

     Oeuvre Serge Tenèze


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  • 12/07/17--08:35: LE TEMPS PREMIER...Extrait
  • Ne parle plus
    Écoute
    Les rubis se brisent
    Dans les soleils d’automne
    Et leurs splendeurs
    Font des étoiles de matin
    Au cœur de tes yeux
    Étoiles que le vent égare
    Sans allure
    À travers ta chevelure
    À travers mes sommeils
    De bohème
    Les rubis en se brisant
    Ont des musiques
    De rêve obscur

    Des demeures en feu.

     

    .

     

    GATIEN LAPOINTE

     

    .

     

    NATURE


    0 0

    Quiero otras sombras de oro,

    otras palmerascon otros vuelos de aves extranjeras,

    quiero calles distintas, en la nieve,

    un barro diferente cuando llueve,

    quiero el férvido olor de otras maderas,

    quiero el fuego con llamas forasteras,

    otras canciones, otras asperezas,

    que no haya conocido mis tristezas.

     

    .

     

    Je veux d'autres ombres d'or,

    d'autres palmiers, d'autres vols d'oiseaux étrangers,

    je veux des rues distinctes, dans la neige,

    une boue différente lorsqu'il pleut;

    je veux l'ardente odeur d'autres bois;

    je veux un feu aux flammes singulières,

    d'autres chansons, d'autres aspérités,

    qui ne sauraient rien de mes tristesses.

     

    .

     

    SILVINA OCAMPO

     

    .

     

    Silvina Ocampo 002

    Silvina Ocampo

     

     

     

     


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  • 12/07/17--09:20: MEMOIRES DES PLUIES
  • Combien de fois les pluies de l’aube m’emportèrent
    en rêve sur leur chemin lentement et heureuse,
    vers le cristal des champs, entre des files de pins,
    recherchant les bienfaits d’une lumière étonnante ;

     

    Combien de fois les ai-je vues revenir aux fenêtres
    éteintes, parmi les arbres égarés dans les tumultes
    purs de leurs ondes, enlacées aux rubans
    du souvenir qui peuple ces murs transparents.

     

    Je les entendis, éblouie, frapper sur les lucarnes
    avec la suave insistance qui précède les éclairs,
    alors que dans le feuillage luisaient les gemmes
    liquides où baignent les fleurs et les tiges.

     

    Toujours dans ces rumeurs je perçus l’écho d’un piano
    qui séduisait le jardin de ses douces distances,
    et découvris dans la façon de ces tissages
    une profonde serre, bleu ciel en été,

     

    Les colonnes et les statues asiatiques d’un temple,
    des meutes qui dévalaient au pied d’une pente,
    un Mercure entre platanes et senteurs extatiques
    qui mouraient en désordre dans la nuit.

     

    Je vis dans les trames troubles les déluges antiques
    qui enfermaient les arbres, les tours et les hommes,
    les villes naissantes et les champs blonds de blé.
    dans des tombeaux de boue qui n’avaient pas de noms;

     

    Et dans les trames distinctes, seuls, prédestinés,
    les noms préférés tournaient en cercle
    jusqu’à trouver en dociles mètres amoureux
    les vers remémorés, les vers promis.

     

    .

     

    SILVINA OCAMPO

     

    .

     

    pluie

     

     


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  • 12/07/17--10:37: ZODIAC - BLUE JEAN BLUES -

  • 0 0

    Pensées vers Agnès 

    .

    Crois-tu que le bleu de l'encre

    couvrira les cris ?

    Crois-tu que l'encre

    couvrira le gris ?

     

    C'est dire qui fait mal.

    C'est mettre en mots

    cette longue nécessité

    cette respiration hachée

    jamais apaisée.

     

     

    C'est dire

    les angles morts

    les poussées   les passages de travers

    l'encore informe

    qui fait mal.

     

     

    C'est crever les ombres

    éprouver les figures

    enfanter le chant

    supporter la lenteur du silence.

     

     

    C'est s'abandonner

    à la pulsation intime

    au grand soulèvement

    qui déchire

    qui nous pressure et fait mal.

     

    Ma langue accroche un peu plus

    désormais.

    J'ai trop porté mes mots

    en mon poing serré

     

    on entend mon coeur y battre

    à chaque soubresaut

    à chaque orage.

     

    C'est contre les baillons

    et les cordes

    que j'écris

    contre la rouillure qui résiste

    contre le sans issue imposé

     

    pour la brèche dans le mur

    pour le rouge à l'âme

    pour la main porteuse

    avec l'aube et ses morsures

    avec le parchemin de la terre

    non encore déchiffré

     

    pour l'empreinte des brumes

    pour l'errance de l'enfoui

    pour l'argile attentive

     

    contre l'inquiétude imposée

    pour le chant qui ébranle.

     

     

    .

     

     

    AGNES SCHNELL

     

     

    .

     

     

    AGNES2

     

     

     


    0 0

    A l’enterrement d’une feuille morte
    Deux escargots s’en vont
    Ils ont la coquille noire
    Du crêpe autour des cornes
    Ils s’en vont dans le noir
    Un très beau soir d’automne
    Hélas quand ils arrivent
    C’est déjà le printemps
    Les feuilles qui étaient mortes
    Sont toutes ressuscitées
    Et les deux escargots
    Sont très désappointés
    Mais voilà le soleil
    Le soleil qui leur dit
    Prenez prenez la peine
    La peine de vous asseoir
    Prenez un verre de bière
    Si le coeur vous en dit
    Prenez si ça vous plaît
    L’autocar pour Paris
    Il partira ce soir
    Vous verrez du pays
    Mais ne prenez pas le deuil
    C’est moi qui vous le dis
    Ça noircit le blanc de l’oeil
    Et puis ça enlaidit
    Les histoires de cercueils
    C’est triste et pas joli
    Reprenez vos couleurs
    Les couleurs de la vie
    Alors toutes les bêtes
    Les arbres et les plantes
    Se mettent à chanter
    A chanter à tue-tête
    La vraie chanson vivante
    La chanson de l’été
    Et tout le monde de boire
    Tout le monde de trinquer
    C’est un très joli soir
    Un joli soir d’été
    Et les deux escargots
    S’en retournent chez eux
    Ils s’en vont très émus
    Ils s’en vont très heureux
    Comme ils ont beaucoup bu
    Ils titubent un petit peu
    Mais là-haut dans le ciel
    La lune veille sur eux.

    .

    .

    .

    JACQUES PREVERT

    .

    .

    .

      

    .


    0 0

    que les poètes se confondent avec la respiration du monde;
    que viennent tous autour de la ronde des pécheurs
    que les hommes deviennent créateurs;
    que vienne tout ce que je ressens comme vérité
    au-delà du cercle terni de la vitre…
    J’attendrai religieusement le trésor
    que m’apportera la vague maritime…
    La terre où mes genoux en douleur s’écrasent
    est ma certitude fondamentale
    mais j’éclairerai de ma lanterne aux mille couleurs
    ceux qui viendront
    et ils me trouveront sur la ligne de toutes les batailles.
    ! DIAMON~11
    OSWALDO ALCANTARA
    ! DIAMON~11

    LANTERNE

     

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  • 12/12/17--13:32: PIERRE SEGHERS...Extrait
  • Au-delà des limites de la vie, il y a toujours une vie nouvelle
    Dont les frontières sont inconnues.
    Au-delà des jours sans souvenirs
    Il y a toujours une condition d’un autre domaine
    Il y a toujours un air plus vif, un ciel plus clair
    Une aspiration immense dont tu ne te savais pas capable,
    Une rupture

    Elle engendre une naissance émerveillée.

     

    ! DIAMON~11

     

     

     PIERRE SEGHERS

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    NATURE


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