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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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     Il y a tout au fond de la fatigue

    Tout ce qu’un homme a de plus beau à donner :

    Son courage peut-être,
    Sa sueur perlée, sa respiration difficile
    Et ses blessures déjà anciennes.

    Et au sommet de la colline,
    Près des myrtilles, des bruyères et de la pluie,

    Il y a aussi ce secret bien gardé

    Que seule
    La Nature est prête à partager avec lui.

     

    ...

     

    Un silence
    Qui ne se mesure pas au nombre de mètres qu’il faut pour l’enjamber
    Et passer dans l’histoire d’un autre silence,

    Un silence
    Qui est parfois rempli de pétales de roses
    Et de tristesse,

    Un silence
    Qui ressemble parfois à ces choses qu’on a perdues,
    Englouties par des torrents de pluie
    Ou des amours déçues.

    Un silence comme ça nous renverse parfois,
    Comme si nous n’étions qu’un simple tas de paille
    A la merci du vent.

    ...

     

    .

     

     

    YVES NAMUR

     

     

    .

     

    rose-

     

     

     


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     . 

     


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  • 01/12/18--17:39: BERNARD PERROY...Extrait
  • ...

    Et si nos peines

    ont du mal à se taire,

    il me reste tout de même ce sang

    qui court dans tous les canaux de ma vie,

    cette pauvre démarche en moi

    qui ne suis qu'un homme de peu,

    si fragile,

     


    mais qui sait combien

    toutes ses boiteries

    sont sa seule façon de danser

    vers la lumière,

     

    vers cet immense cadeau

    qui se pelotonne

    dans le fond de son cœur,

     

    ce halo, cette pointe,

    ce regard

    dont la tendresse

    n'a pas de fin…

     

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    Deedra Ludwig

    Oeuvre Deedra Ludwig


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    Quelles profondeurs nous atteignons parfois

    Dans une conversation banale,

    Dans une caresse ordinaire

    Quand on sonde des vérités logées plus profond qu’on ne sait

    Doucement, sans rien déranger

    Comme des gens qui se parlent depuis des siècles.

     

    Si je ferme les yeux je peux sentir mon souffle

    Tandis que la douleur s’atténue,

    Les mots venant plus aisément,

    Hésitant, poissons nageant de nuit ;

    Doucement, sans rien déranger,

    Des phrases rejoignent le banc d’une pensée inattendue ;

     

    Dans le lac Baïkal il y a des poissons sans arêtes

    Ils se dissolvent là où c’est peu profond

    Ils se dissolvent dans l’air.

    Quelles vies doivent-ils mener là dans les ténèbres,

    Doucement, sans rien déranger,

    Des vies à une profondeur inattendue comme la nôtre ce soir.

     

     

    .

     

     

    THEO DORGAN

    traduction de l’anglais  Anne Bernard-Kearney et Nicole Laurent-Catrice

     

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    Brooks Shane Salzwedel8

    Photographie Brooks Shane Salzwedel

     

     

     


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  • 01/15/18--06:04: IL SUFFIT D'UN MOT
  • Nomme si tu peux ton ombre, ta peur

    et montre-lui le tour de sa tête,
    le tour de ton monde et si tu peux
    prononce-le, le mot des catastrophes,
    si tu oses rompre ce silence
    tissé de rires muets, — si tu oses
    sans complices casser la boule,
    déchirer la trame,
    tout seul, tout seul, et plante là tes yeux
    et viens aveugle vers la nuit,
    viens vers ta mort qui ne te voit pas,
    seul si tu oses rompre la nuit
    pavée de prunelles mortes,
    sans complices si tu oses
    seul venir nu vers la mère des morts

     

    dans le cœur de son cœur ta prunelle repose

     

    écoute-la t’appeler : mon enfant,
    écoute-la t’appeler par ton nom.

     

    .

     

    RENE DAUMAL

     

    .

    nath2

     Photographie Nathalie Magrez

     


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  • 01/15/18--06:21: AU MIRAGE
  • Murmure des mots de paille sèche sur ta nuque et

    Souffle à ton oreille
    L’odeur de crayons de couleurs trouvée
    Sur la tête du chat, tissée dans le velours,
    Nous laissons, lui et moi, vieillir le monde de dehors
    Se ternir les dorures des soldats enterrés les lames les médailles
    Ce qui fut et ce qui sera, que nous ne savons plus
    Que nous ne savons pas,
    Le bruit lourd des mâchoires d’avidité, les mécaniques
    Qui possèdent et mâchent, celles faites pour jeter,
    Les recyclages amoureux répartis dans des bacs
    Une poubelle pour Papa, une autre pour Maman,
    Allez avale nom de dieu avale je te dis
    La vie, en une seule goulée, encore vivante,
    Qu’elle bouge sous tes côtes et dans ton ventre
    Attendant la salutaire nausée le bateau qui tangue
    Ressasse de la vague et les écumes sales des villes industrieuses
    Ris, regardant sur le port s’agiter des mains vides,
    Ris, depuis le fond de toi, 
    Eclats lumineux, efface
    Tout,
    De ton bras qui déploie sa voile ouverte

     

     

    .

     

    ALEXO XENIDIS

     

    .

     

    gerald Bloncourt

     Photographie Gérald Bloncourt

    http://www.bloncourtblog.net/2014/06/un-demi-siecle-de-memoire-ouvriere.html


    0 0

    Dans les touffes de baisers, le palais des coquilles ; dans les plumes des pierres, la fontaine des langues ; dans l’éventail des seins, le sentier des regards.

    Sur les flammes effeuillées, la paupière d’ombre ; sur les ruissellements ébahis, le mot de passe ; sur les chevelure en opéra, la pluie de sucs.

    Un nuage de griffes arrache la peau du ciel ; un geyser de frelons écorche doucement le vent ; un cyclone de pétales déshabille le temps qu’il fait.

     

    .

     

     

    MICHEL BUTOR

     

     

    .

    sensualite

    Photographie ?


    0 0

    Nuit

    Dans l’obscuritééblouissante

    mon visage est un charbon en fleurs

    dans la blessure de la mémoire

    et ma mémoire

    est faite des villes qui meurent

    effacées

    par le déversement du temps dans un autre temps

    Dans l’obscuritééblouissante

    ma main droite est un pont formé des têtes de mes amis

    et ma main gauche de forêts de bras coupés

    qui continuent à réclamer la paix

    dans l’obscuritééblouissante

    Mon dernier souffle comme la chute de l’argent sur les villes

    de cendres endormies brûlant

    de Rome à la Palestine

    d’Hitler à Daech

    ...

     

     

    .

     

     

    FADWA SOULEIMANE

     

     

    .

     

     

    Eyad Sabbah GAZA2

    Sculptures Eyad Sabbah ( Gaza )

     


    0 0

    Tous mes rêves si fragiles
    Finissent par tomber par terre
    Mais une partie de mes songes
    Toute se trouve tomber
    Dans le lac bordé d'espoir

    Car...
    Ses ailes n'arrivent plus à se battre
    Son corps demeure inerte pareil à l'ancre
    Mais comme un éclair filant
    L'oiseau a pu se filer dans son coin....
    L'espace bleu demeure son piste de vol
    Les écueils de nuages
    Il les a passes à gué
    Son bec long et pointu s'est brisé
    Siffle et entonne sa force stridente...
    Une guerre affamée
    Un incendie-cyclone
    Tonnerre dévastateur
    Et ses ailes incendiées
    Déchirées
    Entraînent
    La chute infernale de son corps
    Dans ce lac bordé d'espoir.

     

     

    .

     

     

    RANDRIANARIVELO RUFIN

     

     

    .

     

     

    Frédéric Bacuez 2

    Photographie Frédéric Bacuez


    0 0

    Veille le vent 
    à naufrager le ciel 
    gris délavé de tous les yeux 
    en offrande

    S'est désancrée la voix
    d'entre les branches en croix

    Tout est cassure

    Et je suis venue là 
    parler avec la mer -- le vent
    la tourmentait -- le vent serpent de rage

    Parfois

    Car il semblait s'amuser de la déchirure
    comme un enfant sadique -- mais 
    c'était le vent -- le vent ne s'amuse pas

    Et le sable de la dune 
    a déchiré mes yeux.

     

     

    .

     

    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

    18.01.2018

     

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    hengki_koentjoro_

     

    Photographie Hengki Koentjoro

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Mais peut-être
    Ne reste-t-il
    Au temps caméléon
    Plus de couleurs ?
    Encore un sursaut
    Et il retombera,
    Sans souffle et rigide.
    Peut–être,
    Enivrée de fumées et de combats,
    La terre ne relèvera-t-elle jamais la tête ?
    Peut-être,
    Un jour ou l’autre,
    Le marais des pensées se fera cristal
    Un jour ou l’autre,
    La terre verra le pourpre qui jaillit des corps,
    Au-dessus des cheveux cabrés d’épouvante
    Elle tordra ses bras, gémissante

    Peut-être…

    Écoutez !
    Puisqu’on allume les étoiles,
    c’est qu’elles sont à
    quelqu’un nécessaires ?
    C’est que quelqu’un désire
    qu’elles soient ?
    C’est que quelqu’un dit perles
    ces crachats ?
    Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
    il fonce jusqu’à Dieu,
    craint d’arriver trop tard, pleure,
    baise sa main noueuse, implore
    il lui faut une étoile !
    jure qu’il ne peut supporter
    son martyre sans étoiles.

    Ensuite,
    il promène son angoisse,
    il fait semblant d’être calme.
    Il dit à quelqu’un :
    « Maintenant, tu vas mieux,
    n’est-ce pas ? T’as plus peur ? Dis ? »

    Écoutez !
    Puisqu’on allume les étoiles,
    c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?
    c’est qu’il est indispensable,
    que tous les soirs
    au-dessus des toits
    se mette à luire seule au moins
    une étoile ?

     

     

     

    .

     

    VLADIMIR MAÏAKOVSKI

    1893~1930

    Traduction de Simone Pirez et Francis Combes

     

    .

    VILLAGE


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  • 01/19/18--02:45: SOLEILS DES GREVES...Extrait
  • Aucun mot
    ne dira jamais
    la joie apaisée du passage

    Il y eut tant de douleurs
    sur ces rives du monde

    Tant de bonheurs
    muets

    Pour un printemps
    qui ressuscite
    je donnerais l'été
    et l'automne
    et l'hiver
    et toutes les saisons dénudées
    de mon cœur

    Je couvrirais de renoncules
    les terres obscures
    de nos nuits

     

    .

     

     

    JEAN LAVOUE

    Soleil des grèves, Calligrammes 1996

    www.enfancedesarbres.com

     

    .

     

    renoncule2


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  • 01/19/18--06:43: OXYGENE

  • Traduire en poésie les soubresauts de l’histoire provoqués par les mouvements populaires du Maghreb et du Proche-Orient ne saurait faire l’économie d’un souffle puissant. C’est par un tel souffle que ce poème voudrait rendre compte de la nouvelle saison historique du printemps arabe.

     

    .

     


    Écoute où que tu sois le chant de ceux qui vivent de l’air dont se nourrit l’esprit
    On dit qu’un vent de liberté souffle après bien des lustres à l’aune d’un continent
    Sur une terre damnée léguée de despote à despote aux crimes culminants
    Aujourd’hui c’est sur la paume saignante des peuples qu’on l’a appris

    Il n’en faut pas beaucoup parfois pour que se répande la marée, juste une goutte
    Un grain de sable dans l’engrenage de monstres manœuvrés par l’autre monde qu’on dit libre
    Une main nue seule dressée devant l’acier froid des chars qui grince et qui vibre
    En tout dernier c’est devant le tyran qu’ainsi la révolution se met en route

    La goutte enfante la marée et c’est un océan qui sous nos yeux se déchaîne
    On prétend chez nous que l’on n’avait rien vu venir ni rien soupçonné mais on nous ment
    Leurs frontières grandes ouvertes comme dans un moulin on y entrait à tout moment
    On dit n’avoir vu partout que prospérité, qu’on avait sous-estimé la haine

     

    Ainsi au fil des ans à mesure que les affaires se font ici et prospèrent ailleurs
    Entre des mains insatiables devraient-elles pour cela semer le meurtre et la torture
    La liste s’accroît des manquements à l’homme, sur le fumier des forfaitures
    Pousse la gangrène, en ce jardin où l’on cultive nuit et jour les fruits du désespoir et de la peur

    Pas de compte à rendre pour le tyranneau sinon au grand frère sévissant Outre Atlantique
    Aux commandes ce sont de nouveaux Césars leurs culs gras derrière les bureaux lustrés de la finance
    Ils tiennent pour nous les comptes, n’en rendent à personne, cultivent la rémanence
    D’un pouvoir sans visage ni conduite sinon celle du gain aveugle et frénétique

     

    C’est depuis leurs immeubles d’acier lisse aux façades transparentes comme le verre
    Que ces despotes sans foi ni loi derrière quelque sigle se dissimulent
    Leur empire ne connaît pas de fin leur soif insatiable de possession accumule
    Les richesses placées qu’on le veuille ou non sous le règne du billet vert

    Entre eux ils jouent aux dés le destin de milliers d’hommes que la terre engloutit comme par accident
    Ils volent comme de noirs corbeaux au secours d’un de ces pays indigents que l’on dit ami
    Portant dans les valises de leurs hommes de loi la chirurgie terrible du FMI
    Entre leurs doigts ils broient, comme on le ferait d’une coquille inutile et vide, leur propre président

    Ces nouveaux Moloch n’ont plus que faire du déluge de feu que leurs armées déversent aux points cardinaux

    C’est avec d’autres méthodes bien plus viscérales qu’ils peuvent tenir les cinq continents

    Elles se nomment dette insondable, disette, travail sans règle ni principe, crédit permanent
    Alliances meurtrières, contrats de servitude, dont on porte les chaînes ou bien l’anneau

    Les indépendances n’auraient donc été qu’illusions pour qu’ainsi sévisse l’esclavage
    C’est l’étranger qui par son débiteur vous dicte ce qu’il faut cultiver sur vos terres
    Ce qu’il vous faut payer avec le peu que vous laissent les crises planétaires
    Alors que tout autour s’embrasent les prix par la sacro sainte loi du commerce sauvage

    Jusqu’au jour où ceux-là même poussés vers le gouffre par le geôlier président
    Mettent dans la balance jusqu’à leur propre sang devant l’adversité
    Car le peuple qu’à l’envi on rabaisse aura toujours faim et soif de dignité
    Son cri fait trembler sur le socle l’atavique indifférence de l’Occident

    Depuis longtemps forts de nos aveuglements nous avons gardé le silence
    La force brute que l’on assène sur les membres rompus sévissait à chaque carrefour
    Entre le Delta du fleuve et la Cité des Morts, c’est dans le calvaire des faubourgs
    Que régnait sans partage la pauvreté, cette dernière pire que toutes les violences

    Nous le savions pourtant le sort des miséreux en ces lieux car enfin

    Rien n’était plus troublant que la tragique absence du lait, des œufs, de l’huile

    Rien n’était plus limpide que les fantômes décharnés ne tenant qu’à un fil
    Nul hormis le sourd n’aurait nié avoir eu vent des émeutes de la faim

    Nous savions comment la cohue le matin se presse et se piétine sous une fenêtre de fer

    Qui parfois s’entrouvre pour quelques galettes vers les mains sèches tendues
    Puis se referme à la seconde devant la foule, l’écume à la lèvre, la voix suspendue
    A ces mots – toujours les mêmes – frappés comme au coin d’un heurtoir de l’enfer :

    « Ya Ahmed ! Ya Ahmed ! Ouvre ! Ouvre Ahmed et donne-nous le pain ! »
    Des os craquent, il en est qui s’évanouissent sous la poussée de la foule devenue ivre
    Au-dessus des têtes, au bout des doigts on voit flotter çà et là des billets d’une livre
    En deux mots le destin tracé par l’occupant n’est autre qu’ainsi on vous le dépeint

    Ce dernier, jamais on ne le dira assez, expert en toute sorte de camouflage
    Au plus fort de la mêlée, reste absent sous son veston aux teintes ternes
    Il a l’art et la manière de vous faire prendre les vessies pour des lanternes
    Il œuvre pour son compte dans le dos du tyran sans parade ni le moindre étalage

    Comment comprendre autrement le long silence qui perdure à son égard ?

    On défile contre la marionnette, on vocifère les slogans répétés comme un sésame
    On oublie le marionnettiste, sa main et ses ficelles, jusqu’à son nom… l’Oncle Sam
    Or ce dernier vers un pantin tout neuf déjà dirige son regard

    Pas un mot n’est lancé contre le pourvoyeur d’engins lugubres dont la menace sur vos têtes pèse
    Cet attirail qui vient à propos dit-on stabiliser une région
    Il y a là de quoi occuper longtemps bien des colonnes et des légions
    De tels jouets de morts s’appellent char M101 Abrams, missile Patriot, chasseur bombardier F16

    Sa tête à des lieux du théâtre des troubles il a les pieds bien plantés ici
    On aimerait qu’il les pose ailleurs désormais, à charge pour nous s’il le faut de mourir
    C’est le mot à faire passer depuis les bords du Nil jusqu’au cœur de la place Tahrir
    Que notre futur ne se joue plus jamais entre Pentagone et Washington, D.C.

    Et l’on dit partout que ce n’est plus qu’affaire de jours pour que les châteaux de cartes
    S’écroulent sous les coups de boutoir des peuples par un vaste effet domino
    Pour que se redressent en cette décennie nouvelle damnés de la terre et marginaux
    De leurs poitrines s’élèvent des chants qui répètent une même chose : «On veut qu’il parte»

    A de tels chants Reza joindra le sien car il sait que l’homme au fond de ses gênes
    Garde jalousement un air sacré qui des tourmentes et de l‘orage n’a rien à craindre
    Un air telle une flamme immortelle qu’aucun vent ne sait faire vaciller ni éteindre
    Il la nomme voix divine, poésie, parole libérée… ou encore… son dernier oxygène.

     

    .

     

     

    Reza Afchar Nadéri
    Paris, le lundi 7 février 2011

     

     

    .

     

     

    oxygene


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  • 01/23/18--00:41: EUGENIO DE ANDRADE...Extrait
  • " Ce sont des oiseaux
    de passage, je ne sais pas leur nom.
    Ils ont comme moi peu de réalité.
    Ils suivent la direction du vent,
    vers le sud, appelés
    par une chaux qui brûle sur la mer. "

     

    .

     


    EUGENIO DE ANDRADE

     

    .

    christian arjonilla2

    Oeuvre Christian Arjonilla


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  • 01/23/18--03:24: EAUX
  •  

    Eaux de nos lits et de nos lies,
    Murmures de nos vieilles vies,
    Eaux descendues de nos vallées,
    De notre corps et de nos palmes,
    Eaux si profondes et si calmes,
    Eaux des campagnes, des forêts,
    De nos galets, de nos galops,

    Eaux des baptêmes, des noyés,
    Eaux des goulots et des rosées,
    Débordements des embouchures,
    De toutes ces forces qui durent,
    Eaux des courants, des eaux mourantes,
    Eaux des écluses, des errantes,
    Eaux de nos rives, de nos os,

    Eaux de silences et de songes,
    De nos secrets, de nos mensonges,
    Eaux calmes, vives ou dormantes,
    Eaux jaillissantes, transparentes,
    Eaux des matrices, des rivières,
    Eaux primordiales de la terre,
    Eaux sinueuses des canaux,

    Eaux solennelles, originelles,
    Eaux de nos crues, de nos margelles,
    Eaux d’Héraclite, si changeantes,
    Eaux de nos femmes parturientes,
    Eaux de nos lacs et de nos brumes,
    De nos puits, de nos amertumes,
    De tous nos rêves de bateaux,

    Eaux de nos fosses, de nos rades,
    De nos déluges, nos tornades,
    Eaux de nos cieux et de nos fables,
    Eaux immobiles, insondables,
    Eaux des remous et des dérives,
    Eaux de nos yeux, de nos salives,
    Eaux des sueurs sur notre peau,

    Eaux qui débordent, nous chavirent,
    Eaux qui nous sauvent, nous déchirent,
    Qui nous endorment, nous bénissent,
    Nous baignent, nous ensevelissent,
    Eaux de nos lignes, de nos longes,
    Ces bras de mer qui tant s’allongent
    Jusqu’aux lisières des roseaux,

    Eaux de quiétudes et de doutes,
    De nos erreurs, de nos déroutes,
    Eaux de nos morgues, de nos larmes,
    De nos secrets, de nos vacarmes
    Dedans nos vasques, nos ivresses,
    Eaux de notre tendre jeunesse
    Où nous rêvions sur des radeaux,

    Eaux d’oasis, eaux de nos fleuves
    Où les torrents font ce qu’ils peuvent,
    Quand les eaux viennent et nous lavent
    De nos étiers et de nos gaves,
    Et de tout ce qui nous inondent,
    Comme l’étang qui se débonde,
    Le déluge venu d’en haut,

    Eaux fraiches, noires, caressantes,
    Eaux de la danse des absentes,
    Eaux mortes du grand livre ouvert,
    De nos silences, nos amers,
    Eaux de l’enfance et du désir,
    Eaux fleurissant notre âme lyre,
    Eaux de quiétudes, de repos,

    Eaux de nos gouffres, de nos sources
    Où va scintillant la Grande Ourse,
    Eaux éternelles, si légères,
    Opaques, lisses, passagères,
    Eaux de nos vallées, de nos fêtes,
    Eaux de l’au-delà, des tempêtes
    Où dorment d’étranges anneaux,

    Eaux des récifs et des ravins,
    Eaux des récits et des refrains,
    Eaux de nos ondes, des torrents,
    De quelques noyés dérivants,
    Des fonds, des nappes et des foules,
    Eaux qui s’égouttent et qui refoulent,
    Eaux qui abritent les crapauds

    Eaux scintillantes de nos rives
    Où les belles font la lessive,
    Eaux de frontières et de ponts,
    De bateau ivre et de pontons
    De suintements et de gargouilles,
    Marée salants, vases de rouille,
    De rires clairs et de sanglots,

    Eaux gelées de nos vieux hivers,
    De notre soif, de nos déserts
    Peuplées de monstres, de nageuses,
    De lunes, d’ombres lumineuses,
    Eaux rares, vertes et limpides,
    Eaux des chenaux et des rapides,
    Filtres des morts et de nos mots.

     

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    © BRUNO RUIZ

    2016

     

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    hengki koentjoro2

    Photographie Hengki Koentjoro


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  • 01/23/18--05:55: SOLEIL DES GREVES...Extrait
  • C'est ainsi que tu es

    Tu parles par ma voix
    mes nuits sont tes silences
    mes jours disent l'absence
    dont tu me renouvelles

    Tu guides vers ce qui est profond
    tu ne veux rien de conforme
    tu ne retiens pas l'apparence
    tu es ce qui surprend

    Tu sais la vie au-delà de la vie
    tu orientes
    tu montres le chemin

    Tu es cette imperceptible vibration
    ce très léger battement d'ailes
    de l'éternité dans le temps

    Tu ouvres mon aujourd'hui

     

     

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    JEAN LAVOUE
     Ed. Calligrammes, 1996

    www.enfancedesarbres.com

     

     

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    Louis Apol3

    Oeuvre Louis Apol


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  • 01/23/18--09:18: PAIX
  • O Paix! source de tout bien
    viens enrichir cette terre,
    et fais qu'il n'y reste rien
    des images de la guerre.
    Un sapin pour y suspendre
    étoiles boules guirlandes
    animaux de bois ampoules
    anges bergeries rois mages
    papillons gâteaux bouteilles
    et pour pouvoir y goûter
    la paix dans le monde entier
    Délivre ce beau séjour
    de leur brutale furie,
    et ne permets qu'à l'Amour
    d'entrer dans la bergerie.
    Vienne le temps des réformes
    école administrations
    fleurissent les utopies
    pour nous tirer des famines
    révolutions en tendresse
    pour franchir toutes les douanes
    en paix par le monde entier
    Fais qu'avec le berger
    on puisse voir la bergère
    qui court d'un pied léger,
    qui danse sur la fougère,
    Des tunnels sous les détroits
    des autos silencieuses
    des télescopes spatiaux
    fonctionnant comme ils le doivent
    des médecines très douces
    pour inventer la santé
    cette paix du monde entier
    Et qui du berger tremblant
    voyant le peu de courage,
    s'endorme ou fasse semblant
    de s'endormir sous l'ombrage.
    De nouvelles théories
    pour expliquer l'univers
    le big bang est trop guerrier
    quant à Dame évolution
    qu'il s'agit d'apprivoiser
    trouvons la paix pour la vie
    pour la vie du monde entier
    Accorde à nos longs désirs
    de plus douces destinées;
    ramène-nous les plaisirs,
    absents depuis tant d'années.
    Des astronefs confortables
    pour explorer les planètes
    cultiver les étendues
    de celles qui sont désertes
    partager les libertés
    de celles qui sont peuplées
    dans la paix du monde entier
    Étouffe tous ces travaux
    et leurs semences mortelles;
    que les plus grands de nos maux
    soient les rigueurs de nos belles;
    La connaissance des langues
    dans toute leur variété
    cataloguer les natures
    accueillir leurs ambassades
    savourer leurs embrassades
    afin de pouvoir fêter
    la paix par le monde entier
    Et que nous passions les jours
    étendus sur l'herbe tendre,
    prêts à conter nos amours
    à qui voudra les entendre.
    Changer les tanks en tracteurs
    recyclage des ordures
    organisons des bûchers
    lors des quatorze juillet
    pour réchauffer nos misères
    solitaires solidaires
    pour la paix du monde entier

     

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    MICHEL BUTOR

     

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    paix


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  • 01/24/18--00:09: UMBERTO ECCO...Extrait
  • « Le soleil n’était pas si fort qu’il pût blesser les yeux de Roberto, mais assez déjà pour faire ressortir les couleurs du feuillage et éclore les premières fleurs. Ses yeux se posaient sur deux feuilles qui, au premier abord, lui étaient apparues comme la queue d’un homard d’où bourgeonnaient des fleurs blanches, puis sur une autre feuille vert tendre où naissait une sorte de demi-fleur d’une touffe de jujube ivoire. Une bouffée nauséabonde tirait son regard vers une oreille jaune où l’on eût dit qu’on avait enfilé une panicule; à côté, descendaient des festons de coquilles de porcelaine, immaculées à pointe rosée, et d’une autre grappe pendaient des trompettes ou des clochettes renversées, à légère senteur de mousse. Il vit une fleur couleur citron dont, les jours passant, il découvrirait la mutabilité: elle deviendrait abricot l’après-midi et rouge sombre à la chute du jour, et d’autres, safranées au cœur, qui s’estompaient en une blancheur liliale. Il découvrit des fruits rugueux qu’il n’aurait pas osé toucher si l’un d’eux, tombé au sol et ouvert par force de maturation, n’avait révélé un intérieur de grenade. Il osa en goûter d’autres, et il jugea davantage à travers la langue qui sert à parler qu’avec celle qui sert à déguster, puisqu’il en définit un comme une bourse de miel, manne gelée dans la fertilité de son tronc, joyau d’émeraudes empli de minuscules rubis. En définitive, lisant à contre-jour, j’oserais dire qu’il avait découvert quelque chose qui ressemble à une figue. »

     

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    UMBERTO ECCO

     

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    figue


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  • 01/24/18--06:08: ERNEST PEPIN...Extrait
  • Les gens me demandent
    que fais-tu dans la vie
    Je réponds que je suis poète
    Ils répètent alors
    que fais-tu dans la vie
    Quel est ton métier
    Evidemment être poète ce n'est pas un métier
    C'est un art de vivre
    une manière de cueillir les étoiles et de sonder les mystères
    C'est une façon de broder le réel
    ou de le déchirer avec des mots
    Ce n'est même pas une façon de rêver
    Ce serait plutôt une autre manière
    d'ouvrir les yeux
    d'ouvrir son coeur
    et de fermer les portes du mensonge
    C'est une façon d'exprimer le sang de l'amour
    de regarder en soi
    pour mieux s'ouvrirr aux autres
    Je ne peux leur dire tout cela
    ils n'ont ps le temps pour écouter
    Je répète seulement que je suis poète
    ce n'est pas un métier
    ce n'est pas un luxe
    c'est une manière de sentir 
    de dire
    de colorier le monde comme un album d'enfant
    de faire sortir de moi le paradis perdu
    et d'habiller la vie avec la beauté de l'imaginaire
    malgré la laideur de certains humains

     

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    ERNEST  PEPIN

     

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    Béla Tarcsay2

    Oeuvre Béla Tarcsay


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  • 01/24/18--06:30: VOCCE VENTU...A SERVA

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