Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 13 | 14 | (Page 15) | 16 | 17 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 08/28/13--11:58: ÊTRE LYRIQUE...
  • Certains ne deviennent lyriques que dans les moments décisifs de leur existence ; pour d'autres ce n'est qu'au moment de leur agonie, où tout le passé s'actualise et déferle sur eux comme un torrent. Mais dans la majorité des cas, l'explosion lyrique surgit à la suite d'expériences essentielles, lorsque l'agitation du fond intime de l'être atteint au paroxysme. Ainsi, une fois prisonniers de l'amour, des esprits enclins à l'objectivité et à l'impersonnalité, étrangers à eux-mêmes comme aux réalités profondes, éprouvent un sentiment qui mobilise toutes leurs ressources personnelles. Le fait qu'à peu d'exceptions près tous les hommes fassent de la poésie quand ils sont amoureux montre bien que la pensée conceptuelle ne suffit pas à exprimer l'infinité intérieure ; seule une matière fluide et irrationnelle est capable d'offrir au lyrisme une objectivation appropriée. Ignorant ce qu'on cache en soi même comme de ce que cache le monde, on est subitement saisi par l'expérience de la souffrance et transporté dans un région infiniment compliquée, d'une vertigineuse subjectivité. Le lyrisme de la souffrance accomplit une purification intérieure où les plaies ne sont plus de simples manifestations externes sans implications profondes, mais participent à la substance même de l'être. Il est un chant du sang, de la chair et des nerfs. Aussi, presque toutes les maladies ont-elles des vertus lyriques. Seuls ceux qui se maintiennent dans une insensibilité scandaleuse demeurent impersonnels face à la maladie, toujours source d'un approfondissement intérieur.

     

    On ne devient vraiment lyrique qu'à la suite d'un profond trouble organique. Le lyrisme accidentel est issu de déterminants extérieurs et disparaît avec eux. Pas de lyrisme sans un grain de folie intérieure. Fait significatif, les psychoses se caractérisent, à leur début, par une phase lyrique où les barrières et les obstacles s'effondrent pour faire place à une ivresse intérieure des plus fécondes. Ainsi s'explique la productivité poétique des psychoses naissantes. La folie : un paroxysme du lyrisme ? Bornons-nous àécrire son éloge pour éviter de réécrire celui de la folie. L'état lyrique est au delà des formes et des systèmes : une fluidité, un écoulement intérieur mêlent en un même élan, comme en une convergence idéale, tous les élément de la vie de l'esprit pour créer un rythme intense et parfait. Comparé au raffinement d'une culture ankylosée qui est prisonnière des cadres et des formes, déguise toute chose, le lyrisme est une expression barbare : sa véritable valeur consiste, précisément, à n'être que sang, sincérité et flammes.

    ....

    Je voudrais exploser, couler, me décomposer, que ma destruction soit mon oeuvre, ma création, mon inspiration ; m'accomplir dans l'anéantissement, m'élever dans un élan démentiel, au delà des confins, et que ma mort soit mon triomphe. Je voudrais me fondre dans le monde, et que le monde se fonde en moi, que nous accouchions dans notre délire, d'un rêve apocalyptique, étrange comme une vision de la fin, magnifique comme un grand crépuscule. Que naisse du tissu de notre rêve, des splendeurs énigmatiques et des ombres conquérantes, qu'un incendie total engloutisse ce monde, et que ses flammes provoquent des voluptés crépusculaires, aussi compliquées que la mort et fascinantes comme le néant. Il faut des tensions démentielles pour que le lyrisme atteigne son expression extrême.

     

    .

     

    CIORAN

     

    .

     

    CIORAN

     

     


    0 0
  • 08/28/13--12:19: KAMPA...Extrait
  • Ils viendront les amandiers en fleur à ta fenêtre
    échappés de ma pensée,
    et le frémissement de l'olivier
    qui tressaille quand passe la nuit.

     

    Mais moi,
    Toujours plus égarée dans tes paroles,
    Je n'aurai pas la force d'atteindre ta porte,
    J'irai errant dans les rues,
    égrenant des craintes sur les terres de Kampa,
    dialoguant confuse avec l'éther,
    dansant courtoise avec le fleuve la danse de la mort.
    avec de délicates arabesques
    et d'obscures révérences.

    Je n 'essaierai même pas de te parler de la pluie,
    ni de chevaucher le vent
    et enfouie dans sa crinière
    de te rendre le parfum des roses
    que toi, d'un seul geste, une fois pour toujours,
    sans t'en douter,
    tu as exhumées pour moi
    avec tout le printemps embrasé.

     

    .

     

    CLARA JANES

     

    .

     

    CLARA

     

     


    0 0
  • 08/29/13--05:41: CE QUELQUE CHOSE D'OBSCUR
  • Je ne suis plus de ces royaumes. Je n’appartiens — ni à la terre ni au ciel. 

     

    J’habite l’espace, — celui que j’ai déjà quitté. Je suis un briseur de cercles,

     

    l’univers m’est trop étroit, je suis multivers. — Allez ! point ne m’attendez. 

     

    Je suis déjà plus loin que ce que voient vos yeux. J’entends juste, 

     

    juste ma force, ma force d’être. — Celle qui me tient debout. Je refuse 

     

    la chaise de votre monde d’Assis. — Tout hurle autour ! Or le vent grogne 

     

    et toujours vous restez sourds. Cent mille morts n’émeuvent plus personne. 

     

    Ne l’entendez-vous donc pas ce vent qui mugit ? D’assauts en assauts. 

     

    Oh ! j’aime tant sa puissance et son histoire. Sa mémoire. Ah ! ces hautes 

     

    vagues briseuses d’échines. Ces vagues tueuses. — Les Assassines ! 

     

    Je crois aux grandes forces de l’invisible. À ce brasier grondant au feu

     

     de l’horizon.

     

      .

     

    SERGE VENTURINI

     

    .

     

    M R

    Mario Rossi

     


     

     

     

     


    0 0

     

    « Chuchote, chuchote, chuchote

    A tes plages sablonneuses,

    Grâce à ces vagues dont le flux est à l’assaut

    du sable, altières,

    Et qui renaissent en un reflux

    douloureusement bruyant

    Si je savais ce qu’il recèle, j’aurais détenu le

    secret de l’existence

    et de l’immortalité ;

    Ainsi, que la Mer te soit leçon

    Et va ton chemin sur les routes de l’existence

    Ayant acquis la Sagesse de l’univers

    Tire aussi la leçon du cycle des saisons:

    Bien que l’hiver soit rude

    Il donne vie à la vie

    Le printemps est naissance d’une rose

    destinée à mourir,

    Sans la goutte de pluie de l’hiver il n’y aurait

    ni vie

    ni printemps,

    ni existence,

    C’est en hiver que j’ai accompagné le temps

    Mais aucune des pluies ne s’est manifestée

    Ô mon temps, ma rose est morte et tu me vois

    dans l’étiolement

    Inexistant dans mon existence même»

     

    .

     

    JAWDAT HAYDAR

     

    .

     

    MER

     

     

     

     

     

     


    0 0

    Le jour où s'est arrêté
    Le dialogue entre tes seins
    Dans l'eau prenant leur bain
    Et les tribus s'affrontant pour l'eau
    L'ère de la décadence a commencé,
    Alors la guerre de la pluie fut déclarée
    Par les nuages
    Pour une très longue durée,
    La grève des vols fut déclenchée
    Par la gente ailée,
    Les épis ont refusé
    De porter leurs semences
    Et la terre a pris la ressemblance
    D'une lampe à gaz.


    Le jour où ils m'ont de la tribu chassé
    Parce qu'à l'entrée de la tente j'ai déposé
    Un poème
    L'heure de la déchéance a sonné.
    L'ère de la décadence
    N'est pas celle de l'ignorance
    Des règles grammaticales et de conjugaison,
    Mais celle de l'ignorance
    Des principes qui régissent le genre féminin,
    Celle de la rature des noms de toutes les femmes
    De la mémoire de la patrie.



    O ma bien aimée,
    Qu'est-ce donc que cette patrie
    Qui se comporte avec l'Amour
    En agent de la circulation ?
    Cette patrie qui considère que la Rose
    Est un complot dirigé contre le régime,
    Que le Poème est un tract clandestin
    Rédigé contre le régime?
    Qu'est-ce donc que ce pays
    Façonné sous forme de criquet pèlerin
    Sur son ventre rampant
    De l'Atlantique au Golfe
    Et du Golfe à l'Atlantique,
    Parlant le jour comme un saint
    Et qui, la nuit tombant,
    Est pris de tourbillon
    Autour d'un nombril féminin?



    Qu'est-ce donc cette patrie
    Qui exerce son infamie
    Contre tout nuage de pluie chargé,
    Qui ouvre une fiche secrète
    Pour chaque sein de femme,
    Qui établit un PV de police
    Contre chaque rose?


    O bien aimée
    Que faisons-nous encore dans cette patrie
    Qui craint de regarder
    Son corps dans un miroir
    Pour ne pas le désirer?
    Qui craint d'entendre au téléphone
    Une vois féminine
    De peur de rompre ses ablutions?
    Que faisons-nous dans cette patrie égarée
    Entre les œuvres de Chafi'i et de Lénine,
    Entre le matérialisme dialectique
    Et les photos pornos,
    Entre les exégèses coraniques
    Et les revues Play Boy,
    Entre le groupe mu'tazélite
    Et le groupe des Beattles,
    Entre Rabi'a-l-'Adaouya
    Et Emmanuelle?


    O toi être étonnant
    Comme un jouet d'enfant
    Je me considère comme homme civilisé
    Parce que je suis ton Amant,
    Et je considère mes vers comme historiques
    Parce qu'ils sont tes contemporains.
    Toute époque avant tes yeux
    Ne peut être qu'hypothétique,
    Toute époque après tes yeux
    N'est que déchirement ;
    Ne demande donc pas pourquoi
    Je suis avec toi :
    Je veux sortir de mon sous-développement
    Pour vivre l'ère de l'Eau,
    Je veux fuir la République de la Soif
    Pour pénétrer dans celle du Magnolia,
    Je veux quitter mon état de Bédouin
    Pour m'asseoir à l'ombre des arbres,
    Je veux me laver dans l'eau des Sources
    Et apprendre les noms des Fleurs.
    Je veux que tu m'enseignes
    La lecture et l'écriture
    Car l'écriture sur ton corps
    Est le début de la connaissance:
    S'y engager est s'engager
    Sur la voie de la civilisation.
    Ton corps n'est pas ennemi de la Culture,
    Mais la culture même.
    Celui qui ne sait pas faire la lecture
    De l'Alphabet de ton corps
    Restera analphabète sa vie durant.

     

    .

     

    NIZAR QABBANI

     

    .

     

    ALGERIE

    Algérie, grand sud saharien


    0 0
  • 08/29/13--10:30: POESIE VERTICALE...Extrait
  • Si nous connaissions le point
    où quelque chose va se rompre,
    où le fil des baisers sera coupé,
    où un regard cessera de rencontrer un autre regard,
    où le cœur ailleurs s'élancera,
    nous pourrions mettre sur ce point un autre point
    ou du moins l'accompagner quand il cède.

    Si nous connaissions le point
    où une chose va se fondre avec une autre,
    où le désert rencontrera la pluie,
    où l'étreinte atteindra la vie,
    où ma mort s'approchera de la tienne,
    nous pourrions dérouler ce point comme un serpentin
    ou du moins le chanter jusqu'à mourir.

    Si nous connaissions le point
    où une chose sera toujours cette chose,
    où l'os n'oubliera pas la chair,
    où la source est mère d'autre source,
    où le passé ne sera jamais le passé,
    nous pourrions le laisser seul et abolir tous les autres
    ou du moins l'abriter dans un lieu plus sûr.

     

    .

     

    ROBERTO JUARROZ

     

    .

     

    WOU-KI-

    Oeuvre Zao-Wou-Ki

     


    0 0
  • 08/29/13--11:53: EPOPEE DU THYM DE PALESTINE
  • Mahmoud Darwich en mémoire

     

    J’embaumais collines et plaines
    Nourri de l’éclat de la lumière
    Et tenais compagnie aux pas des errants
    Dans le sacre de la terre
    Tous ces dômes clochers et temples
    Offrandes pour mille prières

    Cette pluie soudaine pour mêler
    Mes fragrances à l’endurance des pierres
    Toujours aux aguets des fissures béantes
    Les roches retenant mes chutes
    Au crépuscule des siècles qui se couchent
    Dans la fosse de l’Histoire

    Je t’aimais rumeur de la mer si près
    Qui consolais mes frémissements
    Alliés aux flûtes bercées par les oliviers solaires
    Ils sont venus de nuit avec leurs chars
    Reptiles aux chenilles aiguisées raser mes brins
    Piliers du songe bâti comme une rivière

    Et je vous revois enfants brûlés au phosphore
    Les cendres noircies par les nuages blanchis
    De sang et de lâche poussière
    Sous les ciels blessés par le plomb durci
    Les hôpitaux saignés par cent obus
    Les écoles comme des cimetières

    Et je n’oublie la course du vent
    Pour éteindre vos torches sans génie
    Comment prétendre que le fusil se cache
    Dans la farine les fusées dans la cuisine
    Quand les lits sont éventrés sur les corps
    Endormis les seuils souillés par l’infamie

    Comment ne pas vous voir chauves-souris
    Dans la cécité de la nuit
    Bottes conquérantes qui marchez sur mes étés
    Lavés de citronniers séculaires
    Comment ne pas vous reconnaître corbeaux
    Dans les drones sans cerveaux

    Et l’hiver couvert par les pleurs des sirènes
    Les maisons comme des tombes sans sépultures
    Parmi les cris sombres parmi les décombres
    Je consolais les étoiles réveillées en sursaut
    Affolées par les traînées de vos poudres
    Mes feuilles tendres martyres de vos incendiaires

    Je vous le dis le thym c’est pour parfumer
    Le pain à l’huile d’olive pétri de mes feux
    Non pour allumer les brasiers
    Ni le romarin compagnon de mes cyprès
    Ni l’eau détournée de sa source
    Ne pardonneront à votre mémoire ses trous

    Je vous le dis le thym c’est pour les chemins
    Augustes et fiers non pour les vautours
    Le thym c’est pour le repos des oiseaux
    Libérés de leur peur et de leur détresse
    Non pour affamer les arbres et les nids
    Non pour punir les mères et leurs berceaux

    Je vous défie hyènes et vous casques
    Le thym même cerné par le Mur
    Percera la mer le ciel et la terre
    Tant d’armées pour une herbe
    Ne pourront empêcher mes arômes
    D’être dédiés aux humains à bras ouverts.

     

    .

     

    TAHAR BEKRI

     

    .

     

    EVELYNE

    Photographie

    http://evegdphotos.over-blog.com/thym-nom-masculin-plante-aromatique-utilis%C3%A9e-en-cuisine-botanique-.-anglais-thyme-synonyme-serpolet

     

     

     


    0 0
  • 08/29/13--18:28: COLETTE GIBELIN
  •    Balbutiements du vivre

    sur ces terres abruptes
    Parole d’ombre ou de raisins trop mûrs
    La mer se fait silence
    Le silence soleil

    Terres rousses
    espérant un grand feu de joie
    La vie surgit sur ces boues
    et ces traces
    De l’océan ne reste que l’écume

    Terres brunes
    entêtées d’absolu
    refusant la douceur des pluies
    et le miroitement des fleurs
    Toute facilité détourne

    Terres promises
    dans la blancheur de l’aube
    et le lent songe végétal
    De ces matins qui chantent
    faudra-t-il s’éveiller ?

    Terres frémissantes et floues
    Tous les chemins s’effacent
    L’horizon s’est perdu
    Le rêve seul tient lieu d’espoir

     

    .

     

    COLETTE GIBELIN

     

    .

     

     

    grand_terre_1

    Oeuvre Fabienne Rybeirolles

    http://www.ribeyrolles.com

     

     

     

     


    0 0
  • 08/30/13--09:26: LUNE ANDALOUSE...Extrait
  •  J’écoute l'inachevé

    de l’ Eden du possible

    à l’insu du temps

    pour boire

    l’âme du jasmin

    tel un astre de nuit

    proche et lointain du néant

    j'écoute la pulsion de la terre

    le chant du peuple mutant

    émerveillé

    je caresse l’ineffable

    l’indicible

    le dedans et le dehors

    et je danse

    sur la circonférence de la rose plurielle

     

    .

     

    AHMED BEN DHIAB

     


    .

     

    DHIAB

    Oeuvre Ahmed Ben Dhiab

     

     

     

     

     

     


    0 0

    Ils sont venus de loin, de très loin, de derrière les dunes
    Ils portent des poignards et marchent comme des égorgeurs
    Ils ont mis un voile noir sur les visages les plus matinaux
    Si je reste encore ils vont me poursuivre jusque chez moi

    C’était encore l’aube d’avant
    Tout dormait encore les oiseaux les belles et le vent
    Si je n’étais pas aussi matinal
    J’aurais saisi Kairos par les cheveux
    Et je l’aurais traîné loin dans le premier estaminet
    Il y a derrière le paravent de la forteresse
    De vieux parchemins historiés
    Et les amis qui ne dessoûlent pas
    Il y a la dame qui a vu mes longues ivresses
    Et qui s’est étonnée de me voir plus lucide
    A chaque verre, à chaque icône, à chaque perle, à chaque goutte de sang

    Faites comme si je n'existais pas
    Faites comme si j'étais un métèque

    J’ai le temps de demander asile à la poésie
    Le temps de revoir les plus belles pages de la vie
    Le temps de me dresser seul comme au plus fort de l’orage
    Le temps de lire une page d’un roman sur la mer
    Le temps de prier dans d’autres langues
    Le temps de revoir les plus belles couvertures des romans de mes seize ans
    Le temps de revoir sa belle chevelure
    Le temps de rêver d’une île lointaine

    D’où viennent-ils ? De quelle caverne sortent-ils ?
    Nous lisions le livre et nous n’avions pas d’autres questions
    Que celle de l’image et de la syllepse et ses traductions.
    Nous ne demandions rien même pas le paradis
    Nous ne demandons rien sinon le droit de pêcher
    D’étreindre le matin se levant entre Byrsa et Hadrumète

    Tenez ! me voici tout nu ! Je n’ai rien hormis la soif
    Je ne veux rien hormis les rivages de la dernière jeunesse
    Je ne demande rien hormis le vent qui souffle du Nord

    Comment sont-ils venus jusqu’ici ?
    Du sang a coulé sur la plus haute cime
    Des hommes sont morts qui aimaient le voyage, le sourire d’une femme, l’olivier qui pousse
    Ils pensaient que nos frontières allaient rétrécir
    Et nous voici comme des albatros
    Ils pensaient que nous choisirions l’exil
    Et voici qu’il nous suffit d’un peu de rouge, d’un peu de blanc

    Pour être chez nous. C’est que le monde a rétréci tant nos cœurs se sont élargis.

     

    .

     

    JALEL EL GHARBI

    Vendredi 30 Août 2013

     

    .

     

    steve

     

     

     

     

     

     

     


    0 0

     Les lèvres des baisers sur des figues mûres de septembre

    danse l’andalouse

    danse

    ma mémoire de fragiles mains sectionnées

    dans tes cheveux de satin

    le sang fait des éclats de vives voix

    est-ce déjà la corniche

    enflammée des parois abruptes

    la lumière

    des blés

    aux cieux de la plaine chaude des poussières

    blanches

    comme les ventres des juments

    les deux derniers coquelicots d’or et de larmes

    les lèvres des baisers sur les figues mûres de septembre

    sont bleutées

    comme ta bouche

    rose

    rose

    au fleuve

    si lent

    si chaud

     

    .

     

    PATRICK ASPE

     

    .

     

    juan-carlos-boveri2

    Oeuvre Juan Carlos Boveri

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 08/31/13--04:36: LA ROBE ET L' ECHELLE
  • T'avais mis ta robe légère
    Moi, l'échelle contre un cerisier
    T'as voulu monter la première
    Et après

    Y a tant de façons, de manières
    De dire les choses sans parler
    Et comme tu savais bien le faire
    Tu l'as fait

    Un sourire, une main tendue
    Et par le jeu des transparences
    Ces fruits dans les plis du tissu
    Qui balancent

    Il ne s'agissait pas de monter bien haut
    Mais les pieds sur les premiers barreaux
    J'ai senti glisser le manteau
    De l'enfance

    On n'a rien gravé dans le marbre
    Mais j'avoue souvent y penser
    Chaque fois que j'entends qu'un arbre
    Est tombé

    Un arbre, c'est vite fendu
    Le bois, quelqu'un a dû le vendre
    S'il savait le mal que j'ai eu
    A descendre

    D'ailleurs en suis-je descendu
    De tous ces jeux de transparence,
    Ces fruits dans les plis des tissus
    Qui balancent ?

    J'ai trouvé d'autres choses à faire
    Et d'autres sourires à croiser
    Mais une aussi belle lumière
    Jamais

    A la vitesse où le temps passe
    Le miracle est que rien n'efface l'essentiel
    Tout s'envole en ombre légère
    Tout sauf ce goût de fièvre et de miel

    Tout s'est envolé dans l'espace
    Le sourire, la robe, l'arbre et l'échelle
    A la vitesse où le temps passe
    Rien, rien n'efface l'essentiel

    J'ai trouvé d'autres choses à faire
    Et d'autres sourires à croiser
    Mais une si belle lumière
    Jamais

    Et voilà que, du sol où nous sommes,
    Nous passons nos vies de mortels
    A chercher ces portes qui donnent
    Vers le ciel

     

    .

     

    FRANCIS CABREL

     

    .


    0 0
  • 08/31/13--09:49: POSSU FA
  • Tra dui cosi ci era un’altra cosa
    Una cosa sugnata è vera

    Vengu à tuccalla
    Ed eccula chì si movi
    A voddu abbraccià ed eccula ombra
    Ùn dici nudda
    Ùn facci nienti
    M’hà dighjà impiutu di notti
    Pugnendu di scunvìcimi
    Ch’ùn era chè l’altra
    L’altra cosa
    Ch’ùn avìu micca vista

    Quidda chì da luntanu m’hà arrubatu
    Stu sgardu senza mimoria
    Struttu dipoi tantu tempu
    In a sciuma di u parè

     

    ...

    Entre deux choses il y avait une autre chose
    Une chose rêvée et pourtant vraie

    Je parviens à la saisir
    Et la voici qui se déplace
    Je veux l’enserrer et la voici ombre
    Elle ne dit rien
    Elle ne fait rien
    Elle m’a déjà empli de nuit
    Tentant de me convaincre
    Qu’elle n’était que l’autre
    L’autre chose
    Que je n’avais pas vue

    Celle qui de loin m’a dérobé
    Ce regard sans mémoire
    Absorbé depuis si longtemps
    Dans l’écume de l’apparence

     

    .

     

    NURBERTU PAGANELLI

     

    .

     

    louis-icart'''

    Oeuvre Louis Icart

     


    0 0
  • 08/31/13--13:23: MA PLUS DOUCE LUEUR

  • Ma plus douce lueur c'est ton corps de feuillage
    Et sa limpidité prise aux sources du vent
    Odeur de pomme brune et de renard filant
    Quand le poids d'une bouche incline vers l'orage

    Ma plus douce lueur ta peau fière et sauvage
    Pays de l'innocence où ma main va rêvant
    Ma plus douce lueur mon plus tendre sarment
    Quand l'amour et la nuit me soufflent ton image

    Robe de mon amour marronnier du soleil
    Eclair illuminant la voûte du sommeil
    En grappes rouge-feu tu flambes sous la pluie

    Mais quand l'automne triste aux route de bois mort
    Abat ses herses de malheur nous sommes forts
    Ma plus douce lueur humaine mon amie

     

    .

     

    JEAN-PIERRE SCHLUNEGGER

     

    .

     

    SCH

     

     


    0 0
  • 09/01/13--10:33: JE SUIS LA
  •                              A Sylvie

     

    Se peut-il que l'on n'arrive jamais

    Au seul pays où l'on puisse vivre

     

    Où le pain a la saveur de ton rire

      J'ai déjà arpenté cette terre promise

     

    Aujourd'hui j'habite le désespoir

     

    De n'être pas où tu te bats seule 

     

    Contre le mal à l'intérieur de toi  

     

    Si mes mains ne peuvent être caresses

     

    Qu'au moins mes mots t'atteignent

     

    Te disent que je suis là et te soutiens

     

    Que chacune des cellules de ton être

     

    Sente la force apaisante des miennes

     

    Mon épaule existe pour y poser ta tête

     

    Mon bras se tend pour soutenir tes pas

     

    A quoi bon mon amour s'il ne t'est utile 

     

    Il y aura encore je le sais des étés de miel

     

    Nous irons enlacés au devant du soleil

     

    Et j'attiserai le feu ardent de ton rire

     

    Je te parlerai de toi de nous de toi

     

    L'amour sera plus fort que le mal 

     

    Tu verras tout recommence et fleurit 

     

    Mille et mille matins neufs renaitront

     

    Où ta voix vibrera aux frissons du vent 

     

    Le chemin est long qui me ramène à toi 

     

    Mon espérance est chevillée à ton coeur.

     

    .

     

     

    JACQUES VIALLEBESSET

     

    .

     

     

    PABLO-PICASSO-1923BBB

    Oeuvre Pablo Picasso

     

     

     

     

     


    0 0
  • 09/01/13--12:09: MARIE HURTREL
  • Il y a des poèmes écrits parce qu'on aime
    mais que sert-il d'écrire ce que la lumière du jour grave
    ce que la nuit enfle
    ou le jour
    et l'heure le temps
    quand un rien au fond d'une fleur ouvre la porte du sang
    et du temps
    à la circonférence d'un mystère
    comme une foi ancienne qui revient arpenter les présages

    On prend tout par amour
    on ne cède rien
    comme on refuse de cueillir l'orchidée sauvage sous les feuilles brassées des vents
    incultes
    ne pas casser la tige de l'incroyable
    et croire encore à sa nature

    A quoi reviendrait-il d'encrer ce qui ne s'ancre d'aucun souffle
    et ne fuit qu'au revers des manques
    ce qui se comble de combler

    Avez-vous vu cette cage
    l'abolition des rêves en soi
    et la porte ouverte sur les doigts qui refont les balises
    le tarmac est dehors et c'est dedans qu'on s'envole

    Faut-il décrire comme on pose une main sur l'épaule de l'in-doute
    dans les alter-valises offertes des guerres passées
    et des tombes jamais fermées
    sous l'incompréhension brumeuse
    quand se lève le brouillard sur les étangs sombres et les larmes éternelles
    faut-il écrire les paumes vers le ciel ce que l’essence de l’amour descelle
    l’entièreté du voyage et le monde où l’on s’abreuve

    Peut-on faire un poème quand la ligne d'horizon plonge
    dans le rouge au sens àêtre
    les partages incandescents et l’éternité faisant rivage

    quand au loin résonne un arpège et que c’est en soi que les notes s’enroulent comme
    des lianes fécondes

     

    .

     

    MARIE HURTREL

     


    .

     

    MARIE

     

     


    0 0
  • 09/01/13--16:26: OSTINATO...Extrait
  • Le gris argent du matin, l'architecture des arbres perdus dans l'essaim de leurs feuilles.

    Le parcours du soleil, son apogée, son déclin triomphal.

    La colère des tempêtes, la pluie chaude qui saute de pierre en pierre et parfume les prairies.

    Le rire des enfants déboulant sur la meule ou jouant le soir autour d'une bougie à garder leur paume ouverte le plus longtemps sur la flamme.

    Les craquements nocturnes de la peur.

    Le goût des mûres cueillies au fourré où l'on se cache et qui fondent en eaux noires aux deux coins de la bouche.

    La rude voix de l'océan étouffé par la hauteur des murailles.

    Les caresses pénétrantes qui flattent l'enfance sans entamer sa candeur.

    La rigueur monastique, les cérémonies harassantes que les bouches façonnées aux vocables latins enveloppent dans l'exultation des liturgies pour célébrer la formidable absence du maître souverain…

     

    Les grands jeux dits innocents où les corps se chevauchent dans la poussière avec un trouble plaisir. Les épreuves du jeune orgueil frémissant à l'insulte et aux railleries.

    Le bel été qui tient les bêtes en arrêt et l'adolescent comme un vagabond assoupi sur la pierre.

    Le pieux mensonge filial à celle dont le cœur ne vit que d'inquiétude.

    Le vin lourd de la mélancolie, le premier éclat de la douleur, l'écharde du repentir.

    Les fêtes intimes d'une amitiééprise du même langage, la marche côte à côte sur le sentier des étangs où chacun suspend son pas aux rumeurs amoureuses des Oiseaux…

     

    La fille pendue à la cloche comme un églantier dans le ruissellement de sa robe nuptiale, le feu pervenche de ses prunelles.

     

    Ce ne sont ici que figures de hasard, manières de traces, fuyantes lignes de vie, faux reflets et signes douteux que la langue en quête d'un foyer a inscrits comme par fraude et du dehors sans en faire la preuve ni en creuser le fond, taillant dans le corps obscurci de la mémoire la part la plus élémentaire :- couleurs, odeurs, rumeurs -, tout ce qui respire à ciel ouvert dans la vérité d'une fable et redoute le profondeurs.

     

    Sans doute eût-il fallu, pour garder en soi un fond de gaieté, ne rien voir du monde ni entendre qui vienne de son versant le plus sombre, rien que les éclaircies au sommet et la musique parfois d'une ineffable beauté, mais c'est là encore rêver tout haut, car croirait-on avoir occulté l'innommable qu'il bondirait hors de l'ombre pour rentrer le rire dans la gorge.

     

    Dans le jour douteux de la chambre où l'on dira entendre fermenter la mort, ce vieux corps possédé par la souffrance, ce regard en faction sous la broussailleuse grise des sourcils comme travaillant avec une extrême duretéà se voir mourir, ces lèvres où s'entrouvre d'une manière déchirante le sourire timide d'un enfant, ces doigts joints sur le cœur qui cède en un frémissement désolé, ce visage soudain muré dans une absence stupéfiante.

     

    .

     

    LOUIS RENE DES FORÊTS

     

    .

     

    FENAISON2

    Oeuvre Pierre Eugène Montezin

     

     

     

     


    0 0

     " Prendre soin, être confiant.
    Et naître.
    Naître une fois, deux fois, trois fois, entrer à chaque instant dans une vie blanche comme dent de lait, et que la mort ne saisisse dans le vieil homme qu'un nouveau-né, et que mourir ne soit qu'une naissance de plus, surajoutée aux autres, une naissance comme on dit d'une image: surexposée"

    "Dire, cette vie est un jardin de roses, c'est mentir.
    Dire, cette vie est un champ de ruines, c'est mentir.
    Dire, je sais les horreurs de cette vie et je ne me lasserai jamais d'en débusquer les merveilles, c'est faire son travail d'homme et vous le savez bien: ce genre de travail n'est jamais fini...

    La confiance est la matière première de celui qui regarde : c’est en elle que grandit la lumière. La confiance est la capacité enfantine d’aller vers ce que l’on ne connaît pas comme si on le reconnaissait.

    La confiance est cette racine minuscule par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie – avec les autres hommes, les autres femmes, comme avec l’air qui baigne la terre ou le silence qui creuse un ciel. Sans confiance, plus de lien et plus de jour. Sans elle, rien."

     

    .

     

    CHRISTIAN BOBIN / EDOUARD BOUBAT

     

    .

     

    Justyna Kopania - Tutt'Art@ (67)

    Oeuvre Justyna Kopania

     

     

     

     

     

     

     


    0 0

    Je nommerai désert ce château que tu fus,
    Nuit cette voix, absence ton visage,
    Et quand tu tomberas dans la terre stérile
    Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté.

    Mourir est un pays que tu aimais. Je viens
    Mais éternellement par tes sombres chemins.
    Je détruis ton désir, ta forme, ta mémoire,
    Je suis ton ennemi qui n’aura de pitié.

    Je te nommerai guerre et je prendrai
    Sur toi les libertés de la guerre et j’aurai
    Dans mes mains ton visage obscur et traversé,
    Dans mon cœur ce pays qu’illumine l’orage.

     

    .

     

    YVES BONNEFOY

     

    .

     

    ombre-rideau-dentelle-noir-et-blanc

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 09/04/13--07:04: RUSES DU VIVANT
  •   Même innocents
    du sang de notre prochain
    il nous arrive
    de tuer
    la vie en nous
    Plusieurs fois
    plutôt qu’une

     

     

    Le voile
    qui nous recouvre les yeux
    et le cœur
    Les barricades
    que nous dressons
    autour du corps suspect
    La lame froide
    que nous opposons au désir
    Les mots
    que nous achetons et vendons
    au marché florissant du mensonge
    Les visions
    que nous étouffons dans le berceau
    La sainte folie
    que nous enfermons derrière les barreaux
    La panique
    que nous inspirent les hérésies
    La surdité
    élevée au rang d’art consommé
    La religion
    largement partagée
    de l’indifférence

     

      Bien des messagers
    frapperont encore à notre porte
    Y aura-t-il quelqu’un
    dans la maison ?

     

      Dites-moi
    vers quel néant
    coule le fleuve de la vie
    C’est quand
    la dernière fois
    que vous vous y êtes baignés ?

     

    .

     

    ABDELLATIF LAÂBI

     

    .

     

    PO

     

     

     

     

     

     

     


older | 1 | .... | 13 | 14 | (Page 15) | 16 | 17 | .... | 183 | newer