Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 149 | 150 | (Page 151) | 152 | 153 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 03/16/18--23:57: EDOUARD J. MAUNICK...Extrait
  • ...

    .
    comme un cri non coupable seul soleil du soleil
    couleur de la cannelle de l’écorce couleur
    douleur de la racine de nocturne douleur
    poivre et poussière de pierre couleur de n’importe où
    douleur de la dispute trop de sangs s’interpellent
    la peau la peau la peau les tropiques se réveillent
    aveugle dans la ville témoin aux jeux de braise
    le soleil innocent exige la part du cœur

    rendez-moi ma couronne ma raison première
    mon royaume métis commence au point du jour
    et ses orfèvreries hantent les fonds de chair
    je prophétise le sang mêlé comme une langue de feu

     

     

    .

     

    EDOUARD J. MAUNICK

     

    .

     

     

    metissage2

    Sur http://mamzelhybrid.canalblog.com/


    0 0
  • 03/18/18--07:44: TARTANG TULKOU...Extrait
  • Quand nous faisons face directement à nos problèmes et les traitons à fond, nous découvrons de nouvelles façons d'être. Nous bâtissons la force et la confiance qui nous permettront de résoudre des difficultés futures. La vie devient un défi plein de sens nous conduisant à une plus grande connaissance et un plus vaste éveil de l'esprit.Nous découvrons tous que plus nous apprenons, plus nous croissons intérieurement. Plus nous relevons de défis, plus nous gagnons en force et en conscience. Quand nous vivons en accord avec le processus de changement, nous faisons quelque chose de précieux rien qu'en vivant. Il est possible voire facile de passer toute une vie en refusant de prendre la responsabilité de notre propre développement: nous ne souhaitons pas faire l'effort de changer. Or lutter contre le changement demande un effort encore plus grand. Essayer d'empêcher le changement dans notre vie, c'est comme nager à contre-courant. Cette attitude nous épuise et nous frustre jusqu'à ce qu'une impression de défaite commence à imprégner notre vie. Au lieu de cela, nous pouvons choisir de profiter de la nature transitoire de l'existence et apprendre à participer au courant dynamique de la vie, en harmonie avec le processus de changement. Changer est naturel et sain, ce n'est ni à craindre ni àéviter. En observant attentivement les changements qui ont lieu dans notre vie, nous pouvons voir que le processus est ce qui amène toutes les bonnes choses. Une fois que nous avons compris que le changement agit continuellement en nous et sur nous, nous pouvons apprendre à utiliser l'énergie du changement diriger notre vie .

     

    .

     

     LAMA TARTANG TULKOU
    Maître Tibétain

     

    .

     

    Sasho Kostov2,

    Oeuvre Sasho Kostov

     


    0 0
  • 03/18/18--08:52: ARCHIVES DU SABLE ...Extrait
  • Au bout de mes doigts
    ces blancs oiseaux cunéiformes
    mon souffle mon amour
    mon désir voyageur
    ces oiseaux effilant le loin
    fortuits et brefs entre l'incessant
    combat du feu et de la mer
    ces moments d'ailes donnant ciel
    à mes mots

    les voici insoucieux de moi
    désormais si lointains
    comme les vagues et le vent
    et miens oh rythmiquement miens

     

    .

     

    RAYMOND FARINA

     

    .

     

    RAY


    0 0
  • 03/18/18--17:24: NULLE MORT NE PEUT
  • Pour Derek Walcott

     

     

    Il y a tant de chênes à Atlanta qui gémissent encore
    Des champs qui pleurent
    Qui chantent aussi
    Et qui impriment aux capsules du coton des torsions incroyables !

    C’est ce mélange
    C’est cette torsion
    Ce plus insoutenable qui habille l’envol des belles et seules images !

    Que la mer mieux qu’Histoire te soit douce
    Qu’elle te fasse mémoire
    Que l’archipel mieux que pays te fasse collier

    Que ce qui se mélange
    dans l’aquarelle et dans Shakespeare
    dans les contes le théâtre et les livres
    t’organise le trône d’écume
    où tu viendras t’asseoir avec le mangot-vert des au-delà du jour.

    Ô seul langage du sel à la paupière touchée
    Ô rire dans l’amitié scellé
    Que poésie ne tremble !
    Que poésie ne passe !

    Frère,
    à beau dire à beau faire
    nulle mort ne sait
    quand ce qui reste

    se maille à tout ce qui célèbre qui accueille qui embrasse
    et qui noue.

    En nous, nulle mort ne peut.

     

     

    .

     

    Patrick CHAMOISEAU

    17 03 2017

     

     

    .

     

     

     

     

    Walcott

     


    0 0
  • 03/19/18--09:04: RUCHES...Extrait
  • Que la folie du monde se taise
    Que la vie soit plus belle que la vie
    Que les anges vacillent dans la mouvance du désir
    Que le baiser de la jeune mariée donne au ciel
    Une aurore de santal et de sel
    Que dure sur la mer immense
    Eternelle
    La traversée des innocences

    Que la noce des arbres en pollens
    Donne aux insectes
    La déraison des sentiments
    Un chemin de terre de pommes et de miel
    Dans ces rues de marbre

    Villages et lumières
    Enroulés autour des collines
    Printemps de Toscane

    S'il vous plaît
    Refermez la chambre un moment

     

     

    .

     

     

    PATRICK CHEMIN

     

     

    .

     

     

    ilse jungbluth2

    Photographie Ilse Jungbluth


    0 0


    0 0
  • 03/21/18--08:09: LE LIVRE D'HEURES...Extrait
  • "Car ne crois pas que ce soit vanité

    si je te dis que nul ne vit sa vie"

     

    .

     

    RAINER MARIA RILKE

     

    .

    oiseau

     

     


    0 0
  • 03/21/18--08:26: BRUNO RUIZ...Extrait
  • Un jour, il y a bien longtemps, je suis sorti de moi, de ce grand pays du silence. J’ai pris la route des mots pour embrasser l’univers avec vous, pour étreindre vos paysages, renverser des barrières, ouvrir des vannes, fleurir des jardins, crier l’inutile. Jamais je n’aurais cru semblable lumière dans vos yeux, tant de secrets dans vos enfances, de fleuves aux poèmes, d’espérance à vos genoux qui ne fléchissaient pas. Je m’approchais de vos îles sans vraiment les atteindre et je me nourrissais de vos viandes dans les poitrines du soleil. Et puis j’ai appris que tout meurt. J’ai accepté de vivre entre les mâchoires d’un étau sensible. Je me souviens aujourd’hui de ce qui nous lie à la terre et à toutes notre histoire commune. J’essaie d’oublier que j’attends. Mais de savoir que nous sommes les enfants d’une même langue partagée me rend plus que jamais vivant à l’œuvre infinie des hommes.

     

    .

     

     

    BBRUNO RUIZ

    2017

     

     

    .

     

    DEEDRA LUDWIG9,

    Oeuvre Deedra Ludwig


    0 0
  • 03/21/18--09:19: CHANSON
  • Toi, à qui je ne confie pas

    mes longues nuits sans repos,

    Toi qui me rends si tendrement las,

    me berçant comme un berceau ;

    Toi qui me caches tes insomnies,

    dis, si nous supportions

    cette soif qui nous magnifie,

    sans abandon ?

    Car rappelle-toi les amants,

    comme le mensonge les surprend

    à l'heure des confessions.

     

    Toi seule, tu fais partie de ma solitude pure.

    Tu te transformes en tout : tu es ce murmure

    ou ce parfum aérien.

    Entre mes bras : quel abîme qui s'abreuve de pertes.

    ils ne t'ont point retenue, et c'est grâce à cela, certes,

    qu'à jamais je te tiens.

     

    .

     

     

    RAINER MARIA RILKE

    La traduction de ce poème est de Rainer Maria Rilke

     

     

    .

     

    Joan Marti

    Oeuvre Joan Marti


    0 0
  • 03/21/18--09:26: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Où se fera le don,
    L’offrande fraternelle,
    Qui brisera la coque
    Où notre cœur attend ?

    Nous naissons d’un oubli
    Sous les branches du gel, 
    D’une marche ajourée 
    Dans l’eau vive du temps.

    Nous allons au plus vaste,
    Nous y semons le chant,
    Arrimant à nos pas
    Les odes du soleil,

    Mais nous ne savons pas
    La patience des aubes,
    Nous voudrions germer
    Sans visiter la nuit.

    Nous ne percerons pas
    La croûte des silences
    Sans que le pain rompu
    Nous dévoile un sillon.

    Nous sommes ici-même
    D’un royaume à venir
    Dont le miracle s’ouvre
    Au plus secret de nous.

    Car nous sommes promis
    À bien d’autres rivages,
    À des lumières pures,
    À des beautés sans nom,

    À des fleuves inconnus
    Surgissant de nos terres, 
    À des bourgeons d’azur
    Jaillis du même tronc.

    Dans cette Absence vive,
    Nous épelons le nom
    Sans lettres, sans consonnes
    Qui nous réconcilie,

    Et sans cesse creusant
    Les oraisons du vent,
    Nous cherchons le passage
    L’immense, l’estuaire.

    Nous nous heurtons partout
    À la gangue des rites, 
    Nous pesons, nous comptons
    Sans que la joie nous blesse,

    Et pourtant nous allons
    Vers notre source vive,
    Vers le Souffle natif,
    Vers ce vide habité,

    Et nous voilà saisis
    En cette attente nue
    Par l’instant sans boussole, 
    Ce Présent qui surgit.

     

    .

     

     

    JEAN LAVOUE

    13 mars 2018

    www.enfancedesarbres.com

     

    .

     

     

    emmila

     


    0 0
  • 03/22/18--05:19: PREAMBULE
  • J'ai eu envie de plonger dans l'espace changeant de la mémoire. L'élément déclencheur, ce fut le retour imprévu dans la région non pas de mon enfance mais de mes origines, ou plutôt d'une partie de mes origines. C'est un lieu à la fois connu de moi car je l'ai expérimenté et j'y ai des souvenirs mais c'est également un lieu raconté par les miens, et ce de tant de manières différentes qu'il m'arrive d'avoir la sensation d'une vision multiple, à la fois précise et brouillée. Les époques s'entremêlent, les personnages et les événements également. Il y a aussi de grandes plages de silence. Au bout du compte, ce qui ressemble à mon histoire ne m'appartient pas tant que cela. Elle implique les acteurs d'un récit demeuré fragmentaire car si l'histoire commence dans l'un des plis du temps où je figure, instant I d'où part ma pensée, qu'en est-il du temps d'avant ? Il me faut collecter les souvenirs des uns et des autres, mettre bout à bout les bribes et, quand manque le lien, inventer et supposer pour recréer la trame et fabriquer de toutes pièces les fines lamelles de l'éventail troué.
    Étrange promenade en vérité. Elle croise l'autoroute de la grande Histoire, croqueuse d'hommes et de femmes, mais aussi des sentiers surprenants auxquels on ne prête pas attention, qui partent à gauche, à droite, et que j'ai ignorés jusque là parce que j'allais si vite… A peine les avais-je remarqués que je les avais oubliés, concentrée sur l'avancée de ma propre existence, bercée par le ronronnement de mon seul moteur. Maintenant, stylo en main, je m'arrête. Je zigzague, je vais à pied dans ces sauvagines redevenues presque invisibles tant la trace en est aujourd'hui ténue. L'empreinte des gens est peu de chose et pourtant ! Ce sont ces infinités de presque rien, ces petits pas dans la poussière du temps qui ont façonné ce présent objet de toutes nos attentions.
    Je ne retrouverai pas les traces perdues des lointains ancêtres. Ni Cro-Magnon, ni romains, ni goths, aucun issus de ces anciennes tribus venues buter sur les limites occidentales de l'Europe. J'ignore à jamais ce qu'ils furent. Tous et toutes ont tissé le temps jusqu'au premier fil de la trame connue, intime, vécue par mes ancêtres proches et racontée. Avec les premières maille de ce canevas-là débute le conte premier, celui qui réjouit les enfants parce qu'il semble à la fois si exotique qu'il en est presque inconcevable, et si vrai par la voix qui le rapporte, réelle et aimée et attendue. C'est là que tout commence. "Tu ne peux pas savoir parce que tu n'étais pas née, mais quand j'étais petite, mon père, ma mère…" Ainsi en va-t-il de chacun.
    Je mets quelques mots sur quelques visages, les moins éloignés de moi – même si beaucoup se sont déjà tus. Chaque mort engloutit des visages, tout un vivier d'histoires. A partir de ce qui reste, à partir du relevé des voies suivies avant juste avant nos premiers pas, nous bricolons notre propre légende sans réaliser combien elle-même nous fabrique et nous dirige. J'ai choisi de retrouver ces fragments, de leur donner un sens et, quand ils font défaut, de les relier avec le fil de l'imagination et du cœur. C'est un voyage dont j'ignore la durée ni la distance à parcourir mais, comme tout voyage, au fond, c'est avant tout un récit et j'en suis le scribe.
    .
    .
    .
    .
    LEILA ZHOUR
    .
    .
    .

    DEEDRA LUDWIG8 ,

    Oeuvre Deedra Ludwig

    0 0
  • 03/24/18--01:27: GUISANE...Extrait
  • Pose ta vie un moment près des iris sauvages du marais. Demeure un instant dans le secret des arbres. Ne demande rien. N’attends rien. La patience de la terre est infinie. C’est un long murmure depuis la nuit des temps. Ta vie est une éternité. Ne passe pas à côté. Parfois la lenteur. Parfois la précision du mot et l’humilité du chant. Parfois le vent du soleil. Parfois tout en haut des cimes de l’imaginaire. Parfois dans l’abîme du trop et des impasses de la pensée obsédante. Ton petit caillou, pose-le sur ton cœur. Respire. Ta vie est une éternité. Ne passe pas à côté.

     

     

    .

     

    © PATRICK CHEMIN

    (2013)


    .

     

    iris-japonica

     

     

     


    0 0
  • 03/24/18--05:32: SEUL UN CALICE
  • Seul un calice rempli de larmes
    a l’éloquence du discours
    quand il parle de la grandeur humaine.

     

    Qui donc encore a conscience
    de l'opulence indécente
    quand des enfants meurent de faim?

     

    Je sais que "beauté" est un mot païen
    qui se décline en cris de cœur.

     

    Je viens de la lumière intérieure du verbe et des choses.
    Je viens d’une lumière originelle
    que la matière cache
    à l’insignifiance de l’œil humain.

     

    Je viens de la lumière matrice
    qui articule l’atome pour donner la vie.
    Je viens d’un seigneur de sang lointain.
    Je viens de mes pères et du chemin.

     

    Je sais l’impertinence de la conscience
    dans un monde de calcul.
    Je sais l’indispensable mutation
    et le retour à la lumière.

     

    Je sais que la Beauté
    est toujours une prière.

     

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

    .

     

    LUMIERE

     


    0 0
  • 03/25/18--02:01: RETROUVONS-NOUS...
  • Retrouvons-nous un peu 
    comme au temps des badamiers
    d'avant le grand départ
    vers l'autre monde

    Lorsque que nous vivions nos rêves 
    ou de jeunes rêves
    de piroguiers    de mangroves habitées 
    qui  abreuvaient 
    les racines du ciel

    Retrouvons-nous encore
    comme du temps où nous pensions 
    alliance  accord effleurant ainsi prématurément 
    et sans faillir les rivages vierges de Sagesse

    Avant que ne brise   sans frein
    au coeur de l'âme 
    l'arbitraire et ses lames 
    dont le morfil sitôt blessait le destin en allé

    Dans le Ponant vague 
    un songe océan   une esquisse 
    pour un petit voilier et son île 
    que la mer berce encore

    A bord    on y caressait l'espoir 
    de ces noces originelles touchant 
    au plus intime de la beauté
    et de l'amour de la terre

    Nous avions le monde
    à portée de la main 
    comme le marin      ses ciels infinis 
    La goutte d'eau n'abrite-t-elle pas l'océan

    On ne revient pas du temps passé 
    à le perdre      comme de ses geôles 
    Mais d'en raconter l'histoire
    au présent     de loin     en courant à sa rencontre

     

     

    .

     

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

     

    .

     

     

    PLAGE LIBREVILLE


    0 0
  • 03/25/18--02:13: J'AI TOUJOURS....
  • J’ai toujours ton cœur avec moi
    Je le garde dans mon cœur
    Sans lui, jamais je ne suis
    Là où je vais, tu vas ma chère
    Et tout ce que je fais par moi-même,
    Est ton fait, ma chérie.
    Je ne crains pas le destin
    Car tu es à jamais le mien, ma douce.
    Je ne veux pas d’autre monde
    Car, ma magnifique,
    Tu es mon monde, en vrai.
    C’est le secret profond que nul ne connaît.
    C’est la racine de la racine,
    Le bourgeon du bourgeon
    Et le ciel du ciel d’un arbre appelé Vie
    Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
    Ou l’esprit le cacher.
    C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
    Je garde ton cœur, je l’ai dans mon cœur.

     

    .

     

    E. E. CUMMINGS

     

    .

     

    COEUR


    0 0
  • 03/25/18--04:20: CITADELLE...Extrait
  • « Comme l’homme doit baigner dans l’air, comme la carpe doit baigner dans l’eau, l’arbre doit baigner dans la clarté. Car planté dans la terre par ses racines, planté dans les astres par ses branchages, il est le chemin de l’échange entre les étoiles et nous. »

     

     

    .

     

    ANTOINE DE SAINT-EXUPERY

     

    .

     

     

    ARBRE 2

     


    0 0
  • 03/25/18--04:45: AURORE INHUMABLE
  • Parfois grâce plus lente un pan de vie soufferte est là tremblant que tu ne rejoins plus. Dans ce relâchement du ciel désert le temps désespérant et pur explose à travers feux et pierres. Une mélancolie travaille en pourrissement le silence à l’aurore inhumable. Et toi ma très proche pensée de blancheur en ton parfum de lait durci au jour d’été poudre de chaux coquille concassée dans cette gorge quelle fatigue de quel amour m’es-tu ? Rien que seul et me taisant me dis-je Dieu jamais ne me retrouvera. Plus de terribles ferveurs et d’éblouissements fous au fond de mon sommeil. Ici veillent de grands ennemis brûlants sur le ceinturement abrupt des empires. Insoutenable éclat de nos murs mêmes dans la craie. Et quelque part qui ne peut plus être pleurée l’immense larme bleue l’ombre apeurée liquide et cette sphère aux fins cristaux de neige épuisant en des orbes infinis la force de son roulement. Ce sont dans une chambre verte au torrent accrochée les denses murmures de la folie. Je dis la mort m’appelle. Une sombre puissance m’arrachera de ce profond de toi. Un signe noir déjà me porte au cri. Avais-je peur anciennement quand l’idée d’une paix caverneuse engouffrait son abîme soudain en moi ? Non je te voyais et tenais comme une sauvagerie d’anges à ce pic éclairant l’aplomb triste du lac éteint. Pourtant chaque jour plus faisant moi je foule de nouveau l’abord de cette solitude qui me ressemble. A l’orée les formes sont rappelées dans le congé blanchâtre des vergers chaotiques. Au centre inhabitable un visage roide emmêle nos sourires perdus. Et par-delà tout cet empilement feuillu de la forêt tardive une nuit frissonnante d’étoiles et de mots. Un monde recommencé comme journée de sable devant la source. Une âme offerte aride où n’est plus ce souci de vivre et de revivre.

     

     

    .

     

     

    JEAN-PHILIPPE SALABREUIL

     

     

    .

     

    Tejo Verstappen

    Oeuvre Tejo Verstappen

     


    0 0


    Perdre notion de la douceur

    de l'amande écale éclatée

    Perdre notion de ce lexique

    où se prirent tous mes oiseaux

    quand faseillaient les feuilles

    quand chaque arbre était singulier

    dans sa façon de ciseler

    l'espace & sasser la lumière

    Oh les mots de ma préhistoire

    Oh cette cécité

    loin du livre initial

    J'ai laissé

    tous mes gestes dans la conscience

    d'hommes maigres & secs de pauvres

    traversant le plus clair des jours

    pour échanger des grains des mots

    ou pour prendre le thé le temps

    de ne rien dire écouter l'eau

    murmurer son désir de menthe

    Nos nuits étaient de chiens lâchés

    dans les étoiles les présages

    d'errances de fous de voleurs

    Nous étions autour de ta voix

    C'était comme dans un jardin

    de merveilles dont fleurissait

    notre silence en faim de conte

     

     

    .

     

    RAYMOND FARINA

    Editions J.M. Laffont

    .

    cup of tea


    0 0


    0 0

    Pourquoi les bêtes meurent-elles comme les enfants ?

    Pourquoi mourons-nous en elles ?

    Est-ce par la loi d’un dieu, sous le poids de son

    pas sur les choses ?

    Pourquoi ne distinguons-nous pas les mots ?

    Pourquoi cette pitié ou cette loi

    ne sauvent-elles pas ?

    Pourquoi mourons-nous dans les fleurs

    dans la lumière du jour nécessaire ?

    C’est ainsi que je sors dans la lumière pour me

    soustraire aux ombres où j’écris.

    tels seront la reddition, le temps :

    la destruction de tout style

    la lumière frontale qui nous brûlera tous.

     

     

    .

     

     

    SEBASTIANO AGLIECO

    Traduction Jean Portante

     

     

    .

     

     

    animaux


older | 1 | .... | 149 | 150 | (Page 151) | 152 | 153 | .... | 183 | newer