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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/29/18--04:43: JOURNAL D'UN POETE...Extrait
  • ...

     

    Bêtes, venez à moi ! venez bêtes farouches

    épancher toute haine dans la coupe de mes mains !

    Il est grand temps que la lune là-haut

    cesse enfin de laper les nuages.

     

    Sœurs chiennes, frères chiens,

    traqué comme vous parmi les hommes

    qu’ai-je à faire de caravelles haridelles

    ou des voilures de corbeaux.

     

    Si la faim suintant de murs en ruine

    vient à s’agripper à ma chevelure,

    je mangerai la moitié de ma jambe

    et vous offrirai l’autre en pâture.

     

    Je n’irai nulle part avec les gens,

    mieux vaut crever ensemble, avec vous

    que de ma terre aimée ramasser une pierre

    pour la lancer sur mon fou de prochain.

     

     

    .

     

     

    SERGUEÏ ESSENINE

    Traduction Christiane Pighetti

     

     

    .

     

     

    Rebecca Campbell2

    Oeuvre Rebecca Campbell


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  • 03/30/18--04:49: STEFANO VILARDO...Extrait
  • Le vent tisse les chants des grillons

    et porte le bruit du ressac.
    L'air déjà plus tendre
    brille dans les zones d'ombre

    au jeu alterné des lucioles
    la mémoire harcèle et se dilate
    dans le lacis profond du souvenir.

    .

     

    .

    .

     

    STEFANO VILARDO

    .

     

    .

    .

     

     

    christian arjonilla2

    Oeuvre Christian Arjonilla

     


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  • 03/30/18--04:50: VAHE GODEL...Extrait
  •  

    Nul ne perçoit l'appel du nomade perdu
    sans viatique en un désert sans bornes
    hors cet oiseau sans nom dont la couleur est celle
    du vent – seul lui répondent sans cesse de partout
    de nulle part ces invisibles oiseaux
    dont le chant n'est autre que celui de l'espace
    aiguisé par le vent

    .

     

    VAHE GODEL

     

    .

     

    Henrik Simonsen's2

    Oeuvre Henrik Simonsen's

     


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  • 03/31/18--04:33: LE PETIT PRE...Extrait
  • Tout est consenti
    Je m'abandonne à l'oubli
    Au silence à la nudité minérale du chant
    Forêts et champs
    Rivière laissez-moi passer...
    Je cherche la beauté
    Vêtue de nuit
    Qui vous a renversés
    D'un cri.


    ...


    Tu ne connais pas
    La douceur de ton nom
    Tu ne sais pas comme il est bon
    De le dire d'en bas
    Quand on se tient
    Dans l'ombre de ton cœur
    Quand on n'a rien
    Que son âme en pleurs

     

    ...



    Il suffirait d'un papillon
    Pour que la prairie se mette à voler
    Que l'oiseau moribond
    Cueille son cœur étoile
    Quand le trèfle sent bon
    Comme un framboisier
    Pourquoi dirait-on
    Que l'oiseau s'est trompé
    De saison


    ...

     

    Ils se cachent, dit-on, pour mourir.
    Moi je dis
    Qu'aucun oiseau jamais ne meurt
    Mais que très haut, parmi l'écume
    Et les tourbillons d'astres, leurs chants
    De planète en planète bondissent
    Vers leur source.

     

    .

     

    ANNE PERRIER

     

    .

     

    bernard liegeois

    Photographie Bernard Liégeois


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  • 03/31/18--04:55: LA VOIE NOMADE
  •  

    O rompre les amarres

    Partir partir

    Je ne suis pas de ceux qui restent

    La maison le jardin tant aimés

    Ne sont jamais derrière mais devant

    Dans la splendide brume

    Inconnue

    Est-ce la terre qui s'éloigne Ou l'horizon qui se rapproche

    On ne saurait jamais dans ces grandes distances

    Tenir la mesure

    De ce qu'on perd ou ce qu'on gagne

    Pour aller jusqu'au bout du temps

    Quelles chaussures quelles sandales d'air

    Non rien

    O tendre jour qu'un mince fil d'été

    Autour de la cheville

    Mais le cercle d'argent

    Au poignet l'enfant d'arc-en-ciel

    Me conduit au désert

    Une femme nomade y a gravé

    Toutes ces traces d'oiseaux blessés

    Et les suivant peu à peu s'est perdue

    Dans les sables

    Le prochain puits

    Me rendra-t-il en tremblant mon visage

    Immortel

    Ou seulement l'appel sauvage

    Et fou qui plonge dans sa nuit

    Comme un glaive

    Si je m'égare

    O que ce soit à l'heure de midi

    Et au milieu d'étincelantes

    Dunes leurs dômes de cannelle

    Et leur fuite dorée

    De gazelles

    Endormez-vous mes terres

    Mes atlantides endormez-vous

    Je garde en moi l'appel

    Ebloui des rivières

    J'emporte la flûte

    Ardente de tous les chants

    Je sais que la nuit sera longue

    Et que le froid me brûlera

    Les yeux que le scorpion me guette

    En silence et que des chiens avides

    Gardent la porte du jour

    Peut-être qu'à la fin du jour

    Se lèvera d'entre les harpes

    La brise du désert

    Plus ineffable que le rossignol

    Et que seul peut entendre

    Le cœur intemporel

    Si le temps me touche

    Si la mort m'arrête

    Alors que ce soit

    D'un doigt éblouissant

    Ce n'est pas l'ombre que je cherche

    Ni l'humble signe

    De la halte sous les palmiers

    Tranquilles ni l'eau ni l'ange

    Gardien d'oasis

    Je cherche le chemin qui dure

    Toujours toujours toujours

    Et pour guider la marche

    Une cage une tombe

    D'oiseaux désenchantés

    Leur voix mise à prix

    Dans la forêt en cendres s'est tue

    O compagnons d'errance

    Et de ciel

    L'âme bleuie de froid

    Quelle surprise pour la mort

    Qui l'ouvrira

    D'y trouver la fraîcheur sucrée

    De la figue mûre

    Si je pouvais glisser mon ombre

    Dans la lumière immobile

    Et passer en des mots

    Qui ne soient plus qu'allégement

    Et envol d'amandiers

    O rendez-moi la fougue et l'espace et l'audace

    Et la royale autorité

    Du danseur de corde

    Aurai-je cette fois aurai-je à délaisser

    La mer la grande maternelle

    Mer et ses bras d'ardoise

    Tant d'adieux tant d'adieux

    O messagers

    Entre vos ailes

    A mon poignet trois pierres

    Chaque matin se baignent dans le ciel

    Trois pierres de lune et le ciel est pris

    Pour la prière

    Et pour la rêverie

    Si les ombres sur le chemin

    Si les tristesses n'étaient rien

    Que mirages mirages sur le sel

    De nos larmes

    Ce n'est pas

    Au moment de mourir tous les cris

    Déchirants de la terre que j'emporterai

    Toutes les larmes non

    Mais ce rire d'enfant comme un chevreuil

    Qui traverse la foudre

    Le bleu des lointains me transperce

    Et tout le bleu du vent

    Et jusqu'à l'âme

    Le bleu cavalier de la mort

    Je m'arrête parfois sous un mot

    Précaire abri à ma voix qui tremble

    Et qui lutte contre le sable

    Mais où est ma demeure

    O villages de vent

    Ainsi de mot en mot je passe

    A l'éternel silence

    Oh je l'entends

    Mais quel ange me le dérobe

    Ce dernier chant de flûte

    Au bord de l'ineffable

    A la fin de la traversée

    M'attend la souveraine saison

    Sous ma tête

    Le sable chaud du long sommeil

    Une pelisse d'étoiles

    Sur mon ombre humaine

    Plus avant plus avant

    Vers les terres extrêmes

    Où il n'y a ni routes ni refuges

    Rien que les plis laissés par le dernier repos

    Du vent

    Me fascinent

    Les routes nulles du désert

    Et la longue patience des chameaux

    Ce là-bas

    Ce chant cette aube

    Cet envol de ramiers

    Cet horizon comme un jardin

    Qui repose dans la lumière

    Et les aromates

     

    J'ai retrouvé par hasard

    Sous les feuilles ma petite flûte d'enfant

    Et je sais que tout près d'ici

    Je vais revoir la place d'herbe humide

    D'où s'envolait sans fin

    Le héron cendré

    Toi

    O si peu de bois tendre

    Qu'un souffle trop ardent

    Te briserait entre mes doigts

    J'essaie encore

    De ma bouche engourdie

    Ce mince chant où venaient se poser

    Jadis les paons de jour

    Si nous devons tomber

    Que ce soit d'une même chute

    Etincelants

    Et brefs comme l'oiseau

    L'arbre

    La foudre

    Pour tout bagage

    Pour tout péage

    Cet air de flûte qui chancelle d'un silence

    A l'Autre

    La solitude

    Cette broussaille désolée

    Du cœur

    D'où monte à la fin du jour

    Une salve de colibris

    En vain chercherons-nous sur le rivage

    Une demeure

    Nous ne sommes que de passage

    Et glissons sur un fleuve à la gorge ouverte

    Entre les astres

    Que faire

    Contre le vent qui nous glace

    Qui livre aux gouffres de la nuit

    Et à jamais les douces cendres

    Du dernier phénix

    Le poète chassé du monde

    Pour ses yeux trop bleus

    Pour ses chevaux d'ivoire

    Qui arpentent le crépuscule

    Pour son orgue de barbarie

    Encastré dans la mort

    Les oiseaux qui ceignent mon front

    Noirs enchanteurs

    Au tombeau de la poésie

    O faites

    Que le feu de la mort les change

    En étincelles

    Le silence ô je l'appelle

    Tout ce vacarme de mouettes

    Dans nos murs et pour quelle

    Conquête

    Cependant qu'au-delà des mers

    Sans bruit

    Un giroflier mûr

    Embaume l'île entière

    Ce chant trop lourd

    Je laisse à la nuit son poids d'ombre

    Et le reste

    Je le donne à l'espace

    Qui le donne à l'oiseau qui le donne

    A l'ange éblouissant

    Pendant que je dormais

    La lumière est entrée dans mon cœur

    Comme une fine aiguille de feu

    Qui sans relâche me consume et me déchire

    Mais d'une façon telle

    Que l'arracher serait rendre le cœur

    A sa nécropole

    Nous avions cru chanter

    Sur la plus haute branche

    Et nous n'étions qu'à peine

    Au-dessus des grenouilles

    Ce jour d'avril

    Parce que ma force s'est perdue

    Et que mes pas s'embourbent

    Je salue chaque brin d'herbe

    D'un regard qui tremble

    Réduite à rien

    A pousser devant moi le frileux troupeau

    Des paroles brebis de laine

    Et de vent

    Le temps que tombe un citron mûr

    Sur la paume du jour

    Mes yeux retrouvent la fraîcheur

    De l'enfance

    La foule ici comme l'orage

    Eclate sur ma tête

    Oh je m'éloigne

    Avec les chèvres millénaires

    Je disparais je monte

    Entre les roches parfumées

    Jusqu'à la citadelle

    Blanche des paradisiers

    Plus le temps se fait sombre

    Et la route aride

    Plus je remplis

    Mon fichu d'étoiles

    C'est peut-être le sort des vieilles terres

    De voir leurs sources peu à peu tarir

    Ou encore celui du vieux poète

    Lentement dépouillé de ces larmes

    Qui en tombant essuyaient la poussière

    De ses sandales

    Levée avant les heures

    Je jette au vent ces mots

    Poignée de graines dédiées

    Au monde ailé du jour

    Si je devais m'arrêter

    Mycènes c'est ici

    Sur tes flancs ravagés par l'Histoire

    Que je déposerais mon errance

    Ma flûte tendre

    Et sa rumeur d'oiseaux blessés

    Ne me retenez pas si

    Au détour du chemin

    Tout à coup

    Emportée vers les sources du jour

    J'escalade le chant du merle

    La seule tristesse

    C'est de savoir que les jours s'ouvriront

    Comme des lys au fond du temps

    Que l'amour dans le cœur de l'homme

    Continuera de déployer

    Ses roseraies

    Que la beauté comme naguère

    Embaumera les pas du voyageur

    Et que sous tant de fleurs

    J'aurai les yeux remplis de terre

     

    .

     

    ANNE PERRIER

     

    .

     

    edgar degas2

    Oeuvre Edgar Degas


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  • 04/01/18--07:47: COEUR A COEUR...Extrait
  • Ces riens toujours à l’orée de nos cœurs

    pour que grandisse en nous

    un ciel nécessaire

    à notre vie profonde

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    coeur


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    Retourner sur mes pas
    Aimer sous les frondaisons vert d’eau
    Sentir la douce brise de la forêt
    les feuilles qui se frôlent 
    odeur de boue fraîche
    de jeune plante
    de mousse ancienne
    l’arôme des iris qui pendent 
    des grands gaïacs
    la broussaille qui enterre
    les trésors des mayas
    le vent qui garde
    la mémoire d’autres années
    qui semblent revenir du passé
    tandis que le fleuve descend
    posément
    comme l’image du Dieu maya
    sur la pierre éternelle des ruines.

     

    .

     

     

    MARISA TREJO SIRVENT

    Poésie du Chiapas

    https://www.terreaciel.net/Huit-poetes-du-Chiapas-par-Nicole-Laurent-Catrice#.WsDzGy5ubIU

    .

     

     

    Volver sobre mis pasos
    Amar bajo la fronda verde agua
    Sentir la brisa suave de la selva
    Las hojas que se rozan
    Olor a barro fresco
    A planta joven
    A musgo antiguo
    El aroma de lirios que cuelgan
    De grandes guayacanes
    La maleza que entierra
    Tesoros de los mayas
    El viento que guarda
    La memoria de otros años
    Que parece que vuelven del pasado
    Mientras el río desciende
    Pausadamente
    Como la imagen del Dios maya
    sobre la piedra eterna de las ruinas.

     

    .

     

    maya2

     

     

     


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  • 04/02/18--00:40: LA GRÂCE DES ÂNES

  •  J’ai bien connu, en Sardaigne, ces adorables animaux. Ils ont le poil long comme les chèvres. Ils vivent en liberté dans la campagne, reviennent d’eux-mêmes à la maison comme les chiens. Les yeux bons, les lèvres rêveuses, ils restent immobiles des heures entières, distraits, paresseux, je ne sais. Il me semblait qu’ils fussent les créatures les plus vieilles de la terre, et que dans leur lenteur, leur indolence, sur leur croupe si pitoyable, pesât une grande fatigue de vivre. Ce vers de Saint-John Perse : l’éternité qui baille sur le sable , je l’avais arrangéà ma façon.

     

    .

     

    LEONARDO SINISGALLI

    traductio de l’italien  Jean-Yves Masson

     

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    muscade2

     


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  • 04/02/18--00:54: HENRI GOUGAUD...Extrait
  • Car il n’est pas besoin de longtemps fréquenter la mémoire des sens pour trouver à l’étroit sur cette ligne, notre histoire, tracée entre deux gouffres. Que notre vie soit beaucoup plus vaste, plus belle, plus riche que ce bric-à-brac d'événements accumulés entre la naissance et la mort n’est pas seulement un pressentiment de conteur libertaire, c’est une vérité d’expérience. Je suis, nous sommes infiniment plus foisonnants que ne saurait le dire la plus minutieuse des biographies. Nous sommes plus vivants que nous ne saurions nous-mêmes le dire. En vérité, dans cette dimension du temps que perçoit notre intelligence sensitive, nous ne rencontrons pas notre histoire, cette succession de faits et gestes voués, de toute façon à l’oubli. Il n’y a là de place que pour le jeu de la vie.

     

    .

     

    HENRI GOUGAUD

     

     

    .

    CHRISTINE FERRE2

    Oeuvre Christine Ferré


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    Clip de Sophie Comte


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  • 04/03/18--04:09: MARC EEMANS...Extrait
  • “Il importe avant tout de dépasser l’homme, de l’élever à l’état de mystère. N’est-il d’ailleurs pas au plus profond de lui-même ce mystère sacré d’où peuvent à chaque instant, dès qu’il les appelle, surgir les dieux?

     

    Pour se dépasser, il suffit à l’homme de savoir écouter les voix intérieures qui l’habitent et d’intérioriser le choeur sans cesse mouvant des voix du monde qui viennent à leur rencontre. Toutes choses se répondent, se font signe, et du fond des âges elles s’avancent sous la diaprure immuable des mythes: mythes des origines et mythes des infinies métamorphoses de l’Etre et de son néant, de sa déréliction, de sa terreur congénitale, mais aussi de ses cruautés, de ses joies, de ses pouvoirs et de toutes les ferveurs d’un monde en gésine de magie.”
    .

     

     

    MARC EEMANS

     

    .

     

    humain3

    Oeuvre ?


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    La ronce liane a noué les pas 
    de ta subsistance 
    Elle te fait chuter dans les rudesses
    d'un profond maquis
    et de l'abandon
    pour quelques misérables deniers 

    Il en est ainsi
    parce que tu m'as suivi
    entravé
    depuis si longtemps     déjà 
    Loin de durer       tu endures 
    le calvaire des réclusions mutiques    

    Mais lève les yeux        regarde
    depuis le lit reposé des cyclamen
    et la cime des arbres
    qui t'accueillent 
    il est     plus que jamais 
    d'autres fenêtres de ciels animées 
    où s'invite la conférence annuelle des oiseaux
    une  île bouquetière
    le chant des ruisseaux

    La brise de jour entonne la valse 
    des vagues lointaines
    Une tiédeur tropicale
    a réveillé ma souvenance
    Que ne suis-je pas encore là-bas
    dérivant    délirant 
    entre les billes de bois
    et la complainte des piroguiers


    Va et ne pleure plus 
    Demain sera aux songes vrais 
    aux charmilles de nos vingt printemps
    le temps d'un baiser volé 
    à la liberté
    à l'instant précieux de notre vie

     

    .

     

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

     

    .

     

    maquis2,

     

     


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  • 04/06/18--06:18: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Le livre que j’ouvre à présent 
    Est celui de l’arbre et du vent,
    Des saisons et du ciel infini,
    Des moissons du silence
    Dont toutes mes racines ont soif.

    Si je marche en claudiquant 
    Sans me hâter vers la ligne des grèves
    Ce n’est pas pour comprendre
    Mais pour laisser aller : 
    Creuser mon ignorance
    Ne m’est plus nécessaire.

    Portées par l’aile de l’instant 
    Des pages détachées volent dans ma mémoire ;
    Je me fie à leur errance.
    Aucun traité ne me donnera plus le goût
    De ces paraboles incendiées.

    Des visages me traversent,
    Ceux des amis ayant franchi la ligne
    Et dont je suis à jamais marqué du signe :
    Ensemble, nous avons proféré un pacte,
    Nous promettant un sillage de feu dans la nuit
    Dès que l’un de nous gagnerait le port.

    Notre besace est vide, dépossédée d’étoiles,
    Passants pourtant d’une race éphémère,
    Parente de l’obscur et des constellations.
    Rien ne nous est plus joyeux
    Que cette part en nous,
    Nocturne et sans pourquoi,
    Que le temps n’atteint pas.

    Ô brasier des déserts
    Qui nous fut une source,
    Un vide ardent pour nous défaire,
    Nous avons oublié le nom que tu cachas
    Mais non pas le Souffle
    Où l’âme fut éprise.

    Et c’est pourquoi nous avançons sans voir,
    Nous laissant découvrir à tâtons, 
    Sans redouter la main
    Qui, avec une infinie patience,
    Disperse silencieusement nos jours.

     

     

    .

     

    JEAN LAVOUE

    3 avril 2018

    www.enfancedesarbres.com

     

    .

     

    Agron Vpapajani Bejte2

    Oeuvre Agron Vpapajani Bejte


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  • 04/06/18--06:30: L'AMER NOUS GUIDE...

  • Je suis né d’une erreur du vent et de la mer

     c’est pourquoi j’ai vécu au rythme des marées
     entre les hommes et dieu je n’ai pas pu choisir
     poisson-lune égaré sur un trottoir vitreux
     je n’ai fait que passer sans pouvoir respirer

    un enfant replié s’est pris dans ma mémoire

     qui m’empêche d’atteindre au pays d’où je viens
     quand trouverai-je enfin de quoi crever mes yeux
     sur le plancher glissant d’une barque fantôme

    si je viens à mourir qu’on me jette à la mer

     dans l’aube bleue des sables je trouverai ma route
     j’arriverai enfin à cette grande fête
     où mon corps fait surface à l’intérieur du sel

     

    .

     

     

    TRISTAN CABRAL

     

     

    .

     

     

    cris2

     


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  • 04/06/18--07:16: NICOLE BARRIERE...Extrait
  • il y a les mots

    les ombres des mots
    les lumières
    les lueurs des mots
    les cris
    les chuchotements
    les mots tendrement ouverts
    les mots envolés des lèvres
    comme des ailes pliées
    comme des fenêtres ouvertes
    comme des rivières où naissent les âmes
    les mots tombent comme des fruits mûrs
    comme des feuilles
    comme l’herbe rouge et bleue
    plus tard
    quand les feuilles noircissent
    la peau des rêves
    le soir descend des étoiles
    une autre langue parle
    les mots du chemin et de la forêt
    dans toutes les langues
    marchent sur l’invisible
    c’est ta main dans la mienne pleine de paroles
    de terres nouvelles d’eaux souterraines
    et la terre te fait signe depuis la lune
    fragment de ciel
    et d’invisible
    le poème absolu
    s’ouvre du désir premier des lèvres
    trouée de rêve où seules chantent les mains.

     

    .

     

    NICOLE BARRIERE

     

    .

     

    nic

     

     

     

     

     


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  • 04/06/18--07:19: MARC BARON...Extrait
  • Quand nous allons plus haut que nous

    Vers tout le silence qui tremble

    Le jour a le poids d'une image

    Nous vivons loin des nids

    L'espoir est notre seul envol

     

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    MARC BARON

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    claire basler2

     Oeuvre Claire Basler

     

     


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  • 04/06/18--07:19: CHANT IV...Extrait
  • ...

    Notre cœur sera bientôt notre bouche,
    la voix sera vue, touchée et respirée ;

    la pluie, uniquement ce que tu chantes.

    Vers ta voix émigreront les hirondelles,
    vers ta voix se tourneront les héliotropes.
    Clair de ta voix sera l’espace,
    profond de ta voix l’abîme.

    Aujourd’hui c’est la vendange de l’air.

     

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    AUGUSTO LUNEL

     

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    heliotropium


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    Comment ne pas sentir (...) que cette intimité qui me protège et me définit est un obstacle définitif à toute communication ? Tout à l'heure, perdu au milieu des autres, j'existais à peine. J'ai maintenant découvert la joie de me sentir vivre, mais je suis seul à la goûter. Mon âme est bien à moi, mais j'y suis enfermé (...) Les autres ne peuvent violer ma conscience, mais je ne puis leur en ouvrir l'accès, même lorsque je le souhaite le plus vivement. Mes gestes et mes paroles sont des signes sans contrepartie. Ils peuvent seulement faire allusion à une expérience que j'éprouve mais que ceux à qui je m'adresse ne pourrons jamais avoir.
    Mon succès apparent cachait ainsi une défaite totale. Seule la subjectivité est une existence véritable, mais elle est, par essence, incommunicable. Je suis tout seul et comme muré en moi-même – moins solitaire qu'isolé. Mon jardin secret est une prison.
    Je découvre en même temps que l'univers des autres m'est aussi exactement interdit que le mien leur est fermé. Plus encore que ma souffrance propre, c'est la souffrance d'autrui qui me révèle douloureusement notre irréductible séparation. Quand mon ami souffre, je puis sans doute l'aider par des gestes efficaces, je peux le réconforter par mes paroles, essayer de compenser par la douceur de ma tendresse la douleur qui le déchire. Celle-ci pourtant me demeure toujours extérieure. Son épreuve lui reste strictement personnelle. Je souffre autant que lui, plus peut être, mais toujours autrement que lui; je ne suis jamais tout à fait « avec » lui.
    L'expérience de la mort de l'autre est encore plus bouleversante. A cet événement exceptionnel qui anéantit celui que j'aime ou qui le transporte peut-être dans quelque autre monde où je n'ai point accès, j'assiste en étranger. Le déchirement qu'opère en moi la pensée d'une fin que je vois approcher n'est que ma tristesse. L'angoisse que j'éprouve pour la destinée de mon ami reste mon angoisse. Que je m'applique à rendre sa mort plus douce ou plus résignée ne supprime pas le fait que l'épreuve m'en demeure interdite. On meurt comme on est né, tout seul, les autres n'y peuvent rien. Enfermé dans la souffrance, isolé dans le plaisir, solitaire dans la mort, réduit à chercher des indices ou des correspondances dont l'exactitude n'est jamais vérifiable, l'homme est condamné, par sa condition même, à ne jamais satisfaire un désir de communication auquel il ne saurait renoncer.

     

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    GASTON BERGER

    Du prochain au semblable 
     

     

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    Jiwoon Pak2

    Oeuvre Jiwoon Pak


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  • 04/09/18--01:55: UN SANGLOT NOMMÉ GAZA
  • Il arrive un moment où vient la sensation que l’on se répète encore et encore, pour rien, pour pas grand-chose de concret, pour aucun changement. En somme, une oppression, un à-quoi bon, contre lesquels il est dur de lutter. Cela vaut pour nombre de sujets d’actualité. La situation politique et économique en Algérie, la tragédie syrienne ou le drame profond des Palestiniens. Ce qui vient de se passer à la « frontière » de Gaza, cette tuerie qui n’est rien d’autre que l’affirmation d’un pouvoir total de vie et de mort sur une population sans défense, fait réapparaître ce sentiment qui mêle colère, indignation, amertume et sanglots.

    Tuerie gratuite, délibérée, et qui, sur le plan international, a de fortes chances de rester impunie. Nous le savons tous. Dans la hiérarchie mondiale, l’Etat israélien occupe une place à part. Comme l’OAS jadis, il frappe où il veut et quand il le veut, sûr de son bon droit et du soutien indéfectible des Etats-Unis, première puissance planétaire. Il arrive parfois que Washington manifeste quelques irritations et laisse passer des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sans opposer son véto. La dernière fois, c’était en décembre 2016 à propos de la condamnation de la colonisation (laquelle ne s’arrête jamais). Le cadeau d’adieu de Barack Obama à son « ami » Benyamin Netanyahou… Mais avec Trump, retour à la case du « feu vert permanent ».

    Israël peut aussi compter sur la lâcheté de l’Union européenne (UE) et de ses membres. Oh, bien sûr, certains d’entre eux ont fait état de leur « préoccupation ». D’autres, comme la France, ont même fait preuve de courage intrépide en demandant à Tel Aviv d’agir avec une « plus grande retenue ». Mais point de sanctions. Pas même l’esquisse d’une réflexion en ce sens. Suspendre l’accord d’association ? Impensable. Mettre le frein sur certains accords de coopération technique et scientifique ? Inenvisageable. Car, après tout, qu’est-ce que la vie d’un Palestinien ?

    C’est le fond du problème. Pour les chancelleries européennes, les Palestiniens sont des morts en sursis. C’est leur état naturel. Ils seraient ainsi destinés à subir ce qu’ils subissent. Une gamine de dix-sept ans emprisonnées, sexuellement harcelée par son interrogateur, cela ne déclenche guère de protestations. La « communauté internationale » fait avec… Des jeunes que l’on arrête et que l’on détient sans raison, au nom d’une disposition qui remonte au protectorat britannique ? Que voulez-vous, mon bon monsieur, nous n’y pouvons pas grand-chose… Et puis, vous savez, le poids du passé… Imaginons un seul instant quelles auraient été les réactions des Européens (ne parlons même pas des Etats-Unis) si les morts avaient été Israéliens…

    En France, dans la hiérarchie de l’information, la tuerie de Gaza est passée loin derrière la grève des cheminots, la météo incertaine, la finale de la coupe de la ligue et la chasse aux œufs de Pâques. Rien d’inhabituel. Nombre de mes confrères ont relevé les « perles » de cette couverture faussement objective, où le bourreau est toujours présenté de manière positive tandis que même la supériorité morale de la victime est niée. « La manifestation a fait seize morts » expliquait une radio d’information en continu. Règle de base respectée : ne jamais, mais jamais, désigner Israël comme coupable de quoi que ce soit. L’Etat hébreu se défend, réplique, riposte, anticipe mais la faute est ailleurs. Le coupable, c’est la victime. Elle a forcément tort. Elle a mal voté, elle est extrémiste, elle ne respecte pas sa propre vie – ou celle de ses enfants. Mais quelle idée était la sienne de manifester sur son propre sol (du moins, supposé tel) ? Et c’est ainsi qu’est distillé le message implicite : les Palestiniens, contrairement à ce que prétend leur Poète, n’aiment guère la vie. Pire, ils sont les responsables de leurs (mauvais) sort. Autre moyen d’instiller le poison. Evoquer le rôle du Hamas (pour faire couleur locale, c’est-à-dire israélienne, prononcer Khamas…). Laisser entendre qu’il aurait sa part de responsabilité, qu’il aurait envoyé des terroristes (bien appuyer sur les « r », là aussi, pour faire couleur locale) à la « frontière » ou qu’il aurait délibérément sacrifié la vie de jeunes gens manipulables à souhait.

    Mais revenons à ce terme de frontière. Quel beau moyen de masquer la réalité. Ce qui sépare l’Etat d’Israël, membre des Nations Unies, et l’enclave de Gaza, prison à ciel ouvert, sans souveraineté aucune, ni sur son sol, ni sur les airs ni sur la mer, ce sont des murs, des clôtures, des grillages, des fossés. Gaza n’est pas un Etat. La Cisjordanie n’est pas un Etat. Il n’y a pas d’Etat palestinien. Il n’y a pas de face-à-face entre deux pays, ayant chacun leur souveraineté, leur armée. Il y a un dominant et un dominé. Un colonisateur et un colonisé, un Etat et des proto-bantoustans.

    Soutien indéfectible des Etats-Unis, lâcheté des Européens, Israël peut aussi compter sur la pusillanimité des pays arabes. « Notre malheur, c’est aussi le monde arabe » me dit un jour un ami palestinien de Bethléem. Rien de plus vrai surtout quand on pense à cette brute saoudienne qui, en ce moment, secoue ses bourrelets et exhibe ses pétrodollars pour convaincre Israël de faire (à sa place) la guerre à l’Iran. Et voilà ce principicule et futur roitelet qui nous rappelle à une vérité contemporaine : pour lui et pour l’engeance à laquelle il appartient, les Palestiniens ne comptent pas.

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    AKRAM BELKAÏD 
    "La chronique du blédard" 
    Le Quotidien d’Oran, 5 avril 2018

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    tammam azzam

    Oeuvre Tammam Azzam


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