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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 07/23/18--04:49: VICENTE AMIGO - REQUIEM

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    J’habite les rires de l’eau

    les veines du marbre

    le secret des voûtes

    les cordes vocales des fenêtres et du vent

     en présence du voyageur perplexe des signes

    je bois le sourire berbère de Farah

    la mer blanche du milieu notre mémoire bleue

    et la tragédie des brûleurs de vagues

    qui n’auront jamais touché leur Ithaque fantasmée

    ô Lampedusa madre

    il te reste le silence

    l’absence et des cadavres

    sans linceuls

     

     

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    AHMED BEN DHIAB

     

     

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    Lanzarote-musee lampedusa

    Sculptures sous-marines Jason deCaires Taylor

    " Lampedusa "

    Musée sous-marin de Lanzarote

     


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    Il est innocent comme un papillon

    le réfugié en exode généreux comme le repas des pauvres

    il aime le blé les nuages

    la cadence des rimes et de la métrique

    le figuier le miel

    les méandres de l’ombre et de l’eau

    le refugié en exode

    le cri d’un peuple emmuré massacré

    notre humanité meurtrie

    la mort et sa définition

    il n’a d’autre tâche que vivre

    le réfugié en exode est l’ultime souffle d’Aylan al-Kurdi

    l’enfant-lumière l’ange-cadavre notre humanitééchouée

    au refugié ne demandez point son lieu de naissance

    mais son lieu d’avenir

     

     

    .

     

     

    AHMED BEN DHIAB

     

     

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    lampedusa2

    Sculptures sous-marines Jason deCaires Taylor

    " Lampedusa "

    Musée sous-marin de Lanzarote

     


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  • 07/24/18--02:48: HENRI PICHETTE...Extrait
  • Au soir,
    L'endormement des petits oiseaux.
    Dans le reposoir du rosier sauvage
    L'aiguille libellule immobilise la gaze des ailes.
    Un effet de lune bombe la face de l'étang.
    Restes d'un feu de jardinier,
    Mille braises tremblantes
    Rêvent leur fumée.

     

    .

     

     

    HENRI  PICHETTE

     

     

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    libellule


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  • 07/24/18--02:51: LE VRAI LIEU...Extrait
  • Vous savez, on ne pense pas autrement qu’avec des mots. Et les mots pour penser le monde aujourd’hui, je ne les aime pas, ce sont les mots de la consommation, les mots du libéralisme. Des mots qui ostracisent aussi les nouveaux arrivants de la société française de manière à les écarter. On a parlé des cités, ensuite des quartiers, puis des zones sensibles. Des mots pour séparer. À cette heure où nous parlons, il est vrai que je m’inquiète, oui, de l’évolution des mentalités de manière générale. De la pénétration dans les consciences, dans le langage, d’une forme de repli sur… allez je vais lâcher le mot, celui que je récuse toujours, l’identité. L’identité française. Je ne sais pas ce que ça signifie, l’identité. La langue française, oui, la mémoire française, aussi, parce qu’on a été traversés par les mêmes choses, mais pas l’identité française.

     

     

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    ANNIE ERNAUX

     

     

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    octave pixel3

    Oeuvre Octave Pixel


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    Ils marchent, ils marchent, les réacteurs atomiques,
    et passent au soleil levant les lunes artificielles.
    Et les camions d’ordures, au point du jour,
    ramassent les morts sur les trottoirs,
    cadavres d’affamés, cadavres de chômeurs.

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques,
    et passent au soleil levant les lunes artificielles.
    Au soleil levant, la famille de paysans
    homme et femme, âne et charrue de bois;
    l’âne et la femme attelés à la charrue
    labourent la terre. Une poignée de terre.

    Ils marchent, ils marchent, les réacteurs atomiques
    et passent au soleil les lunes artificielles.
    Au soleil levant, il meurt un enfant,
    un enfant japonais à Hiroshima;
    douze ans et numéroté,
    ni diphtérie ni méningite.
    Il meurt en mille neuf cent cinquante-huit.
    Il meurt un petit Japonais à Hiroshima,
    parce qu’il est né en mille neuf cent quarante-cinq.

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques
    et passent au soleil levant les lunes artificielles
    et au lever du soleil un homme grassouillet
    sort de son lit, s’habille, distrait:
    « Qui faut-il dénoncer aujourd’hui, et à qui?
    Comment gagner les bonnes grâces du chef? »

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques,
    et passent au soleil levant les lunes artificielles,
    et au soleil levant, le chauffeur noir
    est pendu à un arbre au bord de la route,
    on l’arrose d’essence, on le brûle
    puis l’un va boire son café,
    l’autre chez le coiffeur va se faire raser,
    le troisième ouvre sa boutique de bonne heure,
    un autre encore embrasse sa fille sur le front.

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques
    et passent au soleil les lunes artificielles
    et au lever du soleil la prisonnière
    liée à la table par des courroies,
    les seins rouge de sang,
    est interrogée au fond d’une cave.
    Ceux qui l’interrogent fument des cigarettes
    l’un a vingt ans, l’autre la soixantaine,
    leurs chemises trempées de sueur, les manches retroussées,
    et des sacs de sable, des électrodes.

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques
    et passent au soleil les lunes artificielles.
    Et quand se lève le soleil sur les pétales de la rose,
    les pilotes silencieux sur les pistes de l’aéroport
    chargent de bombes H le savions à réaction.
    Et au soleil levant, au soleil levant,
    les étudiants, les ouvriers
    sont fauchés par des armes automatiques,
    et les acacias du boulevard
    les fenêtres et les pots de fleurs sur le balcon.
    Et au soleil levant l’homme d’Etat
    rentre d’un festin à sa demeure.
    Au soleil levant gazouillent les oiseaux.
    Et au soleil levant, au soleil levant,
    une jeune mère allaite son enfant.

    Ils marchent, ils marchent les réacteurs atomiques
    et passent au soleil les lunes artificielles
    et au lever du soleil, moi, j’ai passé une nuit,
    une longue nuit encore dans l’insomnie
    et dans les douleurs.
    J’ai penséà la nostalgie, à la mort,
    j’ai penséà toi, à mon pays,
    à toi, à mon pays, et à notre univers.

    Ils marchent, ils marchent, les réacteurs atomiques,
    et passent au soleil levant les lunes artificielles,
    au soleil levant, n’y a-t-il aucun espoir?
    Espoir, espoir, espoir,
    l’espoir est en l’homme.

     

     

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    NAZIM HIKMET

     

     

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    Käthe Kollwitz3

     Oeuvre Käthe Kollwitz


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  • 07/24/18--03:31: ALORS BEAUTE
  • Alors beauté tu es venue tu m’as je crois demandé l’heure je resterais là dans la rue devant toi pour l’éternité
    Et devant toi voir-être vu et pénétrer dans l’inconnu devenir ta raison secrète
    Etre éclairé par le mystère et être admis par l’interdit être écouté par l’inouï et reflété par la merveille et le mirer aussi bien qu’elle

    Tes yeux d’enfant enclos dans l’ombre deviendrais-tu plus belle en montant l’escalier et de grâce parfaite au septième palier
    Et les fleurs du mancenillier sur le papier peint de sa Chambre

    Tes yeux jardins construits autour d’un nocturne sous la rosée jardins ornés de longs cils pour que l’ombre soit  irradiée
    Bouche de promesse profonde langue claire en pleine saveur

    ta bouche où les mots se confondent avec des fruits avec des fleurs

    Tes lèvres commençant à dégrafer ta chair tes yeux et leur parure nuptiale de lumière
    Mais quel pacte as-tu fait de toute ta souplesse avec cette ombre aux hanches de plus en plus à l’aise
    Ta jeunesse en moi fut longuement sous-entendue et maintenant tout commence
    A prendre forme à prendre seins à prendre hanches et à passer sa taille au travers d’un anneau
    Et mon passé célèbre grandes fêtes de musc pour l’éveil du duvet aux ombrages d’un ange pour toutes lunaisons dans la perle de jais
    Pour les premiers accès généreux de ton coeur et ce premier souci d’offrir
    Toujours le plus beau rouge à la bouche des hommes les plus beaux cils à leur approche

    Suprême accroissement des grâces sous tes robes que le dernier instant tout sur toi dissipé
    Erre de soie qui se dérobe

    Déjà tes seins font jusqu’au bout l’éloge de ton corps coupes parfaites justes mesures jusqu’à la goutte en trop du bonheur partagé
    Une coupe à prendre pour être ivre pour être heureux recevoir l’autre
    Une seule goutte tout le philtre m’inonde une goutte de chair suprême à l’apogée
    Intensément les yeux fermés l’avide orgie tenant  entre ses lèvres la chère obole prie
    Pour être décantée par le plus haut niveau où peut atteindre l’hymne
    Et faire aux mystères tout bas le dépôt sacré de lie
    Pour devenir l’amant de ces vapeurs sublimes
    Tu respires chaque fois ton corps va jusqu’au bout de la beauté
    Les attributs de la danse n’ont plus pour liens que ce qui vibre
    Dans tes bourses magiques ton cœur compte notre trésor qui est toujours d’un astre d’or à l’effigie
    Du grain de beauté de la vie au contour de fleur ravie au teint de phébé brunie
    C’est là entre tes seins que je creuserai la fosse mythique où mettre à l’abri
    Mon âme et c’est là fille de mère blanche que tu m’as montré sur ta peau noire
    Le baiser de la fée un rien un peu de lait un peu de moire
    Un peu de jour au fond du puits un vague voile dans la nuit comme un fantôme de nuage
    Comme un hôte prodigieux dont il ne reste au réveil que blason nébuleux et taches desséchées.
    A la place de l’orage
    Et de toutes les incarnations nocturnes de la beauté qui ont perdu chez moi leurs mystères
    La blancheur évaporée m’a laissé tout ce grand corps somptueux noir

    Je veux te prendre les offrandes et aussi soûler ma boucle à ta peau noire comme le sang des lèvres qui ont sucé des mûres
    Et à ta rougeur sous la nuit je veux boire et sous ce noir émerveillé
    Ce sont orgies de couleurs ce sont vendanges de lueurs ce sont des grappes de mirages des lointains éclairs de chaleur
    Et des apparitions indécises d’or rouge des fuites de nuages dévoilant des buées sur la fraîcheur des trésors des sèves sombres des fumées
    Des reflets de fête dans le vin distribution de pourpre pour les âmes
    Pourpre qui s’évapore et se poursuit en rêve pourpre qui e déchire pour être faite femme
    Entre tes hanches chant alterné en l’honneur de ta grâce qui bouge
    Il y a l’endroit incendié comme par le baiser du fer rouge
    C’est la forêt réduite à son trésor la fouille dans la terre où naissent les statues
    C’est la langue de gazelle buvant le fond de l’ombre et c’est langue assoiffée pendant dans la forêt
    C’est le vautour somptueux des désirs satisfaits
    Noces venant de loin tentation de Saba à la robe velue fendue du haut en bas
    Fleur comme celle du corail au ventre du navire
    Naufrage pour force l’île élue à s’ouvrir cette île où est l’accès au bonheur sans mélange
    Où l’ombre sur sa chair sent l’extase grandir des taches vives par où transparaît l’ange
    L’île pleine d’eau douce comme des amphores de coraux…

     

     

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    ERNEST DELEVE

     

     

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    DELEVE2


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  • 07/24/18--06:48: UNE MISSIVE D'ARGILE
  • Je t'adresse une missive d'argile
    sur la pointe de nos pieds fragiles
    nous la bercerons - vasque docile

    Chaque jour une flamme nouvelle
    réveillera les mèches anciennes
    des charbons d'étoiles

    c'est myriades !

    Dés l'aube, nous bénirons une fleur
    choisie parmi les mots de notre jardin
    secret
    nous l'aiguillerons de nos regards

    aimants

    Nous serons au vent, à son souffle

    arrimés

     

     

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    CARMEN PENN AR RUN

     

     

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    margarita sidorskaia2

     Oeuvre Margarita Sikorskaia

     

     

     


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    En présence des illuminations d’Ibn Arabi

     et des oiseaux d’Attâr

     mon cœur est uni

     vêtu des fleurs de l’Andalousie

     je dévoile l’histoire du papillon de Raqqa

     qui danse sa mort

     et Jamila multiplie Raoudha

     l’azur éternel de l’enfance

     j’écris sans écrire la transe

     le maqâm de l’infini cosmique

     

      ...

     

    Comment démêler le désert

    le linceul et les psalmodies du vent

    comment redéfinir l’éloge du vide l’absence

    comment retrouver les palpitations premières

    le visage de mes exils

    le premier mot

    le chant vertical

    les ablutions de l’aurore qui va pleurer

    qui va se souvenir de l’ultime

    cri de l’ange d’octobre

     

    ...

     

    Un souffle parmi le souffle

    un être dans le tout-être

    octobre est le visage de ta clarté

    ta pudeur ta nudité

    épouser l’horizon vertical

    la volupté et l’insatiable

    pour réécrire la mémoire de l’oasis abandonnée

    je nous vois dans les veines du désert

    astres en fusion sur une terrasse de pierres et de vent

    à la Goulette en présence de Jamila Raoudha et Souad

    du feu dans chaque main

    la main brûlante de tendresse

    qui fait pleurer le jasmin et le safran

    je nous vois dedans dehors

    un secret dans le secret

    je désire ce que tu désires

    sœur de l’écho

    qui éclaire le chemin bouleversé

     

    ...

     

    .

     

     

    AHMED BEN DHIAB

     

     

    .

     

    ahmed

     

     

     


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  • 07/23/18--23:21: JEAN LAVOUE...Extrait
  • Les arbres t’enseigneront plus que tous les livres
    On a oublié qu’un moine disait cela
    Bien avant les écrans et tous les processeurs
    Avant même la presse à imprimer
    Alors que chaque page était soigneusement gravée à la main
    Calligraphiée comme nervures de feuilles
    Enluminée comme soleil levant
    Déployée comme barque sur la mer
    Que dirait-il maintenant que des forêts entières se trouvent sacrifiées
    Au monde artificiel et froid
    Dont naïvement nous comptons peut-être apprendre un jour
    De quel bois le cœur de l’homme est fait

     

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    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

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    Francisque Noailly2

    Oeuvre Francisque Noailly


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  • 07/23/18--23:26: LES FLEURS DU MAL...Extrait
  • Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
    Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
    Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
    Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton cœur si doux ?
    Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses

     

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    CHARLES BAUDELAIRE

     

     

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    august Macke4

    Oeuvre August Macke


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    Je prends ce vers à celui qui
    Sans rime
    Et sans façon 
    Chanta le pont de Seine 
    Et le nouveau 
    Pour dire
    Ce qu'au tréfonds 
    Gît par ces temps
    De mort
    Et de déconfiture

    Ces heures de haine
    Et d'amertume 
    Où l'on ne sait à quel saint se vouer 
    Quel Dieu prier
    Puisque tout paraît vide
    Et que les êtres 
    Ont perdu sens et équilibre

    Les petits hommes éteignent les flambeaux 
    Et font de l'ombre sur la terre

    Il est grand temps 
    Grand temps 
    Vous dis-je
    De rallumer les étoiles

     

     

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    GARY KLANG

     

     

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    OLGA KVASA2

     

    Photographie Olga Kvasa


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  • 07/24/18--02:47: SARA OUDIN...Extrait
  • Ma vulnérabilité est ma couronne.

    A chaque éperon une larme étincelante,

    recueillie au bord de l'étang noir de ma mélancolie.

    Une fleur aux pétales de sang,

    arrachée au coeur de l'aigle

    qui traque inlassablement sa proie

    au flanc des montagnes lointaines.

    Une écaille de nacre irisée,

    abandonnée sur le sable par l'une de mes soeurs sirènes

    en quête de naufragé pour chanter.

    Et cet oeil plus profond que l'eau d'un puits,

    qui culmine au milieu du front,

    serti dans les griffes d'or de la confiance,

    cet oeil grand ouvert et transparent,

    joyau d'amour et de naïveté,

    qui prend la mesure de chacun de mes écarts,

    de mes errements

    et des débordements de mon âme,

    sans jamais, jamais, couper le lien fragile

    qui m'unit à ce vaste royaume

    qui porte le doux et terrible nom d'humanité.

     

    .

     

    SARA  OUDIN

     

     

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    margarita sikorskaia

    Oeuvre Margarita Sikorskaia


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  • 07/25/18--12:03: ON M'APPELLE L’ANGE DÉCHU
  • Le cosmos m’a enfanté

    J’ai quitté l’éther pour un ventre de femme

    J’ai quitté l'éden pour capter le chant des hommes

     

     

    Je suis

     

    La spirale de plumes éventant vos baisers

    Les ailes abritant vos membres emmêlés

    Les rémiges blanches éclairant vos alcôves

    Je vois vos corps frémir à l’appel

    Sombrer dans cet or dont je ruisselle

    Vous ployez sous tant de chatoyances

    Et je taraude vos fibres dérobées

    Les griffe et les lisse les tords et les caresse

     

    Je suis le Désir qui jamais n’est comblé

     

     

    Immémorial Figure de vie et de mort sur le corps de la terre

    Chute et ascension unies dans l’instant

    Je suis le cri et le soupir

    La basse ironie et l’aspiration

    L’éclat de rire et les larmes

    La luxure et la volupté

    Votre impuissance et votre soif àêtre

    Votre splendeur et votre désespoir

    Votre liberté et votre entrave

     

     

    Vous êtes des errants sur un damier de miroirs

     

     

    Je serai votre ultime extase dans une suffocation de lumière

     

     

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    GHYSLAINE LELOUP

     

     

    .

     

    denis laget2,,

    Oeuvre Daniel Laget


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  • 07/25/18--13:52: LE FAVORI DU ROI
  •  Dans la république monarchique qui est la nôtre, le président de la République court moins le risque d’être républicain que celui de devenir monarque. Le républicain sait qu’il est au service de l’Etat ; le monarque veut que l’Etat soit à son service.

    Le jeune Emmanuel Macron est entré sabre au clair dans la République en faisant savoir qu’il la restaurerait après les longs mandats présidentiels qui l’ont  mise à mal. Mitterrand fut traître à la gauche, Chirac traître au gaullisme, Sarkozy  traître à Chirac et Hollande traître à Mitterrand… Depuis la vente de la France à l’Etat maastrichien, la République est en lambeaux.

    Quelques naïfs ont cru que le trentenaire couronné parviendrait à tordre le bâton dans l’autre sens en ignorant qu’il faut un tempérament de fer, un caractère d’acier et, surtout, une éthique impeccable, pour ne pas succomber à la tentation de ne plus voir le monde que médiatisé par les courtisans – une tentation à laquelle il avait déjà succombé avant d’accéder à la magistrature suprême.

    Et puis comment inverser la vapeur quand on conduit dans la même direction et pour le même terminus le même train que ces quatre derniers présidents qui, tous, bradent la Nation au profit de l’Etat maastrichien qui ingère, digère et excrète les Nations sans aucun état d’âme, parce que c’est dans la nature de son projet et dans la logique de son fonctionnement ?

    Cet homme qui voulait être Jeanne d’Arc se comporte comme l’évêque Cauchon, cette personne qui voulait être de Gaulle pense et agit comme René Coty, ce communicant qui avait promis une parole rare verbigère sous lui, ce modeste qui voulait être Jupiter n’est rien d’autre que Triboulet, le bouffon des Rois de Bruxelles.

    Le voilà aujourd’hui monarque pour le moins glorieux de la monarchie : les vices de la cour, les prébendes offertes aux plus offerts, le règne des courtisans visqueux, l’attribution des passe-droits, l’octroi des faveurs, les privilèges accordés, les dépenses de l’argent des gueux en soirées privées et somptuaires, les fêtes avec des voyous payées avec l’argent du contribuable, les commandes de vaisselles précieuses ou la construction d’une vasque dans un château inscrit aux monuments historiques afin de recueillir les ablutions estivales du roi et de ses favoris…

    Ça n’est plus désormais la Pléiade du général de Gaulle qu’il faut arborer ostensiblement sur le bureau de la photo officielle avec un grand renfort de communicants pour expliquer le rébus, mais les Mémoires de Saint-Simon qui rapportent dans le détail la fange de ces régimes de caprices. Mais je m’égare : le jeune homme président avait également choisi pour son bureau Gide et son Nathanaël à qui la ferveur avait été enseignée, et Stendhal dont le beylisme est une école d’égotisme, de jouissance solitaire et de bonheur sans autrui, voire contre ou malgré lui…  En même temps l’auteur des Mémoires de guerre et l’auteur de Corydon. Comprenne qui pourra. Pour ma part, j’avais compris.

    Et voici qu’arrive l’affaire Benalla… Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il est encore temps, l’heure est venue. Je résume à l’usage de ceux qui ne sauraient pas encore : le jeune Alexandre Benalla, il a vingt sept ans, est couvert de cadeaux par le jeune président. On se demande bien pour quelles raisons ! Cet homme dont les lettres de noblesse consistent à avoir été gros bras chez les socialistes (où il y a tant de petits bras ou de bras cassés…) du temps de Martine Aubry et de François Hollande, était impétueux, fougueux, ardent, embrasé, brûlant – autant de vertus qui semblent ravir Emmanuel Macron.

    Mais pas Arnaud Montebourg qui l’a congédié une semaine après l’avoir embauché parce que ce chauffeur surchauffé avait commis un accident, ce qui est une chose, mais avait enchaîné sur une tentative de délit de fuite, ce qui en est une autre. Est-ce pareil homme qu’Emmanuel Macron doit couvrir de cadeaux ? Et si oui, pour quelles raisons ?

    Car des cadeaux, il en recevait, jusqu’à cette vidéo fort opportunément mise en circulation sur les réseaux sociaux par d’aucuns qui doivent avoir de bonnes raisons de lui en vouloir – des raisons publiques, bien sûr, mais peut-être aussi des raisons privées. Tant de faveurs accordées ne cessent d’interroger.

    Car cet homme disposait Quai de Branly d’un somptueux appartement de fonction (tellement somptueux qu’il était celui qu’occupait la famille illégitime du président Mitterrand…), d’une voiture de luxe avec tous les dispositifs qui permettent de se déplacer facilement et rapidement dans Paris grâce à des gyrophares de VIP, d’un chauffeur pour le véhiculer, d’un salaire très confortable de haut-fonctionnaire, autrement dit, de toutes les faveurs qu’un roi peut accorder à son favori.

    Favori, il l’était incontestablement, car on ne compte plus les photos sur lesquelles on voit Monsieur Benalla au plus proche physiquement d’Emmanuel Macron. Dans des situations officielles, bien sûr, mais également dans des situations privées. Cet homme fait partie de la vie intime du président de la république, du moins celle qui nous est offerte dans les magazines : près de lui sur un télésiège au ski, dans le cocon de la résidence familiale du Touquet, à bicyclette. « Il y a une relation particulière qui s’est liée entre eux. Benalla vit avec le chef de l’État et sa femme, il est de tous les déplacements officiels comme privés » peut-on lire dans L’Express du 19 juillet dernier sous la plume de Laurent Leger.

    Cet homme qui, avant Macron, était donc connu pour un licenciement motivé par un délit de fuite, a donc été choisi par Emmanuel Macron pour s’occuper de sa sécurité et ce au mépris de tout le dispositif républicain prévu à cet effet. Il existe en effet des gendarmes et des policiers de métier qui sont assermentés, formés, dévoués, républicains, qui n’ont aucun casier judiciaire ou aucun passé qui soit un passif de délinquant, et qui sont payés pour effectuer ce travail dont on les dispense puisqu’on en a chargé le Favori.

    La presse a rapporté qu’une demande de port d’armes avait été refusée par le Ministère de l’intérieur à cet homme au temps où il s’occupait de la campagne présidentielle du jeune monarque. Les services de la Place Beauvau, auquel Emmanuel Macron a accès, bien évidemment, disposaient des informations pour motiver ce refus. Depuis que le candidat Macron est devenu président de la République, Benalla dispose d’un port d’armes…

    La vidéo qui montre Benalla arborant les attributs de la police sans être policier, brassard et casque, tabassant un manifestant, a été présentée à un certain nombre de personnes à l’Elysée –  Gérard Colomb et Emmanuel Macron compris, bien sûr…

    Qu’a-t-il été décidé en haut lieu ? Une prétendue punition : quinze jours d’interdiction de travail et une retenue sur salaire. Mais des images montrent que cette interdiction de travail n’a pas été suivie d’effets. On voit en effet Benalla au vu et au su de tout le monde continuer à travailler – y compris lors du 14 juillet… Qu’est-ce qui nous prouvera que la retenue sur son salaire a eu lieu ? Ou qu’un équivalent n’a pas été distribué en liquide ? On l’a vu lors de la panthéonisation des époux Veil, mais aussi lors de la cérémonie de retour de l’équipe de France de football – il était dans le bus des Bleus…

    D’autres témoignages arrivent qui montrent que ce voyou n’en est pas à son coup d’essai : cet homme est brutal et violent, délinquant et imposteur, dangereux  et  agressif. Il ne se contente pas de taper un homme à terre, ou bien de molester un journaliste de LCP ici ou un militant de la jeunesse communiste là, il frappe aussi une femme – et j’attends que, dans la macronie, les féministes autoproclamées progressistes dénoncent ce passage à tabac d’une femme par un mâle blanc protégé par un casque. Marlène, on ne vous entend pas…

    C’est cet homme que le président Macron a poussé en vue d’un poste de sous-préfet au tour extérieur. Face à la bronca du corps préfectoral, l’affaire est restée sans suite… La République est ici passée à côté d’un drame.

    Par ailleurs : comment cet animal frappeur a-t-il pu obtenir ce statut de lieutenant-colonel de la réserve opérationnelle dans la gendarmerie alors que d’autres impétrants ne l’obtiennent qu’après de longues épreuves sélectives et, surtout, avec de l’ancienneté ? Qui expliquera comment il est parvenu à passer d’un seul coup du grade de brigadier à celui de lieutenant-colonel ?

    Cessons-là. Le président Macron a menti pour couvrir cet homme. Il se tait pour le couvrir encore. Le silence de Gérard Colomb procède de cette couverture, tout autant que le silence de ceux qui savaient mais qui n’ont rien dit. Qu’est-ce qui peut bien expliquer pareilles faveurs ? Mystère…

    Cette histoire soulève le voile et montre Emmanuel Macron sans fard pour ceux qui avaient encore besoin de points sur les « i ».  Cet homme cynique n’aime que lui et ceux qui l’aiment. Narcissique à souhait, il aime donc par un effet de miroir : j’aime qui m’aime, même si cet autre n’est pas aimable. Et, de fait, Monsieur Benalla n’est pas aimable d’un point de vue républicain, et c’est fort fâcheux pour un président de la République de couvrir d’autant de faveurs un tel personnage. Mais Monsieur Benalla n’est pas aimable non plus d’un point de vue privé. Sauf à priser tout particulièrement ce genre de mauvais garçon.

    Samedi 21 juillet, on apprenait fort opportunément dans l’après-midi qu’Alexandre Benalla devait se marier à la mairie d’Issy-les-Moulineaux. On aurait aimé connaître l’identité de l’heureux.se élu.e. Gageons que cette affaire ne fait que commencer. Nous ne sommes probablement pas au bout de nos surprises. Il va bien falloir finir par se rendre à l’évidence : il y avait bel et bien un candidat  qui méprise la République au second tour des dernières présidentielles. J’aurais dû croire les médias du système…

     

     

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    MICHEL ONFRAY

     

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    onfray


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  • 07/25/18--23:54: ET SI L'ARBRE BRÛLE
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    Et si l'arbre brûle reste la cendre et la lumière
    dans le désert les cactus prennent racine.

    Si les sources se sont taries
    il pleuvra à nouveau
    le jeune fils reviendra
    à la maison abandonnée.

    Sous la neige épaisse les graines veillent
    à la frontière de la cour le vent mauvais s'épuise.

    Et si nous sommes restés nus
    et entourés de loups
    notre décision de nous battre
    reste intacte.

     

     

    .

     

     

    DIMITRIS MORTOYAS

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    ARBRE

    Oeuvre ?

     


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  • 07/26/18--01:01: ILS SE TIENNENT PAR LA MAIN
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    Ils se tiennent par la main
    Fragiles
    ​D’avoir traversé le temps
    Sur des échasses de sable
    Et des marées d’amour

    Ils vont dans leur lueur
    Comme un soleil couchant
    Chavire un bord de mer

    Les feuilles d’érable ont rougi leurs paupières
    Et quand souffle le vent
    Leurs yeux s’envolent
    Tourbillonnent
    Comme les plumes du temps
    Où l’oiseau saluait leur printemps
    D’un chant de sentinelle
    Gardienne de leurs minuits

    Etonnés du voyage
    Ils se tiennent par la main
    Leurs pas fidèles racontent
    Un chemin sans retour
    Un chemin quotidien
    Bordé de souvenirs
    Brodé de cheveux blancs

    Ils n’ont qu’un seul miroir
    Pour se faire un visage
    Ils n’ont qu’une seule patience
    Pour demeurer encore

    Ils savent que leur amour
    A mangé toute leur chair
    Et que ce qu’il leur reste
    Est-ce pas siamois qui jumelle leurs ombres
    Et cette main qui tremble
    De s’être donnée à l’autre
    En défaite habitable
    En murmure de lumière

    Ils se tiennent par la main
    Misérables
    Splendides
    Comme des cailloux semés dans leur conte d’enfant

    Ils sont les passants
    ​Les passeurs
    Que l’amour tient debout
    Quand il dresse une tendresse
    Que l’amour tient debout
    En marins de l’extrême

    Ils sont l’exemple vivant
    De ceux qui vont au port
    Pour jeter à la terre la raison de leurs rides
    De leurs vagues effeuillées
    Depuis la première voile
    Avant de s’amarrer à des ailes d’oiseaux

    Ils se tiennent par la main
    ​Par les pieds
    ​Par le cœur
    Par ce oui sans défaut
    Qui leur sert de mémoire
    Par ce oui de l’horloge
    Qui bégaie dans leurs pas

     

     

    .

     

     

    ERNEST PEPIN

     

     

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    MAINS

     

     


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  • 07/26/18--02:39: ANACHRONIQUE...Extrait
  • Quand j'ouvre l’Odyssée

    pour t'en lire une page

    ne me demande pas

    à moi qui fus déjà

    Hamlet & Gulliver

    -tant d'autres personnages-

    d'être celui que j'ai cherché

    avec les yeux de Télémaque

     

     

    Toi l'enfant de six ans

    & moi le vieux marin

    de siècles de littérature

    qui durant sa vie affréta

    tant de contes corsaires

    nous voici une fois de plus

    embarqués tous les deux

    sur la même émotion

    sur le même poème

     

     

    Il nous faudra

    contourner des charmes sournois

    & sauver de philtres profonds

    notre tendre lucidité

    Il faudra parfois résister

    parfois céder ou renoncer

    pour se faire des forces neuves

    essayer toujours de prévoir

    les caprices des magiciennes

    & les desseins des vents

    ne jamais laisser s'envoler

    la fraîche occasion d'un départ

     

     

    Il nous faudra

    faire & défaire

    des pactes innombrables

    avec les humains & les dieux

    nous rappeler des ruses

    qu'on n'apprend que chez les oiseaux

     

     

    Comment aller à l'essentiel

    quand il chante dans chaque vers ?

    Le fils cherche son père

    le père vers son fils revient

    Ils sont tous les deux les pantins

    d'une pathétique distance

    Eloignés l'un de l'autre

    ils vivent l'un pour l'autre

    ils vivent l'un par l'autre

    dans chaque instant chaque pensée

    chaque pulsation de leurs tempes

     

     

    La guerre les a séparés

    monstres magies dieux & tempêtes

    s'acharnent quand revient la paix

    à prolonger pour eux l'attente

    à faire que chacun

    -chaque jour un peu plus-

    tragiquement devienne

    la fiction de l'autre

     

     

    Mais quand enfin Ulysse

    retrouve Télémaque

    Ulysse n'est plus Ulysse

    & son fils n'est plus un enfant

    Pénélope est une autre femme

    Un père paternel

    un père fabuleux

    plus vrai que son vrai père

    prend par la main son fils

    l'emmène loin d'Ithaque

     

     

    Ulysse devait-il périr

    avant d'avoir revu son île ?

    Se briser avec son vol fou ?

    Il pourrait être de passage

    Ithaque serait une étape

    Ulysse embrasserait sa femme

    Ayant fait couronner son fils

    ayant enterré son vieux chien

    il pourrait enfin repartir

    vers l'Aqui Nada de ses rêves

     

     

    .

     

     

     

    RAYMOND FARINA

     

     

    .

     

     

     

     

    maia sikorskaia

    Oeuvre Margarita Sikorskaia


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  • 07/26/18--02:50: LANTSIAS STAVROS - EPISTROFH

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    A Gaza il tombe d'étranges étoiles

    A Gaza il tombe d'étranges étoiles
    Ce ne sont pas des poussières de lumières
    Ce ne sont pas des confettis de l'espace
    Ce sont des étoiles sanglantes
    Des étoiles meurtrières
    venues des valises d'une vieille guerre
    que personne ne comprend plus
    Elle tu les enfants
    Elle massacre les civils
    Elle marche sur les étoiles de la paix
    Elle mange la paix
    Elle boit le sang de la paix
    A Gaza il tombe d'étranges étoiles
    D'insupportables étoiles
    D'inadmissibles étoiles
    D'impitoyables étoiles 
    Et lorsqu'elles pleuvent le monde est défiguré
    C'est Gaza que l'on tue
    avec d'étranges étoiles
    Des étoiles innommables
    Des étoiles indicibles
    Des étoiles qu'aucune prière ne peut éteindre
    Des étoiles qu'aucune paix ne peut jamais atteindre
    Des étoiles qui scintillent comme la mort
    Quand s'arrêteront les étoiles de Gaza?

     

     

    .

     

     

    ERNEST PATRICE PEPIN

     

     

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    GAZA

     

     


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