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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    C’est moi seul que je veux charmer en écrivant 
    Les rêves bienheureux que me dicte le vent, 
    Les souvenirs que j’ai des baisers de sa bouche, 
    De ses yeux, ciels troublés où le soleil se couche, 
    Des frissons que mon cou garde de ses bras blancs,
    De l’abandon royal qui me livrait ses flancs.

    Or que le vent discret fait chuchoter les chênes 
    Et que le soleil soûle, aux clairières prochaines, 
    Vipères et lézards endormis dans le thym, 
    Couché sur le sol sec, je pense au temps lointain. 
    Je me dis que je vois encor le ciel, et qu’Elle 
    Âme superbe, fleur de beauté, splendeur frêle, 
    Arrivée après moi, s’en est allée avant.

    Et j’écoute les chants tristes que dit le vent.

    La mouche désœuvrée et la fourmi hâtive 
    Ne veulent pas qu’aux bois l’on rêve et l’on écrive ; 
    Aussi les guêpes, les faucheux, les moucherons... 
    Je vais, le long des blés, cueillir des liserons 
    À la suavité mystérieuse, amère, 
    Comme le souvenir d’une joie éphémère.

    Les champs aussi sont pleins d’insectes affairés, 
    Foule de gens de tous aspects, de tous degrés. 
    Noir serrurier, en bas, le grillon lime et grince. 
    Le frelon, ventru comme un riche de province, 
    Prend les petites fleurs entre ses membres courts. 
    Les papillons s’en vont à leurs brèves amours 
    Sous leurs manteaux de soie et d’or. La libellule 
    Effleure l’herbe avec un dédain ridicule. 
    C’est la ville.

    Et je pense à la ville, aux humains, 
    Aux fiers amis, aux bals où je pressais ses mains ; 
    Malgré que la bêtise et l’intrigue hâtive 
    N’y souffrent pas non plus qu’on rêve et qu’on écrive.


     

     

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    CHARLES CROS

     

     

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    MENARD2

     Oeuvre René Ménard


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     L’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

    D’Alain Delon à Patti Smith, tous ont répondu à l’appel de Juliette Binoche et de l’astrophysicien Aurélien Barrau pour une action politique « ferme et immédiate » face au changement climatique.
    Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

    Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

    Pas trop tard pour éviter le pire

    Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

    Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

    Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.

    Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

    C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.

    De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

     

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    Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice
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    terre-brulee-Soleil2


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  • 09/04/18--03:10: CHEMINS AU VENT
  • L’homme aurait inventé les chemins pour rien, nous voulons dire pour le seul office de la beauté– et en gratitude à la splendeur du monde. On nous fait l’éloge de l’Être, on célèbre sa grandeur mystérieuse et on nous invite à devenir ses dévôts. En fait, quelle déroutante opacité, quelle massivité inentamable dans cette notion de l’Être ! Par bonheur les chemins viennent dessiner le visage de ce qui n’était pas encore le monde. Nous lisons le monde à travers ses chemins, tout comme nous découvrons un visage à travers quelques traits un peu plus marqués. Sans ces nervures qui doivent être sèches sans être trop appuyées, y aurait-il un paysage ? Dans la savane, dans le désert, dans certaines forêts équatoriales n’existent que des pistes précaires, toujours menacées et qui en appellent à une sensorialité quasi animale, à une faculté de reconnaissance proche de celle du jaguar ou de la hyène. Mais peut-on véritablement rêver d’une nature qui aurait assez de constance et de luxuriance pour recouvrir les traces de l’homme et pour refuser toute fente qu’elle jugerait, à son endroit, honteuse ? Le regard humain est maintenant habile au point d’inventer la moindre ouverture et de suppléer à l’impuissance de notre corps quand il est submergé par l’opacité touffue des choses. Que l’on comprenne qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’efficacité ou d’intelligibilité mais de beauté et d’ordre. Grâce à ces chemins, il est rendu justice à tout ce qui vient à la lumière : ici une prairie, là-bas un village ou le début d’une banlieue. Les lisières, les frontières, les sentiers, les lignes ferroviaires, les côtes, les rivières, les fleuves pluralisent et multiplient la beauté

     

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    PIERRE SANSOT

     

     

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    henri lebasque2

    Oeuvre Henri Lebasque


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  • 09/04/18--04:43: UN INSTANT A SAUZET...
  • La porte s'est ouverte , un rayon de soleil de fin d'hiver caressait les créations douces et
    artisanales accrochées au mur du petit couloir ,
    une odeur de cannelle promettait une suite gourmande et sucrée .
    La parenthèse s'annonçait agréable. J'entrais dans la maison qui me
    donnait envie d'être vêtue d'organdis rose , de soie ,
    de grand châle cachemire, de lin clair et de blanc monogrammé.
    Les fauteuils ,avides d'accueillir leurs hôtes, tendaient leurs bras
    pour un repos confortable .
    Une pivoine, en passant par la reine des fleurs, déclinée en plusieurs coloris
    tendres, fleurissait un espace mural ,pour le bonheur des yeux.
    Un des miroirs reflétait la cheminée animée d'un feu de bois chantant .
    La table, une guimauve douce, invitait au plaisir des papilles et à la joie de se retrouver.
    En arrière plan , sur un bahut ancien ,de vieilles photos encadrées flirtaient
    avec une lampe à pétrole et des bronzes enrichis de pampilles à facettes,
    des boites tout calibre, posées , déposées, superposées
    détenaient,sans doute, quelques secrets enfermés.
    Une vitrine surannée exposait le cristal de multiples verres ,
    comme dans un écrin ouvert.
    Tout était à caresser avec délicatesse. Le reste fut à la hauteur, sans surprise,
    le repas, les desserts, les thés aux noms plus évocateurs les uns que les autres...
    Je ne parlerais pas de la chambre "merveilleuse" ...
    Juste de son lit légèrement parfuméet recouvert d'un nuage-édredon douillet,
    dans lequel La Belle au bois dormant n'aurait jamais voulu être réveillée.
    Je ne parlerais pas non plus de la petite pièce sans volet,
    comme une page arrachée d'un livre de décoration où l'on peut pénétrer
    afin d'apercevoir le jardin et le ciel bleu du jour en toute quiétude.
    Un flou artistique... Un bonheur simple !
    Un instant à Sauzet...
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    JOSIANE
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    SUSAN RYDER,,

    Oeuvre Susan Ryder


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    "Je dédie ce post à mes enfants et à tous les enfants de la terre
    Puissent-ils avoir la clairvoyance et le courage que nous n'avons pas eus (et je ne leur demande pas de nous pardonner).
    Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
    Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
    Nous avons chanté, dansé.
    Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
    Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
    On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
    Franchement on s'est marrés.
    Franchement on a bien profité.
    Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
    Certes.
    Mais nous y sommes.
    A la Troisième Révolution.
    Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
    « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
    Oui.
    On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
    C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
    La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
    De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
    Son ultimatum est clair et sans pitié :
    Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
    Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
    Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
    D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
    Peine perdue.
    Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
    Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
    S'efforcer. Réfléchir, même.
    Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
    Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
    Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
    Pas d'échappatoire, allons-y.
    Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
    Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
    A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
    A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
    A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

     

     

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    FRED VARGAS
    Archéologue et écrivaine

     

     

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    terre-bruleejpg

     


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  • 09/04/18--14:30: LA POESIE
  • Il faut de l'amour et de la poésie pour sauver l’espoir et vice-versa. De l’espoir, de l’amour et surtout de la poésie avec des poings d’acier pour riposter convenablement aux sociétés de courtage administrées par des puissants, tel Jules Ferry, qui s’adressent aux peuples brocantés par l’oubli comme se dédicaçait Zeus aux divinités mineures. Il faut de la poésie face à la réplicabilité violente des hâbleurs qui sèment la brouille dans les cœurs afin de les fermer à double tour après les avoir détroussés des Si qu’ils gardent en réserve en prévision des nouveaux rêves à acquérir. La poésie n’est pas faite pour l’oiseau moraliste qui se veut bleu car frémissant à voler et à quitter son arbre percé d’obscurs rayons des aubes sans romance et sous lesquelles les vents se dérobent. On ne dégage pas de la poésie comme on éructe des hoquets convulsifs par effet de contre sens à son être. S’engager dans la poésie, c’est avoir l’exceptionnel privilège de réinventer à chaque fois les eaux de son bain, avec des ondes justifiant les effluves de son vin où le jasmin trouve intacte la tonalité de ses enchantements en fureur qui écorchent les inquiétudes et dépouillent le silence de ce qu’il a de féroce. Je parle de la poésie dont la sensitivité s’insurge jusqu’à nous soustraire du relief contrefait des interdits ; de la poésie qui une fois émise déclenche l’offensive absurde des moralistes ringards qui s’effectuent d'un point aveugle sans le savoir.

    La poésie est l’œil qui exprime la souffrance et dit la rage comme dans un langage des signes quand les lèvres sont cousues. Elle n’est pas un artifice de style à la tartuffe dans un jeu de rimes ridicules dont le prestige est de la considérer pupitre fallacieux de l’aristocratie dans ses derniers fastes car, je vous le dis, les mots ne sont pas que des mots, sinon, ils feront l’amusement nocif d'une syntaxe manufacturée dans une texture prostituée. La poésie n'est pas une amante de substitution, elle est la fiancée suprême qui flotte dans les mémoires comme un flocon de neige éternel, tenace à demeurer chaste indéfiniment.
    Tout ce qui est contre l’amour et la poésie s’érige en totem au regard querelleur, sculpté par les dieux lares, fabriqués à la gloire du vide et dédaigneux devant le témoin qu’est la pierre. La pierre a de la mémoire quoi que muette, je vous avertis, et la nature n’a pas de sang, elle n’est pas conscience ni destin ; elle n’est qu’abîme où s’engouffrent les pitiés. Il faut donc cesser de chercher sa compassion et se soumettre aux impératifs dans l’espoir, dans l’amour et dans la poésie, le triptyque qui suggère aux sourires l’extase de creuser les fossettes.

    Quand la laideur charme le temps
    Que l'ocre dure évacue le jour
    Que la nuit se fait garrigue de ronces

    Quand l’exil libère ses tempêtes
    Que les portes se ferment
    Que les affections s'entrechoquent

    Quand loups et scorpions ripaillent
    Que leur rire s’enorgueillit
    À tournoyer à la place des vents

    La poésie amasse dans ses rayons
    Le bain sourd des nostalgies
    L'endurance du spleen
    Et les gémissements du chagrin
    Heureux qui connaît ses nervures
    Et les alvéoles où gamberge son vin
    Elle babille à l'oreille
    Comme le coquillage au bord de la mer
    D'où s'exhale un instant
    L'élégie requinquante des océans.

     

     

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    DJAFFAR BENMESBAH

     

     

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    rene menard,

    Oeuvre René Ménard


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    L’aube. On entend les oiseaux
    comme perdus dans la brume;
    le silence élève leurs chants
    jusqu’à la pénombre de la pièce.
    Il perçoit un très faible tremblement
    qui fait frémir la peau qu’il aime,
    douce dans son rêve. Très lentement
    il la recouvre du drap
    pour éviter qu’elle ne s’éveille.
    Mais déjà des bras l'enveloppaient
    et s’accrochaient à son corps:
    éternité fut ici douceur
    miel et jasmin. Bien plus tard
    on entendait encore le chant des oiseaux.
     
     
     .
     
     
    El alba. Se oyen los pájaros 
    como perdidos en la niebla; 
    el silencio sube sus cantos 
    a la penumbra de la estancia. 
    El percibe un temblor muy tenue 
    que estremece la piel que ama 
    dulce en su ensueño. Muy despacio 
    la va cubriendo con la sábana 
    por evitar que se desvele. 
    Pero unos brazos le envolvían 
    y se ciñeron a su cuerpo: 
    eternidad fue aquí lisura 
    miel y jazmín. Mucho más tarde 
    aún se oía el cantar los pájaros. 
    .
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    JOSE AGUSTIN GOYTISOLO
    Traduction Colette Museur
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    henri gervex2

     

    Oeuvre Henri Gervex


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    On dit que ni les plantes, ni les sources, ni les oiseaux ne parlent,
    Non plus la vague et ses grondements, ni les astres et leur brillance,
    On le dit, mais c'est faux, car toujours quand je passe,
    Ils murmurent et s'exclament:
    - Voilà la folle rêvant
    De l'éternel printemps de la vie et des champs,
    Et déjà bien vite, bien vite, elle aura les cheveux blancs,
    Et tremblante, gelée, elle voit que le givre couvre le champ.
     
     
    - Il y a des cheveux blancs sur ma tête, et du givre dans les champs,
    Mais je continue à rêver, pauvre, incurable somnambule,
    À l'éternel printemps de la vie qui s'éteint
    Et à la persistante fraîcheur des champs et des âmes,
    Bien que les uns se fanent et les autres s'embrasent.
     
     
    Astres et sources et fleurs, ne médisez pas de mes rêves,
    Sans eux, comment vous admirer et comment vivre sans eux?
     
     
    .

     



    Dicen que no hablan las plantas, ni las fuentes, ni los pájaros,
    Ni el onda con sus rumores, ni con su brillo los astros,
    Lo dicen, pero no es cierto, pues siempre cuando yo paso,
    De mí murmuran y exclaman:
    —Ahí va la loca soñando
    Con la eterna primavera de la vida y de los campos,
    Y ya bien pronto, bien pronto, tendrá los cabellos canos,
    Y ve temblando, aterida, que cubre la escarcha el prado.

    —Hay canas en mi cabeza, hay en los prados escarcha,
    Mas yo prosigo soñando, pobre, incurable sonámbula,
    Con la eterna primavera de la vida que se apaga
    Y la perenne frescura de los campos y las almas,
    Aunque los unos se agostan y aunque las otras se abrasan.

    Astros y fuentes y flores, no murmuréis de mis sueños,
    Sin ellos, ¿cómo admiraros ni cómo vivir sin ellos?
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    ROSALIA DE CASTRO
     
    Traduction Colette Museur
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    mark briscoe,

    Oeuvre Mark Briscoe


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    La pierre sur l'eau
    Contre le vent rapace
    La caresse de l'eau, la caresse des doigts
    sur la pierre lisse
    Tes mots à haute voix sur l'enclos de tes 
    lèvres
    Le murmure d'un baiser, le murmure or et 
    vert de l'eau -- sources secrètes.
    Un éclat d'aurore vient heurter le soir
    à son heure incertaine
    Le soir alentit son pas, à la rue bruissante 
    intime le silence
    Un éclat d'aurore
    Et la grande main du soir un instant se 
    pose sur le cours du temps --
    Je pense à toi.

     

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    ANNE MARGUERITE MILLELIRI

     

     

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    MELAJA2,


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  • 09/06/18--19:08: MARGES
  • Toi qui vas ton chemin, t’arrêterais-tu entre des vignes à l’abandon si, droit devant, tu entrevoyais dans la tombée du jour, parmi l’intense éclat de petits cyclamens, une oreille pointue dressée, dodinant sur le bas-côté de la route ? Croirais-tu qu’un animal à museau fin est là, reins peut-être brisés, écrabouilléà demi, implorant ton secours ? Admettons que tu prennes le temps, souhaites vivre et le permettre aux autres, que tu sortes de la voiture tout en pestant contre cette imbécile de bestiole et que tu t’aperçoives qu’il ne s’agit que d’un gant, un gant posé près du fossé herbu, et, comme il n’y a que toi (et des tressaillements d’oiseaux dans les platanes), certainement placé là, un doigt tendu, pour toi ; admettons qu’avec l’envie d’y voir quelque présage, tu espères les gens qui l’ont mis là, tu espères et si personne n’arrive, tu comprends que nul ne se présentera ; pourtant il est peu probable que tout ne soit qu’accidents et aléas. Si j’étais allongé sur l’accotement, jeté bas comme ce gant, seul, comme lui égaré, comme lui confondu comme lui retrouvé, fait pour être à deux, mais seul, à remuer faiblement un doigt (peu importe lequel, on ne sait d’aucun d’eux ce qu’il montre), un frisson courrait-il le long de ton échine, te demanderais-tu ce qui m’est advenu, qui m’a déposé là, faussé compagnie et pourquoi ? Tu aurais la conviction qu’avec mon doigt je t’ai appelée, notre rencontre rendue par l’heure fatidique, car il est peu probable que tout ne soit qu’accidents. Partout il y a de petits riens qui, jusqu’en leurs variations infimes, en viennent à faire supposer sens et sort : comme disent certains, ne se peigne-t-on pas selon l’idée qu’on a du monde ? Jetés parmi les circonstances, nous accordons crédit plus grand à notre besoin de promesse qu’à ce qu’elles peuvent tenir, pensons que les avant-coureurs sont dans des gestes minuscules. Sinon, par quelle fibre réunir tous ces éclats épars, tous ces signes reçus ? Peut-être les fils de la Vierge sont-ils notre revanche contre la face hideuse du monde.

    Si tu passes ton chemin sans un regard pour les bas-côtés, tu ne sauras jamais la truffe humide quémandant ta main ni, gant relevé, le long duel amoureux dans l’herbage de juin. Et moi, je ne connaîtrai pas ton désir désiré d’entendre à ton oreille chuchoter mon petit doigt.

     

     

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    FRANCOIS LAUR

     

     

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    salvador-dali-

    Oeuvre Salvador Dali


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    Malgré la fenêtre ouverte dans la chambre au long congé, l'arôme de la rose reste lié au souffle qui fut là. Nous sommes une fois encore sans expérience antérieure, nouveaux venus, épris. La rose! Le champs de ses allées éventerait même la hardiesse de la mort. Nulle grille qui s'oppose. Le désir resurgit mal de nos fronts évaporés. Celui qui marche sur la terre des pluies n'a rien à redouter de l'épine, dans les lieux finis ou hostiles. Mais s'il s'arrête et se recueille, malheur à lui! Blessé au vif, il vole en cendres, archer repris par la beauté.

     

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    RENE  CHAR

     

     

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    FEDERICO INFANTE2,,,2

    Oeuvre Federico Infante 


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  • 09/08/18--06:04: ARNAUD RIOU...
  • La semaine dernière, j'ai rencontré pour notre film en Mongolie plusieurs familles d'éleveurs. Elles nous ont partagé leur quotidien, je leur ai raconté le nôtre. Pour eux, les centaines de chevaux sauvages, les troupeaux paissant dans des steppes sans limites, un quotidien dédiéà un mode de vie nomade. Leur sourire est brillant. Ils sont en bonne santé et n'ont pas besoin de lunettes, tant ils sont habitués à scruter l'horizon à tout âge. "Pourquoi ne mangez-vous pas de viande ?" me demande l'homme curieux...

    Les Mongols sont carnivores. Dans cette culture nomade où on démonte la yourte deux à trois fois par an, il est bien difficile de faire pousser de la salade ! On vit avec les troupeaux. Il y a un contrat avec les animaux. Les moutons, les chèvres, sont en liberté. Ils broutent de l'herbe fraîche et de nombreuses plantes médicinales. Les animaux sont heureux toute leur vie et les éleveurs en prennent soin. L'homme me montre le col de son Del, un grand manteau qu'il porte jour et nuit. "Lorsque nous aidons les mères à mettre bas l'hiver, il faut couvrir les petits. Nous les cachons dans la fourrure pour les protéger. L'homme sourit. "Jamais nous ne mangeons les veaux... Imaginez-vous manger des enfants ?" L'éleveur m'explique qu'il connaît toutes les plantes de la steppe et qu'il part souvent au galop avec son fils pour emmener les troupeaux brouter dans une vallée où l'herbe est plus riche.

    Pourquoi êtes-vous végétarien ? Me demande l'homme. Je raconte que je suis devenu végétarien par conviction le jour où nos vaches sont devenues carnivores. Vingt ans que je ne peux plus avaler d'animaux morts. Je raconte à cet homme si doux les farines animales composées de carcasses de volailles et de poissons intoxiqués, les poussins broyés vivants, les porcs castrés. Je raconte la ferme des mille vaches. Ce que j'ai vu en visitant des abattoirs et qui m'a fait vomir. L'homme n'en revient pas. "Pourquoi ne laissez-vous pas les animaux en liberté dans vos prairies... Ils seraient plus heureux". Je lui partage notre notion de propriété. Comment nous sommes attribués la propriété autant des terres que du peuple animal. En France, chaque bête est pucée, tracée. Chaque parcelle de terre appartient à quelqu'un. Nous n'avons plus chez nous de grandes étendues où les animaux peuvent courir librement. "Mais la terre est à tout le monde ! " Me répond l'homme sidéré"Comme le ciel ! Pourquoi agissez-vous ainsi ?"

    C'est un choc de civilisation. Nous cherchons nos mots pour échanger. Pourtant nous nous comprenons très bien. Nous devinons entre les mots que nous sommes frères d'une même planète, même si nous n'y vivons pas au même endroit. De ses trois enfants, seul l'un est déterminéà reprendre son mode de vie nomade. Les autres ont été attirés par Oulan Bator, la Capitale, pour y suivre des études.

    Je lui raconte qu'enfant, chez ma grand-mère en Bretagne, j'allais chercher le lait dans des pots en fer. Que nos campagnes se sont tant transformées au cours de ces 40 dernières années. Que nous nous sommes coupés du vivant, de l'esprit de la terre et du sacré. Que c'est par recherche du progrès et du confort que nous sommes devenus esclaves de la modernité et bien souvent avides. Je lui demande ce qui lui manque, à lui, ou à ses enfants. "Nous ne manquons de rien... Nos enfants n'ont pas de jouets et pourtant ne s'ennuient pas ! Ils participent à la vie nomade. Nous vivons en lien avec la nature. Tous les jours, nous faisons des offrandes à la rivière, à la terre. C'est pourquoi notre mode de vie n'a pas changé depuis des siècles..."

    Je rentre à Paris, j'apprends la démission de Nicolas Hulot, il jette l'éponge ne se sentant pas à la hauteur de sa mission. Comment lutter contre les lobys ? J'apprends le même jour que le spectre d'un nouveau scandale sanitaire risque de frapper la Bretagne. Le géant de l'agroalimentaire Triscalia est soupçonné d'avoir vendu à un éleveur breton des aliments contenant des antibiotiques non autorisés pour les bovins. Encore une fois, l'avidité et le pouvoir... Chaque année, des millions de volailles sont abattues par mesure de précaution. La précaution ne consisterait-elle pas àécouter la nature pour voir de quoi elle a réellement besoin et à adopter des modes de vie où l'homme ne soit pas le plus grand prédateur.

    A combien de scandales devront-nous assister pour retrouver le lien sacré avec la terre, avec les animaux. Comment transformer notre rapport à l'écologie ?

    En France, plus d'un millards d'animaux sont tués chaque année.

    - 20 % des porcs meurent de stress ou de mauvais traitement avant d'arriver à l'abattoir
    - 80 % des poulets sont élevés sans jamais voir la lumière du jour
    - 99 % des lapins passeront leur vie en cage.

    Nous multiplions les maladies en consommant des animaux que nous avons nous-même empoisonnés. Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Nous sommes ce que nous consommons et le fait de consommer autant d'animaux souffrants et emprisonnés ne nous libèrera pas.

    L'écologie n'est pas une option politique. On ne peut pas être pour ou contre ! L'écologie, est l'apprentissage de la vie. Nous sommes conscients ou inconscients de l'urgence écologique parce que nous sommes sensibles ou insensibles à notre environnement. Et cette sensibilité se développe et s'entretient par la méditation, l'ouverture du coeur, les balades en forêt, l'observation et la conscience. L'ouverture à l'environnement.

    Ces 17 dernières années, plus du tiers des oiseaux ont disparu des campagnes françaises. Difficile pour eux de se nourrir puisque 80 % des insectes volants ont disparu dans ces trente dernières années. Nous connaissons les causes, les pesticides, l'agrochimie. Les néonicotinoïdes. Les insecticides neurotoxiques très persistants n’augmentent même pas les rendements agricoles, au contraire. Ils rendent la terre de plus en plus stérile.

    Pour autant, nos politiques pinaillent, reculent l'échéance, se perdent en compromis. Les intérêts financiers des lobbys et les jeux politiques à court terme sont tels que je crois fermement que le changement viendra de la base, de notre mode de consommation, de production, de communication. Einstein disait qu'on ne change pas une société en se battant contre elle, mais en en créant un nouveau modèle qui rende le précédent obsolète.

    Alors, ce matin, loin d'être pessimiste, je rends hommage à toutes celles et ceux qui font des efforts pour s'alimenter différemment, plus en conscience et en respect, qui privilégient les petits producteurs et les récoltants en parlant avec eux de la façon dont ils cultivent ou élèvent. 
    Je rends hommage aux agriculteurs, éleveurs, qui conscients de cette réalité cherchent à leur niveau des solutions alternatives. 
    Je rends hommage à tous ceux qui développent le bio, les circuits courts, les AMAP, la permaculture, la biodynamie.
    Je rends hommage à tous ces hommes et ces femmes qui retissent du lien pour créer des potagers dans les campagnes comme dans les villes
    à celles et ceux qui se battent pour la liberté des semences potagères, des espèces végétales menacées. 
    A celles et ceux qui se documentent, étudient, se renseignent et transmettent d'autres voies respectueuses de l'environnement.
    Je rends hommage à celles et ceux qui incarnent cette citation de Gandhi "Sois le changement que tu veux voir en ce monde"...
    Je sens que le temps est tellement venu...

     

     

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    ARNAUD RIOU

     

     

     

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    terre-planete-fragile2


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  • 09/10/18--00:39: CHRISTIAN VIGUIE...Extrait
  • Il y a des oiseaux
    qui savent se corrompre
    pour être à la fois eux
    et les ailes du vent.

    ...

    Peut-être que je mourrai
    en même temps qu'une mésange
    et qu'un poème se fera
    entre la mésange et moi
    puisque nous aurons répondu
    une dernière fois
    à l'appel et à la mesure du monde

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    CHRISTIAN VIGUIE

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    L'oiseau bleu

    Fresque de Cnossos 1550 av. JC

     


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  • 09/10/18--05:50: ASILE PERSONNEL...Extrait
  • Comme la rivière se remplit de brindilles par un jeu d’enfants,
    d’une rive à l’autre le jour étend sa voix, la tienne.
    Je ne sais rien des colombes qui passent sur ton front lorsque la nuit s’endort
    ni des clefs tentant de t’arracher pour l’autre vie.
    Je sais des syllabes dans l’ombre, courant inlassables sur les rails,
    quand dans la plaine la ville n’est plus qu’une île sans sommeil.
    Et par son accent navigue ta voix, indéclinable et fertile,
    plus proche de la terre que des hautes sphères invisibles.
    Spectacle comme la flamme qui monte sans traces, sans oiseaux,
    ma vie te suit à travers ces terrains vagues. Elle te suit sans peur.
    Elle te suit sans les pauses que la corde, la chemise et le pollen imposent.
    Elle est une, toutes; elle est vraie et non : aveugle et lucide
    comme le dos de ce chien où les paroles me figent.
    L’été, ses trottoirs bienveillants de fruits, ses passants,
    les lance-flammes bruyants, les claviers noirs et blancs des eaux…
    suffisent-ils à inonder la nuit, à abandonner ta voix qui nous enchaîne ?
    De son enclos d’avril l’automne envoie un long mugissement.
    Cernes de scarabée, larmes d’un homme rabaissé.
    Me voici, nourrissant jour après jour l’espérance couchée sur le fumier,
    fébrile parmi les sexes d’où les fumées s’élèvent,
    sans ascension possible, sans retours à venir. Il n’y reste que le regard,
    attentif, des bourgeons soumis, de la racine innocente,
    leur vision d’une universelle araignée tisserande …
    Le jour amarre et je saute à terre. Les étoiles
    rampent encore sur les eaux
    qui s’éveillent à ta voix, qui est celle du monde.

     

     

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    PABLO URQUIZA

     

     

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    marie spartali stillmanlove

    Oeuvre Marie Spartali Stillman


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    L’impatience a défait les fleurs
    du jardin monte une douceur frileuse
    des marais semblent aux portes
    de la maison on perd ses cheveux
    une robe d’été change de place
    de laineux parfums envahissent la chambre
    les signes se font rares tout est à craindre
    du ciel à l’eau violente

    en tombant les derniers fruits laissent
    la voix des morts saisir nos mains.

     

     

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    ANNE BIHAN

     

     

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    Fréderick Childe Hassam

    Oeuvre Frédérick Childe Hassam


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    Ce matin je ne sais pas ce qui s’est passé :
    les maisons n’ont plus de fenêtres,
    les arbres n’ont plus de racines,
    les prairies ont abandonné
    leur couleur dans la nuit,
    les fleurs se sont réduites
    à un simple contour en fil de fer.
    La mer ne retrouve plus l’horizon
    transparent dans l’espace transparent.
    Des étoiles monte un filet de brume
    comme de chandelles éteintes.
    Le bon Dieu a avalé l’orange du ciel
    et à la place de la lune, plus qu’un trou
    qui conduit au cimetière des avions morts,
    il fait nuit dans la nuit, noir dans le noir.
    Maintenant les enfants ont des cheveux tout blancs,
    plus personne qui ait encore les yeux bleus.

    Mais heureusement, tu es là,
    avec une boîte de crayons de couleur,
    une paire de ciseaux, des petits soldats.
    Voilà que la mer est repeinte, juste à temps
    pour que les poissons rouges ne deviennent pas tout noirs
    rongés par la mélancolie.
    Le soleil, arborant bouche et moustaches,
    écarquille de nouveau ses yeux dans le ciel.
    Pour soutenir les arbres, à chacun d’eux tu mets
    un petit soldat appuyéà son fusil.

    A quoi peut bien servir un soldat pour les merles ?
    Pour un merle, un simple merlon suffit :
    à quoi bon gaspiller deux mots rien que pour ça ?
    Avec tes ciseaux tu refais sourire les maisons.
    A la fenêtre il y a même une petite fille.
    Hélas, pour mieux la regarder
    un sergent de bois
    a laissé tomber un sapin
    tout juste devant la façade.
    Comme tu n’avais pas de vert,
    le pré, tu l’as refait en jaune :
    un pré en plein hiver, mais enfin bon :
    il reverdira certainement au printemps.

     

     

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    Stamattina non so che è successo :
    le case non hanno finestre,
    gli alberi non hanno radici
    i prati honno dimenticato
    il colore nella notte,
    i fiori hanno solo
    un contorno di fil di ferro.
    Il mare non ritrova l’orizzonte
    trasparente nel cielo trasparente.
    Le stelle fumano di nebbia
    come candele spente.
    Dio ha mangiato l’arancia del cielo
    e al posto della luna c’è un buco
    che porta al cimitero degli aerei morti,
    è buio nel buio, nero nel nero.
    I bambini hanno i capelli bianchi
    non c’è più nessuno con occhi azzurri.

    Per fortuna ci sei tu,
    con una scatola di matite colorate
    un paio di forbici e i soldatini.
    Ridipinto il mare, giusto in tempo
    perché i pesci rossi non diventin neri
    per la malinconia.
    Il sole con bocca et baffi
    spalanca ancora gli occhi nel cielo.
    A regger gli alberi ci metti a ognuno
    un soldatino appoggiato al suo fucile.

    A che serve un soldato per i merli ?
    Per un merlo basta un merlo :
    a che serve sciupare due parole ?
    Con le forbici ridai il sorriso delle case.
    Alla finestra c’è pure una bambina.
    Peccato che per guardarla
    un sergente di legno
    ha lasciato cadere un pino
    proprio davanti alla facciata.
    Poiché ti mancava il verde,
    il prato l’hai rifatto giallo :
    un prato in pieno inverno, ma pazienza :
    rinverdiderà sicuramente a primavera.

     

     

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    GINA LABRIOLA

    traduction Philippe Guérin

     

     

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    Childe Hassam2,

    Oeuvre Frédérick Childe Hassam


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    Que ce soit le chant d´une lampe ou bien la voix de la tempête, que ce soit le souffle du soir ou le gémissement de la mer, qui t´environne — toujours veille derrière toi une ample mélodie, tissée de mille voix, dans laquelle ton solo n´a sa place que de temps à autre. Savoir à quel moment c´est à toi d’attaquer, voilà le secret de ta solitude : tout comme l’art du vrai commerce c´est : de la hauteur des mots se laisser choir dans la mélodie une et commune.

     

     

    Nous sommes en avant tout à fait comme cela. De bénisseuses nostalgies. C’est au loin, dans des fonds éclatants, qu’ont lieu nos épanouissements. C’est là que sont mouvement, volonté. C’est là que se situent les histoires dont nous sommes les titres obscurs. C’est là qu’ont lieu nos accords, nos adieux, consolation et deuil. C’est là que nous sommes, alors qu’au premier plan, nous allons et venons.

     

     

    Souviens-toi de gens que tu as trouvés rassemblés sans qu’ils aient encore partagé une heure. Par exemple des parents qui se rencontrent dans la chambre mortuaire d’un être vraiment cher. Chacun, à ce moment là, vit plongé dans son souvenir à lui. Leurs mots se croisent en s’ignorant. Leurs mains se ratent dans le désarroi premier. — Jusqu’à ce que derrière eux s’étale la douleur. Il s’asseyent, inclinent le front et se taisent. Sur eux bruit comme une forêt. Et ils sont proches l’un de l’autre comme jamais.

     

     

    Sinon, s’il n’y a pas une profonde douleur pour rendre les humains également silencieux, l’un entend plus, l’autre moins, de la puissante mélodie de l’arrière-fond. Beaucoup ne l’entendent plus du tout. Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines et qui croient à présent que leur force et leur vie, c’est le bruissement de leurs branches. Beaucoup n’ont pas le temps de l’écouter. Ils ne veulent pas d’heure autour d’eux. Ce sont des pauvres sans-patrie, qui ont perdu le sens de l’existence. Ils tapent sur les touches de jours et jouent toujours la même monotone note diminuée.

     

     

    Si donc nous voulons être des initiés de la vie, nous devons considérer les choses sur deux plans :
    D’abord la grande mélodie, à laquelle coopèrent choses et parfums, sensations et passés, crépuscules et nostalgies, —
    et puis : les voix singulières, qui complètent et parachèvent la plénitude de ce chœur.
    Et pour une œuvre d’art cela veut dire : pour créer un image de la vie profonde, de l’existence qui n’est pas seulement d’aujourd’hui, mais toujours possible en tous temps, il sera nécessaire de mettre un rapport juste et d’équilibrer les deux voix, celle d’une heure marquante et celle d’un groupe de gens qui s’y trouvent.

     

     

    À cette fin, il faut avoir distingué les deux éléments de la mélodie de la vie dans leur forme primitive ; il faut décortiquer le tumulte grondant de la mer et en extraire le rythme du bruit des vagues, et avoir, de l’embrouillamini de la conversation quotidienne, démêlé la ligne vivante qui porte les autres. Il faut disposer côte à côte les couleurs pures pour apprendre à connaître leurs contrastes et leurs affinités. Il faut avoir oublié le beaucoup, pour l’amour de l’important.

     

     

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    RAINER MARIA RILKE

     Traduction Bernard Pautrat

     

     

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    kay sage2

    Oeuvre Kay Sage


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  • 09/13/18--03:38: RACHID TAHA - HOMMAGE
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  • 09/14/18--09:36: DJAFFAR BENMESBAH...Extrait
  • Le chant des vagues est l’ivresse raffinée des flots quand ils symphonisent le silence des océans pour le confier en murmure à la chronique du temps qui passe. C’est une œuvre d’inspiration tendre dans laquelle la mélopée se lie indissolublement aux paroles de l'évasion où l’amour tient une part plus large que l’éloignement, la séparation, l’exil, la tristesse et la nostalgie. Une œuvre qui, dans le rideau du soir, livre par déclamation libre et notée les secrets de pérennité. 

     

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    DJAFFAR  BENMESBAH

     

     

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    MB

    Oeuvre MB Gauthier

    https://www.artmajeur.com/mbgauthier


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