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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/11/18--11:41: DU SILENCE PREMIER


  • Mère soyez gentille

    différez l’heure

    de ma naissance

    Ainsi je serai

    en puissance

    comme on existe

    en poésie

    comme une lettre

    en souffrance

    qui aimerait bien

    faire sens

    sous le vacarme des idiots

     

    Je me contenterai

    des traces des saveurs

    & du pur aliment

    d'un travail de silence

     

    or feu puisés sans cesse

    dans les âges anciens de soi

    substance incandescente

    qui calcine les simulacres-

     

    Je boirai

    ce que les oiseaux

    voudront me laisser

    de l'aurore

     

    chaque jour

    un peu plus léger

    chaque jour

    un peu plus sensible

    à la pure loi intrinsèque

    qui osera me dire enfin :

     

    laisse

    toute chose

    chanter sa vie

    instinctivement

    à son rythme

     

    laisse

    toute chose s'inventer

    l'hirondelle

    décider le bleu

    & la voyelle

    oser le sens

     

    Sois vraiment

    dans tes mots

    & qu'ils soient

    où tu es

     

    Que ta pensée

    revienne vers

    la simplicité

    de tes mains

     

     

    .

     

     

     

    RAYMOND FARINA

    Extrait de "Ces liens si fragiles ",

    Editions Rougerie

     

     

    .

     

    DANIEL TERNON2,

    Oeuvre Daniel Ternon


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  • 10/10/18--16:57: APPRENTISSAGE AMER...Extrait
  • Il arrive un jour où le jour se termine
    avant que la nuit ne soit tout à fait tombée.
    Il arrive un jour où la main, en chemin déjà,
    oublie tout à coup la tendresse de son geste.
    Il arrive un jour où le bois ne parvient pas
    à allumer le feu de la cheminée.
    Il arrive un jour où l’amour qui était infini,
    soudain finit, soudain.

    La force est de savoir aimer avec douceur et constance
    avec l’enchantement de la rose bien droite sur sa tige,
    afin que l’amour, blessé, ne finisse pas
    dans l’éternité amère d’un instant

     

    .

     

     

    THIAGO DE MELLO

     

     

    .

     

    nicolas rozier3,

    Oeuvre Nicolas Rozier


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  • 10/12/18--08:55: A L'ORIENT DE TOUT...Extrait
  • Derrière les yeux, le mystère
    D’où infiniment advient la beauté
    D’où coule la source du songe
    Bruissant entre rochers et feuillages
    Chantant en cascade
    les saisons renouvelées
    Chantant les instants
    de la vraie vie offerte
    Matin du martinet disparu
    Midi de la mésange retrouvée
    Longues heures à travers le jour
    Un seul battement de cils et mille papillons
    prêts à s’enfouir parmi les pétales
    prêts à durer tant que dure la brise
    Jusqu’à la passion du couchant
    où les âmes clameront alliance
    Jusqu’à l’immémorial étang
    où rayon de lune et onde d’automne
    Referont un

     

    .

     

     

    FRANCOIS CHENG

     

     

    .

     

    LADO gudiashvili girl with a pigeon3

    Signature non lisible 

     


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  • 10/12/18--23:35: C'EST DANS L'ABSENCE VIVE
  • C’est dans l’absence vive
    Que s’oriente le Chant :

    Y aurait-il un rythme
    Au secret du silence ?

    Ecrire est à douleur
    Quand le souffle se cherche :

    Mais si le cœur fatigue
    Où peupler ses saisons ?

    Tant que le monde va
    Nous sommes sans bagages :

    Y a-t-il un matin
    Devançant tous matins ?

    Peut-être le printemps 
    Pourrait nous mettre au monde

    Si nous étions vraiment 
    Accordés ici-même :

    Arbres-vie abreuvés
    Aux racines du ciel !

     

    .

     

     

    JEAN LAVOUE
    www.enfancedesarbres.com

     

     

    .

     

    tham37,

    Photographie Thami Benkirane 

    https://benkiranet.aminus3.com/

     


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  • 10/12/18--23:54: PEU A PEAU
  •  

    Est ce qu’un jour
    Un jour seulement
    Les peaux se souviendront
    Qu’elles ont le même ton

    Juste Soie en granité
    De Clair en Obscur moiré
    Comme nous sommes
    Humains bêtes de somme

    Est ce qu’un peu enfin _ un jour

    Juste le temps de reprendre
    Le fil de l’humain en Chœur
    Les sens voilés à nos cœurs
    En tête pourront Doux entendre

    Que l’espace au temps d’exister

    S’il te plaît
    Vous

    Tant se meurt
    A vivre seul courbé
    Quand
    On devrait surtout S’aimer
    Et plus encore se protéger.

    Cil Scille Sur le fil de l’Exil
    Peu à peau

    S’il vous Plaît
    Cil se tait.

     

     

    .

     

     

    CORINNE GRANDEMANGE

    https://www.facebook.com/profile.php?id=100010362851322

    .

    honore daumier2,

     

    Oeuvre Honoré Daumier


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  • 10/13/18--23:42: LA VAGABONDE...Extrait
  • Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l’eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle… 
    Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d’un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l’oiseau, la voile, le vent et la vague. 
    Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau… 
    Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moi, jusqu’au jour où mes pas s’arrêteront et où s’envolera de moi une dernière petite ombre…qui sait où?

     

     

    .

     

     

    COLETTE

     

     

    .

    monet2,

    Oeuvre Claude Monet


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    Au crépuscule, près du fleuve Issil

    Dans le quartier populaire où je marchais maintenant, je croisai une fabuleuse image d'hommes pour la plupart anciens, vêtus de djellabas savantes, de capuchons protecteurs des frimas de l'Atlas dont le vent amenait le froid glacé des neiges. Ils étaient là, sur le trottoir, en prière ou assis sur des nattes posées sur la chaussée, et ces visages remplis de caractère, ces vêtements sombres que le jour n'éclairait plus, ces barbes descendant en cascade, en boucles et en lacets, d'autres très blanches, pointées vers le sol quand ils piquaient vers la terre pour discuter avec Dieu ou poursuivre leurs psalmodie, cette fresque gigantesque dans la nuit déjà sombre mais neuve, chargée encore du jour qui passait, de ses événements, de sa vie, ce tableau de trente mètres de long, plus long que les peintures les plus vastes du musée du Louvre, de Florence ou de Rome, ce tableau de plusieurs dizaines de mètres que l'on aurait détaché du ciel et de la terre, découpé du vif de la vie pour le poser naturellement devant les yeux et le contempler, représentait l'image même d'un chef-d'œuvre humain sans pareil, car cette fois, plus loin que toute peinture aussi grand que soit l'artiste, les personnages pouvaient aller et venir, sortir de la scène sans que nos yeux les quittassent, et ce tableau s'assemblait et se désassemblait encore et encore, y compris demain soir quand ils reviendraient jouer cette scène à l'heure de la prière, jusqu'à ce qu'un jour ils oublient ces heures de prière et s'assemblent pour un tableau nouveau mais renouant avec le primitif de l'assemblée d'un village où les hommes seulement, cette fois, figureraient des dieux.

     

    .

     

     

    CHARLES VERSINI

     

     

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    eugene delacroix2

    Oeuvre Eugène Delacroix

     


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    Merci à  Ananda

     

    " Nous y voilà, nous y sommes.
    Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
    Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.
    Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé.

    Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est amusé.

    On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés.
    Franchement on a bien profité.

    Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
    Certes

    Mais nous y sommes.
    A la Troisième Révolution.
    Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
    « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
    Oui.
    On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
    Sauvez-moi ou crevez avec moi

    Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
    Peine perdue.
    Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
    Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille 
    récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
    S'efforcer.
    Réfléchir, même.

    Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
    Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
    Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
    Pas d'échappatoire, allons-y.

    Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

    A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

    A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
    A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

     

     

    .

     

     

    FRED VARGAS
    Archéologue et écrivain

     

     

    .

     

     

     

    TROISIEME REVOLUTION

     


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  • 10/18/18--02:23: LE LIVRE D'IMAGES...Extrait
  • Les feuilles tombent, tombent comme si au loin
    se fanaient dans le ciel de lointains jardins ;
    elles tombent avec des gestes qui se refusent.
    Et dans les nuits la lourde terre tombe
    de toutes les étoiles, dans la solitude.
    Nous tombons tous. Cette main tombe.
    Et vois, cette chute est dans toutes les autres mains.
    Et pourtant il en est un qui retient dans sa main,
    cette chute délicatement, éternellement.

     

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    RAINER MARIA RILKE

    (1875–1926) 

     

     

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    tham50,

     

    Photographie Thami Benkirane

    https://benkiranet.aminus3.com/

     


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  • 10/18/18--04:29: BERNARD PERROY...Extrait
  • Bien-sûr le temps demeure un lieu
    de course folle ou d'immobilité,
    de courses poursuites
    entre nos élans et nos peurs,
    nos belles heures et les plus sombres,
    nos promenades, nos marches forcées,
    nos territoires gagnés ou perdus,
    nos flammes de vaste envolée
    ou celle trébuchante à chaque seconde,
    mais sûre abri en son indéchiffrable beauté 
    dont la lumière s'élève dans la nuit de nos cœurs 
    comme le tremblement obstiné de l'étoile…

     

    .

     

     

    BERNARD PERROY

     

     

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    GAELLE DE TRESCADEC

    Photographie Gaëlle de Trescadec

    https://www.facebook.com/laloupetitloup/


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  • 10/18/18--23:39: CHRONIQUE D'HIVER...Extrait
  • Merci à Marie-Paule et Raymond Farina
     
    Tu aimerais savoir qui tu es. Comme tu n'as pas grand chose pour te guider,  voire rien, tu supposes que tu es le résultat de vastes migrations préhistoriques, de conquètes, de viols et d'enlèvements, que les longs et tortueux croisements entre les membres de ta horde ancestrale se sont multipliés sur de nombreux territoires et royaumes, car, après tout, tu n'es pas la seule personne à avoir voyagé - des tribus entières d'êtres humains se sont déplacées sur toute la terre pendant des dizaines de milliers d'années, et qui peut savoir qui a engendré qui, et puis qui a encore engendré et encore qui, jusqu'à ce qu'enfin tes parents t'engendrent, toi, en 1947... Tes quatre grands-parents étaient tous des juifs d'Europe orientale... Tes deux grands-mères étaient des rouquines, et des deux côtés de la famille on remarque un tumultueux mélange de caractéristiques physiques dans la nombreuse progéniture qui a suivi... Le patrimoine génétique de l'Europe de l'Est, donc, mais qui sait où ces fantômes sans noms avaient vagabondé avant d'arriver dans les villes de Russie, de Pologne, et de l'empire austro-hongrois, car comment, sinon, rendre compte du fait que ta soeur est née avec, sur le dos, la tache mongoloïde bleue que seuls présentent les bébés asiatiques, et comment, sinon, expliquer que toi, avec ta peau basanée, tes cheveux ondulés et tes yeux gris-vert, aies réussi, ta vie durant, àéchapper à toute identification ethnique, que des inconnus aient pu déclarer que tu devais être à coup sûr italien, grec, espagnol, libanais ou même pakistanais? Parce que tu ne sais absolument pas d'où tu viens, tu as décidé depuis longtemps de supposer que tu es un mélange de toutes les races de l'hémisphère oriental, en partie africain, en partie arabe, en partie chinois, en partie indien, en partie caucasien, que tu es le creuset de nombreuses civilisations contradictoires à l'intérieur d'un seul corps. C'est surtout une position morale, une façon d'éliminer la question de la race - à ton avis une fausse question qui ne peut que déshonorer celui qui la pose-, et tu as par conséquent décidé en toute conscience d'être tout le monde en toi afin d'être plus pleinement et plus librement toi-même, car savoir qui tu es reste un mystère que tu n'as aucun espoir d'élucider un jour.
     
    .

     

    PAUL AUSTER
    Traduction de l'anglais par Pierre Furlan
     Editions Actes Sud/ Babel

     

     

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    priscille deborah

     Oeuvre Priscille Deborah

    http://www.priscilledeborah.com/bio/#Parcours

     

     


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  • 10/20/18--03:41: L'ARBRE A FEU...Extrait
  •  Je dis Violet quand les statues

    Rêvent de Pâques revenues

    L’Indigo sur ma langue passe

    Quand je la passe à l’eau de grâce

    Je dis Bleu quand les hirondelles

    Reconnues au bruit de leurs ailes

    Rentrent au nid de ma tourelle

    Je dis Vert quand un vent de feu

    m’incline du côté de Dieu

    Mais je dis Rouge quand ta voix

    Couvre mon cœur de son velours

    Comme un effeuillement de dahlias

    Qui n’en finirait pas

    Je dis rouge quand ton amour

    Se met à traverser ma nuit 

     

     

    .

     

     

    ANGELE VANNIER

     

     

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    nicolas rozier

    Oeuvre Nicolas Rozier


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  • 10/20/18--03:45: JEANNE BASTIDE...Extrait
  • La vigne comme une écriture sur la colline. Difficile d’y creuser tant la terre est caillouteuse. Son rire est loin dans les racines. Il faut creuser longtemps, descendre profond pour recueillir les soubresauts de son souffle.
    De cep en cep, de lettre en lettre, je vendange cette vigne creusée dans l’enfance. Les seaux pleins d’un raisin que je ne reconnais pas. Des grains pêle-mêle. Le vin, le sang, la parole proférée, le rire et le vivant, le vivant et la mort.
    Je creuse encore. Dionysos est là. La joie, la fête, la jouissance, la jubilation, le sacré.
    Le sacré. C’est dans ce lieu là qu’il me fallait arriver.

     

     

    .

     

     

    JEANNE BASTIDE

     

     

    .

     

    PAUL RANSON

    Oeuvre Paul Ranson


    0 0

     Pour un luminisme poétique

    Manifeste

    Les mots changent de lumière et d’âme.
    Et nous changeons avec.
    Il a suffi d’un grain d’ombre et notre poème a pris l’aile, un coup d’aile dans son éclat premier.
    Le sol plein de soleil et les tropismes du vague à l’âme des errants.
    Je vagabonde de soir en soir sur de maigres chemins.
    J’en rapporte des vers pour les oiseaux qui me picoreront.
    Je ne les prends pas pour des pigeons.
    Non, je suis ramasseur de l’essentiel. Du rien tombé des broutilles.

    A la lueur des mots.

     

    ...

     

    On ne demande pas au cœur
    d’être un abri pour le vent
    ni pour le tumulte
    les doigts savent presque
    les mots qu’il faut
    pour aimer.

     

     .

     

     

      PHILIPPE LEUCKX

     

     

     .

     

     

    Matthijs Röling (2

    Oeuvre Matthijs Röling 

     


    0 0
  • 10/21/18--06:43: LE TEMPS S'INCLINE
  • On entre au défaut de la forêt, plus haut que laines et faucheurs.

    Les genêts montent leurs cosses noires.

    Marche à la longue et le pas détrempé.

    Quel arbre fut jamais aussi vrai, venu des nœuds,de sondes et d'un seul jet,

    que cette lame rêche au plat de l'air?

    C'est qu'un profil ancien me double,un autre temps épaissit le regard:

    quand la joie déboulait du matin, entre ses toiles grèges,

    et l'eau prise à l'étau de sapins étourdissait la peau battante.

    La main, marcheuse des cœurs, était terriblement confiante.

    Je m'achemine vers un peu d'évidence.

    Comment savoir ce que ces hautes heures avaient ourdi?

    J'ai dérangé depuis tant de silences!

    Au cours des fagnes, en tailles de forêts, je ne cherche qu'à reconnaître la source

    qui décline ma vie selon plis et replis.

     

     

    .

     

     

    ANDRE DOMS

     

     

    .

     

    Aleksei Gritsai2,

    Oeuvre Aleksei Gritsai

     


    0 0

    L’oiseau de Braque d’un cri raye l’espace
    de la fenêtre
    je vois
    j’écris
    j’essaie de figer dans le tremblement des mots le pur éclair
    de son    passage 

    Mais comment dire le perpétuel ailleurs de cet oiseau mental
    qui traverse le temps
    par la trame déchiquetée du hasard ?

     

    .

     

     

    JEAN-CLAUDE XUEREB

     

     

    .

     

    trace-oiseau-vitre-poudre-


    0 0

    C'était un petit chemin de terre. Il serpentait à travers la plaine, à l’écart des grandes villes. Des talus broussailleux, des peupliers et des bouleaux, des rochers le bordaient. À l’un de ses méandres il frôlait une croix de pierre au socle tout moussu. Puis il partait se perdre quelque part dans la plaine, parmi les ronces et la poussière. Exténué par tant d’immensité il finissait par se dissoudre sous l’herbe rase et les cailloux ainsi que s’effacent les morts invités par la nuit de la terre au grand mystère de la disparition.

    Car les chemins ont une vie, ils ont une histoire et un destin, comme les hommes. Et, comme les hommes, ils meurent un jour.
    Leur histoire est liée à celle des hommes qui les ont tracés, à tous ceux qui les ont parcourus. Et ils ont un cœur, un cœur qui bat, tout résonnant des pas des marcheurs qui les foulent. La mort leur advient lorsque tous les désertent, que nul ne se soucie plus d’eux ; leur cœur se tait quand se taisent les pas.
    Les chemins ont donc aussi une âme, et ils ont une voix. Une voix très ténue qui se lève parfois et se met à chanter, au bord extrême du silence.
    Elle chante, la voix des chemins, les amours, les chagrins et les joies de tous ceux qui les ont traversés et dont ils gardent la mémoire.
    Leur mémoire est fidèle, profonde comme les siècles.

     

     

    .

     

     

    SYLVIE GERMAIN

     « Les pas qui dansent aux enfer », in Immensités, Éditions Gallimard (1993), Collection folio, 1995, pp. 206-207. 

    Sur

    https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2018/10/sylvie-germain-c%C3%A9tait-un-petit-chemin-de-terre.html?fbclid=IwAR1qPOIZdEecTDnB_I6hHM-5s8t78ewOTE_lGS7OLpGUg7j28GH5_ib56aQ

     

     

    .

     

     

    yehouda chaki

    Oeuvre Yehouda Chaki

     


    0 0
  • 10/25/18--00:23: TU PARLES DE CIVILISATION
  •  

    Tu parles de civilisation, tu dis qu’elle ne devrait pas être,
    ou qu’elle devrait être différente.
    Tu dis que tous les hommes souffrent, ou la majorité, avec les choses humaines disposées de cette manière.
    Tu dis que si elles étaient différentes, ils souffriraient moins.
    Tu dis que si elles étaient selon tes voeux, cela vaudrait mieux.
    J’écoute et je ne t’entends pas.
    Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ?
    Si je t’entendais je n’en serais pas plus avancé.
    Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes, voilà tout. Si les choses étaient selon ton coeur, elles seraient selon ton coeur.
    Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer la machine à faire du bonheur !

     

     

    .

     

     

    FERNANDO PESSOA

     

     

    .

     

    tommy Ingberg,,

    Oeuvre Tommy Ingberg


    0 0

    Nous dispersons les mots dans
    la confusion de la terre
    et d’un autre lieu qui nous
    les rend visibles
    Et nous, qui nous voit ?
    Tout ce qui prend silence
    Les feuilles, les branches, les pierres
    et les murs comme des mots
    sortant des mots, nous fixant
    sur terre où nous sommes le corps
    des années regagnant la surface

     

     

    .

     

     

    GEORGES DRANO

     

     

    .

     

    MURALE ITALIE


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