Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 177 | 178 | (Page 179) | 180 | 181 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 02/13/19--00:31: ERNEST PEPIN...EXTRAIT
  • Le beau songe qui s’éparpille
    Dans l’arc-en-ciel des ans
    A tire d’aile s’envole en reliant nos vies
    Et nous voilà
    Archet et violon d’un orchestre sublime
    Qu’on appelle l’amour
    Quand nous frôle la douceur
    Des souvenirs endormis
    Sous nos paupières fragiles
    D’avoir pu exister et entrevoir
    Cette lumière bénie par le temps
    Et qui nous gratifie de blessures inconsolées
    Nous voilà
    Ecorce des choses neuves
    Fiers d’offrir au jour
    Sa part de tendresse
    Cri muet d’un éclair
    Que le toujours du toujours foudroie
    Au point de chavirer nos chairs

    Ivresse des douceurs
    Sous le joug impérieux
    Des sentiments inoubliables
    Nous y sommes attelés
    Tels mer et rivage
    Les rêves peuvent s’en aller
    Comme s’éclaboussent les lucioles
    Il restera 
    En nous deux
    Le miroir accordéà notre soif

     

     

    .

     

     

    Ernest Pépin
    Faugas/Lamentin

    Le 31 Janvier 2018

     

    .

     

    ernest3,


    0 0

    « Amoureuse, piètre mot pour exprimer tant de choses ! Imprégnée, voilà qui exprime mieux… Imprégnée, c’est cela tout à fait, imprégnée depuis la peau jusqu’à l’âme, car l’amour définitif m’est si entré partout que je m’attendais presque à voir mes cheveux et ma peau en changer de couleur. »

     

     

    .

     

     

    COLETTE

     

     

    .

     

    COLETTE33


    0 0
  • 02/15/19--01:59: NOCES A TIPASA

  • 0 0
  • 02/18/19--02:58: QUI VIVE...Extrait
  • ...

    ton haleine chaude sur le cou de la nuit
    ou le petit matin naissant entre nos doigts
    nous voici tout vivants plongés dans l'éphémère
    d'une foudre sans lieu ni point d'impact au sol
    hors chair de passage mais quelle voix appelle
    inaudible aux entours et de sève gorgée
    à toutes les saisons c'est dire d'où tu viens
    beau fantôme perdu mais quel chant traduis-tu
    le pays est désert et le cœur dévasté
    car je n'existe pas tu restes sa demeure

     

    .

     

     

    CHRISTIAN  ARJONILLA

     

     

    .

    leonor-fini-4,

    Oeuvre Léonor Fini

     


    0 0

    C'était un chemin de traverse 
    dans l'enclos du rêve --

    un message enclos
    dans une bouteille jetée 
    aux vagues grises
    de la mer

    C'était un chemin et c'était 
    un bouton d'or 
    qui s'ouvrait sur un rêve 
    liseré d'azur

    C'était la mer en ressacs
    qui rugissait de froides larmes
    griffant les joues

    C'était un message 
    délivré du temps --
    que la mer a lavé.

     

    .

    .

    .

     ANNE MARGUERITE MILLELIRI

    .

    .

     

     

    ..

     

     

    bouteille2

     

     


    0 0
  • 02/18/19--05:04: LA HONTE...

  • "Je crois qu'un des motifs de l'art et de la pensée c'est une certaine "honte d'être un homme". 
    L'homme, l'artiste, l'écrivain, qui l'a dit le plus profondément c'est Primo Levi : "Quand j'ai été libéré, ce qui dominait, c'était la honte d'être un homme." 
    C'est une phrase à la fois très splendide, très belle, mais ce n'est pas abstrait, c'est très concret, la honte d'être un homme. 
    Mais elle ne veut pas dire les bêtises qu'on risque de lui faire dire. Ça ne veut pas dire que nous sommes tous des assassins, ça ne veut pas dire que nous sommes tous coupables face au nazisme. Primo Levi le dit admirablement, cela ne veut pas dire que les bourreaux et les victimes soient les mêmes. On ne nous fera pas croire ça. Beaucoup de gens racontent que nous sommes tous coupables, non, non, non, rien du tout. On ne me fera pas confondre le bourreau et la victime. 
    Moi, je crois que, à la base de l'art, il y a cette idée ou ce sentiment très vif : une certaine honte d'être un homme qui fait que l'art consiste à libérer la vie que l'homme a emprisonnée.
    L'homme ne cesse pas d'emprisonner la vie, il ne cesse pas de tuer la vie. La honte d'être un homme. 
    L'artiste c'est celui qui libère une vie, une vie puissante, une vie plus que personnelle. Ce n'est pas "sa" vie. Libérer la vie, libérer la vie des prisons de l'homme. C'est ça, résister. 
    On le voit bien avec ce que les artistes font. Il n'y a pas d'art qui ne soit une libération d'une puissance de vie. Il n'y a pas d'art de la mort d'abord. 
    De plus, quand je parle de la honte d'être un homme, ce n'est même pas au sens grandiose de Primo Levi. Pour chacun de nous, dans notre vie quotidienne, il y a des événements minuscules qui nous inspirent la honte d'être un homme. On assiste à une scène où quelqu'un est vraiment un peu trop vulgaire, on ne va pas faire une scène, on est gêné. Gêné pour lui, gêné pour soi puisqu'on a l'air de le supporter. Là aussi on passe une espèce de compromis. Et si on protestait en disant "mais c'est ignoble ce que tu dis" ? On en ferait un drame. On est piégé. Alors ça ne se compare pas avec Auschwitz mais même à ce niveau minuscule, il y a une petite… honte d'être un homme. Si on n'éprouve pas cette honte, il n'y a pas de raison de faire de l'art."

     

     

    .

     


    GILLES DELEUZE 
    (Abécédaire, entretiens avec Claire Parnet)

     


    .

     

    Federico Infante Tu

    Oeuvre Federico Infante


    0 0
  • 02/18/19--13:05: NE T'EXCUSE PAS...Extrait
  • Un autre jour viendra, féminin,
    à la métaphore transparente, accompli,
    adamantin, nuptial, ensoleillé,
    fluide, sympathique. Personne n’aura
    une envie de suicide ou de migration, 
    et tout, hors du passé, sera naturel, vrai,
    conforme à ses attributs premiers.
    Comme si le temps
    dormait en vacances…
    « Prolonge le beau temps de ta parure.
    Ensoleille-toi à l’astre de tes seins de soie
    et attends la bonne nouvelle. Ensuite, 
    nous grandirons. Nous avons du temps
    pour grandir après ce jour… »
    Un autre jour viendra, féminin,
    au signe chantant, au salut
    et au verbe azuréens.
    Tout est féminin hors du passé.
    L’eau coule des mamelles de la pierre.
    Pas de poussière, pas de sécheresse,
    pas de perte, 
    et les colombes font la sieste dans un char
    abandonné, quand elles ne trouvent pas
    un petit nid
    dans le lit des amants…

     

    .

     

     

    MAHMOUD DARWICH

     

     

    .

     

    Watanabe_Seitei

    Oeuvre Watanabe Seitei

     


    0 0
  • 02/20/19--08:06: ANNA MARIA CARULINA CELLI
  • Est-ce sentir, penser, danser sur un fil 
    Allonger la foulée
    Caressant le tranchant des falaises 
    Et pris par la rumeur des profondeurs qui grondent 
    Sauter 
    Toujours s'élancer dans le vide 
    Saisir à la volée 
    Le nuage qui passe 
    S'égrène en pluie dès qu'effleuré
    Fleurir, mourir est ce cela le cri de vivre 
    Est ce s'oublier ou bien se souvenir
    Du fil sombre dans la lumière
    Du rayon de soleil au fond de la chambre noire 
    Est ce partir courir le monde
    Les villes, les ports, les hommes,les draps
    Les jouissances pareilles 
    Claquer la porte
    Est ce rester 
    Faire son lit
    Serrer des oreillers 
    Errer par les pensées
    Écrire dans l'ombre 
    Faire luire les parquets 
    Lire le secret des horloges
    Ne pas laisser 
    Mourir le feu 
    La vie balance
    Entre les deux 
    Fil de fer ou corde folle

    Moi je voulais un jardin suspendu à la bride
    Un jardin où pousse une forêt
    Avec un ruisselet d'eau douce
    Qui va presque en silence
    Se donner aux rivières
    Et plonger dans la mer immense
    Se cousant en ourlet à l'arène des plages
    Je voulais un soleil
    Qui brillerait dans ma poche
    J'y entrerais la main
    Comme en un pli secret
    Avec la sensation de cajoler un coeur 
    Ne brûlant que pour moi
    Sur son amour de sable chaud
    De ce clos dérobé
    Jailliraient une fontaine de colombes 
    Des vents, des pluies, des tombes
    Les fleurs dont tu parlais
    Que je n'ai jamais vues
    Saisies à la volée 
    Nuages qui passent 
    S'égrènent en pluie dès qu'effleurés
    Les fleurs dont tu parlais
    Que je n'ai jamais respirées

     

     

    .

     

     

    ANNA MARIA CARULINA CELLI

     

     

    .

     

     

     

    CeliaAnahin_08,

     

    Oeuvre Célia Anahin 

     

     

     


    0 0

    Oui, le temps se desquame

    nous brûlons nos passeports trompeurs, nos photographies,

    nous prenons possession du passage.

    Sommes-nous seulement nos contemporains ?

     

    Rebrousser jusqu’à l’orque et l’algue, s’attendre à passer hors

    limites, supposer la réversibilité des organismes…

    Nous nous citons à comparaître, au péril de l’échange.

     

    ...

     

     L'oubli est sourd,

    l'oubli des voix de disparus qui nous aimaient

    l'oubli des vents qui délivrèrent les prisonniers d'étroites villes.

    L'oubli est nu comme du sable receleur de malédictions de talismans enfouis profonds :

    têtes de coqs, cœurs transpercés

    Mais l'oubli rebelle au malheur

    rajeunit les rêves lassés

    justifie la douceur des arbres et s'offre à la précarité du jour.

     

    .

     

     

    MARIE-CLAIRE BANCQUART

    Obsidiane, 2005

     

    .

     

    celia-anahin

    Oeuvre Célia Anahin


    0 0

     

    Une seule main ne suffit pas pour écrire
    Par les temps qui courent
    il en faudrait deux
    Et que la deuxième apprenne vite
    les métiers de l'indicible : 
    broder le nom de l'étoile
    qui se lèvera après la prochaine apocalypse
    reconnaître entre mille le fil qui ne casse pas
    coudre dans l'étoffe des passions
    langes, capes et linceuls
    sculpter l'aube dans un tas d'immondices
    Deux mains ne suffisent pas pour écrire 
    Par les temps qui courent 
    et les misères qui grondent
    il en faudrait trois, quatre
    pour que la vie daigne visiter
    ce terrible désert blanc.

     

    .

     

     

    ABDELLATIF LAÂBI

     

     

    .

     

    ESPOIR

    Artiste ?


    0 0

    Quand aux vivants le cœur se rénove et la première
    Amour éveille l’humain et le souvenir des âges d’or
    Hölderlin

     

    .

     

    De tes îles en fleur aucune n'est perdue
    quand toujours même dans l’abîme
    la terre se tresse autour de l’errance
    une côte sauve s’étend jusqu’au ciel
    des mains à nouveau font fleurir l’olivier
    pour renouer l’alliance des mots ouverts
    où le temps rebâtit ses tentes de fidélité
    dans le souffle du jour et le coeur de l’amour.

     

     

    .

     

     

    MICHEL ECKHARD ELIAL

     

     

    .

     

    Pierrette_Lambert

    Oeuvre Pierrette Lambert

     


    0 0
  • 02/22/19--04:33: BERNARD PERROY...Extrait
  • Je voulais te chercher
    parmi les jonquilles bleues
    et d'autres rêves tout aussi beaux
    dans leur façon d'éveiller
    la beauté en mon coeur
    et ce désir de la partager
    à autrui, lui-même beau
    d'être humain tout simplement,

    mais rien n'est si facile
    et la juste reprise 
    de la goutte d'eau
    tombant sur la roche
    seconde après seconde 
    pour la polir avec le temps,
    me donne le tempo
    pour aller à ta rencontre
    et découvrir

    combien tu m'aimes
    à la fois dans ma nuit et mon jour, 
    mon obscur, mon éclat,
    mes boiteries et le chant 
    sans cesse renouvelé
    de ma gratitude...

     

    .

     

     

    BERNARD PERROY

     

     

    .

     

     

     

    GREG BORATYN2,

     

    Photographie Gregory Boratyn

     

     

     


    0 0


    0 0
  • 02/25/19--00:29: EDGAR MORIN...Extrait
  • Vivre de prose n’est que survivre. Vivre, c’est vivre poétiquement.
    L’état poétique est un état de participation, communion, ferveur, amitié, amour qui embrase et transfigure la vie. Il fait vivre à grand feu dans la consumation (Bataille), et non à petit feu dans la consommation.

    L’état poétique porte en lui la qualité de la vie, dont la qualité esthétique qu’il peut ressentir jusqu’à l’émerveillement devant le spectacle de la nature, un coucher de soleil, le vol d’une libellule, devant un regard, un visage, devant une œuvre d’art…
    Il porte en lui l’expérience du sacré et de l’adoration, non dans le culte d’un dieu, mais dans l’amour de l’éphémère beauté.
    Il porte en lui la participation au mystère du monde.

     

    .

     

    EDGAR MORIN

     

    .

     

    Peter Kertis2,

    Oeuvre Peter Kertis


    0 0
  • 02/25/19--01:02: ADRESSE
  • En-deçà et au-delà

    De nos identités originales

    De nos appartenances communautaires,

     

    En-deçà et au-delà

    De nos langues détournées, transgressées,

    De nos noms reconnus, ressourcés,

    De nos terres de nos îles morcelées, archipélagées, dispersées,

     

    En-deçà et au-delà

    De nos ruptures, brisures, cassures,

    Des clans guerriers, clans paroles, clans écritures,

    Clan mémoire, clan histoire,

     

    En-deçà et au-delà

    Des mélopées funèbres, désespérances de nos béances,

    Manques dans nos corps, de l'âme et de l'esprit en nos sociétés multiples,

     

    En-deçà et au-delà

    De tout ça qui fonde et nourrit nos interventions et écritures particulières,

    Nous gardons et emporterons dans nos bagages quelque essence qui est :

     

    Sur nos chemins de partage,

     

    L'apport par chacun de son brin de conscience,

    De réflexion, d'humanité,

    Pour commencer à dire ensemble,

    Avec nos mots, nos sonorités, nos musiques intérieures,

     

    La chose à transmettre,

    L'esprit de juste mémoire :

     

    Tailler, ajouter, renouer, rénover,

    Aplanir, étendre et retresser la natte humaine.

     

     

    .

     

     

    FLORA AURIMA DEVATINE

     

     

    .

     

    Peter Kertis4,

    Oeuvre Peter Kertis

     


    0 0
  • 02/23/19--13:51: LA FOI D'ECRIRE...Extrait
  • Ecrire c’est ne rien oublier de ce que le monde oublie.

    C’est possible qu’il y ait tout un peuple derrière moi…

    J’ai toujours pensé que l’écriture était une manière de rendre quelque chose à quelqu’un à qui ça avait été volé : la parole et par la parole la vision, l’éblouissante vision de la vie, celle de chacun.

    Mon travail je l’ai toujours perçu comme cela.

    Surtout ne pas laisser la mort écrire le livre.

    L’écriture est l’ange gardien de nos vies.
    Elle garde ce que nous ne savons pas garder.

    Ce qui n’est pas écrit se perd comme de l’eau qui tombe dans du sable…

    Il y a un bon silence, c’est celui de la neige, c’est celui d’une bougie, c’est celui des poèmes ;
    Et puis il y a un mauvais silence, c’est celui qui laisse fleurir une blessure depuis longtemps faite et qui la laisse croître.

    L’écriture c’est un principe de respiration et de délivrance.

    Mon enfance, c’était une cour, déjà presque la disposition d’une page…

    L’écriture, c’est toujours aller chercher dans la gueule du feu la perle de fraîcheur qui s’y trouve.
    L’écriture est à son zénith quand elle éclaire les sans-visages.

    Ce qu’on imagine être dehors, en fait est dedans.

    La solitude est le lien le plus profond aux autres.
    La solitude est cette cour d’école en chacun où nous pouvons nous retrouver et jouer ensemble.
    Le monde, c’est la salle de classe. Ça ne rigole pas. C’est l’ennui…
    La solitude dont je vous parle, c’est le délassement, vous quittez l’argent, le savoir, même vos métiers, vous êtes dans la nudité interne qui est celle de l’âme.
    Les âmes c’est juste des enfants qui jouent.
    Imaginez une cour d’école où vous n’avez plus rien à craindre. Vous n’avez que des amis. 
    La cour d’école dont je parle, c’est une page de papier… On peut s’amuser là, on peut s’entendre, on peut se croiser et même on peut se rencontrer.
    Il n’y a rien de plus beau que de se rencontrer.

    Il n’y a qu’un millimètre entre le paradis et nous.
    Seuls, nous n’arriverions jamais à le franchir…

    Je sais exactement ce que le monde détruit avec notre concours, du moins avec notre consentement…
    Le monde n’est qu’efficacité.
    Lui obéir, c’est arracher cette divine maladresse que nous avons au fond de l’âme et qui est la pudeur même… tout ce qui est réellement précieux et maladroit, timide, hypersensible… Nous sortirons vainqueurs de cette épreuve.

    C’est par distraction que nous n’entrons pas au paradis de notre vivant.

    La vraie force, c’est notre faiblesse, c’est notre misère.
    Le mal a toujours pour l’œil le plus grand prestige.

    La guérison réelle de nos plaies, c’est l’amitié.
    Le secret, la conversation intime, amicale, touche aux racines de la vie et les fortifie.
    C’est toujours quelque chose de l’invisible qui nous soigne, qui nous répare.
    C’est toujours quelque chose de spectaculaire qui nous abîme.

    Restons dans cette vie et c’est dans cette vie qu’il y a des résurrections !
    Il s’agit d’amour simplement, pas de religion…
    C’est un secret qu’il faut garder pour soi…

    Nos armures servent à nous protéger contre la vie, pas contre la mort comme nous le croyons.

    Il y a une vie qui ne s’arrête jamais et elle est impossible à exprimer… Elle fuit comme l’oiseau…

    Ce qui peut être expliqué ne mérite pas d’être compris.

     

     

    .

     

     

    CHRISTIAN BOBIN

     

     

    .

     

    ecrire

     


    0 0

     

    Voici la pétition sous forme de lettre adressée au Président de la République française, que le quotidien 
    « Libération » vient de rendre publique.
    Je la soutiens et la signe.

    Monsieur le Président, vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Netanyahu, juste avant de vous rendre au dîner du Crif.

    Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que la Constitution de la République énonce en son article 4 que « la loi garantit les expressions pluralistes des opinions ». Or, l’antisionisme est une opinion, un courant de pensée né parmi les juifs européens au moment où le nationalisme juif prenait son essor. Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël. L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants qu’un « peuple sans terre » serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Les antisionistes étaient, et sont toujours, des anticolonialistes. Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme est absurde.

    Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France, qu’ils s’y sentent en sécurité, et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité. L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un État français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux. Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation, et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis. Mais nous ne voulons certainement pas que vous livriez les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne, comme vous le faites en affichant ostensiblement votre proximité avec le sinistre « Bibi » et ses amis français.

    C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels. Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens. Beaucoup de ces militants se disent antisionistes car le sionisme a prouvé que lorsque sa logique colonisatrice est poussée à l’extrême, comme c’est le cas aujourd’hui, il n’est bon ni pour les juifs du monde, ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens.

    Monsieur le Président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité. Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher.

    Premiers signataires :
    Gilbert Achcar universitaire 
    Gil Anidjar professeur 
    Ariella Azoulay universitaire 
    Taysir Batniji artiste plasticien
    Sophie Bessis historienne 
    JeanJacques Birgé compositeur 
    Simone Bitton cinéaste 
    Laurent Bloch informaticien 
    Rony Brauman médecin 
    François Burgat politologue 
    Jean-Louis Comolli cinéaste 
    Sonia Dayan Herzbrun sociologue 
    Ivar Ekeland universitaire 
    Mireille Fanon-Mendès France experte ONU 
    Naomi Fink professeure agrégée d’hébreu 
    Jean-Michel Frodon critique et enseignant 
    JeanLuc Godard cinéaste 
    Alain Gresh journaliste 
    Eric Hazan éditeur 
    Christiane Hessel militante et veuve de Stéphane Hessel
    Nancy Huston écrivaine 
    Abdellatif Laâbi écrivain 
    Farouk Mardam-Bey éditeur 
    Gustave Massiah économiste 
    Anne-Marie Miéville cinéaste 
    Marie-José Mondzain philosophe 
    Ernest PignonErnest artiste plasticien 
    Elias Sanbar écrivain, diplomate 
    Michèle Sibony enseignante retraitée 
    Eyal Sivan cinéaste 
    Elia Suleiman cinéaste 
    Françoise Vergès politologue

    Liste complète des signataires disponible sur https://bit.ly/2BTE43k

     

    .

     

    Masakatsu sashie

    Oeuvre Masakatsu Sashie


    0 0

    Ce qu’il faut de blanc
    pour effacer la couleur
    rappeler l’or
    de l’obscurité
    où tout naît de nous
    fleur de neige
    dans la colonne tâtonnante
    de l'air
    où s’ébruite le ciel
    entre les premières ailes
    du monde.

     

    .

     


    MICHEL ECKHARD ELIAL

     

    .

     

     

    simone held2

    Oeuvre Simone Held 

     


    0 0

    Tu t'attendais à quoi 
    En revenant sur les pierrailles 
    Avec les quelques gouttes d'eau 
    Que ces racines à sec
    Qui n'avaient offert ni feuilles ni fleurs ni fruits
    Quand tu courbais l'échine
    Pour les nourrir du lait opulent de tes seins
    Avaient vidées à ta gorge 
    Ces racines hermétiques luisaient à fleur de terre
    Comme des serpents d'or
    Comme les flammes d'or
    Ondulant de désir dans l'âtre noir
    Sinueuses couleuvres
    Aux promesses enchanteresses 
    J'ai encore dans l'oreille grisée
    Ta voix grave et suave
    Disait la jeune fille dont tu gardais l'image
    Assise
    Légèrement entrebâillée 
    A quoi t'attendais-tu, me dis-je 
    Revenant sur les lieux du crime
    Là où déjà
    Pas une
    Pas deux 
    Mais d'innombrables fois
    Le loup t'avait tuée 
    La conscience tranquille
    Avant de charger ton ventre de pierres
    Seule, tu as percé ta peau avec l'aiguille
    Afin de te recoudre et marcher 
    Parce que la route est belle
    Et mène aux printemps
    Espérais-tu que le fauve possédait
    Sous sa peau féroce
    Le beau jardin secret
    Dont il ne cessait te te promettre les roses ?
    Tu t'attendais à quoi 
    Laissant aller ta main dans sa paume
    Vide
    Laissant danser tes pas
    Un bout de chemin
    C'était léger
    Et presque bien
    Lorsqu'il t'a vu sourire
    De ta candeur d'avant
    Il a montré ses dents
    Les crocs par lesquels il avait arraché
    Tes doigts
    Ton bras
    Les veines qui conduisaient au coeur
    Qui couraient aux pensées
    Or, roses, violettes, soucis ou pensées
    Ne t'avait-il pas prévenue
    Que jamais il ne se pencherait
    Au-dessus de tes fleurs 
    Pour les respirer 
    Ignorais-tu vraiment que cet animal
    Perdu d'impudeur
    Avait tété enfant
    Des mamelles de sang
    Dont il n'avait pas oublié la saveur ?

     

     

    .

     

     

    ANNA MARIA CARULINA CELLI

     

     

    .

     

    francoise de_Felice 1

    Oeuvre Françoise de Felice 

     

    0 0
  • 03/03/19--05:12: JAMES SACRE...Extrait
  • Quelqu'un s'en va tu ne sais pas
    Si même il s'en va ? 
    Penser ou ne pas pouvoir penser
    Le retient mal on n'attrape 
    Que du silence.

    Quelqu'un peut-être reprend
    Tout ce qu'il a donné
    Mais dans le geste de ne plus parler
    Quelque chose
    Est donné.

    Silence. 
    Il y a ce mot à creuser,
    Ses lettres font du bruit quand on les prononce : 
    On n'y comprend rien. Le monde est ce rien
    Et ne parle pas ;
    Des savants le réduisent
    A des résultats de mesures, d'autres
    S'imaginent le nouer en poèmes
    Et ce n'est 
    Que le bruit d'un mot : silence.

     

     

    .

     

     

    JAMES SACRE

    Revue Europe mai 2018

     

     

    .

    Leszek-Bujnowski-15

    Photographie Leszek Bujnowski


older | 1 | .... | 177 | 178 | (Page 179) | 180 | 181 | .... | 183 | newer