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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/27/19--11:11: CHRISTIANE SINGER...Extrait
  • Je suis Celle que rien n'arrête
    Je suis Celle qui arrache aux morts leurs bandelettes
    Je suis Celle qui entre en trombe par les fenêtres ouvertes
    Arrache les rideaux, décroche les volets

    Je suis Celle qui n'a peur de rien
    Qui se lève et clame son indignation, 
    sa colère devant les scandales du mépris

    Je suis celle que même la mort n'a pu faire mettre à genoux et
    Qui court en enjambant les ruines

    Je n'ai jamais stagné
    J'ai reçu la vie de tous ceux et de toutes celles que j'ai aimé et que j'aime
    Ils marchent pieds nus dans mes rêves
    Ils dorment à l'ombre de mes cils
    Jamais où je suis ils ne sont pas

    Je suis Celle que le monde sans cesse éblouit 
    Jamais je n'ai laissé l'indifférence me gangrener
    J'aime ouvrir les yeux des aveugles
    Comme des âmes ailées m'ont ouvert les miens
    Et je porte le flambeau de la mémoire des hommes et des femmes dont je suis le témoin vivant.

     

     

    .

     

     

    CHRISTIANE SINGER

     

     

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    martine cros2

    Oeuvre Martine Cros 

    http://allerauxessentiels.over-blog.com/ 


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  • 03/29/19--05:49: ZENO BIANU...Extrait
  • " Un jour tu es entré dans le bleu
    comme on pénètre dans la vraie vie
    tu es entré dans le bleu
    tu as fait le pari de l'immensité
    et ce fut comme un sésame
    un passage sur l'autre versant du miroir
    un jour tu es entré dans le bleu
    pour n'en plus jamais revenir "

     

    .

     

    ZENO BIANU

     

     

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    FERDINAND SIMEONI

     Photographie Ferdinand Siméoni

     


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    Rêve de  ne plus dormir ou verser  dans le long sommeil de la nuit dés-astres sans Lumière  

     .

     

    Les Moires  les  Parques  infatigables filandières    La folle Camarde    la Grande Faucheuse 
    Ô figures de la  Mort   dont le O ouvert sonne creux 
    résonne comme un euphémisme caverneux 
    Aveu capital    aux cent vains  maux      tellement démuni 
    qui survient     tôt ou tard 
    au terme irrévocable de l'échéance pesante
    juché face contre l'immensité du temps

     

    Oppose-leur le destin unique  d'un  brin de conscience inconnu    Alors  
    Délire    Marin    Rêve     et-va-naissant 
    circonscris - en à volonté les possibles diaphanes 
    pose  les cairns d'un vertige cosmique
    allant bien      Eau-Delà  
    des  sens et du commun     Ainsi  du sibyllin départ  

    Tel  le solitaire     hauturier des vastités 
    livré aux forces ouragans
    aux lames de l'océan pers 
    à l'éternel silencieux 
    qu' Océan-Ciel destine 
    au vivant

    lorsqu'il lui vaut antichambre 

    tangible ailleurs
    apaisante folie ou  sagesses
    Voici les nouveaux accords d'un tout autre viatique 

    Fais - le tien    Epargne - lui  la tragédie   Récuse le sort   la fatalité 
    Mais de l'après   d'un probable retour    encore et encor     sublimés
    de la Mort   aux allants  allégoriques de la délivrance 
    Elle que l'on souille    à l'envi     si bas    livrée en pâtures   sans fin   selon la loi
    tel l'outrage odieux  à l'Eternel 
    La mort travestie    négociée sur l'autel 
    des écritures   des iniques  traités
    que portent  si haut le  dogme  doré
    maculant l'oriflamme sanglant-élevé 
    Cruelles gageures   quelles impudences 
    embrasent le désert pérennel de la vie

     

    - Que tu sois      à demeure 
    à toujours 
    des vires      des lices du purissime
    en perpétuelle partance     déjà consentant

    Qu'un penser abyssal abîme à jamais
    ici-bas 
    le règne invalidant des certitudes  et des vérités  meurtrières

    Oeuvre aux portes de l'infini 
    Vis intensément le poème de la mer
    Vole sur les ailes des  vents éthérés 

    Ces écrins de ciels     tu le sais
    sont invisibles pour les yeux 
    et jamais ne se referment pour qui voyage et migre  avec les étoiles et les oiseaux  -

     

     

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    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

    http://marin56.canalblog.com/archives/2019/03/29/37217404.html

     

     

     

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    safwan-dahoul 11,,,

     Oeuvre Safwan Dahoul

     

     


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    Ghjuvan Marcu Rodriguez
    Merre di U Poghju di Venacu
    "L’exercice de la démocratie exige de mettre en adéquation ses paroles et ses actes."

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    Monsieur le Président de la République française,


    J’accuse réception de votre invitation pour le débat organiséà Cuzzà le 4 avril 2019.
    N’ayant pas la même conception que vous du débat que vous transformez sciemment en meeting politique savamment orchestré, je me permets de décliner votre invitation.
    Nous savons, vous et moi, que le grand débat que vous avez initié suite aux pressions légitimes du peuple français n’est qu’un leurre destinéà faire gagner du temps à votre gouvernement. Ravi que vous vous intéressiez enfin aux élus de la ruralité, je pourrais comme, tout un chacun, dresser l’abaque de revendications aussi fondées les unes que les autres et dont vous ne tiendrez sûrement pas compte, si ce n’est à la marge, avec autant de cautères sur une jambe de bois. Mais je préfère m’en tenir à ce que vous considérez comme une contingence mais qui pour les Corses est d’une importance capitale.
    Dans votre ligne de défense , vous opposez au mouvement des gilets jaunes une répression violente, pratiquée depuis des lustres chez nous, mais également des arguments que vous jugez irréfutables ; en l’occurrence vos décisions tiendraient leur légitimité du fait que ces dernières étaient partie intégrante de votre programme électoral et surtout que vous avez été démocratiquement élu.

    Des élections démocratiques se sont tenues également sur le territoire de la Corse en décembre 2017, avec le résultat que vous n’êtes pas sans connaître. Cinquante six pour cent des votants ont amenéà la gouvernance de la Collectivité de Corse une coalition de nationaux corses. « Per à Corsica » a étéélue sur un programme sans ambiguïté, sur un programme de mandature qui tendait à amener progressivement la Corse vers une autonomie certaine. Lors de votre visite au mois de février 2018 vous avez bafoué et foulé aux pieds le vote et les aspirations de milliers de Corses; vous avez préféré soutenir le corps préfectoral dans sa vengeance d’état plutôt que de répondre à la demande d’amnistie pour les prisonniers et recherchés politiques, laissant votre (in)justice, à travers le Fijait, continuer à faire l’amalgame entre terroristes djihadistes et patriotes corses.
    Vous avez, par votre attitude et vos déclarations, essayé d’humilier notre peuple, notamment en ignorant l’emblème de notre nation. Pourquoi voudriez-vous que le peuple français dans ses différentes composantes respecte ce que vous êtes censé incarner ? Et à fortiori le peuple Corse, bien que votre attitude arrogante et méprisante nous conforte dans notre volonté de devenir autonomes si ce n’est indépendants.

    Alors, avec une grande majorité, oui, nous sommes pour le rétablissement de l’ISF; oui, nous sommes pour une justice fiscale; oui, nous sommes pour une revalorisation du SMIC; oui, nous sommes pour l’indexation des retraites sur le coût de la vie; oui, nous sommes pour le maintien de tous les services dans le monde rural; oui, nous sommes contre la désertification médicale. Nous accompagnerons toutes ces revendications d’un peuple en grande précarité qui souffre. Mais nous sommes, par dessus tout, opposés à votre politique jacobine, autoritaire et condescendante qui nous interdit, entre autres, d’appliquer la corsisation des emplois et de faire reconnaître notre langue.

    Persuadés que nous détenons les clefs de nombre de problèmes, à travers, par exemple, un statut fiscal et social ou la Charte pour l’emploi local, que vous avez balayés d’un revers de main, nous restons viscéralement engagés à nous libérer de votre tutelle.

    Permettez-moi de vous rappeler que dans votre programme figurait le pacte girondin.

    Un pacte que vous avez refusé de mettre en œuvre jusqu’à présent. L’exercice de la démocratie exige de mettre en adéquation ses paroles et ses actes. Depuis le dépôt des armes décrété unilatéralement par le Front de Libération Nationale Corse, le peuple Corse a choisi son émancipation par la voie de cette démocratie et le chemin des urnes. Nous avons fait ce fameux premier pas vers la paix par aspiration profonde, nous aimerions que le pays qui se targue d’être le pays des droits de l’homme suive le même chemin.

    Par respect pour votre peuple, veuillez agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de ma considération.

     

     

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    GHJUVAN MARCU RODRIGUEZ
    Merre di U Poghju di Venacu

     

     

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    isula morta2

     

     



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  • 04/01/19--10:32: LE FEU GOUVERNE...Extrait
  • Pour dire celui qui précipite dans ses solitudes brûlées la

    perfection du feu et de la cendre, je maintiens la fin dans

    l’ébranlement, le départ dans le terme.



     Le monde est muré. La ville est murée. Sans répit la folle cogne

    son outil de fer contre la peau du cercle. Son loisir est la haine.



     Je ne dénonce pas. Mais dans l’absolu des menthes et des sauges

    bleues, entre la mort en habits de laine et l’été intime des

    plantations, j’éveille les musiciens, je rassemble les jeteuses de sort,

    j’applique une fraîcheur d’argile sur la cicatrice qui pourrit.

     

     

    .

     

     

    ERIC BROGNIET

     

     

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    sauge3


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  • 04/03/19--03:44: MON TRESOR
  • A mes petits-enfants Mila, Emma, Cesare, Loreleï

     

     

     

    Mon fils cherche un trésor. Il va finir par le trouver, j'en sais quelque chose.

    Le trésor, lui dis-je, est à l'image de ce mois d'avril, il ne tient qu'à un fil. Tout ce que tu as à faire pour le saisir, c'est de devenir un peu plus subtil.

    Et puis il y a le songe des autres pour t'aider à accomplir ton rêve éveillé.

    La prescription de La Fontaine par exemple, qui mêle la joie à la peine. Pour lui, il n'y a pas de trésor, ou plutôt si, et ce trésor n'est pas un mirage mais ton ouvrage. Y travailler est la seule source de bonheur et de richesse...

    Selon la légende, dit Kafka, le trésor n'est autre que toi...Tu ne le chercherais pas, si tu ne l'avais déjà trouvé. C'est aussi simple que ça: la reconquête de soi.

    Mon dernier mot, je l'emprunterais à Edgar Poe qui te dirait que pour trouver le trésor, il ne faut surtout pas chercher quelque chose de caché... et je rajouterais qu'il faudrait te cacher pour le trouver...

     

     

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    LE JOURNAL DE PERSONNE

    https://www.lejournaldepersonne.com/2019/04/mon-tresor/ 

     

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    Monsieur le Président,

    Je suis flattée. Merci. Mais je ne pourrai accepter une récompense que sous un gouvernement qui tient ses promesses et qui met tout en œuvre pour sortir les personnes sans domicile de la rue.
    En Juillet 2017, vous avez déclaré« La première bataille c’est de loger tout le monde dignement. Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des hommes et des femmes dans la rue, dans les bois ou perdus ». Et, vous avez annoncé le lancement d’une politique du « logement d’abord », qui a laissé planer l’espoir d’une plus grande attention portée aux personnes mal-logées.

    Mais simultanément vous avez baissé durement les APL qui aident les plus pauvres à se loger, vous avez réduit les budgets des centres d’hébergement d’insertion pour les sans domicile, vous avez coupé une part importante des moyens dédiés à la construction de logements sociaux, coupé drastiquement dans les emplois aidés, supprimé l’ISF, ce qui a eu, entre autres conséquences, de faire chuter les dons aux associations qui luttent en faveur des plus démunis. Vous n’avez pris aucune mesure ambitieuse qui permettrait d’encadrer les loyers dans toutes les villes ou le coût du logement étouffe le budget des plus fragiles.. A une période où notre pays bat des records d’expulsions parce que les familles n’arrivent plus à payer leurs loyers. Et la liste serait encore longue…

    Où comptiez vous les mettre, ces gens que vous ne vouliez plus voir dans la rue Monsieur le président, alors que vous preniez toutes ces mesures qui allaient provoquer l’effet inverse ? Il y en a de plus en plus tous les jours, des femmes, des hommes, et des enfants qui vivent, dorment et meurent dans les rues de France. Mais peut-être votre absence de vision vous a aussi ôté la vue. 
    Les solutions existent. Vous le savez. 
    Il ne vous a peut-être pas échappé que j’ai donné une représentation de mon spectacle « Bonne nuit Blanche » au Zenith de Paris le 31 mars dernier. Les bénéfices de cette soirée ont été reversés à la fondation Abbé Pierre et à l’association Les enfants du Canal.
    Vous comprendrez qu’il y aurait quelque chose d’illogique d’accepter votre proposition.
    Merci quand même.

     

     

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    BLANCHE GARDIN

     

     

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    L’image contient peut-être : texte


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  • 04/03/19--10:03: DECLARATION
  •  

    Par la montagne bleue
    Qui frissonne d’émotion
    Par le gommier rouge
    Qui incendie les bois
    Par le sang des ancêtres
    Que promène la mer
    Je t’aime

    Mon amour
    Ne crois pas que je mens
    J’ai pour toi
    La tendresse des cannes où se lève mon histoire
    L’audace de la vague qu’épouse un rivage 
    Le miroir oublié par les temps

    Ne crois pas que je mens
    Les vents n’ont pas dit autre chose
    Au moulin où tourne mon cœur
    Au rêve qui emprunte ta voix
    Au berceau fou de nos corps
    Je suis ce que tu veux
    Quand tu le veux
    Un pays en pâture
    Une jachère qui se meurt
    Ou une main dans tes cheveux

    Lové comme un enfant dans ton ventre
    Meurtri d’attendre
    Le vin des nuits pour se saouler
    D’amour

    Mon amour
    Je veux que mes mots aillent
    Pour toi 
    Décrocher mille soleils
    Peindre le monde en bleu
    Teindre d’étincelles la couleur de tes yeux
    Depuis mille ans
    Je marche comme un mendiant
    Au carrefour de ta joie
    Depuis mille ans
    Je jalouse l’oiseau perché sur tes bras
    Et je fonds dans tes lèvres
    Comme s’en vient un dimanche
    Mon amour d’aube insoumise
    Mon amour de poings d’orages
    Mon amour de vent levé
    Mon amour de lueurs promises
    Laisse le monde aller où il veut
    Comme bon lui semble
    Laisse dire
    Laisse faire
    Je serai toujours là 
    Pour toi
    Comme un rocher têtu
    Un feu de bois
    Un voyage qui ne bouge pas
    Je serai là
    Toujours là

    Comme une ombre ensoleillée
    Qui défie les saisons
    Laisse couler sur nos épaules
    L’eau vive des baptêmes
    Le châle du soleil
    Quand je t’aime
    Comme je t’aime

     

     

    .

     

     

    ERNEST PEPIN
    Faugas
    Le mardi 02 Avril 2019

     

     

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    CEDRIC SOREL2,

    Oeuvre Cédric Sorel


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  • 04/04/19--13:45: LA POESIE...
  • La poésie c'est ce que l'homme a de plus divin dans la pensée, de ce que la nature divine a de plus magnifique dans l'image et de plus mélodieux dans les sons. C'est à la fois sentiment et sensation, esprit et matière, et voilà pourquoi c'est la langue complète, la langue par excellence qui saisit l'homme par son humanité toute entière, idée pour l'esprit, sentiment pour l'âme, image pour l'imagination et musique pour l'oreille...

     

    .

     

     

    ALPHONSE DE LAMARTINE

     

     

    .

     

    POESIE


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    ...

     

    Entrer dans le silence de l'écriture
    et dans l'ailleurs du sang.
    Mêler la paille des choses
    au grain des mots.
    Les mots échangent toujours
    un peu de leur substance,
    de leur couleur,
    de leur espace.

    Je les épuise
    pour mieux toucher une terre lointaine
    pour supporter l'odeur du temps passé.

     

    .

     

     

    EMILE HEMMEN

     

     

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    Egon Schiele3,

    Oeuvre Egon Schiele


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    Après une visite controversée dans l’île voici un an, vécue souvent comme une humiliation par l’opinion insulaire et encore plus par l’exécutif territorial, Emmanuel Macron avait l’occasion, grand débat aidant, de renouer le fil du dialogue. Pour ce faire, fallait-il encore accepter une confrontation sur toutes les questions, y compris celles qui nourrissent les crispations entre l’île et l’État. Gilles Simeoni dégaine un argument massue lorsqu’il compare à l’aune de l’histoire le traitement dont la Corse fut l’objet sous François Mitterrand alors que les nationalistes étaient minoritaires et l’approche du dossier insulaire par le président Macron alors que ces mêmes nationalistes sont désormais aux commandes. Le Président socialiste n’hésita pas alors à offrir un statut particulier, à supprimer la cour de sûreté de l’État, à rouvrir l’université, autant d’avancées qui se firent alors sans qu’autonomistes et indépendantistes ne disposent du poids électoral qui est le leur aujourd’hui.

    Il veut bien avancer, mais dans le sillon de sa socialisation politique qui n’est autre que celle des élites dont il est le produit : bruxelloises par absence d’imagination...

    Prudent mais connaissant son histoire, François Mitterrand avait compris qu’en Corse la politique était indissociable de la culture et qu’en conséquence il fallait s’adapter au terrain, bien plus que d’imaginer adapter la Corse à une république qui ne lui offrait plus, décolonisation oblige, les grandes aventures que l’Empire lui avait prodiguées. Les Corses dans leur île avaient pris conscience de leur identité, de la déshérence de leur territoire, et ne trouvant plus dans l’État un levier à leur mobilité individuelle y voyaient dorénavant un obstacle à leur destin collectif. Macron, lui, n’a pas ce background. Il s’est construit, comme nombre de jeunes décideurs de sa génération, loin des résiliences identitaires, historiques mais tout tourné vers un horizon qu’il n’envisage qu’au prisme de la mondialisation, de la technologie et de l’économie. Il veut bien avancer, mais dans le sillon de sa socialisation politique qui n’est autre que celle des élites dont il est le produit: bruxelloises par absence d’imagination, technocratiques par éducation, un brin sociétales pour être «tendance» et conservatrices pour le reste...

    Confrontéà ce que l’on appelait dans d’autres temps, dont il ignore tout, le «problème corse» Emmanuel Macron se crispe avec le réflexe du haut fonctionnaire qui en fin de compte constitue l’archétype de la forge qui l’a générée. Fils de Juppé, petit-fils de Giscard, le chef de l’État est à lui tout seul la parabole finissante d’une lignée qui se cherche, à travers la com’, un second souffle.

    À l’épreuve de la petite île, rétive elle aux idées arrêtées, soucieuse du solide des identités quand les marcheurs fluides n’y voient qu’un obstacle à leur fascination pour l’idéologie de la start-up, Macron se cabre et révèle cette part de sa personnalité qui entrave le progrès dont il se revendique... indûment. Toutes les îles européennes sont autonomes, à l’exception de la Corse, dont l’histoire pourtant, la géographie, la culture poussent inévitablement dans cette direction. L’autonomie n’est en soi qu’un mode de gouvernance qui , loin de remettre en cause l’appartenance à l’État unitaire, vise à articuler la relation d’une spécificité, difficilement niable, à un ensemble plus vaste, la République en l’occurrence.

    Le Président oublie ce que la politique doit au symbolique.

    La crispation macroniste traduit cette méconnaissance de l’histoire qui affleure souvent dans la mécanique de la majorité. La Corse a gagné en apaisement depuis quelques années ; mieux elle s’est efforcée de régler par les urnes plutôt que par les bombes ses questions existentielles. En déclinant l’invitation des élus territoriaux à se rendre dans leur Assemblée, instance de la légitimité insulaire, lieu de l’imaginaire de la «consulte»à laquelle les Corses ne manquent jamais de se référer quand il s’agit de s’affirmer, le Président oublie ce que la politique doit au symbolique. Il prend le risque de la régression en lieu et place du progressisme. Pire: il accrédite l’idée d’une «remastérisation» de ce dernier à des fins bien plus de marketing que de convictions. Il trahit surtout les contradictions d’un macronisme qui, corseté au prisme de Maastricht, compense son déficit criant de souveraineté par un excès de dirigisme. Avec l’Affaire Corse, Macron contredit tout à la fois son pragmatisme supposé, son progressisme affiché, son libéralisme revendiqué au risque de s’hypertrophier dans l’image de l’homme qui n’entend pas...

     

     

    .

     

     

    ARNAUD BENEDETTI *

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/en-corse-la-strategie-perdante-d-emmanuel-macron-

     

    Arnaud Benedetti est professeur associéà l’Université Paris-Sorbonne. Il est rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Il a publié Le coup de com’ permanent(éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron.

     

     

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    corse2,

     

     


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    Depuis les aquarelles du passé 
    Assis et enchaînés à leurs chairs inertes
    Ils nous regardent, les morts 
    Ils ne nous jugent pas 
    Les yeux largement étendus
    Ils nous regardent passer 
    Nous sommes leurs fantômes 
    Leur illusion d’avoir autrefois existé sur le mur de la caverne
    Leurs reflets inconstants jouant à la surface d’un absurde miroir
    Feux follets égarés dans une nuit semblable au jour
    Leurs empreintes orphelines 
    Ô mères
    Ô pères
    Qui ont l’âge des pierres
    Pourquoi nous avez-vous abandonnés ? 
    Je porte un nom d’hier
    Né sur les bords effondrés d’une rivière 
    L'unique qui reste 
    D’où viennent tous les morceaux de ma figure étrange 
    La profondeur de mes mains
    L’ombre rousse répandue sur mes cheveux flous
    Ce nez qui avec les saisons se rapproche des pierres
    Mon rire
    L’odeur de ma peau
    Ma voix
    Mon chant de gorge
    Mon chant de ventre
    Et jusqu’aux mots cachés dans mes pensées
    Enroulés à ma langue 
    Poussés à tous les vents ?
    Qui parle à travers moi ? 
    En moi se tiennent tous les morts
    La première goutte d’eau inonde la dernière
    Là haut 
    La danse des étoiles
    Au loin nées du chaos
    Ce n’est pas un mensonge à l’enfant
    Que toutes les lumières semées de par le ciel
    Que tous les papillons éparpillés parmi les fleurs
    Sont des scintillements
    Des polychromies d’âmes
    Et je luirai un jour
    Ou quelque chose de moi 
    Des signes déliés puis reliés en constellations
    Haillons
    Nous nous écrirons en l’être
    Nous appartiendrons au grand livre 
    Que nous découvrent les poètes

     

     

    .

     

     

    ANNA MARIA CARULINA CELLI

     

     

    .

     

    Atomic Citrocity2

    Photographie Atomic Citrocity


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  • 04/06/19--04:20: FÊTE FORAINE


  • Entre lanternes &

    étoiles

    se balançant

    la fête

     

    Si petite l'église

    & trop grand pour les yeux

    le monde

    cherchant à retarder

    le sommeil

     

    Orient de quatre sous

    fétiches & présages

    Ici on gagne

    des cigarettes des poupées

    grandes comme des femmes

     

    quand la chance

    tourne sa crécelle

    & que le cœur

    oublie de battre

     

     

    .

     

     

    RAYMOND FARINA

    (Extrait de Sagesse de Klee, in Anecdotes,

    Editions Rougerie)

     

     

    .

     

    paul klee,


       Oeuvre Paul Klee

    "Fête de nuit" 

     


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  • 04/06/19--04:22: FARFALLA DI DINARD...Extrait
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    Le petit papillon couleur safran qui venait chaque jour me trouver au café, sur la place de Dinard, et m’apportait (me semblait-il) de tes nouvelles, sera-t-il revenu, après mon départ, sur cette petite place froide et éventée ? Il était improbable que le glacial été breton fît naître des vergers transis tant d’étincelles toutes pareilles, toutes de la même couleur. Peut-être avais-je rencontré non pas les papillons, mais le papillon de Dinard, et la question à résoudre était de savoir si ce visiteur matinal venait exprès pour moi, s’il négligeait délibérément les autres cafés parce que je me trouvais dans le mien (aux « Cornouailles ») ou parce que ce petit coin était simplement inscrit sur un itinéraire mécanique, qu’il suivait chaque jour ? Promenade matinale, en somme, ou message secret ? Afin de lever le doute, avant de repartir, je décidai de laisser un bon pourboire à la serveuse, avec mon adresse en Italie. Elle devait m’écrire un oui ou un non : si le visiteur s’était de nouveau manifesté après mon départ, ou s’il ne s’était plus montré. J’attendis donc que le petit papillon se posât sur un vase de fleurs et, sortant un billet de cent francs, un bout de papier et un crayon, j’appelai la jeune fille. Dans un français plus hésitant que de coutume, en balbutiant, j’expliquai la situation, non pas toute la situation, mais une partie. J’étais un entomologiste amateur, je voulais savoir si le papillon allait encore revenir, jusqu’à quand il pourrait tenir avec ce froid. Puis je me tus, en nage, atterré.-Un papillon ? Un papillon jaune ? - dit la charmante Phyllis en écarquillant deux yeux à la Greuze. – Sur ce vase ? Mais je ne vois rien. Regardez mieux. Merci bien, Monsieur.Elle mit le billet de cent francs dans sa poche et s’éloigna en tenant un café filtre. Je baissai la tête et, quand je la relevai, je vis que, sur le vase de dahlias, le papillon n’était plus là.

     

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    EUGENIO MONTALE

    Extrait de Farfalla di Dinard, Ed. Mondadori, Milan, 1961. Traduit par Mario Fusco.

     

     

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    Ce que le vent traverse -- ton coeur
    et les nuages, l'enfance et tous tes rêves ;

    ce que le vent traverse -- la forêt sans chemin 
    où le soleil transperce les feuillages ;

    ce que le vent traverse -- les yeux ouverts
    dans le visage fermé de ce jour, 
    cette tache rouge qui s'étend lentement
    sur ton oeil gauche comme pour le noyer de sang ;

    ce que le vent traverse -- ta voix, inaudible,
    tes pas,qui s'éloignent ;

    ce que le vent traverse -- le cri blanc
    des mouettes mortes sur le sable gris
    de cette plage ;

    ce que le vent traverse -- la résistance des corps, 
    celle du ressouvenir.

     

     

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    ANNE MARGURITE MILLELIRI

     

     

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    VENT4,

     

     

     

     

     


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  • 04/08/19--02:33: LETTERA AMOROSA
  • Il y a eu cette trouée d’ombre, ses balcons en encorbellement. Ce n’est d’abord qu’un petit air de plainte, mais qui revient, vague sans cesse, et feu. Voix qui naît des chairs mêmes et se transforme au fond, modulations qui vrillent au plus intime. Une blessure ou un frisson si prêts à recueillir le battement d’un sang qui se propage et se partage ! Un temps, tout l’art d’aimer.

    C’était bien toi, toi dont le chant éveille à profusion des songes, comme d’autres, passant à travers l’éteule, lèvent un vol de perdrix rouges. Tantôt, une sente de mars te conduit à goûter d’une source perdue qui jaillit à l’air par une sorte de spasme sanglotant, et toi, d’un vibrato soyeux plus que duvet, apaise alors l’immense alarme du sous-bois – tantôt le chiffre étrange de ta voix loin des grandes avenues semble tenir de quelque danse énigmatique ou d’un graphisme au système oublié. Je me délecte à ne pas perdre, dans les courbes d’une venelle, le sillage de cette aria (Parque ou nymphe humide) dont ton approche ressuscite l’écho.
    Toi si proche des points d’eau herbus, tu invites à ton seuil clandestin et tu ris. Ton secret ? C’est la voie blanche de lumière, poudre d’astres innommés de plus belle eau que toutes gemmes parmi leur velours touffu.
    Tu as souhaité que je souscrive au fastueux texte inconcevable. Tu as dit : « Tous les rêves te sont permis puisque j’offre mon goût de mer dans l’ondoiement de mes étreintes ». Arquée, tu saluais le vent comme si quelque flux gonflait ton ventre évasé de tendresse. Tu as dit : « Je pressens ton désir d’accéder à ma joie, d’apercevoir où naît mon cri ».
    Le trajet de tes appels offre à boire ton vin sombre. Ô fête de faveur, ô noces !

     

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    FRANCOIS LAUR

     

     

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    fran 2


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    Dés la peau
    la caresse abolit l'inutile

    aux lèvres nues
    juste aux miennes baillées

    aux regards
    puits secrets des longs chants de la terre

    aux frissons d'entre pluies
    sur avides ravines

    aux herbes que rien
    ne peut fouler
    d'éternel
    aux herbes

    aux rosées
    fragiles et tendres
    qui nous unirent

    au temps d'entre deux notes
    où musique fleurit
    sur nos bonheurs
    tendue

    aux pas
    qui de tout me séparent
    ou m'approchent selon
    l'instinct bleu des étoiles

    aux silences des paumes
    ensemble reposées
    dans la nuit

    à ce qui aurait pu
    mais fit bien de ne pas

    à ce qu'on retiendra
    de ce peu de ce rien
    qui nous portèrent

    j'accorde pleinement
    et mon jour
    et ma vie

    immobile.

     

     

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    FRANCIS ROYO 

     

     

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    fran


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  • 04/10/19--07:06: LA TABLE D'ECRITURE
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    Un peu de ma forêt
    En ce bois de bureau,
    Cet herbier de secrets,
    Qui se tiennent au chaud.
    L'attente d'une plume
    Attentive à l'oiseau, 
    Qui veille sous les brumes
    De l'encre de mes mots.
    Cette crèche immobile 
    Sous la lampe du ciel,
    Ce voyage de cils 
    Vers le vent de leurs ailes. 
    Une page paisible 
    Où dorment tant de lunes,
    Ce grand bourdon de bible
    Aux grands saints d'infortunes. 
    Et l' espace poli
    Du rêve d'un silence
    Qui préservent les plis 
    De ces pages qui pensent..
    Tout un temps qui sommeille
    Dans la ruche d'un livre,
    Et mes milliers d'abeilles 
    Pour qu'un miel se délivre.

     

     

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    PATRICK CHARLES MULLER

     

     

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    patrick charles Muller2

    Photographie Patrick Charles Muller


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  • 04/10/19--07:08: PROMENADE
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    Il est des lieux limpides où dorment les lumières, 
    Filtrant l'intimité comme un secret d'église,
    Ces endroits qui invitent à se mettre en prière,
    Délivré du vulgaire à la mine trop grise.

    Cette grâce qui vient gercer les plaies impures,
    De nos fronts fatigués des pensées qui déroutent 
    Et fait la seule ride d'un horizon si sûr, 
    Vers des lèvres qui lèvent le voile de nos doutes.

    Il est des lieux profonds qui parlent comme la mer,
    Quand notre âme a repris sa lenteur à aimer, 
    Et les pas d'un rêveur tranquille et solitaire.
    Sur le chemin si doux qui mène au passé.

    J'aime ainsi promener ton ombre à mes cotés
    Comme un amant comblé d'un amour tant aimé,
    Prendre ton bras fantôme en des endroits divins, 
    Et suivre ton sourire aux lèvres du destin.

     

     

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    PATRICK CHARLES MULLER ©

     

     

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    PAT


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