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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 04/03/13--13:05: ET TOI...
  • Et toi, pendant que je dormais,
    oùétais-tu parti ?
    Quelle fable d'oiseau
    détournais-tu de ma bouche ?
    Pour quel poème
    et pour quel avenir ?

    Parce qu'il nous avait été donné
    de ne connaître rien
    que la disparition de toute réponse,
    nantis du seul génie de la solitude,
    nous courûmes en avant de nous
    pour distribuer aux indigents
    le souvenir immaculé de la tendresse.

    .

    MIMI KINET

     

    .

     

     

    ph

     

     

     


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  • 04/05/13--13:58: LE MARIN ABSENT...Extrait

  • Et je remercie la douleur vive et quotidienne,
    qui me donne des racines pour voir que tout est plénitude,
    douceur et cercles lumineux,comme mes yeux, la rose, les soucis du jardin,
    la terre, le soleil, la lune, les étoiles,
    et enfin arriver du martyre à cette paix,
    celle d'être debout devant la vérité des choses.

    ....

    I dono gràcies al viu dolor quotidià,
    que em dona rel per veure que tot és plenitud,
    suavitat i lluminosos cercles,
    com els meus ulls, la rosa, les calèndules,
    la terra, el sol, la lluna, les estrelles,
    i arribar del martiri a aquesta pau
    d'estar dret davant coses vertaderes.

     

    .

     

    BLAI BONET

     

    .

    CO

     

     

     

     

     

     


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  • 04/05/13--14:32: CARACTERE ET CARACTERES
  •  

    La lâcheté (car le tissu du caractère, selon ce qu’il a été fait, selon surtout ce qu’on en fait, est plus ou moins serré) n’a rien à voir avec l’intelligence. Je dirai même que plus ses fils sont écartés, plus elle est évidente et plus ils sont brillants ; mais elle est lâche. Et plus elle est intelligente, plus elle laisse passer de choses par ses trous sans en avoir idée, comme un filet tout occupé du fil et du nœud de ses mailles, que la richesse de ses prises détourne de penser à ce qu’il peut avoir perdu, ou manqué tout au moins, qui pourrait bien être l’essentiel. Le courage, qu’on a coutume de mettre à l’opposé bien qu’il ne soit pas juste le contraire, le courage, tel qu’il est, ne vient pas de la tête mais du cœur, qui se disent d’ailleurs l’un et l’autre du même mot. Je prétends même que le vrai courage fait que souvent la tête suive le cœur, qu’elle abandonne tout à coup son intelligence et ses idées jusque dans la lumière péremptoire où elles baignent pour écouter plutôt confusément quelque chose de vague, par-dessous. S’appliquer difficilement à avancer dans cette demi-ténèbre, communier sans éclat avec elle, mais entièrement. Faire comprendre à quelqu’un combien il peut avoir tort, parfois tragiquement, d’avoir raison. Laisser parler l’analogie. J’espère n’avoir jamais permis à une image de me faire dire autre chose que ce qu’il y avait ; et je suis presque certain de n’avoir jamais laissé aucune image parler de moi, ou seulement de mon idée. Donc pas de symbolisme. Aucune parabole. Il existe un point délicat, mais certain, où les deux se rejoignent, ne font qu’un. La poésie commence là. Une authenticité où la sincérité n’a presque plus de part ; où elle n’entre, pour l’exprimer plus exactement, que dans la mesure où, sans se démentir ni se quitter, elle n’a plus guère à s’occuper d’elle-même que pour se reconnaître et se faire à la vérité apparue. Pas d’auteur. On ne devient poète que si l’on entre dans un domaine d’où l’on sait que ce qu’on peut dire a beaucoup moins d’importance que le lieu d’où cela parvient, et que toute la force d’une écriture est dans l’élan qu’elle a pour y retourner ; qu’il n’y a pas de talent dans l’autre sens, et que le plus haut génie est la fluidité de cette flamme, la transparence de cet écho, une fidélité suffisamment virile pour supporter la poussière et les embruns des maladresses inévitables. La perfection est là : une surprenante pureté d’obéissance de la rugueuse, de l’indomptable imperfection. Le disparate en contemplation d’une invisible unité. Des notes étouffées, mais qui rejoignent la musique en laissant tout à coup l’instrument derrière elles. Parce qu’il y avait un lieu. Et non point parce qu’il y aurait eu un moment. C’est une permanence, et tous les moments conviennent ou en tout cas sont nécessaires pour la rejoindre.

             La plupart des très grands poètes se sont avancés un peu plus loin qu’eux-mêmes avec les mots, et ils n’avaient pas tort puisque le verbe, en se rapprochant de sa source, avait soudain plus de force qu’eux-mêmes et les y entraînait. Ils arrivaient mourants devant la porte et lui demandaient le passage que leur génie, parfois a obtenu, ou que celui du verbe leur a donné. Toutefois ils sont morts dans l’hésitation et souvent dans la rage. Leur génie, trop adroit, ne leur rendait pas leur personne ; et alors comment faire ? Baudelaire, l’une des plus riches intelligences françaises, enfermé dans son aphasie ; Nerval, l’une des plus douces, entre les dents de la folie ; Rimbaud, l’une des plus aiguës, trafiquant d’armes en Abyssinie ; Lautréamont dans la fureur, scellé dans cet anonymat irrespirable où il cherche son souffle comme au fond d’une tour sans fenêtre. Qui encore ? Il est inconcevable qu’un ange, au bord de ce gouffre, ne les attendît point pour les porter sur l’autre bord, où le cœur si souvent était allé rejoindre les mots qui leur étaient venus, – au prix de quels déchirements, dans la musique de quels orchestres de douleur ? Il faudrait lire un peu plus pieusement les poètes ; c’est trop leur faire injure que de les réciter, de vanter leurs beautés ; il faudrait, sinon les suivre tout à fait, du moins se pencher un peu plus sur les chemins de leur courage. Et la France aujourd’hui, qui ne les lit plus du tout, est devenue un pays infect, desséché.

             L’irrationnel a ses raisons, qu’il est indispensable de connaître, de pressentir en tout cas fréquemment. Mais c’est un enfantillage de vouloir le mettre à la place de la raison comme l’ont prétendu faire les Surréalistes. L’irrationnel est un océan, le rationnel une île. C’était une architecture de pure logique qui aboutissait ainsi à la déification, logiquement abstraite de ce contraire, lui-même parfaitement abstrait. Car ce contraire n’existe pas. L’irrationnel est une donnée, dont l’étendue est immense, et la raison est un moyen, dont les possibilités sont assez réduites et méritent de gagner en élasticité, en souplesse, tout en se nuançant au contact des horizons qu’au départ elle ignore.

     

                                              La logique indolente des analogies

                                              Contourne la raison, l’assiège et la réduit

                                              Sans jamais assaillir ses tours de forteresse ;

                                              Et quand elle s’éloigne, c’est en la laissant

                                              Dans l’illusion d’une victoire heureuse et claire,

                                              Qui pourtant se défait dans son architecture

                                              Comme la majesté d’un soleil triomphal

                                              Recule devant l’ombre et lui cède la place.

                                              L’ombre, et non pas la nuit, telle une mince source

                                              Où monte une fraîcheur, disparaît sous la mousse,

                                              Et pourtant la nourrit. Ainsi va la pensée,

                                              Portant plus loin son onde en cercles concentriques.

     

             Il ne s’agit pas d’être juste. Il n’en est pas question. Il s’agit de n’être pas faux. Une pensée, si elle paraît juste, ne l’est jamais que par rapport à elle-même et devient un mensonge par rapport à tout ce qu’elle n’a pas embrassé. C’est ce baiser qui compte. Ce geste d’amour. Et c’est pourquoi, pour peu qu’un être vivant s’inquiète assez pour mesurer l’étage auquel nous vivons aujourd’hui, exactement comme elle l’était à l’origine du monde et maintenant que nous touchons à sa fin, la poésie devrait être le seul langage. Elle l’est effectivement et rien n’est plus facile à comprendre, puisqu’elle commence seulement à parler où tous les autres langages se taisent, et qu’elle a d’abord tout pensé, ou presque tout, avant que de se mettre à dire quoi que ce soit. Un coup de poing. Une caresse. L’imperceptible enjambement d’une imperceptible apparence. Un quelque chose d’un peu plus près, d’un peu plus ou un peu moins là peut-être qu’où l’on avait pris l’habitude de le croire, nous découvrant timidement un ici qui n’est pas le nôtre, mais véritablement le sien. Et sa chanson. Le seul langage, parce qu’en y mettant toutes les ressources et les vertus, l’énergie et la passion du verbe déployé, il repose sur le silence et conduit au silence : l’unique élément naturel et surnaturel de ce monde contre lequel le monde se soit furieusement acharné, soit implacablement mobilisé de toutes parts, déchaîné, enchaîné : le seul point d’unanimité sur lequel l’activité terrestre ait jamais pu parvenir à approcher d’aussi près la perfection du miracle, portant le relatif jusqu’aux portes de l’absolu à force de multiplier et de redémultiplier ses entreprises de destruction. Le silence, qui est le lait de la beauté et l’unique berceau de l’amour, la patrie de la sainteté. – Combien vous vous êtes gâté le goût de vivre, si toutefois vous en avez encore le courage, vous pouvez aisément le mesurer à l’état de vos relations actuelles avec le moindre silence qui risquerait de vous laisser en face de vous-même. La plupart des contemporains ne peut même plus le supporter. N’importe quoi, pourvu qu’on ne rencontre pas l’instant où surviendrait cette image devant nous. L’horreur. La fuite. La lâcheté. Une fureur de ne pas vivre, mais de bouger. Une terreur panique, lancinante, multiforme, mais de quoi ? De ce rien, vide ou plein, qui n’a d’autre réalité que sa seule et muette présence, rien que sa tranquille simplicitéà la fois grande ouverte et inanalysable. Nous, les forçats de la complexité ! Ce grain de ciel, il n’y a pas assez de fenêtres pour s’en défaire au plus vite, pas assez de poubelles pour le jeter.

     

    .

     

    ARMEL GUERNE

     

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    nathalie magrez;;;;;;;

    Photographie Nathalie Magrez

     

     

     

     


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  • 04/05/13--15:05: JEAN JOUBERT
  • (...)

    N'y aurait-il alors que cette voix profonde
    perçue jadis dans la forêt d'enfance
    et le jardin d'amour et la rivière
    et la seule maison vive dans la mémoire
    où les femmes tissaient les mots de la légende :
    voix venue de temps immémoriaux,
    passant de bouche en bouche
    et qui, dans le brouillard, nommaient les dieux,
    car tout alors baignait dans l'absolue beauté
    de leur présence.
    Et ils couraient dans les moissons,
    mangeaient le pain,
    dormaient sur notre paille,
    tendres et familiers.
    C'est en musique désormais que leurs voix
    et la voix des femmes se prolongent
    et s'efforcent vers nous,
    vers l'espérance de nos coeurs.
    Et c'est alors qu'il faut saisir,
    aimer, bercer cette parole
    dans la naissance du poème.

     

    .

     

    JEAN JOUBERT

     

    .

     

    jeux-interdits

    Film " Jeux Interdits "

     

     

     


    0 0

    Je voudrais n'écrire
    que des mots insérés
    dans un grand silence

    Comme cette estampe
    avec une branche fleurie
    dans un angle inférieur

    Quelques coups de pinceaux
    délicats
    et tout autour
    un grand espace

    Non pas un vide
    disons plutôt
    un espace inspiré

    Si j'écris un jour
    et qu'écrirai-je au juste
    je voudrais tracer ainsi
    quelques mots au pinceau
    sur un grand fond de silence

     

    .

     

    ETTY  HILLESUM

     

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    achille-lauge

    Oeuvre Achille Laugé

     


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  • 04/06/13--11:22: LE CHEMIN SANS CHEMIN
  •  Nous croissons comme les arbres ;
    Nous croissons non pas à un seul endroit
    Mais partout ;

     

    Non pas dans une direction,
    Mais tout autant vers le haut,
    Vers le dehors que vers le dedans
    Et vers le bas.

    Notre force opère à la fois dans le tronc,
    Dans les branches et dans les racines.

    Il ne nous appartient plus
    De faire quelque chose séparément,
    Ni d'être quelque chose de séparé.

     



     

    .

     


    FRIEDRICH NIETZSCHE
     
     .

     

    NN
     
     
     
     
     

     

     

     

     


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  • 04/06/13--12:36: LE FOR INTERIEUR...Extrait
  • Et moi, de l'arbre, je tiens l'ancrage
    en terre ancienne, fanges, pierriers,
    argiles, limons et craies,
    strates d'humus odorant.

    Mes racines forcent schistes et calcaires :
    doigts puissants poussant loin leur prise
    et leur appui, suscant la vie
    à l'oeuvre au noir du magma.
    Fécondes ténèbres, obscur travail souterrain,
    gestation.

    Je dure, et je m'accrois.


    .

     

    COLETTE NYS-MAZURE

     

    .

     

    ooo

     

     

     

     

     


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    Laisse ici ton bagage d’espoirs,
    De peurs secrètes, de ténèbres,
    Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
    Et tous les morts qui t’accompagnent
    De leurs paisibles voix aimées.
    Tu dois poursuivre seul,
    Lourd de tes mots, de tes silences,
    Sans autre recours que ton dénuement,
    Pour mesurer ta vie
    A l’abandon des êtres et des rêves,
    Pour que ton âme s’illumine
    De ce qu’elle a quitté.

    Ce qui est écrit sur la pierre
    Ne t’apprend rien que tu ne saches.
    Méfie-toi de ces mots qui voudraient
    Te parler de toi. Ils sont leurres.
    Ce qu’ils cherchent à dire
    Demeure en deçà des paroles.
    Fouille en toi plus profond,
    Jusqu’à cette lueur qui tremble
    En ce miroir embué de ténèbres
    Où ton visage dort encore.
    Ne désespère pas, tout est si proche,
    Ta lumière ici fait silence.

    Toutes les routes sont promises
    A qui les rêve sans les voir.
    L’une s’ouvre à tous les voyages,
    L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
    La troisième fait don d’une enfance
    A celui qui n’en avait plus,
    Une autre encore à l’errance t’incite
    Vers une terre en friche où naisse enfin
    L’espoir sous la parole et toute paix
    Dans le regard des hommes.
    Tu t’inventes, les yeux fermés,
    Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

    Ce que le monde te raconte,
    Préserve-le comme un secret
    Scellé sous l’écorce de la chair.
    Au fond de tes yeux veille encore
    L’innocence du premier regard.
    Chaque syllabe en toi fait don
    De sa lumière au jour qui la suscite
    Et, d’un souffle, renait pour mourir
    D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
    L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
    La neige, le galet, l’oiseau perdu
    Et cette flaque où le ciel nu respire.

     

    .

     

    PIERRE GABRIEL

     

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    retrouver-chemin-enfance-L-d97MHW3

     

     

     

     

     


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  • 04/07/13--05:13: L'AIR DU POEME
  • L’air du poème
    la voix prise dans le feu
    me voici sans mot

     

    me voici trace
    là– où ne demeure que la foudre -
    de toi séparée avant le commencement
    avons-nous partagé la lumière
    quelle éclaircie tourmente nos braises ?
    sommes-nous gouttes d’eau échappées de l’orage
    ou poussières dans la tornade du temps ?
    sur le linteau de la nuit
    nous sommes cueillis d’ivresse
    au bas de nos pensées
    se saisissent les rêves
    le soudain accompli du nuage
    où se revêtent les choses sans nom
    affranchies de l’enfance
    seuls nous sommes seuls
    et mêmes et étrangers
    et tes mots sur mes lèvres
    s’écorchent jusqu’au livide
    le soleil s’invite à la fenêtre des nuages
    et le ciel
    et la berge
    et la marche
    et le seuil du chemin
    ressemblent aux mots des poèmes

     

    il y a les mots
    les ombres des mots
    les lumières
    les lueurs des mots
    les cris
    les chuchotements
    les mots tendrement ouverts
    les mots envolés des lèvres
    comme des ailes pliées
    comme des fenêtres ouvertes
    comme des rivières où naissent les âmes
    les mots tombent comme des fruits mûrs
    comme des feuilles
    comme l’herbe rouge et bleue
    plus tard
    quand les feuilles noircissent
    la peau des rêves
    le soir descend des étoiles
    une autre langue parle
    les mots du chemin et de la forêt
    dans toutes les langues
    marchent sur l’invisible
    c’est ta main dans la mienne pleine de paroles
    de terres nouvelles d’eaux souterraines
    et la terre te fait signe depuis la lune
    fragment de ciel
    et d’invisible
    le poème absolu
    s’ouvre du désir premier des lèvres
    trouée de rêve où seules chantent les mains.

    .

     

    NICOLE BARRIERE

     

    .

     

    E

    Oeuvre E.  Marque

     

     

     

     

     


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  • 04/07/13--05:43: NICOLE BARRIERE
  •  Descendre dans la langue de l'ange
    s'insoumettre à la nuit de l'époque
    s'envoler vers les cerfs de lumière
    être du signe des bergers
    traverser d'amour
    la gorge blanche des solitudes.

    Arbrisseau qui boit la pureté matinale
    Reprends le fruit d’autrefois
    La pluie amène des résurrections


    Éloigne l’épars et le sacré
    Oublie l’éclair
    Et sur les sentiers de foudre,
    Nomme le feuillage.


    Enchaîné, le cœur chante deuil
    Seuls meurent les livres
    Solitaires,
    Feux arbres gravés de doute


    Requérir l’inexprimable
    Accéder au feu
    Endurer l’irrésistible refus
    Transgresser son sursis


    La rose en son déploiement
    Souffle des nuits
    Éclos de nous


    Hors la mort
    Nous chanterons comme les oiseaux
    La clairière des abandons


    Matière sèche du bonheur
    Le mot inaltérable
    Remet son innocence à l’abîme


    Nus fascinants entre infinis
    Jouir de la liberté du soleil
    Entre oppression et Mal


    Garde la chaude écriture du soleil
    Entre les murailles de terre
    Lignes engouffrées du chagrin des fleurs
    La marge courte de ta clarté en chemin
    Nos cahiers d’émeute percutent les lignes
    Inquiétent le regard
    Offrent l’insouciance :
    Rêver et attendre la sève inconnue de l’espoir.


    Etre enchainé d’attente
    Rayonner hors la chair
    Lire haletante les défis de la phrase


    Flancs déchirés de l’improbable
    Nous pleurons les amants
    Dans le torrent des rêves


    Offre la trace à cet oiseau de nuit
    Invente-lui un ciel accompli
    Gel immortel à la fenêtre où il bat


    Arbrisseau qui boit la pureté matinale
    Reprends le fruit d’autrefois
    La pluie amène ses résurrections


    Éloigne l’épars et le sacré
    Oublie l’éclair
    Et sur les sentiers de foudre,
    Nomme le feuillage.


    Enchaîné, le cœur chante deuil
    Seuls meurent les livres
    Solitaires,
    Feux gravés de doute

     

    .

     

    NICOLE BARRIERE

     

    .

     

    VVV

     

     

     

     

     

     


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  • 04/07/13--09:57: ETOILE DE BOIS
  •  A l'orée de la grande forêt couverte d'oiseaux
    La petite fille attendait, des dentelles de fleurs
    Mêlées à ses cheveux par la malice du vent
    Elle attendait l'arrivée de l'autobus des fées
    Celui de huit heures et quart, ombres des chênes
    Lierre espiègle en embuscade, souches soucieuses
    Il avait du retard, lumière verte par-dessus le bois
    Lumière des arbres tordant leur écorce, feuilles
    Il apparut enfin sur ce chemin léché de mousses
    S'arrêta près d'elle, emmitouflé de musiques
    Pétillant de lucioles acrobates, joyeusement épuisé
    Elle monta parmi cette troupe farceuse
    Les branches autour tricotaient une écharpe de brises
    L'insolite véhicule redémarra, toussant des formules bizarres
    Une crème de fougère déroulait son tapis sur le talus
    Monté par une kyrielle de crapauds ébahis
    Les fées semaient leur magie alentours
    Nobles chênes, frênes poètes charmant des merles
    Troncs crépitant des tribus de capricornes, songe du mulot
    Arrêt devant l'école, la petite fille descendit, pouf
    Sourires et rêveries, rose robe de pétales, grâce
    Et dans son cartable, la petite étoile de bois.  



    .



    SYDNEY SIMONNEAU



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    fee

     

     

     

     


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  • 04/09/13--08:48: D'OU VIENT-ELLE ?
  • Mais d'où-vient-elle en grand secret

    Mais où naît-elle la désirée

    oui c'est de l'onde de l'eau du vent

    la voie profonde qui nie le temps

    intemporelle c'est elle l'aile

    lissant le chant

     

    Quelle est sa cible quel est son but

    Les coeurs sensibles en sont férus

    Car elle balade en liberté

    De cantonades en murmuré

    Intemporelle c'est elle l'aile

    pour s'envoler

     

    Mystérieuse ou triste ou gaie

    la cajoleuse et sa pagaie

    rame vers l'âme et dit bonjour

    je suis la larme du chant d'amour

    Intemporelle c'est elle l'aile

    du bel atour

     

    Salut Princesse O chantourlée

    Dans la grand-messe d'humanité

    tu te faufiles en organdi

    tissée d'un fil de paradis

    intemporelle c'est toi cette aile

    toi mélodie

     

    .

     

    PHILIPPE FORCIOLI

    http://sitephilippeforcioli.free.fr/moilesmots.htm

     

    .

     

    LA DESI

     

     

     

     

     

     


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    Les jours ne peuvent être écartés ni ajoutés, ils sont

    abeille

    qui ont flambé de douceur ou qui ont durci

    leur aiguillon : la joute se poursuit

    et les voyages vont et viennent du miel à la douleur.

    Non, on ne dénoue pas le filet des années : point de filet.

    D’un fleuve, elles ne tombent pas goutte après goutte,

    point de fleuve.

    Le sommeil ne divise pas la vie en deux moitiés,

    l’action non plus, ni le silence ou la vertu :

    la vie aura été comme une pierre, unique mouvement,

    unique flèche, active ou lente, un métal qui

    monta et descendit en brûlant dans tes os.

     

    .

     

    PABLO NERUDA

     

    .

     

    neruda

     

     

     

     


    0 0
  • 04/10/13--13:03: MAISONS BLEUES
  •  

     Je connais des maisons dont le silence est le fruit. Ce sont des maisons couleur d’octobre. Leur présence a longuement mûri comme pierres au soleil. Leurs murs se sont déployés sous les saisons. Leurs ardoises bleues se sont offertes aux pluies d’encre et aux écritures lichens. Leurs cheminées ont lentement fumé le ciel. Leur crépi s’est ridé. Et leurs portes savent ce que s’ouvrir veut dire.

    Hameaux oubliés
    Quel mot vous réveillera
    Dans notre mémoire ?

    (...)

    Je connais des maisons vieilles, dont les regards bleus butent sur des falaises nouvelles.
    (…)
    Ces maisons usées se blottissent les unes contre les autres, frissonnent. Résistent. Parfois, l’une d’entre elles s’endort et ne se réveille plus, accrochée à des « je me souviens » en lambeaux.
    Dans les entrailles de ces falaises, quelqu’un qu’on ne voit jamais rit d’un rire de béton…

    Plus rien d’inutile
    Aucune place au hasard
    Est-ce un nouveau monde ?

     

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    PATRICK JOQUEL

     

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    la-maison-bleue

    Oeuvre Suzi Philippe

     http://fr.upside-art.com/artists/001337-suzi-philippe

     

     

     

     


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     Ce qui a valeur d'étincelle

    Je l'engrange en moi-même

     

    Comme un poème à m'éblouir

    Une femme en amande dans ma rivière

     

    Ne me demandez pas le sens de mes caresses

    Ni le tremblant du verbe aimer

     

    L'amande est bien plus que le fruit

    Et l'étincelle dépasse de ma poche

     

    Même déchiré

    Le poème est toujours trop grand

     

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    MARC BARON

     

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    marc

     

     

     

     


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    Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis qu’un airain qui raisonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j'aurai le don des prophéties, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurai même toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien.

     

    L'amour est patient, 

    Il est plein de bonté.

    L'amour n'est point envieux

    L'amour ne se vante point,

    Il ne s'enfle pas d’orgueil.

    Il ne fait rien de malhonnête,

    Il ne cherche point son intérêt,

    Il ne s'irrite point,

    Il ne soupçonne point le mal.

    Il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité.

    Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

    L’amour ne périt jamais.

     

    Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.

    Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Lorsque je suis devenu adulte, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande de ces choses c'est l'amour.

     

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    SAINT-PAUL

     

     

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    elena-kotliarker

    Oeuvre Elena Kotliarker

     

     


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    Le passereau est un passer-moineau, un petit oiseau de l’ordre de ceux qui passent et traversent, fuselés, la vie précaire.

     

    Le passereau est éphémère, il est passe-fleur, passiflore, passionné comme l’anémone qui vibre en plein vent d’étincelles.

     

    Ses poumons sont d’oiseau éphémère, les bronchioles se ramifient dans le tissu pulmonaire, le traversent et se prolongent par des sacs aériens qui sont tissus d’or et de songes dans le souffle des nuages.

     

    Le passereau passe le souffle dans le syrinx de son chant comme message d’un ciel si proche et comme essor de passage.

     

    Volatilia, matière volatile évaporée dans la fibre du monde, il vole dans l’obscurité de la nuit comme dans la clarté du jour.

     

    Il taille dans les ailes et les airs jusqu’à trouver la forme juste d’un anniversaire de feuilles.

     

    Il est le souffle de la nuit qui se heurte contre la paroi des fleurs.

     

    Il tourne tout autour de la table des morts et, en veillée funéraire, s’inscruste dans le vitrail.

     

    Son oeil de verre rouge irise la couleur.

     

    Sur la neige ne demeure que l’étroite empreinte de sa fine patte de passereau posée sur le mouron des tombes.

     

    Il passe oiseau éphémère comme la précarité de l’amour.

     


    Pour moi, le passereau est bleu, mais je ne sais pas trop sa couleur. Il est bleu comme l’oiseau d’enfance et souffre douleur d’amour.

    Pour moi, le passereau est rouge, mais je ne sais pas sa couleur, ensanglanté des stigmates de pluie, il traverse les larmes.

    Pour moi le passereau est gris, car je sais trop bien sa couleur. Il passe en glissade légère les ailes étendues, discret, il passe dans la vie précaire.

    Et dans les plantes aromatiques, la myrrhe d’un étrange berceau, il passe et renaît, passereau, oiseau de cendre et de lumière.

     

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    BEATRICE BONHOMME

     

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    OISEAU2

     

     

     

     

     

     


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  • 04/12/13--01:52: HENRY BATAILLE
  • « Je t'ai rêvée en la naïveté des choses,

    • Et j'ai parlé de toi aux plus vieilles d'entre elles,
      À des champs, à des blés, aux arbres, à des roses.
      Elles n'en seront pas pourtant plus éternelles,
      Mais d'elles ou de moi celui qui doit survivre
      En gardera quelque douceur pour ses vieux jours...
      Je m'en vais les quitter, puisque voici les givres.
      Tu ne les connaîtras jamais... les temps sont courts...
      Mais vous ne pouvez pas vous être indifférentes,
      Simplement parce que je vous ai très aimées...
      Ô les toutes petites et si vieilles plantes !
      Moi qui ne me les suis jamais imaginées
      Hors de leur sol natal, ce m'est un grand chagrin
      De savoir qu'elles mourront sans t'avoir connue...
      Elles ont des airs si résignés, si sereins,
      Et si tristes de ce que tu n'es pas venue!...
      Que mon cœur soit pour toi le grand champ paternel,
      Où si tu n'es pas née au moins tu dois mourir.
      Que je te plante en moi, germe de toute rose,
      Pour oublier que tu vécus ailleurs qu'en moi.
      Et tu passeras moins qu'ont passé bien des choses »
       
      .
       
       
      HENRY BATAILLE
       
       
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      achille-theodore-cesbron

      Oeuvre Achille Théodore Cesbron


       
       
       
       
       
       
       

     


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  • 04/12/13--05:07: CARNETS DE MARCHE...Extrait
  •  Ivresses ivresse des montagnes prises dans les cimes du ciel ivresse des nuages
    colporteurs
    de lumière majestueuse beauté du vent le temps glisse crête du silence dense
    d’éternité
    ivresse moirée de l’épervier qui plane solitudes tremblées jusqu’àépuisement
    de l’horizon
    le grand vaisseau de la montagne fuit
    Stèles dressées tout au long du sentier avant-coureur de rêve
    murets de pierre ancrés à flanc de ravines ivresse d’Ariane le toit de lauzes
    court
    bel équarrissement de dalles dans les cistes équilibre aérien de lignes et de
    formes
    Franchiras-tu l’enceinte sacrée fouleras-tu silhouette fragile l’aire de terre
    battue ? Une première porte une autre béant noir au-delà de l’enclos oseras-tu
    t’avancer ? Tu restes droite sur le seuil tu tournes autour de l’antique demeure
    tu t’élances éprise d’insolite inquiétude en un vol insensé transport infini de
    ton être cerf-volant effacé dans la mort douce.

     


    Je suis arbre. Arbre-sensation. Mon corps s’enracine. Mes pieds cherchent
    appui dans la terre humide et s’enfoncent par-delà les premières couches
    encore visibles au-dessus du sol. Mes doigts se mêlent aux doigts du chêne,
    filaments et souches, tressages de végétaux, lianes et branchages invisibles à
    l’oeil égaré dans le vide. Je m’enroule à la sombre intimité végétale. Je m’infiltre.
    Chemin faisant, je creuse canaux et rigoles nécessaires à ma vie souterraine.
    Je bois à grands traits l’eau qui gonfle le tronc dont je sens toute la puissance
    au-dessus de moi. Des ruissellements ténus irriguent les membranes ligneuses
    et les porosités, alimentent la sève. Je me coule dans l’arbre, me fonds à son
    corps de silence et de vent. Je m’enivre à son parfum de girolle et de cèpe.
    Je savoure la mousse de son suc. Je suis la source nourricière qui humecte
    ses lèvres-feuilles. Et je m’élance. Je monte, silencieuse et sûre, le long de
    ses veines herbues. Je me dédouble et danse dans l’air du soir. Une lumière
    dorée filtre entre la ramure. Je suis oiseau et nid. Je me love entre les branches
    les plus douces dans des courbes tracées par le temps. Je suis nid et oiseau.
    J’écoute le chant de ceux qui gîtent dans la même ramée. Je me fais silence
    pour entendre essaimer le vent.

     

    .

     

    ANGELE PAOLI

    http://terreaciel.free.fr/poetes/paoli.htm

     

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    alcudina 2

     

     

     

     

     

     

     


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    (...)

    En pleine nuit tu demandes ta route

    Et l'on te montre les étoiles

     

    Lève la tête

    Pense à l'enfant qui grimpait dans les arbres

    Pour savoir si le ciel se rapprochait de lui

     

    Le vrai chemin s'ouvre aux sommets

    A la parole fleurissante

    Au regard qui augmente l'espace

     

    Tu as du souffle maintenant

    Tu as trouvé ta lampe

    Tu vas gravir le monde et contempler

     

    .

     

    MARC BARON

     

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    CHEMIN Claudine Castaing-vergnol 1

    Photographie Claudine Castaing Vergnol

     

     

     

     


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