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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 12/19/13--11:39: ...
  • Sais-tu que les chemins oh les grands chemins
    bien goudronnés très plats très propres
    s'écoulent en petits chemins
    pleins de terre et de gravier

    sais-tu que les petits chemins
    ______________oui je sais les petits chemins
    aboutissent aux sentiers
    constellés d'orties de ronces

    sais-tu que tous les chemins
    non non ne vont pas à Rome
    _________ mais retournent tous au grand Tout

     

    ! DIAMON~11

     

    PIERRE ETIENNE

     

     

    ! DIAMON~11

     

    Joan-Miro

    Oeuvre Joan Miro


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  • 12/19/13--11:58: GEORGES SCHEHADE
  • schehade_302-copie-1


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    Je te fais signe à travers les flammes.


    Le Pôle Nord a changé de place.


    La Destinée manifeste n’est plus manifeste.


    La civilisation s’auto-détruit.


    Némésis frappe à la porte.


    À quoi bon des poètes dans une pareille époque ?
    À quoi sert la poésie ?


    L’imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !


    Si tu te veux poète, crée des œuvres capables de relever les défis d’une apocalypse, et s’il le faut, prends des accents apocalyptiques.


    Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millais, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.


    Si tu veux être poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l’espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla.


    Si tu veux être un grand poète , expérimente toutes sortes de poétiques, grammaires érotiques barbares, religions extatiques, épanchements païens glossolaliques, et l’emphase des discours publics, les gribouillis automatiques, les perceptions surréalistes, les flots de conscience, sons trouvés, cris et récriminations — et crée ta voix limbique, ta voix sous-jacente, ta voix, la tienne.


    Si tu te dis poète, ne reste pas bêtement sur ta chaise. La poésie n’est ni une activité sédentaire, ni un fauteuil à prendre. Lève-toi et montre-leur ce que tu sais faire.


    Cultive une vision ample, que chacun de tes regards embrasse le monde. Exprime la vaste clarté du monde extérieur, le soleil qui nous voit tous, la lune qui nous jonche de ses ombres, les étangs calmes dans les jardins, les saules où chantent des grives cachées, le crépuscule tombant au fil de l’eau et les grands espaces qui s’ouvrent sur la mer… marée haute et le cri du héron… Et les gens, les gens, oui, tout autour du monde, qui parlent les langues de Babel. Donne-leur une voix à tous.


    Tu devras décider si les cris des oiseaux sont d’extase ou de désespoir. Alors tu sauras si tu es poète tragique ou poète lyrique.


    Si tu te veux poète, découvre une nouvelle manière pour les mortels d’habiter sur Terre.


    Si tu te veux poète, invente un nouveau langage que chacun puisse comprendre.


    Si tu te veux poète, prononce des vérités nouvelles que le monde ne pourra pas nier.


    Si tu veux être un grand poète, efforce-toi de transcrire la conscience de la race.


    Par l’art, crée l’ordre à partir du chaos vital.


    Rends les nouvelles neuves.


    Écris au-delà du temps.


    Réinvente l’idée de la vérité.


    Réinvente l’idée de la beauté.


    Aux premières lueurs, ose l’emphase poétique. La nuit, l’emphase tragique.


    Écoute le chuintement des feuilles et le clapotis de la pluie.


    Pose l’oreille sur le sol et entends la Terre tourner, la mer déferler, les animaux mourants se lamenter.


    Conçois l’amour par-delà le sexe.


    Mets tout et tout le monde en question, même Socrate, qui questionnait tout.


    Questionne « Dieu » et ses acolytes sur Terre.


    Sois subversive, remets sans cesse en cause réalité et statu quo.


    Efforce-toi de changer de monde, et qu’il n’y ait plus besoin d’être un dissident.

     

    ! DIAMON~11

     

    LAWRENCE FERLINGHETTI

    http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2013/12/lawrence-ferlinghetti-i-am-signaling-you-through-the-flames.html

     

    ! DIAMON~11

     

    FERL

     

     

     

     

     


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    Les yeux des insomniaques
    n’ont pas de paupières.
    Ils portent des pétales,
    transparents.
    Leur regard continue
    à autopsier les fleurs
    jusque dans le milieu de la nuit.

     

    ! DIAMON~11

     

    CHANTAL DUPUIS - DUNIER

     

    ! DIAMON~11

     

    SonatA

     

     


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    L’écoute du monde intérieur
    nous ferait parvenir
    à cette simplicité sans limites
    de pouvoir rêver grand
    dans les petites heures du temps ordinaire

    avec la faiblesse de croire
    que dans le plus dénué
    il resterait encore
    cette part de ciel et d’amour
    qui qualifie la vie

     

    ! DIAMON~11

     

    GILLES BAUDRY

     

    ! DIAMON~11

     

     

    un-arbre

     


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  • 12/21/13--11:28: MOTS DE NOËL....Extrait

  • Que reste-t-il ? ...
    De ce qu’on a su,
    De ce qui a déjà valu,
    Que reste-t-il ?
    Que reste-t-il
    De l’étrange Nouvelle
    Annonçant le grand Éveil,
    Proclamée comme la Merveille ?
    Que reste-t-il ? ...
    Que reste-t-il
    Quand la nouvelle est denrée périssable,
    En ces jours où tout neuf est jetable,
    Où plus rien n’est indispensable,
    Parce que tout paraît remplaçable ?
    Que reste-t-il ? ...

    Ce qui reste,
    Ce pourrait être pauvres grenailles,
    Pitoyables fragments, rien qui vaille,
    Des rogatons de minable boustifaille
    Pour une humanité affamée, sur la paille,
    Gisant entre les champs
    de stupides batailles.
    Voilà peut-être ce qui reste.
    Ce qui reste,
    Ce pourrait être la froide nudité
    D’âmes et de cœurs décharnés,
    Le creux ennui de vies esseulées
    Dans un monde devenu inhospitalier
    Quand tristement a pris congé
    La plénitude d’un destin partagé.
    C’est peut-être là ce qui reste.
    Ce qui reste,
    Ce pourrait être
    encore la teneur
    D’un secret confiné en la noirceur
    De notre abîme d’horreurs
    Où grouillent mille agents de peur,
    Et qui attend la calme éclaircie d’un heur
    Pour dégager discrète lueur
    Où point l’espoir de bonheur.
    Ce peut être cet intrigant reste.

    Mais où
    regarder
    quand il ne reste
    De l’étoile au firmament,
    De la clarté venant d’Orient
    Que la lumière des écrans,
    Que néons et feux clignotants
    Semant la ruée des passants
    Dans les labyrinthes d’un sombre néant ?
    Comment
    dire
    quand il ne reste
    Pour dégager cette clarté
    Que mots tragiquement évidés,
    De viles pacotilles farcis, bourrés,
    Tout juste capables d’aguicher,
    Habiles surtout à fourvoyer
    Une humanité en mal de frivolités ?
    Comment
    fêter
    quand il ne reste
    Du mystérieux événement
    Que piteux souvenirs chancelants
    Sur insipides décors ronflants,
    Enfouis dans un apparat décadent
    Où grognonne le dieu argent
    Au grand plaisir des marchands ?

    Que
    faire
    au milieu de tous ces restes ? ...
    Au fond de l’abîme plonger résolument,
    Affronter le monstrueux Léviathan
    Des eaux troubles de ce temps
    Qui s’en prend même aux enfants,
    L’affronter en un singulier engagement,
    Mais sans ferraille comme armement.
    "Imprudent et inutile geste !"
    De proclamer s’empressera-t-on.
    Toutefois c’est clair que les canons
    Ne savent pas donner le ton
    Pour que se crée l’unisson
    D’une immense et silencieuse clameur de fond
    S’élevant contre la haine, vengeance
    et courte vue des convictions.
    "Simple et valeureuse geste !»
    Faut-il rétorquer toutefois,
    Que cette originelle voix
    Au cœur du pauvre, du riche, du roi,
    Montrant à l’humanité en désarroi
    La seule et unique voie
    Vers l’hospitalité d’un même toit.

    .....

    Alors en quête de ce qui reste
    Par delà oripeaux, travaux et tas de cadeaux
    Qui jonchent le vide,
    le rien du beau,
    Peut apparaître comme en un halo
    Le souvenir du premier chaos :
    Au commencement, la parole, le mot;
    Puis s’annoncer la mission de dire à nouveau.
    Dans le temps qui nous reste,
    Redire
    à neuf l’univers
    Pour que le monde des experts
    Géniteur de ses propres adversaires
    Avec pouvoir de le défaire,
    Trouve un espace salutaire
    Pour s’établir à demeure et
    être.

    Le symbole de la crèche
    Abritant le Verbe nourrisson
    Reste toujours de saison :
    La simplicité du son,
    Du mot rajeuni capable d’innovation,
    Est l’hôte, le séjour, la maison
    De l’être de la mouvante création.
    Le
    mot
    appelle
    Et renouvelle...
    Est ce qui reste



    ! DIAMON~11

     

    FERNAND COUTURIER

     

    ! DIAMON~11

     

    MISERE2

     

     

     

     


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  • 12/22/13--11:43: JEAN-PIERRE FAYE
  • Je voudrais te connaître jusqu’à l’enfance
    Comme en remontant un fleuve tranquille
    Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau
    Tailladé de contre-jour
    Par delà l’arche blanche et le guéà fleur de glace
    — Remontée jusqu’à l’hiver
    Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule
    Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés
    Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide
    Le rire au goût de robe
    Et l’avalanche dans la grange au fil du foin
    Je descends le fleuve qui monte
    Je le descends vers sa naissance dans ses plis miroitants et lourds
    Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher
    Tu seras là
    Femme prise à la source

     

    ! DIAMON~11

     

    JEAN-PIERRE FAYE

     

    ! DIAMON~11

     

    faye

     

     


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  • 12/23/13--11:25: NOËL...
  • La première grande déception d'un enfant est d'apprendre que le Père Noël n'existe pas. A cet instant, il refuse d'abord l'idée, il est désenchanté et passe de l'autre côté du rêve rouge à barbe blanche tiré par des rennes, apportant des" jouets par milliers", ce fameux soir d'hiver tant attendu. Quand il a pris conscience de l'aveu, l'enfant regarde les grands avec méfiance, il envie, déjà , la belle innocence des plus petits. Y croire encore ! C'était bien ... puis il s'inventera d'autres histoires. En continuant à vivre pour lui la belle histoire, il gardera le secret pour les plus jeunes, que l'on décevra un jour à leur tour, juste pour qu'ils grandissent.  Mais cesse -t on vraiment de "croire" au Père Noël ?  Dans les périodes de grand optimisme, combien de fois s'entend t-on dire par le pessimiste réaliste : "tu crois encore au Père Noël ?".  Qui sait ? Oui, peut-être bien que l'on ne cesse jamais de s'accrocher à cette idée sublime, qu'un soir dans l'année, on redevienne un enfant pour que la magie opère. Laissons toujours une place au rêve !  
    Si un enfant lit ce texte, qu'il soit rassuré, " Le Père Noël " existe vraiment. On raconte n'importe quoi ...

     

    ! DIAMON~11




    JOSIANE

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

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    Mais alors

    dit Alice,

    si le monde n'a

    absolument aucun sens

    qui nous empêche

    d'en inventer

    un ?

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    LEWIS CAROLL

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ALICE2

     


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  • 12/24/13--10:09: VIENS RECHAUFFER
  • Viens réchauffer tes mains mon frère
    On dit que nous avons un dieu
    Que ce n'est pas un militaire...
    Ni l'empereur, ni son neveu
    Que ce n'est pas de ces notables
    Ni de ces bourgeois triomphants
    On dit qu'il est néà l'étable
    On dit que Dieu n'est qu'un enfant.

    Viens réchauffer tes mains trop maigres
    On dit que tu as la peau noire
    On dit que tu es un sale nègre
    Qu'il vaut mieux changer de trottoir
    On dit que ma petite "caille"
    L'enfant est néà la minuit
    Qu'il faisait si noir sur la paille
    Sa peau était couleur de nuit.

    Viens réchauffer tes deux mains jaunes
    Tes poissons maigres de coolies
    On dit que tu mendies l'aumôme
    Le sang d'une poignée de riz
    Qu'on a bombardé vos paroles
    Brûlé la fleur, brûlé le champ
    On a dit aussi qu'un roi Hérode
    A voulu supprimer l'Enfant.

    Viens réchauffer tes mains, mon frère
    On dit qu'il nous est né un Dieu
    Qu'il est né en terre étrangère
    Et moi... j'ai oublié le lieu
    Toi qui habites le silence
    Tes poings serrant un bout de pain
    Je voudrais voir si sa naissance
    Tu ne la tiens pas dans tes mains

    ! DIAMON~11

     

    JEAN DEBRUYNNE

     

    ! DIAMON~11

     

    Bougie


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  • 12/26/13--15:47: LES NOBLES VOYAGEURS
  • En hommage à OV. L de Milosz

     

    Chevaliers errants qui rêvent leurs vies et vivent leurs rêves
    Vagabonds solitaires de l’âme chemineaux anonymes de l’esprit
    Ils traversent le temps et l’espace sans repos ni trêve
    Pour venir allumer des soleils noirs au cœur de la nuit

    Ayant l’âge du sable de la mer et du vent du désert
    Empruntant les vêtements du siècle où nous sommes
    Le pain des forts le feu et le sel leur sont offerts
    Dans des haltes secrètes où s’aiment les hommes

    Alchimistes du Verbe et forgerons de l’âme
    Ce  sont des maîtres sans temple qui ont rendez-vous
    Une lanterne sourde à la main protégeant  la petite flamme
    Dans la clairière de l’être où règne l’amour fou

    Ils pérégrinent de siècle obscur en siècle obscur
    Portant sur leur épaule droite un noir corbeau
    Eclairant le chemin des consciences pures
    Pour que le monde et les jours soient enfin beaux

    L’œil est le soleil du cœur comme le cœur celui de l’esprit .
    Venus  ici et maintenant dans le monde sans lui appartenir
    Réincarner dans le creuset des cœurs  la parole qui vit
    En eux s’élève le souffle d’une vie plus forte que la mort à venir .

     

    ! DIAMON~11

     

    JACQUES VIALLEBESSET

     

    ! DIAMON~11

     

    Navigation Tempête IV


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  • 12/28/13--07:13: LILA BOUDJEMA
  • Tu dors encore près d'Elle
    vêtue de ta nuit
    elle est ton miel
    et toi son sommeil.
    Tu dors encore près d'Elle
    promenant tes rêves
    Elle est ta banquise
    et toi le palais glacial.
    Tu dors encore près d'Elle
    beauté souveraine
    elle est ton cœur
    impérissable
    et toi au milieu du bal
    sa grande capitale.
    Tu dors encore près d'Elle
    un vin de songes
    une vigne aux pieds nus
    Et dans ta bouche.
    Que sais-je encore ?
    tous ces papillons
    les ailes closes
    que sais-je encore ?
    de leurs corsages délicats
    de leurs sphinx volants.
    Depuis combien de temps
    vivent-ils là ?
    Tu dors encore près d'Elle
    ton œil craint l'oubli
    au soleil tu offres tous les
    sommets tout l'amer
    du fruit....j'aimerai
    Que sais-je encore ?
    nous laisser dormir
    la laisser dormir
    te laisser dormir
    demeurer pour toi
    un peu de feu
    un peu de source
    comme ces portes qui ne se ferment jamais
    comme ces fenêtres qui s'ouvrent toujours.
    Tu dors encore près d'Elle
    maison d'or en pleine poitrine
    la lumière est douce quand jaillit le son
    des vitres frémissantes...

     

    ! DIAMON~11

     

    LILA  BOUDJEMA

     

    ! DIAMON~11

     

    LILA3


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    Amis, soyez chacun l’enfant de votre écoute.
    Fermez les yeux pour mieux entendre
    la brise
    dans le vitrail des branches
    où passe un homme entre les hommes
    dans le printemps de Galilée.

    Là-bas, la lumière marche sur les eaux.
    Là-bas, la brise dépose son archet.
    L’oreille n’a pas de paupières,
    Votre visage prend la forme d’une conque.

    Blessé par la Beauté même,
    mes plaies ont su garder le chant indemne,
    étonné qu’en moi quelque chose
    puisse parler aux autres
    de tout ce qui se tait en eux…

    - Le silence n’est jamais seul –

    Amis, je cherche quelques mots
    qui soient des portes
    derrière lesquelles on écoute la mer
    raconter une histoire .
    Des mots infusés de printemps,
    dédiés
    à ce qu’il y a de plus frais en chacun.

    Amis, malgré les armes, malgré le sang
    et le beffroi des ombres blêmes,
    j’ose entonner
    cette séquence du plain-temps,
    d’un temps non assigné aux dates et aux saisons,
    d’un temps qui ne fait pas son âge :

    il fera clair
    entre les hommes.

     

    ! DIAMON~11

     

    GILLES BAUDRY

    http://schabrieres.wordpress.com/

     

    ! DIAMON~11

     

    JACQUES GRUBER

    Vitrail Jacques Gruber

     

     

     

     

     


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    Ne compte plus me trouver sain d'esprit. Finissons-en avec la raison. Ce fut un mariage à Louveciennes, tu ne peux le nier. Je suis reparti avec des morceaux de toi collés sur ma peau ; je marche, je nage dans un océan de sang, de ton sang d'Andalouse, distillé et venimeux. Tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense tourne autour de ce mariage. Je t'ai vue en maîtresse de maison, une Mauresque au visage épais, une négresse au corps blanc, des yeux sur tout le corps - femme, femme, femme. Je ne vois pas comment je pourrais continuer à vivre loin de toi - ces séparations sont désormais la mort. Qu'as-tu éprouvé lorsque Hugo est rentré ? Etais-je encore là ? Je ne peux pas t'imaginer te comportant avec lui comme tu l'as fait avec moi. Les jambes serrées. Fragilité. Doux consentement du traître. Docilité d'oiseau. Avec moi tu es devenue femme. J'en fus presque terrifié. Tu n'as pas trente ans - tu as mille ans...

     

     

    Me voici de retour et la passion couve toujours, fumante comme du vin chaud. Non plus la passion de la chair, mais une faim de toi, une faim dévorante. Dans les journaux, je lis les articles sur les meurtres et les suicides et je les comprends parfaitement. Je me sens meurtrier, suicidaire. J'ai comme l'impression que c'est une honte de ne rien faire, de se contenter de passer le temps, de le prendre avec philosophie, d'être raisonnable. Où est le temps où les hommes se battaient, tuaient, mouraient pour un gant, pour un regard, etc. ? (Quelqu'un est en train de jouer cet air affreux de Madame Butterfly  - « Un jour il viendra » !)

     

     

     

    Je t'entends encore chanter dans la cuisine - de ta voix légère, comme celle des Noirs, tu chantes une sorte de litanie cubaine monotone et sans harmonie. Je sais que tu es heureuse dans la cuisine et que le plat que tu prépares est le meilleur que nous ayons mangé ensemble. Je sais que tu t'es souvent brûlée la peau sans jamais te plaindre. J'éprouve la plus grande joie et la plus grande paix àêtre assis dans la salle à manger, tandis que tu t'agites autour de moi, dans ta robe digne de la déesse Indra, constellée de mille yeux.

     

     

     

    Anaïs, je croyais t'aimer, avant ; ce n'était rien à côté de la certitude que j'en ai aujourd'hui. Etait-ce si merveilleux parce que c'était court et voléà la vie ? Nous jouions-nous la comédie l'un à l'autre, l'un pour l'autre ? Etais-je moins « moi », ou davantage « moi » ? Etais-tu moins ou plus « toi » ? Est-ce folie que de croire que ça pourrait continuer ? Quand et où commencerait la grisaille ? Je t'étudie tellement, afin de découvrir d'éventuels défauts, des points faibles, des zones dangereuses. Je n'en trouve pas - pas les moindres. Cela veut dire que je suis amoureux, aveugle, aveugle, aveugle. Etre aveugle à jamais. […]

     

     

     

    Je sais que maintenant tu as les yeux grands ouverts. Il y a des choses auxquelles tu ne croiras jamais plus, des gestes que tu ne referas plus, des chagrins, des doutes que tu ne connaîtras plus. Blanche ferveur presque criminelle dans ta tendresse et dans ta cruauté. Pas de remords ni de vengeance, pas de chagrin ni de culpabilité. Seulement vivre, sans rien pour te sauvegarder de l'abîme si ce n'est un fol espoir, une joie à laquelle tu as goûté et que tu peux retrouver à volonté. […]

     

     

     

    La vie et la littérature mêlées, l'amour comme dynamo, toi avec ton âme de caméléon, m'offrant mille sortes d'amour, toujours là, solide, quelle que soit la tempête que nous traversons, nous sentant partout chez nous. Poursuivant, chaque matin, la tâche là où nous l'avions laissée. Résurrection sur résurrection. Toi, prenant de plus en plus d'assurance et menant la vie riche que tu désires ; et plus tu prends de l'assurance, plus que tu me veux, plus tu as besoin de moi. Ta voix devient plus rauque, plus profonde, tes yeux plus noirs, ton sang plus épais, ton corps plus plein. Une servilité voluptueuse, une nécessité tyrannique. Plus cruelle que jamais - consciemment, délibérément cruelle. Le plaisir sans fin de l'expérience.

     

    ! DIAMON~11

     

    HENRY MILLER

     

    ! DIAMON~11

     

    Miller-Nin1

     


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  • 01/01/14--12:35: A L'IMPOSSIBLE ON EST TENU
  • Oui je sais que
    la réalité a des dents
    pour mordre
    que s'il gèle il fait froid
    et que un et un font deux
    je sais je sais
    qu'une main levée
    n'arrête pas le vent
    et qu'on ne désarme pas
    d'un sourire
    l'homme de guerre
    mais je continuerai à croire
    à tout ce que j'ai aimé
    à chérir l'impossible
    buvant à la coupe du poème
    une lumière sans preuves
    car il faut très jeune
    avoir choisi un songe
    et s'y tenir
    comme à sa fleur tient la tige
    contre toute raison



    ! DIAMON~11

     

    JEAN-PIERRE SIMEON

     

    ! DIAMON~11

     

    BBB

     

     


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  • 01/02/14--10:08: TA PENSEE PARFOIS...
  • Ta pensée parfois
    tu la sens qui se froisse
    et t’échappe.

    Tu marches
    sur la pointe de ton âme
    sur les éclats pillés de ton histoire.

    Quitte doucement ton fatras
    ce magma de trop plein de mémoire
    de trop vif de trop grave.

    Ne reste pas dans l’inachevé
    la parole suspendue
    le non-dit sur tes lèvres scellées.

     

    ! DIAMON~11

     

    AGNES SCHNELL

     

     

    ! DIAMON~11

     

    inachevé


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  • 01/02/14--13:41: FOULE SENTIMENTALE
  • Oh la la la vie en rose
    Le rose qu´on nous propose
    D´avoir les quantités d´choses
    Qui donnent envie d´autre chose
    Aïe, on nous fait croire
    Que le bonheur c´est d´avoir
    De l´avoir plein nos armoires
    Dérisions de nous dérisoires car

    Foule sentimentale
    On a soif d´idéal
    Attirée par les étoiles, les voiles
    Que des choses pas commerciales
    Foule sentimentale
    Il faut voir comme on nous parle
    Comme on nous parle

    Il se dégage
    De ces cartons d´emballage
    Des gens lavés, hors d´usage
    Et tristes et sans aucun avantage
    On nous inflige
    Des désirs qui nous affligent
    On nous prend faut pas déconner dès qu´on est né
    Pour des cons alors qu´on est
    Des

    Foules sentimentales
    Avec soif d´idéal
    Attirées par les étoiles, les voiles
    Que des choses pas commerciales
    Foule sentimentale
    Il faut voir comme on nous parle
    Comme on nous parle

    On nous Claudia Schieffer
    On nous Paul-Loup Sulitzer
    Oh le mal qu´on peut nous faire
    Et qui ravagea la moukère
    Du ciel dévale
    Un désir qui nous emballe
    Pour demain nos enfants pâles
    Un mieux, un rêve, un cheval

    Foule sentimentale
    On a soif d´idéal
    Attirée par les étoiles, les voiles
    Que des choses pas commerciales
    Foule sentimentale
    Il faut voir comme on nous parle
    Comme on nous parle

     

    ! DIAMON~11

     

    ALAIN SOUCHON

     

    ! DIAMON~11

     

     


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  • 01/02/14--13:43: DE COLERE ET DE HAINE
  • Merci à Sylvie

    Ce que je peux dire
    C’est que j’ai vécu sans rien comprendre
    C’est que j’ai vécu sans rien chercher
    Et qui m’a poussé jusqu’à l’extrême mesure
    Jusqu’à l’extrême dénuement
    C’est en moi je ne sais quelle force
    Comme un rire qui transparaîtrait dans un visage
    tourmenté
    Quand on a vu toutes les choses se perdre et mourir
    Et quand on est mort comme elles de les avoir
    aimées
    Le vent les feuilles la pluie le froid et l’amour qui
    leur donnait une mémoire
    Je ne pourrai plus jamais sans doute me souvenir
    Car je suis passé par toute la misère
    Mon espoir fut criblé par toute la misère

     

    ! DIAMON~11

     

     

    JACQUES PREVEL

     

    ! DIAMON~11

     

    WALTER RÖHRIG

    Oeuvre Walter Röhrig

     


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  • 01/03/14--09:35: ON AURAIT LE TEMPS
  • Pourquoi le filtre qui ne laisserait passer que le bon n'existe -t-il pas encore ?

    On verrait l'arbre et jamais le meuble
    On verrait le fruit et jamais le ver
    Juliette jamais sans Roméo
    Les yeux sans jamais de larmes
    Des papillons jamais épinglés
    Le ciel jamais encombré
    Des pays sans armées
    Il y aurait de l'eau, mais pas de pétrole
    On verrait l'âne, mais pas le bâton
    Des bateaux, mais pas de pirates
    Pas de vilains petits canards
     Bambi toujours avec sa maman
    Des enfants sans bourreaux


    Et, " pour qu'un ciel flamboie, le jour et la nuit s'épouseraient enfin "

    On aurait le temps...

    ! DIAMON~11

     

    JOSIANE

     

    ! DIAMON~11

     

    FL


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