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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    J'aime, de la nuit, le prélude, lorsque vous

       venez,

    Main dans la main et me prenez lentement,

       strophe après strophe, dans vos bras.

    Vous m'emportez, tout là-haut, sur vos ailes.

       Amis, restez, ne vous hâtez pas

    Et dormez contre mes flancs pareils aux ailes

       d'une hirondelle fatiguée.

     

    Votre soie est chaude. A la flûte d'attendre

       un peu

    Pour polir un sonnet lorsque vous me trouverez

       secret et beau

    Comme un sens sur le point de se dénuder. Ne

       parvenant à arriver

    Ni à s'attarder devant les mots, il me choisit pour

       seuil.

     

    J'aime, de la poésie, la spontanéité de la prose

       et l'image voilée,

    Dépourvue d'une lune pour l'éloquence :

    Ainsi lorsque tu t'avances pieds nus, la rime

       abandonne

    L'étreinte des mots et la cadence se brise au

       plus fort de l'essai.

     

    Un peu de nuit auprès de toi suffit pour que je

        sorte de ma Babylone

    Vers mon essence - ma fin. Point de jardin en

       moi

    Et tu es toute, toi. Et, de toi, déborde le moi libre

       et bon.

     

    .

     

    MAHMOUD DARWICH

     

    .

     

    Sir hubert von herkomer2

    Oeuvre Sir Hubert von Herkomer

     

     

     


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  • 01/17/14--08:47: AVEC UNE ENCRE HESITANTE
  • Il y a des mots qu'on emmène en voyage parmi les chemins pierreux,

    Les sentiers envahis d'abeilles, de fruits rouges et d'empreintes animales.

    Il y a les mots qui cachent des souffrances, des interdits, des noires paroles,

    Des parlers amoureux déçus, des musiques inachevées et des lettres désespérées.

    Les phrases alors témoignent de la fécondité des chagrins et des rires printaniers.

     

    Avec les mots, je dégomme les servitudes austères et les relents de fausses nouvelles.

    Je pèle les doutes parmi les ombres dansantes et les voiles incrédules.

    Il y a des mots qui portent des saveurs sucrées et des douceurs éphémères,

    Des lointains appels, des accents trop épicés et des heures trop amères.

    Les phrases alors traduisent les états sémaphoriques au long cours.

     

    Dans les grands vents de l'oubli, quelques mots soufflent la tiédeur de l'enfance,

    Les paravents de l'adolescence, les premiers émois et les rigueurs du labeur.

    Il y a des mots qui décrivent de profonds silences, des vitraux gorgés de soleil,

    Des lieux environnés d'une nature abondante pleine de corbeilles de fruits

    Et d'arbres qui suçotent sans fin la sève qui sculpte toute l'arborescence saisonnière.

     

    Les phrases appellent au renouveau, au verdissement sentimental,

    Aux feux de la Saint-Jean, aux soleils couchants, aux pleines lunes,

    Au bon pain, au goût sucré des pommes sauvages et à l'acidité des agrumes.

    L'enjambement des mots invite jusqu'au pavillon de verdure où le langage foisonne

    Parmi les nappes damassées étalées dans l'attente d'un repas bucolique.

     

    .

     

    CHRISTIAN  MALAPLATE

     

    .

     

    Duan alt-001

    Oeuvre Duane Alt

     


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    Si quelqu'un pouvait faire que cet homme vieillisse dignement.....!


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  • 01/18/14--05:30: ETRANGES ETRANGERS
  • Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

     hommes des pays loin

     cobayes des colonies

     Doux petits musiciens

     

     soleils adolescents de la porte d’Italie

     Boumians de la porte de Saint-Ouen

     Apatrides d’Aubervilliers

     brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

     ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

     au beau milieu des rues

     

    Tunisiens de Grenelle

     embauchés débauchés

     manœuvres désœuvrés

     Polacks du Marais du Temple des Rosiers

     

     Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone

     pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre

     rescapés de Franco

     et déportés de France et de Navarre

     pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

     la liberté des autres

     

     Esclaves noirs de Fréjus

     tiraillés et parqués

     au bord d’une petite mer

     où peu vous vous baignez

     

     Esclaves noirs de Fréjus

     qui évoquez chaque soir

     dans les locaux disciplinaires

     avec une vieille boîte à cigares

     et quelques bouts de fil de fer

     tous les échos de vos villages

     tous les oiseaux de vos forêts

     et ne venez dans la capitale

     que pour fêter au pas cadencé

     la prise de la Bastille le quatorze juillet

     

     Enfants du Sénégal

     dépatriés expatriés et naturalisés

     

     Enfants indochinois

     jongleurs aux innocents couteaux

     qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés

     de jolis dragons d’or faits de papier plié

     Enfants trop tôt grandis et si vite en allés

     qui dormez aujourd’hui de retour au pays

     le visage dans la terre

     et des bombes incendiaires labourant vos rizières

     

     On vous a renvoyé

     la monnaie de vos papiers dorés

     on vous a retourné

     vos petits couteaux dans le dos

     

     Étranges étrangers

     Vous êtes de la ville

     vous êtes de sa vie

     même si mal en vivez

     même si vous en mourez.

     

    .

     

    JACQUES PREVERT

     

    .

     

    image_etrange_etranger1

     


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  • 01/18/14--06:36: ON PRIVATISE TOUT...
  • « On privatise tout, on privatise la mer et le ciel,

    on privatise l’eau et l’air, on privatise la justice et la loi,

    on privatise le nuage qui passe,

    on privatise le rêve, surtout s’il est diurne

    et qu’on le rêve les yeux ouverts.

    Et finalement, pour couronner le tout et en finir avec tant de privatisations

    on privatise les Etats, et on les livre une fois pour toutes

    à la voracité des entreprises privées,

    vainqueurs de l’appel d’offre international

    Voilà où se trouve désormais le salut du monde...

    Et, en passant, on privatise aussi

    la pute qui est notre mère à tous »

     

    .

     

    JOSE SARAMAGO

     

    .

    desert,,,2

     


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    La fibre de quiétude

    que contient le fil de tout mouvement

    canalise un message

    qui parfois arbore la grâce

    comme une mystérieuse

    passion et une transgression du mouvement.

     

    Un code secret,

    stupéfiante sueur de l'harmonie

    qui semble se tapir au fond,

    projette ainsi ses signes

    et parvient un instant à apprivoiser

    le coeur même du mouvement,

    pour qu'à la fin surgisse,

    comme une chose absolument nécessaire,

    le corps déconcertant de la beauté.

     

    Tout mouvement est un tâtonnement contradictoire,

    toute beauté une pressante incertitude,

    toute grâce un équilibre inattendu,

    une inflexion du mouvement,

    un vol qui s'attarde,

    une fleur hors la loi

    d'être une fleur.

     

    .

     

    ROBERTO JUARROZ

     

    .

    JUA

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 01/19/14--06:09: FEUILLES D'HERBE...Extrait
  • Qui es-tu donc, ai-je demandéà l'averse tombant doucement,

    Laquelle, étrange à dire, m'a répondu par les mots que je vous traduis :

    Je suis le Poème de la Terre m'a dit la voix de la pluie,

    Eternellement impalpable je monte de la terre, du fond insondable de la mer,

    Je vais au ciel, d'où, forme vague, complètement transformée, et cependant identique,

    Je descends baigner les sécheresses, les atomes, les nuages de poussière du globe,

    Tout ce qui sans moi ne serait que germes latents, privés de voir le jour ;

    Et sans jamais cesser, nuit comme jour, je redonne vie à ma propre origine, la purifie, lui donne sa beauté

    (Car le chant qui naît à son berceau, lorsqu'il est accompli, s'en va à l'aventure,

    Mais revient fidèlement, qu'il soit ou non abîmé, chez lui, avec amour).

     

    (....)

     

    D'or moiré, de marron de pourpre, d'argent fulgurant,

    d'émeraude, de beige faon,

    L'amplitude entière de la terre, le pouvoir multiforme de

    la Nature consignés pour une fois aux couleurs ;

    La lumière, l'air général imprégnés d'elles _ couleurs

    inouïes à ce jour,

    Plus de limites, de confins _ pas même le seul ciel de

    l'Ouest _ mais le haut midi _ le Nord, le Sud,

    Partout une pure luminosité colorée combat les ombres

    silencieuses une à une.

     

    .

     

    WALT WHITMAN

     

    .

     

     

    with

     

     

     


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  • 01/19/14--09:09: COUPABLE....
  • Au tribunal des oiseaux

    Je plaiderai coupable
    L’amour que je n’ai pas donné
    Je l’ai volé
    Volé
    A ma femme
    A mes enfants
    A mon chat
    Au hibou qui niche sur mon arbre
    Volé
    A l’enfant de la rue que je n’ai pas entendu
    A l’affamé que j’ai ignoré
    A l’aveugle que je n’ai pas éclairé
    A la haine que je n’ai pas éteinte
    Au souffle de vie
    Que je n’ai pas honoré.

    Au tribunal des oiseaux
    Je plaiderai coupable.

    Coupable de ne pas avoir pardonné
    Aux porteurs de faux sourires et autres escrocs de l’amitié
    Coupable de ne pas avoir su
    Que certains préfèrent prendre
    Coupable d'avoir tardéà comprendre
    Que ce qu’ils m’ont pris
    Je me devais de leur offrir.

    L’amour que je n’ai pas donné
    Je l’ai volé gaspillé perdu.

    Que les oiseaux me pardonnent.

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

    .

     

    oiseaux

     

     


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  • 01/19/14--14:04: LA MISERE...Extrait
  • (....)

    Mais le total de la misère,

    La misère au bout de la vieille misère,

    C'est quand on dit : tout m'est égal,

    Je ne sais plus, je ne veux plus, je ne peux plus.

     

    .

     

    EUGENE GUILLEVIC

     

    .

     

    nuit2

     


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  • 01/20/14--09:51: CAMBOUIS...Extrait
  •    On écrit sans doute parce qu'on n'a rien d'autre pour tenir droit dans un monde de travers.

     

    Je crois n'avoir jamais connu que des poètes fêlés. Qu'ils soient bons ou mauvais est une autre affaire, mais ce lien entre écriture et fêlure, oui. Et une fêlure d'être, profonde, pas l'égratignure sociale ou l'écorchure de vanité. Pas non plus des êtres cassés, sinon l'écriture cesserait. Des bancals, des boiteux d'être. Et chez les vrais lecteurs, de même, car il faut pouvoir l'entendre, ce son de cloche fêlée ou d'enfant qui pleure presque en silence.

     

       Toujours se méfier du brio, du brillant. La poésie, vue de ma fenêtre, comme un art du peu, du pauvre.

     

     Rien de magique en poésie : un peu de chance et beaucoup de travail.

     

    Écrivant, on ne s'adresse pas à tout le monde mais à chacun. Cela passe ou pas, selon le lecteur, en fonction de sa culture, ses goûts, son histoire particulière... Ce qu'on nomme le « public » n'existe pas. Les lecteurs viennent un à un, pour des raisons très différentes, voire opposées. Ce qu'on nomme « public » est une somme d'individus qui, pris isolément, ont tous de solides raisons pour aimer ou détester tel ou tel travail. Je ne crois pas qu'il y ait un mouvement de mode, même s'il y a de l'air du temps. C'est bien plus complexe, le poète est seul parmi d'autres poètes, tout comme le lecteur est seul parmi d'autres lecteurs. On ne peut créer un mouvement de foule en poésie. D'où l'illusion des «écoles »« mouvements littéraires ». C'est bien plus émietté : on peut gommer les écarts en soulignant les points communs, mais pas longtemps. Rien que de bien naturel puisque les principes édictés par l'un ne peuvent être suivis par les autres, sauf  à considérer comme valorisante la piètre condition de disciple, émule, remorqué...

     

     

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    ANTOINE EMAZ

     

     

    .

     

     

     

    poesie

     

     

     

     

     


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  • 01/20/14--14:56: CLAUDE BRESSON
  • Il se fait un bruit de lune intrépide enclume.
    A peine lustrée, dans le chuintement des étoiles,
    une petite lumière docile s’est ouverte.
    A quoi bon, dans les reflets des volets apaisés,
    chercher encore les désirs imaginaires.
    D’une voisine entrevue, nue.
    Le temps est venu de l’ivresse et des couleurs.
    La toile, la peinture, les pinceaux,
    et les mains aussi.

    Demain,
    lorsque la lumière viendra pour la première fois
    délivrer les contours et les ombres,
    le matin des magiciens sera là devant toi.
    Evident.
    Tes cils levés comme des herses,
    empliront ton regard d’une traque infinie
    et d’un plaisir immense.

    .

     

    CLAUDE BRESSON

     

    .

     

    v

    Oeuvre Vicente Rome Redondo

     


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    Il s'est toujours caché au fond de tes blessures.

    Même le feu sulfureux peut te purifier

    en t'éclairant. Les ténèbres de la chair lancent

    la lueur où toute peur s'efface, devant

    la vérité de soi, offerte simplement

    à celui qui voit jusqu'au fond de ta carence.

    Un train roule au loin, dans la nuit, avec les rêves

    des dormeurs, lourds de passions. Les cris

    de soleils égorgés crèvent dans nos mémoires.

    Le réveil est un miracle, où la déraison

    d'un Brasier infini détruit tous les déchets

    obscurs. Cette douceur qu'il te faut recevoir

    se mêle et se révèle aux premiers chants d'oiseaux,

    qui copient, très haut, une phrase dans le ciel.

    .

     

    JEAN MAMBRINO

     

    .

     

    golden

    Oeuvre Yamina Alaoui, Marco Guerra


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  • 01/21/14--12:34: TANT D'OISEAUX
  • Tant d'oiseaux
    Qu'on dirait de l'eau en pluie
    un goutte à goutte d'ailes
    une giboulée de plumes
    une averse de griffes.
    L'orage opaque éteint le ciel
    et son tonnerre est de cris.
    Qu'importe qu'importe
    puisque ce cauchemar n'est pas un rêve
    puisque ces griffes sont réelles
    et que c'est réellement qu'il faudra mourir.

    .

     

    ALAIN BORNE

     

    .

     

    oise2


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  • 01/21/14--12:41: POEMES A LA NUIT...Extrait
  • Jadis, combien souvent nous sommes demeurés, étoiles face à face,

    lorsque, la plus libre de la constellation,

    cette étoile de parole se détachait des autres et appelait.

    Etoiles face à face nous nous étonnions,

    elle, l'étoile parlante de la constellation,

    moi, bouche de ma propre vie,

    étoile jumelle de mon propre oeil.

    Et la nuit nous accordait, ô combien,

    cette complicité qui veille jusqu'au matin.

     
    .

     

    RAINER MARIA RILKE

     

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    jadis


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  • 01/22/14--08:23: POUR UNIQUE RAISON...
  •         J'ai  mélangé les odeurs
            pour en faire un parfum
            J'ai volé des étoiles
            pour éclairer ma vie
            J'ai effacé les brouillons
            pour tout recommencer
            J'ai juré tous les saints
            pour cracher mon venin
            J'ai bu l'eau à la source
            pour purifier mon âme
            J'ai masqué mon chagrin
            pour ne pas chagriner
            J'ai appelé, en vain
            pour l'espoir d'un retour
            J'ai renoncéà moi
            pour ne pas déranger
            J'ai renoncéà toi
            pour rester avec toi
            J'ai torturé mon corps
            pour d'obscures raisons
            J'ai côtoyé la mort
            pour mieux la dédaigner
            J'ai voulu oublier
            pour ne pas dénoncer
            J'ai suivi mon chemin
            pour arriver ici.
           
            J'ai cru en ma pensée
            pour unique raison.
           

    .

     

    JOSIANE

     

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    Olesya Mykhailova1

    Oeuvre Olesya Mikhailova

     


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  • 01/22/14--08:39: FRUIT & NOYAU
  • La vie, la mort, l’une et l’autre, sont la même chose. On parle aux vivants, on dialogue avec les morts. — Refuse ce qui contraint,dis non quand on t’impose. Quand on aime son destin, — on est mille fois plus fort.

     

     Or un souffle noctambule balaye la prairie. — L’espace-temps d’un instant, le temps s’immobilise. — Des ombres errantes viennent s’arracher à la nuit. — Ma main brûlée caresse les herbes douces de la frise.

     

     J’écoute s’égoutter tout le bruit du temps qui passe. Puis les images volantes nous emportent dans les flots. Le devenir seul sait où nous allons. — Nous dicte. — Abandonnés. — Légers. — Bouchons dansant selon.

     

     De cris étouffés. — Le ciel bruisse. — De pleurs. Noyés. — Partout je t’ai cherché. — Toi, ange blessé. — Présence ! — Partout je n’ai croisé que tes silences heurtés. — Partout j’ai rencontré ta redoutée absence.

     

    Et j’entends la nature qui avant l’aube frissonne. Mon œil glisse et vibre. — Tout au long du relief. — Mais dites, pour qui donc cette heure glacée qui vous sonne ? Sur mon corps je sens venir ton corps. — Splendide nef.

     

    .

     

    SERGE VENTURINI

     

    .

     

    SERGE

     Oeuvre Yamina Alaoui, Marco Guerra

     

     


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  • 01/22/14--09:05: ECRIS LA VIE
  • L'encre s'amenuise
    mais la mer est à l'horizon
    Qu'est la mer
    sinon l'encre du ciel
    que les terres émergées
    n'ont pas su retenir
    Nos écritures s'en vont
    Elles coulent et vont se fondre
    dans la houle
    De cette houle
    nous gardons une vague mémoire
    avec comme un grain lumineux
    de connaissance inaltérable
    Les mains vides ou pleines
    nous retournons à l'eau
    A la terre
    au ciel
    peu importe
    Le labyrinthe de l'esprit
    est notre seul chemin
    une voie de salut
    que nous nous accordons à nous-mêmes
    Tant mieux si quelqu'un nous entend
    Tant pis si l'écho
    est happé par un trou noir
    Nous ne sommes que des pélerins
    ignorants des foires et des temples
    recueillant dans le désert
    et jusqu'au sommet des gratte-ciel
    la rosée invisible
    de l'innocence
    et des âmes en souffrance

    .

     

    ABDELLATIF LAÂBI

     

    .

     

    desert2


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  • 01/22/14--09:27: UNE SALVE D'AVENIR
  • Dans la nuit,
    Couleur de ma peau, ciment des mystères,
    Silence du soleil, démence des despotes
    Un rêve instable murmure les hauts faits de l’histoire
    Déplisse les cicatrices habitées par le temps

    Dans la nuit,
    Royaume des maudits, forteresse à jeun,
    Forêt de peurs et de pleurs
    Le goût de la lumière allumera-t-il la colère
    Brisera-t-il la tutelle de l’ignorance et de l’impudence ?

    Dans la nuit,
    Baptistère et suaire des prières,
    Terreau et tombeau des songes,
    L’étreinte de la douleur vient froisser une tapisserie défaite
    Elle effrite une mosaïque déjà en miettes

    Dans la nuit,
    Abri et prison du désir et des promesses
    Mon pays affamé, craquelé, se réveillera-t-il ?
    Mes frères bâillonnés, malmenés, se lèveront-ils ?
    Malgré la misère, malgré les chimères
    Malgré les convulsions des illusions
    Libèreront-ils des mots d’aurore et d’ambre ?
    Ils chanteront l’espoir,
    Sanctuaire de l’audace et de la foi,
    Demeure de la sagesse qui domine les hasards .

     

    .

     

    JEAN METELLUS

    Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

     

    .

     

    HAITI2

     

     


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    C’était au temps où le ciel et la terre tenaient

    dans la paume d’une main,

    Les jours se comptaient au nombre de nos sanglots

    Et le souffle d’un seul songe nous sevrait de la

    mort.

    Une rumeur timide apaisait notre sang :

    Nous recevions le soir avec une cruche d’eau,

    Nous accueillons l’aube avec de l’encens,

    Nous portions à la vie son rituel, ses vêtements,

    Nous maudissions les fourberies de l’oubli,

    Les mots fondaient sur les heures à tire-d’aile.

    Les dieux sévissaient contre le doute

    Ainsi commençait à s’éteindre la haine, à naître

    la patience

    Libations au levant et liesse au couchant

    C’était la splendeur dans les côtes de l’homme

    Nous étions un essaim impétueux

    Nous, hommes du sol, à la fois braises et brasier

    Nous tressions des hommages aux vivants souterrains

    et aux morts souverains,

    Nous tourmentions les terres vierges,

    Sous la mousse de l’inquiétude naissait une clarté

    inouïe

    Le désarroi n’était plus qu’un frisson fol et bavard :

    Nous naissions à l’amour ...

     

    .

     

    JEAN METELLUS

     

    .

     

    JEAN

     

     


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