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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 02/10/14--11:11: LE JARDIN BOREAL ...Extrait
  • S’il était

    un espace

    compris

    entre mes yeux

    et le monde

    ce serait toi

    le bleu infini

    la mer exaltée de soupir ou de rêves

    incessants

    la mer que je regarde

    dans le silence et le tétanie

    de mon vieux corps

     

    Ce serait

    la verte prairie

    recevant le soleil

    pour amant

     

    le chemin forestier

    les pas triomphants

    des enfants

    que nous avons été

     

    S’il était un espace

    entre ton vide

    et mon vide

     

    ton sourire

    simplement

     

    ton infini sourire


    .


    CORINNE CORNEC-ORIESKA



    .

    COR

     

     


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  • 02/10/14--13:28: MORGAN RIET
  • De toutes les couleurs,
    les salades,
    de toutes les rancoeurs,
    tu te souviens ?

    Les yeux brouillés,
    tu priais pour que le vin
    et les têtes
    ne tournent plus
    autour du pot

    pourri

    et l’amour au vinaigre.

    Et tu voyais
    les poings hauts qui se mettaient
    sur les I tout en jetant
    de l’huile
    sur les feus sans cesse

    mal exhumés, sans

    jamais percer
    l’absence
    pour que coule enfin,

    une bonne fois pour tous et toutes,

    l’épais jus de famille

    décomposée.



    .

    MORGAN RIET

     

    .

     

    famille

     

     


    0 0

    Pourtant,
    l’enfance avait le goût du pain,
    l’odeur du bois brûlé,
    des lits cirés,
    des petits pots de confitures
     
    Odeurs
    marquant la même saison fragile,
     
    Petite chair blanche,
    la peau tendue
    contre le vent,
    bardée d’envies secrètes.
     
    Chair exilée
    à l’intérieur des interdits.
     
    Odeur de paille
    où nos refus se déchiraient.

    .

     

    EMILE HEMMEN

     

    .

     

    dej3

     

     


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  • 02/12/14--14:47: ALBORADA / POINT DU JOUR
  • Adiós — dice el dolor con voz descalza
    Cansado de sufrir bebe su llanto
    Sepulta entre hierbas sus recuerdos
    Y súbita resurrección, no tiene rostro
    No es sino un lienzo en acecho al óleo.
    El amor solfea su cuerpo inexplorado
    Y las magnolias de su piel son un jilguero.
    Es invencible el dolor enamorado,
    Ya no es tormento sino melodía
    El amor rebautiza el mundo.

    .


    Adieu — dit la douleur d’une voix déchaussée
    Fatiguée de souffrir, elle boit ses pleurs
    Ensevelit ses souvenirs parmi les herbes
    Et, soudaine résurrection, elle n’a pas de face
    N’est qu’une toile qui guette l’huile.
    L’amour solfie son corps inexploré
    Et les magnolias de sa peau sont chardonnerets.
    La douleur amoureuse est invincible,
    Ce n’est plus tourment mais mélodie
    L’amour rebaptise le monde.

     

    .

     

    CRISTINA CASTELLO

     

    .

     

    redon7;;;

    Oeuvre Odilon Redon

     

     


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  • 02/13/14--11:24: MICHEL DEPRETTE
  • Pauvre Monde de fous
    Qui charrie ses caillots de sang mort
    Par pleins tombereaux d'Aurore....

    Entre l'ombre du réel et son image
    Tous les signes grandioses apparaissent
    Et le ciel se colore de mauve
    Et le ciel se colore de mauve

    Il y a dans l'horizon fluide
    Comme une goutte de sang
    Qu'on verrait flamboyer

    Tous les objets de la Terre
    Toutes les choses
    Ne sont que zones arrêtées de l'espace
    Et ton futur vient s'y briser
    Prisonnier

    Vient l'heure d'en recueillir le silence et d'en dire la vérité

    Il y a comme un destin étrange
    Pris dans ces pierres
    La détresse
    Que l'homme a là psalmodiée

    Tous les mythes du monde sont là
    Entre la grue rouge et rouillée
    Et le damier cassé des fenêtres

    Heureux celui qui sait dire
    Ce qui d'accoutumée empêche de dire

    Une femme crie au loin
    Qu'on assassine.

    .

     

    MICHEL DEPRETTE

     

    .

     

    femme

     


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    Nous poètes et partisans
    Nous la mémoire de ces rues
    De ces gens sans importance
    Nous de l’éternelle pluie
    Du chômage et de la démence
    Nous et pourtant
    Cette passion intacte
    Cette impatience
    Et ce corps qui nous punit
    Des excès de prudence

    Nous poètes et partisans
    Nous intérimaires
    Nous précaires
    Désorientés
    Nous perdants
    Nous les nains
    Tombés sous les trains

    Nous poètes et partisans
    Nous qui avons pris la parole
    Pour une échelle de corde
    Une porte de toutes ces vies possibles
    Nous voici rendus…
    Ce soir nous sommes sous le ciel
    Certains ont cessé d’écrire
    D’autres ont disparus
    Nous ne savions rien
    Du futur des rebelles
    Nous ne sommes plus rebelles
    Mais Passé
    Mais nous n’avons rien perdu
    Ni déposé les armes
    Nous sommes simplement devenus
    Des portées plus près du silence

    .

     

    PATRICK CHEMIN

     

    .

    po

     

     


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  • 02/13/14--15:56: DIRE A VOIX NUE...Extraits
  • Ballet d’oiseaux dans les tilleuls.
    Un ciel qui se réveille
    dans les draps blancs de l’aube.
    Le temps d’errer dans ton désir,
    dans le tout-dire de nos silences.

    (...)
                  
    Lumière de cuivre
    suspendue dans nos poèmes
    qui perdent leurs mots.
    Le long voyage du sang
    nous lave du froid
    de nos étoiles déchues.
    La nuit n’a que nos cris
    pour s’opposer aux vents.

    (...)

    .

     

    EMILE HEMMEN

     

    .

     

    EM


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  • 02/14/14--08:18: ELLE M'A ...
  • Car elle m’a brûlé les yeux pour m’en offrir de plus grands,
    Puis m’a inondé le cœur pour y glisser un océan,
    A ouvert toutes mes fenêtres, pour que j’y sois courant d’air,
    Et enfin m’a noyé dans l’ombre pour m’y découvrir la lumière…

    J’ai appris,
    J’ai grandi,
    Pas encore vraiment compris…
    Je l’écoute,
    Goutte à goutte,
    Dans l’espace qu’elle remplit…

    Quand elle a froissé mes mots, pour m’y offrir le silence
    Elle m’a aussi offert son rire, pour ravauder mon enfance
    Et lorsqu’elle a gommé mes rimes, pour dénuder la confiance
    Elle m’a surtout perdu le nord : je m’y suis inventé un sens…

    Je l’apprends,
    Je m’apprends
    Dans ses éclairs de soleil…
    Dans sa pluie,
    Dans son lit,
    Où ne dort pas le sommeil…

    Le vent virgule ma tête en tourbillons délicieux,
    Et la pluie cogne à ma porte, jusqu’à m’en sortir des yeux.
    Son regard :
    Mon départ,
    En balancelle affolée,
    Envolé…

    Les mots crissent sous mes doigts en frôlements dangereux,
    En galops de chevaux fous, désordonnés et heureux.
    Son départ :
    Mon hasard,
    Retombé sur le gravier,
    Écorché…

    Quand elle a ri de moi-même, pour gommer les apparences
    Elle a aussi tourné la tête, pour m’épargner l’indécence
    Puis elle a coupé mes ponts, pour que j’apprenne à voler
    Et enfin a souri si haut, que je l’ai enfin enjambé…

    Sans un cri,
    Sans sursis,
    J’ai sauté par-dessus bord…
    Parti à ma découverte
    Dessus ses chemins ailés…
    Sans oubli,
    Sans soucis,
    Sans même le moindre effort,
    J’ai sauté de ma fenêtre
    Dans ses yeux enluminés…

    J’ai enfin crevé le ciel des barrières de mon regard,
    Et terrassé, d’un seul rire, tous les dragons de mes armoires ;
    Et quand j’ai appris à lire dans le vertige de mes yeux,
    Ce fût pour m’y voir, amusé, bégayer mes jours heureux.

    En marelle
    Arc-en-ciel,
    Y mélanger mes couleurs.
    Vibrer d’elle
    En plein ciel,
    A en oublier mes peurs.

    M’inventer éclaboussé
    De rires en gouttes dorées,
    M’embarquer déboussolé
    En spirales ensoleillées
    Et puis retrouver le fil de mon cœur en cerf-volant
    Qui se tend, se cabre et danse sous ses caresses de vif-argent ;
    Et puis retrouver le fil de l’écheveau de ses mains
    Qui me tend, me cabre et lit le grain de peau de mes chemins.

    Epuisé,
    Désarmé,
    Le cœur en vagues marines,
    M’endormir,
    En soupirs,
    Dans l’eau de sa peau saline.

    M’assoupir émerveillé,
    Rêves doux et chaloupés,
    Accoster à mes jetées,
    En cris d’encre sur le papier.
    Et puis accrocher mes mots sur le fil de nos départs,
    Les laisser claquer au vent, à y fouetter ma mémoire ;
    Et laisser glisser mes doigts sur les ciels de nos envies,
    Les laisser tracer d’humide des chemins jamais finis…

    Repartir en découvertes,
    Les mains à jamais offertes ;
    Laisser courir sous mes doigts
    L’eau de mes sources de toi ;
    Y plonger en un baiser
    Ma bouche aux lèvres brûlées,
    Asséchées…

    Y boire des sentiers obscurs,
    Aux ronces gorgées de mures ;
    Y boire des prairies solaires,
    Assommées par la lumière ;
    Y boire le chant du silence,
    Aiguisé par l’insolence
    De ton absence…

    Et puis me plonger entier,
    Dans l’eau limpide et glacée,
    Du torrent impétueux
    Sous les galets de nos jeux ;
    Laisser ma peau frissonner
    Le long des routes embrasées
    De tes baisers…

    Et m’assoupir assouvi
    Aux berges de nos envies,
    Me réchauffer sur le sable,
    Dans le soleil implacable
    De nos deux corps mélangés
    En respirations tressées,
    Dévoilés…

    Balançant
    Dans le vent
    De nos danses improvisées,
    Doucement,
    Calmement,
    Apprendre à apprivoiser
    Nos rencontres-montagnes russes et les vertiges de nos départs,
    L’acéré de nos retrouvailles et le flou de nos au-revoir…

    Accepter,
    Fasciné,
    Le bonheur qui en ruisselle,
    Déposer,
    De papier,
    Des mots en battements d’ailes
    Qui s’amoncellent et débordent en vagues souples et habitées,
    Qui demandent asile à mes mains pour venir enfin se poser ;
    Des mots de pierres à sertir,
    Des mots de source à venir,
    Mots d’argent à ciseler,
    Mots de lune à décrocher…

    Pas à pas,
    Je reçois
    Sa lumière et je souris…
    Goutte à goutte,
    Je l’écoute
    Dans l’espace qu’elle remplit,
    Infini…

     

    .



    © JEAN-LUC MOULIN

     

     

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    JEAN-LUC2

     


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  • 02/14/14--11:59: JOURS DE GRIS...Extrait
  • On passe quelques mois
    Quelques années sur la terre
    Sans comprendre vraiment
    Ni ses parents ni ses enfants.
    On passe son temps à traverser la rue
    Tout en récitant des prières
    Pour finir par comprendre
    Que le ciel est désolé ou désert.
    Les Dieux sont des icônes de poussière
    Au fond du jardin de son père

    Comme le fatras de l’enfance dans les bassines
    Les repas de famille sur les chaises du silence familier
    Comme la brouette dans son nid d’étoiles oubliées
    La mémoire est un désordre de locataire
    Comme tout ce qui semble perdu
    Comme tout ce qui pourrait servir un jour
    Comme la fugue du temps ventre à terre
    La mémoire est un fouillis pour son propriétaire
    Au fond du jardin de son père

    Je sais Varsovie et la Mer du Nord
    Je sais le parfum concret
    Le long des autoroutes Européennes
    Je sais les comètes et les météores
    La diction amoureuse des corps
    Et la toute puissance de la matière
    Je sais d’où je viens
    Un pays de Guisane et de terre
    Un petit bal perdu après la guerre
    Au fond du jardin de mon père

     

    .

     

    © PATRICK CHEMIN
    Extrait de « Jours de gris »
    Pour commander " Guisane "
    livreguisane@orange.fr

     

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    GUISANE 1jpg

     

     

     

     


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  • 02/14/14--12:42: GEORGES PERROS
  • Ces envies de vivre qui me prennent 
    Et cette panique, cette supplication
    Cette peur de mourir
    Alors que je n’ai pas encore vécu
    Et que dans ces moments
    J’ai ma vie sur ma langue
    Il me semble que ça va être possible, enfin
    Que je vais y aller d’une grande respiration
    Que je vais avaler le soleil et la lune
    Et la terre et le ciel et la mer
    Et tous les hommes mes amis
    Et toutes les femmes mes rêves
    D’un seul grand coup
    De poitrine éclatée
    Quitte à en mourir, oui,
    Mais pour de bon
    Pas de cette mort ridicule
    Déshonorante, inutile,
    Qui accuse la parodie
    Qui accuse le défaut
    De ce qu’on appelle la vie
    Sans trop savoir de quoi nous parlons.
     
    On se renseigne auprès des autres
    On leur pose des tas de questions
    Avec cette hypocrisie de bonne société
    On marque des points en silence
    Ils souffrent autant que nous, tant mieux
    On se dit même
    Qu’on est un peu plus vivants qu’eux
    O l’horreur
    Et la fragilité
    De nos amours.
    .
    GEORGES PERROS
    .

    PERROS

     


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  • 02/14/14--14:35: ARME D'AMOUR
  • Un jour, un jour, c'est sûr
    Reviendra le jour pur
    L´immense jour d'avant le Temps
    Le couple moribond
    Se lèvera d´un bond
    Armé d'amour jusqu'aux dents
     
    Mon bras c'est ton collier et tes doigts sont mes bagues
    Tu es ma parure, je suis ton joyau
    Mes orteils de soleil marchent sur tes vagues
    Tu es ma pâture jusqu'au fond du boyau
    Tu m'éclates de paix, je t'éclaire de rires
    En dansant devant toi la nuit de Walpurgis
    Puis je bois dans ton cou comme font les vampires
    Mélangeant savamment nos vices à nos lis
     
    Un jour, un jour, c'est sûr
    Reviendra le jour pur
    L'immense jour d'avant le Temps
    Alors la femme et l'homme
    Retrouveront la pomme
    Sans la morsure dedans
     
    Je me courbe vers toi ma tremblante statue
    Le miel de mille ciels ruisselle de tes cils
    Qu'une ombre te traverse, aussitôt je la tue
    Que mon chant soit bloqué, tu en dénoues le fil
    Calmement tu t'endors quand je pars pour mes guerres
    Le casque de mon front pour tout arsenal
    Je pars saigner de l'eau sous le feu des mystères
    Une étoile de mer me fera général
     
    Un jour, un jour, c´est sûr
    Reviendra le jour pur
    L'immense jour d'avant le Temps
    Et l´on verra l'enfant
    Que plus rien ne défend
    Etre bercé par Satan
     
    Cet enfant surgira d'un silence de perle
    De nos vies échangées dans un éclair d'azur
    Et le noir aujourd'hui et l'effroi qui déferlent
    S´enfuiront à jamais poursuivis par les murs
    Les murs d'une maison qui se nomme le monde
    Ouverte à tous les vents fredonnant des oiseaux
    Il renaîtra de nous, ma brune à l'âme blonde
    Et la mort plus jamais ne fera de vieux os
     
    Un jour, un jour, c´est sûr
    Reviendra le jour pur
    L'immense jour d'avant le Temps
    Le couple moribond
    Se lèvera d'un bond
    Armé d'amour jusqu'aux dents.
     
     
    .
     
     
    CLAUDE NOUGARO
     
     
    .
     
     

     


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  • 02/15/14--07:54: AGNES SCHNELL...Extrait
  • ...Elle rêvait beaucoup, alors. Elle multipliait les rêves comme si la vie, menaçante par son terme, avait besoin d’être doublée, prolongée par l’illusion du songe.
    Son inconscient créait des lieux infinis. Elle passait de l’un à l’autre avec aisance, traversait le temps, les âges, les contrées sans s’étonner. Elle nouait le presque réel à l’absurde sans se réveiller. Il lui arrivait d’en rire dans son sommeil, d’en sourire encore se réveillant.

    Souvent, elle transportait dans ses rêves des faits recueillis le jour. Elle y déposait aussi ses fougues, ses ardeurs, ses passions, ses folies. Elle traversait la brume, débarquait dans des lieux qu’elle croyait toujours reconnaître. Elle écoutait le chuchotis des voix familières, rencontrait le regard des absents, pénétrait leur corps et même leurs pensées. Elle croyait tout reconnaître, les arbres par le remuement de leurs feuilles, les sources par leur fraîcheur, le fleuve par son appel sourd, inaudible pour celui qui ne veille pas…
    Elle se sentait embarrassée, encombrée. Lorsqu’elle regardait ses mains, elles étaient vides. Tendues, offertes ou tendrement nouées autour du corps d’un enfant. Or, elle percevait autour de son propre corps l’enserrement des mains nouées...

     

    .

     

    L-arbre-femme2

    Oeuvre Jibou

    http://jibou.artblog.fr/1461607/L-arbre-femme/


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  • 02/15/14--07:57: SPHERE...Extrait
  • Tout ce qu'on a tenu
    Dans ses mains réunies:

    Le caillou, l'herbe sèche,
    L'insecte qui vivra,

    Pour leur parler un peu,
    Pour donner amitié

    A soi-même, à cela
    Qu'on avait dans les paumes,

    Que l'on voudrait garder
    Pour s'en aller ensemble

    Au long de ce moment
    Qui n'en finissait pas.

    Tout ce qu'on a tenu
    Dans ses mains rassemblées

    Pour ajouter un poids
    De confiance et d'appel,

    Pour jurer sous le ciel
    Que se perdre est facile.

    Tout ce qu'on a tenu:
    L'eau fraîche dans les mains,

    Le sable, des pétales,
    La feuille, une autre main,

    Ce qui pesait longtemps
    Qui ne pouvait peser,

    Le rayon de lumière,
    La puissance du vent

    On aura tout tenu
    Dans les mains rapprochées.

     

    .

     

    GUILLEVIC

     

    .

     

    LEO2

    Oeuvre Léonard de Vinci


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  • 02/15/14--10:19: ART POETIQUE...Extrait
  • Si je fais couler du sable
    De ma main gauche à ma paume droite,
    C'est bien sûr pour le plaisir
    De toucher la pierre devenue poudre,
    Mais c'est aussi et davantage
    Pour donner du corps au temps,
    Pour ainsi sentir le temps
    Couler, s'écouler
    Et aussi le faire
    Revenir en arrière, se renier.
    En faisant glisser du sable,
    J'écris un poème contre le temps.

    .



    GUILLEVIC

    .

    GUILLEVIC


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  • 02/19/14--03:32: D'ICI LE SOIR....Extrait
  • Une promesse
    de livre,
    comme l'eau répandue et le perron de pierre,
    calcaire prend l'eau de pluie et son souvenir de mer
    fait naître les mots-fossiles.
    Je t'offrirai plus que l'eau des livres,
    plus que les mots. Âme vive,
    elle est certaine et belle
    du retour menant au fond des mers
    comme une ancre
    prenant au sel sa densité.
    La mer est une terre de mots
    et les îles entrent souterraines, alcalines ou solitaires,
    plus que la page, ce tournoiement des flots,
    ce tourbillon nos mots ?
    Ronde ondoyante, enceinte crénelée
    tendue de toile
    où nous écrivons encore : un temps dit le silence
    et nous creusons nouvelle cette semence.
    Cor au son-mémoire, appel
    et dans la plaine accourt l'homme
    que n'effraie pas sombre

    le silence au risque du mot.

     

    .

     

    ISABELLE LEVESQUE

     

    .

     

     

    joel rea3,,§§

    Oeuvre Joel Rea

    http://www.joelrea.com.au/


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  • 02/19/14--04:01: TOUTE L'EXISTENCE
  • Sous les arcades de la bonté, à l’ombre des rêves tu t’assieds. La mélodie de ta voix nous protège dans les jardins de l’errance.

     

    Confiante comme un zéphyr, tu es la main qui ramasses mon dénuement et ma richesse et les jettes dans les compassions de l’abîme, abîme du passé de l’âge, l’âge qui ; s’effaçant sans pourtant effacer, ouvre ses tiroirs et me lance de nouveau vers les lacs des nuées fécondant l’arbre de la solitude par le pollen du voyage.

     

    De plus petit que toi, je n’ai connu que l’esprit et de plus fort je ne connaîtrai que la mort. Je chantais quand j’étais en quête de liberté; en toi j’ai connu le chant le plus proche, celui de l’instant ultime: le fond du cœur, lorsque l’émotion des adieux noue la gorge jusqu’à l’étouffement, et l’instant s’est uni à la sérénité  en une union sans jeu aucun.

     

    Sans jeu aucun et toi mon jouet. Comment alors l’espace ne se déchire-t-il pas par le poignard de la contradiction et comment l’univers ne s’enflamme-t-il pas par la folie de l’amour?

     

    Dans tes yeux rieurs tu portes l’insouciance de l’innocence et la vieillesse de la mer, et quand je rencontre mon destin, la souplesse de ton corps me rend plus beau que mon destin. Quelle histoire qui n’en finit plus! Avant que je ne fusse déçu, je portais ma malédiction. Avant la découverte de la malédiction, j’étais une île insupportable, une île de transparence et d’extase. Après la déception, il ne resta rien. Semblable à la mort après la mort. Même les larmes avaient perdu la puissance de guérison, non pas qu’elles soient taries mais parce qu’elles sont devenues les pleurs d’un vaincu parmi des étrangers. 

     

    Et je n’ai plus sollicité personne.

     

    Mais tu t’es arrêtée.

     

    Tu t’es arrêté parce que tu es un amour rebelle et parce que tu es aussi cette complicité plus légère que l’amour et cette association qui dépasse de loin l’amour. Et quel est l’amour dont le parfum est le senteur de l’oubli plus que cet amour?

     

    Au milieu des villes où le parler est au-dessous du niveau de la terre, je réalise maintenant, lucide entre deux soûleries, que je n’avais pas tort. Mes fautes étaient des fautes de conduite, dont quelque-unes étaient impardonnables. Mais je n’avais pas tort quand j’avais peint ce tableau où j’avais tout mis aux pieds d’une femme qui surgit maintenant, toujours et pour tous les siècles, des vagues de mon imagination. Je n’avais pas tort, car entre les vagues de l’imagination qui m’engloutissent et la taille des vagues de la réalité, il y a des coïncidences parfois heureuses, incroyables, et qui sont toutes l’existence.

     

    Et ce sont les paroles de la séparation et en même temps le salut annonciateur du nouveau rivage. Et c’est grâce à toi, ô fille des deux vagues, que l’homme oublie que où qu’il regarde, il voit ce qu’il le pollue, et qu’il entend partout où qu’il écoute, des paroles plus stériles que le sable. Tes yeux ailés qui ravagent la tranquillité du cœur raniment l’espoir, à travers les tourments du délire, dans quelque chose qui mérite les souffrances.

     

    Tu t’assieds à l’ombre des rêves sous les arcades de la bonté. La mélodie de ta voix nous protège dans les jardins de l’errance. Dorée comme le miel du matin tu aveugles le temps. Dorée comme la surprise de la fable, comme les braises des hauteurs, comme la couronne de la mariée, comme un miracle dans le péché. Dorée, le météore ralentit subitement sa chute pour te permettre de finir tes souhaits.

     

    De plus petit que toi, je n’ai connu que l’esprit et de plus fort je ne connaîtrai que la mort. Délicieuse est cette répétition, fertile cette distance! Tu as fait halte auprès de ma solitude, car la nuit intrigue le soleil. Tu t’es arrêtée, car j’ai fait semblant de n’attendre plus personne.

     

    Et demain tu deviendras cette aria, la plus belle de toutes, où l’oubli et son jumeau le souvenir se substitueront, se relaieront, s’entrelaceront, et chacun d’eux étouffera dans l’autre les feux de son enfer.

    .

    OUNSI EL HAJJ

    .

    ounsi

     


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  • 02/19/14--11:48: AKL AWIT
  • C’est ainsi que je m’excuse
    Pour chaque possible
    Pour chaque impossible
    Pour chaque vie antérieure
    Pour la vie à venir
    Pour les joies, les maux, les morts et les vivants
    Pour les brigands, les anges et les voleurs de pommes
    Pour ceux qui te dévorent par la solitude de leur corps
    et te boivent avec la soif du désert dans les yeux
    Pour moi-même chaque fois que te dévore un plus grand nombre
    Pour toutes les générations
    Pour ceux qui en mon nom t’aiment
    Pour ceux qui en leur nom t’aiment
    Pour ceux qui laissent pour toi des larmes
    et des sentiments de vengeance sur les portes
    Pour ceux qui t’envient et ne t’envient pas
    Pour ceux qui détestent partager le spectacle que tu offres
    Pour ceux qui t’aimeront chaque fois que tu seras partie
    Pour ceux qui souffrent chaque fois que tu reviens
    Pour le vertige qui défait mon habiletéà décrire
    Pour la cohérence qui me séduit dans la fascination du lointain
    et l’orgueil du départ
    Pour ce mot moins éloquent que mon amour
    Pour ce regard moins perçant que l’eau sur la pierre
    Pour chaque fois que tu te dresses devant tes miroirs
    et qu’ils t’effacent avec une gourmandise rieuse
    Pour chaque fois que tu deviens une autre femme
    Pour chaque fois que tu le deviens pour mes frères,
    mes ennemis et moi
    Pour l’enfant qui naît sept fois à ta manière
    et dont la mort sept fois m’accompagne
    Pour les sept femmes qui demeurent en toi
    Pour tes sept prisons que tu prétends lieux d’évasion
    Pour le dimancheoù, dans sa création, Dieu ne connaît pas de repos
    Pour ton nombre lié aux jours de la semaine
    et non à toi-même
    Pour les hommes que tu aimes
    Pour les hommes que tu n’aimes pas
    Pour chacun des autres hommes que tu aimes
    et détestes
    Pour chaque regard qui veut rouler sur toi
    Pour chaque main qui n’a pu toucher ta silhouette
    Pour ma déception lorsque je rentre
    et ne vois pas ton rire sur mon cœur
    Pour ma jalousie chaque fois que je vois ton rire
    tel un banquet dans les regards des autres
    Pour chaque désir que je ne mérite pas
    Pour chaque désir que tu mérites
    et que tu ne mérites pas
    Pour chaque mutisme dont tu ignorais la pensée à toi adressée
    Pour les bavardages superflus
    Pour toute la tristesse de ma main
    et pour chaque peur
    et chaque embarras qui font fi de ma douceur
    Pour chaque départet chaque retour vers toi
    Pour chaque sagesse que je donne
    Pour chaque folie qui me condamne
    Pour ma prétention et ma modestie
    Pour mon intuition
    dès que tu viens épuiser le reste de ma résistance
    Pour mes ruses chaque fois que je t’invite à dîner
    Pour mon bonheur chaque fois que j’ai préféré ma perte
    Pour mon ignorance et ma compétence anticipée
    Pour chaque tempête qui n’a pas émoussé
    les épines de mes branches
    Pour chaque tempête qui a rompu mes branches
    et me rompt
    Pour chaque abîme qui m’a jeté vers toi
    Pour chaque abîme qui m’a jeté vers toi
    où je n’ai pas sombré
    Pour ma frayeur qu’un autre homme demeure en toi,
    Pour ma frayeur que d’autres hommes dont je ne suis
    Ni le voleur ni le fidèle et dont mon effacement inachevé
    Me préserve d’être avec toi le soldat et l’ennemi
    Alors, que crier ?
    À qui recourir?

    .

     

    AKL AWIT

     

    .

     

     

     

     

     

     

     

     


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     L’eau inaugure le lieu

    L’eau, âme libre venant à toi

     d’un obscur si proche

     Ecoute l’eau

     toi

     qui passes cette porte

     

     

     Premier pas

     est l’amour

     Tous les pas suivants

     gravissent la mémoire

     pour saluer les passants

     

    Ici, nul étranger

     tous frères nous sommes

     venus pour célébrer la pureté de l’eau

     

     

     Ô souveraine

     qui veilles à la pureté

     n’oublie pas

     qu’entre tes mains

     l’eau fait fleurir l’âme

     et coule jusqu’à l’infini

     

    Rien ne te sépare de cette brise

     Rien de ce silence

     

     

     Que je touche une plante

     est comme

     si je touchais

     l’étoile

     

    Nous sommes

     de même nature

     Ici, j’écoute les entrailles qui scandent

     Ecris le salut

     Ecrits l’absence

     

    Si j’avais été ici une fois

     je serais toujours ici

     Les toits ne sont pas moins hauts que le ciel

     les branches pas plus lentes que l’aile d’une tourterelle

     L’escalier qui conduit à ma chambre

     mène aussi au théâtre des mots

     

    Scrute cette lumière

     jaillissant de la pierre

     Les coins éloignés

     du jardin

     se rapprochent les uns des autres

     Le courant d’eau les pousse

     dans la paix de la vasque solitaire

     

    Soumise, l’ombre avance

     portant nos pas

     vers ce que nous ne connaissons guère

     Libère – toi de l’allégresse de la fin

     tu es vouéà cette marche

     entre âme et âme

     et les revenants ne se rappellent plus qui tu es

     

     

    Habite la chambre du silence

     comme un sourire discret

    Les scintillements reproduisent

     des fleurs qui jamais ne se ressembleront

     Chaque fois le jardin accueille les premiers souffles

     

     

    A chaque pas

     commence

     la danse

     

    L’Andalousie n’est pas un vocable

     Regarde

     Couleur de musique

     Traces

     d’amants

     Ne cherche pas un autre lieu

     Ici

     l’Andalousie de l’eau

     est ton Andalousie

     

    Le jardin des déserts

     recueille

     mes amis errants

     l’un

     après l’autre

     Ils sont ici

     échangeant des coupes de vin

     Ils ne se lassent pas

     

    Les nuits se répandent

     sur des versants qui descendent

     vers les vallées du silence

     Mais les amis se réunissent ici

     nuit

     après nuit

     Jardin

    Désert

     

     

    .

     

     

    MOHAMMED BENNIS

     

     

    .

     

     

     

    oasis

     

     

     

     

     


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  • 02/20/14--11:34: FES...Extrait
  • Fès colline vibrante

    déviant

    horizon de fête

    blanc torride

    hors mémoire

    de celui qui est mort

    et celui qui mourra

     

     

    Fès vergers de l’âme

    païenne

    grenadiers

    pampres

    bigaradiers

    fleurs de Ghombaz

     

     

    Fès un fou en quête de sa folle

    chancelant entre les trémolos ultimes

    d’un rebec andalou

    et de fêtes sans rêve

    de la genèse d’un soir instable

    de caprices exilés

    d’eau anonyme

     

     

    Fès de briques entrelacées

    poncées

    satinées

    par vents lointains

    Sang

    s’amenuisant en moment furtif

    par quatrains

    et pâleurs matinales

    .

     

    ....

    .

     

    .

    .

     

    MOHAMMED BENNIS

     

    .

    .

     

     

    .

     

    Fes

     

     


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  • 02/20/14--12:59: LE MOT
  • Je cherche un mot vaste et chaud
    Comme une chambre
    Sonore comme une harpe
    Dansant comme une robe
    Clair comme un avril

    Un mot que rien n’efface
    Comme une empreinte dans l’écorce
    Un mot que le mensonge ne séduit pas

    Un mot pour tout dire
    La mort, la vie,
    La peur, le silence et la plainte
    L’invisible et le doux
    Et les miracles de l’été

    Depuis si longtemps je cherche
    Mais j’ai confiance en vous :

    Il va naître de vos lèvres.

     

    .

     

    JEAN-PIERRE SIMEON

     

    .

     

    MOT

     


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