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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 02/28/14--06:12: LE CHAT

  • Au royaume des gravures

    il était un chat pervers

    excentrique et multiple

    le poil noir et le poil clair

     

    Entre souris et sirène

    il était juste couché

    avec une nonchalance de laine

    dans un livre d'animalier

     

    Contrairement aux usages

    à la pleine lune parfois

    d'un bond il quittait sa page

    et s'en allait courir les toits

     

    les toits et les mansardes

    Puis visitant les logis

    il soufflait l'or des lampes

    et buvait le lait des petits

     

    Avec l'ombre pour complice

    le voici tigre persan

    poursuivi par la police

    une police à turban

     

    Reprenant sa bonne mine

    Maître chat est jardinier

    il cueille avec ses canines

    le bouton vert des rosiers

     

    Après toutes ces fredaines

    à l'aube il regagnait le papier

    et entre souris et sirènes

    il s'endormait les yeux ouverts

    .

     

    GEORGES SCHEHADE

     

    .

     

    CHAT1


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  • 02/28/14--08:40: DEHORS LA NUIT EST GOUVERNEE
  • Laissez filer les guides maintenant c'est la plaine
    Il gèle à la frontière chaque branche l'indique
    Un tournant va surgir prompt comme une fumée
    Où flottera bonjour arqué comme une écharde
    L'angoisse de faiblir sous l'écorce respire
    Le couvert sera mis autour de la margelle
    Des êtres bienveillants se porteront vers nous
    La main à votre front sera froide d'étoiles
    Et pas un souvenir de couteau sur les herbes

    Non le bruit de l'oubli là serait tel
    Qu'il corromprait la vertu du sang et de la cendre
    Ligués à mon chevet contre la pauvreté
    Qui n'entend que son pas n'admire que sa vue
    Dans l'eau morte de son ombre.

    .

     

    RENE  CHAR

     

    .

     

    CHAR

     

     


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  • 02/28/14--09:15: E. E. CUMMINGS
  • J’ai toujours ton cœur avec moi
    Je le garde dans mon cœur
    Sans lui jamais je ne suis
    Là ou je vais, tu vas…
    Et tout ce que je fais par moi-même est ton fait…
    Je ne crains pas le destin
    Car tu es à jamais le mien
    Je ne veux pas d’autre monde, car
    Tu es mon monde, mon vrai…
    Tu es tout ce que la lune a toujours voulu dire
    Et tout ce que le soleil chantera
    C’est le secret profond que nul ne connaît
    C’est la racine de la racine
    Le bourgeon du bourgeon
    Et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie
    Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
    Ou l’esprit le cacher…
    C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
    Je garde ton cœur
    Je l’ai dans mon cœur.

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    E. E. CUMMINGS

     

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    coeur3

     


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  • 03/05/14--01:10: IMPROBABLE...
  • Improbable. Je suis de ces méandres qui ne font boucle qu'à mon cou. Un peu rocaille et en virgules où chacun trouve ses reflets. Cascade en des débuts qui se trouvaient adolescence, il fallait bien trouver mon lit. Un temps lacustre juste au barrage du commun. Longtemps lien entre amants sur chaque rive, tant il fallait de la fraicheur. Mais qui vont, toujours, s'apaiser dans la mer. Comme un fracas de ressemblance au bout du temps et des errances.

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    ©JEAN DIHARCE

     

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    peter churcher,,

    Oeuvre Peter Churcher

     

     

     


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  • 03/05/14--01:39: DIS, VIENDRAS-TU ?
  • Viendras-tu un jour les pleuvoir
    Nos chemins jamais empruntés,
    Sauras-tu les ensoleiller
    Avant qu’ils meurent de désespoir ?

    Viendras-tu leur peindre un demain
    Où je pourrais nous entrevoir,
    Heureux amants berçant le soir
    Aux grands mystères de leur jardin ?

    Je ne sais plus, d’à tant t’attendre
    La frontière d’haïr et d’aimer
    Que mon cœur saura supporter,
    La carte du sombre et du tendre.

    Viendras-tu, dis-le moi enfin
    Déchirer cet oubli de soie
    Où tu avais frôlé mes doigts
    Pour t’enfuir au petit matin ?

    Viendras- tu leur tracer lisière
    Et les saupoudrer d’un destin,
    Oseras-tu y faire matin
    De peaux mêlées, de mains altières ?

    Tant de fois j’ai repeins mon lit
    Mais à chaque fois ton absence
    Y refait comme un trou immense
    Où ma couleur se meurt de gris.

    Viendras-tu un jour me le dire
    Le prix de fuir aux premiers feux,
    Le poids de la peur d’être heureux
    Et de ne savoir que s’enfuir ?

    Viendras-tu un jour les pleuvoir
    Nos chemins tant imaginés,
    Sauras-tu les écarteler
    Afin qu’ils meurent de désespoir ?

    Alors ma peur, mon infini
    Il faut que je ferme ma porte
    A tous bateleurs de ta sorte
    Il faut que je m’enterre ici.

    J’aurai voulu une autre fin
    Que d’à mourir de t’oublier
    Mais aujourd’hui tant a rouillé,
    Aux cœurs pendus, point de matin…
    .
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    © JEAN-LUC MOULIN
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    CHEMIN FLEURS,


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    Je suis amoureux
    Du vent sur ta joue
    Qui joue les imprudents
    Je suis amoureux du vent
    Du chêne
    Qui porte l’ombre
    De ses mains
    Sur ton cou
    Je suis amoureux
    Du chêne
    De la rue bleue
    A trois heures de l’après-midi
    Quand elle contient
    L’arche de ton rire
    Je suis amoureux
    De la rue bleue
    Je veux bien passer les pôles
    Avec Lord Franklin
    Briser la glace
    Si ce chemin
    De mai
    Sur l’océan gelé
    Me conduit
    Au printemps d’un baiser
    Je suis amoureux des neiges
    Et des glacis
    De la virginité de l’instant
    Qui défriche l’éternité
    Sur tes lèvres du présent
    Je suis amoureux des neiges
    De ces mots
    Que tu laisses glisser
    Sur le verbe épicé
    Du manuscrit des corps
    Je suis amoureux
    Des mots
    Je veux l’aquarelle de ta bouche
    Qui est le puits
    Qui est la trame
    Qui est la porte
    De ton âme
    Je veux ne plus vouloir
    Laisser la tendresse
    Désirer l’aparté

     

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    © PATRICK CHEMIN

     

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    guisane


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  • 03/05/14--03:32: LA FLEUR ROUGE
  • A la place du ciel
    Je mettrai son visage
    Les oiseaux ne seront
    Même pas étonnés

    Et le jour se levant
    Très haut dans ses prunelles
    On dira : « le printemps
    Est plus tôt cette année ? »

    Beaux yeux, belle saison
    Viviers de lampes claires
    Jardins qui reculez
    Sans cesse l’horizon

    On fait déjà les foins
    Le long de ses paupières
    Les animaux peureux
    Viennent à la maison

    Je n’ai jamais reçu
    Tant d’amis à ma table
    Il en vient chaque jour
    De nouvelles étables

    L’un apporte sa faim
    Un autre la douleur
    Nous partageons le peu
    Qui nous reste tous en chœur

    Qu’un enfant attardé
    Passe la porte ouverte
    Si bien qu’il a déjà
    Plus qu’il ne désirait

    La chambre est encombrée
    De rivières sauvages
    Dans le foyer s’envole
    Une épaisse forêt

    Et la route qui tient
    En laisse les villages
    Traîne sa meute d’or
    Jusque sous les volets

    Tous mes fruits merveilleux
    Tintent sur mon épaule
    Son sang est sur ma bouche
    Une flûte enchantée

    Je lui donne le nom
    De ma première enfance
    De la première fleur
    Et du premier été

     

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    RENE GUY CADOU


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    CADOU

     

     

     


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  • 03/05/14--04:33: CARNETS I....Extrait
  • "Ce jardin de l'autre côté de la fenêtre, je n'en vois que les murs.Et ces quelques feuillages où coule la lumière. Plus haut, c'est le soleil. Et de toute cette jubilation de l'air que l'on sent au-dehors, de toute cette joie épandue sur le monde, je ne perçois que des ombres de feuillages qui jouent sur les rideaux blancs. Cinq rayons de soleil aussi qui déversent patiemment dans la pièce un parfum blond d'herbes séchées. Une brise, et les ombres s'animent sur le rideau. Qu'un nuage couvre, puis découvre le soleil, et voici que de l'ombre surgit le jaune éclatant de ce vase de mimosas. Il suffit: cette seule lueur naissante et me voici inondé d'une joie confuse et étourdissante.

     

    Prisonnier de la caverne, me voici seul en face de l'ombre du monde. Après-midi de janvier. Mais le froid reste au fond de l'air. Partout une pellicule de soleil qui craquerait sous l'ongle mais qui revêt toute chose d'un éternel sourire. Qui suis-je et que puis-je faire -sinon entrer dans le jeu des feuillages et de la lumière. Etre ce rayon de soleil où ma cigarette se consume, cette douceur et cette passion discrète qui respire dans l'air. Si j'essaie de m'atteindre, c'est tout au fond de cette lumière. Et si je tente de comprendre et de savourer cette délicate saveur qui livre le secret du monde, c'est moi-même que je trouve au fond de l'univers. Moi-même, c'est-à-dire cette extrême émotion qui me délivre du décor. Tout à l'heure, d'autres choses et les hommes me reprendront. Mais laissez-moi découper cette minute dans l'étoffe du temps, comme d'autres laissent une fleur entre les pages. Ils y enferment une promenade où l'amour les a effleurés. Et moi aussi,  je me promène, mais c'est un dieu qui me caresse. La vie est courte et c'est péché que de perdre son temps. Je perds mon temps pendant tout le jour et les autres disent que je suis très actif. Aujourd'hui c'est une halte et mon coeur s'en va à la rencontre de lui-même.

     

    Si une angoisse encore m'étreint, c'est de sentir cet impalpable instant glisser entre mes doigts comme les perles du mercure. Laissez donc ceux qui veulent se séparer du monde. Je ne me plains plus puisque je me regarde naître. Je suis heureux dans ce monde car mon royaume est de ce monde. Nuage qui passe et instant  qui pâlit. Mort de moi-même à moi-même. Le livre s'ouvre à une page aimée. Qu'elle est fade aujourd'hui en présence du livre du monde. Est-il vrai que j'ai souffert, n'est-il pas vrai que je souffre; et que cette souffrance me grise parce qu'elle est ce soleil et ces ombres, cette chaleur et ce froid que l'on sent très loin, tout au fond de l'air ? Vais-je me demander si quelque chose meurt et si les hommes souffrent puisque tout est écrit dans cette fenêtre où le ciel déverse sa plénitude? Je peux dire et je dirai tout à l'heure que ce qui compte est d'être humain, simple. Non, ce qui compte est d'être vrai et alors tout s'y inscrit, l'humanité et la simplicité. Et quand suis-je plus vrai et plus transparent que lorsque je suis le monde? Instant d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde s'élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant d'avoir désiré.  L'éternité est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de moi-même à moi-même. Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. On se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de quelques plages éblouissantes sous le soleil du matin, pour qu'on sente en soi fondre cette résistance. Ainsi de moi. Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable. Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage d'éternelle jeunesse."

     

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    ALBERT CAMUS

    http://toobanal.canalblog.com/archives/2014/02/07/29137415.html

     

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    le-jardin-sauvage

     


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  • 03/06/14--10:21: HISTOIRES DE SOIFS...Extrait
  • Espaces forain

    espace d'épines

    où vagabondent les yeux nomades.

     

    L'ailleurs

    remue toutes nos errances.

     

    L'ailleurs unique

    toujours recommencé,

    loin devant nous.

     

    C'est là

    que se prépare la vie

    entre l'ouvert et le fermé.

     

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    EMILE HEMMEN

     

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    NOMADE


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    Riches de ce qui nous manque
    la grâce enfin serait
    d’être touchés
    à l’invisible de ce que nous sommes

    Toute paroi devenue transparente
    sans retrait ni
    dérobement
    nous irions partout l’âme nue

     

    Faite d’instants absolus notre vie
    tirerait son ultime sens
    de la métamorphose
    dont la chrysalide déjà nous enveloppe

     

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    GILLES BAUDRY

     

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    VIE

     

     

     

     

     


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  • 03/06/14--11:52: UN ARBRE EN MA MEMOIRE

  •  Un arbre unique et solitaire fait offrande de ses ramures au ciel incandescent.

    Nul ne sait par quel stratagème il a, dès son enfance, échappéà la main prédatrice de l’homme armé de fer, à la dent avide de l’animal famélique, à la rareté de l’eau et au dard du soleil plus que nulle part au sommet de son ardeur.

    Alentour est le désert infini submergé de silence séculaire parfois troublé par la rumeur lointaine de troupeaux évanescents allant sur les dunes et les immenses plateaux ensemencés de rocailles.

    Ici, l’espace et le temps sont confondus l’un par l’autre tenus, et n’ont d’autre mesure que la démesure de l’éternité. Dans cette vastitude lunaire librement parcourue de bise en février ou de vent en ouragan de sable, rugissant d’une fureur dont on ne sait la raison, l’arbre demeure en patience témoin superbe et pathétique d’un temps révolu.

    En m’approchant de la colline où il se tient en vigile de silence, il grandit à mes yeux. Il s’anime à mes oreilles et la main qui en caresse le tronc me dit sa puissance.

    Des battements sourds se font entendre. Je ne sais d’abord leur provenance, ils sont de mon propre cœur.

    Car ici la rareté de la vie donne à la vie sa vraie mesure. Et en contemplant cet être magnifique drapé des secrets d’une longue histoire qu’il est seul à pouvoir conter, j’imagine ses innombrables compagnons que la terre nourrissait pour en être mieux nourrie.

    Et dans cette réciprocité vitale s’exprimait toute l’intelligence de la vie car l’arbre n’est pas seulement racine, tronc, branche et feuillage, il est un pont vertical unissant les forces telluriques à celles du cosmos.

    Il est prière incessante adressée à l’univers pour attirer tous les bienfaits de la vie sur la terre et les humains et sur toute créature de la création.

    Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide et solitude et désert jusque dans les cœurs.

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    PIERRE RABHI

     

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    pierre

     

     

     

     


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  • 03/06/14--12:16: L'INVITATION
  • J'ai accepté l'invitation...

    J'aurais dû m'abstenir. Installée autour de la table, je participais, en les écoutant, aux discussions banales ... Et le " taureau " est arrivé dans mon assiette !  Il n'a pas fallu longtemps pour que l'on me fasse monter au créneau, il a suffit d'un mot : " corrida " ... La maitresse de maison en était " dingue ", c'était son mot. Dingue des arènes bondées d'aficionados hurlant à la mort, dingue du matador dans son habit de lumière ...Et surtout dingue d'une mise à mort qui lui procurait un immense plaisir, si elle était réussie. Une mise à mort" ratée" ne l'intéressait pas du tout... J'ai cru m'étouffer, elle n'aurait pas dû me dire que tous les invités à qui elle préparait la gardiane se léchaient les babines. Je m'entends lui asséner que " c'était peut être des morts de faim , car après l 'avoir entendue, il fallait avoir faim pour se régaler " Elle avait bien compris que je n'aimais pas les corridas, mais elle a insisté sur l'ambiance, sur la bête qui de toute façon n'était qu'un boeuf qu'on élevait comme un roi, destinéà une fin honorable... Je passe les détails sur la sortie du taureau, qu'elle arrivait encore à apprécier...Provocante et cynique elle m'a même proposé d'assister à une corrida. Elle me prenait pour une imbécile. Je l'ai remerciée. J'ai repoussé mon assiette au centre de la table doucement et lui ai demandé d'où lui venait ce sadisme et ce goût pour la cruauté, qui lui permettait d'atteindre une jouissance probablement, rien qu'en racontant les faits... Elle a blémi et j'ai profité pour lui porter l'estocade ... Je sais, la bienséance en a pris un coup, mais tant pis ... Je lui ai demandé si elle n'avait pas besoin d'un autre genre de taureau bien couillu pour avoir de telles sensations, lesquelles se jouaient dans une autre arène, mais qu'elle n'emporterait ni l'oreille, ni la queue...Elle a préféré ne plus poursuivre la conversation et a présenté un autre plat qu'elle n'a pas commenté...Pourtant, il y avait encore de quoi se révolter...mais sachons raison garder !!! 
    La soirée ne s'est pas prolongée, je pense que tous avaient assez de cet étalage en tout genre. Pauvre Tartarin ...Tu n'as pas que des lumières dans ta petite ville de Tarascon ... con.  

     

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    JOSIANE

     

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    picasso1

    Oeuvre Pablo Picasso


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  • 03/07/14--13:00: JEAN-MICHEL SANANES
  • Cosmique,
    la douleur glisse dans le silence,
    glisse comme le serpent déroule la nuit.
    Partout
    les écrans s’agenouillent
    au confort des consciences

    Être un homme et ne pas savoir
    où habite la douleur,
    est-ce cela le bonheur ?

    Un silence blanc
    un silence noir
    oblitèrent des douleurs-poignards
    et le cri majuscule que devrait porter chaque conscience.

    Devant les écrans
    et les flonflons de vos fêtes,
    passent l’hermine et le vison,
    coule le champagne.
    Dehors une douleur cosmique,
    venin silencieux,
    déporte la raison.

    Partout
    les écrans s’agenouillent
    au confort des consciences
    et, minuscule,
    le cri se meurt d’indifférence.

    À regarder l’ignominie triomphante
    des massacreurs de vie,
    à voir l’acharnement de tous ceux
    qui, au nom de la raison économique
    usent et abusent de la douleur du vivant,
    à voir ceux qui tirent leur jouissance
    de la contemplation de la mort et de la souffrance,
    je m’arrache le cri
    jusqu’au plus profond de l’humain

    Où sont donc passés les jardiniers de l’amour
    quand l’homme, chaque jour,
    répète les mêmes crimes et les mêmes silences ?

    17 heure 04
    Télé aveuglement éteint
    J’ai vu les Himmler de laboratoire
    et leur satisfaction dégoulinante sur la souffrance des victimes.
    J'ai vu les marchands de foie gras
    éviscérer à vif sans mesurer leur crime.

    J’appelle au cri et à la colère
    tous ceux qui s’élèvent contre la douleur industrielle,
    tous ceux qui s’insurgent
    quand on parque et encage des animaux
    dans des espaces d’engraissements si petits,
    qu’ils ne quittent leurs mangeoires
    que pour rejoindre l’abattoir.

    J’appelle à l’insurrection des cœurs
    tous ceux qui hurlent contre les mises à mort
    sans jamais dénoncer
    ni la barbarie ni l’abomination
    des camps de concentration
    qui précédent l’extermination du vivant.

    Je dénonce le silence,
    et les coupables de silence.
    Je dénonce ceux qui tolèrent l’élevage industriel,
    l’écorchement des bébés phoques,
    le démembrement à vif des grenouilles,
    l’amputation des requins jetés à l’agonie,
    le massacre des dauphins.

    Je dénonce ces fausses civilisations
    qui, au nom de la coutume et du spectacle,
    plantent leurs lances et leurs épées
    dans la douleur des taureaux.

    Je désigne comme criminels
    ces scientifiques pervertis
    qui fabriquent des pondeuses génétiquement trafiquées,
    et qui, du haut de leur suffisance,
    exercent leurs sorcelleries expérimentales
    sur nos cousins les primates et des millions d’animaux.

    17 heure 24
    Télé aveuglement fermé,
    j’ai vu et j’affirme
    que devant le bâillonnement des consciences
    je préfère être clown et poète,
    ami d’un bonobo qui essuie les larmes de son maître,
    ami de n’importe quel chien qui protège un enfant,
    que de me sentir frère
    d’une engeance de laborantins qui martyrise des lapins, des singes et des chats.
    Et j’affirme être étranger
    à leurs congénères arracheurs de fourrures,
    tueurs de rhinocéros, d’éléphants, de tigres, et d’ours
    et de tous autres industriels de l’élevage intensif.

    Le vivant, Messieurs les tortionnaires,
    ce n’est pas que de la viande
    ou son équivalence en fric.
    Le vivant est un chant de joies et souffrances ordinaires,
    cette souffrance que vous distribuez si généreusement
    tant elle ne vous coûte rien
    et tant vous la niez !

    L’homme originel est devenu produit économique
    conditionnéà prendre, profiter, tuer.
    il ne sait plus rien de l’essentiel,
    des valeurs non négociables.
    Il ignore volontairement le respect de la vie.
    Les frontières de son univers sont courtes :
    Il va que de son ego à son ambition,
    les autres n’existent pas.
    S’il le faut, demain,
    il fera de ses semblables des denrées utilisables,
    des unités de travail,
    de la matière médicale destinée à réparer les puissants.

    L’homme nouveau a hypothéqué son âme
    il est devenu un expert en profits !

    Mais l’homme existe-il sans compassion ?

    Messieurs les rationalistes,
    Messieurs les productivistes,
    je vous accuse
    d‘avoir fait du monde
    un Dachau à ciel ouvert
    pour les animaux,
    mais pas seulement,
    d‘avoir fait du monde
    un Dachau à ciel ouvert
    pour tous ceux des vôtres
    que vous jugez inférieurs !

    Vous vous croyez homme-étalon
    mais c’est votre brutalité
    que vous avez érigée en modèle sociétal.

    Je vous accuse
    d’avoir fait un monde à votre image
    où le barbare vit sans uniforme,
    où les galons se prévalent du sang et de la sueur versés.

    Je vous accuse
    d’avoir fait de la vie des hommes,
    des animaux et de tout le vivant,
    une marchandise soumise à vos appétits démesurés.

    Messieurs les rationalistes
    Messieurs les productivistes
    vous ne savez plus ce que c'est qu'être humain.

    Car être Homme,
    c’est être capable de mesurer la portée de ses actes,
    c’est savoir différencier la justice et l’infâme,
    c’est porter en soi un devoir de fraternité et d’humanité
    envers tout ce qui vit.
    C’est savoir qu’aucun profit ne doit naître de la souffrance d'autrui.
    Être Homme
    C’est se savoir responsable et respectueux de la vie,
    de toute la vie.

    Cosmique,
    la douleur glisse dans le silence,
    glisse comme le serpent déroule la nuit.
    Partout les écrans s’agenouillent.

    J’appelle à la Conscience.

     

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

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    vivisection-cats

     


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  • 03/07/14--13:20: SUSPENS...Extrait
  • Îles du temps, de notre aire de temps,
    La quaternaire, où nous aurons fait escale
    Dans l’attente de notre île dernière
    Héritiers de havres clés en main
    Sitôt émergés de la mer maternelle
    Mangeant à la table des aïeux, dans leur faïence
    Ou leur porcelaine, dormant entre leurs draps
    Sous les images dont ils avaient meublé leur île
    Et ces visages connus inconnus allumaient
    Des feux de mémoire, creusaient sous la mer
    Des galeries où nous jouions et rêvions
    Dans l’oubli du naufrage lent de notre île

     


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    CLAIRE MALROUX

     

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    ILE2


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  • 03/07/14--13:40: LAS PALABRAS PUEDEN
  • Il est des univers à l’envers où les enfants travaillent,

    Où les grands jouent aux cartes et s’adonnent à des riens.

    Je hais les uniformes, les formes uniques où les têtes se nivellent ;

    Je hais  les terres plates des villes où monts et vallons se confondent,

    Les faces sans relief où l’humeur est égale et l’affect sans nuance.

    Je déteste les mondes où, faibles, sans défense,

    Les marmots sont pareils à des vieux en enfance,

    Aux piliers fragiles d’une terre en démence.

     

    J’ai l’ âge des chiens, tous les ans j’ai dix ans.

    Aujourd’hui j’en ai six et cela fait soixante.

    Plus vite que mes os je grandis, plus vite que mon âme.

    Pour moi, jamais une caresse, jamais un mot aimable.

    Je préfère être un chat plutôt qu’être un enfant. On m’aimerait davantage.

     

    Sur rue point de pignon, pour moi nul baptistaire.

    Je n’ai point de pays, je suis une frontière.

    J’ai un nom africain et qui sonne haïtien ; je parle dominicain

    je sais dire en trois langues des choses qui déplaisent.

    Dans notre case étroite point de petit écran.

    Pourtant au grand jour passent des films porno.

    Et dans mes sommeils mon esprit déraille

    ne sachant plus si j’en suis spectateur ou acteur.

     

    Je hais, oui je hais jusqu’à ma mère

    Puisqu’elle est partie sans me dire à plus tard.

    A quoi servent les guerres, et pour qui et pour quoi ?

    Soldat, veux tu te battre pour ma soeur, pour moi ?

    A quoi bon la culture?

    Fermier, j’ai faim, veux-tu planter pour moi ?

    Veux-tu cueillir sur l’arbre de la vie

    Un bouquet d’oxygène, un rameau de bonheur

    Pour un fils de personne qui quémande de l’air?

    On te dit spécialiste en tout, en droits de l’homme.

    Voudrais-tu, cher monsieur, prendre ma défense

    Et me me servir de père, adopter un petit mendiant sans-maman ?

     

    Je ne fais qu’enculer les mouches qui s’abreuvent de ma morve,

    Qui font la ribambelle dans le carnaval de ma peau brune

    Et de mes cheveux roux, ces couleurs que je porte comme un fanion

    Comme le drapeau de la victoire des autres sur ma cause perdante.

    Je n’ai point le courage de me moucher. Lave-moi, s’il te plaît, lave-moi de ma plaie.

    Ote-moi, je t’en prie, ma crasseuse chemise. Enlève-moi ma teigne, ma dégueulasse mise.

    Pardonne-moi la faute que je n'ai point commise.

     

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    JEAN-ROBERT LEONIDAS

     

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    image2

     


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  • 03/08/14--09:05: PATRICK CHEMIN
  • Il y avait au fond de ce puits des merveilles et de la mémoire. Des étendues de jeunesse sous l'ondoiement des prairies. Il y avait un violoncelle à l'étage, une jeune femme dans sa robe blanche qui jouait Bach un sourire dans les yeux. Il y avait de la mémoire tout au fond du puits et tout en haut de la lumière. Cette lueur était disponible et bienveillante à toutes les heures du jour. Nous avions traversé tant de nuages dans l'épaisseur rugueuse de la vie et toutes ces paroles qui jadis nous blessaient semblaient disparaître et s'envoler dans les cantates du vent. Il y avait cette lumière tout en haut et chacun de nous semblait la nommer de façon différente. Peu importe, cette lumière était bienveillante et nous aidait à parcourir les périples du corps : l'amour et tous ces possibles mais aussi la maladie entre les doigts de Saturne. Il y avait tout en haut de la lumière et nous pouvions accorder nos souffles au souffle de la vie. Nous étions dans ce puits depuis toujours entre l'eau et le ciel, nous étions entre profondeur et légèreté, et le vent des étoiles nous portait de bas en haut. Et s'il y avait un sens à la vie il était dans cette paix des éléments et le sentiment soudain d'être vivants. Il y avait cette lumière tout en haut ...

     

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    PATRICK CHEMIN

     

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    CHE


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  • 03/08/14--09:17: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Ce que tu crois stable
    n’est qu’errance
    liberté d’un rêve oublié
    chemin d’un autre passage.

    Ce que tu crois stable
    n’est que province abandonnée
    dévastée lapidée
    sans refuges pour les crues
    étranglée
    tels des souvenirs serrés dans un mouchoir…

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    AGN


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  • 03/08/14--09:29: MORT D'UNE MESANGE
  • Une fenêtre ouverte
    sur l’espace convoité.
    Au loin sentes secrètes
    profondes eaux
    dont l’écho revient bouleversé.

    Un matin sonore
    un souffle d’air,
    mille leurres pour un oiseau.
    La vitre effacée
    et le voici éperdu en ma demeure.

    Dans le flux de lumière
    quelle voie pour l’autre côté ?


    Un corps minuscule
    poids léger de plumes
    et de peurs
    puis l’immobilité…

    Tu es tout entier ce cœur
    qui s’affole.
    Tu es tout entier ce cœur
    dans l’envie de durer
    et qui s’arrête.

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    MESA

     

     

     


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  • 03/09/14--10:38: TERRE DE DIAMANT...Extrait
  • A présent l'espace immense

    est tout autour de moi

    et toi fleur d'or

    tu es en moi

     

    l'art d'Orient dont j'ai fait mon étude

    c'est ta chair et tes os

    la courbe de ton oeil

    ta langue et sa musique

     

    en face

    de tes seins nus

    la religion perd toute réalité

     

    et la beauté lisse

    de ton ventre amoureux

    accomplit la philosophie

     

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    KENNETH WHITE

     

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    karto3

    Photographie Mariska Karto


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  • 03/13/14--15:18: LA SOLITUDE...Extrait
  • "C'est ce désir qui donne aux arts et aux sciences leur vigueur, ces arts et ces sciences qui sont l'honneur et le prestige des civilisations, le témoignage et le don muet d'amour, par delà le temps qui les a engloutis dans la mort, des individus des temps révolus et des civilisations passées. Nous recevons de ces désirants disparus, messagers du Réel, en leur temps inconscients de l'être, qui ont su faire oeuvre d'amour dans le langage qu'ils nous ont transmis, dans le matériau qu'ils ont marqué de

    leur volonté de survivre jusqu'à nous, les créations de leur désir à la rencontre du nôtre, nous incitant à notre tour à transmettre par notre travail les fruits du nôtre, étreints par la solitude que nous sommes tous. Ce désir nous incite à nous associer avec ceux dont nous sommes séparés dans l'espace et à laisser après nous le témoignage de nos oeuvres aux générations qui suivront"

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    FRANCOISE DOLTO

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    CHRISTIAN ARJONILLA

    Oeuvre Christian Arjonilla

     

     

     


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