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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 03/14/14--12:33: BORGES
  • Il me faudra lever la vaste vie
    qui est encore ton miroir :
    il me faudra la reconstruire chaque matin.
    Depuis que tu es partie
    combien d'endroits sont-ils devenus vains et dénués de sens, pareils à des lumières dans le jour.
    Soirs qui furent abri pour ton image,
    musique où toujours m'attendaient,
    paroles de ces temps-là,
    il me faudra les briser avec mes mains.
    Dans quel creux cacherai-je mon âme
    pour ne pas voir ton absence
    qui, comme un soleil terrible, sans couchant, brille définitive et impitoyable ?
    Ton absence m'entoure
    comme la corde autour de la gorge.
    La mer où elle se noie.


    .

     

    JORGE LUIS BORGES

     

    .

     

    laurentino marti,,

    Oeuvre Laurentino Marti


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  • 03/14/14--15:52: LE 9 ST JULIEN
  •  C........ arrivait, elle devait séjourner trois jours dans un hôtel " particulier ". J... est alors sortie de sa routine, il fallait qu'elle la voit, qu'elle lui parle, qu'elles se reconnaissent. Elle n'avait pris aucun transport en commun depuis longtemps et s'est lancée dans l'aventure, essayant de combattre toutes ses peurs, la foule, le bruit, le métro, les escalators ,  l'ascenseur. Elles ont passé quelques heures ensemble, puis il lui a fallu retourner " sous terre ", dans ce serpent bondé de gens aux mines tristes, certains affublés de prothèses technologiques greffées aux oreilles, des visages sans expressions, sans attraits, figés dans leur fin de journée... Derrière chacun de ses regards morts, leur vie. J... est descendue, un peu saoûle ,  encore étonnée d'avoir vu se matérialiser son amie. Ses pensées virevoltaient. Son époux avait insisté, lui expliquant où elle devait retrouver le bus qui la ramènerait chez elle après le métro. Elle s'était moquée qu'il ait si peu confiance . Après avoir un peu cherché et trouvé le bus, elle est montée, s'est installée. J...  regardait la ville défiler; un quartier, un autre, tout avait bien changé, elle ne reconnaissait pas cet endroit, pas plus que celui là, et le trajet commençait à lui paraître long. Pourtant elle l'avait bien vu ce 9 qui indiquait la bonne direction pour St Julien et devait la conduire devant chez elle. Il lui fallu se rendre à l'évidence, elle allait dans le sens opposé. Plus rien à faire, la promenade non souhaitée s'enfonçait jusqu'aux collines du bout du monde et elle y  trouvait un certain plaisir, une escapade imprévue. Finalement, la journée fut extraordinaire. Les inquiétudes vinrent de ceux qui s'inquiétèrent de son retard; cela l'amusa et elle fit le chemin en sens inverse avec une certaine jubilation. Tout était un peu surréaliste....
     Il faut sortir  de ton univers de temps en temps J... !
     C........ est repartie, J.... a fermé le livre et repris ses esprits, enfin peut-être... ! 

     

    .

     

    JOSIANE

     

    .

     

    bonne,,

     

     


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  • 03/15/14--09:03: EFFACEMENT
  • S'effacer,
    s'abstenir,
    sous n'importe quel climat.

    Vivre les nuits comme des sortilèges
    et rester en marge,
    sans même les prononcer.

    Dévier légèrement l'éternité
    et se tenir là en suspens,
    comme un insecte dans une fissure.

    Ce n'est qu'ainsi,
    abandonnant parfois temporairement la vie,
    qu'on peut continuer de vivre

     

    .

     

    ROBERTO JUARROZ

     

    .

     

    EFFACEMENT

     

     

     


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  • 03/15/14--09:37: XAVIER LAINE
  • Je lis dans le défilement des heures l'absurde destinée de nos pensées dès lors qu'elles s'imaginent en utilité. Elles ne sont que vent, dès lors qu'il faut vivre, ou survivre. Le seul lien ténu qui demeure se tisse alors dans la complicité de la beauté. Elle est l'ultime refuge à l'agitation d'un monde oppressant. 

     

    .

     

    XAVIER LAINE

     

    .

     

    BEAUTE

     

     

     


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  • 03/15/14--11:54: FISSURES...Extrait
  • Foulées creusant le sable 

    empreintes digitales,

    cœurs gravés dans la peau des arbres, 

    filets de graffiti sur les murs d’un cachot, 

    rides et cicatrices 

    en quoi une vie se résume,

    encoches de bâton, 

    nœuds au mouchoir, 

    tatouages 

    à la teneur d’archives ou de pedigree, 

    signes de quelque chose qui s’est passé 

    ou allait  se passer,

    même à jamais perdues 

    ces traces 

    persistent peut-être à peser 

    de toute leur minceur 

    sur l’inanité du rien.

     

    .

     

    MICHEL LEIRIS

     

    .

     

    porte,,


     


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  • 03/15/14--14:15: LE DON DE LA JOIE
  • Qui trouve au bord du dénuement
    sur les remparts de sa faim
    une larme discrète
    l'amère saveur du chaos
    qui du fond de sa solitude
    tire un visage attentif
    une fontaine coutumière
    et parle sans souci de ses propres embûches
    celui-là sait que Dieu s'installe dans le corps
    pour une éternité première
    et rien ne peut plus le distraire
    de cette voix qui s'est tue
    au centre de l'épi.

     

    .

     

    JEAN SENAC

     

    .

     

    Desert-Goutte


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  • 03/16/14--09:58: GUISANE... Extrait
  • Le silence s’efface lentement sur la terre où nous passons. Il reste l’indulgence et la compassion des forêts. Il reste un arbre tout en haut de cette colline de pardon. Et si nous prions, c’est pour des dieux de terre mais la prière est précaire. Il nous reste l’imaginaire des anges. Cet amour végétal, au plus profond de nous-mêmes, qui pose sa tête sur l’épaule des solitudes. Le silence magnifie les branches et le texte de l’écorce. C’est ta vie que tu versifies dans la pluie traversière. Tu te dois de lui donner la musique la plus belle et l’espace pour s’envoler. Car nous sommes des oiseaux dans la lenteur verticale de l’existence. Et puis tu le sais bien, le temps ne se retient pas. Même dans la cathédrale de l’instant présent, le vitrail pressent dans sa lumière le passage de l’aube et la dignité du crépuscule.

     

    .

     

    PATRICK CHEMIN

     

    .

     

    LUMIERE,,


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  • 03/16/14--10:57: GASTON MIRON
  • Mon poème
    comme le souffle d'un monde affalé contre sa
    mort
    qui ne vient pas
    qui ne passe pas
    qui ne délivre pas
    comme une suite de mots moribonds en héritage
    comme de petits flocons de râles aux abords
    des lèvres
    comme dans les étendues diffuses de mon corps
    mon poème
    entre haleine et syncopes
    ce faible souffle phénix d'un homme cerné
    d'irréel
    dans l'extinction de voix d'un peuple granulé
    dans sa déréliction pareille aux retours des
    saisons
    une buée non réparable dans le miroir du
    monde
    mon poème
    ce poème-là
    paix à tes cendres

    .

     

    GASTON MIRON

     

    .

     

    MIRON

     

     


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  • 03/19/14--12:56: AU COEUR DU COEUR...Extrait
  • Pour un coin d’eau de traces et d’herbe verte
    Où l’oeil serait nu le coeur de rosée
    Les mains feuilles ouvertes

    Je vais
    Aile au soleil
    Marchant pour l’étoile
    Son odeur de résine et de rêve d’enfant

    C’est la route des fables la route des genêts
    Que bordent les noirs sourires d’enracinés

    Voici l’île la fleur la découverte

    Voici l’oiseau chanteur
    Voici les lendemains

    Les mensonges aux yeux de mouettes.

    .

     

    ANDREE CHEDID

     

    .

     

    ile

     

     


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  • 03/19/14--13:26: SILENCE
  • Le silence c'est l'absence de mots
    seulement l' illusion
    je souris seul et personne ne parle
    le vent grippe la porte et le chat éternue
    le claquement du feu sous les coulées de larmes
    je passe plus de temps aux chemins de ma tête
    aux rires des absents
    leur parole de sel
    qu'à pleurer sur l'absence
    le marin solitaire sans le loup du malheur
    il n'en est que de ma maison
    de mon message à l'autre.

     

    .

     

    JEAN DIHARCE

     

    .

     

    SILENCE

     

     


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  • 03/20/14--08:22: HISTOIRES DE SOIFS...Extrait
  • Le goutte à goutte du temps

    sous nos paupières

    pour déflorer nos certitudes.

     

    Des livres

    où s'ensablent les paroles .

     

    Silence trompeur entre les mots

    ou simplement absence de soif

    pour nous guérir de nos oublis.

     

    Ciel d'encre

    sur les arbres amputés

    sur les fourmis en fuite.

     

    Ciel d'encre

    qui expulsent les mots tricheurs.

     

    Un chapelet de larmes

    dans la lumière.

     

    .

     

    EMILE HEMMEN

     

    .

     

    MAGREZ3,,

    Photographie Nathalie Magrez

    http://mondessensibles.com/


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  • 03/20/14--13:42: GASTON MIRON
  • ....

    Le temps mon amour le temps ramage de toi
    continûment je te parle à voix de passerelles
    beaucoup de gens me soufflent ton nom de bouquet
    je sais ainsi que tu es toujours la plus jolie
    et naissante comme les beautés de chaque saison
    il fait un monde heureux foulé de vols courbes

    ...

     

    .

     

    GASTON MIRON

     

    .

     

    MIRON2

     


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    Quand le corps fait écran à sa propre lumière,
    comment peut-il savoir de qui n'est-il que l'ombre
    Nos bouches d'ombre, nos heures noires,
    nos puits d'angoisse, seul l’émerveillement
    peut les combler de lumière

    L'homme et son Double : paroles d'ombre et lumière du silence

    Il suffit d'un rien, d'un éclair, d'une lecture, d'un amour pour que tout redevienne vierge et innommé comme aux premiers jours du monde

     

    .

     

    MICHEL CAMUS

     

    .

     

    camen

    Photographie Emmila


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  • 03/29/14--11:42: LES DISCRETS...
  • Peut-être sont-ils dans l'ombre comme dans la lumière, il suffit d'aimer cette lézarde dans le mur, une graine y a volé dans la poussière et tu peux voir la plante
    inaccessible fleurir : les dieux couvent l'obscure germination, l'attention au petit est l'encens qu'ils agréent; eux qui ne connaissent pas la distance de l'étoile à la haie
    s'endorment sur le calice d'une rose.

    .

     

    PAUL DE ROUX

     

    .

     

    LEZARDE2

     

     


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    Rien n'est plus absurde que de faire planer la poésie au-delà de nos sols. Rien n'est plus injustifié que de parquer les poètes dans un enclos. 
    Quand, tout au contraire, la poésie s'abouche et débouche sur la réalité. Quant, tout à l'opposé, les poètes pratiquent un corps-à-corps incessant avec la vie. 
    Remettant sans cesse en question le monde et leur propre regard, ils transpercent les écrans, dénoncent l'écart entre le semblant et le réel, s'efforcen
    t à une plénitude. 

     


    « La vie du poète est un rêve perpétuel, écrivait Reverdy, un rêve de réalité. » 
     
    Une réalité qui transgresse mots éculés, apparences, conforts et modes. Une réalité qui s'enracine dans le terreau du temps et de l'espace, sans se couper d'un mouvement sous-jacent – et partagé– porteur d'images et de pulsions novatrices. 
    Cette réalité, c'est la vie même ! Si, parfois, son interprétation nous échappe, c'est ce réel – complexe, insaisissable – qui est le tissu de l'existence.  
    Interrogé sur le sens de ses poèmes, Rimbaud répondait : « Ils veulent dire ce qu'ils disent littéralement et dans tous les sens. » 
    Devant la faillite des croyances, la pénurie de l'espoir, il est urgent que soit la poésie. Elle ne console de rien, elle ne possède rien, sa loi n'est pas de marbre. 
    Mais prenant et délivrant parole, elle multiplie nos vies. 
     

    .

    .

     

    ANDREE CHEDID

    .

     

    .

     

     

    A C

     


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       Le sentiment de la nature, de son "étrangeté" est peut-être le degré le plus bas  de la perception du non-humain, de la perception de puissances qui ne relèvent pas de l'espèce humaine. Oui, c'est peut-être quelque chose de très primaire, mais c'est du moins quelque chose qui vous arrache à la toute puissance de nos sociétés humaines, faisant craquer les bornes d'un univers artificiellement clos, tel celui de la "ville tentaculaire".

     

       Je me suis dit soudain que le Louvre était mes sentiers, mes bois, mes montagnes perdus. Ce n'est pas que l'esprit, c'est aussi, tout autant, la chair du monde que je retrouve ici fugitivement.

     

       Je brouille le monde en moi. Le chaos intérieur donne un reflet chaotique du monde. Je ne vois rien, je n'entends rien, je ne sens rien. La perte est immense. Et comme était modeste, la provende que je faisais à travers champs ! Quelques piécettes de l'incalculable fortune proposée. Aujourd'hui cependant, seule leur réminiscence conserve un certain éclat dans la besace du passé. La lumière, le vent, ce qui ne se stocke pas, ne s'emporte pas dans la poche, cela seul peut-être s'accorde à quelque chose de très intime, en un point où cœur, sens, esprit coïncident, se confondent.

    .

     

    PAUL DE ROUX

     

    .

    NATURE

     

     

     


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    Je dis tant de choses sur la différence ténue entre les
    femmes et les arbres,
    Sur la magie de la terre, sur un pays dont je n’ai trouvé le
    tampon sur aucun passeport
    Et je demande : Mesdames et messieurs aux coeurs bons,
    la terre des hommes est-elle, comme vous l’affirmez, à
    tous les hommes ?
    Où est alors ma masure ? Et où suis-je ? L’assemblée
    m’applaudit
    Trois autres minutes. Trois minutes de liberté et de
    reconnaissance… L’assemblée vient d’approuver
    Notre droit au retour, comme toutes les poules et tous les
    chevaux, à un rêve de pierre.
    Je leur serre la main, un par un, puis je salue en m’inclinant…

    et je poursuis ce voyage
    Vers un autre pays, où je dirai des choses sur la différence
    entre mirages et pluie
    Et demanderai : Mesdames et messieurs aux coeurs bons,
    la terre des hommes est-elle
    A tous les hommes ?

    .

    MAHMOUD DARWICH

    .

    dar

     


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  • 04/05/14--09:00: EMILE HEMMEN....Extrait
  • Premières racines

    plantées dans le sourire d’une mère,

    racines plus riches

    que toutes les sources

    de la mémoire.

    Une aube sans soif

    qui fait silence

    dans nos légendes.

    La marée basse de l’âge

    s’éloigne dans les lointains

    pour s’en aller couler ailleurs.

    Pour le meilleur

    et pour le pire

     

    .

     

    EMILE HEMMEN

     

    .

     

    carriere

    Oeuvre Eugène Carrière

     

     

     


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  • 04/06/14--07:53: LES VITRES SOUFFLEES
  • Je ne suis qu’une fine partie de conscience. J’éprouve des joies impartageableset des douleurs qui me gâchent l’existence. Je colle aux parois du jour comme une araignée sur sa toile. Le jour se substitue à l’épouvante qui saisit ma conscience. La lumière est-elle là pour éclairer ? En vérité, mon handicap ne rencontre presque jamais l’idée que je me fais de lui. J’incube dans une passoire de lamentations où sursaute mon orgueil. Une fraîcheur bleue se cache sous les mots que l’espoir féconde. Je me dois d’incarner l’espoir lui-même si je désire m’illuminer de ses promesses. Je m’engaillardis d’un corps que je n’ai pas. Mes rêves transpercent les ténèbres adjacentes, je sommeille sur un lit de tristesse qui traverse la beauté sans plus la voir. Je me greffe à l’imaginaire corporel en oubliant ce que je suis.

    Où regarder devant soi lorsqu’on échoue à réintégrer sa propre histoire, lorsqu’on refuse de se soumettre à sa biographie et que l’on exclue de s’en imprégner pour lui donner un sens ?

    Je me suis quitté sans un adieu. Peut-être, est-ce là l’insouciance qui précède le choc. La rupture est là, et je n’ai toujours pas intégré la parole absurde qui l’entoure. A la surface de l'eau en quête de lumière, je reconnais la peur des algues sous l’effet galbé des vagues. Je ne peux considérer mon désastre sans l’incarner hautement. Une pudeur m’assiège tout à coup. Ne deviendrais-je pas un arbre sur la place du marché si soudainement la terre devenait une soutane de soubresauts, une fontaine épuisée sur la place du village ? Je serais droit comme un piquet et je m’élancerais vers le soleil pour me nourrir de sa lumière et de sa chaleur. Un jour, je le sais, mes feuilles fanées onduleront à la caresse du vent et je réinventerai des morceaux de monde réel. Je redessinerai l’univers pour y semer des fleurs que l’on n’arrache pas.  

    L’homme encagé marche sur l’aube sans la percer. J’avance droit comme les crabes, je tricote les couleurs inapparentes de la forge à grelots. Demain annonce l’usage du jaune sur les vitres soufflées de l’enfermement. Une conscience fugue à tire d’ailes sur l’écume frelatée de l’incohérence funambule. Je suis l’oiseau posé sur la poudrière du ciel qui s’enflamme. Je cuicuite comme une perdrix qu’un chasseur soulève. La traversée de la charpente osseuse ne se fait pas sans graver l’air de pictogrammes estropiés. 

    Peut-on accepter de vivre sans avoir au fond de soi l’étrange idée d’être utile ? Combien d’illusions dois-je laisser pousser librement avant de réintégrer la respiration de chaque chose ?

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    BRUNO ODILE

    http://brunoodile.canalblog.com/archives/p20-10.html

    .

    BRUNO

     

     


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