Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 27 | 28 | (Page 29) | 30 | 31 | .... | 183 | newer

    0 0
  • 04/06/14--08:20: L'HOMME AU KAMANTCHA
  • Nous ne pouvons savoir ! — Nous sommes accablés
    D’un manteau d’ignorance et d’étroites chimères !
    Singes d’hommes tombés de la vulve des mères,
    Notre pâle raison nous cache l’infini !
    Rimbaud, Soleil et Chair, mai 1870



    Si dans le transvisible, on entre par une porte, — on y entre par effraction. J’en appelle aux perspicaces, aux clairvoyants, à ceux qui ont l’œil qui s’ouvre, comme il se ferme, de l’intérieur. Au seuil de l’invisible, là, où les fleurs s’entrouvrent et embaument l’espace. — Je vois les yeux d’un homme barbu de noir vêtu.

    Dans ce monde de l’ouvert, la nuit brûle d’étoiles insensées, un paon passe au crépuscule, fait la roue, criaille et disparaît ; on entend de loin feuler un tigre, la nuit est mouvante et frémissante à souhait. Dans ce monde de l’impensé, — les résistances de la raison craquent. — Si l’on s’arrête on tombe. On avance donc.

    La langue-ours tourne en son palais mouillé, — un chuchotis remonte du fond vers la surface. Un remugle saumâtre dans l’air est balayé. L’homme vu de dos embrasse une femme. — Elle étreint ses reins de ses belles jambes blanches. Elle n’est plus que lèvres. Et elle n’est plus que fruit. — Et tout lui échappe.

     

    Si la vision est un pont, l’autre côté demeure dans le brouillard. Je vois le soleil d’or, celui de la nostalgie, au travers des longs cheveux d’une jeune et jolie rousse, entre des arbres toujours en mouvement, — se balançant. Je ne comprends pas ses mots qui me lacèrent pourtant. — Ses yeux sont pleins de larmes.

     

    Par trois fois, le coq vient de chanter. La nuit vole, bris de verre dans les flaques. Or, un ange noir marche pieds nus sur l’herbe, unkamantchaà la main, suivi par deux enfants habillés de blanc. — Sa bouche ouverte pousse un long cri que nul n’entend.

     

    .

     

    SERGE VENTURINI

     

    .

     

    ROUSSE

     

     

     

     


    0 0

    Nus de ce que nous sommes, nus de nos vides à tarir, nus de nos prières àdécoudre l’amertume de nos sacrifices et de nos renoncements. Nos merveilles sont dans l’exploit de nos rêves. Dans la grandeur et la magnificence de l’illusion qui bataille nos réels foudroyés d’abstinences. 

    La nudité c’est la rencontre. C’est le lieu privilégié où se recoud le monde. C’est la gloire des profondeurs au service des ailes d’anges. Il n’y a qu’ici, que nous pouvons caresser l’idée de la réconciliation. Il n’y a qu’ici, que nous savons être en dehors de nous-mêmes. Il n’y a qu’ici que la résonance de l’écho peut infiltrer nos ventres, nos cœurs et nos âmes.

    Nous ne sommes que cela. Ici et nus.

    Présent au monde, le réel n’est-il donc plus que cette pensée subjective qui le façonne ?

    Il n’y a de lien avec la réalité que les sens patronnés par la conscience. Mon réel est mon monde. Mon monde est ma vie. Ma vie est cette esbroufe de sens que je lui concède. Tout est fantôme et pantomime. Mon esprit devient alors le poème originel dans lequel le monde raconte mon être. Avant de survivre au monde, je me surviens.

    Tout ce qui ne m’a pas suivi est en train de périr. Tous les lambeaux d’horizons croisés et non choisis s’évanouissent d’un oubli blanc, là où mes tanières n’ont pas d’accès. Voisine de l’aphorisme des dieux, une croix tissée d’amalgames célestes pèse le fardeau des ombres renouvelables. Elle est le témoignage silencieux d’un croisement, d’une rencontre et d’une perte. Nombreux sont ceux qui l’érigent en plein cœur de la tempête. Partout, où je descends l’escalier du jour, des pierres tombent de la nuit. Dans leur finitude, chaque aboutissement devient une ouverture, un lieu où l’implicite se margotte avec l’explicite. Mon existence aux pieds de chaque ruine demeure désemparée par toutes les conjurations ontologiques criant leur famine. Quelque part, la mécanique du destin croise les doigts aux supputations de l’imaginaire.

    Je me suis déjà bercé mille fois de mes grappes sensibles, de mes bouquets de tendresse fragile et de mes étourdissements d’amour. J’aime signifier à l’absence les frontières que j’occupe. Mon hoquet transporte le goût profond des résiliences. De fait, la vie m’habille de ces maillons graveleux pour tisser l’improbable. Sa constance dérisoire ébauche la traduction de mes limons tumultueux. Je suis là où rien ne saurait exister sans mon consentement. Il pleut du temps et je trempe dans l’auge de la durée incommensurable. Je signe l’heure dans laquelle je baigne.

    .

    BRUNO ODILE

    http://brunoodile.canalblog.com/archives/p20-10.html

    .

    martine cros2

    Oeuvre Martine Cros

    http://allerauxessentiels.over-blog.com/

     


    0 0
  • 04/06/14--09:22: GASTON MIRON...Extrait
  • ...

    Le vent rend l'âme dans un amas d'ombre
    les étoiles bourdonnent dans leurs feux d'abeilles
    et l'air est doux d'un passage d'écureuil
    tu déjoues le monde qui assiège nos lieux secrets
    tu es belle et belle comme des ruses de renard

    Par le vieux silence animal de la plaine
    lorsque fraîche et buvant les rosées d'envol
    comme un ciel défaillant tu viens t'allonger
    mes paumes te portent comme la mer
    en un tourbillon du coeur dans le corps entier

    .

     

    GASTON MIRON

     

    .

     

    vince,,

     

     


    0 0
  • 04/06/14--10:11: ANECDOTES...Extrait
  • Quelque chose
    faisait signe

    - dans le coeur du caillou
    dans la feuille effrayée
    dans la douce insistance
    de la pluie sur le toit
    dans la goutte
    dessinant
    le hasard sur la vitre-

    quelque chose
    ou quelqu'un

    -dieu peut-être Mais dieu
    n'existait pas encore-

    Je ne demandais rien
    Je me contentais d'être

     

    Le vieux chien
    se heurtait aux chaises
    invisibles depuis longtemps

     


    Je ne sais qui
    inventait l'ange
    en s'envolant

    loin de son apparence
    où l'on avait dû l'oublier

     

    .

     

    RAYMOND  FARINA

     

    .

     

     

    sudek

    Photographie Josef Sudek

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 04/07/14--12:45: MARC ALYN
  • Le temps enfant s’arrête de courir
    pour marauder un fruit
    le cœur flambé, au bras de la Folie
    tandis que luit
    fraîche comme un gardon - la poésie.

    Abondance de seuils et de feuilles !
    Chacun a son âge plus neuf mois
    au fond de la pénombre lumineuse
    où nagent les images.
    « Je pomme dans les tombes »
    jubile l’enfant ébloui.

    Plus tard il saura se cacher
    en compagnie de chats alchimistes
    dans des cartons de livres oubliés
    jusqu’à ce que la pluie
    ranime les défuntes photographies.



    .

     

    MARC ALYN

     

    .

     

    jaya suberg5

    Oeuvre Jaya Suberg

     

     


    0 0
  • 04/08/14--11:02: ECOUTEZ, ECOUTEZ...
  • Peuple bâillonné aux tréfonds de l'Histoire muselé enfiévréétouffé Vienne le jour qui prendra date à visage découvert
    Mordront la poussière les grands totalitaires harponnés en eaux troubles par des foules mains nues
    Sursaut d'envie majeure de liberté
    Viendront le temps des cerises des lilas et la fin des murailles
    La nuit a dérivée aux cils de mes paupières
    Naissante l'aube nouvelle de certitudes enfouies
    Non aux geôliers oui aux lèvres balbutiantes
    Parle mon cœur parle ma terre mutilée parle mon peuple humilié ne soit plus solitaire
    Avec ceux de Harlem de Miami du métro de Paris fait chorus... Silence!...
    Ecoutez mon pays!...
    Ecoutez mon exil...
    Ecoutez...
    Ecoutez haleter ma planète...

     

    .

     

    GERALD BLONCOURT

     

    .

     

    BOAT PEOPLE HAITI

     

     


    0 0
  • 04/09/14--05:34: DE LA VERITE...Extrait
  • ......


    La vérité, c'est l'être, et être, c'est être un , uni, accordé, et que le dehors exprime le dedans.
    Qu'est-ce que la vérité de la connaissance ?
    C'est la perception, à travers la forme extérieure, de ce qu'il y a dedans, la substance.
    Qu'est-ce que la vérité de l'expression?
    La sincérité.
    Qu'est-ce que la vérité des actes?
    C'est la justice .
    Qu'est-ce que la vérité de la conscience?
    C'est l'unification intérieure et la connaissance de soi.
    Qu'est-ce que la vérité de l'amour?
    C'est la reconnaissance de soi en autrui.

    ....

     

    .

     

    LANZA DEL VASTO

     

    .

     

    josef sudek,,,

    Photographie Josef Sudek


    0 0
  • 04/09/14--08:07: ISSUES...Extrait
  • Au bord de quelque chose, toujours.
    Dans l’insécurité native.
    Au bord d’une compréhension. Ou d’une décision définitive.
    Au bord d’une imminence.

    Un franchissement de col, à partir duquel tout pourrait s’inverser, la vision s’agrandir, le souffle s’apaiser.

    Ne plus avoir à haleter pour atteindre le sommet, jouir du paysage en amorçant la descente, laisser aller un pied après l’autre sur le sentier accueillant, celui qu’on sait rejoindre le havre, là-bas au creux de la vallée, ardemment pressenti depuis l’autre versant.

    Mais le col n’est jamais là où l’on croit.

    Est-ce le col de la Mort, miroir du tout premier franchi, écho du col dilaté des mères,
    nous expulsant hors de l’ombre chaude?

    Légèreté, légèreté, je t’appelle,
    Je te donne en secret un nom d’oiseau,
    Je te nourrirai dans ma paume avec le meilleur de moi-même,
    J’abandonnerai mes lourds vêtements,
    je te laisserai rompre du bec les attaches usées mais tenaces,
    les dépouilles mortes qui encombrent le champ du ciel
    J’aurai pour toi le bleu soyeux des étangs du désir
    J’attiserai le feu qui consume,
    Je brûlerai les oripeaux pendus à mon cœur,
    viandes flasques pourvoyeuses de pourriture
    sang sale virant au noir
    attirant mouches et vers voraces

    Légèreté légèreté,
    Je chanterai pour toi un air soufi jamais entendu
    J’inventerai dans ma gorge une coulée de miel né des roseaux
    un souffle sûr
    porteur de messages clairs
    un souffle vaste autant que ferme
    sur lequel nous embarquerons
    et tu m’enseigneras l’art et le savoir-ailé
    le pur-ici sans poids
    la transparence cachée sous tes paupières
    au centre de ton iris
    de mésange de rouge-gorge de libellule de grenouille de lézard couleuvre vairon cétoine abeille grillon vanesse chat lapin chien folâtre
    de ton iris de nouveau-né
    un instant surpris
    dans l’enchantement dérobé
    du monde

    .

     

    FRANCOISE ASCAL

     

    .

     

    CARMELO BLANDINO2,,

    Oeuvre Carmelo Blandino


    0 0
  • 04/09/14--08:54: NOIR-RACINE
  • Cela commence toujours par un mélange de noir et d’odeur.

     

    On ne baisse pas la tête pour franchir le seuil. On appartient au monde de l’enfance. Les adultes, eux, courbent leurs épaules au passage.

     

    *

     

    D’abord, on est aveugle.
    Le soleil tape trop fort dehors, les ouvertures sont minuscules dedans. On tâte du pied les grandes dalles du sol, irrégulières, toujours un peu humides malgré juillet. Ici, tout est mouillé. Les murs suintent, des fleurs d’écume y naissent qui s’effritent entre les doigts. L’odeur elle-même charrie du moite. Choux en fermentation, prunes pourries, pommes blettes. Les vaches, de l’autre côté de la cloison, piétinent la paille souillée d’urine. L’odeur est un couffin , un giron. On peut s’y abandonner, c’est chaud et suffoquant. Peut-être que cela empêche la peur d’entrer ? le temps de fuir ?

     

    *

     

    Lorsque les yeux s’habituent à la pénombre, on la voit. Proche du fourneau. Ses mains vont et viennent, comme toujours. La laine, entre ses doigts, est noire. La robe, noire. Le tablier, noir. On ne sait pas encore qu’on lui appartient. Que le noir-racine qui la tient debout a lancé des germes au-delà d’elle-même, sautant d’une génération à l’autre. Ceux qui se sont arrachés à l’ici n’y pourront rien. Dès l’origine, on a les pieds soudés à la terre, terre battue et rebattue, comme ceux qui n’ont pas de nom et pas d’histoire.

     

    *

     

    Avec la première chasse au cétoine, la première pêche au vairon, on est ferré. Le trident s’est planté là où ce n’était pas prévu, dans la chair fraîche, à même la gorge.

     

    Les poissons ne crient pas, juste quelques sursauts sur la berge, quelques torsions dans la poêle. Les insectes, les papillons meurent en silence, leurs ailes déchirées sous les coups maladroits du filet.

     

    *

     

    La langue du monde n’a pas de bouche.
    Les lèvres de celle qui cache ses larmes sont cousues. Son savoir est muré, enfoui sous un amas de « chemises de peau » et jupons superposés.

     

    Dans l’ombre stagnante de la maison, se glissent parfois d’étroites lueurs, des lézardes bleues.

     

    *

     

    Il faut courir.
    Droit vers ce qui brille, écaille ou élytre.
    Traverser le silence exorbitant de ce qui ne cesse de bruire, sans énoncer une parole.
    Obéir à la voix sans contour, s’éloigner de, s’avancer vers, reculer, approcher, clairière ou grotte, on ne sait.

     

    Courir chaque été, dans la dévorante battue, sans savoir où mène cette errance, sans la moindre assurance de recevoir la manne — quelques secondes d’apesanteur, quelques grains d’extase fissurant la nuit.

     

    Mais l’on revient, chaque soir, vers elle et ses genoux usés. On réintègre le cœur du sombre, le vieux berceau noir qu’une vie entière ne suffira pas à déchiffrer.

     

    *

     

    Jusqu’au jour où, sans qu’on l’ait vu venir, c’est l’heure. La chute dans le temps. Non pas le temps qui suspendait le souffle dans la course vive, dans l’éperdu vagabondage, mais celui qui fait eau de toutes parts, emportant les choses, les instants, les êtres.

     

    Loin.
    Loin de soi, loin de la silencieuse aux mains agiles. Loin des seuils séparant l’ombre de la lumière. Loin de la paix qui peut-être est l’autre nom de la mort.

     

    *

     

    L’exil a la couleur de l’encre, l’odeur du papier. Bâtons répétés obstinément, lignes de lettres et bientôt de mots, jetés d’une rive à l’autre, par-dessus l’absence .

     

    Tandis que la main s’enhardit, la toute-de-noire-vêtue décline.

     

    On ne saura rien du sang répandu qui a noyé son âme, de la boue des tranchées pétrifiée dans son corps, ensevelissant l’aimé, puis le frère trop jeune, puis les rêves.

     

    *

     

    Les mots ont des dorures de cétoine, des pigments de truite arc-en–ciel. Sous leurs masses immobiles vibre la vie, il suffit de les soulever, un à un, avec précaution, comme on lève les pierres au fond de la rivière pour voir apparaître ce qu’on ignorait.

     

    Les mots gonflent dans la gorge, là où d’anciennes morsures ont laissé leurs cicatrices.
    Les mots roulent comme des larmes sur la page.
    Les mots déferlent et courent sur le moindre brin d’herbe.
    Le monde est rempli de signes.

     

    Lire, écrire. Même emportement.
    Lire, écrire. Contre l’obscur.

     

    *

    Avec l’âpre espoir de passer le seuil sans baisser la tête.

     

    .

     

    FRANCOISE ASCAL

    http://remue.net/spip.php?article2517

    .

     

    MM

     


    0 0

    L’armoire s’ouvre,
    et la fenêtre à deux battants.

    Il entre dans la pièce
    un léger coulis d’air
    aux notes blanches,

    et la lavande dans l’armoire
    distribue ses parfums
    qui se laissent rejoindre
    par le parfum des fleurs
    et des plantes sauvages,
    dehors,

    tandis qu’à l’intérieur,
    les yeux de la solitude
    se laissent laver
    par tant d’accords.

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    michel charrier1,,

    Oeuvre Michel Charrier

     


    0 0
  • 04/11/14--13:03: GILLES BAUDRY...Extrait

  • Las, le temps réduit sa voilure
    et dans l’ostinato des vagues
    toute la mer se ride, mais
    que veut le vent, que veut le vent ?

     

    Clignotent, pianotent les étoiles
    le braille de nos insomnies
    sur un clavier pour quel nocturne, mais
    que nie la nuit, que nie la nuit ?

     

    La nuit est au bout de ses yeux
    et la forêt se cache
    derrière ses paupières, mais
    que sait la sève, que sait la sève ?
     

    Neige pétale par pétale,
    cloche s’embrume et s’enveloppe
    d’un linceul de silence, mais
    que tait la terre, que tait la terre ?

     

    La terre ? Cette part féminine de ce qui est devant nos yeux. Que tait cette terre là ? Nous voilà plongés en plein mystère. Et toute pensée en cette direction ne peut être qu’extérieure à ce que nous continuons à nommer « raison », un concept douteux.


    .


    GILLES BAUDRY

     

    .

     

    gilles2

     

     

     

     


    0 0
  • 04/11/14--14:36: SEUL UN CALICE
  • Seul un calice rempli de larmes
    a l’éloquence du discours
    quand il parle de la grandeur humaine.

     

    Qui donc encore a conscience
    de l'opulence indécente
    quand des enfants meurent de faim?

     

    Je sais que "beauté" est un mot païen
    qui se décline en cris de cœur.

     

    Je viens de la lumière intérieure du verbe et des choses.
    Je viens d’une lumière originelle
    que la matière cache
    à l’insignifiance de l’œil humain.

     

    Je viens de la lumière matrice
    qui articule l’atome pour donner la vie.
    Je viens d’un seigneur de sang lointain.
    Je viens de mes pères et du chemin.

     

    Je sais l’impertinence de la conscience
    dans un monde de calcul.
    Je sais l’indispensable mutation
    et le retour à la lumière.

     

    Je sais que la Beauté
    est toujours une prière.

     

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

     

    .

     

    LUMIERE


    0 0
  • 04/12/14--01:31: LA MAIN OUVERTE...
  • Je vis en état de provisoire permanent. Un merci sur les lèvres, j'avance où l'ombre s'étend, tenant par la main mon cortège de mots. Je suis parfois chemins étroits de musiques empruntées, pour les besoins de penser comme d'autre ceux de regarder, en fumées, partir leurs rêves. Les miens, je les plante et les arrose, pour qu'ils me donnent fruits bien murs, au matin lent de mes fatigues obscures. Je ne suis pas funambule, non, je tombe et me répand sur les pages en désordre. Je ne suis pas funambule, je vis la main ouverte, c'est tout, et c'est si peu !

     

    .

     

    XAVIER LAINE

     

    .

     

    MAIN2


    0 0

    Et pour s’en détacher
    nous aurons ensemencé cette terre de mots
    l’orage les emporte
    L’image tronquée du ciel
    les colore parfois – on dirait
    de grands jarres éclatées
    sous la poussée violente du désir
    d’accéder à la lumière

    Plus loin que la houle des oliviers
    bien plus loin que le gel
    comme un murmure incontrôlable
    ce front naissant de l’aube
    porteuse d’évidences

     

    .

     

    PIERRE-ALBERT JOURDAN

     

    .

     

    LE CHEMIN

     

     

     


    0 0
  • 04/13/14--08:48: FEDERICO GARCIA LORCA

  • Aujourd'hui tremble en mon coeur
    Un vague frisson d'étoiles
    Mais mon sentier s'évanouit
    Dans l'épaisseur du brouillard.
    Le jour m'a brisé les ailes,
    La douleur et le regret
    Ont baigné les souvenirs
    A la source de l'idée.
    Toutes les roses sont blanches
    Aussi blanches que ma peine ;
    Il n'y a que les roses blanches
    Car il a neigé sur elles
    Et l'arc-en-ciel s'est éteint.
    Il neige aussi sur nos âmes.
    La neige de l'âme a ses
    Flocons de baisers, d'images
    Qui s'enfouissent dans l'ombre
    Ou le jour de la pensée.
    La neige des roses glisse,
    Celle de l'âme demeure,
    Et la griffe des années
    La transforme en un linceul.
    Fondra-t-elle, cette neige,
    Quand la mort viendra nous prendre ?
    Connaîtrons-nous d'autres neiges,
    D'autres roses plus parfaites ?
    ...
    L'amour n'est-il qu'illusion ?
    Qui animera nos vies,
    Si la pénombre nous plonge
    Dans la véritable science
    Du Bien qui n'existe pas
    Peut-être, et du Mal tout proche ?
    ...
    Si l'azur n'est plus qu'un songe,
    Que sera donc l'innocence ?
     

    .

     

    FEDERICO GARCIA LORCA

     

    .

     

    LORCA

     


    0 0
  • 04/13/14--09:24: RETOUR A GRENADE

  • Reconstituer le puzzle du monde
    à flanc d'abîme sur le fil tendu à se rompre du rêve
    j'étais toujours ce solitaire égaré dans les foules
    car je n'ai jamais connu qu'une seule nécessité : l'amour

    A Marrakech j'ai vu la soldatesque du roi
    battre à coups de crosses une femme d'une beauté de jasmin
    Place Jemma el Fna j'attendais un signe du Destin
    j'entends encore des hurlements dans mon corps de prématuré

    L'aube aux reflets saumonés sur l'Hudson
    c'était en juillet 1995 avant que New-York ne s'effondre
    je portais le poignard de la poésie à ma ceinture
    J'entendais les chutes du temps rugir entre les buildings

    Je sais la lenteur voluptueuse de la lune au-dessus du Bosphore
    et ce fut pendant un couvre-feu aux environs de minuit
    que j'ai dansé un alphabet d'extase avec des derviches tourneurs
    dans un quartier en bois de cèdre d'Istambul près du vieux cimetière.

    Tant de nuits blanches à pister l'avenir à tête de cheval
    à confondre des fantômes imaginaires dans des villes dépossédées
    retour à Grenade pendant la semaine sainte et ses processions morbides
    où dans des bars clandestins j'ai fêté avec les gitans les ors et le feu de la vraie vie

     

    .

     

    ANDRE CHENET

     

    .

     

    George Owen Wynne Apperley7,,

     Oeuvre George Owen Wynne Apperley

     

     


    0 0
  • 04/13/14--11:00: NICOLE BARRIERE
  • Mon amant de silence

    Ma terre d'origine

    A l'instant fragile de l'entente

    Nos chants de retrouvailles

    Comme l'élixir de minuit

    Mon peuple d'étoiles en couleur graffiti

    Légende de pays, de siècles ou de visages

    Voyageur affectueux au goût d'orange mûre

    Tandis que la comète bascule dans le vide

    J'ai la mémoire peu fiable, la gerçure des ténèbres

    des fleurs de transe imaginaires

    L'absence balafrée de fils farouches

    Feu sauvage dune fugue à deux voix

    Inventaire en débat de la vie

    Cosmos laïc d'Isis et Cassiopée

    Rêve païen de l'ange rebelle

    Au logis inconscient des paraboles

    La belle aux couleurs de l'abandon

    La mémoire mêlée aux éphémérides

    Itinéraires d'extase - Itinéraires d'oubli

    La poésie secrète des tamaris

    Matière première dansant dans l'interdit

    Transparente envolée du rêve aux frontières de miroirs

    Mon amant de silence, ma terre d'origine

    Mon peuple d'étoiles

    Feu sauvage aux couleurs poésie

    Ton silence a ouvert les pans de solitude

    Les pas dans la forêt ont effacé le jour

    J'ai mis dans la douceur de tes mains

    Le miroir

    Qui, sans reflet, sans tain

    Des risques de brûlures

    Épanouit dans l'air

    Un pétale d'amour

    La solitude est douce

    Dans ce satin de rose

    Dans le mouvement immobile arrêté

    tu pars à la rencontre

    A mesure que dépose

    Le chagrin de ton coeur

    Aux dérives, blessé

    Je n'attends, ni ne meurs

    De cette solitude

    Agrandie et sereine et pourtant dépassée

    Je retourne à la vie

    Aux chemins détournés

    Et si l'amour ne veut

    Que miroir se brise

    Dans les passages ouverts

    Les sentes entrelacées

    Tu gardes le mystère

    Des rêve où ne s'épuisent

    Les accords de nos coeurs

    Sur ces chemins croisés.

     

    .

     

    NICOLE BARRIERE

     

    .

     

    Rima Salamoun 2,,

    Oeuvre Rima Salamoun

     

     


    0 0
  • 04/14/14--06:58: EN PELOTE...
  • A penser et repenser on met en pelotes nos pensées, une pelote pour papa, une pelote pour maman, et d'autres pour le reste du monde. Quand l'une d'entre elles  se déroule,  c'est la vie, jalonnée de faits divers qui surgit en accéléré, et sur le fil qui défile , le passé accroché ne laisse pas de répit. Cela grouille de souvenirs. L'accumulation bouscule l'ordre chronologique, la pelote s'emmêle et les noeuds se multiplient; on perd le fil et la boule aussi, et pour les retrouver, on continue à réfléchir... On défait plus qu'on ne refait l'histoire, on met nos nerfs en pelote...Ce grand désordre intellectuel dérange. Pour finir, on jette les pelotes à pensées dans un  panier; une pause devient nécessaire ...Et là un chat déboule... Infernale imaginaire !

     

    .

     

    JOSIANE

     

    .

     

    CHAT,,


    0 0

    le torrent roule ses eaux lourdes
    les fusils claquent dans le soleil

     

    j’invente sous la treille
    la fraîcheur de l’aube
    le conte blême de la lune

     

    la tour là-bas
    la tour de la mère tutélaire
    me tient serrée dans ses entrailles

     

    — depuis quand et toujours —

     

    [un chien jappe qui jamais ne cesse
    emplit le vallon de sa gouaille
    les châtaignes boguent dans la mousse]

     

    l’hiver est en suspens        à la lisière

     

    l’avant-naître et l’après

     

    même solitude même silence      lent
    je cherche l’instant pérenne
    qui me détache du passé      du futur
    équilibre d’absence sur le fil

     

    dans la tiédeur du jour
    le vrillement incessant des insectes
    je guette les signes avant-coureurs

     

    de l’autre saison

     

    [les coupes sourdes dans le maquis
    les rondins abandonnés
    à la clairière neuve
    l’odeur de bûche fraîche
    le grelot qui rythme les heures
    les trouées de trilles dans les chênes
    les froissements d’ailes
    qui brouillonnent les feuilles]

     

    la terre remuée s’évade
    odeurs d’urine et de moisi

     

    la mer plus proche
    mer montgolfière
    dure et sereine
    monte à l’assaut du ciel

     

    Immobilité du matin.

     

    Le plumbago est en fleur       [Bleu du Cap]
    malgré cette douceur
    une brume blanche enveloppe

     

    — ouate village
    ouate clocher
    ouate collines —


     

    englouti enseveli
    plus rien n’existe
    ni présent ni passé
    demain avalé
    oubliée
    la dentelaire douce

     

    un petit vent frissonne frais
    secoue l’eucalyptus
    la mer mugit en contrebas

     

    — happée —

     

    surgit par trouées grises
    griffonnées de crêtes blanches

     

    [chaussures de montagne
    bonnet de laine brune sur les oreilles
    coupe-vent rouge
    gants vert amande blonde]

     

    tout en marchant (je) dévie
    ma route (je) dérive
    jusqu’aux confins de la Nouvelle Zemble

     

    — nouvelle jusqu’à ce jour
    (j’) en ignorais l’existence et le nom —

     

    quelle carte pour dire
    de quel Nord il s’agit
    du petit qui n’existe pas ou du Grand ?

     

    tout en marchant (je) rêve
    aux brouillards de Barents
    à cette île noyée — passage du Nord-Est —
    qui depuis des jours vacille
    toujours son nom échappe
    entre un [k] … et un [v]
    le tréma et l’arrondi d’un [o]
    placés dans le désordre

     

    qui pourrait le croire
    un brouillard fibreux d’étoupe dense
    engloutit montagne et crêtes
    le village et ses piani
    ses murets ses chapelles
    le lampadaire bourgeois
    au-dessus de la route

     

    les chèvres surgissent au détour
    une par une sonnailles au cou
    le mugissement des vagues tout proche
    le gros du troupeau se resserre [flanc à flanc]
    les échancrures de chair brune retroussées
    fièrement dans la broussaille de la laine

     

    (je) sens le chuintement des roches
    une goutte puis une autre
    les oasis minuscules dans les replis
    Utah miniatures forgés
    à même les schistes verts
    superpositions de strates
    feuilletés de pâte fine

     

    ça gargouille ça pleut
    ça frissonne ça sommeille
    ça s’écaille ça se délite


     

    menues trouées de nacre
    qui s’effrite sous le graphite

     

    les nuages se lèvent
    la mer se libère      de son poids de brume
    les gris du ciel se diluent      acier de l’horizon
    le maquis s’enracine
    la nature s’ébruite

     

    dans le recueilli de son silence

     

    — et toi en ton centre
    tu dis que cela est bien

     

    crottes
    serrées menu le long du talus
    (ma) vie entière
    dans ces déjections d’olives noires
    petites niçoises fripées

     

    dans le redoux du jour.

     

    .

     

    ANGELE PAOLI

    Sur http://www.terreaciel.net/Angele-Paoli#.U0wyOlfkJcp

     

    .

     

     

    chevres2,,

     

     


    0 0
  • 04/14/14--14:21: LABYRINTHES...Extrait
  • Quand elle eut relevé le front et tourné de nouveau ses yeux vers moi, elle recommença à me regarder. Je me tus encore et l’examinai trait à trait. Soudain, je me mis à penser à l’Inconnue. L’image d’Elisabeth et l’image de l’Inconnue se superposèrent. L’Inconnue était celle dont le corps se pare de toutes les perfections et l’âme de toutes les séductions. L’Inconnue peut toujours être comparée au ciel supérieur et immobile au-dessus des étoiles visibles : rien ne peut mettre une borne à l’imagination. L’Inconnue avait peut-être les yeux langoureux de Karin, mais le corps le plus parfait. Elle possédait, sans doute, cette pudeur sans laquelle il n’est pas de féminité accomplie et qui est une draperie vivante autour du corps de celle qu’on aime, l’éclat autour de la perle elle-même. Quel est l’homme qui ne préfère l’Inconnue aux plus belles femmes poursuivies par les hommes ? Le mathématicien ne poursuit-il pas une Inconnue à la pureté parfaite, précise et déliée, dont la ligne s’apparente moins aux peintures qu’à ces marbres nets qui ne sont qu’un frisson de l’esprit ? L’aéronaute, plus sensuel, ne s’élevait-il pas vers le ciel, en 1830, avec cette volupté qu’éprouve la main qui va caresser : et lui ne caressait-il pas une femme d’azur dont il ne savait pas les traits, mais qui était peut-être la Cielleéternelle de Vausard ? Le physicien ne poursuit-il pas une Inconnue dont il sait le grain de la peau, d’une peau qui l’affole à force de ne lui montrer qu’une petite partie d’elle-même et de se refuser au moment où il va l’atteindre ? Son Inconnue n’est-elle pas capricieuse, inconstante et joueuse ? Le métaphysicien n’aime-t-il pas ce qu’il devine derrière des voiles divins ? Moins ardent que les autres, il est plus contemplatif : la pudeur du corps qui se dérobe le rassasie presque autant que le corps lui-même.

    .

     

    .

    .

     

    LOUIS-PAUL GUIGUES

    .

     

     

    .

     

     

     

    inconnue

     

     

     

     

     


older | 1 | .... | 27 | 28 | (Page 29) | 30 | 31 | .... | 183 | newer