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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 05/08/14--02:09: HOMMAGE A LA VIE...

  • C’est beau d’avoir élu

    Domicile vivant

    Et de loger le temps

    Dans un coeur continu,

    Et d’avoir vu ses mains

    Se poser sur le monde

    Comme sur une pomme

    Dans un petit jardin,

    D’avoir aimé la terre,

    La lune et le soleil,

    Comme des familiers

    Qui n’ont pas leurs pareils,

    Et d’avoir confié

    Le monde à sa mémoire

    Comme un clair cavalier

    A sa monture noire,

    D’avoir donné visage

    A ces mots: femme, enfants,

    Et servi de rivage

    A d’errants continents,

    Et d’avoir atteint l’âme

    A petits coups de rame

    Pour ne l’effaroucher

    D’une brusque approchée.

    C’est beau d’avoir connu

    L’ombre sous le feuillage

    Et d’avoir senti l’âge

    Ramper sur le corps nu,

    Accompagné la peine

    Du sang noir dans nos veines

    Et doré son silence

    De l’étoile Patience,

    Et d’avoir tous ces mots

    Qui bougent dans la tête,

    De choisir les moins beaux

    Pour leur faire un peu fête,

    D’avoir senti la vie

    Hâtive et mal aimée,

    De l’avoir enfermée

    Dans cette poésie.

     

    .

     

    JULES SUPERVIELLE

     

    .

     

    RODIN,,,

    Oeuvre Auguste Rodin

     

     

     


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  • 05/08/14--09:24: HISTOIRES DE SOIFS...Extrait
  • Un peu de pierre

    dans nos regards.

     

     

    Je t'ai rêvée

    depuis l'écorce de tes racines.

     

    Eteins cette page d'oubli,

    traduis plus bas tes mots

    dans l'autre langue

    où tout sera redit

    le dit et le non-dit.

     

    Et qu'on répète pourtoi

    les mots de feu

    qui nous ont traversés.

     

    Avec la soif du vide

     

    ....

     

     

    Faisons silence

    dans les mots fous

    que le labour des pierres

    a écorchés.

     

    Les chants du jour

    se sont éteints

    au vent des petits riens.

     

    Comme un fruit mûr

    dand l'insomnie

    d'un arbre épuisé.

     

    Et ton regard me tient

    dans sa lumière

    dans son frisson

     

    Retrouve ton arbre

    pour bâtir

    l'espace des souffles ravagés.

     

    .

     

    EMILE HEMMEN

     

    .

     

    rodin-le-jardin

    Oeuvre Auguste Rodin

     

     

     

     

     


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    Il m' a toujours été difficile de définir, de décrire la sobriété telle que je la ressens depuis de nombreuses années. En faire une option de vie est déjà beaucoup, mais cela est loin d'en révéler la subtilité. Elle peut être considérée comme une posture délibérée pour protester contre la société de surconsommation ; c'est dans ce cas une forme de résistance déclarée à la consommation outrancière. Elle peut être justifiée par le besoin de contribuer à l'équité, dans un monde où surabondance et misère cohabitent. Le monde religieux en a fait une vertu, une ascèse. En réalité, c'est un peu tout cela, mais plus que cela .

     

    ...

     

    Comment pour tout dire, ne pas douter d'une civilisation qui a fait de la cravate le noeud coulant symbolique de la strangulation quotidienne ? Cet ornement ne serait-il pas en fait une laisse tenue par la fameuse  " main invisible ", qui procure une sensation de libération lorsqu'elle est reléguée à la fin d'une journée dont elle a marqué la rigueur laborieuse ?

    De même, la sémantique révèle bien des vérités cachées: que penser des expressions comme matériel humain, compression de personnel, ressources humaines, statut, cadre ? Toutes ces observations ne sont-elles pas révélatrices d'une vérité fondamentale, à savoir le caractère dérisoire de cet être humain pris dans la société de l'argent-finance, une fois intégré un système de valeurs fondé sur l'excellence, la compétitivité, et ce,dès la phase d'apprentissage de la vie, et promouvant toutes les vanités attachées à la réussite sociale ? Celle-ci n'est pourtant pas garante d'une vie pleinement réussie

    ...

    En même temps que le réenchantement du monde que nous aurons à accomplir, la beautéétant à l'évidence une nourriture immatérielle absolument indispensable à notre évolution vers un humanisme authentique, nous devons également et impérativement trouver une façon juste d'habiter la planète et d'y inscrire notre destin d'une manière satisfaisante pour le cœur, l'esprit et l'intelligence. J'entends par beauté celle qui s'épanouit en générosité, équité et respect. Celle là seule est capable de changer le monde, car elle est plus puissantes que toutes les beautés créées de la main de l'homme, qui, pour foisonnantes qu'elles soient, n'ont pas sauvé le monde et ne le sauveront jamais. En réalité, il y va de notre survie. Le choix d'un art de vivre fondé sur l'autolimitation individuelle et collective est des plus déterminants; cela est une évidence.

    .

     

    PIERRE RABHI

     

    .

    RABHI2,,

     

     

     

     


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  • 05/08/14--11:39: JEAN DIHARCE
  • et la femme en trois temps défaisait son histoire
    de l'enfance
    il n'y avait que les blessures faites
    quelques rires égarés et le poids des mémoires
    de l'amour
    toutes les trahisons et les insuffisances
    quelques instant superbes tout aussitôt passés
    de la mort
    le regard impavide sur les chemins ratés
    quelques idées intimes d'avoir vécu pour rien

     

    .



    JEAN DIHARCE

     

    .

     

    Nathan Wirth,,

    Photographie Nathan Wirth

     

     


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  • 05/09/14--10:05: LES VRAIES RICHESSES....
  • Merci à Nedjma

     

    "Ai-je trouvé la joie? Non. Ce qu'on a appelé pessimisme dans mon livre n'est que franchise.
    J'ai trouvé ma joie. Et c'est terriblement autre chose. Mêlé au magma panique ( et encore plus intimement que ce que j'ai pu le dire ) j'ai participéà toutes les vies. Je me suis véritablement senti sans frontières. Je suis mélangé d'arbres, de bêtes et d'éléments ; et les arbres qui m'entourent sont faits de moi-même autant que d'eux -mêmes. J'ai trouvé pour moi une joie corporelle et spirituelle immense. Tout me porte, tout me soutient, tout m'entraîne ; les fleurs du printemps entrent en moi avec de longues racines blanches pleines de jus sucré ; les odeurs me sont d'une exquise solidité.
    Les orages, le vent, la pluie, les ciels parcourus de nuages éblouissants, je n'en jouis plus comme un homme, mais je suis l'orage, le vent, la pluie, le ciel, et je jouis du monde avec leur sensualité monstrueuse. Et je peux affirmer, contrairement à ce qu'on dit, que la matière ne désespère pas. Elle ne promet rien, elle affirme. Elle ne nous fera pas peindre sur les murs l'aile douce des anges annonciateurs, ni le visage enfantin de la Vierge, ni l'enfant qu'elle porte dans ses bras, maintenant sorti d'elle mais toujours dévorant, planté dans elle comme une touffe de gui dans l'yeuse.
    Elle ne nous cache pas la mort par des murmures de génie, elle nous la présente à tous les pas, elle nous l'offre, elle nous en caresse, elle en fait, non plus une injustice, mais une justice, une sorte de connaissance totale. Quand on participe profondément aux joies du monde, on attend cette connaissance totale avec joie, on accepte de voir ceux qu'on aime poursuivre ainsi leurs destinées. Les lois de la matière nous obligent à l'espoir.

    ...

    Mais la joie panique, il est impossible de la garder pour soi-même. Elle nous est donnée par toute l'épaisseur de la vie. Celui qui l'a, s'il ne la partage pas, ne fait que la toucher et la perdre."

     

    .

     

    JEAN GIONO

     

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    koday-laszlo-white-cats

    Oeuvre Koday Laszlo

     

     


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  • 05/09/14--11:40: JOEL GRENIER...Extrait
  • Foutue horloge qui brise le rêve et le laisse s'enfuir les pieds nus. Et je reste accrochéà un morceau de noir pour faire le conte de ma solitude.
    Les aiguilles du cadran persistent à tricoter le temps qui dévale les marches. Le bruit de tes pas résonnent encore dans l'escalier.
    Et moi, je déraisonne à te savoir princesse sans souliers.
    Les fées ne sont pas si belles quand elles abrègent les histoires et laissent aux plumes de la nuit le soin de les finir sur le bout d'un ruban délacé.
    Et j'écris un poème. Les vers sont mal faits. Il y a des pieds en trop.



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    JOËL GRENIER

     

    .

     

    PIEDS


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  • 05/09/14--12:38: ICONOSTASE...Extrait
  • Lumière de loin.

    Je voudrais t'insuffler la fraîcheur

    capillaire par capillaire que t'enfantent le glissement de l'air

    et le resserrement des papilles te faire des mots verts

    au matin des mots que tu aies envie de toucher de broyer t'écrire avec les ongles dans l'âge paresseux

    des roches dans les yeux — te convaincre de la terre.



    La mer

    le soir

    les corps

    parois intérieures du toucher

    cueillir au ventre crépi d'oiseaux

    le ressac déroulé et le même point bref

    goût d'amandes vertes

    et tabac amer.



    Lèvres blessées de brûlures plus longues que le jour —

    ce picotement et ce fin bruit

    de mailles claquées dans l'air vertical.

    Herbes à peine

    et l'œil patient de poissons voraces

    dans la boue sombre des fonds.



    Clairière de forces au soir sans arbres

    la sévérité du continu.

    Seulement la marche, ces camps fugitifs

    d'une image à même la pierre.

    La chute de l'ange dans le feu

    la flamme à l'orée des corps

    celle de mes doigts dans la rigueur des failles

    grande feuille du jour

    fossile de nuit.



    Ces métaux que je courbe dans ma voix pour que tu existes dans le noir.
    J'ai vidé la nuit de sa brillante pacotille et j'entends la foulée qui ouvre encore tout un poumon dans les pierres —



    Il arrivait qu'on posât un visage

    aux confins de nos marches

    pour l'endormir.

    Dors sous la peau encore tiède

    dors sous la voûte des oiseaux sans toit

    tout le long des corps

    à joindre à désunir

    nous avions des mouvements de mer

    et rompus de soif.



    Ayant perdu brusquement nos ancêtres leur crâne qu'on porte et où l'on s'endort les os fumants autour des visages dans l'odeur vieillie d'encens et de pain sous la chaux brûlante des cellules monacales nos mains défaisaient le noir et les mots rendus à la seule clarté du corps.



    Lumière de doigts à l'approche des visages

    connais-tu la forêt
    Khmer ?

    Je ne voyais pas les arbres

    resserrement au cœur de la pierre

    d'une profondeur de plus.

    Migration de meubles de murs et de steppes

    puis l'insupportable précision

    d'arrêts de places de maisons.



    Oratoire dans la pierre lentement refroidie.

    Dans le blanc de nos yeux la chambre noire

    de toute sa chimie mordant les visages

    si long fut le jour

    de vents crayeux et d'ossements

    la nuit tant de fois rompue

    de gestes brefs qui se décolorent —



    L'extrême patience qui nous lime.

    Le pain d'un jour et l'eau mesurée

    la démesure de nous taire

    et parmi tant de blanc

    trouver à tâtons

    les chemins étroits de nos veines.



    Voici des mains

    pose-les dans une brève secousse de ton corps

    avec un pot de basilic

    et l'espace fouillé d'oiseaux

    quand l'aube sur nos corps mouillés

    les doigts sentent l'origan.



    J'ai seulement des choses très simples

    le soleil s'est découpé peu à peu comme

    ma mère découpait le pain

    nous mettons la soupe sur la table

    (ces choses au-dehors qui tombent lentement,

    le jasmin, la neige, l'enfance)

    goût de piments rouges et de dents heureuses

    nos corps nous tiennent encore chaud quelque temps

    dans l'âge avancé de la nuit.



    Quels étranges paysages fait ta voix

    brodée dans les chambres je ne sais plus

    quelles chambres j'y promène des théières

    et des branches d'arbres déshabillées

    le thé fume ou peut-être le jardin

    peut-être aussi le fond des icônes

    la légèreté des choses perçue à l'oreille

    la peau se plisse par endroits

    la porcelaine de la tasse se refroidit

    on attend

    les fenêtres deviennent couleur aubergine

    puis referment la nuit



    le large est entré dans la chambre nocturne où un geste ou deux ont aimé la lumière — les corps se dressent dans la clarté invisible des hanches nues et des syllabes d'eau longues et brèves des bouches qui se penchent bruit de verre échoué sur les fonds —



    mais comment dire l'amour

    le désastre et le commencement

    le temps courbé sous la veille infinie

    et les débris de plâtre

    incrustés sous la peau —



    le soir encore ce clair de pierres une vie qui monte de nulle part à jamais forêt de mains et tâtonnements dans l'enclos nous entrons en nuit vêtus de nos os —

     

    .

     

    LORAND GASPAR

     

    .

     

    RODIN5,,

    Oeuvre Auguste Rodin


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  • 05/09/14--13:12: GISEMENTS...Extrait
  • Je savais que n’importe comment
    nos mains allaient se défaire
    les jours se dissoudre le long des nuits
    et les étoiles s’étendre au-delà
    de nos pâturages de lumière.
    Derrière nos yeux
    l’étonnant silence
    de l’incommencé.
    .
    .
    .
     
    LORAND GASPAR
    .
    .
    .

    GASPAR

     


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    (Récit en rêve)

     

    — J’entends tinter le seau en fer contre le puits. Tu rêves de transparence jusqu’au transvisible. Le tigre de l’œil carbonise l’Outrepassant. — Tout l’or de l’ouvert fond dans la voyance. — Ma parole caresse tes lèvres de ses yeux doux. Ses doigts les touchent, — les dessinent — et les entrouvrent. — Tes lèvres et leur énigme d’improbable.

     

    Ma parole pose sa main sur ton visage et elle enfonce son majeur dans ta bouche, jusqu’au cœur de ta vision de rose et de corne. Or, l’éclat de tes dents dans la pénombre brille. — La blancheur de ton cou fait chavirer mes yeux. — Et dès lors, ton sexe de rosée, s’ouvre à la langue.

     

    Puis ton long cou balance l’ovale de ton visage. — Tu bois à en mourir son lait d’extase. — Jusqu’aux conflagrations dans la contemplation. — Yeux ouverts. — Yeux fermés. Midi sonne ! Fulgurant. — Les cloches dans l’air cognent à toute volée, font vibrer l’espace et les corps. — Dans ton ventre ma parole franchit le mur du son.

     

    De grâce ! dis-tu. — Mes forces me quittent... L’œil transfigurééclate d’images nouvelles. Tête hors du temps. — Et renversée sur le côté. Cheveux épars, tirés. Mouillés. — Défaits. Mêlés. Tes lèvres irisées. — Consumées. — Refermées.
    — Et, ton corps de marbre, — sphinx est devenu.

     

     

    .

     

    SERGE VENTURINI

     

    .

     

    rose4,,

    Ceci est une fleur de rose...

     

     

     

     


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    Nos rivières ont pris feu !

    Un oiseau parfois lisse la lumière -*

    ici il fait tard

    Nous irons par l'autre bout des choses

    explorer la face claire de la nuit —



    je connais des matins fous d'étendue

    de désert et de mer —

    mouvoir qui refond les visages

    remploie ses traces.

    Monastère de vie de flamme pulmonaire

    dans l'épaisseur fumante de midi —

    nous enseignons aux algues, aux poissons

    la couleur de l'air et l'histoire de l'homme

    pour les faire rire au soir dans l'encre opaque

    des poulpes effrayés



    ce matin qui vient se poser .si frais dans tes yeux

    tout pleins encore de fragiles porcelaines

    le jour poreux

    son long baiser de laine

    tout ce corps resté pour nuit quelque part



    La lumière joue dans des corps étroits d'oiseaux de brefs mouvements d'air où les sons se plissent et découvrent la peau les yeux des femmes

    des hommes lourds de trépas, de sommeil, la nuit voûtée dans le dos regardent ces mailles sur l'eau qu'un rien déchire et là-bas sans doute des vitres en feu —



    blanches parois d'oiseaux reposés fossiles au hasard dans les couches du jour eaux peintes de nos passages les fonds tremblent encore —

    balancements d'ailes

    gouffres rapides sous la peau

    on se penche sur des plages fumantes

    les joues brûlées



    nappes tendres d'acier gris

    nos mains émondées sur les pentes

    de cette lumière —

    et nos doigts rient

    de roues immenses légères

    dans la maison plus intérieure de la vie

    où quelqu'un vient

    acier

    silence

    replis.



    Les sons bullent dans les dalles de lumière.
    Tu t'es fait nuit blanche dans le blanc qui perce le tulle de nos bruits.
    Surfaces distances dévotions les jours s'effritent dans l'arène et le regard et la danse —



    Je t'ai bâti de crissements et de cris exhumé puis lentement de nouveau enseveli.

    Lenteur aveuglante

    du minéral à la mer

    de longs voyages troués dans le temps

    se retrouver dans une plante, un cilié

    la fraîcheur de ses nuits

    toutes portes où l'on se trouve et s'abandonne.



    Comme les regards étonnés

    d'être morts

    comme s'arrachent

    les oiseaux ivres leurs plumes

    nos gestes étaient trop clairs

    pour ne pas surprendre

    leur pesant d'ombre.



    Si loin que le sourire ne sait les paupières.
    Tiré des cris longs d'oiseaux en vol la lettre fluide des choses sans mémoire le jour brûlé il arrive qu'on oublie les paroles.



    Là-bas au bout du monde

    là-bas les soleils

    la bouche enflée de nuits

    là-bas les horizons

    la soie sauvage du désir

    monde grave

    où rien n'est insulté ni laid

    le couteau tombe

    le jour marche sur les plafonds

    dans ses entrailles cuivrées.



    Le port est repeint de noir

    il y a deux ou trois bateaux très blancs

    où manque la nuit —

    fenêtres où rêvent

    des îles enfouies dans les yeux.

    O tant de nuit mangée à blanc

    nous avions aussi un destin de fenêtre

    où quelqu'un a crié de joie —

    le silence le port au soir

    deux ou trois bateaux très blancs

    où manque la nuit —



    je voulais qu'on m'aime — mendiant exact aux fêtes de lumière usé de gris et de blasphèmes.
    Il me reste de cette chair les arêtes de tant d'élancements —



    maintenant le jour les yeux nus

    et quelqu'un a repeint mon plafond de choses et déjà je n'y vois plus —



    il pleut dans le soleil

    les arbres et les maisons sont plus graves

    par la terre plus lourde je sais où tu es

    quand se vident les yeux

    et l'on voit l'espace à travers.

     

    .

     

    LORAND GASPAR

     

    .

     

    OISEAU1

     

     


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  • 05/10/14--06:12: PIERRES...Extrait
  • " La mer, l’inlassable goutte d’eau, le vent, qui peuvent attendre, qui
    ne sont pas comme l’homme contraints de se hâter, assurent aux corps
    qu’ils caressent et qu’ils usent, le profil le plus pur, le plus pauvre aussi, mais
    le seul véritablement nécessaire. Dans ce long acquiescement, dans cette
    ultime misère, se dissimule assurément une des formes concevables de la perfection..."

     

    .

     

    ROGER CAILLOIS

     

    .

    pierres et mer

     

     


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  • 05/10/14--06:21: LES DIEUX SONT FATIGUES
  • il n'y a que la mort qui soit définitive
    une dalle de pierre
    au dédale des mots
    d'un doigt distrait
    tu traceras quelques lignes de cendres
    des signes de regret
    un peu comme un adieu
    il eut fallu
    sans doute
    les envoyer au diable
    les dieux sont fatigués

    .

     

    JEAN DIHARCE

     

    .

     

    abstrait-nuages​2

     


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  • 05/10/14--07:07: LUC-ANDRE REY

  • " Où regardes-tu grand-papa ? "
    " Je regarde vers la fin."
    " Et que vois-tu ? "
    " Rien. "
    " Il n’y a rien ? C’est triste. "
    " Il n’y a rien que je puisse voir."
    " Je peux regarder moi aussi ? "
    " Non moustique. Regarde autour de toi, ce qui t’entoure. Les paysages, les visages.
    C’est peut-être là, pour longtemps, la fin.
    L’autre, celle où tout de ce que nous avons vu se concentre peut-être, il sera bien assez tôt d’y laisser le regard. Un regard calme, sans peur. D'avoir su regarder tout ce qui nous entourait. "

    .

     

    LUC-ANDRE REY

     

    .

     

    ENF

     

     

     

     


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  • 05/10/14--13:22: IL N'Y A PAS D'OUBLI
  • si nous surgissons de la pierre
    c'est parce que nos sommes blessés
    et, blessures, nous apostrophons nous clamons
    la rage renouvelle un air pur dans nos poumons
    déchirés par les fouets des silences

    si nous surgissons de la vigne et du tronc
    c'est pour réclamer oui réclamer
    Chaque lèvre chaque goutte de sang chaque tempe
    est un brûlant un implacable cahier de revendications
    où chaque mot éclaire comme une paume laborieuse

    si nous surgissons de l'étoile mouillée de la ruine sèche
    c'est pour combattre oui pour combattre
    quand une terre pauvre coule de nos voix rauques
    comme des yeux de camarades enterrés avant l'aube
    Il n'y a pas d'oubli Mistral et Tramontane content les feux
    la cigale incendiée pond ses oeufs dans la plus proche plaie

    si nous surgissons comme surgit un peuple jaune
    comme surgit un indien au sommet de la statue de la liberté
    criant les noms des tribus psalmodiant les vols et les tueries
    comme a surgi il y a plus de trente ans le cuivre rouge des asturies
    devant les beaux quartiers enrubannés de cantiques et de castagnettes

    comme a surgi toujours et partout la hache d'espoir à la face des bourreaux
    comme surgit aujourd'hui ce pays de mains simples et d'habits solaires
    si nous surgissons dans les villes au coeur des labours dans les ruées vigoureuses des raisins
    avec la bouche pleine de mots éternels qu'on dit hors saisons
    avec la bouche pleine de mots qui sont des vérités des faucilles des larmes des faims vécues des hontes mémorables

    c'est pour bâtir seulement bâtir avec
    la pierre et les chants
    sans oublier la patience et l'humilité
    l'amour qui féconde mille visages le temps d'un bond d'abeille
    le droit à la feuille de décider sa trajectoire de chute vers le centre de la Mère..

     

    .

     

    ANDRE LAUDE

     

    .

     

    LES-DISPARUS-DE-FORT-

    Oeuvre Gérald Bloncourt

    bloncourt.over-blog.net

     


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  • 05/12/14--15:57: CHANTS DE PRINTEMPS I ET II
  • Des chants d’oiseaux montent lavés dans le ciel primitif
    L’odeur verte de l’herbe monte, Avril !
    J’entends le souffle de l’aurore émouvant les nuages
         blancs de mes rideaux
    J’entends la chanson du soleil sur mes volets mélo-
         dieux
    Je sens comme une haleine et le souvenir de Naëtt sur
         ma nuque nue qui s’émeut
    Et mon sang complice malgré moi chuchote dans mes
         veines.
    C’est toi mon amie – Ô ! Ecoute les souffles déjà chauds
         dans l’avril d’un autre continent
    Oh ! écoute quand glissent glacées d’azur les ailes des
         hirondelles migratrices
    Ecoute le bruissement blanc et noir des cigognes à
         l’extrême de leurs voiles déployées
    Ecoute le message du printemps d’un autre âge d’un
         autre continent
    Ecoute le message de l’Afrique lointaine et le chant de
         ton sang !
    J’écoute la sève d’avril qui dans tes veines chante.

     

    (…)

     

    Je t’ai dit ;
    -   Ecoute le silence sous les colères flamboyantes
    La voix de l’Afrique planant au-dessus de la rage des
        canons longs
    La voix de ton coeur de ton sang, écoute-la sous le
        délire de ta tête de tes cris.
    Est-ce sa faute si Dieu lui a demandé les prémices de
       ses  moissons
    Les plus beaux épis et les plus beaux corps élus patiem-
        ment parmi mille peuples ?
    Est-ce sa faute si Dieu fait de ses fils les verges à
        châtier la superbe des nations ?
    Ecoute sa voix bleue dans l’air lavé de haine, vois le
        sacrificateur verser les libations au pied du tumulus.
    Elle proclame le grand émoi qui fait trembler les corps
        aux souffles chauds d’Avril
    Elle proclame l’attente amoureuse du renouveau dans
        la fièvre de ce printemps
    La vie qui fait vagir deux enfants nouveau-nés au bord
        d’un tombeau cave.
    Elle dit ton baiser plus fort que la haine et la mort.
    Je vois au fond de tes yeux troubles la lumière étale
        de l’Eté
    Je respire entre tes collines l’ivresse douce des mois-
        sons.
    Ah ! cette rosée de lumière aux ailes frémissantes de
        tes narines !
    Et ta bouche est comme un bourgeon qui se gonfle au
        soleil
    Et comme une rose couleur de vin vieux qui va s’épa-
        nouir au chant de tes lèvres.
    Ecoute le message, mon amie sombre au talon rose.
    J’entends ton coeur d’ambre qui germe dans le silence
        et le Printemps.

     

    .

     

    LEOPOLD SEDAR SENGHOR

     

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    tenture sénoufo2

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Monsieur JEAN-PIERRE PINON, préparateur Physique, conseiller en Nutrition Sportive de son état,  se revendiquant du front de gauche, ne cesse depuis des mois de piller mon blog et de s'approprier mon travail de recherche poétique...Il ne prend même pas pas la peine de changer MES photos, sans faire le moindre lien avec mon blog...C'est absolument scandaleux...Il y a quelques mois,
    je lui ai demandé de cesser, ou du moins - puisque les poèmes ne m'appartiennent pas - de ne pas se servir des photos....Mais monsieur JEAN-PIERRE PINON n'a aucun scrupules...!!!! C'est facilement vérifiable...
    De plus , il ne cesse de se faire encenser pour le choix des poésies...C'est vraiment indigne, tout le contraire d'un honnête homme....C'est vulgairement " UN TAXEUR " de bas étage...!!!!Je me répète, mais que les choses soient claires....Les textes ne m'appartiennent pas, mais beaucoup de photos oui...de plus illustrer des poèmes n'est pas chose aisée...Pour lui tout le travail est fait....et il s'enorgueillit de ce travail qui prend beaucoup de temps et d'amour....Gonflé le monsieur !!!! Si vous souffrez de mégalomanie monsieur JEAN-PIERRE PINON  - comme me l'on suggéré des personnes qui vous ont " pratiqué" - présentez-vous à la présidentielle...Cela restera dans vos cordes.....! Bien que.....

     

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    pinon1

    Gonflé Le monsieur...!!! Culturiste oui, mais certainement pas cultivé....

    Qui plus est sans les valeurs humaines qu'il prône....


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    Conférerions-nous au hasard  uniment
    D'advenir  Là ailleurs  Mais pourquoi
    Maintenant  plus tard  il y a déjà mille ans
    Fruit du bien  Serres impitoyables
    Aux ordres du mal et de la fatalité aveugle 
    Sans poser de questions  sans faillir dès lors
    Qu'il ne fît aucun doute d'éclore pour faner
    Après avoir puisé l'eau d'un puits sans fond
    Telles sont les seules vérités que la nuit sème
    Et dont tout un chacun exhorte les menées
    De la Providence  du destin  du sort implacable
    Indéfiniment décliné qui fauche et qui broie

     

    Alors  de l'intervalle  du rayonnement obstiné 
    D'une fleur qui palpite  aux senteurs revigorantes
    Sous la caressante ramée  Et la brise ravive
    Tendrement le bouquet  Délicieuse sapidité
    Au toucher du regard qui métamorphose
    Nouant étrangement le lien inaltérable et profus
    Des plus simples choses  Humble harmonie
    Quand une vie suffirait à embrasser la multitude
    A s'émerveiller aux champs prodigues des saisons

     

    Mais de l'unique  de l'étincelle  de l'invisible
    Qui eussent comme l'éclair tout embrasé
    De la céleste alchimie  de l'Univers  du souffle
    Qu'en est-il vraiment  A quoi  à qui attribuer
    Pareilles clartés  A la transmutation d'un reflet
    Peut-être  Qui saura ou seulement le pressentirait
    Au-delà du temps de l'imaginaire  de la matière
    Vers les paradigmes insignes qui les animent
    Et dont il nous plaît d'en cerner les linéaments purs 

     

    Quelle tutelle préside et commande à l'issue de l'être
    Un pétale de rose  une silhouette  un parfum  un accord
    Suffisent à rouvrir le grand livre d'une vie  A revoir
    Le chant que l'on entonne des confins de la pensée
    Du silence et de l'absence  s'en revenant d'un songe
    Bien au-delà de la sensation et du palpable

     


    Et gravir seulement une marche vers l'idée tangible
    De l'Eternel oùÊtre et ne pas être ne se devise plus
    Mais oscillent sagement entre la main et le verbe
    L'Un et le Multiple que les origines accomplies
    Auraient indubitablement et clairement mariés
    Sans les artifices qui nous eussent trahis déchirés
    Depuis les extravagances  des plus redoutables génies

     

     


    Pour l'être qui n'est plus  En cet instant
    Que le hasard mise  Pour l'injuste destinée
    Pour le regard qui se dresse au-delà
    De la brutalité de toutes les raisons
    Atterré sous les boues démoniaques
    Des iniques fatalités  J'énonce juste
    Une étape sur le  parcours  un aléas certes définitif
    Prompt à rompre le cours des sens

     

     Mais aussi 
    L'enfer de la géhenne et le paradis accotés
    A délivrer l'essence  à recouvrer l'Ether
    Que les infinis de la conscience cernent
    Depuis le cri primal des saintes délivrances
    La souvenance serait  semence d'éternité
    S'en revenant du jardin des Mânes
    Jamais ne laisserait le corps inachevé et périssable
    A lui seul ravir  asservir le ciel
    Dans un regard   fonder le vide   le néant
    Établir despote la fin de tout et du Tout
    Endeuiller et martyriser l'horizon du doute

     


    J'emporte avec moi où que j'aille l'écrin
    De chaque instant  de troublantes révélations
    Que toutes les disparitions  aux pensers arriment
    Et que la vie ne laisse jamais de destiner
    A l'ineffable quête en chemin tant révérée
    J'ouvre à la voie sereine que les sens à terme
    Éclusent  blessent et bannissent sans mesure
    Allant  humble mécréant  par l'Océan-Azur
    En esprit panser la face cachée des maux carmins

     


    L'envers insensible du silence aux portes vénérées
    De la vaste aventure serait digne d'humanités
    Alors matelot à bord du gigantesque vaisseau
    Le temps d'une traversée vers l'autre rive
    Autour des mondes  sois juste un moment
    Nautonier  éclaireur  gabier dans la mâture
    Voile éclairée parmi les voiles dansant ivre
    Sur la nuit lactescente des étoiles perpétuelles
    Au coeur du désert infâme des foules Crie !

     


    Que sont le néant   le trépas  le retour à la poussière 
    Si ce n'est la fin de l'éphémère le juste sort
    Qui nous soit résolument communs et partagés
    Au-delà de la condition  des " moralines " de la raison
    Vers l'espérance et la ronde perpétualité
    Ainsi passager de l'intemporel  qui renaît
    Vouéà l'après par-delà la chair  du besoin
    Te repaître de ferments  t'abreuver de possibles
    Qui à jamais eussent mûri et loué l'Univers
    Dépasse enfin l'entrave qui blesse et atterre
    Le temps d'une illusion  d'un rêve  d'un songe ailé

     


    Et si cet argile craquelé emporte avec lui
    L'empreinte unique du temps   d'une époque
    Qui te furent octroyés  Avant l'absolu néant
    Et le paradoxal sommeil de la nuit perpétuelle 
    Tout concourt à exaucer  la quiète pérennité
    L'infinie viduité d'une petite graine fertile
    La sempiternelle révolution des astres
    Qui te rappellent à l'inexorable  retour
    Des sens  des mots et des ineffables idées
    Se répercutant indéfiniment sur la Voie Lactée

     


    Toi qui reposes mon frère sur ton lit de pierres
    Roseau au vent de la vallée  Un choeur d'asphodèles
    Louange le vol bas des hirondelles venu t'accompagner 
    Au-delà des frontières  au-delà des étoiles sans nombre
    Renaissant au soleil furtif de l'hiver  Sourire archange
    Ravivant l 'image sainte du Dieu d'Amour et Éternité

     

    .

     

    CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

     

    .

     

    terre

     


    0 0
  • 05/29/14--10:13: COEUR PAR COEUR...Extrait
  • Quand nous vivrons de rien
    à l’ombre de nos érables
    nus et abandonnés
    dans le champ désert
    de nos seules habitudes
    comme fleurs oubliées
    sur un corps inconnu

    quand nous vivrons debout
    dans la nuit éternelle
    après nos années-lumière
    perdues dans les marges du temps
    qui passe entre nos mots
    et revient pour dire adieu
    sur une page immaculée

    quand nous vivrons d’étincelles
    au cœur du tableau noir
    quand nous vivrons d’étoiles
    dans nos jours sans fin
    quand nous vivrons de tout et de rien
    nous serons libres comme l’amour
    dans les draps du vent

    .

     

    ROLAND GIGUERE

     

    .

     

    z l feng,,

    Oeuvre Z. L. Feng

     

     


    0 0

    La double pêche de tes seins
    Dans la coupe de la journée
    Voici que ton ventre se lève
    Entre les branches du figuier
    Que la chambre se met à battre
    Comme une tempe délicate
    Et qu’un versant du ciel inonde
    Étendue la plus belle au monde
    Sous ta douce main déroulée
    Pareille aux crosses de fougère
    Pénétrerai-je le mystère
    D’une chair à l’âme gagnée
    Comme une eau très fraîche qu’on tire
    Avec lenteur du fond du puits
    Tu te recouvres d’une buée
    Qui dissimule ton sourire
    Mes doigts possèdent le secret
    De t’éveiller de t’épanouir
    De te perdre avant de dormir
    Comme une enfant dans la forêt.

     

    .

     

    RENE GUY CADOU

     

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    carole-melmoux

    Oeuvre Carole Melmoux


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