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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 09/11/14--15:00: I FALL IN LOVE TOO EASILY

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    Si tu arrivais, un jour d’été, dans mon pays, au fond d’un jardin noir de verdure et sans fleurs, si tu regardais bleuir, au lointain, une montagne ronde où les cailloux, les papillons et les chardons se teignent du même azur mauve et poussiéreux, tu t’assoirais là, pour n’en plus bouger jusqu’au terme de ta vie.

    Si tu suivais, dans mon pays, un petit chemin que je connais, jaune et bordé de digitales d’un rose brûlant, tu croirais gravir le sentier enchanté qui mène hors de la vie…Le chant bondissant de frelons fourrés de velours t’y entraîne et bat à tes oreilles comme le sang même de ton cœur, jusqu’à la forêt, là-haut, où finit le monde…

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    COLETTE

     

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    colette

     


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  • 09/11/14--15:27: MILES DAVIS - AUTUMN LEAVES

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  • 09/11/14--16:18: POTEAUX D'ANGLE...Extraits
  • C’est à un combat sans corps qu’il faut te préparer, tel que tu puisses faire front en tout cas, combat abstrait qui, au contraire des autres, s’apprend par rêverie.

     

    N’apprends qu’avec réserve.

    Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre, ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête – innocent ! – sans songer aux conséquences.

     

    Avec tes défauts, pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger.

    Qu’irais-tu mettre à la place ?

     

    Garde ta mauvaise mémoire. Elle a sa raison d’être, sans doute.

     

    Garde intacte ta faiblesse. Ne cherche pas à acquérir des forces, de celles surtout qui ne sont pas pour toi, qui ne te sont pas destinées, dont la nature te préservait, te préparant à autre chose.

     

    On n’est pas allé dans la lune ne l’admirant. Sinon, il y a des millénaires qu’on y serait déjà.

     

    Le loup qui comprend l’agneau est perdu, mourra de faim, n’aura pas compris l’agneau, se sera mépris sur le loup… et presque tout lui reste à connaître sur l’être.

     

    Non, non, pas acquérir. Voyager pour t’appauvrir. Voilà ce dont tu as besoin.

     

    Songe aux précédents. Ils ont ternis tout ce qu’ils ont compris.

     

    Toute pensée, après peu de temps, arrête. Pense pour échapper ; d’abord à leurs pensées-culs-de-sac, ensuite à tes pensées-culs-de-sac.

     

    Réalisation. Pas trop. Seulement ce qu’il faut pour qu’on te laisse la paix avec les réalisations, de façon que tu puisses, en rêvant, pour toi seul, bientôt rentrer dans l’irréel, l’irréalisable, l’indifférence à la réalisation.

     

    Va jusqu’au bout de tes erreurs, au moins de quelques-unes, de façon à en bien pouvoir observer le type. Sinon, t’arrêtant à mi-chemin, tu iras toujours aveuglément reprenant le même genre d’erreurs, de bout en bout de ta vie, ce que certains appelleront ta « destinée ». L’ennemi, qui est ta structure, force-le à se découvrir. Si tu n’as pas pu gauchir ta destinée, tu n’auras été qu’un appartement loué.

     

    Faute de soleil, sache mûrir dans la glace.

     

    Si tu traces une route, attention, tu auras du mal à revenir à l’étendue.

     

    Toujours il demeurera quelques faits sur lesquels une intelligence même révoltée saura, pour se tranquilliser elle-même, faire de secrets et sages alignements, petits et rassurants.

    Cherche donc, cherche et tâche de détecter au moins quelques-uns de ces alignements qui, sous-jacents, à tort t’apaisent.

     

    Quoi qu’il t’arrive, ne te laisse jamais aller – faute suprême – à te croire maître, même pas un maître à mal penser. Il te reste beaucoup à faire, énormément, presque tout. La mort cueillera un fruit encore vert.

     

    Skieur au fond d’un puits.

     

    … Bêtes pour avoir été intelligents trop tôt. Toi, ne te hâte pas vers l’adaptation.

    Toujours garde en réserve de l’inadaptation.

     

    Les hommes, tu ne les as jamais pénétrés. Tu ne les as pas non plus véritablement observés, ni non plus aimés ou détestés à fond. Tu les as feuilletés. Accepte donc que, par eux semblablement feuilleté, toi aussi tu ne sois que feuillets, quelques feuillets.

     

    Il faut un obstacle nouveau pour un savoir nouveau. Veille périodiquement à susciter des obstacles, obstacles pour lesquels tu vas devoir trouver une parade… et une nouvelle intelligence.

     

    Souviens-toi.

    Celui qui acquiert, chaque fois qu’il acquiert, perd.

     

    Attention ! Accomplir la fonction de refus à l’étage voulu, sinon ; ah sinon…

     

    Le sage transforme sa colère de telle manière que personne ne la reconnaît. Mais lui, étant sage, la reconnaît… parfois.

     

    Voyons, n’as-tu pas trop de tension pour devenir modeste, ou serait-ce que tu es par trop immodeste pour jamais ta tension baisse.

     

    Le soc de la charrue n’est pas fait pour le compromis.

     

    L’homme qui sait se reposer, le cou sur une ficelle tendue, n’aura que faire des enseignements d’un philosophe qui a besoin d’un lit.

     

    Ce que tu as gâché, que tu as laissé se gâcher et qui te gêne et te préoccupe, ton échec est pourtant cela même, qui ne dormant pas, est énergie, énergie surtout. Qu’en fais-tu ?

     

    Il plie malaisément les genoux, ses pas ne sont pas bien grands, mais il reçoit mieux n’importe quel rayon, celui qui n’a jamais été disciple.

     

    Que détruire lorsque enfin tu auras détruit ce que tu voulais détruire ? Le barrage de ton propre savoir.

     

    Dans la chambre de ton esprit, croyant te faire des serviteurs, c’est toi probablement qui de plus en plus te fais serviteur. De qui ? De quoi ?

    Et bien, cherche. Cherche.

     

    La pensée avant d’être œuvre est trajet.

    N’aie pas honte de devoir passer par des lieux fâcheux, indignes, apparemment pas faits pour toi. Celui qui pour garder sa « noblesse » les évitera, son savoir aura toujours l’air d’être restéà mi-distance.

     

    Tu peux être tranquille. Il reste du limpide en toi. En une seule vie tu n’as pas pu tout souiller.

     

    Est-ce que tu es préparé ? Que fais-tu contre le foisonnement ?

     

    Au revers qui paraît l’endroit, au cœur d’une prise sans emprise, au long des heures, à l’orée de l’infiniment prolongé de l’espace et du temps, attrape-dehors, attrape-dedans, attrape-nigaud, dis, qu’est-ce que tu fais ?

    Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ?

     

    L’homme, les relations avec l’homme, avec la femme, c’est par commodité que tu vas à l’un et l’autre.

    Même comme adversaires. Cependant n’oublie pas que c’est au monde, au monde entier que tu es né, que tu dois naître, à sa vastitude.

    A l’infini ton immense, dure, indifférente parenté.

     

    Si tu es un homme appeléàéchouer, n’échoue pas toutefois n’importe comment.

     

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    HENRI MICHAUX

     

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    brooke shaden photographie

    Photographie Brooke Shaden


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  • 09/13/14--11:53: QUI SE BAT POUR LA LIBERTE ?
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    Je vais vous dire ce qui ne tourne pas rond dans les histoires que je vous raconte

    Je vous ai menti au sujet…

    Au sujet de la liberté… je vous ai induit en erreur

    Non, je ne fais pas semblant, je le regrette vraiment

    Je n’ai peut être pas assez réfléchi

    Je vous ai transmis le virus comme je l’ai reçu

    je vous ai contaminé

    Avec une promesse qui ne tient pas, qui ne peut être tenue

    Oui je suis minée… parce que j’en ai empoisonné plus d’un avec ma funeste idée de liberté…

    Liberté… non je n’écris plus ton nom… je t’efface d’un trait de crayon

    Parce que tu as été pour moi la plus vaine espérance

    C’est toi la maitresse d’erreur et de fausseté

    Tu incarnais à nos yeux endormis notre volonté de chance, de délivrance…

    L’au-delà pour tous ceux qui pâtissent et pourrissent ici-bas.

    Quel gâchis! L’illusion est physique et métaphysique…

    Parce que la liberté, je vous le dis en vérité, n’a jamais existé et n’existera jamais

    Le poète l’a déjà prédit : « toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées et amoureuses les unes des autres ».

    On passe notre temps à vouloir se libérer de nos chaines, pour nous enchainer aussitôt à une cause encore plus vaine.

    Se sentir libre, laissez-moi rire, c’est encore plus audacieux que de se sentir Dieu.

    Qui y songe et à quel moment de la traversée ?

    Celui qui joue le rôle du marteau? Ou celui qui joue le rôle de l’enclume?

    Aucun des deux. Les deux sont pris dans les rets du désir et de l’assouvissement du désir… ils n’ont pas le temps d’y songer… enlacés ils n’en ont pas encore assez…

    Il faut attendre l’apocalypse de l’un des deux désirs pour voir la liberté poindre son nez.

    Quel lot de consolation… désolée pour la désolation.

     

    Qui se bat pour la liberté ? Celui qui se remplit les poches ou celui qui les a toujours vides ? Les deux sont soumis à a même nécessité que le premier souhaite conserver et le second renverser en constatant heureusement ou malheureusement que les jeux sont toujours faits.

    L’ecclésiaste fut peut être le premier à stigmatiser la liberté en l’appelant par son vrai nom : vanité… tout est vanité et recherche du vent. Oui du vent.

    Désolée de vous le rappeler, je sais que c’est le pire des souvenirs.

    Ce mépris, cette méprise quand on se met à se prendre pour celui qu’on n’est pas.

    Je est un autre… Au feu, les contes bleus!

     

    Tu dis que tu veux être libre? Et tu y crois et tu veux que je te croie ?

    Mais je vais te dire pourquoi je ne te crois pas.

    Parce que c’est ton impression. Et elle ne m’impressionne pas parce que je sais que ce que tu cherches, ce n’est pas la liberté, mais de quoi remplir un vide que tu as du mal à supporter. Un néant au fond de tout être…

    Quand tu n’es pas dans le besoin, quand tu ne bailles pas, quand tu ne t’ennuies pas, quand tu fais ce qui te plait, quand tu fais l’amour, quand tu es heureux, tu ne t’interroges pas sur ta liberté… tu ne demandes pas de ses nouvelles… elle n’existe plus pour toi… ce sont les pépins qui te l’a remettent dans la tête… les fêlures, les brûlures, les blessures… autrement … tu t’en moques royalement et tu as bien raison… parce que tu le sais, je le sais :

    Il n’y a pas de liberté mais seulement des soumissions rentables… retenez bien cette expression que je viens juste d’inventer : des soumissions rentables : l’art, l’amour, la religion… ne sont que des soumissions rentables…

    Quand on perd ou quand on se sent perdu on se remet à chanter les louanges de la liberté… une manière comme une autre de prendre l’air… parce qu’on s’emmerde et qu’on n’a pas les couilles de dire : merde !

     

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    http://www.lejournaldepersonne.com/2014/09/se-bat-liberte/

     


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  • 09/13/14--12:42: L'ARRÊT DE MORT...Extrait
  • Je l'ai aimée et n'ai aimé qu'elle, et tout ce qui est arrivé, je l'ai voulu, et n'ayant eu de regard que pour elle, où qu'elle ait été et où que j'aie pu être, dans l'absence, dans le malheur, dans la fatalité des choses mortes, dans la nécessité des choses vivantes, dans la fatigue du travail, dans ces visages nés de ma curiosité, dans mes paroles fausses, dans mes serments menteurs, dans le silence et dans la nuit, je lui ai donné toute ma force et elle m'a donné toute la sienne, de sorte que cette force trop grande, incapable d'être ruinée par rien, nous voue peut-être à un malheur sans mesure, mais, si cela est, ce malheur je le prends sur moi et je m'en réjouis sans mesure, et, à elle, je dis éternellement: Viens - et éternellement, elle est là.

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    MAURICE BLANCHOT

     

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    WILLIAM RUSSELL FLINT A

     

     

     


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  • 09/13/14--13:21: SCHUMAN..

  • Du vieux jardin dont l'amitié t'a bien reçu,

    Entends garçons et nids qui sifflent dans les haies,

    Amoureux las de tant d'étapes et de plaies,

    Schumann, soldat songeur que la guerre a déçu.

     

    La brise heureuse imprègne, où passent des colombes,

    De l'odeur du jasmin l'ombre du grand noyer,

    L'enfant lit l'avenir aux flammes du foyer,

    Le nuage ou le vent parle à ton cœur des tombes.

     

    Jadis tes pleurs coulaient aux cris du carnaval

    Ou mêlaient leur douceur à l'amère victoire

    Dont l'élan fou frémit encor dans ta mémoire;

    Tu peux pleurer sans fin: Elle est à ton rival.

     

    Vers Cologne le Rhin roule ses eaux sacrées.

    Ah! que gaiement les jours de fête sur ses bords

    Vous chantiez! - Mais brisé de chagrin, tu t'endors...

    Il pleut des pleurs dans des ténèbres éclairées.

     

    Rêve où la morte vit, où l'ingrate a ta foi,

    Tes espoirs sont en fleurs et son crime est en poudre...

    Puis éclair déchirant du réveil, où la foudre

    Te frappe de nouveau pour la première fois.

     

    Coule, embaume, défile aux tambours ou sois belle!

    Schumann, ô confident des âmes et des fleurs,

    Entre tes quais joyeux fleuve saint des douleurs,

    Jardin pensif, affectueux, frais et fidéle,

    Où se baisent les lys, la lune et l'hirondelle,

    Armée en marche, enfant qui rêve, femme en pleurs!

     

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    MARCEL PROUST

    1896

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    COEUR


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  • 09/13/14--14:12: JOËL GRENIER...Extrait
  • Déjà, l'automne accroche ses chemises sur le bord des hortensias. Déjà tu renais tout en dentelle de rides sur les feuilles du passé.
    Ça sentait la teurgoule sur le coin du feu que tes regards allumaient d'un air malicieux. Tu ne parlais qu'en rires, en nuages de bonheur, étrange langage qu'il fallait savoir traduire.
    Et tu posais, sans plus de manières, la bouteille étoilée d'un vin ordinaire pour dire le partage. Ta blouse fleurie faisait naître des printemps.
    C'était une autre vie sans guère d'apparence où les silences des cœurs se disaient tout. Où les grand-mères devenaient transparentes à force d'avoir vécu l'essentiel des choses.

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    JOËL GRENIER

     

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    Henri-Lebasque-

    Oeuvre Henri Lebasque

     


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  • 09/23/14--04:36: SECONDE ENFANCE

  • Enfant, si proche encore de ta naissance
    A ton tour, tu connais l’enfantement
    Le monde n’est pas, tant que tu l’ignores
    Tu le vois, toujours pour la première fois !
    Ton regard l’enfante, l’invente, l’enchante
    Aube d’été, bleu de ciel et bleu de mer
    D’un seul feu. Tout est don, tout t’est offert
    Espace un coup de rafale sans limite
    Et le temps le trot d’un âne sans fin
    La brume ayant établi tous les ponts
    Une chenille ouvre la voie des dragons
    Toi, tu suis la sente à travers fougères
    Menant aux trésors : sauterelles – cascade
    Libellule – alouette, noix – jades – étoiles…

    Mais au cœur du monde, tu connaîtras tôt
    La douleur des arrachements, les affres
    De la nostalgie. Pour toi désormais
    Quelle survie autre que la seconde enfance ?

     

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    FRANCOIS CHENG

     

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    enfance


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    Toujours la mer renouvelle le lieu de naissance
    Toujours la mer invite au pur effacement
    Mais le bleu de la nuit rallume la flamme des astres
    Mais le bleu d'aurore enlève la brume des îles

    Se lève la déesse, dévoilée
    Elle délaisse là sa rivière
    De diamants, pour ne s'envelopper
    Survolant les écumes de larmes
    Que de l'éclat du vent
    Toute la fragance alors
    Et tout le bruissement
    De l'unique rose de l'instant
    Les pins lèvent leurs bras, les palmiers
    Ouvrent leurs paumes, d'un geste
    Ils signent, au nom de la terre
    Leur inépuisable reconnaissance

    Mais le bleu d'aurore enlève la brume des îles
    Mais le bleu de nuit rallume la flamme des astres
    Toujours la mer invite au pur effacement
    Toujours la mer renouvelle le lieu de naissance

     

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    FRANCOIS CHENG

     

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    BLEU

     


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    Maintenant, je dois refaire mes comptes
    Il me reste des automnes avant
    La longue nuit sans livres ni peinture
    Et il me reste aussi quelques printemps.
    Près de vingt ans, les automnes compris.
    Si je mets dix ans à grimper le mur
    Je n’aurais rien perdu si à la fin
    Mes lèvres se posaient sur ses deux mains
    J’aurais de quoi vivre encore vingt ans.

     

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    JALEL EL GHARBI

     

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    mains,,

     


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  • 09/27/14--11:26: LES OS BRISES DE LA TERRE
  • Décharnées les crêtes hérissées de la terre ossue et montueuse et pourtant
    De part et d'autre trois mers les parent de leurs  douces voiles de brumes
    Elles retiennent le souffle des vents, la marée des nuages en volutes
    Et la lumière altière inlassablement recompose le jour, borde la nuit.

     
    Je livre mon âme à l'errance, à l'esseulement de la roche lisse et nue ;
    Là-haut la terre criblée de la lune et ses lointains de planète morte !
    L'aurore et le soleil couchant jouent avec les créatures fantasques
    D'un imaginaire qui n'aurait d'autre compagne que la solitude des pas.

     
    L'automne parsème çà et là ses baies et ses ors... Les passereaux butinent
    La source chuinte la brise chantonne la prairie étincelle sous la rosée
    Vers les bois mordorés les arbres flamboyants et vénérables versent
    Sur la vallée l'ombre de la légende tutélaire des puissants torrents .


    Ainsi le choeur de la montagne de blocs en chaos assène en silence
    L'hymne de l'univers ... la distance garde jalousement le trésor des heures
    passées entre vallons et combes, en sautant d'une barrière rocheuse à l'autre
    Quand un long moment la raison hésite et doute au seuil du vide minéral
    Que déchire le cri stridulant du milan ou du faucon.

    La montagne se révèle.
    Que se lève le brouillard que gronde l'orage et c'est le dédale labyrinthique
    Sans appel auquel l'homme est convié dans toute l' infinité de l'être
    Où il se réfugie sans raison vers la foi qui l'eût préservé ou absout
    De toute témérité et de vaine allégeance à l'expérience, à la science...


    J'allais le pas jeune et novice sur les traces de mon passé, d'une histoire
    Que les transhumances auraient gravés entre les troncs des hautes futaies
    Et les vieux murs de pierres sèches dessinant l'échiquier où luttes ancestrales
    Et destinées se seront partagées les privautés de l'estive et des étoiles.


    Il n'est qu'un chant là-haut, un peu plus près du ciel que la brise susurre
    Comme la source et le ruisseau participent de la sérénité généreuse du laquet .
    Une demoiselle, une belette, le papillon sur l'aconit, la profonde pozzine
    Et ses secrets et c'est toute la terre curieuse qui s'émerveille et sourit
    Aux étoiles, depuis la mer.

    Aux horizons perpétuels des vérités cachées
    Les joyaux des plus simples choses à goûter comme l'attente sapide du désir.
    Et de béer tel l'enfant au bord du monde, au seuil d'un comte, de Révélation
    Peut-être, si près de Frère Soleil et de ses ineffables cantiques.


    Alors je me recueille et ne comprends pas ce que mes yeux embrassent
    Las  tout près  la mémoire tranchée  l'acte odieux   la Terre noire martyrisée
    L'Être sauvagement passé par les armes blanches de toutes les barbaries
    L'Homme épris de beauté et de liberté livréà l'indifférence insoutenable
    Des justes et de leurs bourreaux inexorablement intronisés et patentés

    Une pensée de Là-Haut à Hervé Gourdel, au Montagnard qu'il fut
    Aux Innocents, une pensée pour le choeur  orphelin de la montagne 
    Vers les confins d'une Île qu'ils auraient tant aimé parcourir et découvrir
    Un peu plus près du Ciel  de la Terre des Hommes que le même soleil réchauffe

     

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    CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

     

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    gourdel

    Hervé Gourdel lâchement assassiné en Algérie le 24 Septembre 2014

     

     


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  • 09/29/14--14:05: AIRBAG - PRELUDE

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  • 09/29/14--14:14: LA GUERRE
  • Terriblement, tristement, violemment, la guerre s’invite dans notre histoire de siècle en siècle . « La guerre » ? Peut-on évoquer ce fléau identiquement de siècle en siècle ? Le doit-on ? Dans un regard moral, assurément oui. Mais d’un point de vu politique, c’est à dire avec l’exigence de combattre et vaincre ce fléau, je suis convaincu que non. Nous avons un chemin de pensée à reprendre, une recherche de sens à trouver pour l’efficacité de l’engagement pacifiste.

    Tout bouge, tout change, tout influe, venant ainsi jeter un voile de complexité qui paralyse l’engagement citoyen. Cet engagement qui est seul capable de permettre d’échapper à l’abîme collectif  se dessinant sur notre horizon. Aujourd’hui s’étend l’état de guerre comme des métastases destinées à la fatalité. Notre pays, avec notre Président chaussé de ses nouvelles lunettes, s’enfonce dans la gloire de sa nouvelle guerre annuelle contre les forces du mal. L’Histoire avance, comme une fatalité déroulée. Que faire lorsque tout bouge en tout sens ?

    Qu’est-ce qui bouge ? L’armement, la façon de faire la guerre, les idéologies ouvrant à l’affrontement… ? Tous ces ressorts sont inhérents à la loi de la guerre. Ce sont les ressorts de chaque déflagration et de chaque époque dont les « progrès » ne sont que des capacités techniques destructrices plus raffinées et gigantesques, des suprématies de savoirs guerriers et de technologies invariablement contestées par les perdants qui tôt ou tard inventent des parades, des idéologies nouvelles ouvrant à l’acceptation de la guerre qui abandonnent les mots usés pour en adopter de plus modernes (« démocratie » prend la place de « civilisation », et Dieu trouve toujours àêtre invoqué au goût du jour). Ce n’est pas sur ces points que la guerre prend sens. Simplement, sur ces dimensions s’affiche l’ampleur de la capacité destructrice qui s’avance. Nous sommes capables de détruire beaucoup mieux et nous pouvons encore mieux faire.

    Pendant de longs, très longs siècles, l’homme invoquait Dieu pour trouver la paix. Ni l’appel à sa puissance, ni le sens moral qu’Il était censé induire en l’homme n’ont eu beaucoup d’efficience. Indiquer ce constat n’est pas faire injure aux croyants ni même mépriser une aspiration au respect de la vie qui a pu marginalement limiter les souffrances. L’invocation du Ciel n’ayant pas répondu aux attentes il a bien fallut trouver d’autres voies.

    Puisque, le cœur déchiré, l’humanité parvenait au constat que « l’homme n’est qu’un loup pour l’homme », alors les esprits les plus éveillés ont entrepris d’instituer l’interdiction de l’usage de la violence. « Instituer », fabriquer de l’institution pour œuvrer à l’humain. Créer à partir de l’idée un objet virtuel capable d’action concrète par la seule conviction humaine. Une Révolution. Un nouveau regard sur la guerre en est né, remis à main humaine éclairée, civilisée. Une justice haute mais qui ne vient pas de Dieu. Main d’un monarque désigné par le peuple pour Hobbes, main du droit et de la Loi pour Kant. La force pour interdire la force, la légitimité de la justice qui doit s’opposer à la sauvagerie avec l’assentiment des peuples renonçant à leur liberté de violence. Quelque chose, à la lenteur du temps, était né et s’imposait aux consciences.  Une voie pour faire front à la tentation de la guerre faisait son chemin. De « Concert des Nations » en SDN, puis en ONU, c’est à dire d’échecs en échecs, s’élaboraient des réponses se voulant toujours plus adaptées et efficaces. Aujourd’hui, c’est la panne.

    Nous vivons pire que la panne. Nous vivons le retour en arrière, le retour à la banalité de la loi de la force. Retour réjouis pour les uns ravis de pouvoir jouer de leurs biscotos d’acier, de technologie et de ruse. Retour plaintif pour les autres déplorant l’état de guerre en ne l’attribuant qu’aux seuls ressorts du fatal appétit des exploiteurs capitalistes.

    Notre Jaurès, après grand-père Marx, avait identifié une source terriblement dévastatrice pour la paix : le capital. Le capital avait besoin de la guerre, absolument besoin de la guerre. Celui-ci doit garantir son rendement, affronter sa fatale tendance à la baisse de son taux de profit. Assurer des rendements prestigieux à des capitaux toujours grandissants impose l’extension infinie de la mise en marchandise de tout, partout. Les destructions momentanées de capital, de vies humaines, de relations internationales ne représentent guère plus que ce que nous nommerions dans le jargon d’aujourd’hui de simples « dégâts collatéraux ». L’espérance de paix se mariait donc à l’attente des temps nouveaux libérés du capitalisme. Du temps de notre cher Jaurès la « sociale »était pour bientôt. Dans le coût intermède, inutile de focaliser les intelligences sur les conditions de l’émergence de la paix, du « traité de paix universel »

    La « sociale » n’est pas venue, les guerres sont revenues, plus étendues d‘année en année. Ah, prédire l’avenir est un exercice bien difficile ! Surtout s’il est attendu des certitudes.

    Mais en sommes nous aux mêmes guerres que celles du 20e siècle ?

    Pour moi, notre monde est entré dans une nouvelle phase. « La guerre » y revêt à présent 2 sens distincts. Deux profondément différents dont le second porte sa part de destruction de notre monde. Je n’évoque pas, parce que marginales, certaines explosions localisées qui peuvent se manifester d‘autant plus aisément que les institutions de régulation sont à plat. Ces conflits ne sont que vestiges d’ancestrales relations de voisinage et bien souvent utilisées / absorbées par les dynamiques bien plus actuelles. Même pour guerroyer comme au Moyen âge il faut aujourd’hui des armements coûteux qui soumettent à des regards plus larges.

    Alors, quelles guerres du 21e siècle ?

    En premier lieu, il y a les guerres prophétisées par le roman « 1984 », supranationales. Elles répondent bien à la soif d’espace de développement pour le capital en mal vital d’extension. Elles sont aujourd’hui généralement initiées par l’occident, USA en tête, mettant à profit une supériorité militaire momentanée. Irak, Libye, Ukraine… répondent à ces visées. Comme au 19e siècle européen, des espaces économiques s’affrontent visant àétendre leur zone de domination. Simplement  la dimension n’est plus la nation mais l’espace de marché intégré. La zone occidentale est en confrontation avec l’espace en constitution autour des « BRICS ». Les guerres qui s‘en suivent, du moins dans leur première phase, peuvent être humainement ravageuses mais ne représentent « que » la « normalité» de notre monde. Tout est sensé s’achever par des négociation entérinant le rapport de force obtenu sur le terrain. Dommage pour les morts mais la vie de profit reprend ses droits.

    « Normalité» ? Pas exactement. Ou alors normalité sous jacente jusqu’ici et contrariée par la conviction trouvant son origine dans l’espoir de fin des guerres : la Justice. Nous vivons un basculement où même l’idée que nos sociétés modernes se font de la Loi, de la Justice se trouve bouleversée. Pour les initiateurs, merveilleux utopistes créatifs, le champ de justice devait faire pousser le juste, l’équitable, la réponse raisonnable fruit de l’intérêt commun. Certes ce qui passe d’une idée pour se concrétiser ne peut qu’être confronté aux dures réalités. Ce qui naît de l’idée créatrice ne peut qu’être infléchi par l’idée dominante, de la classe dominante. Mais l’idée de bonne justice représentait une force tangible dont bien des faibles ont pu se parer face à des puissants. Le Droit du travail, par exemple… si menacé.

    Aujourd’hui, la justice tend à se marchander, se négocier, que ce soit à l’échelle internationale ou nationale (les USA étant en pointe pour le national et Israel championne sur la scène internationale). C’est le retour à la loi de la force. Les Tribunaux (pas uniquement internationaux) ne sont plus quête de justice (même bien imparfaite, même de classe) mais champs de bataille pour les armes juridiques. Ici aussi le plus fort y gagne, le juste étant secondaire. (l’affaire DSK (coupable ou non) est à cet égard éloquente, cette justice par la négociation instaure un droit de viol pour le riche. Sur le plan international, c’est l‘absence de suite au rapport Goldstone qui est lourd de signification).

    Ce retour à la folle loi de la force, en une ère de puissance technologique immensément destructrice, infère un chambardement aux ferments de la guerre. Si de grandes puissances peuvent fourbir leurs armes de ruses, d’alliances, de stratagèmes pour s’affronter dans un jeu sanglant qui trouve son équilibre périodique, des peuples en sont exclus pas même à la hauteur de 5e roue de carrosse. Alors tout regard de légitimité de l‘organisation mondiale s‘effondre. Alors la cohérence des idées constitutives de ce monde, favorables ou oppressives, s‘effondre. Tout s’effondre. Totalement. Voilà la situation que connaît aujourd’hui la Somalie, la Libye, une part de l’Irak, du Congo, du Nigeria. Et d’autres sont appelés à se joindre à cette terrible liste.

    Ces guerres là n’entrent plus dans l’affrontement des puissances, dans l’enjeu des possessions de marchés. Elles n’apportent plus rien de nouvellement marchandisable puisque même les armes sont payées d‘expédients et de rapines, de piratages et d‘otages.  Ces guerres là ne sont pas porteuses d’absorption de l’accroissement nécessaire de la marge de rentabilité. Ces effondrements là, tout comme l’appauvrissement populaire, portent l’asphyxie et donc la fin de cette organisation de notre monde. Ces guerres constituent le second axe de notre réalité du 21e siècle. L’axe le plus annonciateurs de l’abîme.

    Notre organisation économique engendre ces désastres, mais nous ne pouvons plus nous satisfaire de rager contre ce « système économique«. Nous ne pouvons renvoyer notre sauvegarde à son changement. Il était évident pour nos grands parents que cette révolution annoncée, chantée, n‘allait pas tarder avec à la clé d’immédiats jours heureux . Mais pour nous ? Savons nous seulement dessiner notre rêve ? Et s’affronter à dessiner un monde futur sans guerre n’est-il pas un  morceau de ce rêve ? Un monde sans guerre, comme s’y sont coltiné ces hommes et ces femmes aux sortir de la guerre mondiale, ces Stéphane Hessel pour faire naître une ONU à la promesse certes non tenue, ou mal tenue car dévoyée, mais à la promesse demeurant si actuelle. Ce sont ceux qui l’ont dévoyé qui veulent nous détourner de ce dessein.

    Nous avons une promesse à réécrire. Nous avons un sens à retrouver.

    Et nous avons un immédiat qui appelle réponse. Un immédiat sanglant avec son chant de guerre.  Laisser faire, ce n’est pas notre guerre ?

    SI ! C’est « notre » guerre ! Parce que d’immenses souffrances sont propagées. Parce que d’immenses oppressions sont engagées. Parce que d’immense dénis d’humanité sont diffusés. Parce que l’humain est nié. Alors c’est notre guerre, mais pas comme ceux qui mènent ces guerres.

    Nous ne pouvons nous taire et laisser faire. Nous ne pouvons pas plus être complices de ceux qui nourrissent les conditions de cette désagrégation. Alors pour faire, pour agir, il nous faut retrouver le sens à la guerre. Il nous faut la comprendre, l‘expliquer, la combattre politiquement. Le retour à la refondation du droit international, à son exercice transparent et rassurant doit être notre préalable à tout geste armé défensif et très provisoire.

    Il y a urgence ? Sans nul doute ! Les atrocités sont de chaque jour, mais comment oublier que ces atrocités sont l’enchaînement d’interventions militaires issues de nos pays puissants ?  Comment oublier que chaque fois ces interventions nous étaient vendues à fins humanitaires, pour sauver des vies (25 000 en Libye, où en est ce malheureux pays ? Et les autres ?)  Notre monde fabrique ses guerres, fusse involontairement. Alors à quoi bon lancer de nouvelles bombes ?  Elles tueront pour apaiser nos consciences et nourriront les fureurs de demain. Il n’est d’autre arme que la justice et le droit. Nous avons à nous en emparer pour libérer cette justice et ce droit.

    Nous avons à faire de notre monde autre chose qu’un champ de bataille et d’affrontement.

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    SERGE GROSSVAK

    Le citoyen sans dents
    Dueil la Barre, le 22 septembre 2014

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    stefano rosa4,

    Oeuvre Stefano Rosa


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  • 09/29/14--14:26: GERALD BLONCOURT
  •  A MON AMIE CARMEN CARMENO

     


    J’ai sonné le tocsin des hébétudes vides
    J’ai croisé les chemins de l’envers
    La lune bouge entre les dents d’un loup
    La peur a saisi les croisées de l’espoir
    Le jour meurt à nos pieds
    La rue est vide
    De toute tentative d’être
    Chaque matin circule
    Entre nos bouches vides
    Chaque aurore découpe nos mémoires
    C’est l’instant
    La seconde à course de moi-même
    Et j’essuie la suie qui suit
    La suite à venir
    Pour survivre sur la pointe des pieds.

    .

     

    GERALD BLONCOURT

     

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    sting tun

    Photographie Sting Tun


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  • 09/30/14--21:29: SALUT MA PUCE....
  • chouchou

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    L'ange du temps
    l'assassin de l'ombre
    découpe la mort et l'angoisse
    en filets de vie et de pastels

    La question,
    inaudible griffure sur froissement de vie,
    immuable,
    dans les couleurs du silence
    millénaire,
    toujours la même, reste là,
    Pourquoi ? 
    Pourquoi ce voyage
    au pays des vivants ?

     

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

    ( Inédit )


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  • 10/04/14--06:45: LE DESESPOIR DU SOLEIL
  • Quel bruit étrange glissait le long de la rampe d'escalier au bas de laquelle rêvait la pomme transparente.
    Les Vergers étaient clos et le sphinx bien loin de là s'étirait dans le sable craquant de chaleur dans la nuit de tissu fragile.
     Ce bruit devait-il durer jusqu'à l'éveil des locataires ou s'évader dans l'ombre du crépuscule matinal? Le bruit persistait. Le sphinx aux aguets l'entendait depuis des siècles et désirait l'éprouver. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir la silhouette souple du sphinx dans les ténèbres de l'escalier. Le fauve égratignait de ses griffes les marches encaustiquées. Les sonnettes devant chaque porte marquaient de lueurs la cage de l'ascenseur et le bruit persistant sentant venir celui qu'il attendait depuis des millions de ténèbres s'attacha à la crinière et brusquement l'ombre pâlit.
    C'est le poème du matin qui commence tandis que dans son lit tiède avec des cheveux dénoués rabattus sur le visage et les draps plus froissés que ses paupières la vagabonde attend l'instant où s'ouvrira sur un paysage de résine et d'agate sa porte close encore aux flots du ciel et de la nuit.
    C'est le poème du jour où le sphinx se couche dans le lit de la vagabonde et malgré le bruit persistant lui jure un éternel amour digne de foi.
    C'est le poème du jour qui commence dans la fumée odorante du chocolat et le monotone tac tac du cireur qui s'étonne de voir sur les marches de l'escalier les traces des griffes du voyageur de la nuit
    C'est le poème du jour qui commence avec des étincelles d'allumettes au grand effroi des pyramides surprises et tristes de ne plus voir leur majestueux compagnon couchéà leurs pieds.
     Mais le bruit quel était-il? Dites-le tandis que le poème du jour commence tandis que la vagabonde et le sphinx bien-aimé rêvent aux bouleversements de paysages.
     Ce n'était pas le bruit de la pendule ni celui des pas ni celui du moulin à café. Le bruit quel était-il? Quel était-il?
     L'escalier s'enfoncera-t-il toujours plus avant? Montera- t-il toujours plus haut?
     Rêvons acceptons de rêver c'est le poème du jour qui commence.

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    ROBERT DESNOS

     

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    ROMAIN BARRE

    Photographie Romain Barré

    http://romainbarre.blogspot.fr


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  • 10/04/14--06:49: HAUTE SOLITUDE...Extrait
  • Oui mon âme, tout cela que tu vois, c’est la vie, tout ce que tu examines en soupirant, c’est la vie. Restons nous deux, cent ans et plus, restons les bras sur la balustrade, le corps appuyé au bastingage, la prudence bien affûtée, restons et résignons-nous. Ne descendons pas dans cette mélopée, ne nous confondons pas à ce bruit d’âmes fausses, de coeurs mangés aux vers, d’esprits vénéneux. Oui, restons ensemble, toi au milieu de moi et moi autour de toi, toi souffrant et moi luttant. Fermons parfois les yeux, essayons de mettre entre la rue et nous, entre les autres et nous, des océans de lyrisme muet, des remparts bourrelés de coton hydrophile. Revenons à pas lents vers les souvenirs de l’école buissonnière, chuchotons tous deux à pas de loup des images glanées dans la lente adolescence. Mon âme, on nous a roulés dans la poussière des faux serments, on nous a promis non pas seulement des récompenses auxquelles nous ne tenions pas, mais des gentillesses, des "myosotis d’amour". On nous a laissé croire qu’on souriait, qu’on nous aimait, que les mains qui se glissaient dans nos mains étaient propres et sans épines. O glissade des déceptions et des tortures! Il n’y eut jamais pour nous ni justes effusions ni paumes sincères. On voulut même nous séparer, et te briser au fond de moi, mon âme, comme un élixir dans une coquille.
    J’ai vu mentir les bouches que j’aimais ; j’ai vu se fermer, pareils à des ponts-levis, les coeurs où logeait ma confiance ; j’ai surpris des mains dans mes poches, des regards dans ma vie intérieure ; j’ai perçu des chuchotements sur des lèvres qui ne m’avaient habitué qu’aux cris de l’affection. On a formé les faisceaux derrière mon dos, on m’a déclaré la guerre, on m’a volé jusqu’à des sourires, des poignées de main, des promesses. Rien, on ne nous a rien laissé, mon âme. Nous n’avons plus que la rue sous les yeux et le cimetière sous les pieds. Nous savons qu’on plaisante notre hymen désespéré. Nous entendons qu’on arrive avec des faux de sang et de fiel pour nous couper sous les pieds la dernière herbe afin de nous mieux montrer le sentier de la fosse.
    Mais nous serons forts, mon âme. Je serai le boulon et toi l’écrou, et nous pourrons, mille et mille ans encore, nous approcher des vagues ; nous pourrons nous accouder à cette fenêtre de détresse. Et puis, dans le murmure de notre attente, un soir pathétique, quelque créature viendra. Nous la reconnaîtrons à sa pureté clandestine, nous la devinerons à sa fraîcheur de paroles. Elle viendra fermer nos yeux, croiser nos bras sur notre poitrine. Elle dira que notre amour, tout cet amour qu’on n’a pas vu, tout cet amour qu’on a piétiné, qu’on a meurtri, oui, que notre amour n’est plus que notre éternité.
    Alors, mon âme, tandis que je serai allongé et déjà bruissant, tu iras t’accouder à la fenêtre, tu mettras tes beaux habits de sentinelle, et tu crieras, tu crieras de toutes tes forces.

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    LEON-PAUL FARGUE

     

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    SOLEIL2

     

     


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  • 10/04/14--07:41: JOEL GRENIER...Extrait
  • L'enfance posée en haut d'une étagère, les ficelles sont trop grosses pour pouvoir l'oublier. Et l'on se demande qui, du gosse ou de l'homme, est le plus pantin.
    Des rêves disparus pendent encore au bouts des fils, bras ballants, lèvres pincées pour taire les voyages jamais commencés. La vie manipule les chemins.
    Debout, les marionnettes ! Il faut refaire l'aube et sortir de l'ombre des castelets en coupant les cordons liberticides qui entravent votre coeur d'enfant.

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    JOEL GRENIER

     

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    MARIONNETTE2

     

     


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    Quand je marche derrière elle c'est comme si je suivais

    La Grande Ourse au moment où elle plonge dans la mer

    Ce long basculement des hanches cette souplesse amble

    Comme une lente caresse qui fait fleurir le frisson c'est

    Une marée qui hante les branches du ciel et je pleure de

    Sa belle main lasse quand elle retombe de quelle épaule

    Je rêve de sa bouche "fashion" du ressac des reins jusqu'à

    Sa nuque d'écume que je voudrais lécher jusqu'à la plus

    Belle indécence tout son dos où se fondre jusqu'aux bas

    De la nuit comme des roses improvisées là dans les bras

    Dans le sphinx enragé de sa tendresse intime j'interroge

    Ce moment où le pli du temps s'incarne en bas-relief

    Dont nul ne peut mesurer combien son battement secret

    Conduit loin quand je marche derrière elle c'est comme

    Une immense obscurité qui éclaire bien plus que le jour

     

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    ALAIN DUAULT

     

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    DOs-nu-drapé


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