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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/14/14--12:09: LES MOTS PERDUS
  • J'ai du laisser traîner des mots chez toi
    Ils ont glissés du bout de mes doigts
    Regarde dans les coussins de ton canapé
    Certains dessous ont du là se coincer
    Et sous tes meubles passes un coup de balai
    Certains sont de la poussière à sauver
    Si tu les retrouve je t'en pries gardes-les
    Ils sont peu être pas tous si usés
    Et je suis pas sur de m'en servir un jour
    Parmi eux doit se trouver «toujours»
    Je suis sur et certain je ne l'avais pas
    En passant pour la dernière fois de ta porte le pas
    J'ai du laisser traîner des mots chez toi
    Ils ont glissés du bout de mes doigts
    Tu dois aussi en retrouver tout autour de ton lit
    Peut être «corps»«passion» et puis «envie»
    Bien souvent c est la que je les éparpillais
    Et glisse aussi ta main sous ton oreiller
    Là ou j'en cachais des très très fort
    Mais je suis sur qu'il n' y avait pas «jusqu'à la mort»
    Oh non non non ceux là je les traînes encore
    Comme «seul» et avec «tous mes remords»
    Mais tu trouveras sûrement «demain»
    Sur lui je n'arrive plus à remettre la main
    J'ai du laisser traîner des mots chez toi
    Ils ont glissés du bout de mes doigts
    J'en ai mis pas mal sur des bouts de papier
    En quatre tu peux les retrouver pliés
    Quelque part glissés entre tes livres
    Ça date des soir ou de toi j’étais trop ivre
    Je les y couchais pour te plaire
    Ça touche les choses que je ne savais faire
    Je sais mieux écrire que dire les prières
    Et puis il y a des phrases dont je suis pas très fier
    Chez moi j'en retrouve dans mes tiroirs
    Il y en même un où c'est marqué«au revoir»

     

    .


    PASCAL GRAZIANI


    http://pascalgrazianiauteur.e-monsite.com/pages/paillettes/les-mots-perdus.html

    .

     

    les mots

     

     

     

     

     


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  • 10/14/14--12:24: ALEX ABOULADZE
  • Dire

    Dire pourtant
    enfin dire

    Le mot que dit toujours
    tout être qui se tait

    Et se taire
    impossiblement

    Voilà..

     

    .

     

    ALEX ABOULADZE

     

    .

     

     

    mohamed jaamati2,,

    Oeuvre Jaamati Mohamed

     

     

     

     

     


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    Femmes et hommes de la texture
    De la parole et du vent
    Qui tissez des tissus de mots
    Au bout de vos dents,
    Ne vous laissez pas attacher,
    Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
    Des rêves impossibles.

    On est en amour avec vous
    Tant que vous correspondez
    Au rêve que l’on a fait sur vous,
    Alors le fleuve Amour coule tranquille,
    Les jours sont heureux sous les marronniers mauves.
    Mais s’il vous arrive de ne plus être
    Ce personnage qui marchait dans le rêve,
    Alors soufflent les vents contraires,
    Le bateau tangue, la voile se déchire,
    On met les canots à la mer,
    Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
    Qu’on vous enfonce dans le cœur,
    La personne qui hier vous chérissait
    Aujourd’hui vous hait,
    La personne qui avait une si belle oreille
    Pour vous écouter pleurer et rire
    Ne peut plus supporter le son de votre voix,
    Plus rien n’est négociable,
    On a jeté votre valise par la fenêtre,
    Il pleut et vous remontez la rue
    Dans votre pardessus noir.
    Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
    Quitte sa propre route et son propre voyage?
    Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
    Dans la prison de son propre rêve?

    Femmes et hommes de la texture
    De la parole et du vent
    Qui tissez des tissus de mots
    Au bout de vos dents,
    Ne vous laissez pas rêver
    Par quelqu’un d’autre que vous-même,
    Chacun a son chemin
    Qu’il est seul parfois à comprendre.

    Femmes et hommes de la texture
    De la parole et du vent,
    Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
    Et avant tout et premièrement
    Des amants de la Vie,
    Alors nous ne serions plus
    Ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
    Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
    A attendre des autres des signes,
    Des baisers, de la reconnaissance,
    Si nous étions avant tout et premièrement
    Des amants de la Vie,
    Tout nous serait cadeau
    Nous ne serions jamais déçus.

    On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même,
    Moi seul connais le chemin qui conduit
    Au bout de mon chemin.
    Chacun est dans sa vie et dans sa peau
    A chacun sa texture, son tissage et ses mots.

     

    .

     

    JULOS BEAUCARNE

     

    .

     

    stefano rosa2

    Oeuvre Stefano Rosa

    http://www.artmajeur.com/fr/artist/stefanorosa/blog


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  • 10/15/14--11:46: DIVINES EMPREINTES...Extrait
  • C’est au-delà du temps : une cloche du soir, là-bas,

    Déverse, inattendus, les poèmes de la petite enfance

    Qu’on savait d’un souffle et qu’on a oubliés

    Ou seulement écartés

    Et laissés seuls,

    Mais sans doute n’est-ce jamais fini

    Le signe qui inscrit

    La voyelle qui chante,

    Le poème c’est

    Tous les jours commencer 

     

    D’où me vient ce soir

    Qu’il n’y a pas de solitude

    Quand bien même on est seule

    A jamais,

    Qu’il n’y a pas d’absence ?

    Et que le cœur est plein

    De ce qu’il a donné et donne

    Chaque jour aimer ?

     

    .

     

    OLYMPIA ALBERTI

     

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    henri lebasque-1865-1937-f

    Oeuvre Henri Lebasque


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  • 10/15/14--12:27: LES COULOIRS DU RÊVE
  • C’est par ici,
    par les couloirs magiques de la nuit
    que reviennent vivants les morts bien-aimés,
    la grand-mère de Proust ou mon père,
    les villes perdues, Oran, Osnabrück,
    plus belles que jamais
    dans la distance où le rêve les retient,
    c’est ici que les aveugles luttent en s’échangeant,
    es-tu moi? es-tu mon frère?

    Ici même c’est l’autre monde,
    on y est sans effort,
    en fermant les portes des yeux.
    Ici, chez le Rêve, la mort devient ce qu’elle est:
    une séparation seulement presque interminable,
    interrompue par des retrouvailles brèves et extatiques,
    dans une rame de métro ou dans un train.

    Les voix s’échappent du silence.
    Ici même c’est l’autre musique.
    Écoutez!Sommes-nous dehors?
    Sommes-nous dedans?

    Vous rêvez.
    Continuez à vous laisser rêver.

    Il n’y aura pas de fin.

     

    .

     

    HELENE CIXOUS

     

    .

     

    rêve

     

     

     

     

     


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  • 10/15/14--12:45: TERRE,TERRE...Extrait
  • Ne plaignez pas le solitaire
    car ses oreilles bourdonnent tout au long du jour
    du bruit de mille vies fraternelles.
    Le voilàà l'écoute du vent, de l'insecte et de l'herbe,
    à l'écoute du merle.
    Le voilà ivre du parfum tenace des oeillets,
    léger dans la nuit fraîche, écoutant l'inaudible :
    le balancement des fougères, les rêves craquants des
       ormes,
    la marche feutrée des étoiles, le lent mûrissement des
       pierres.
    Le voilà bleu dans l'averse du seigle inondant sa
       poitrine
    ouvert et propre,
    voyageant au-delà de l'écorce jusqu'au coeur de l'arbre
    comme à travers les cercles de son sang,
    à l'écoute de sa voix profonde s'exhalant des mille
       voix vertes de la terre.

    Ne plaignez pas le solitaire
    car il est roi dans son pays.
    Il règne sur les granges où vole la poussière d'or.
    Il commande une armée de haies, de fenêtres et
       d'outils.
    Il est maître de son voyage, maître du grain et de
       l'ortie.
    il se promène à l'aise dans les yeux de son chien.
    Sans cesse il se répand ;
    le jour est sa prairie.
    Les heures comme des chattes se caressent à ses jambes.
    Des arbres apprivoisés le couronnent.
    Des pensées rapides comme des oiseaux l'escortent,
    lui tissent un habit de joies insensées.

     

    .

     

    JEAN LE MAUVE

     

    .

     

    SOLITAIRE


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  • 10/15/14--13:12: L'OR DES JOURS ...Extrait

  • On a chanté la ville ses éclats
    de voix de lumière de rire
    on a chanté ses peuples
    ses cours ses miracles

    le tremblement de l'eau
    de l'oiseau ou de l'herbe
    la lente sauvagerie végétale

    la Beauté de tout bord
    et on l'a injuriée.

    On a chanté les labyrinthes
    où se perd le chanteur
    qui se cherche et se plaint

    le moi ses mille et un mensonges
    ses manies ses petites morts
    et sa langue mielleuse

    l'intervalle divin du silence
    le soupir dans lequel s'épanouit
    le sourire du bouddha

    Tous les chants sont usés
    mis en boite
    en cubes en disques en vers
    réduits développés chiffrés
    déchiffrés
    criés balbutiés éructés
    ânonnés
    archivés

    reste
    l'enfantine la claire
    l'obscure
    nécessité de chanter

                                                  chaque instant veut l'éternité du chant

    Je chanterai l'olivier stérile
    penché sur l'abîme aux pentes vertes
    je descendrai
                    entre les châtaigniers
                                                     les chênes,
                                                                   les ronces
                                                                                   les bouleaux
    et tous les entrelacs végétaux anonymes
    unis pour entraîner les anciennes terrasses de pierre
    que les hommes d'autrefois avaient maçonnées de leur sueur

    j'irai jusqu'au cours d'eau
    qui ne voit jamais le soleil

    Je chanterai le cocotier velu
    ses palmes jaunissantes
    sous sa tête verte

    Je chanterai le figuier célibataire
    un peu plus haut chaque année
    ses fruits à peine formés qui
    tombent au sol et je chanterai ses racines
    qui préparent en secret
    l'effondrement de la maison

    je chanterai le pêcher frêle
    que ses quatre pêches épuisent

    le laurier sombre et parfumé
    qui descelle pierre à pierre l'ancien mur

    je chanterai le rosier survivant
    sans fleurs sans feuilles
    branche sèche dans la terre
    lançant dans le ciel
    de jeunes tiges vertes
    hautes et presque nues

    la sauge nouvelle
    lentement jaillie
    d'un pied qui paraît mort

    le citronnier en pot
    qu'on rentre pour l'hiver

    je chanterai aussi
    le bourdonnement des insectes
    la chute brutale et prématurée d'une figue
    je chanterai le chant
    des oiseaux leurs pépiements
    leurs gazouillis leurs cris leurs croassements
    le chant des cigales
    le chant du vent
    le saut du chat dans l'herbe sèche

    et tant pis si nos bras
    sont trop petits les mots
    trop rares trop
    pauvres pour embrasser
    l'étendue et la multiplicité
    d'une seule seconde
    de perception

    même si
    mon chant passe aussi vite
    que ce qu'il chante

    même si
    nul ne l'écoute jamais

    même si
    je dois chanter sans bouche
    sans voix sans art
    sans mot presque
    je chanterai
    chaque aujourd'hui.

     

    .

     

    MARIE-FLORENCE EHRET

     

    .

     

    l'or

     

     


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  • 10/19/14--07:01: PAUL VICENSINI...Extrait
  • Merci à Sylvie Vicensini

     

     Allons

    furtivement

    allègrement

    sur l'aile de l'écho

     

    cueillir la paix boisée

    qui tourmente le seuil

    de la maison natale

     

    Allons frôler

    le sein mauve

    du perron granitique

    et la tiédeur exquise

    des marches d'autrefois

     

    Avant que ne surgisse

    l'adoubement providentiel

    de l'oubli

     

    .

     

    PAUL VICENSINI

     

    .

     

    paul escalier,,

     


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    Il est inutile que je sois ici

    et elle là

    puisque nous pourrions être le baiser

    de notre double envie

     

    Il serait digne de la vie

    que l'un contre l'autre

    nous ne soyons plus que notre joie

     

    Mais le cri de mon sang

    ne l'approche pas de moi

    ni d'elle moi le cri du sien

    et si ces deux hurlements se rencontraient

    ils ne sauraient pas faire l'amour

     

    .

     

    Alain BORNE

     

    .

     

    CCC,

     

     


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  • 10/19/14--12:52: JE VAIS ME TAIRE..
  • Je vais me taire ce soir après ce poème
    ranger ma voix et mon sang
    laisser venir quelques heures où tout se passe
    comme si tu n'existais pas.
    Je te vois encore pourtant dans la main de la nuit
    scandalisé que de loin tu apparaisses
    comme un pétale de rose
    ou un jet de lait ou une flèche d’étoile
    en forme de femme.
    Femme, tu es femme
    vêtue et dévêtue de peau
    fraîche et chaude pleine de sang et d'os
    pareille, mon ineffable,
    à tout le troupeau.
    Laisse laisse laisse
    mon amour et mes mots
    te séparer en te chantant
    trier de la boue mon diamant
    faire exploser ma seule foudre

     

    .

     

    ALAIN BORNE

     

    .

     

    stefano rosa

    Oeuvre Stefano Rosa


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  • 10/20/14--07:14: MA DESOLEE SEREINE
  • Ma désolée sereine
    ma barricadée lointaine
    ma poésie les yeux brûlés
    tous les matins tu te lèves à cinq heures et demie
    dans ma ville et les autres
    avec nous par la main d'exister
    tu es la reconnue de notre lancinance
    ma méconnue à la cime
    tu nous coules d'un monde à l'autre
    toi aussi tu es une amante avec des bras
    non n'aie pas peur petite avec nous
    nous te protégeons dans nos puretés fangeuses
    avec nos corps revendiqués beaux
    et t'aime Olivier
    l'ami des jours qu'il nous faut espérer
    et même après le temps de l'amer
    quand tout ne sera que mémento à la lisière des ciels
    tu renaîtras toi petite
    parmi les cendres
    le long des gares nouvelles
    dans notre petit destin
    ma poésie le coeur heurté
    ma poésie de cailloux chahutés

     

    .

     

    GASTON MIRON

     

    .

     

    pop


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  • 10/20/14--07:33: SOUS LA CHEVELURE
  • Sous la chevelure avance
    un long corps d’étoile
    nu comme un lac,
    et fendu comme un arbre

    Sous la foudre froide,
    un lait d’or figé,
    où boit un serpent
    rouge et prisonnier.

    Double faux des cuisses
    dans l’herbe nocturne,
    éclat des aciers,
    noués d’une fleur.

    Ô marche odorante
    d’une claire armure
    l’ouragan s’arrête
    au porche des jambes.

    Quel est ce rosier
    qui a deux racines,
    et si peu de feuilles
    sur l’éclat des roses.

    Si la nuit expire,
    la couleur de l’aube
    aura son miroir,
    Ô corps solitaire,
    que baise la nuit
    d’un baiser sans lèvres,
    que de lits te rêvent !

    .

     

    ALAIN BORNE

     

    .

     

    William Adolphe Bouguereau

    Oeuvre William Adolphe Bouguereau

     

     


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  • 10/23/14--13:24: MA...
  • .

     

    Ma source ma seule ma sève
    Ma silencieuse ma selve
    Ma chavirante ma chaloupe
    Ma chicanante ma chimère

    Ma tricoteuse ma tribale
    Ma tortueuse ma torture
    Ma prétentieuse ma pivoine
    Ma péremptoire ma pervenche

    Ma tartaruga ma tartare
    Ma travailleuse ma traverse
    Ma salivante ma savane
    Ma silhouette ma cigale

    Ma délicieuse ma dérive
    Ma délirante ma descente
    Mon indécente mon indécise
    Mon infidèle mon indigente

    Ma lumineuse ma lunissante
    Ma lamineuse ma lisière
    Ma garde-robe ma gardienne
    Ma grenadine ma gavotte

    Mon illuminée mon îlienne
    Mon inouïe mon iceberg
    Ma castagnette ma castillane
    Ma calibrante cavalière

    Ma crinoline ma cravate
    Ma cataracte ma câline
    Mon nœud coulant ma nonchalance
    Mon numéro ma noce enfouie

    Mon corps-à-cœur ma cajoleuse
    Ma caravane ma crinière
    Mon ivoire mon iris
    Mon hystérique mon histoire

    Ma ravissante ma râleuse
    Ma rougissante ma roulière
    Ma juponnante ma jalouse
    Ma girouette mon jardin

    Ma femme ma fille ma force
    Ma flèche ma flamme ma fleur
    Ma brune ma bruine ma branche
    Ma belle ma bulle ma barque

     

    .

     

    BRUNO RUIZ


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  • 10/25/14--10:09: ANIMAL DE LUMIERE
  • Je suis, dans cet illimité sans solitude,
    un animal de lumière traqué
    par ses erreurs, par son feuillage :
    vaste est la forêt : ici mes semblables
    pullulent, reculent, trafiquent
    tandis que je m’isole avec pour toute compagnie
    l’escorte que le temps désigne :
    les vagues de la mer, les étoiles nocturnes.

    C’est peu, c’est vaste, c’est mince et c’est tout.
    Mes yeux ont vu tant d’autres yeux
    et ma bouche a reçu tant de baisers
    et avalé tant de fumée
    de ces trains disparus
    - ô vieilles gares inclémentes! -,
    elle a humé tant de poussière en d’incessantes librairies,
    que l’homme que je suis, le mortel, s’est lassé
    de ces yeux, ces baisers, ces fumées, ces chemins,
    ces livres plus épais que l’épaisseur terrestre.

    Et aujourd’hui, au fond de la forêt perdue
    il entend la rumeur de l’ennemi et fuit
    non point les autres mais lui-même
    et la conversation interminable,
    le choeur qui chantait avec nous,
    la signification de l’existence.

    Car une fois, car une voix, une syllabe
    ou le passage d’un silence
    ou le son de la mer resté sans sépulture
    me laissent face à face avec la vérité,
    et il ne reste vraiment rien à déchiffrer,
    rien qui puisse encore être dit : il n’y avait rien d’autre :
    les portes de la forêt se sont refermées,
    le soleil circule en ouvrant les feuilles,
    la lune monte dans le ciel comme un fruit blanc
    et l’homme se conforme à son destin.

     

    .

     

    PABLO NERUDA

     

    .

    nicolas rozier,,

    Oeuvre Nicolas Rozier

    http://roziernicolas.blogspot.fr/


    0 0
  • 10/25/14--12:05: SERMENT
  • Devant l’aube graduelle
    qui préface le monde

    et le silence étale
    autour de nos épaules

    devant les veines bleues
    des vitres sous le gel

    l’éclosion des fenêtres
    et des neiges futures

    devant l’aire qui flambe
    et l’ombre fraternelle

    devant l’immense baie
    et l’arbre foudroyé

    devant la Croix du Sud
    et la nuit sanctifiée

    Je le jure :
    La beauté seule est innocente.

    .

     

    GILLES BAUDRY

     

    .

     

    GILLES

     

     


    0 0

    Terre de Nazim
    Terre d’Abdou
    Terre d’Abraham

    Terre de Paris,
    nue et blessée
    cité interdite
    aux vitrines reflétant la plus haute solitude.

    Une population bariolée de visages
    crispés
    broyée par l’étau des sueurs d’angoisse.

    Et l’engrenage des mots qui font des plaies béantes :
    Métro, Sommeil, Chômage, Banlieues d’insécurité
    – les chasseurs de faciès ne dorment que d’un œil –
    Pluie, vent glacial, chambres sordides éclairées par les larmes
    Les poings serrés de rage, de détresse, d’insomnie.

    Là-bas, très loin, l’épouse, la tendre fiancée
    Couleur jasmin, couleur cacao, couleur de luth,
    de jardin submergé par la marée des oiseaux,
    libres et scintillants.

    Terre de Nedjma
    Terre de femmes au triple au quadruple exil
    De femmes de silence voilées, d’effacement
    Terre de Wolof et Terre de Sétif.

    Terre de Paris
    qui file entre les doigts comme le sable des déserts.

    Ville Lumière
    qui pointe mille épées vers les cœurs brisés
    les corps colonisés par le plomb de la fatigue,
    de l’heure d’hiver qui aiguise l’angle de la rue.
    Parfois, un sourire de l’Autre, l’inconnu
    Et c’est comme un début de foule humaine
    Sur les lèvres ;
    Au plus profond des yeux.

     

    .



    ANDRE LAUDE

    .

     

    stefano rosa

    Oeuvre Stéfano Rosa

     

     


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    La poésie n'est pas qu'un jeu gratuit sur les mots. Même si cette dimension ludique fait partie de ses possibilités. Ou si c'est un jeu, il est vital, comme est vital le jeu pour le développement de l'enfant et sa aptitude à grandir. La poésie est la manifestation de la capacité des êtres humains à« habiter le monde », à le faire leur, à s'ouvrir aux autres, à ressentir plus vivement le réel en même temps qu'à le rêver, à le transformer par le recours à l'imagination. Elle est, au meilleur d'elle, une lucidité sensible, une des formes les plus hautes de la conscience.

    Un peuple sans poésie serait un peuple sans rêve.

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    FRANCIS COMBES

     

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    aimez,,

     

     


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    " - Il importe vraiment, dit-il, que tous et chacun nous conservions notre secret, car que subsisterait-il de nous si notre secret était livré, divulgué, dévoilé, perdu, percé, extorqué, arraché ? Ce serait la perte de notre propre densité, de notre identité profonde, de la différence qui nous fonde. L'aveu libère, dit-on, l'âme de son angoisse, mais ensuite c'est un désenchantement, sans remèdes et infertiles, celle-là, que d'être réduit à rien, de ne plus avoir d'énigme personnelle au regard des autres, et d'abord à nos propres yeux...."
    ... " - Le secret reste notre composante essentielle. Il est l'incandescence intérieure, le "moi intime", le mystère personnel à partir duquel tout s'élance et vers lequel tout converge...l'erreur est toujours de chercher à percer le mystère intime de l'autre ou de se montrer soi-même sans ombre."

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    JEAN-PIERRE OTTE

     

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    Viktorija Vaišvilaitė,2


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  • 10/26/14--12:18: LES ESCALIERS

  • Foulés sans cesse, les escaliers cabossés, usés, déroulent une histoire à chaque marche. Des milliers de pas légers ou plus lourds les ont dévalés, pressés de rejoindre un amour. Des dizaines de fois de joyeuses descentes et remontées d'enfants ont  été martelés, musclant les petits mollets. Plus difficile, l'ascension journalière mais obligatoire, d'une vieille dame qui a contribuéà lustrer la pierre, posant ses pieds toujours au même endroit...L'Automne les habille de feuilles finissantes, un instant protégés, un moment de répit, presqu'un abandon. La pluie les a maintes fois délavés, le gel les a déformés, le temps les a sculptés, polissés,  dangereux pour ceux qui, à grande vitesse, chutaient, les transformant ainsi en toboggans diaboliques. Ils mènent toujours quelque part, raccourci intelligent, ou seul moyen d'accés. Puis, un jour ils ne sont plus empruntés et se tapissent de petites fleurs libres afin de vivre sereinement...

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    JOSIANE

     

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    escalier2


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