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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/26/14--13:23: GERALD BLONCOURT
  • à Isabelle mon rêve

    à Ludmilla et Morgane mes filles

    .


    L'Ailleurs éleva la voix

    et dit

    que la lumière soit

    et la lumière fut

    et furent le ciel et les étoiles

    la Terre les mers et les poissons

    les arbres l'eau douce des montagnes

    la pluie et le temps

    le jour et les ténèbres

    les fleurs et les pleurs

    les femmes l'amour

    les hommes et les couleurs

    les semaines et les siècles

    toutes ces choses de la vie

    paroles échanges regards musiques

    senteurs de printemps

    froidures hivernales

    saisons étés chauds tropicales

    automnes aux feuilles d'or ramassées à la pelle

    petits grains d'astres en cavale

    et Toi

    source de mes rêves

    sève douce à mon écorce

    Tout me paraît bizarre cette aurore

    même ce cri souverain d'un enfant

    même ces chants d'oiseaux

    même ces étrangères qui peuplent en foule le monde de leurs démarches lascives et belles

    de leurs reins ondulants

    de leurs épaules souples

    de leurs poitrines multiples et rassurantes

    de leurs ventres de mères

    de leurs peaux veloutées

    de leurs enivrantes haleines

    de leurs vertigineuses présences

    tout me paraît à découvrir

    à connaître

    à goûter

    à savourer

    à voir

    à décoder

    à toucher

    à sentir

    à créer

    à récolter

    tout me paraît utile

    difficile

    mobile

    subtil

    quelquefois futile

    la voix s'éleva du silence

    et vous fûtes aussi

    dans le vent et l'espace

    sur les sentes du bonheur

    dans les rues hasardeuses d'un Paris qui s'éveille

     

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    GERALD BLONCOURT

    Paris 26 Avril 1991

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    ALKAPLAN2

    Oeuvre ALKAPLAN

    http://www.brunopezon.com


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    "Plus que jamais la poésie est urgente. Vitale comme le pain et le vin.
    Nécessaire comme la pluie et le soleil, les néons et les nuits polaires.
    A l’heure où s’effondre définitivement le rêve révolutionnaire nourri
    d’octobre 17, à l’heure où l’abjecte massification, l’uniformisation dans le
    pire médiocre s’accélèrent, à l’heure où en dépit de certaines apparences, la
    « liberté» de l’individu - fondement incontournable de toute civilisation rétrécit, à l’heure où les politiques s’épuisent, où les tyranneaux prolifèrent,
    où les nationalismes, les intégrismes se réveillent, où la pauvreté enflamme
    les têtes autant que les slogans stupides et simplistes, la poésie est, d’abord et avant tout, une « arme miraculeuse » (Aimé Césaire) pour la Résistance. Totale.

    Irrécupérable. Sur tous les fronts.

    Résistance contre ce qui endeuille l’être, souille, mutile, brise, l’élan
    de l’individu vers le « Champ des possibles », l’immense continent de la Vie
    encore inconnu, qui attend son Christophe Colomb. La poésie ne relève pas
    des dogmes établis. Elle est cet outil pour l’homme qui lui permet de prendre la mesure de sa non-finitude, de sa majesté et de son mystère émouvant et inépuisable. Elle est le vent qui le pousse dans le dos dans sa marche à l’étoile, l’éclair qui l’arrache à l’humus pour le projeter à hauteur d’astres de plomb et de feu.

    Langages, étranges copulations de mots, bouleversements de syntaxes,
    volontés de dialogue, énoncés du monde sensible, fouillements des ténèbres, cris d’amour, d’humour surtout « noir », enracinements dans l’errance, la glèbe ou la « big city », explosions de désespoir qui s’ouvre curieusement sur quelque innommable espérance, la poésie est aussi, dans sa plus haute condensation, germination, acte.

    Acte qui implique que tout poète authentique, fut-il élégiaque et soumis
    aux subtils secrets métaphysiques, est un réfractaire, un vrai outlaw, Hölderlin, Rimbaud, Maïakovski même combat ! Poètes Solitaires. Poètes Solidaires.

    Jusqu’au revolver, la jambe pourrie, la raison « saccagée ».

    La poésie est ce dont l’homme - même s’il l’ignore ou feint de l’ignorer - a le plus besoin pour tracer au flanc du monde la cicatrice de sa dignité. La
    poésie : un vertige permanent entre la lune et le gibet.

    Sans Poésie – libre, follement libre – l’univers serait boule morte. La
    poésie aux lèvres rouges : la potion magique pour guérir, peut-être, l’angoisse électrique de l’inconnu qui écrivit une certaine heure de fièvre sur les murs de Mai 1968 : « Y a t-il une vie avant la mort ? »"

    .

     

    ANDRE LAUDE

     

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    laudephoto2

    André Laude par Henri Cartier-Bresson


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  • 10/27/14--07:21: CARNETS I...Extraits
  • "Ce jardin de l'autre côté de la fenêtre, je n'en vois que les murs.Et ces quelques feuillages où coule la lumière. Plus haut, c'est le soleil. Et de toute cette jubilation de l'air que l'on sent au-dehors, de toute cette joie épandue sur le monde, je ne perçois que des ombres de feuillages qui jouent sur les rideaux blancs. Cinq rayons de soleil aussi qui déversent patiemment dans la pièce un parfum blond d'herbes séchées. Une brise, et les ombres s'animent sur le rideau. Qu'un nuage couvre, puis découvre le soleil, et voici que de l'ombre surgit le jaune éclatant de ce vase de mimosas. Il suffit: cette seule lueur naissante et me voici inondé d'une joie confuse et étourdissante.

    Prisonnier de la caverne, me voici seul en face de l'ombre du monde. Après-midi de janvier. Mais le froid reste au fond de l'air. Partout une pellicule de soleil qui craquerait sous l'ongle mais qui revêt toute chose d'un éternel sourire. Qui suis-je et que puis-je faire -sinon entrer dans le jeu des feuillages et de la lumière. Etre ce rayon de soleil où ma cigarette se consume, cette douceur et cette passion discrète qui respire dans l'air. Si j'essaie de m'atteindre, c'est tout au fond de cette lumière. Et si je tente de comprendre et de savourer cette délicate saveur qui livre le secret du monde, c'est moi-même que je trouve au fond de l'univers. Moi-même, c'est-à-dire cette extrême émotion qui me délivre du décor. Tout à l'heure, d'autres choses et les hommes me reprendront. Mais laissez-moi découper cette minute dans l'étoffe du temps, comme d'autres laissent une fleur entre les pages. Ils y enferment une promenade où l'amour les a effleurés. Et moi aussi,  je me promène, mais c'est un dieu qui me caresse. La vie est courte et c'est péché que de perdre son temps. Je perds mon temps pendant tout le jour et les autres disent que je suis très actif. Aujourd'hui c'est une halte et mon coeur s'en va à la rencontre de lui-même.

    Si une angoisse encore m'étreint, c'est de sentir cet impalpable instant glisser entre mes doigts comme les perles du mercure. Laissez donc ceux qui veulent se séparer du monde. Je ne me plains plus puisque je me regarde naître. Je suis heureux dans ce monde car mon royaume est de ce monde. Nuage qui passe et instant  qui pâlit. Mort de moi-même à moi-même. Le livre s'ouvre à une page aimée. Qu'elle est fade aujourd'hui en présence du livre du monde. Est-il vrai que j'ai souffert, n'est-il pas vrai que je souffre; et que cette souffrance me grise parce qu'elle est ce soleil et ces ombres, cette chaleur et ce froid que l'on sent très loin, tout au fond de l'air ? Vais-je me demander si quelque chose meurt et si les hommes souffrent puisque tout est écrit dans cette fenêtre où le ciel déverse sa plénitude? Je peux dire et je dirai tout à l'heure que ce qui compte est d'être humain, simple. Non, ce qui compte est d'être vrai et alors tout s'y inscrit, l'humanité et la simplicité. Et quand suis-je plus vrai et plus transparent que lorsque je suis le monde?

    Instant d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde s'élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant d'avoir désiré.  L'éternité est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de moi-même à moi-même. Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. On se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de quelques plages éblouissantes sous le soleil du matin, pour qu'on sente en soi fondre cette résistance. Ainsi de moi. Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable. Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage d'éternelle jeunesse."

     

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    ALBERT CAMUS

    Sur

    http://toobanal.canalblog.com/

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    henri lebasque ,,

    Oeuvre Henri Lebasque

     


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    Ce discours de Nelson Mandela a été donné aux Etats-Unis en 2001, à l’occasion de sa rencontre avec Thomas Friedman, un journaliste américain juif, spécialisé dans le Proche-Orient.

     

    Cher Thomas,

    Je sais que vous et moi, nous aspirons à la paix au Moyen-Orient, mais avant que vous continuiez à parler des conditions nécessaires d’un point de vue israélien, vous devez savoir ce qui est dans mon esprit.

    Par où commencer? Que diriez-vous de 1964. Laissez-moi citer mes propres paroles lors de mon procès. Elles sont vraies aujourd’hui, autant qu’elles l’étaient alors: «J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir « .

    Aujourd’hui, le monde, noir et blanc, reconnaît que l’Apartheid n’a pas d’avenir. En Afrique du Sud, il s’est terminé par notre propre action de masse, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne et d’autres actions ne pouvaient qu’aboutir à l’établissement de la démocratie.

    C’est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid. C’est parce que vous pensez à tort que le problème de la Palestine a commencé en 1967. Cela a été démontré dans votre récent article « Premier Mémo de Bush » dans le New York Times du 27 Mars 2001.

    Vous semblez surpris d’entendre qu’il y a encore des problèmes de 1948 à résoudre, l’élément le plus important est le droit au retour des réfugiés palestiniens. Le conflit israélo-palestinien n’est pas seulement une question d’occupation militaire et Israël n’est pas un pays qui a été créé« normalement » et s’est mis à occuper un autre pays en 1967.

    Les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.

    Au cours des dernières années, et surtout pendant le règne du Parti travailliste, Israël a montré qu’il n’était pas encore prêt à rendre ce qu’il avait occupé en 1967, que les colonies restent, Jérusalem est sous souveraineté exclusivement israélienne et les Palestiniens n’ont pas d’ Etat indépendant, mais sont sous domination économique israélienne avec un contrôle israélien des frontières, de la terre, de l’air, de l’eau et de la mer.

    Israël ne pense pas à un «Etat» mais à une «séparation». La valeur de la séparation se mesure en termes de capacité d’Israël à garder l’Etat Juif, et à ne pas avoir une minorité palestinienne qui pourrait avoir la possibilité de devenir majoritaire à un certain moment dans l’avenir. Si cela se produit, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat démocratique ou bi-national laïque, ou à se transformer en un Etat d’apartheid de facto.

    Thomas, si vous suivez les sondages en Israël au cours des 30 ou 40 dernières années, vous trouvez clairement un racisme grossier: un tiers de la population se déclare ouvertement être raciste. Ce racisme est de la nature de « Je hais les Arabes » et « je souhaite la mort des arabes. »

    Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez les territoires occupés en 1967, vous trouverez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires opérationnels qui représentent deux approches différentes de la vie humaine: une pour la vie des Palestiniens l’autre pour celle de la vie juive. En outre, il y a deux approches différentes pour la propriété et à la terre. La propriété palestinienne n’est pas reconnue comme propriété privée car elle peut être confisquée.

    Quant à l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, il y a un facteur supplémentaire. Les soi-disant «zones autonomes palestiniennes » sont des Bantoustans.

     

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    NELSON MANDELA

     

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  • 10/28/14--11:19: LES CONVERSANTS
  • Nous avons donc parlé sous la tonnelle
    De la diversité concertante des anges
    Des fourmis affairées dans le jardin
    Où l’eau brillait parmi ses catégories
    Jusqu’au lointain des cruches

    La poésie dormait dans ses racines d’arbre
    Depuis l’antiquité comme une jeune fille
    Agrippée au désastre de la parole
    Pour ce naufrage où la terre est consolatrice

    La terre était l’enfant de nos viscères
    Où déjà des fleurs de formaient préparant
    Notre silence vide le plus intime
    Sous le ciel dur invisiblement défait
    Par la mêlée des grues et des nuages

     

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    SALAH STETIE

     

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    MAHIN AZIMA 2,

    Oeuvre Mahin Azima

     

     


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    La poésie n’est pas une manière d’embellir l’existence.
    Elle répugne à ce qui est mièvre, ou de l’ordre de la joliesse et de l’ornement.
    Elle n’est pas simple divertissement, bien qu’elle concerne
    aussi le « Jeu » ; mais là où les mots « jouent »à bousculer nos ancrages.
    Là où« jouer » inverse ou renverse l’apparence, la fait pivoter.

    *

    Il faut au poète une fenêtre sur l’inconnu, un espace que ne gouverne
    aucune structure rigide, aucun dogme.
    Un regard qui embrasse de vastes et multiples horizons.

    *

    Définir la poésie est hors de question. Avec sa charge de réel et d’irréel,
    son poids de rêve et de quotidien, celle-ci nous devancera toujours.

    *

    À la question : « Pourquoi écrivez-vous ? »,
    Saint-John Perse répond : « Pour mieux vivre. »
    C’est ainsi que je le ressens. La poésie multiplie nos chemins ;
    nous donne à voir, à respirer, à espérer. Nous offre à la fois
    nudité, profondeur et largesse.

     

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    ANDREE CHEDID

     

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    Sandra L Strohschein,,

    Oeuvre Sandra L Strohschein

     


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  • 10/28/14--12:59: DEMAIN SANS MOI...Extrait
  • Suis-je moi, suis-je vous ?
    Un être est-il composé de mille êtres ?
    Je me divise
    afin de me multiplier.
    Je suis la foule :
    trop de bras, trop de jambes,
    trop de crânes qui s’ouvrent
    je ne sais sur combien d’insectes noirs.
    Je suis aussi la solitude,
    jusqu’à me fondre dans la nuit.
    Je suis l’absence et le néant,
    que la perversité m’oblige
    à recouvrir de mots.
    L’identité me pèse
    et c’est pourquoi je prends la vôtre.
    Qui êtes-vous ?
    Epargnez-vous la peine de mentir
    vous êtes moi,
    puisque j’ai décidé de n’être plus personne.

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    ALAIN BOSQUET

     

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    stefano rosa

    Oeuvre Stéfano Rosa

     

     

     

     


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    Tant de fleurs dont le nom a plus d'odeur que la réalité qui décevrait aussi nos yeux.

    Je rêve. Le monde nous est , paraît-il, offert mais si peu qu'il vaut mieux lui préférer son image plus drôle à l'approche, au toucher, à la possession.

    Monde fermé où j'avance en m'enrageant de plus en plus. De plus en plus triste, d'une tristesse de révolte plutôt que de résignation.

    Passer, ne rien tenir, ou si peu, et encore dérisoirement se sentir plein de privilèges."

     

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    ALAIN BORNE

     

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    monde

     

     


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  • 10/29/14--02:22: AGNES SCHNELL...Extrait
  • L'aube lente à venir.

    Le regard flou encore
    de rêves arrêtés
    les mots s'ébauchent
    alchimie profonde hasardeuse.
    Le passage est ardu.

    Une fresque s'esquisse.
    Les songes ont traversé
    l'opacité l'imprécision.

    Sur les lèvres
    le silence s'attarde
    avant la domination du dire.

    Moment fragile
    où le chant surgit
    ignorant l'éphémère.

    Les sutures sous l'écorce
    se resserrent
    invisibles.
    Tout prend couleur.

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    reflet2,


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    Samedi matin 25 octobre 2014, Reyhaneh Jabbari a été pendue en Iran. Cinq ans plus tôt, la jeune femme avait été condamnée à mort pour le meurtre d'un homme qu'elle accusait de l'avoir agressée sexuellement en 2007. Malgré les nombreuses protestations de la communauté internationale, la justice iranienne a suivi son cours et amené Reyhaneh à subir la loi du talion.

    Deux jours après sa mort, une lettre écrite par la jeune décoratrice d'intérieur en avril dernier et adressée à sa mère - qui avait demandé d'être pendue à la place de sa fille - a été dévoilée par des militants pacifistes iraniens. Les journalistes du Huffington Post ont traduit cet ultime courrier de la condamnée, dans lequel elle demande à sa mère de vérifier que tous ses organes soient donnés après sa mort.

     

    La lettre de Reyhaneh Jabbari à sa mère

     

    Chère Sholeh, 

    Aujourd’hui j’ai appris que c’est à mon tour de faire face à Qisas (la loi du talion dans le système judiciaire iranien, ndlr). Je suis blessée d’apprendre que tu ne m’as pas laissé savoir que j’avais atteint la dernière page du livre de ma vie. Ne penses-tu pas que j’aurais dû savoir? Tu sais que ta tristesse me rend honteuse. Pourquoi ne m’as tu pas laissé la chance d’embrasser ta main et celle de papa?

    Le monde m’a permis de vivre pendant 19 ans. Durant cette nuit inquiétante, j’aurais dûêtre tuée. Mon corps aurait été jeté dans un coin de la ville, et après quelques jours, la police t’aurait conduite dans le bureau du médecin légiste afin d’identifier mon corps et tu aurais appris que j’avais également été violée. Le meurtrier n’aurait jamais été retrouvé puisque nous n’avons ni leur richesse ni leur pouvoir. Tu aurais alors continué ta vie dans la douleur et dans la honte, et quelques années plus tard tu serais morte de cette douleur, voilà tout.

    Néanmoins, avec ce maudit coup, l’histoire a changé. Mon corps n’a pas été jeté au loin, mais dans la tombe de la prison d’Evin et ses cellules d’isolement, et à présent la prison de Shahr-e Ray, qui ressemble aussi à une tombe. Mais tu dois céder au destin. Ne te plains pas. Tu sais mieux que moi que la mort n’est pas la fin de la vie.

    Tu m’as appris que l’on vient au monde pour profiter d’une expérience et apprendre une leçon, et qu’avec chaque naissance, une responsabilité est placée sur notre épaule. J’ai appris que parfois l’on doit se battre. Je me souviens quand tu m’as raconté que l’homme s’est opposéà l’homme qui me flagellait, mais que ce dernier lui a fouetté la tête et le visage jusqu’à ce qu’il meure. Tu m’as dit que pour créer de la valeur, l’on devait persévérer même si un autre mourait.

    Tu m’as appris que, puisque nous allons à l’école, nous devons nous comporter en dame face aux querelles et aux plaintes. Te souviens-tu à quel point tu insistais sur la façon dont on se comportait? Ton expérience était incorrecte. Quand cet incident s’est produit, mes enseignements ne m’ont pas aidé. Etre présentée à la barre m’a fait passer pour une meurtrière de sang-froid et une criminelle sans pitié. Je n’ai pas versé une larme. Je n’ai pas supplié. Je n’ai pas pleuré toutes les larmes de mon corps car je faisais confiance à la loi.

    Mais j’été accusée d’être indifférente au crime. Tu vois, je ne tuais même pas les moustiques et je prenais les cafards par les antennes pour les jeter un peu plus loin. Désormais je suis devenue une meurtrière préméditée. Mon traitement des animaux a été interprété comme ayant un penchant masculin et le juge n’a même pas pris la peine de regarder les faits et de voir qu’au moment de l’incident j’avais de longs ongles vernis.

    C’était si optimiste d’attendre de la justice de la part des juges ! Il ne s’est jamais interrogé sur le fait que mes mains ne sont pas épaisses comme celles d’une sportive, en particulier d’une boxeuse. Ce pays que tu m’as fait chérir n’a jamais voulu de moi et personne ne m’a soutenu quand, sous les coups des interrogateurs, je criais et j’entendais les mots les plus vulgaires. Quand j’ai perdu mon dernier signe de beauté en me rasant les cheveux, j’ai été récompensée : 11 jours en cellule d’isolement.

    Chère Sholeh, ne pleure pas pour ce que tu entends. Le premier jour, au poste de police, quand un vieil agent non marié m’a brutaliséà cause de mes ongles, j’ai compris que l’on ne recherche pas la beauté dans cette ère. La beauté des apparences, la beauté des pensées et des souhaits, une belle écriture, la beauté des yeux et de la vision, et même la beauté d’une douce voix.

    Ma chère mère, mon idéologie a changé et tu n’en es pas responsable. Ma lettre est interminable et je l’ai donnéà quelqu’un pour que, lorsque je serai exécutée sans ta présence et sans ton savoir, elle te sera donnée. Je te laisse ce matériel écrit en héritage.
    Cependant, avant ma mort, je veux quelque chose de toi, que tu dois me fournir avec toute ta force, quelle que soit la manière dont tu l’obtiens. En fait, c’est la seule chose que je veux de ce monde, de ce pays et de toi. Je sais que tu as besoin de temps pour cela.
    Je vais donc te raconter une partie de mon vœu dès maintenant. S’il te plaît, ne pleure pas et écoute. Je veux que tu ailles au tribunal et que tu leur fasses part de ma requête. Je ne peux pas écrire une telle lettre qui serait approuvée par le chef de la prison ; alors une fois de plus, tu dois souffrir à cause de moi. Pour cette chose seulement, je t’autorise à supplier, bien que je t’ai dit à maintes reprises de ne pas supplier de me sauver de l’exécution.

    Ma tendre mère, chère Sholeh, qui m’est plus chère que ma propre vie, je ne veux pas pourrir sous terre. Je ne veux pas que mes yeux ou mon jeune cœur deviennent poussière. Tu dois les supplier pour que, dès que je serai pendue, mon cœur, mes reins, mes yeux, mes os et tout ce qui peut être transplanté soit retiré de mon corps et donnéà quelqu’un qui en a besoin. Je ne veux pas que le receveur connaisse mon nom, ni qu’il m’achète des fleurs ou même qu’il prie pour moi.

    Je te le dis depuis le plus profond de mon cœur : je ne veux pas d’une tombe où tu viendrais pleurer et souffrir. Je ne veux pas que tu portes du noir pour moi. Fais de ton mieux pour oublier mes jours difficiles. Donne-moi au vent, afin qu’il m’emporte.

    Le monde ne nous a pas aimé. Il n’a pas voulu mon destin. Et à présent, je lui cède et j’embrasse la mort. Car dans la cour de Dieu, j’accuserai les inspecteurs, j’accuserai l’inspecteur Shamlou, j’accuserai le juge, et les juges de la Cour Suprême du pays qui m’ont tabassé quand j’étais éveillée et n’ont eu cesse de me harceler.

    Dans la cour du Créateur, j’accuserai le Docteur Farvandi, j’accuserai Qassem Shabani et tous ceux qui, par ignorance ou avec leurs mensonges, m’ont fait du mal et ont piétiné mes droits et n’ont pas tenu compte du fait que parfois, ce qui semble être la réalité ne l’est en fait pas du tout.

    Ma chère et tendre Sholeh, dans l’autre monde c’est toi et moi qui sommes les accusatrices et les autres qui sont les accusés. Nous verrons ce que Dieu désire. Je voulais t’embrasser jusqu’à ce que je meurs. Je t’aime.

     

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    jabbari

     

     


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  • 10/29/14--11:37: EN CORSE LE VENT SEUL
  • Le séchoir aux châtaignes, ses murs enfumés furent dressés, on le devine, avec amour.

    Que reste t-il de cet amour et que vaut la fumée quand la châtaigneraie est par contrat d'abandon - commun, tacite et renouvelable - léguée tout entière aux porcs ?

    En Corse le vent seul fait ce qu'il peut qui apporte les plaintes des châtaigniers au moulin délabré de la rivière.

     

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    PAUL VINCENSINI

    " Archiviste du vent "

     

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    moulin et sechoir châtaignes

    Ancien séchoir et moulin à châtaignes


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  • 10/29/14--12:12: LA POESIE
  • La poésie ? Le temps passe. On a les cheveux gris, du cholestérol,  de la barbe et des lunettes. On se console en disant qu'elle, au moins, elle n'a pas changé. Qu'elle est toujours cet enfant impossible, qui a pourtant accepté de vieillir avec nous, pour n'être pas seuls, lui et moi.

    Lui et moi, pour finir, nous nous entendons bien car nous avons fait l'un et l'autre le tour de nous - moi mon cercle, lui son cerceau: superposables - et ça roule. A deux temps. Là où je dis noir, il barbouille de bleu car il tient à ses privilèges.

    J'ai un peu honte de vous le dire: si vous écartez ma barbe ( mais vous n'oserez pas le faire ), vous apercevrez ma barboteuse. Et elle est bleue.

     

    .

     

    PAUL VINCENSINI

    "Archiviste du vent "

     

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    bleu

     

     


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  • 10/29/14--13:31: ANDRE LAUDE...Extrait
  • Sommes-nous vivants

    Sommes-nous faits de fer et sang

    Sommes- nous fait d’eau et vents

    Sommes-nous clones du néant

    où est le feu de nos membres

    Mes doigts de nicotine bougent encore

    Ma rage intacte brise les serrures

    Une longue maladie dévore mon corps

    Mon âme est un moine en robe de bure

    Sommes-nous vivants.

    J’entends le doux rire de l’ami Cioran

    rue de l’Odéon crépuscule de nombre

    La chute dans le temps

    et la tonique écriture.

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    ANDRE LAUDE

     

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    nicolas rozier

    Oeuvre Nicolas Rozier

    http://roziernicolas.blogspot.com

     

     


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  • 10/30/14--03:15: PROLEGOMENES
  •  Au temps où l’enfant penché sur un vieux plan datant de l’exposition de 1878 faisait des voyages imaginaires, le bruit du vent dans le feuillage était d’une qualité rare, mais n’empêchait point le tic-tac de l’horloge. Il apportait une mélancolie merveilleuse mêlée au goût de la vie et de l’aventure.
    Chaque arrondissement de Paris était teinté de belles couleurs pastel ; souvent à mon agacement – j’étais un enfant nerveux et malhabile - le vieux plan se dépliaient mal, se cassait aux plis. Parfois, pendant les ouragans, une tuile tombait d’un toit. Il y avait beaucoup de toitures en chaume couvertes d’un buisson de fleurs et l’on disait que dans les cyclones, certaines de ces toitures avaient été arrachées entières….
    Une divinité se cache en toi, Paris : c’est la mer des ténèbres ; parfois le soir rien ne se résout, tout se perd et meurt, se cache et parlemente avec la nuit miraculeuse. Qui n’a admiré la surprenante beauté des uniformes voués au poteau d’exécution ?
    …Il se peut que le flâneur loge dans un minuscule appartement du plus loin Vaugirard ; rentré chez lui, la tête entre ses mains, il n’entend plus aucun bruit si ce n’est à de longs intervalles le léger craquement d’une armoire dont le bois travaille ; trompant sa solitude il jouit peut-être un instant de la blancheur du papier sur lequel il déroule une écriture disloquée ; écœuré de l'injustice des hommes, il éprouve un dégoût pour cette femme au corps luxuriant qui ne lui paraît plus qu’une harpie.

     

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    JEAN FOLLAIN

     

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    l_enfant-au-livre H

    Oeuvre H. Perrelet

     


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  • 10/30/14--12:14: MASQUE NEGRE
  • A Pablo Picasso

     

    Elle dort et repose sur la candeur du sable.
    Koumba Tam dort. Une palme verte voile la fièvre des cheveux, cuivre le front courbe.
    Les paupières closes, coupe double et sources scellées.
    Ce fin croissant, cette lèvre plus noire et lourde à peine – ou’ le sourire de la femme complice?
    Les patènes des joues, le dessin du menton chantent l’accord muet.
    Visage de masque ferméà l’éphémère, sans yeux sans matière.
    Tête de bronze parfaite et sa patine de temps.
    Que ne souillent fards ni rougeur ni rides, ni traces de larmes ni de baisers
    O visage tel que Dieu t’a créé avant la mémoire même des âges.
    Visage de l’aube du monde, ne t’ouvre pas comme un col tendre pour émouvoir ma chair.
    Je t’adore, ô Beauté, de mon œil monocorde!

     

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    LEOPOLD SEDAR SENGHOR

     

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    Photographie Christian Carolina

     

     


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  • 10/30/14--13:04: CADASTRES....Extrait
  • Parmi moi
    de moi-même
    à moi-même
    hors toute constellation
    en mes mains serré seulement
    le rare hoquet d’un ultime spasme délirant
    vibre mot
    j’aurai chance hors du labyrinthe
    plus long plus large vibre
    en ondes de plus en plus serrées
    en lasso où me prendre
    en corde où me pendre
    et que me clouent toutes les flèches
    et leur curare le plus amer
    au beau poteau-mitan des très fraîches étoiles
    vibre
    vibre essence même de l’ombre
    en aile en gosier c’est à force de périr
    le mot nègre
    sorti tout armé du hurlement
    d’une fleur vénéneuse
    le mot nègre
    tout pouacre de parasites
    le mot nègre
    tout plein de brigands qui rôdent
    des mères qui crient
    d’enfants qui pleurent
    le mot nègre
    un grésillement de chairs de la griffe
    sur le trottoir des nuages
    le mot nègre
    comme le dernier rire vêlé de l’innocence
    entre les crocs du tigre
    et comme le mot soleil est un claquement de balles
    et comme le mot nuit un taffetas qu’on déchire
    le mot nègre
    dru savez-vous
    du tonnerre d’un été
    que s’arrogent
    des libertés incrédules

     

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    AIME CESAIRE

     

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    GUILLAUME CARON,

    Oeuvre Guillaume Caron


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    Et voici au bout de ce petit matin ma prière virile
    Que je n’entende ni les rires, ni les cris, les yeux fixés sur cette ville que je prophétise, belle,
    Donnez-moi la foi sauvage du sorcier
    Donnez à mes mains puissance de modeler
    Donnez à mon âme la trempe de l’épée.
    Je ne me dérobe point.
    Faites de ma tête une proue et de moi même, mon coeur, ne faites ni un père,
    ni un frère,
    ni un fils, mais le père, mais le frère, mais le fils,
    ni un mari, mais l’amant de cet unique peuple.
    Faites-moi rebelle à toute vanité, mais docile à son génie
    Comme le point à l’allongée du bras !
    Faites-moi commissaire de son sang.
    Faites-moi dépositaire de son ressentiment
    Faites de moi un homme de terminaison
    Faites de moi un homme d’initiation
    Faites de moi un homme de recueillement mais faites aussi de moi un homme d’encensement.
    Faites de moi l’exécuteur de ces oeuvres hautes.
    Voici le temps de se ceindre les reins comme un vaillant homme.
    Mais les faisant, mon coeur, préservez-moi de toute haine…

     

    .

     

    AIME CESAIRE

     

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    Christian Carolina ,,

    Photographie Christian Carolina

     

     


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  • 10/30/14--13:49: VOYAGE FUTILE ?
  • Quelques cailloux à la joue du rêve

    initient un chemin.


    Sautillement d'oiseaux

    entre nos deux visages,

    palabres des gentianes

    aux lèvres carminées


    quand, derrière la haie,

    le soir couche le vent

     

    quand, derrière ton nom,

    s'élève un chêne vert.

     

    Au coeur de l'hiver

    débroussailler les heures

    et retenir des friches

    leur patience gris-bleu.

     

    Déterrer sous la croûte durcie

    un reste de jour,

    un morceau de saison.

     

    Les rainures du temps

    laissent glisser le ciel.

     

    Frêle esquif ?

    Voyage futile ?

     

    Si peu de couleurs s'apprêtent à embarquer.

     

    Et pourtant,

    il suffirait d'un rien

    pour les accorder.

     

    De quelques notes de jasmin

    quand les mains de l'orante

    ne sont plus que deux ailes,

    deux ailes de gaze,

    fines et légères.

     

    .



    BRIGITTE BROC

    .

     

    BRIGITTE


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  • 11/01/14--01:20: NOUVEAU RIVAGE
  • Me voici devant la nuit,

    vêtu de mes seules paroles

    d'air et de flammes intérieures.

     

    L'horizon s'étale à mes pieds,

    la mer comme une mère

    m'entourant de ses délicatesses

     

    et de ses prévenances répétées

    battant la rive de mes pensées

    pour m'ouvrir aux gestes tendres de l'amour,

     

    au simple sourire,

    à la patience de nos mains

    quand ils défont tous les noeuds de la vie.

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    paulin bertrand2

    Oeuvre Paulin Bertrand

     

     


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    Je ne reviendrai plus

    parler aux enfants

    de la lune,

    ni de la mer sans âge

    et sans frontière,

     

    ni de l'étonnement

    qu'engendre toute croissance d'herbe

    ou de bourgeon...

     

    car dans mon dernier sommeil

    ce dieu qui est pour tous

    m'a remercié pour mon sourire

    et mes chants dédiés à la vie

     

    avant de me confier

    que je verrai bientôt le monde

    avec ses yeux,

    du "haut" de ses deux bras

    remplis de tendresse...

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    JOSH ADAMSKI

    Photographie Josh Adamski

    http://josh23.500px.com

     

     

     


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