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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Le temps pour l’aube d’être aubépine et solitaire Le temps d’une aile d’hirondelle. Le temps pour l’air de se ployer. L’espace écarte ses deux rives, range son lit de souffles lisses, se maintient droit ;le temps pour l’herbe de faire place sans s’agiter. Le temps pour l’aubépine d’étendre ses dix bras. Vite fait, le ciel aide. Le temps des pavillons de toutes les couleurs. Le temps d’un rayon plus frais qui perle goutte à goutte Le temps de l’hirondelle de couler. Le temps d’être libre ; le temps d’être l’aube. Le temps d’être l’âme. Le temps pour l’âme d’étendre ses mille bras. Le temps d’être sauvage, d’être fait de rosée, de se croiser des bras vaillants, humides. Le temps d’être au monde pour aimer, le temps d’aimer pour être au monde ; le temps pour l’hirondelle de revenir. Le temps d’une herbe qui reprend calme. Le temps qui va du souvenir à l’avenir. Le temps sans rien que lui-même. « Le temps sans rien que lui-même, une hirondelle peut le porter »
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    ARMAND ROBIN
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    THAMI EL HANI2

    Oeuvre Thami el Hani


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  • 11/02/14--09:09: L'ART ROMANTIQUE...Extrait
  • « C’est cet admirable, cet immortel instinct du Beau qui nous fait considérer la Terre et ses spectacles comme un aperçu, comme une correspondance du Ciel. La soif insatiable de tout ce qui est au delà, et que révèle la vie, est la preuve la plus vivante de notre immortalité. C’est à la fois par la poésie et à travers la poésie, par et à travers la musique, que l’âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau ; et quand un poème exquis amène les larmes au bord des yeux, ces larmes ne sont pas la preuve d’un excès de jouissance, elles sont bien plutôt le témoignage d’une mélancolie irritée, d’une postulation des nerfs, d’une nature exilée dans l’imparfait et qui voudrait s’emparer immédiatement, sur cette terre même, d’un paradis révélé. »

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    CHARLES BAUDELAIRE

     

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    BAUDELAIRE

     

     


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    Vous vous demandez peut-être comment cet homme venant du tiers monde peut-il être suffisamment en paix avec son esprit pour écrire des histoires ? Vous avez parfaitement raison. Je viens d’un monde laborieux qui croule sous le fardeau des dettes dont le remboursement l’expose à la famine ou presque. Certains des habitants de ce monde périssent en Asie des inondations, d’autres périssent en Afrique de la famine. En Afrique du Sud, des millions d’hommes sont rejetés et sont privés de tous les droits humains à l’ère des droits de l’homme, comme s’ils ne comptaient pas  parmi les hommes. En Cisjordanie et à Gaza, des gens sont perdus, en dépit du fait qu’ils vivent sur leurs propres terres, les terres de leurs pères, de leurs grands-pères et arrière-grands-pères. En échange de leur départ fier et noble — hommes, femmes, jeunes et enfants confondus — on leur a rompu les os, on les a tués avec des balles, on a détruit leurs maisons et les a torturés dans les prisons et les camps. Autour d’eux vivent 150 millions d’Arabes qui suivent ce qui se passe dans la colère et le chagrin. Une catastrophe menace la région si elle n’est pas sauvée par la sagesse de ceux qui désirent une paix juste et globale. (…)

    Ne soyez pas spectateurs de nos misères. Vous avez à  jouer un rôle noble qui sied à votre statut. De par votre position de supériorité, vous êtes responsables de toute dérive du monde animal ou végétal — pour ne pas parler de l’homme, et ce, où qu’il se trouve aux quatre coins du monde. Nous en avons assez des mots. Il est maintenant temps d’agir. Il est temps de mettre fin à l’âge des brigands et des usuriers. Nous sommes à l’âge où les dirigeants doivent être responsables de l’ensemble du monde. Sauvez les esclaves du sud de l’Afrique ! Sauvez les affamés en Afrique ! Sauvez les Palestiniens des balles et de la torture ! Sauvez les Israéliens qui profanent leur grand patrimoine spirituel ! Sauvez ceux qui sont endettés pas les lois rigides de l’économie ! (…)

    Il se pourrait que le Mal soit plus faible que nous ne l’imaginons. En face de nous se tient une preuve indélébile : si la victoire n’était pas toujours du côté du Bien, des hordes d’humains errants n’auraient pas été capables de faire face aux bêtes et aux insectes, aux catastrophes naturelles, à la peur et à l’égoïsme, et n’auraient pu croître et se multiplier. Elles n’auraient pas été en mesure de former des nations, et d’exceller dans la créativité et l’invention, de se lancer à la conquête de l’espace et de déclarer les droits de l’homme. La vérité de la matière est que le Mal n’est qu’une débauche bruyante et turbulente, et que l’homme se souvient plus de ce qui le blesse que de ce qui lui plaît.

     

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    NAGUIB MAHFOUZ

    1988

     

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    mahfouz1

    Naguib Mahfouz


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    Là où d’autres proposent des œuvres je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit.
    La vie est de brûler des questions.
    Je ne conçois pas d’œuvre comme détachée de la vie.
    Je n’aime pas la création détachée. Je ne conçois pas non plus l’esprit comme détaché de lui-même. Chacune de mes œuvres, chacun des plans de moi-même, chacune des floraisons glacières de mon âme intérieure bave sur moi.
    Je me retrouve autant dans une lettre écrite pour expliquer le rétrécissement intime de mon être et le châtrage insensé de ma vie, que dans un essai extérieur à moi-même, et qui m’apparaît comme une grossesse indifférente de mon esprit.
    Je souffre que l’Esprit ne soit pas dans la vie et que la vie ne soit pas dans l’Esprit, je souffre de l’Esprit-organe, de l’Esprit-traduction, ou de l’Esprit-intimidation-des-choses pour les faire entrer dans l’Esprit.
    Ce livre je le mets en suspension dans la vie, je veux qu’il soit mordu par les choses extérieures, et d’abord par tous les soubresauts en cisaille, toutes les cillations de mon moi à venir.
    Toutes ces pages traînent comme des glaçons dans l’esprit. Qu’on excuse ma liberté absolue. Je me refuse de faire la différence entre aucune des minutes de moi-même. Je ne reconnais pas dans l’esprit de plan.
    Il faut en finir avec l’Esprit comme avec la littérature. Je dis que l’Esprit et la vie communiquent à tous les degrés. Je voudrais faire un livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.
    Et ceci n’est pas plus une préface à un livre, que les poèmes par exemple qui le jalonnent ou le dénombrement de toutes les rages du mal-être.
    Ceci n’est qu’un glaçon aussi mal avalé.

     

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    ANTONIN ARTAUD

     

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    ARTAUD,

     

     

     

     

     


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  • 11/03/14--18:35: ECRITS POETIQUES...Extrait
  • je m’agite.
    de la décision de ne plus être de la matière que je suis.
    de la matière dont je suis fait.
    de cette matière-là.
    de cette colle-là.
    de cette glu-là.
    de cette peau-là.
    de ce cœur-là.
    si je ne veux plus être de cette façon-là.
    je n’ai pas d’autre solution que de repartir.
    que de rejoindre une autre matière.
    que de revenir en arrière.
    que de tout faire cesser.
    ce qui ne pourrait pas continuer avec cette matière-là.

     

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    CHRISTOPHE TARKOS

     

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    tarkos


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  • 11/04/14--12:20: L'ESPERANCE
  • Dans l’obscurité pressentir la joie,
    Savoir susciter la fraîcheur des roses,
    Leur jeune parfum qui vient sous vos doigts
    Comme une douceur cherche un autre corps.
    Le coeur précédé d’antennes agiles,
    Avancer en soi, et grâce à quels yeux,
    Eclairer ceci, déceler cela,
    Rien qu’en approchant des mains lumineuses.
    Mais dans quel jardin erre-t-on ainsi
    Qui ne serait clos que par la pensée ?
    Ah pensons tout bas, n’effarouchons rien,
    Je sens que se forme un secret soleil.

     

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    JULES SUPERVIELLE

     

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    JULES

     

     

     


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  • 11/04/14--12:44: JOEL GRENIER...Extrait
  • J'ai goûté tous les vents qui agitent la Terre
    J'en ai vu des piquants qui trouaient ma mémoire
    Mes souvenirs fuyaient, tristes et solitaires.
    J'aurais dû les ranger au fond de mon armoire.

    J'en ai connu du nord qui m'ont glacé la veine
    A m'en faire trembler comme si j'avais peur.
    Je gardais mon sang froid mais j'avais de la peine :
    Près des feux de l'amour, je partais en vapeur.

    J'en ai mangé des doux qui disaient l'avenir
    Aux brillants de la lune et de la bague au doigt
    Ils me soufflaient tant de promesses à tenir
    Que j'ai mis les voiles bientôt comme il se doit

    J'ai bu à l'aquilon, dégusté le zéphyr,
    Je me suis enivré des vents forts du noroît.
    J'ai vidé le mistral de tout son élixir
    Et j'ai fini la burle à la table d'un roi.

    Mais j'ai surtout aimé le souffle de ta bouche
    Sur le bout de mon nez, sur le bord de mon coeur
    Quand il se faisait bise pour réchauffer ma couche,
    Quand il savait siffler les refrains du bonheur.

     

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    JOËL GRENIER

     

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    SOUFFLE2,

     

     

     

     


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  • 11/05/14--15:12: UN OISEAU CHANTE

  •     Un oiseau chante ne sais où
        C'est je crois ton âme qui veille
        Parmi tous les soldats d'un sou
        Et l'oiseau charme mon oreille

        Écoute il chante tendrement
        Je ne sais pas sur quelle branche
        Et partout il va me charmant
        Nuit et jour semaine et dimanche

        Mais que dire de cet oiseau
        Que dire des métamorphoses
        De l'âme en chant dans l'arbrisseau
        Du cœur en ciel du ciel en roses

        L'oiseau des soldats c'est l'amour
        Et mon amour c'est une fille
        La rose est moins parfaite et pour
        Moi seul l'oiseau bleu s'égosille

        Oiseau bleu comme le cœur bleu
        De mon amour au cœur céleste
        Ton chant si doux répète-le
        À la mitrailleuse funeste

        Qui claque à l'horizon et puis
        Sont-ce les astres que l'on sème
        Ainsi vont les jours et les nuits
        Amour bleu comme est le cœur même

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    GUILLAUME APOLLINAIRE

     

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    BLEU2

    Musée archéologique d'Héraklion


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  • 11/06/14--11:00: CHEVAUX DE FRISE
  • Pendant le blanc et nocturne novembre
    Alors que les arbres déchiquetés par l’artillerie
    Vieillissaient encore sous la neige
    Et semblaient à peine des chevaux de frise
    Entourés de vagues de fils de fer
    Mon cœur renaissait comme un arbre au printemps
    Un arbre fruitier sur lequel s’épanouissent
    Les fleurs de l’amour

    Pendant le blanc et nocturne novembre
    Tandis que chantaient épouvantablement les obus
    Et que les fleurs mortes de la terre exhalaient
    Leurs mortelles odeurs
    Moi je décrivais tous les jours mon amour à Madeleine
    La neige met de pâles fleurs sur les arbres
    Et toisonne d’hermine les chevaux de frise
    Que l’on voit partout
    Abandonnés et sinistres
    Chevaux muets
    Non chevaux barbes mais barbelés
    Et je les anime tout soudain
    En troupeau de jolis chevaux pies
    Qui vont vers toi comme de blanches vagues
    Sur la Méditerranée
    Et t’apportent mon amour
    Roselys ô panthère ô colombes étoile bleue
    Ô Madeleine
    Je t’aime avec délices
    Si je songe à tes yeux je songe aux sources fraîches
    Si je pense à ta bouche les roses m’apparaissent
    Si je songe à tes seins le Paraclet descend
    Ô double colombe de ta poitrine
    Et vient délier ma langue de poète
    Pour te redire
    Je t’aime
    Ton visage est un bouquet de fleurs
    Aujourd’hui je te vois non Panthère
    Mais Toutefleur
    Et je te respire ô ma Toutefleur
    Tous les lys montent en toi comme des cantiques d’amour et d’allégresse
    Et ces chants qui s’envolent vers toi
    M’emportent à ton côté
    Dans ton bel Orient où les lys
    Se changent en palmiers qui de leurs belles mains
    Me font signe de venir
    La fusée s’épanouit fleur nocturne
    Quand il fait noir
    Et elle retombe comme une pluie de larmes amoureuses
    De larmes heureuses que la joie fait couler
    Et je t’aime comme tu m’aimes
    Madeleine

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    GUILLAUME APOLLINAIRE

     

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    Madeleine_Pages2

    Madeleine Pagès

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Madeleine_Pag%C3%A8s

     

     


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  • 11/06/14--12:39: FEMININS
  • Appel féminin et peines peintes

    Et ce passage comme un pays de toi

    Encore perdu l’esprit à voir

    Solitude à l’obscurité allaitante

    Les chairs dans les gris pâles

    Des tendres atouts au bon sourire muet

    Un ruban de tissu à ton épaule brodé

    J’ai de toi les navires et les vents puissants

    Et tant le parfum et le temps et l’effroi

    Devant toi, bègue, moi, une partie de toi

    Sur tes grains tes rosées et perlée au loin

    Ton mystère sentier dans le vent pleine face

    Face au soleil farceur, féminin l’appel en vain

    Le vent vain qui frotte mes oreilles

     

    Appel féminin aux peines à peindre

    J’ai de ton corps les rimes entières

    En filant ma mort le long des rues

    Puis mourir pour toi, et ton corps

    Et encore dire et redire tes pertes et rires

    Et encore tes sentes et raccourcis

    Les pentes brutes de tes corps blancs

    Comme l’aube en toi j’aurais souffert

    Mille visages mille paysages mille caresses

    Au bout encore l’incertitude d’aimer

    Et les morts les morts en tas noirs

    Féminin, l’autre, encore, altérité souffrante

    Morceaux de toi, de moi, d’encore nous

    Comme un fruit blet mûr mou mort

     

    Appel féminin tu structures ton nom

    T’habilles en rêve de nylons doux

    Des perles à ton sexe tout éclairé

    En femme, et moi en autrui, l’autre

    L’inconnu, l’indécis, le maladroit, le malhabile

    Filant ton âme au creux de mes montagnes

    N’y comprenant rien de nouveau en mal

    Pour parfaire mes méconnaissances de toi

    L’incomplétude complète de mes manques

    L’inconfort et le mépris encore pour cette vie

    Plutôt ploiement et je tombe pour rien

    Perdant encore mon équilibre ma soif

    Mon embellissement de tes forêts en cale

    On ratiboise on coupe on arrache on tue

     

    Appel féminin enfin en faim, paisible

    Peine et conforts en arrière, le passé

    Le relief, tes formes, tes mots, tes lignes

    Je souhaitais le guide, l’homme providentiel

    L’amant qui tue, l’être de Mars, immense raffut

    Seulement, gesticulateur à rien, marionnette momie

    Homme de peu de valeur, homme de rien, sexe

    Négatif, sexe de rien, guide en rien

    Essaimage en rien, essaimage nul, essaim essoufflé

    Perdu, crétin, l’éden qui s’efface ici

    L’instabilité du noir, l’habillement du triste

    Alors que tes gypses étaient à mes yeux offerts

    Tes couleurs à la Vlaminck, ton visage sans manières

    Ton pampre magnifique au soleil flambant

     

    Appel féminin enfin que j’aurais cru comprendre

    Pâmoison à vos vues si terribles de vous

    Pâlir à vos corps de trop d’infinis

    Rareté de ces terrassements à tâtons

    Sans méthode donc, et pourtant avec sentiments

    Je peux perdre enfin de vous le peu de connu

    Espérer l’envers du miroir, voir l’autre décor

    L’or de tous vos corps, vos âmes multiples

    Vous souffrez aussi, vous ; et moi, encore, encore

    Perdre aussi cette vie indécente, bue à la lie

    Puis à vomir où stagne l’ennui, l’impasse de la vie

    Perdu, perdant et m’excusant, je n’aurais rien connu

    Tout fait faux, tout mal aimé, tout se tromper

     

    Et puis tant espérer pour toujours trop se tromper

     

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    Sur

    http://www.frenchpeterpan.com

     

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    Henri_Lebasque_(1865-1937)2


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  • 11/06/14--12:50: NOVEMBRE
  • Novembre est venu et défait les arbres pour égrainer le temps. Un banc désespéré compte les souvenirs en attendant la pluie. La terre se repose, elle a tant œuvréà dire le bonheur à ceux-là qui l'attendent.
    Novembre, c'est le temps où l'on chuchote aux ancêtres les mots du souvenir qui lentement s'estompe. C'est l'odeur des châtaignes dans les feux qui se ravivent à me parler de toi.
    Les promesses d'un soir d'hier chevauchent les feuilles avant de faner et tendent des tapis roux en attendant l'hiver.
    Des graines du printemps s'y cachent déjà, en murmures de soleil.

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    JOËL GRENIER

     

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    NOVEMBRE

     

     


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  • 11/07/14--04:33: LES DESESPERES
  • Se tiennent par la main et marchent en silence
    Dans ces villes éteintes que le crachin balance
    Ne sonnent que leurs pas pas à pas fredonnés
    Ils marchent en silence les désespérés

    Ils ont brûlé leurs ailes ils ont perdu leurs branches
    Tellement naufragés que la mort paraît blanche
    Ils reviennent d'amour ils se sont réveillés
    Ils marchent en silence les désespérés

    Et je sais leur chemin pour l'avoir cheminé
    Déjà plus de cent fois cent fois plus qu'à moitié
    Moins vieux ou plus meurtris ils vont le terminer
    Ils marchent en silence les désespérés

    Et en dessous du pont l'eau est douce et profonde
    Voici la bonne hôtesse voici la fin du monde
    Ils pleurent leurs prénoms comme de jeunes mariés
    Et fondent en silence les désespérés

    Que se lève celui qui leur lance la pierre
    Il ne sait de l'amour que le verbe s'aimer
    Sur le pont n'est plus rien qu'une brume légère
    Ça s'oublie en silence ceux qui ont espéré.

     

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    JACQUES BREL

    1966

     

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    SOLITUDE

     

     


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  • 11/07/14--06:08: LA CHANSON INTRADUISIBLE
  • Prendre sa main pour oreiller.
    Le ciel le fait avec ses nuages,
    La terre avec ses mottes
    Et l’arbre qui tombe
    Avec son propre feuillage.

    Ainsi seulement peut s’écouter
    La chanson sans distance,
    Celle qui n’entre pas dans l’oreille
    Parce qu’elle est dans l’oreille,
    La seule qui ne se répète pas.

    Tout homme a besoin
    D’une chanson intraduisible.

     

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    ROBERTO JUARROZ

     

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    juarroz,


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  • 11/07/14--06:16: LA CANCION INTRADUCIBLE
  • Usar la propia mano como almohada.
    El cielo lo hace con sus nubes,

    la tierra con sus terrones
    y el árbol que cae
    con su propio follaje.

    Sólo así puede escucharse
    la canción sin distancia,
    la canción que no entra en el oído
    porque está en el oído,
    la única canción que no se repite.

    Todo hombre necesita
    una canción intraducible.

     

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    ROBERTO JUARROZ

     

    .

     

    juarroz2,

     

     


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  • 11/07/14--06:34: ALBERT CAMUS

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  • 11/09/14--15:22: LA FAUSSE PAROLE...Extrait
  • Sans parole, je suis toute parole; sans langue, je suis chaque langue. D'incessants déferlements de rumeurs tantôt m'humectent et me font onde, tantôt m'affleurent comme d'un destin de calme promenade et me font sable, tantôt me choquent et me font roc. Je m'allonge en très immense et très docile plage où de vastes êtres collectifs, nerveux et tumultueux, abordent en gémissant élémentairement.

    De tous les langages mêlés, j'entends se composer une sorte de non-langage indicidiblement rumoreux; et ce non-langage, je l'écoute en ces suprêmes efforts pour tenter d'atterrir.

    *

    J'ai besoin chaque nuit de devenir tous les hommes et tous les pays. Dès que l'ombre s'assemble, je m'absente de ma vie et  ces écoutes de radio, dont je me suis fait cadeau, m'aident à conquérir des fatigues plus reposantes en vérité que tout sommeil. Chinois, Japonais, Arabes, Espagnols, Allemands, Turcs, Russes font au-dessus de moi leur petit bruit, m'encouragent à quitter mes enclos; je saute le mur de l'existence individuelle; par la parole d'autrui, je goûte à de merveilleuses bamboches nocturnes où plus rien de moi ne m'espionne.

     

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    ARMAND ROBIN

     

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    Jean-Paul Neglot-Tolgen

    Oeuvre Jean-Paul Neglot Tolgen

     

     

     

     

     


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  • 11/09/14--15:38: ORPHIQUES...Extrait
  • Quand  la  musique  de  mes  yeux  se  sera  tue

    quand  mon  Ombre  descellera  le  jour  de  pierre

    quand  mes  mains  ne  feront  plus  obstacle  aux  nuées

    quand  mon  oreille  aura  son  lit  parmi  les  astres

    quand  les  cieux  oubliés  ma  bouche  ensableront

     

    Alors  l'amère  lassitude  du  néant

    ayant  quitté ce  corps  qu'elle  avait  fait  pesant

    et  Un  jusqu'à l'inanition,  après  des  âges

    d'usure  contre  dieu  absent  et  de  désir

    de  froids  et  résistants  mouvements  vers  l'absurde

    centre  vertigineux  de  la  douleur  ignée,

    ce  corps  qui  gravitait  satellite  des  morts

    dans  l'orbe  rigoureux  tracé en  pure  gloire

    par  Rien,  et  qui  jamais  ne  fut  écrit  en  rien

     

    Alors  la  lassitude  illustre  d'être  un  moi

    —  appareil  de  somptuaire  ennui  et  de  limites

    mécanisant  de  l'œil  et  du  geste  le  Ciel  —

    s'évanouira  dans  l'aube  tendre  de  son  vide

    qui  l'enveloppe  et  la  pénètre  et  la  soutient.

    Car  tout  est  vu  de  l'intérieur  par  son  absence

    tout  prend  en  se  niant  sa  forme  la  plus  nue

    qui  seule  comprend  dieu.  Ce  monde  que  je  fus

    avare,  sans  un  vent  de  fraîcheur,  sans  un  arbre

    ce  poids  en  dieu  de  la  détresse  de  mes  morts

    jamais  il  n'inclina  vers  lui  les  douces  larmes

    jamais  il  ne  défigura  le  front  du  ciel

    Jamais  :  Ô nom  terriblement  muet  du  monde

    que  je  fus  qui  ne  fut  jamais  car  Je  est  mort.

     

    Mais  que  reprenne  la  musique  d'autres  yeux

    qu'une  autre  Ombre  voilée  de  jour  mûrisse  l'aube

    que  d'autres  mains  jouent  de  la  laine  des  nuées

    qu'une  autre  ouïe  s'éveille  au  chant  de  nouveaux astres

    que  d'autres  lèvres  soient  humectées  de  cieux  marins

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    PIERRE EMMANUEL

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    orphiques


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  • 11/09/14--16:01: PRESENT INTERIEUR...Extrait
  • à Josette Ségura

     

    Du monde tu ne vois

    que le verso

    mais ce soir tu as rendez-vous

    avec la page blanche

     

    A cet instant

    le monde

    ne fait que commencer

     

    Rien sur la table

    d’écoute

    hors le bruissement du papier

    des feuillages ailés

     

    à peine ce mouvement de paupières

    dans le silence

     

    et sous ta plume

    l’écriture des herbes couchées par le vent

     

    .

     

    GILLES BAUDRY

     

    .

     

     

     

    BAUDRY

     


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    Avoir conscience de ma vie finie.
    De l’infinité infinie immanente des mondes.
    De la relativité de toute connaissance.
    Le plaisir et le déplaisir parfois de regarder,
    d’entendre de sentir de penser
    les choses, humaines et non humaines,
    l’obscurité et la lumière.

    Trouver des mots pour essayer de dire.
    Écrire ce quelque chose qu’on appelle un poème,
    sachant qu’on ne sait pas
    ce que c’est .

     

    .

     

    LORAND GASPAR

     

    .

     

    gaspar

     

     


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