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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 11/20/14--06:15: RUCHES...Extrait
  • S'il vous plaît
    Refermez la chambre un moment
    Que la folie du monde se taise
    Que la vie soit plus belle que la vie
    Que les anges vacillent dans la mouvance du désir
    Que le baiser de la jeune mariée donne au ciel
    Une aurore de santal et de sel
    Que dure sur la mer immense
    Eternelle
    La traversée des innocences

    Que la noce des arbres en pollens
    Donne aux insectes
    La déraison des sentiments
    Un chemin de terre de pommes et de miel
    Dans ces rues de marbre

    Villages et lumières
    Enroulés autour des collines
    Printemps de Toscane

    S'il vous plaît
    Refermez la chambre un moment

     

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    PATRICK CHEMIN

     

    .

     

    Vladimir Makeyev,,

    Oeuvre Vladimir Makeyev

     

     


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  • 11/20/14--14:00: PEAU DE LUMIERE
  • La peau de lumière vêtant ce monde est sans épaisseur

    et moi je vois la nuit profonde de tous les corps

    identique sous le voile varié et la lumière de moi-même

    c’est cette nuit que même le masque solaire ne peut plus me cacher.

    Je suis le voyant de la nuit

    l’auditeur du silence

    car le silence aussi s’habille d’une peau sonore

    et chaque sens a sa nuit comme moi-même

    je suis ma nuit

    je suis le penseur du non-être et sa splendeur

    je suis le père de la mort.

    Elle en est la mère elle que j’évoque

    du parfait miroir de la nuit

    je suis l’homme à l’envers

    ma parole est un trou dans le silence.

    Je connais la désillusion

    je détruis ce que je deviens

    je tue ce que j’aime.

    .

     

    RENE DAUMAL

     

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    DAUMAL


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  • 11/20/14--14:11: MON PAYS MON NAUFRAGE

  • À Yann Orveillon,
    « Voleur de feu » considérable.

     

    le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoire
    et la mer en novembre y monte jusqu’aux bois
    les maîtres de naufrages attendent sur les dunes
    qu’un bateau étranger se perde dans les Passes

    le pays d’où je viens a la couleur des lampes
    que les enfants conduisent aux limites du sable
    on y marche toujours au milieu des légendes
    la trace des hommes s’y perd dans une Ville d’hiver

    le pays d’où je viens a la douleur des landes
    on y porte parfois des épaves insensées
    Il y a des bêtes blanches à la lisière des eaux
    et des forêts de feu près des océans morts

    le pays d’où je viens a la blessure des rames
    on y voit quelques fois des traces de passages
    qui mènent à des marées mortes depuis longtemps
    souvent les chalutiers battent pavillon noir

    le pays d’où je viens est plein d’hommes de guerre
    des maisons de ciment que l’on dit allemandes
    tombent depuis toujours dans les océans gris
    une femme m’y attend et toujours m’y conduit

    en face de Saint-Yves lors de la messe en mer
    des prêtres sur les vagues jettent des pains de sang
    tandis que des enfants en uniformes noirs
    crèvent le long des plages des bans de méduses blanches

    le pays d’où je viens efface les visages
    une femme épuisée s’y retient de mourir
    les nuits de l’équinoxe viennent des enfants seuls
    plus vieux d’avoir vécu au fond des océans

    le pays d’où je viens n’a jamais existé
    un vieil enfant de sable y pousse vers le large
    un bateau en ciment qui ne partira pas
    le pays d’où je viens s’endort en chien de fusil

    le pays d’où je viens est de mémoire allemande
    un Casino Mauresque y brûle sous les eaux
    une femme s’y promène au bras d’un étranger
    le pays d’où je viens n’a jamais existé…

    .

    TRISTAN CABRAL

     

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    phil charpentier,,2

    Oeuvre Philippe Charpentier

     

     

     

     


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  • 11/20/14--14:21: PABLO NERUDA
  • Tu es au crépuscule un nuage dans mon ciel,
    ta forme, ta couleur sont comme je les veux.
    Tu es mienne, tu es mienne, ma femme à la lèvre douce
    et mon songe infini s’établit dans ta vie.
    La lampe de mon coeur met du rose à tes pieds
    et mon vin d’amertume est plus doux sur tes lèvres,
    moissonneuse de ma chanson crépusculaire,
    tellement mienne dans mes songes solitaires
    Tu es mienne, tu es mienne, et je le crie dans la brise
    du soir, et le deuil de ma voix s’en va avec le vent.
    Au profond de mes yeux tu chasses, ton butin
    stagne comme les eaux de ton regard de nuit.
    Tu es prise au filet de ma musique, amour,
    aux mailles de mon chant larges comme le ciel.
    Sur les bords de tes yeux de deuil mon âme est née.
    Et le pays du songe avec ces yeux commence.

    .

     

    PABLO NERUDA

     

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    Vladimir Makeev 8

    Oeuvre Vladimir Makeev


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  • 11/20/14--14:28: NERUDA
  • En mi cielo al crepúsculo eres como una nube
    y tu color y forma son como yo los quiero.
    Eres mía, eres mía, mujer de labios dulces,
    y viven en tu vida mis infinitos sueños.

    La lámpara de mi alma te sonrosa los pies,
    el agrio vino mío es más dulce en tus labios:
    oh segadora de mi canción de atardecer,
    cómo te sienten mía mis sueños solitarios!

    Eres mía, eres mía, voy gritando en la brisa
    de la tarde, y el viento arrastra mi voz viuda.
    Cazadora del fondo de mis ojos, tu robo
    estanca como el agua tu mirada nocturna.

    En la red de mi música estás presa, amor mío,
    y mis redes de música son anchas como el cielo.
    Mi alma nace a la orilla de tus ojos de luto.
    En tus ojos de luto comienza el país del sueño

     

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    PABLO NERUDA

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    Vladimir Makeev (13)

    Oeuvre Vladimir Makeev

     


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  • 11/20/14--15:19: J0EL GRENIER
  • Et soudain, la lumière s'allume qui jaillit de la nuit, on ne sait pas pourquoi. Et les mots s'alignent comme des portes dans les couloirs de l'errance. Il suffit d'en pousser une, toutes sont ouvertes, pour trouver le miroir où l'on se reconnait et souffler sur la glace la chaleur d'un coeur pour ouvrir une page vierge, feuille de buée.
    Et le bout de l'index qui montre un chemin, dessine en tremblant une majuscule qui commence le voyage vers l'ailleurs.
    Des gouttes d'eau en minuscule découlent, souvent éphémères. Elles cherchent la route des océans où elles se noieront dans les vagues de l'oubli.
    Le dernier qui sortira éteindra la lumière !

    .

     

    JOEL GRENIER

     

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    coucher

     

     


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     Chevauchez vagues chevauchez crêtes illuminées
                    Sable et sel et craie et soleil
         Grande banque de larmes et ses branches de  sel
    Chevauchez vagues roulez jusqu’aux horizons blêmes
                   Cendres et sel et plaie et silence
    Inlassable murmure immense émulsion des âmes en ténèbres
    Braise bleue des vaisseaux enfoncés et des planches à croire
        Roulez vagues roulez vos épaules comme les hanches salées
                 Braise et lune et craie et souffrance
    Eclairez blanches les déchirures sournoise des ronces de rochers
      Les lumières assassines des naufrageurs aux dents d’ombre
    Poussez la charrette hurlante des vents du nord des tempêtes
    Roulez vagues hurlez sous le harnais du souffle d’épouvante
                   Brume et amble et soie et soleil
    Ombres cachées couchées au fond du froid au fond des ongles
         Jusqu’à l’aveugle folie des abimes où dorment celles
    Qui ont exaucé les rêves de conquêtes les espoirs magellans
    Celles aussi qui ont enfoncé le titanic et les barques de pêches
          Hurlez vagues hurlez entre leurs seins de sel éblouissez
                    Sable et sel et craie et soleil
         Grand champ d’iris au jusant reposé parmi les algues
            Laissez-vous caresser par ce sable que vous saoulez
    Avouez ce sel qui blanchit vos doigts écumants car voici
    L’instant d’écrire aux rochers votre testament de craie
         Acceptez le soleil entre les plis creux de vos robes
    Et chevauchez roulez hurlez éblouissez l’aube du temps
                        Soleil et craie et sel et sable
          Un monde retourné se défait entre les mains mouillées
          Comme une caresse à l’envers qui semble lasse et nue
    Face à l’immense pulsation dont on ne sait rien d’autre
         Que ce qui bat sous la peau jusqu’au fond du silence
    Jusqu’au sang chevauché interminable le jour la nuit le jour
                           Semble et pleine et salie et sable
    La plage au matin délaissée les longs doigts bleus posés
    Comme les vagues épuisées sur les épaules des sirènes
          Et le cœur est si las au bout des nuits de joues salées
    Au bout des rêves hurlés roulés trop grands pour une vie
                   Brune et tendre et sel et dormante
         Plus de montagnes pour lever les roses de l’horizon
      Plus qu’une longe posée sur le sol comme on se donne
    Un cheval entre les bras quand sonne le cœur monte la houle
                   Bleue et craie et tremble et brûlante
        Plus rien qu’un bouquet d’eau entre les doigts les cils
    Et la soif d’y renaitre bientôt au jusant les aisselles en pluie
                           Soleil et crêtes et cris et tempêtes
                  Comme on se laisse manger les paupières la nuit.

    .

     

    ALAIN DUAULT

     

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    duault

    Photographie Emmila


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  • 11/22/14--03:04: ARCHIPEL DE HAUTS KSOUR
  • Sur la dune soyeuse
    Où l’insecte a laissé une infime graphie,
    L’aube avec l’ombre, au bord du monde, est connivence :
    Glyphe diffus, toujours
    Bleui de crépuscule, amplifié de nimbes
    D’ambre pâle et d’or blond ... Le jour se fait regard,
    Sur l’horizon lavé de brume imperceptible,
    Dans l’azur nouveau né ... Parmi les tamaris
    Grêles et purs, la tourterelle,
    Cendrée de nuit, ne songe à s’affliger,
    Captive du silence ... Un fleuve au loin se grave
    Dans les gorges ; le ciel m’épelle une vallée
    Choyée de fèves et de roses ;
    Et la bonté de l’orient
    Sur la face du monde avère toutes choses,
    Au rêve migrateur compose un texte sûr ...

     

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    TOUSSAINT MEDINE SHANGÔ

      " Des silences du soir "

    http://www.toussaint-medine-shango.com/poemes_epars/4

     

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    thami benkirane

    Photographie Thami Benkirane

    http://benkiranet.aminus3.com/

     

     


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    Pourvu que Pierre la regarde encore et encore et la fasse fleurir nuit après nuit, Marthe consent àêtre nue devant lui et prise, surprise, dessinée

                nue sur le lit juste après l’amour, voluptueuse encore, indolente, une main caressant le sein où le plaisir longuement s’étire,

                nue à demi enfilant ses bas et tournant la rouge jarretière, la jambe prête aux

    pires écarts,

                nue aux bas noirs sous la lampe et plus que nue, la tête prise dans l’écume des

    chemises, et livrées aux rougeurs,

                nue à la baignade, nymphe penchée sur le miroir d’eau,

                nue au tub se lavant, accroupie, à genoux, cassée,

                nue dans son bain longue sous l’eau verte, rêveuse,

                nue debout à sa toilette, en escarpins à talons hauts,

    ou courbée,

    s’essuyant une jambe, se coupant les ongles des pieds, nue et cambrée,

    brûlant tout l’or du jour dans ses courbes

     

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    GUY GOFFETTE

     

    .

     

    Pierre Bonnard Marthe nue sur son lit,

    Oeuvre Pierre Bonnard


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  • 11/23/14--11:49: GUY GOFFETTE
  • Mais que cherchais-tu donc qui ne fût pas

    le vent debout, ni le ressac d’enfance

    dans les soirs gris, ni le redoublement

    du vertige d’aimer

             

    une autre terre que celle-ci, un autre

    ciel, un autre temps ? Que cherchais-tu

    sur la route que tu n’aies pas trouvé déjà

    dans l’herbe familière

        

    et déjà reperdu, bague de rosée ou signe

    qu’un homme allant à son pas t’a laissé

    sur la vitre avant de disparaître,

    ouvrant les arbres

    un puits où la lumière se nourrit de tes yeux.

     

    .

     

    GUY GOFFETTE

     

    .

     

    MEMOIRE

     

     


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    « Orgasme ? orchestre ? organdi  ? Oriflamme ? Or pur de l’être, visité d’une immense sensation de lumière (…), et resplendissant – entre la plus grande unité d’être et la merveilleuse dispersion du lâcher prise, de la caresse de l’algue au cri des étoiles… »

    .....

     

    Tout ce qui a couleur de votre émoi, parcourant la terre, les mers et les infinis respirables qui nous sont donnés, traversant le jour et les nuits, portera à mes lèvres vos mots de lune, de souvenir et de solitude bleuis ; et ce murmure rendra à mes heures leur part d’éblouissement. »

     

    .

    OLYMPIA ALBERTI

     

    .

     

    olympia

     

     


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    «... Ressentir d’une chose qu’elle est belle, comme nous le faisons sans que rien ne
    nous y prépare ou encore moins oblige, c’est éprouver qu’elle éclaire plus loin qu’elle-même; c’est éprouver, à la fin des fins, qu’elle ouvre à n’en plus finir.
    Par elle, je suis conduit vers la lumière qui a porté depuis des siècles tant de noms divins,
    dont aucun n’est jamais parvenu à ne pas la voiler en partie

    Par elle, je suis entraîné, comme par des sirènes non captieuses, dans un espace qui pourrait être de plus en plus ouvert ; comme il arrive qu’une main vous capture, vous entraîne, en
    silence, horsdes plus sombres labyrinthes

    Par elle pourrait commencer la réparation du plus haut ciel. A même la terre qui ne s’ouvrirait plus seulement à coups de bêches pour des tombes.

    Paroles à la limite de l’ouïe, à personne attribuables, reçues dans
    la conque de l’oreille comme la rosée par une feuille ...

    ....

     

    ...légère, frêle, presque invisible, apparemment sans force, exposée,
    abandonnée, livrée, obéissante elle se lie à la chose lourde,
    immobile; et une fleur s’ouvre au versant des montagnes. Cela est.
    Cela persistecontre le bruit, la sottise, tenace parmi le sang et la
    malédiction, dans la vie impossible à assumer, à vivre; ainsi,
    l’esprit circule en dépit de tout, et nécessairement dérisoire, non
    payé, non probant. Ainsi faut-il poursuivre, disséminer, risquer des
    mots, leur donner juste le poids voulu, ne jamais cesser jusqu’à la
    fin contre, toujours contre soi et le monde, avant d’en arriver à
    dépasser l’opposition, justement à travers les mots qui passent la
    limite, le mur, qui traversent, franchissent, ouvrent, et finalement
    parfois triomphent en parfum, en couleur un instant, seulement un
    instant...»

     

    .

     

    PHILIPPE JACCOTTET

     

    .

     

    Jean-Paul Neglot-Tolgen

    Jean-Paul Neglot Tolguen


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    écrire c'est pouvoir s'exiler en toute liberté
    j'écris pour ceux-là qui ne me liront jamais
    des générations entières poussent ma plume
    j'écris pour m'écouter pour me regarder penser
    pour ne plus être l'étranger en ma demeure
    pour exorciser les anges noirs de ma solitude
    et apprivoiser la bête qui rugit dans ma tête
    j'écris pour domestiquer le mystère des mots
    sonder mon essence signifier mon existence
    pour mettre le langage à poil et l'endoscoper
    pour décrypter le code symphonique des mots
    et vêtir ma substance d'images transparentes
    j'écris pour me suivre à la trace me dépister
    pour semer des petits cailloux de mémoire
    pour me faire plaisir en buvant à mes eaux
    j'écris pour être en amont de ce qui m'avale
    pour faire vibrer la voix de ma vie intérieure
    pour m'affranchir du quotidien mat et plat
    j'écris pour volatiliser mon vertige de vivre
    pour jouir de ma conscience d'être en vie
    pour séduire petit à petit ma soeur la mort
    écrire c'est armer les mots jusqu'aux dents
    j'écris pour que mon cri refasse le big bang
    j'écris pour entrouvrir la porte de l'éternité
    j'écris pour donner une forme à mon néant
    toute écriture est le testament de l'humanité
    le socle de la démocratie c'est l'alphabet
    l'alphabétisation de la planète tout entière
    est le premier combat de toute démocratie
    la démocratie deviendra une vraie réalité
    quand tout le monde pourra lire et écrire
    quand à la place des fusils et des canons
    on donnera à tous les humains des crayons

    .

     

    RAOUL DUGUAY

     

    .

     

    ECRIRE

     

     

     

     


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    Que pourrais-je vous donner de plus grand que mon gouffre ?
    Etre lucide
    C’est perdre connaissance
    Etre libre
    C’est perdre l’équilibre
    Etre vengeur
    C’est terrasser la vengeance
    Etre intact
    C’est terrasser l’évidence
    Etre aux abois
    C’est passer au-delà
    Invincible est la détresse
    De celui qui voit

    ...

    Quand vous dites
    Qu’il faut marcher avec ceux qui construisent le printemps
    Pour les aider à ne pas être seuls
    Et pour ne pas être seul soi-même
    Dans sa tour de pierre
    Dévoré de lierre
    Je vous donne raison
    Et quand vous dites
    Qu’on n’a de raison d’être
    Que pour les autres êtres
    Vous avez raison vous avez raison

    Et quand vous dites
    Qu’il faut chanter le monde pour le transformer
    Et pour l’expliquer et pour le sauver
    Et pour vivre non seulement dans sa bulle de savon
    Mais dans la haine de l’injustice
    Et pour un but incarné comme un champ de blé
    Vous avez raison vous avez raison

    Mais je sais
    Qu’une étreinte fraternelle sans patrie ni parti
    Est plus forte que toutes les doctrines des docteurs
    Mais je sais
    Que pour libérer l’homme des haltères de misère
    Il ne suffit pas de briser les idoles
    Pour en mettre d’autres à leur place publique
    Mais qu’il faut piocher et piocher sans fin jusqu’au fond de l’abcès
    Et boire ce calice jusqu’à la lie

    On ne libère pas l’homme de son rein flottant
    Par une gaine élastique aux arêtes barbelées
    On ne libère pas l’homme de son corset de fer
    En le plongeant dans un vivier de baleines
    On ne libère pas l’homme de ses maudits États
    En le condamnant à vie par un modèle d’État

    La vérité n’est pas un marteau que l’on serre dans sa main
    Fût-ce une main de géant plein de bonne volonté
    Mais la vérité c’est ce par quoi nous sommes façonnés
    Mais la vérité c’est ce par quoi nous sommes éclairés
    Quand par la nuit sans suite les mots jaillissent de nos lèvres
    Pour apaiser les hommes suspendus à leur vide

    .

     

    PAUL VALET

     

    .

     

    PAUL

     

     


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  • 11/25/14--09:47: LE FOU D'ELSA...Extrait
  • Il y a des choses que je ne dis à Personne Alors
    Elles ne font de mal à personne Mais
    Le malheur c'est
    Que moi
    Le malheur le malheur c'est
    Que moi ces choses je les sais

    Il y a des choses qui me rongent La nuit
    Par exemple des choses comme
    Comment dire comment des choses comme des songes
    Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes

    Il y a des choses qui me sont tout à fait
    Mais tout à fait insupportables même si
    Je n'en dis rien même si je n'en
    Dis rien comprenez comprenez moi bien

    Alors ça vous parfois ça vous étouffe
    Regardez regardez moi bien
    Regardez ma bouche
    Qui s'ouvre et ferme et ne dit rien

    Penser seulement d'autre chose
    Songer à voix haute et de moi
    Mots sortent de quoi je m'étonne
    Qui ne font de mal à personne

    Au lieu de quoi j'ai peur de moi
    De cette chose en moi qui parle

    Je sais bien qu'il ne le faut pas
    Mais que voulez-vous que j'y fasse
    Ma bouche s'ouvre et l'âme est là
    Qui palpite oiseau sur ma lèvre

    Ô tout ce que je ne dis pas
    Ce que je ne dis à personne
    Le malheur c'est que cela sonne
    Et cogne obstinément en moi
    Le malheur c'est que c'est en moi
    Même si n'en sait rien personne
    Non laissez moi non laissez moi
    Parfois je me le dis parfois
    Il vaut mieux parler que se taire

    Et puis je sens se dessécher
    Ces mots de moi dans ma salive
    C'est là le malheur pas le mien
    Le malheur qui nous est commun
    Épouvantes des autres hommes
    Et qui donc t'eut donné la main
    Étant donné ce que nous sommes

    Pour peu pour peu que tu l'aies dit
    Cela qui ne peut prendre forme
    Cela qui t'habite et prend forme
    Tout au moins qui est sur le point
    Qu'écrase ton poing
    Et les gens Que voulez-vous dire
    Tu te sens comme tu te sens
    Bête en face des gens Qu'étais-je
    Qu'étais-je à dire Ah oui peut-être
    Qu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on aille
    Où donc Même cela c'est trop
    Et je les garde dans les dents
    Ces mots de peur qu'ils signifient

    Ne me regardez pas dedans
    Qu'il fait beau cela vous suffit
    Je peux bien dire qu'il fait beau
    Même s'il pleut sur mon visage
    Croire au soleil quand tombe l'eau
    Les mots dans moi meurent si fort
    Qui si fortement me meurtrissent
    Les mots que je ne forme pas
    Est-ce leur mort en moi qui mord

    Le malheur c'est savoir de quoi
    Je ne parle pas à la fois
    Et de quoi cependant je parle

    C'est en nous qu'il nous faut nous taire

    .

     

    LOUIS ARAGON

     

    .

     

    christian arjonilla

    Oeuvre Christian Arjonilla

     

     

     

     


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  • 11/29/14--10:17: GARCIA LORCA...Extrait
  • Je prononce ton nom

    Au coeur des nuits obscures

    Lorsque viennent les astres

    Boire à l'eau de la lune

    Et que dorment les feuilles

    Des secrètes ramures.

    Je me sens tout sonore

    De passion, de musique,

    Folle horloge qui chante

    Les heures de jadis.

    Je prononce ton nom

    En cette nuit obscure

    Et je l'entends sonner

    Plus lointain que jamais,

    Plus lointain que toutes les étoiles,

    Et plus plaintif que le bruit de la pluie.

    Pourrai-je un jour t'aimer

    Comme je fis naguère?

    Mon coeur, où est la faute?

    Si le brouillard s'éclaire,

    Aurai-je une nouvelle

    Passion, tranquille et pure?

    Ah, si mes doigts pouvaient

    Vous effeuiller, ô lune!

     

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    FEDERICO GARCIA LORCA

     

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    flamenco

     


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    Au pays des mots les jardiniers plantent des arbres

    Et cueillent aux branches les lettres pour créer des livres

    Ce sont les fruits des mots qui nourrissent les hommes

    Tandis que certains cultivent au gré des saisons le bois

    Comme on sème au jardin les graines des nouveaux arbres

    Le bûcheron des mots s'enfonce dans les forêts sombres

    Du haut pays à la recherche des mélèzes des sapins et des hêtres

    Dont les branches caressent en douceur les nuages d'argent

    Ils bruissent et tremblent et pleurent de toutes leurs feuilles

    La scie crisse meurtrissant de blessures l'écorce du tronc

    Pour que le poète puisse en recueillir la résine du sens

    Dans la chevelure des arbres s'élève un concert d'oiseaux

    Sous les coups de sa hache les accrus des troncs s'envolent

    Les elfes et les fées en sucent la sève au milieu des renards

    Leurs graines de poésie se propagent comme pollen au vent

    Et se déposent en bourgeons dans la mousse des coeurs

    J'en garde quelques graines comme une poignée d'étoiles

    Pour la femme que j'aime et quelques amis de plain-chant

    Elles font de notre table un banquet de fête où l'on entonne

    A chaude voix que la poésie vous garde le coeur vivant.

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    JACQUES VIALLEBESSET

     

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    JACQUES

     

     

     

     

     

     

     


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