Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Showcase


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 44 | 45 | (Page 46) | 47 | 48 | .... | 183 | newer

    0 0


    0 0

    Tu es la fête rebelle du désir
    source du chant jailli d’instinct
    riposte vive du feu
    et forme inavouée de ses codes

    Un besoin d’aimer fait violence
    à tout ce qui simple écho des censures
    ne peut se dresser en une suite
    de petits désordres déterminés
    capables de tracer
    ta ligne de vie
    au milieu de mon poème

    Sans ta voix pour la porter
    mon écriture ne serait plus jamais la même

     

    ! DIAMON~11

     

     

     

    DOMINIQUE LAUZON

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    GORBAN-Michael

    Oeuvre Michael Gorban

     

     


    0 0
  • 12/09/14--11:54: POEMES EPARS...Extrait
  • Voici l’été de ton nom murmuré
    le grand été vert tout autour de ta maison
    et si doux quand glisse dessus ton regard
    voici les miels de somnolence
    à ton cou d’herbes folles
    l’oubli collier de mésanges

    je soufflais sur toi un vent de puits
    alors tes yeux avouaient
    leur beauté d’années-lumière
    et sous ma main de parfaite innocence
    naissait ton corps le parfait pays

    voici l’été profond dans ton oreille
    mais pour moi l’été cratère où tu n’es pas
    le grand châle bleu de l’espace où mourir

    ! DIAMON~11

     

     

    GASTON MIRON

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    michael gorban

    Oeuvre Michael Gorban

     

     

     

     


    0 0
  • 12/09/14--12:14: CARCO
  • Dis qu'as-tu fait des jours enfuis
    De ta jeunesse et de toi-même
    De tes mains pleines de poèmes
    Qui tremblaient au bout de ta nuit

    Il avait toujours dans la tête
    Le manège d'anciens tourments
    De la fenêtre par moment
    Parvenaient des bouffées de fête

    Où sont les lumières lointaines
    Voici fermés les yeux éteints
    Ce chant des lilas au matin
    De Montmartre à Mortefontaine

    Tu meurs sans avoir vu le drame
    Carco qui ne sus que chanter
    Te souviens-tu de cet été
    De Nice où nous nous rencontrâmes

    On faisait semblant d'être heureux
    Le ciel ressemblait à la mer
    Même l'aurore était amère
    C'était en l'an quarante-deux

    Excuse-moi que je le dise
    Dans ce Paris où tu n'es plus
    Comme Guillaume l'a voulu
    Qu'un nom qui se mélancolise

    Que l'avenir du moins n'oublie
    Ce qui fut le charme de l'air
    Le bonheur d'être et le vin clair
    La Seine douce dans son lit

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    LOUIS ARAGON

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

     


    0 0
  • 12/09/14--12:40: SOIE
  • Toi que j’appelais parfois Soie
    pour ne pas te nommer en chair,
    je te regarde brasiller,
    montrant ce que chacun peut voir
    mais que moi j’aimerais voiler
    quand mes yeux cherchent à tâtons
    par les échancrures des soies
    la piste qui me conduira
    dans l’ombre sainte de tes seins.
    J’y resterais toute la nuit,
    dans le silence des caresses
    et le soupçon des frôlements,
    pour qu’à l’aube je puisse enfin
    voir se dorer dans la lumière
    ces coupoles du sanctuaire
    ô Soie, de l’ultime désir.

    ! DIAMON~11

     

     

    HUBERT NYSSEN

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    teodor axentowicz,

    Oeuvre Téodor Axentowicz

     

     

     

     


    0 0
  • 12/11/14--05:51: ZIAD ABOU EIN
  • En mémoire de Ziad Abou Ein

     

    L’armée de l’occupation israélienne a tué ce mercredi 10 décembre 2014, le ministre palestinien en charge du dossier des colonies et du mur d’annexion, ancien ministre des prisonniers Ziad Abou Ein lors d’une manifestation populaire non-violente contre la Colonisation près de Ramallah en Cisjordanie occupée.
    Il manifestait pacifiquement contre la confiscation des terres palestiniennes au profit d’une colonie israélienne illégale, et devait planter un olivier de paix sur cette terre.

     

    ! DIAMON~11

     


     L'olivier ! Naturellement ce n'est pas original, mais on a les arbres que l'on peut et celui-là a toutes les vertus. D'autres essences ont plus de prestige. La littérature les a chantées sur tous les tons. Elle a dit la beauté rectiligne des cèdres, ceux du Liban, dont elle a même entendu les choeurs, mais les nôtres ne sont pas moins altiers ni moins harmonieux ; je les trouve même plus humains...


    ...


     L'olivier, comme nous, aime les joies profondes, celles qui vont par delà la surface des faux-semblants et des bonheurs d'apparat. Comme nous, il répugne à la facilité. Contre toute logique, c'est en hiver qu'il porte ses fruits, quand la froidure condamne à mort tous les autres arbres. C'est alors que les hommes s'arment et les femmes se parent pour aller célébrer avec lui les rudes noces de la cueillette. Il pleut, souvent il neige, quelquefois il gèle. Pour aller jusqu'à lui, il faut traverser la rivière et la rivière en hiver se gonfle. Elle emporte les pierres, les arbres et quelque fois les traverseurs. Mais qu'importe ! Cela ne nous a jamais arrêtés ; c'est le prix qu'il faut payer pour être de la fête. Le souvenir émerveillé que je garde de ces noces avec les oliviers de l'autre côté de la rivière ne s'effacera de ma mémoire qu'avec les jours de ma vie.

    ....


    L'arbre de mon climat à moi, c'est l'olivier ; il est fraternel et à notre exacte image. Il ne fuse pas d'un élan vers le ciel comme vos arbres gavés d'eau. Il est noueux, rugueux, il est rude, il oppose une écorce fissurée mais dense aux caprices d'un ciel qui passe en quelques jours des gelées d'un hiver furieux aux canicules sans tendresses. A ce prix, il a traversé les siècles. Certains vieux troncs, comme les pierres du chemin, comme les galets de la rivière dont ils ont la dureté, sont aussi immémoriaux et impavides aux épisodes de l'histoire ; ils ont vu naître, vivre, et mourir nos pères et les pères de nos pères. A certains on donne des noms comme à des amis familiers ou à la femme aimée (tous les arbres chez nous sont au féminin) parce qu'ils sont tissés à nos jours, à nos joies, comme à la trame des burnous qui couvrent nos corps...

    ! DIAMON~11

     

    MOULOUD MAMMERI

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ZIAD ABOU EIN,

    Ziad Abou Ein

     

     


    0 0
  • 12/11/14--07:47: THE GAZA BOX...Extrait
  • J’ai lu ton livre sur les mythes -

    et toi ?

    J’ai testé le miroir pour ton visage -

    et toi ?

    J’ai passé les ruines en revue et celles, plus vastes, dans ton coeur -

    et toi ?

    j’ai gardé en mémoire la forme des fumées noires et le ciel orange dans les plus infimes cadavres –

    et toi ?

    j’ai vérifié si la solitude était ce que devient le corps quand la mort est son seul bien –

    et toi ?

    As-tu songéà ta femme le soir où tu tuas la mienne ?

    Et de manière inopinée,

    l’image de ton fils traversera

    ton esprit,

    tu te demanderas pourquoi

    tu es venu en fin de compte,

    tu respireras autrement,

    les mots ne seront plus capables

    de dresser la carte de tes crimes.

    J’ai fait le compte des dégâts dans ma chair

    - et toi ?

    J’ai retrouvé la scène où

    dans le livre

    tu effaces mon nom

    qui s’obstine à réapparaître,

    sais-tu que ces lettres sont de celles qui retrouvent toujours leur forme originelle

    alors regarde-moi dans les yeux

    avant de périr l’un et l’autre.

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    NATHALIE HANDAL

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    pal 2

     

     

     

     

     


    0 0

    Tu voulais que je te dise
    le secret du renouveau.
    Mais je garde le secret
    tout autant que le sapin.

    Arbre dont les mille doigts
    indiquent mille chemins.

    Je ne te dirai jamais, mon amour,
    pourquoi si lentement le fleuve coule.

    Mais je mettrai en ma voix d'eau dormante
    le ciel cendré de tes regards.

    Tourne autour de moi, ma brune,
    et prends bien garde à mes feuilles.
    Tourne encore, tourne toujours
    jouant à la noria de l'amour.

    Quand je le voudrais, je ne puis te dire,
    hélas, le secret du renouveau.

     

    ! DIAMON~11

     

    FEDERICO GARCIA LORCA

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    sapin2

     

     

     


    0 0
  • 12/11/14--09:05: POEMES D'AMOUR...Extrait
  • Les crépuscules et les générations.

    Les jours dont aucun ne fut le premier.

    La fraîcheur de l'eau dans la gorge

    D'Adam. L'ordre du Paradis.

    L'œil déchiffrant les ténèbres.

    L'amour des loups à l'aube.

    La parole. L'hexamètre. Le miroir.

    La tour de Babel et l'arrogance.

    La lune que regardaient les Chaldéens.

    Les sables innumérables du Gange.

    Tchouang-tseu et le papillon qui le rêve.

    Les pommes d'or des îles.

    Les pas du labyrinthe vagabond.

    La toile infinie de Pénélope.

    Le temps circulaire des stoïques.

    La monnaie dans la bouche du mort.

    Le poids de l'épée sur la balance.

    Chaque goutte d'eau dans la clepsydre.

    Les aigles, les fastes, les légions.

    César le matin de Pharsale.

    L'ombre des croix sur la terre.

    Les échecs et l'algèbre du Persan.

    Les traces des longues migrations.

    La conquête des royaumes avec l'épée.

    La boussole incessante. la mer ouverte.

    L'écho de la pendule dans la mémoire.

    Le roi exécutéà la hache.

    La poussière incalculable des armées.

    La voix du rossignol au Danemark.

    La ligne scrupuleuse du calligraphe.

    Le visage du suicidaire dans la glace.

    La carte du joueur. L'or vorace.

    Les formes du nuage dans le désert.

    Chaque arabesque du kaléidoscope.

    Chaque remords et chaque larme;

    Il a fallu toutes ces choses

    Pour que nos mains se rencontrent.

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    JORGE LUIS BORGES

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Boleslaw Szankowski 2,

    Oeuvre Boleslaw Szankowski

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 12/12/14--11:41: HELENE CADOU
  • Je sais que tu m’as inventée
    Que je suis née de ton regard
    Toi qui donnais lumière aux arbres
    Mais depuis que tu m’as quittée
    Pour un sommeil qui te dévore
    Je m’applique à te redonner
    Dans le nid tremblant de mes mains
    Une part de jour assez douce
    Pour t’obliger à vivre encore.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    HELENE CADOU

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    Carl Vilhelm Holsoe,,

    Oeuvre Carl Wilhelm Holsoe

     

     

     

     


    0 0

    Papier
    mémoire d’écorce
    souvenir d’aubier
    réminiscence du bruissement des feuilles.

    Papier
    peau de nos mots.
    Quand tu deviens bateau
    confetti
    cerf-volant
    le silence fait l’école buissonnière.

    Lorsque tu te changes en poème
    un visage en toi se reflète
    révèle tous mes secrets.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ANTHONY PHELPS

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    papier2

     

     

     

     


    0 0

    Aller aujourd’hui plus à toi
    Qu’être simplement vivant,
    Aller aujourd’hui à toi
    Avec la pensée tout à fait libre
    De mon chemin,
    Aller aujourd’hui à toi
    Àégale distance d’un sifflement à l’être
    Et au néant,
    Aller aujourd’hui à toi
    Avec sur ma poitrine un talisman contre les assauts tangentiels
    De la mort,
    Aller aujourd’hui à toi
    Plus qu’à la nudité de ton corps,
    Plus qu’à la pluie convexe de l’amour,
    Aller aujourd’hui à toi
    Sans paroles ni de moi ni de toi
    Au milieu;

    Et maudit soit alors un poème
    Aller à toi
    Dépourvu maintenant même
    De dieu,
    De pain,
    D’eau,
    De rien,
    De cette rose aussi
    Cachée un jour en secret par nous deux
    Dans un lieu bien plus sûr
    Hors de la vie.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    FERNANDO EDUARDO CARITA

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    roza

     

     

     


    0 0
  • 12/13/14--12:53: POUR FAIRE NEDJMA
  • Il faut une palme
    un peu d'eau
    il faut du sable fin
    très doux
    il faut du soleil
    des dattes
    du thé il faut un port de reine un rire clair
    il faut aussi une petite larme
    de temps en temps seulement
    bien sûr
    il faut surtout ses mains
    ses doigts agiles
    et frêles
    il faut une petite pointe
    d'humour
    beaucoup de tendresse
    ne pas oublier quelques fleurs
    les plus petites
    mais les plus belles

    ! DIAMON~11

     

    GERALD BLONCOURT

     

     

    ! DIAMON~11

     

    boleslaw szankowski3

    Oeuvre Boleslaw Szankowski

     

     


    0 0

    Par un sentier grimpant sous les cytises
    j’ai débouché sur un pré de scabieuses
    et aperçu sur la rosée qu’irise
    le jour naissant, prête à l’essor, la buse.

    Je me suis allongé pour ne plus voir
    des arbres que leur cime et ne savoir
    des vivants que leur cœur quand le langage
    en confie la rumeur au vent sauvage.

     

    ! DIAMON~11



    JEAN GROSJEAN

     

    ! DIAMON~11

     

    DOMINIQUE DUBOIS2

    Photographie Dominique Dubois

     

     


    0 0
  • 12/13/14--13:50: FEMMES JE VOUS AIME
  • Quelquefois
    Si douces
    Quand la vie me touche
    Comme nous tous
    Alors si douces...

    Quelquefois
    Si dures
    Que chaque blessure
    Longtemps me dure
    Longtemps me dure...

    Femmes... Je vous aime
    Femmes... Je vous aime
    Je n'en connais pas de faciles
    Je n'en connais que de fragiles
    Et difficiles
    Oui... difficiles

    Quelquefois
    Si drôles
    Sur un coin d'épaule
    Oh oui... Si drôles
    Regard qui frôle...

    Quelquefois
    Si seules
    Parfois elles le veulent
    Oui mais... Si seules
    Oui mais si seules...

    Femmes... Je vous aime
    Femmes... Je vous aime
    Vous êtes ma mère, je vous ressemble
    Et tout ensemble mon enfant
    Mon impatience
    Et ma souffrance...

    Femmes... Je vous aime
    Femmes... Je vous aime
    Si parfois ces mots se déchirent
    C'est que je n'ose pas vous dire
    Je vous désire
    Ou même pire
    O... Femmes...

     

    ! DIAMON~11

     

     

    JEAN-LOUP DABADIE

     

     

    ! DIAMON~11

     

     


    0 0
  • 12/14/14--02:27: PEINDRE DECEMBRE
  • En pensant aujourd'hui à ma puce dont c'est l'anniversaire....

    ! DIAMON~11

    ! DIAMON~11

    Je mets dujaune-de l'orange
    du rouge
    -des fleurs de papier
    des étoiles d'
    argent
    des bougies
    -des bougies-des bougies

    Décembre en noir et gris
    ouvre chaque matin une fenêtre
    grignote un peu plus de jour
    -crache
    les pépins de givre sur les toits

    Aux lointaines incantations des ancêtres
    se mêle une petite musique
    distraitement je demande
    tu as mis un disque ?

    mais il n'y a qu'une pie bavarde
    au balcon et des brumes de souvenirs
    qui se mêlent à l'hiver

     

    ! DIAMON~11

     

    LUCIE PETIT

     

     

    ! DIAMON~11

     

    vince,,

     

     

     

     

     


    0 0
  • 12/14/14--02:53: LA PLUS QUE VIVE...Extrait
  • A Vincia...! DIAMON~11

     

    On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir. Tu m'as donné le plus précieux de tout: le manque. Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais tu me manquais encore. Ma maison mentale, ma maison de coeur était fermée à double tour. Tu as cassé les vitres et depuis l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant, et toutes sortes de clartés.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    CHRISTIAN BOBIN

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    vince1

     

     

     

     

     


    0 0
  • 12/15/14--07:06: VERDICT
  • Merci à Agnès

     

    On est comptable et de tout et de rien
    on est comptable irréversiblement
    irrévocablement
    de tous les mouvements divers de sa conscience

    Tout nous assaille
    tout nous meurtrit
    nous circonscrit
    tout nous concerne
    nous cerne
    nous emprisonne
    nous désavoue
    nous loue enfin pour mieux nous accuser
    nous particularise
    tout se nourrit de notre défaillance

    En apparence à notre insu
    un oiseau médite sur son aile brisée
    et sur sa toile une araignée est triste
    et sur le banc des accusés
    un innocent s'efforce en vain de réfuter
    l'interminable acte d'accusation

    Demain tantôt qu'allons-nous faire
    de cet instant précis qui déjà nous observe ?

     

    ! DIAMON~11

     

     

    ACHILE CHAVEE

    .

    .

    ! DIAMON~11

     

    MADALINA LORDACHE LEVAY2

    Oeuvre Madalina Lordache Levay

     

     


    0 0
  • 12/15/14--08:35: FLEURS ET FRUITS....
  • Fleurs et fruits, bouches et baisers.
    Solitaire, à la recherche de la liberté et de la folie.

    Sarcophages et asiles sont des murs
    où l’âme se surprend
    et surprend objets et animaux.

    En chacun de nous, l’art est feu.
    Des fantaisies, des alchimies, des géométries
    renaissent par milliers
    dans la solitude.
    La lumière explose dans l’exactitude du mot
    qui se libère, qui fuit. Voluptueux, il se replie,
    fasciné par l’avidité de celui qui lit.

     

    ! DIAMON~11

     

     

    VIRGILIO DE LEMOS

     

     

    ! DIAMON~11

     

    jean vadal smith2

    Oeuvre Jean Vadal Smith


    0 0
  • 12/15/14--08:47: L'ARBRE ABATTU
  • Un léger relief arrête la main. A peine sensible, un sillon, puis d'autres proches creusent la surface. La main effleure. Elle tâtonne comme à la recherche de détails estompés. L'arbre a souffert des derniers orages. Il était vieux. Il s'est rendu. Abattu dans l'herbe, il exhibe l'indécence de ses racines lourdes encore de terre. La main qui le frôle est ravinée, parcourue de nervures, de ramures, elle aussi.

    Esther touche chaque faille, chaque meurtrissure végétale. Elle en touche l'intimité des plis, là où se divisent les branches.
    Le rythme lent de la caresse dénoue la mémoire. La femme retrouve des gestes de tendresse qu'elle avait un peu oubliés. Elle accompagne l'arbre dans son agonie, comme elle le ferait pour un parent, un ami.

    La main de la femme retrouve ses émotions en parcourant la surface de l'écorce rude. Une scène lui met un sourire sur les lèvres. Le premier baiser. Lorsqu'elle avait tendu ses lèvres, elle avait joint les mains derrière le dos. Ses mains trop larges. Presque des mains d'homme, lui reprochait sa mère. Ses mains l'avaient toujours gênée. Elle n'avait jamais su où les placer ailleurs qu'au fond de ses poches. Elle adoptait alors un air godiche qui l'amusait quand elle regardait ses photographies. Ses mains aux poings noués, serrés sur ses silences, sur sa difficultéà dire.
    Elle se souvient du sourire narquois de son partenaire, à peine plus âgé qu'elle, mais déjà expert dans l'art du baiser.

    Esther à connu d'autres douceurs. Elle a toujours aimé toucher les tissus, les matières, les peaux surtout. Elle s'étonnait du bleu fragile qui court en veinures entrelacées, elle s'étonnait de l'intime battement que l'on pouvait percevoir à la surface. Elle retenait la vie du bout des doigts, elle touchait l'essentiel sans réticence, sans honte. Ses tendresses de mère, de femme, c'est à son arbre qu'elle les doit. Elle a aimé des corps flétris marqués par le temps, alourdis par la vie. Elle a aimé ce défi, cette lutte désespérée des corps contre la mort trop puissante.

    Les branches fortes, la ramure généreuse de l'arbre avait permis à Esther d'avoir un lieu où elle se sentait en sécurité. Sa trop grande solitude lui avait appris, très tôt, que l'imaginaire était une nourriture vitale. Dès lors, elle navigua entre la réalité et le rêve.
    Elle avait grandi sans boussole, sans balises, si ce n'est la volonté de ne pas devenir comme eux. Des adultes laids, grognons, violents qui étaient "ses proches".
    "Ses proches", eux ?… Si éloignés d'elle !
    Certains jours, la tête brûlante, le cœur rempli de leurs mots aigres, le corps meurtri, elle courait au fond du jardin. Son arbre lui cédait sa tiédeur et son ombre. Peu à peu, elle s'apaisait.
    Elle bâtissait alors son lieu imaginaire. A l'abri des bruits, des discordances, des cris. Elle dialoguait avec elle-même, multipliait les personnages. Elle parlait à voix haute, sûre que personne ne l'entendait. Esther était tout à la fois, oiseau, insecte rampant, eau vive, brin d'herbe. Elle était danseuse, musicienne ou acrobate. Savante aussi, polyglotte…
    Esther était. Elle existait.

    La main caresse la peau de l'arbre. Une peau aimée dont elle connaît le relief et la rudesse. Bien sûr, elle a grandi. Seule. Elle dû se frayer un chemin, se construire un nid. Sans balancier ni filin, elle est parfois tombée en vertige. Elle ne regrette rien. Elle a dû, seule, séparer le juste du déviant, du dangereux.
    La route que l'on trace en solitaire n'est jamais droite, mais hésitante. Elle est progression brusque puis remords et virages. Elle s'efface parfois. On entend le vide s'effondrer sous soi. On entend l'ombre courir. Lorsqu'on a vécu trop longtemps dans le songe, le quotidien est étrange, cotonneux. On ne voit pas le réel, on ne distingue ni le proche ni l'inaccessible. On se laisse emporter, traîner, laminer par les jours.
    On marche dans l'instable, dans une précarité telle qu'on s'effraie de son image, qu'on retient sa voix. Longtemps, Esther s'est tenue à l'écart des miroirs.

    L'arbre paraît plus grand maintenant qu'il est tombé. Son feuillage meurtri se fane déjà. Esther a fermé les yeux depuis un long moment. Elle a fermé ses yeux sur une pensée heureuse. Elle ne ressent plus la nécessité de vivre dans le virtuel. Elle se sent arbre. Elle se sait arbre. Elle aussi a des branches, quatre branches fortes issues de son corps, des branches auxquelles elle a offert sa sève. Elle a même une promesse de rameau, pour le prochain printemps.
    Elle le dit ce matin à son arbre. Pour le remercier de l'avoir retenue autrefois.

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    AGNES SCHNELL

    28 06 06

     

    ! DIAMON~11




    jean-basile-perrault-french-

    Oeuvre Jean-Basile Perrault




older | 1 | .... | 44 | 45 | (Page 46) | 47 | 48 | .... | 183 | newer