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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 01/31/15--07:43: NOUVEAUX POEMES...Extrait
  • Je suis Palestinienne !
    Bergère des foudres !
    Chaque seconde, j’enfante
    Tous les millénaires de ma terre
    Que je reprendrai,
    Dans l’insaisissable lumière
    De mon ventre céleste,
    Intarissable source des poings
    Qui broieront les ténèbres
    De vos lâches feux d’assassins !

     

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    MOKHTAR  EL AMRAOUI

     

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    GUY DENNING2

    Oeuvre Guy Denning


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  • 01/31/15--07:52: GUISANE...Extrait
  • pc,

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    PATRICK CHEMIN


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  • 01/31/15--11:41: JOEL GRENIER...Extrait

  • Ah ! Marcher tout là-haut sur la pointe des oiseaux !

    Mettre les mots nuages côte à côte.

    Sans parler, sans faire d'autres bruits que le murmure des regards qui se croisent en bordant le silence d'azur.


    Comme un début de voyage qui laisse son empreinte dans l'horizon qui s'envole.


    Donne-moi la main, j'ai peur de me perdre dans ton ciel quand il laisse des traces.


    Si tu la serres fort, je dirais au vent de se taire, pour n'effacer rien.

     

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    JOEL GRENIER

     

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    ALCHIMIE II ,

    Photographie C. Ortoli

     

     

     

     


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     pour Elsik,

    latcharentsienne

     

     Es-tu du côté du rêve ou bien du réel ? Ton ombre est là, à mes côtés, tu es là. Et pourtant, je t’ai dans moi, — quand j’ai faim de toi. Je t’appelle de loin et dès lors en moi tu viens. — Je passe dans ton ombre, je glisse dans ton soleil. Je suis en avant de toi, j’en chante quand tu parles. Et, je t’enchante et nous naissons de cet en chant.

     

    Puis, tu pars alors au-delà du visible. — Tu reviens entre mes mains,tu es mon demain. — Reculer les résistances, faire tomber les murs. — Oiseaux que mon rire délivre, tes seins s’envolent. Non, tu n’es pas d’ici, tu es d’ailleurs toujours. — Or, tu es le Janus bifront aux portes ouvertes. Voici la porte janvier, il a neigé une heure. — Fin janvier, neige des transitions et des pas sages.

     

    Marche dans la brume ! ton pas léger dans l’entre-deux. — Je te vois là-bas, au son d’un doudouk lointain, sur des routes inconnues, là où tu vibres nue. Tu chemines à la lisière, près de la frontière. — Un chemin perdu que le vent vientcaresser. — L’or de la poussière voledans le présent du temps. Elle monte, tourbillonne sur la terre rouge. — Rouge de sang.

     

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    SERGE VENTURINI

    Paris, 31 janvier 2015,

    jour de saint Sarkis.

     

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    david-seidner-francine-howell-for-azzedine-alaia-1986,,

    Photographie David Seidner

     

     

     

     

     

     


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  • 02/01/15--08:57: ELOGE DE L'ARMENIE
  • De ma douce Arménie, j'aime la parole à saveur de soleil,
    De notre lyre aux sons de deuil, j'aime la corde aux sanglots,
    L'étincelant parfum de nos roses, — pareilles au soleil,
    Et des filles de Naïri, j'aime la danse pudique et gracieuse.

    J'aime notre ciel obscur, les sources limpides, le lac de lumière,
    L'été torride, l'auguste tempête-dragon soufflant de l'hiver,
    Les murs noirs de misère de nos maisons perdues dans la nuit,
    Et, de nos millénaires cités antiques, — j'aime la pierre.

    Où que je sois, je n'oublierai pas nos chants, voix endeuillées,
    De nos livres aux lettres forgées, je n'oublierai point la prière,
    Que des épées de nos plaies exsangues percent mon cœur,
    Orphelin, brûlé de sang, j'aime l'Arménie-ma-bien-aimée !

    Pour mon cœur languissant, il n'y a d'autre conte de fée,
    Narek, Koutchak ; point d'autre front glorieux, auréolé,
    Parcours la Terre : point d'autre blanche cime que l’Ararat —
    Chemin d'inaccessible gloire, j'aime le Massis ma montagne.

     

    .



    YEGHICHE TCHARENTS

    Traduction Elisabeth Mouradian,

    Serge Venturini

     

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    TCHARENTS, Yéghiché - Éloge de l'Arménie (trad...par Gilles-Claude


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  • 02/01/15--09:24: DIRE LE VRAI
  • Trier les mots
    au fil de l'eau
    au dos d'un galet
    au rond d'une pierre
    au bord d'une paupière
    au gué d'une rivière
    au grelot d'un sanglot
    saisir le sens
    au son d'une consonne
    aux voix d'une voyelle
    au pas d'une virgule
    au non d'un hiatus
    au clos d'une parenthèse
    au final d'un point
    tailler l'idée
    au fil du temps
    au grés des ans
    au vent de l'océan
    au ciel d'enfance
    aux portes de la mémoire
    au seuil du néant
    trier les mots
    à demi-mot
    ou en porte -à-faux
    de la brisure
    à la démesure
    saisir le sens
    à mots ouverts
    ou au figuré
    de la césure
    à la cassure

    Tailler l'idée
    à la pointe du jour
    ou au plus noir de la nuit
    de la blessure
    à la rupture
    vivre l'écriture
    en guenilles
    ou en nu-pieds
    vivre l'écriture
    au pied du mur
    et en terre étrangère
    hors de moi
    ou en outsider
    dans cette langue
    qui n'est pas mienne

    Trier les mots
    à n'en plus finir
    saisir le sens
    à s'écrire
    tailler l'idée
    à en mourir

    au nom de ce qui est
    et de ce qui n'est pas
    ou des miens qui ne sont plus
    au nom de ceux qui sont
    au bord
    d'un pays à naître
    au rire des enfants
    à venir.

     

    .



    DEWE  GORODEY

    .

     

    photo1


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  • 02/01/15--11:08: NEIGE
  • Neige, neige

    Plus blanche que linge,

    Femme lige

    Du sort: blanche neige.

    Sortilège !

    Que suis-je et où vais-je ?

    Sortirai-je

    Vif de cette terre

    Neuve ? Neige,

    Plus blanche que page

    Neuve neige

    Plus blanche que rage

    Slave...

    Rafale, rafale

    Aux mille pétales,

    Aux mille coupoles,

    Rafale-la-Folle !

    Toi une, toi foule

    Toi mille, toi râle,

    Rafale-la-Saoule

    Rafale-la-Pâle

    Débride, dételle,

    Désole,détale,

    A grands coups de pelle,

    A grands coups de balle.

     

    Cavale de flamme

    Fatale Mongole,

    Rafale-la-Femme,

    Rafale: raffole.

     

    .

     

    MARINA TSVETAÏEVA

     

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    chaperon-rouge-hiboux,1

    Photographie  Darya Kondratyeva


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  • 02/03/15--09:36: DEMEURE LE SECRET...Extrait
  • J'ai pris le chemin des épices du nard et de l'encens

    Le gabier de mon attente à la hune de mon amour

    Il se retient de crier la terre à lui se découvre

    En toi se démêle dans le flux la laine des comètes

    Une fileuse à voix de merle en tresse les frontières

    Mélodies des lavandières l'auberge samaritaine

    J'écoute ton coeur bat mais ton coeur est ignorance

    Tu poursuis tes rêves quand je les vois poursuivis

    Je tremble et rougis et ne sais la pudeur qui me prend

    Je voudrais te recouvrir mais la trame se déchire

    Mon amour que j'habillai de velours tu te dénudes

    A quoi donc m'a t-il servi de te parer de mon guet

    A quel usage toutes ces robes filées de merveille

    Te voici plus nue que l'enfant à l'issue de la mère

    Plus nue qu'un oiseau sur le plus nu des rameaux

    Nue telle ma bouche quand je te dis que je t'aime

    Nue comme une flûte comme un violon de Mozart

    Nue comme l'étoile comme l'or et la croix de Jésus

     

    ...

     

    Jeu de paume des collines le ciel se les renvoie

    Tes seins émergent un vol de colombes fraie l'azur

    J'écoute à ton sexe battre la mer immense

    Rumeur des coquillages grand pavois de tes mains

    Tu pénètres en rade les flancs chargés de cristal

    Voile gonflée de ta chair claires digues de tes jambes

    Mais tu gardes de l'obscur le noir drapeau corsaire

    A l'artimon tu t'étales où se joignent tes cuisses

    Mon corail des abysses mes courbes et mes caps

    Te voici laissée sur la grève et du poids des éponges

    Les prisons de tes aisselles le relais de la ténèbre

    Je les presse je les lave tu me regardes et souris

    Tu ne m'interroges pas mais je te lis incertaine

    Aux battements de volière dans le lacs de tes cils

    Mon innocence t'effraie la tienne m'emplis de peur

    Il fait jour dis-tu mais la source tu l'ignores

    Je l'ai suivie dans sa course femme de nuit et d'aube

    O femme qui ne sais que tu portais en toi le monde

     

    .

     

    MAX-POL FOUCHET

     

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    Danil Golovkin

    Photographie Danil Golovkin

     


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  • 02/05/15--03:53: PETIT PASSEREAU
  • Sitelle  Rouge-Gorge Pinson
    Serin  Rossignol  Mésange
    Que suis-je en cet instant volé
    Que fige l'image   ce cliché
    Devers toi que je contemple
    Et qui d'un vol court et risqué
    Traverses buissons et halliers

    Qui suis-je pour te nommer
    Toi dont le trille unique
    Le ramage et le plumage
    Aux fables s'accordent
     Et te confie serein
    Aux tiens pour la vie
    Fidèle à la couvée 
    A la saison des amours

    Comme je me sens petit
    Allant par le jour et la nuit
    Qui te portent et te ramènent
    Du ciel   Quand le soir venu
    Perché sur une branche
    Que la bise balance   tu loves
    Ton âme apaisée 
    Sous une aile d'ange
    Couvant un juste sommeil
    Que berce toute une patte   si frêle

    Bien souvent   je m'attendris
    Lorsque de la frondaison
    Qui bruit  s'échappe furtif
    L'écho mélodieux d'un songe
    Blotti dans mon enfance 
    Qui me ravit et qui m'étreint
    Depuis les faveurs de l'obscur

    J'envie ta source     liberté
    Petit passereau    Tes horizons
    De plénitude s'abreuvent aux champs 
    D'harmonieux desseins  
    Ta migration est un royaume
    Où le grain jamais   ne meurt 
    Chaque heure est une branche
    Louant  plus près du ciel
    Tes ailes de clarté et  de bonté
    Ainsi de ton  allégeance méritée
    Ravissant l'Eternel des étoiles
    Et des multitudes sans nombre

    Dis-moi   quel est ton dieu  pèlerin
    N'est-ce pas tous les cieux
    Que l'envolée souligne
    Et caresse au petit jour
    Du grand peuple migrateur
    Ou bien le tronc vénérable
    Le nid savant et ouvragé
    Où penser ton âme - soeur
    Ces baies par myriades
    Que le vent agite et fronce
    Entre azur et forêt
    Tant de parfums musqués
    Qu'exhale sans fin la brise
    Aux contours lointains
    De l'Idumée et de Phénicie

    J'aime ton univers
    Petit passereau et plus encore
    L'immensurable dais
    De ton chant et ses secrets
    Neigeant comme un printemps d'amandiers

     

    .

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

    .

     

    passereaux


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  • 02/05/15--14:45: MAX ALHAU
  • ...


    On voudrait s’emparer d’une branche de saule
    ou même d’une fleur et dire qu’un chemin
    conduit au plus près de soi-même.
    Mais la confiance s’amenuise,
    on ne parie que sur l’invisible,
    sur des sommets que troublent les nuages.               

    C’est bien cela qui compte,
    une géographie hors de portée,
    des fleuves aux noms secrets, des îles englouties.

    Que l’on marche, que l’on s’affronte au vide
    et l’on comprend que le terme accompli,
    il suffira de se retourner
    pour que les lieux perdus nous soient restitués,
    pour que la mémoire l’emporte
    sur le blanc et l’absence à jamais naufragée.

    ...

     

    .

     

    MAX ALHAU

     

    .

     

    stefano corso2

    Photographie Stefano Corso

     

     


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  • 02/05/15--15:06: JEANINE SALESSE
  • La brume enfle
    comme le trop-plein du manque
    Les verts acides dans le printemps
    bondissant
                           prennent l’ombre

    Je vieillis
                            Sur la pente
    une lueur sur quatre roues
    longe le flanc nocturne de la vallée
    disparaît
    Quelqu’un passe en grand silence
                             s’échappe
     Sa lumière    lézard de feu   sait
    où trouver asile loin des marques noires
    sur la ferme incendiée

                                   Autour et sans façon
    les myosotis dégorgent
    un bleu à réveiller les mots
    La cendre est  vivante

     

    .

     

    JEANINE SALESSE

     

    .

     

    myosotis

     

     

     

     


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  • 02/05/15--15:18: ENDYMION...Extrait
  • ...

    Sur l'épiderme moite de la terre dans l'orage de Juillet,
    Mes lèvres épouseront la bouche de cette folle odeur,
    Où la vie et la mort. ont la sensualité de l'éternel retour.
    Ces mains au visage d'enfant que sont les miennes,
    Sauront s'agenouiller sur le parvis du verbe
    Et broder l'agonie sur le suaire de l'impossible.
    Je saurai que les fleurs échangent des parfums comme un langage,
    Et que l'oiseau crie des poèmes au crépuscule,
    Qu'il y a Mozart et Bach dans le chant de la peau,
    Que l'amitié a des murmures de ruisseau,
    Que les forêts, les étangs et les sources
    Sont habités de monstres et de génies,
    Et qu'un conte égrené le soir au coin du feu,
    Noue des soies de vertige au cou du merveilleux.

    .

     

    MICHEL TRECOURT

     

    .

     

    Source

     

     


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  • 02/06/15--14:44: APOLLINAIRE
  • Remuer le silence jusqu'à ce qu'il bascule dans un vacarme assourdissant
    et me perdre dans la tendresse de ton repos
    quand les vagues de bombes s'apprêtent
    à calmer définitivement nos rages de dents
    quand les prisonniers fabriquent des cordes
    pour se pendre sous le dernier rire d'un lever de soleil
    quand les enfants sont prêts àêtre programmés
    dans les fichiers d'une invraisemblable justice scientifique
    quand des humains parmi d'autres humains sont emmurés
    dans le coma éthylique de la solitude absolue
    quand les êtres humains sont incapables d'êtres bons

    Remuer le silence jusqu'à ce qu'il bascule dans un vacarme assourdissant
    et me perdre dans la tendresse de ton repos ma Belle.
    Duo déséquilibré dansant sous des éclats de lune.
    Nous connaissons les hôpitaux psy et les regards désenchantés
    quémandant une autre intuition du monde
    nous connaissons les cages des flics et l'incompréhension
    les bagarres sordides et les gueules de bois burinées sous les coups
    de la haine et l'invention de l'amour dans les théories cupides
    de bras étouffants
    nous connaissons l'offense du mépris
    nous connaissons le rejet des animaux abandonnés
    et les bouts de nous mêmes écrasés sur la route des fous.

    Remuer le silence jusqu'à ce qu'il bascule dans un vacarme assourdissant
    et me perdre encore dans la tendresse de ton repos
    pour que le calme s'agenouille enfin près de nos âmes
    qui ne demandent rien à la vie et encore moins à la mort.
    Me perdre dans la tendresse de ton repos
    ma main posée sur ton ventre
    ma figure enveloppée de ta chevelure rouge
    ma chair sensible contre ta chair sensible
    mon sourire échos de ton sourire.
    Me perdre encore dans la tendresse de ton repos
    Et puis repartir
    Remuer le silence jusqu'à ce qu'il bascule dans un vacarme assourdissant.

     

    .

     

    GUILLAUME APOLLINAIRE

     

    .

     

    Jean Paul NEGLOT TOLGEN,,,

    Jean-Paul Neglot-Tolgen


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  • 02/07/15--08:08: JUSTE RETOUR D'ABIME
  • L’heure est dite d’abois dans les arrière-cours
    Et de guenilles en sanglots sur les cordes du jour
    Par le travers des lampes nues dans l’ombre noire
    Ô reflet malingre d’un vieil été mémoire
    D’un soleil en cendres sous les mains dans la nuit
    Passé l’orgue de Barbarie où le temps bruit
    Le malaise d’un chien la valise d’une âme
    Emplie d’herbe lointaine et de cheveux de femme
    Accoudé sur la table le ciel venu m’aider
    À compter recompter feuilles mortes accoudé
    Sur la table tremblante au fond d’auberges vides
    Avec autour de moi pas mal de chopes vides
    Et bien devines-tu j’en ai fini de mon espoir
    À jamais je suis seul dans mon amour ce soir
    Dans l’aube de la vie les montagnes de lumière
    Aspiré par des tourmentes d’étoiles très claires
    Au-dessus d’une transparence ornée de vergers bleus
    Éclaboussant d’oiseaux qui sont comme tes yeux
    Jusqu’à la cime la plus blanche le fol érable
    Et ne viens pas me joindre au bord de cette table
    Je n’y suis plus je suis parmi les neiges du futur
    Pourtant je t’y attends tête tombée fruit mûr
    Dans le bois mort de cette table où d’humides années
    J’entends la pluie rouler ses renoncules piétinées.

     

    .

     

    JEAN-PHILIPPE SALABREUIL

     

    .

     

    thami6

     

     


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    Il y a cette année
    Beaucoup de neige dans mes poèmes
    Et c'est aussi que l'hiver
    A longtemps reblanchi notre monde

    Or si je regarde bien
    Dedans dehors un peu partout
    J'aperçois des chevaux et des chiens
    Qui marchent dans les fleurs au fond de l'eau

    Comment ai-je pu tant dormir 
    Le ciel soudain n'est plus désert 
    Je reconnais des gens à leur sourire 
    Voici que je respire au bord de la lumière

    Un autocar jaune apporte des arrosoirs
    Un train pas bien long passe à travers le temps
    Je vais au bout de mon petit couloir
    Là est le jour la porte ouvre au printemps

    Beaux brins de filles de pervenches 
    Jupons qui dérobez une tulipe au ciel 
    La route à son épaule arque des branches 
    Un oiseau fuse au pavillon de la forêt

    Je suis parti revoir la terre 
    Le moteur vert tourne tout rond 
    Mais l'or du vent hisse paupière 
    J'ai les yeux bleus et je suis blond

    Halte ici recommence la vie
    Sous un écroulement de lilas mauves
    Je cache la voiture et je dévie
    D'un pas de deux ou trois vers l'aube

    Comment décrire ce qui s'ensuit 
    Les pins sifflent l'étang bouge 
    Alors je fume auprès d'un puits 
    Toujours se déclare une joue très rouge

    Ici-bas tu portes le nom
    Léger que tu m'as dit j'en porte un autre
    Mais à nous deux nous portons le même amour au monde 
    Aux plantes la même eau le même jour aux morts.

     

    .

     

    JEAN-PHILIPPE SALABREUIL

     

    .

     

    NEIGE2


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  • 02/13/15--12:58: ROGER HANIN

  • Paris. Il fait nuit. Je suis dans mon bureau. Je pense à l'Algérie. Comme elle me paraît loin. J'ai peur de ne plus pouvoir la retrouver en pensée. Je ne veux forcer ni mon coeur ni ma mémoire. Où en suis-je de l'Algérie ? J'écoute cette phrase et j'entends : " Où en suis-je de ma vie ? " Même sensation. L'Algérie, comme ma vie, m'a laissé bonheurs, souffrances, frayeurs. Et pourtant, dans le silence de mon bureau, j'ai l'impression, ce soir, que je ne la connais plus et que je n'ai ni droit ni qualité pour en parler. Et si je me taisais tout simplement ? Ah, bien sûr ! Ce serait plus conforme à l'élégance intellectuelle, et l'intelligentsia trouverait cette esquive correcte. Mais, décidément ce soir, je ne suis pas correct !... Je n'ai jamais été correct. Ni intellectuellement correct, ni politiquement correct, ni " algériennement " correct.

    J'ai honte de cet affaissement que je ressens pour mon pays. Mon pays... J'ai dit " mon pays "... Chaque fois que j'évoque l'Algérie, c'est vrai, je dis " mon pays ". Est-il donc si loin cet Éden blanc de soleil, parfumé d'eucalyptus et de jasmin, orange et rouge et jaune de ses fruits, ses fleurs... Je ne me rappelle donc que cela ?... D'où vient que se télescopent l'horreur, l'OAS, les crimes, les offenses, la haine, le sang, l'exode ? Tout se mélange. Et pourtant, résiste en moi une petite pousse de refus qui s'entête. Je ne peux pas me contenter d'un constat. Même brouillé.

    L'Algérie n'aurait donc plus de visage ? Difficile d'admettre l'adieu et de tirer sa révérence. Musique fade sur fond de " Vous ne me devez rien, je ne vous dois rien ". L'Algérie ne me doit rien, mais moi je dois à l'Algérie. Je dois d'y être né, d'un père d'Aïn-Beida, d'un grand-père et de toute une lignée venue de la basse Casbah. Je dois à l'Algérie d'avoir vécu de soleil, d'avoir été nourri de son amour pudique et braillard, excessif et profond, ensemencé des cris de la rue, où j'ai appris la vie, la lutte, la fraternité...

    Et voilà que chaque jour, lorsque j'ouvre un journal, je lis : " Des Algériens ont assassiné lundi quarante Algériens dans le massif de l'Ouarsenis. " Mardi : " Des Algériens ont égorgéà Médéa trente femmes algériennes, dix enfants algériens. " Mercredi : " Des Algériens ont torturé des vieillards algériens, coupés en morceaux des bébés algériens. " Jeudi... J'arrête l'horreur.

    Et ces crimes seraient commis au nom de Dieu ?

    Je ne crois pas que Dieu veuille ce sang. Le Coran n'a jamais imaginé des scènes aussi déshonorantes, des sacrifices aussi écoeurants. Je ne suis pas musulman. J'en arrive à le regretter car aujourd'hui je pourrais parler plus haut, plus fort. Je suis juif et je dois une gratitude éternelle à l'Algérie d'avoir gardé sur sa terre et dans sa chair, des centaines de milliers de Juifs pendant des siècles et des siècles jusqu'à l'arrivée des Français, qui ont trouvé en envahissant le pays une communauté israélite intacte, heureuse et différente.

    C'est cela l'Algérie... C'est cela l'islam : le respect, la tolérance, l'amour...

    En dehors des analyses intelligentes et généreuses, il faut agir ! Aujourd'hui. Il y a urgence ! Chaque heure qui passe sonne notre lâcheté. Les chefs religieux de l'islam doivent parler sans craindre de porter l'anathème. Les chefs politiques doivent se déclarer en état de guerre civile car c'est bien de cela qu'il s'agit : il y a en Algérie des hommes et des femmes qui veulent vivre d'une certaine manière et il y a en face d'eux, d'autres hommes et d'autres femmes qui veulent vivre d'une autre manière.

    Je forme des voeux pour que le prochain président de la République d'Algérie parvienne à faire vivre ensemble tous les Algériens dans leur patrie, qu'ils ont gagnée dans le courage et la dignité, dans le sang et les larmes, mais où ils ne veulent plus vivre dans les larmes et le sang.

    Il ne faut plus que l'Algérie éloigne d'elle, par la terreur qu'elle inspire, ceux qui voudraient lui dire leur amour et leur fidélité. Il faut rendre, de nouveau, l'Algérie fréquentable, en y allant ; prouver que l'Algérie n'est pas un pays de chaos, mais une terre noble qui ne refuse pas la fraternité et appelle le courage partagé.

     



    Je viendrai bientôt...

    .

     

     ROGER HANIN

    Jeudi, 1 Avril, 1999

     

    .

     

     

    ROGER HANIN,,

    ROGER HANIN

     


    0 0
  • 02/13/15--13:17: SOYEZ SALUES !
  • Je vous salue névrosés

    Parce que vous êtes sensibles dans un monde insensible, n’avez aucune certitude dans un monde pétri de certitudes

    Parce que vous ressentez les autres comme si ils étaient vous-mêmes

    Parce que vous ressentez l’anxiété du monde et son étroitesse sans fond et sa suffisance

    Parce vous refusez de vous laver les mains de toutes les saletés du monde, parce que vous craignez d’être prisonniers des limites du monde

     

    Pour votre peur de l’absurdité de l’existence

    Pour votre subtilitéà ne pas dire aux autres ce que vous voyez en eux

    Pour votre difficultéà gérer les choses pratiques et pour votre pragmatisme à gérer l’inconnu, pour votre réalisme transcendantal et votre manque de réalisme au quotidien

    Pour votre sens de l’exclusivité et votre peur de perdre vos amis proches, pour votre créativité et votre capacitéà vous extasier

    Pour votre inadaptation à« ce qui est » et votre capacité d’adaptation à« ce qui devrait être », pour toutes vos capacités inutilisées

    Pour la reconnaissance tardive de la vraie valeur de votre grandeur qui ne permettra jamais l’appréciation de la grandeur de ceux qui viendront après vous

    Parce que vous êtes humiliés alors que vous veillez à ne pas humilier les autres, parce que votre pouvoir immense est toujours mis à bas par une force brutale; et pour tout ce que vous êtes capable de deviner, tout ce que vous n’exprimez pas, et tout ce qui est infini en vous

    Pour la solitude et l’étrangeté de vos vies

    Soyez salués !

     

    .



    KAZIMIERZ DABROWSKI

    .

     

    RUINE TAG 2

     

     


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  • 02/13/15--13:40: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Mille fois
    tu as perdu ton visage
    celui que l'on t'avait imposé,
    mille fois
    tu as affiché d'autres aridités
    plus profondes.

    D'autres peurs
    d'autres incertitudes
    te tenaient lieu de vérité.
    Restera-t-il en tes mots
    quelque image
    qui parlera de ton absence ?

    Restera-t-il en tes mots
    un peu de l'haleine tiède
    qui leur donna des ailes ?

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

    GUY DENNING2

    Oeuvre Guy Denning


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  • 02/16/15--07:47: LE PAUVRE JOUR
  • Et je sais bien qu'un jour

    Je ne saurai plus même t'écrire

    Comme je le fais encore

    Comme je l'ose encore envers et contre tout

     

    Car c'est une immense peine chaque fois

    D'arracher ces mots au silence

    Quand il serait si doux de te parler à l'oreille

     

    Et je sais bien qu'au fond

    Tu ne me répondras jamais

    Puisque tu ne peuxm'entendre

    Puisque mes paroles  s'épuisent dans la mer

    Et dans l'ignorance de mon nom

     

    Puisque mes poèmes

    N'atteindront jamais l'île de ton sourire

     

    .

     

    GUY ALLIX

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