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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 08/23/15--13:41: COEUR PAR COEUR...Extrait
  • À la faveur de la nuit
    Noir comme on dit nuit
     noir comme on écrit ce soir
     sans plume sans encre et sans souci

    noir profond et radieux
    la lueur en fin de ligne

    lumière enfin
     lumière aux mains

    soleil en tête
     et voie lactée

    liberté qui suit
    dans nos pas croisés.

    Profondément sombre
    mais sans ombre pourtant
    la vie coule au fond
     des marges perdues.


    La nuit règne ici
     comme à ses plus beaux jours

    la vie passe ainsi du noir au blanc
     du blanc au gris
     avec ses beaux dégradés
    ses effacements
     ses estompes
     ses repentirs

    la vie gravée au fil des heures.

    Noir d'animal
     noir d'ivoire et de bitume
     noir d'ébène et de fumée
     noir de peine et de suie
    noir de toujours
     durant la nuit qui finit
     quand le jour se lève
     dans sa robe du soir.


    Il n'y a plus d'ombre ici
     plus d'ombre plus de plis
     la page est lisse et nue
     sans tache sans écrit.

    Rideaux tirés rideaux fermés
     fenêtres closes et portes verrouillées
     rien n'entre ici rien n'envahit

    que l'ombre que le silence

    un frôlement d'ailes à la vitre embuée.

    [...]

    Une histoire sans lune ce soir
     une histoire inventée
    une histoire insensée
    de paroles perdues dans le vent
    une histoire sans fin qui commence
     ce matin et ne finira pas demain

    une histoire à ne pas raconter dans vos beaux livres d'images.

    .

     

    ROLAND GIGUERE

     

    .

     

    noir


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    J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne,
    pour une autre, qui non plus, ne l’est pas.
    Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace,
    parole de nulle part, étant celle obscure du désert.
    Je ne me suis pas couvert la nuit.
    Je ne me suis point protégé du soleil.
    J’ai marché nu.
    D’où je venais n’avait plus de sens.
    Où j’allais n’inquiétait personne.
    Du vent, vous dis-je, du vent.
    Et un peu de sable dans le vent.

    .

     

    EDMOND JABES

     

    .

     

    Cirilo Martínez Novillo -

    Oeuvre Cirillo Martinez Novillo


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    C’est avec la fraîcheur de source de ta paume
    que je veux avancer le plus, le plus loin
    plus loin qu’il me sera par les dieux accordé
    de vivre et de lutter
    tu es la joie plus haute de mon âme,
    le feu plus pur de mon combat, de mon envie
    de ma volonté de roc et de roseau
    d’emmener l’homme vers l’avenir

    Je ne veux pas quitter ta main

    S’il devait advenir que tu me laisses sans cette joie
    qui coule dans mon sang à remonte courant
    vers le centre lui-même, et l’âme, et l’espérance
    c’est le sens impalpable de ma destinée
    qui s’assécherait
    comme le ruisseau détourné de sa source

    Je ne veux pas quitter ta main

    J’ai besoin de l’amour quoi sourd à chaque instant
    de ce creux de ta paume,
    de la pointe des doigts,
    du destin ignoré des lignes arabesques
    tracées à même peau pour dire le destin

    Je ne veux pas quitter ta main

    Tant que j’aurai ta main dans la mienne soudée
    je serai le lutteur ironique et puissant
    s’imaginant peut-être incurver des données
    du malheur des humains
    je serai celui-là qui tient haute la tête
    quand les vents les plus noirs soufflent sur la forêt,
    quand le cœur s’épouvante aux colères des dieux
    Je serai celui-là qui sait s’amenuiser
    jusqu’à l‘ombre de soi
    mais tient le seul filin qui rattache la terre
    à l’espoir du matin .

    Je ne veux pas quitter ta main

    Ta main m’est talisman de durée et de rêve,
    certitude opposée à tous les démentis
    à toutes les faiblesses,
    à tous les abandons.
    Pour tout ce qui m’exalte et qui me justifie
    pour tout ce que je veux être encore demain.
    pour ce monde à jamais à toujours découvrir
    pour ces espoirs jetés en avant du malheur

    pour cette flamme encore à brûler dans mes veines
    pour ce chant espéré attendu et voulu
    pour cette simple foi de charbonnier candide
    pour cet amour d’aimer qui emporte mes pas

    Je ne veux pas quitter ta main.

    .

     

    ARTHUR HAULOT

     

    .

     

    ART COEUR

     


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  • 08/24/15--13:18: AMOUR DELICE ET ORGUE
  • Amour délice et orgue
    pieds nus dans un jardin d'hélices
    hier j'écrivais pour en arriver au sang
    aujourd'hui j'écris amour délice et orgue
    pour en arriver au coeur
    par le chemin le plus tortueux
    noueux noué
    chemin des pierres trouées
    pour en arriver où nous en sommes
    pas très loin
    un peu à gauche de la vertu
    à droite du crime
    qui a laissé une large tache de rouille
    sur nos linges propres tendus au soleil
    pour en arriver où
    je me le demande
    pour en arriver à l'anti-rouille
    amour délice et orgue
    ou pour en arriver au coeur tout simplement ?

    tout simplement.

     

    .

     

    ROLAND GIGUERE

     

    .

     

    p

    Photographie P. Coigny

     

     


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  • 08/24/15--13:37: SAVINA YANNATOU

  • 0 0
  • 08/25/15--15:02: AUX LIANES
  • pour tresser des lianes entre les hommes
    les faire frères au delà des lumières
    au delà des terreurs
    je marche
    marche vers l'homme
    pas à pas
    pas qui va
    qui ne va pas
    peaux couleurs d’ombres
    peaux des nombres
    peaux zébrées
    des coups secs du fouet
    claquements des dents
    dents blanches
    à ma peau blanche
    d’idées noires
    ai-je la mémoire de mes idées
    convictions affolées
    Jean Métellus
    s’échappe
    chape
    ilots oubliés
    mers
    des terres
    terres mères
    qui tremblent sous les misères
    froides nuits des tropiques 
    piquantes piques de ceux qui se prennent pour des rois de pic
    morts cyniques
    martyres
    maudits aux cris
    l’étoile danse aux flammes de la vie
    Jean Métellus
    danse 
    dansera
    danserons nous
    avec les enfants de la joie

     

    .

     

    PATRICK ASPE

     

    .

     

    jean-metellus

    Jean Metellus 1983

    Photographie Gérald Bloncourt

    http://www.bloncourt.net

     

     


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  • 08/26/15--08:34: CARNET I...Extrait
  • "Instant d'adorable silence. Les hommes se sont tus. Mais le chant du monde s'élève et moi, enchaîné au fond de la caverne, je suis comblé avant d'avoir désiré. L'éternité est là et moi je l'espérais. Maintenant je puis parler. Je ne sais pas ce que je pourrais souhaiter de mieux que cette continuelle présence de moi-même à moi-même. Ce n'est pas d'être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d'être conscient. On se croit retranché du monde, mais il suffit qu'un olivier se dresse dans la poussière dorée, il suffit de quelques plages éblouissantes sous le soleil du matin, pour qu'on sente en soi fondre cette résistance. Ainsi de moi. Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable. Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage d'éternelle jeunesse."


    .

     

    ALBERT CAMUS

     

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    santorin2,

     

     


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  • 08/26/15--08:56: POEME A ALAIN GERBAULT
  • Tu n'es pas fait de la même glaise que nous
    C'est un autre torrent qui brise tes genoux
    De quel monde inconnu tiens-tu ces belles hanches
    Ces colombes de sel qui nichent dans tes branches
    Ton pas n'a pas franchi le seuil de nos prisons
    Tu ignores le gel et le nom des saisons
    Et tes bras sont peuplés de voyageurs étranges
    O toi dont la peau sent le soleil et l'orange
    Qui trace ton sillon dans le sable des mers

    Connaîtras-tu jamais nos sourires amers
    Nos épaules fanées, ces poitrines fragiles
    Et les relents d'acier qui ternissent nos îles
    Tu marches sans compter dans l'écume et le temps
    Dans l'air ou tout est clos personne ne t'attend
    La chambre où tu es né glisse sur ses persiennes
    Mais c'est une autre odeur qui flotte que la tienne

    Ami féroce et blond sans étoile et sans port
    Tu n'as pour passager que ton coeur à ton bord
    Plus loin que l'horizon dans les steppes d'eau verte
    Peut-être cherches tu quelque vague déserte
    Ou quelque liane d'or pour y nouer ton sang
    Tes cheveux sont poudrés du soufre des tempêtes

    Le flot ronge à demi l'écorce de ta tête
    La voile monte haut sous ton hâle puissant.

    Que t'importe aujourd'hui nos plaies et nos frontières
    Tout se donne ou se prend entre la terre et l'eau
    Le jour qui s'est levé gicle dans la lumière
    Et tu es plein d'éclaboussures, Alain Gerbault.

    .

     

    RENE - GUY CADOU

     

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    a-gerbault-76x56-©jeanpierremorin

    Oeuvre Jean-Pierre Morin

    sur le site splendide 

    http://www.jpmorinpeinture.fr


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  • 08/26/15--11:37: LA BRÛLURE...Extrait
  • Tu me dis dans l'amour c'est toujours l'enfance
    ta main m'arrive de très loin quelle peau
    quelle main cherche-t-elle quelle impossible
    conjonction dans la mienne qui s'est tendue
    ...
    le désir du rien un voyage d'oubli
    comme lorsque ton corps traverse le mien
    je dis tu me brûles mais je pourrais dire
    tu es une montagne de déchirure
    ...
    je ne sais pas ce que veut dire le corps
    c'est une force parfois qui nous soulève
    comme elle est sans nom je dis c'est le désir.
    ...
    je me demande encore ce qu'est l'amour
    cette folie de faire tourner le monde
    autour d'un même centre rose et mortel
    je sais qu'il n'est pas de réponse je sais
    que c'est se vouer à la perte et aux larmes
    mais malgré tout j'ouvre les bras je dis oui.

    .

     

    JACQUES ANCET

     

    .

     

     

    micha jouve

    Photographie Micha Jouve

     

     


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  • 08/26/15--11:55: MEMOIRE DU SILENCE...Extrait
  • Texte inachevé
    tricot mal noué
    barque mal arrimée
    tout se défait
    au fil de laine de la phrase

    Feuillets vite fanés
    espoir  pourtant
    qu'un autre regard
    ___ plus tard
    déchiffre les syllabes
    découvre pour lui seul
    la musique attendue
    trouve un sens ou l'invente

    .

     

    PIERRE ETIENNE

     

    .

     

    p e

     

     

     


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  • 08/29/15--07:19: JOEL GRENIER...Extrait
  • Elle sait tant l'oiseau que souvent elle m'envole. Et la plume et le vent lui font cortège. Fragile et farouche, elle cueille le ciel du bout de ses ailes et le pose en riant sur un espace libre qu'elle remplit d'ailleurs du chant de l'amour.
    Et la voilà aigle qui emporte sa proie dans ce fameux ciel qui compte jusqu'à sept. Puis redevient mésange ou colibri, le temps de butiner la dernière tendresse.
    Je sais tant la cage que souvent je l'appelle pour mettre de l'immense au milieu de mes barreaux.

     

    .

     

    JOEL GRENIER

     

    .

     

    JOEL

    Oeuvre Andrew Wyeth

     

     

     

     


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  • 08/29/15--09:24: LOS NADIES / LES RIEN
  • Sueñan las pulgas con comprarse un perro y sueñan los nadies con salir de pobres, que algún mágico día llueva de pronto la buena suerte, que llueva a cántaros la buena suerte; pero la buena suerte no llueve ayer, ni hoy, ni mañana, ni nunca, ni en lloviznita cae del cielo la buena suerte, por mucho que los nadies la llamen y aunque les pique la mano izquierda, o se levanten con el pié derecho, o empiecen el año cambiando de escoba.
    Los nadies: los hijos de los nadies, los dueños de nada.
    Los nadies: los ningunos, los ninguneados, corriendo la liebre, muriendo la vida, jodidos, rejodidos:
    Que no son, aunque sean.
    Que no hablan idiomas, sino dialectos.
    Que no profesan religiones, sino supersticiones.
    Que no hacen arte, sino artesanía.
    Que no practican cultura, sino folklore.
    Que no son seres humanos, sino recursos humanos.
    Que no tienen cara, sino brazos.
    Que no tienen nombre, sino número.
    Que no figuran en la historia universal, sino en la crónica roja de la prensa local.
    Los nadies, que cuestan menos que la bala que los mata.

     

     

    ....

     

    Les puces rêvent de s’acheter un chien et les rien rêvent de ne plus être pauvres, ils rêvent d’un jour magique où la chance tomberait du ciel, en pluie drue ; mais la bonne fortune n’est pas tombée hier, elle ne tombera pas aujourd’hui, ni demain, ni jamais, elle ne tombe même pas en pluie fine, bien que les rien la réclament, bien que leur main gauche les démange, bien qu’ils se tiennent debout sur leur seul pied droit, ou commencent l’année avec un balai neuf.
    Les rien: les enfants de personne, maîtres de rien.
    Les rien : les personne, les niés, ceux qui courent en vain, ceux qui se tuent à vivre, les baisés, les éternels baisés :
    Qui ne parlent pas une langue mais un dialecte.
    Qui n’ont pas de religion mais des superstitions.
    Qui ne sont pas artistes mais artisans.
    Qui n’ont pas de culture, mais un folklore.
    Qui ne sont pas des êtres humains mais des ressources humaines.
    Qui n’ont pas de visage mais des bras.
    Qui n’ont pas de nom, mais un numéro.
    Qui ne figurent pas dans l’histoire universelle mais dans la presse locale.
    Les rien qui ne valent pas la balle qui les tue.

     

    .

     

    EDUARDO GALEANO

     

    .

     

     

    pieds2,

     


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  • 08/29/15--12:06: NOUAISON...Extrait
  • Ils disaient maldonne malchance c’est mal fait,
    madame.
    Elle pensait marelle marguerite et massepain.
    Ils parlaient matrice maladie malformation
    elle rêvait margelle et madeleine elle rêvait matin
    ma terre merveille mappemonde.
    Ils répondaient matraque massicot machette ou
    matelas
    elle mâchait macaron maracas magie
    magma marionnettes madrier.
    Ils marmonnaient malaise macération
    marteau masse mastodonte ils maugréaient
    marbre mastic maturation pulmonaire
    elle murmurait marin ou matière ma main marjolaine
    et jardin.
    Amer amer c’est une malédiction.
    Mère mère marelle marguerite.
    Ils disaient maldonne, madame
    elle pensait maman.


    .

     

    SILVIA HÄRRI

     

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    andrew-wyeth,,

     Oeuvre Andrew Wyeth

     

     


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    « Le vent se lève, il n'y a plus de Beyrouth, cette ville renaît non pas de ses propres cendres, mais de celle de ses incendiaires. Flinguée à bout portant avec l'argent des pétrodollars, elle ressuscite, comme elle peut, grâce à une fortune d'Arabie. Les immeubles de Beyrouth se dressent comme autant d'anthologies de trous d'obus, de roquettes, de balles et de mémoire. Ici, on tue pour embellir l'oubli. Ici, les ruines de la guerre semblent avoir été dessinées par de grands couturiers. Ici, même la mort passe au maquillage avant d'entrer en scène. Ici, la lumière est si intense qu'on ne prend pas au sérieux la nuit. Ici, la terre est si ardente qu'elle n'a pas de temps pour les tombes. Ici, les femmes sont si belles qu'il faut un plein temps juste pour tomber en amour. Combien de milliards de balles ont traversé l'air de cette ville? Elle devaient être plus nombreuses que les étoiles du ciel et les grains de sable de la mer. Les balles ont tout fauché, blessé, marqué, mais toutes ont contourné, avec une délicatesse d'ostéopathe, le boulevard des banques. Il est sorti intact et même clinquant de cette guerre. La guerre civile a duré dix-sept années, elle a fait cent cinquante mille morts, dix mille disparus, vingt mille exilés. Elle a foutu en l'air des milliers de vies et de villages. Elle a bousillé des milliers d'amour. Mais elle n'a pas laissé un seul grain de poussière tomber sur la façade de la Bourse. Tel est le génie de la civilisation libanaise : pouvoir ravager, mais en finesse, le feu et l'écriture, brûler l'air et l'histoire, saccager l'eau et l'amour, mais éviter religieusement de froisser le moindre billet vert. »

     

    .

     

    MOHAMED KACIMI

     

    .

     

    BEYROUTH,


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  • 08/29/15--13:24: VIVRE A LA HACHE LXIX
  • De rayons et de flammes
    d’étincelles et de lambeaux
    par-dessus bord

    De tes yeux d’or fondu
    lâchant l'infini en avance sur l'étoile

    L’éjection mortelle remue encore

    Comment la volonté peut-elle encore lever les membres
    et faire de son taudis le grutier du moindre courage

    Que veut cet air noir, ce lot noir barbouillé de jour
    quel orage de miracle détraquera ce bal de mort
    et ses danses ébrouées dans le sang frais

    Pays de larmes arrêtées humiliées et fauchées
    par un gel de houille, écrasements de limbes
    mortes d’errances,
    Ne lâche plus tes câbles
    n'emmêle pas tes fils
    ne romps jamais tes nœuds de tringle,
    tes cordes, tes poulies, car alors
    tu verrais l’armée trouée par tes crocs
    tes pantins de marée noire

    Ne vois jamais ce que pourrait leur bouillie à l’air libre
    et leurs yeux de vide
    Surveille la rouille à tes clous
    et retrempe l’acier de tes filins
    tiens bon tes cintres et graisse tes rouages

    Ne me laisse jamais sortir

     

    .

     

    NICOLAS ROZIER

     

    .

     

     

    11902261_482516711917388_3054629440941214055_n

    Oeuvre Nicolas Rozier

     

     

     


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    L'aube, l'ombre, le soir, l'espace et les étoiles ;
    Ce que la nuit recèle ou montre entre ses voiles,
    Se mêle à la ferveur de notre être exalté.
    Ceux qui vivent d'amour vivent d'éternité.

    Il n'importe que leur raison adhère ou raille
    Et leur tende, debout, sur ses hautes murailles,
    Au long des quais et des havres ses flambeaux clairs ;
    Eux, sont les voyageurs d'au delà de la mer.

    Ils regardent le jour luire de plage en plage,
    Très loin, plus loin que l'océan et ses flots noirs ;
    La fixe certitude et le tremblant espoir
    Pour leurs regards ardents ont le même visage.

    Heureux et clairs, ils croient, avec avidité ;
    Leur âme est la profonde et soudaine clarté
    Dont ils brûlent le front des plus hautains problèmes ;
    Et pour savoir le monde, ils ne scrutent qu'eux-mêmes.

    Ils vont, par des chemins lointains, choisis par eux,
    Vivant des vérités que renferment leurs yeux
    Simples et nus, profonds et doux comme l'aurore ;
    Et pour eux seuls, les paradis chantent encore.

     

    .

     

    EMILE VERHAEREN

     

    .

    fabien greban2

    Photographie Fabien Gréban

     

     

     

     

     


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  • 08/30/15--10:20: AGNES SCHNELL
  • Faut-il qu’il soit riche le limon
    d’où en naissances multiples
    s’échappent nos rêves.

    Faut-il qu’elle soit fragile l’absence
    quand tout se réduit
    à un bout de terre qui s’éloigne.

    Plus fragile sans doute
    - mais vigilant
    dans le confus des rumeurs -
    le geste
    pour atteindre le silence.

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    wyethandrew

    Photographie Andrew Wyeth

     

     

     


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  • 08/31/15--10:00: PAUL CELAN
  • Compte les amandes,
    compte ce qui était amer et t’a tenu en éveil,
    compte-moi au nombre de tout cela :

    je cherchais ton œil quand tu l’as ouvert et que personne
    ne te regardait,
    j’ai tourné ce fil secret
    sur lequel la rosée que tu pensais
    a glissé en bas jusqu’aux cruches
    que protège une formule qui n’a trouvé le cœur de personne.

    C’est là-bas seulement que tu es entré tout entier dans le
    nom qui est le tien,
    que tu as marché d’un pied sûr vers toi-même,
    que les marteaux se sont balancés librement dans le beffroi de ton silence,
    que le tout juste Entendu est soudain venu jusqu’à toi,
    que le déjà-mort t’a aussi entouré de son bras,
    et vous êtes allés trois en un dans le soir.

    Rends-moi amer.
    Compte-moi au nombre des amandes.

     

    .

     

    PAUL CELAN

     

    .

     

     

    Abe Toshiyuki,

    Oeuvre Abe Toshiyuki

     

     

     


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  • 09/01/15--09:15: BANSKY...POUR LES VICTIMES

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  • 09/01/15--10:01: L'OCEAN A MAL A LA TERRE
  • Je suis   hélas    de ces étendues dont les lames rendent
    au ressac les corps à la dérive d'une vie de galères

    Je suis de ce monde dont on ne revient qu'à moitié
    Et que berce le flot viride de la mémoire tumultueuse

    Je suis de ce monde pour tout le mal de terre
    qu'une larme cerne      qui endeuille l'infinité

    Je suis de ce monde      d'un pacte à réméré valant
    pénitence      Voie pérennelle de rachat


    J'aurais été de ce monde de vérité       de rigueur
    dont les clartés ceignent l'espérance   Mais qui du couchant

    Du Levant embrase les champs de la liberté
    trahie  clouée aux portes du ciel blanches et bleues

    Étais-je des mondes safres du silence qui n'absentent
    et ne distancent que l'épure ivre aux nobles sillages

    laissant aux ailes immaculées des vents le souffle
    la palpitation d'un coeur perpétuellement fasciné


    Qu'eussé-je été d'autre en ce monde  que solitude
    l'envers d'un décor où l'amour vague      en misant

    Comme il rend toujours de retour aux illusions
    le juste reflet des choses     des métamorphoses

    J'ai été désespérément et     par trop prolixe
    emporté par la folie       de fabuleuses paréidolies

    Au-delà de tous les maux confinés  de l'amer
    j'ouissais comme l'écho lointain d'un message


    J'étais de ce monde paradoxal    Éminemment lyrique
    Océanique allaient la harpe      la fougue de la passion

    Par le chemin de croix quêtant l' improbable destinée
    N'aurais-je pas suivi en musant la bonne étoile

    Je fus dès lors d'un monde aux mille caps   Des Pléiades
    d'Orion aux horizons bleus que la nuit réunit un jour

    Fussent-ils de ce monde où l'Un et le Multiple
    indéfiniment se révèlent enfin après la traversée


    Je sais que nous convolions en cette clairière unitive
    en-joignant nos mots lucides à la terre des hommes

    Je demeure comme je suis de ce monde obscur
    orchestrant à jamais son vaste choeur d'étoiles

    J'eus été de cette ode à l'Océan-Mer où se jouent
    de grands desseins et tous les humbles paris

    Qui m'eussent accordés quelques rais
    de soleil et de sagesse si proche de l'Unique

     

    Ainsi de renaître en ce monde     Accord
    et à cri    à douleur de tant de fortunes  Ô mer

    car j'écris de Ton monde révéré    par Ta foi
    dont on dit qu'elle prélude au Ciel des bontés

    Et si je n'avais été que d' un monde platonique
    hôte volage des vagues en transes où danse

    et divague l'onde sublimée d'une rencontre
    qui m'eût alors et à jamais révélé Ton mystère

     

    .

     

    CRISTIAN GEORGES CAMPAGNAC

     

    .

     

     

    CRIS

     


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