Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Channel Catalog


Channel Description:

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

older | 1 | .... | 58 | 59 | (Page 60) | 61 | 62 | .... | 171 | newer

    0 0
  • 09/15/15--08:15: CROQUIS
  • Je cherchais, à l’aurore, une fleur peu connue,
    Pâle fille des bois et de secrets ruisseaux,
    Des sources de cristal aux murmurantes eaux,
    Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue.

    Ô fraîche cascatelle ! En légers écheveaux,
    Son onde s’effilait, blanche, à la roche nue,
    Puis, sous un rayon d’or un moment retenue,
    Elle riait au ciel entre ses bruns roseaux !

    Et comme j’inclinais quelques tiges mutines,
    Sans bruit, l’oreille ouverte aux rumeurs argentines,
    Pareilles aux soupirs d’un luth mystérieux,

    Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète
    À travers les rameaux, doux et penchant sa tête,
    Un rossignol vint boire au flot harmonieux.

     

    .

     

    ALFRED GARNEAU

     

    .

     

    CLAIRE FELLONI2

    Aquarelle Claire Felloni

    http://www.aquarelle-bota-clairefelloni.com/tag/jardins%20et%20paysages/5


    0 0


    0 0
  • 09/15/15--17:35: ASTRONOMIE
  • Je vais cueillir des étoiles tombées

    du ciel, cette nuit.
    Elle est accrochée à une
    branche d'arbre,
    scintille seulement pour moi,
    unique fruit lumineux de l'été passé.

    Je la dépose dans un flacon afin qu'elle
    conserve son éclat, et je la vois s'éteindre,
    contre le verre, au fur et à mesure que le jour
    se lève, et que le monde s'éveille de la nuit.

    On ne peut pas garder une étoile.
    Sa place est parmi les constellations
    et nuages, où le rêve la protège.

    Alors j'ai sorti l'étoile du flacon et je l'ai
    recueillie dans le poème, où elle a brilléà nouveau,
    au milieu des mots, des vers et des images.

     

    .


    NUNO JUDICE


    Traduit du Portugais par Yves Human

    et Bétrice Bonneville Human

     

    .

     

    NUNO


    0 0
  • 09/15/15--18:04: POETE D'AL ANDALOUS
  • Berger je suis d'étoiles, comme si j'étais chargé
    de faire paître tous les astres fixes et les planètes.
    Les étoiles dans la nuit sont le symbole
    des feux d'amour allumés dans la brume de mon esprit.
    On dirait que je suis le gardien de ce jardin vert sombre du firmament,
    dont les hautes herbes sont bordées de narcisses.
    Si Ptolémée était en vie, il reconnaîtrait que je suis
    le plus savant des hommes qui épient le parcours des astres.

     

     .

     
    Pastor soy de estrellas, como si tuviera a mi cargo
    apacentar todos los astros fijos y planetas.
    Las estrellas en la noche son el símbolo
    de los fuegos de amor encendidos en la tiniebla de mi mente.
    Parece que soy el guarda de este jardín verde oscuro del firmamento,
    cuyas altas yerbas están bordadas de narcisos.
    Si Tolomeo viviera, reconocería que soy
    el más docto de los hombres en espiar el curso de los astros.

     

    .

     

    IBN HAZM


    .

     

    hagemans-maurice

    Oeuvre Maurice Hagemans

     


    0 0
  • 09/15/15--18:33: ERRI DE LUCA
  • (…)

    Ils veulent nous renvoyer, ils demandent où nous étions avant, 
    quel endroit nous avons laissé derrière nous.

    Je leur montre mon dos, c’est tout le derrière qu’il me reste, 
    ils se fâchent, pour eux ce n’est pas une deuxième face.

    Nous nous honorons la nuque, là où se précipite l’avenir 
    qui n’est pas devant, mais qui arrive par derrière et nous dépasse.

    Tu dois rentrer à la maison. Si j’en avais eu une, je serais resté, 
    même les assassins ne veulent nous reprendre.

    Remettez-nous sur le bateau, chassez-nous en hommes 
    Nous ne sommes pas des paquets et toi Nord tu n’es pas digne de toi-même

    Notre terre engloutie n’existe plus sous nos pieds, 
    notre patrie est une barque, une coquille ouverte.

    Vous pouvez repousser, mais pas ramener, 
    le départ est une cendre éparse, nous sommes des aller-simple.

    Choeur 
    Nous sommes les innombrables, nous doublons à chaque case de l’échiquier, 
    Nous pavons votre mer de squelettes pour marcher dessus.

    (…)

    Nous serons vos serfs, les fils que vous ne faites pas, 
    nos vies seront vos livres d’aventures.

    Nous portons Homère et Dante, l’aveugle et le pèlerin, 
    l’odeur que vous n’avez plus, l’égalité que vous avez subordonnée.

    Choeur 
    D’aussi loin que nous arriveront, à des millions de pas, 
    ceux qui vont à pied ne peuvent être arrêtés.

     

    .

     

     

    ERRI DE LUCA

     

    .

     

     

     

    SOLEIL2

     

     

     

     

     

     


    0 0
  • 09/15/15--18:52: LÂCHER PRISE
  • Nous n'avons qu'une seule vie, qu'une seule pauvre vie et, en partie, nous la perdons dans le leurre, le mensonge d'un travail. Alors, un jour, dans ce jardin, notre vie s'est retirée en silence. Elle est allée rejoindre les solitaires, la solitude. Devons-nous la porter comme un fardeau, nous délivrer d'elle? Ou bien l'abandonner à la faim des serpents, à l'horreur des jours, aux regards assassins des bourreaux? C'est pour rejoindre notre vie que nous écrivons, c'est pour toucher en nous les battements de son cœur que nous écrivons, que nous aimons. C'est dans l'effondrement qu'elle nous soutient, c'est dans la plus haute solitude que no

     

    us fêtons ensemble nos retrouvailles. Ailleurs, dans le monde, il y a les mots bien sûr, le flôt des choses courantes, la marée des jalousies, il y a tout ce qui enveloppe les mots et les corps mais la vie n'est pas là et si elle apparaît parfois, si elle nous frôle de ses ailes, c'est pour nous enjoindre à ne jamais renoncer, à ne jamais faillir à la tâche d'aimer, au labeur d'écrire, au bonheur de chanter l'enfance, les livres et l'été sur les livres et sur tous les visages.

     

    .

     

    JOEL VERNET

     

    .

    werner hornung

    Oeuvre Werner Hornung

     

     


    0 0

    Dors mon enfant c'est déjà l'heure
    Ça ne sert à rien que tu pleures
    Dans tes yeux couleur d'arc-en-ciel
    Il y a des larmes de sel
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Elle est en couleur mon histoire
    Il était blanc elle était noire
    La foule est grise grise alors
    Il y aura peut-être un mort
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Il lui a donné des cerises
    Et noire sa main les a prises
    Et rouge sa bouche a mordu
    Il y a demain un pendu
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Voici des fleurs toutes bien faites
    De la rose à la violette
    Le bouquet qu'il lui a offert
    Etait bleu rouge jaune et vert
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Ils ont couru jusqu'au rivage
    Ils riaient de tout leur visage
    Ils se sont baignés dans la mer
    Il y aura des revolvers

    La mer est bleue pour tout le monde
    Pour les peaux brunes et les peaux blondes
    Quand l'homme s'y baigne en passant
    Il y a des gouttes de sang
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Ce sang qui coule jusqu'à terre
    Mon enfant ferme tes paupières
    Pourvu que tu ne saches rien
    Ce sang qui coule c'est le tien
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

    Les larmes sont partout pareilles
    Sèche tes yeux qui s'ensommeillent
    Dors mon enfant ne pleure pas
    Tu ne sais pas encore pourquoi
    Couleurs vous êtes des larmes
    Couleurs vous êtes des pleurs

     

    .

     

    GUY BEART

     

    .

     

     


    0 0
  • 09/17/15--04:25: CALYPSO
  •                                             Tout au long du chemin j'ai aimé
                                                    aimé le bruit le rire le chant
                                                     les autres et même les méchants
                                                     envers et tout contre j'ai aimé
                                                     je n'ai pu éviter la souffrance
                                                     la terrible qui casse l'enfance
                                                     celle qui brise l'insouciance
                                                     et assassine l'innocence
                                                     à te faire aimer le silence
                                                     et j'ai encore aimé doucement
                                                     d'un amour pur comme le diamant
                                                     la lune l'arbre l'océan
                                                     l'homme tout en le craignant
                                                     un peu plus la vie à dix ans...
                                                     l'animal tout en le plaignant
                                                     la robe bis tâchée de blanc
                                                     du cheval sauvage galopant
                                                     sur un rivage inexistant
                                                     le noir et le transparent
                                                     d'une étole sous le vent
                                                     la pluie la nuit se mêlant
                                                     le jour et le vert espérant
                                                     le bleu de mes rêves dorés
                                                     l'argent des flêches acérées
                                                     cédant sur un bouclier
                                                     faisant fi de tous les dangers
                                                     j'ai beaucoup aimé
                                                     sans m'aimer.

     

                                                       

     

                                                            CALYPSO

     

                                                        


                                      

    Oleg Tchoubakov5,

    Oeuvre Oleg Tchoubakov

                                      



    0 0
  • 09/17/15--08:25: TOUJOURS
  • Tout est mensonge : aime pourtant,
    Aime, rêve et désire encore ;
    Présente ton cœur palpitant
    À ces blessures qu’il adore.

    Tout est vanité : crois toujours,
    Aime sans fin, désire et rêve ;
    Ne reste jamais sans amours,
    Souviens-toi que la vie est brève.

    De vertu, d’art, enivre-toi,
    Porte haut ton cœur et ta tête ;
    Aime la pourpre comme un roi,
    Et, n’étant pas Dieu, sois poète !

    Aimer, rêver, seul est réel :
    Notre vie est l’éclair qui passe,
    Flamboie un instant sur le ciel,
    Et va se perdre dans l’espace :

    Seule la passion qui luit
    Illumine au moins de sa flamme
    Nos yeux mortels avant la nuit
    Éternelle, où disparaît l’âme.

    Consume-toi donc : tout flambeau
    Jette, en brûlant, de la lumière ;
    Brûle ton cœur, songe au tombeau,
    Où tu redeviendras poussière.

    Près de nous est le trou béant :
    Avant de replonger au gouffre,
    Fais donc flamboyer ton néant ;
    Aime, rêve, désire et souffre !

     

    .

     

    JEAN LAHOR

     

    .

     

    ALAIN DENEFLE DIT NIALA,

    Oeuvre Alain Denèfle, dit Niala


    0 0
  • 09/18/15--01:13: CHET BAKER - Alone together

  • 0 0

     Le regard efface la promenade,
    si lointains
    le vent frais du fleuve,
    l’odeur des toutes petites fleurs
    les couleurs passées peu à peu.
    Il n’y a rien de tranquille dans toute cette tranquillité.

    De tant de risques dûs,
    la beauté est fragile en cette fin d’après-midi.

    ...

    Avec le temps, la couleur
    change
    et reste à définir; on cherche ses secrets,
    ses règles, ses mesures, ses retards,
    parfois ses échecs.
    Les yeux incertains et le regard,
    le passage des glacis, des noms,
    des lointains. Reste la tension du regard, la fragilité
    de la pensée dans le vif désir du réel,
    dans le risque même
    d’inventer, avec des visions, les réponses.

    ...

    La couleur ne s’inquiète pas du regard;
    elle est enfermée et présente
    dans son retrait, dans son espace de silence,
    dans sa source secrète d’air.
    Et le regard reste présent
    glissant à la surface de la couleur,
    dans l’inconnu
    d’un frôlement, dans l’abîme lisse
    de murs insaisissables.

    ...

    Avec le temps, la couleur
    peut être l’évidence
    où repose le rien ou terre
    alluviale, oubli
    de l’origine. Et les yeux de la couleur
    sont toujours incertains, peut-être
    est-il impossible de voir
    si ce sont les mêmes yeux, ou le travail
    de l’affouillement, de l’abandon, de l’eau
    somnambule de l’image, avec le temps.

    ...

    La branche sous le regard,
    nue, comme dans l’arbre,
    le vent la fait osciller
    de haut en bas avec le vent,
    elle cingle avec le vent, mystérieuse
    vue du sous –sol,
    au bas de l’escalier.

    ...

    Les matins de peu de lumière
    la branche, sans contraste, reste
    comme l’ombre, là en bas,
    nous obligeant à lever les yeux,
    à chercher en quelque lieu caché
    l’éclat de la couleur.

     

    .

     

    MIGUEL CASADO

    Traduction de Jean Gabriel Cosculluela

     

    .

     

     

    Peter Wileman2

    Oeuvre Peter Wileman

     


    0 0

    La mirada apaga el paseo,
    tan distantes
    el viento fresco del río,
    el olor de las flores diminutas,
    una por una desvaídas.
    No hay nada quieto entre tanta quietud.

    Deudora de tantas apuestas
    la belleza es frágil en este atardecer.

    ...

    A través de los años, el color
    de manera cambiante
    se define; se buscan sus misterios
    y leyes, sus medidas, sus demoras
    y en parte sus fracasos.
    Variables son los ojos que lo miran,
    las gradación de veladuras, nombres,
    distancias. Tensa es la actitud, es frágil
    el juicio del que ansía lo real,
    de quien se atreve incluso
    a inventar, como en sueños, las respuestas.

    ...

    No se inquieta el color con la mirada;
    permanece encerrado y manifiesto
    en su retiro, en su despliegue mudo,
    en su latencia de burbuja igual.
    Y la mirada permanece fija
    sobre su superficie resbalando,
    sin el conocimiento
    de la caricia, en un abismo liso
    de inasibles paredes.

    ...

    A través de los años, el color
    puede ser la fijeza
    que es sostén de la nada, o territorio
    aluvial, desmemoria
    de origen. Y los ojos que lo miran
    siguen siendo variables, o quizá
    no es posible saber
    si son los mismos ojos, o un proceso
    de erosiones, de arrastres, de sonámbulas
    aguas de espejo, a través de los años.

    ...

    La rama en el ojo,
    como en el árbol, desnuda,
    que el viento bambolea.
    Sube y baja con el viento,
    azota, misteriosamente
    se la ve desde un sótano,
    al pie de una escalera.

    ...

    En las mañanas de poca luz
    la rama, sin contraste, queda
    como sombra, ahí abajo,
    obligando a levantar los ojos,
    buscar en alguna parte negada
    la nitidez del color.

     

    .

     

    MIGUEL CASADO

     

    .

     

    GARCIA FONS PIERRE,

    Oeuvre Pierre Garcia Fons


    0 0
  • 09/18/15--14:31: CONCIERTO DE ARANJUEZ

  • 0 0
  • 09/19/15--01:55: BELLES SAISONS OBSCURES
  • Nous n'oublions rien des moissons lourdes

    Des plaines brûlées du long désir

    Noué aux vignes des sarments rouges

    De la chair des pollens de lumière

    Autour des épaules des visages

    Tendus vers une crête invisible

    Nous sommes la mémoire du vent

    Qui s'épuise au chevet de l'hiver

    Quand vous ne songez plus qu'au silence

    Où disparaissent même les noms

    Des plus aimés de leurs plus beaux songes

    Même cette paume sur la nuque

    A la croisée des routes les peurs

    Et leurs aveux débordant les ombres.

     

    .

     

    GERARD BOCHOLIER

     

    .

     

    Fatima El Hajj2,

    Oeuvre Fatima el Hajj


    0 0
  • 09/19/15--02:08: DE L'ALCHIMIE DE SOI
  • Ne sommes-nous pas les alchimistes malhabiles d'un destin que nous revendiquons pour le mieux avilir? A chaque heure du jour et de la nuit, j'ai le sentiment que nous sommes làà fabriquer, sans le savoir, l'or de nos infortunes et le plomb de nos amères félicités. Sorciers de nos propres sottises, nous agissons avec une telle incurie, une telle ignorance, qu'une incertaine magie opérationnelle se déroule à notre insu, brassant un embrouillamini d'éléments qui se contrecarrent, vent de bricole et s'ouvrent à contresens.

    La LUCIDITE puise si ordinairement ses lumières à la source noire, dont notre enfance a été indûment abreuvée, que la plupart des alchimistes d'eux-même, inconscient des enjeux, sacrifient au processus d'involution et opèrent moins dans le sens d'une renaissance possible que d'un déclin inéluctable.

    Je ne veux pas briller de ce que je ne suis pas, je veux seulement la lumière de ce que je désire et de ce que je veux être.

    S'humaniser, devenir soi,c'est mettre l'éxubérance de la vie au service de l'harmonisation des désirs. N'est-ce pas le sens d'expressions telles que "chevaucher le tigre" ou "monter le dragon"? Ces forces si aisément dévastatrices, sous l'effet de la rage impuissante et de l'autodestruction à laquelle les induit leur prolifération sauvage, condensent une énergie qui déplace les montagnes , creuse un défilé ou simplement révèle un passage qui me permet d'accéder à ce que j'ai de plus vrai en moi, car j'ai conscience de ma richesse et la volonté d'y atteindre.

    L'alchimie est le processus d'évolution qui nous conduit de la "vie sauvage" et désordonnée à la vérité qui est en nous. Elle est la semence qui aspire à fructifier.

    Le dragon, qui est le souffle vital, est condamnéà cracher le feu de la destruction. La poésie n'a pas d'autre but que de le rendre à ses trésors et de l'amadouer afin que nous en révélant l'immensité, il nous accorde la grâce d'y puiser en les accroissant sans relâche.

    Il faut tout recommencer, apprendre que poétiser, c'est transformer la réalité confuse-celle où notre existence est cantonnée- en une réalité où le désir se diffuse.

    La vie se propage par correspondances non par argumentation. Elle est un réseau de communication, une "religio", au sens où rien ne la sépare d'elle-même et où elle relie...les êtres.

    La conscience d'une vie sans limite émane du corps, elle en est la quintessence, elle préside au processus de transmutation qui entend recréer le monde au gré des désirs qu'affine patiemment l'athanor somatique.

    Ainsi, la conscience est, analogiquement, la femme par excellence. Celui qui la pénètre en est pénétré. Telle est , en l'exercice quotidien qui la devrait manifester, la grande puissance de Vie.

     

    .

     

    RAOUL VANEIGEM

    "Le Chevalier, la Dame, Le Diable et la mort "

     

    .

     

    paul w ruiz

    Oeuvre Paul W. Ruiz

     

     


    0 0
  • 09/19/15--02:29: DEVIENS CE QUE TU ES
  •  Toi qui ne sais pas encore lire le grand livre du passé et demain auras à te reconnaître dans le miroir de l'avenir, il est prévu qu'un jour tu jaillisses des profondeurs de la Vie.

    Comme ton intervention sera comprise entre le déterminisme et le libre-arbitre, avec le temps tu apprendras à découvrir les étoiles de la nuit, les soirs d'orage, les douces pluies, les vents légers qui transportent des parfums de voyages et les soleils couchants qui te tiendront compagnie.

    Plus tard, tu apprendras à te connaître, à reconnaître que tu ressembles un peu aux autres, beaucoup à un autre, et à donc devenir ce que tu es.

    Alors, sans plus attendre, dès ton premier cri, cisèle ton histoire, invente ton secret, minute ta légende et n'abandonne pas tes songes.

    Dompte tes énergies, étreins le naturel, tente l'impossible mais ne taris pas la source.

    Donne de la Vie à chaque instant de ta vie. Donne à la Vie, l'amour.

     Donne à l'Amour, l'ivresse et ne donne à la mort et au morbide que le superflu.

    Et puis chante! Chante pour le jour nouveau qui se lève. Chante pour la nature dont tu demeures l'élève. Chante encore et toujours jusqu'à ce que tu deviennes l'effet de la cause que tu ne cesseras d'être, et qui n'est rien d'autre que l'écho logique de l'Amour.

    .

    GERARD OLIVIER

    .

    ENFANT ANNE GEDDES,

    Photographie Anne Geddes


    0 0
  • 09/19/15--10:24: LEÏLA ZHOUR
  • La solitude est comme du chocolat. Amère et douce à la fois, elle a l'âpreté de notre condition, tout comme la cocotte de pâques garde trace de la dureté du cacao brut.

    Etre seul, c'est parfois être confrontéà un insoutenable isolement. Enfermé dans la ronde des pensées, on se heurte aux barreaux du silence, et même un cri dans les montagnes n'est encore que de la solitude. Confiné dans le secret de l'esprit, les sentiments entrent en guerre avec les mots. Plus on parle, plus on rencontre de monde, plus on mesure combien hermétique est la sphère de cette vie-là, dedans. On a beau en livrer des bribes, laisser fuiter quelques scandales, pousser ça et là un soupir, un éclat, ce qu'on rencontre n'est que de l'inconnu, des masques sur d'autres solitudes.
    Parfois aussi, être seul est agréable. C'est une ganache vive et poivrée qui explose de saveur quand on la croque. Le silence alors n'est plus l'ennemi, les pensées s'organisent autour d'un flux de paix. Cette solitude-là est créative. On y puise le meilleur de soi, on y trouve de l'esprit, les mots aident les idées et l’esprit range les mots dans un ordre qui avance. Cette solitude là est l'âme du confiseur en nous et s'y plonger, c'est être soi, être chez soi.

    Solitude est l'autre nom de la longue randonnée entre ces deux extrêmes. Jamais on n'en perd vraiment le sentier, jamais on ne s'en écarte tout à fait. Jamais on n'est pas seul. La solitude est un compagnon sur l'épaule, le leprechaun capricieux qui a fait de nos âmes sa caverne. Quand on l'oublie, qu’on avance serein, on perd conscience de sa réalité. On se tient dans un entre-deux anesthésiant. On en oublie même son fredonnement persistant, à l'arrière plan de tous nos projets. 
    On se mélange, on rencontre, on échange, et soudain c'est comme si les solitudes qu'on avait traversées n'étaient que souvenirs. Une réminiscence nous vient de temps à autre, mais on est si confiant… si naïf. On croit pouvoir se maintenir ainsi au sommet de la vague, dans le confort d'une glisse tranquille, où seules quelques éclaboussures bienvenues viendraient nous rafraîchir dans l'enthousiasme des partages.

    Il y a des solitaires par choix, des solitaires par hasard, des solitaires contraints. Il y a des gens expressément sociables qui semblent n'avoir jamais fait le détour vers les terres de la solitude. Tout cela est un leurre, sans doute. Tous nous sommes seuls, et nous aménageons cela à notre manière, certains avec de l'opulence, d'autres avec une sorte de culture du vide. Quel que soit l’habillage qu'on ait choisi cependant, on peut partager véritablement quelque chose : ce destin imposéà nos âmes, cette nature. Humains, conscients, nous n'en sommes pas moins seuls d'un bout à l'autre de nos vies. Les innombrables rencontres qui nous enthousiasment et nous occupent tant nous sont alors essentielles en ce qu'elles sont la précieuse barre qui nous équilibre sur le fil. Mais elles n'effacent ni le vide en dessous, ni la folie de la chute, ni l'euphorie du vertige parfois vaincu. 

     

    .

     

    LEILA ZHOUR

     

    .

     

    eddie o'brian,

    Photographie Eddie O'Brian

     

     


    0 0
  • 09/19/15--10:43: LE BLEU DE L'ECRIT
  • Tant de Bleu dans les mots du poète   

    Tissé enlacé en lacis caressants, le Bleu s'étire et s'affirme   
    Oh mon Bleu ! L'intransigeance à ma porte   
    Ouverte sur la béance de l'azur   

    Bleu, teinte pure sur nos horizons   
    Bleu, teinte obscure en lisière des ténèbres   
    Bleu, fleuve d'encre au long des berges d'une âme...fleur bleue   
    Bleue cette mémoire vive enchâssée en cartouche sur de l'ébonite   
    Bleus mes cahiers d'enfance   
    Bleues les prairies vertes de la mer frémissante   
    Bleus certains yeux...chut !   
    Bleues aussi ces traces de peine sur l'épiderme de mon coeur   

    Bleue la vitre profonde des cathédrales   
    Bleu l'espoir irridescent de Giotto   
    Bleue cette ligne chrétienne de fuite   
    À la rencontre du rêve vert d'un Orient voué aux déserts   

    Bleu le drap rêche du touareg sans retour   
    Bleues les mosquées d'Ispahan sous des souillures de terreur   
    Bleu le tapis de la nuit au septentrion   
    Bleue la vague absolue du grand japonais   
    Bleus tous ces espoirs de peuples décousus   
    Bleue l'oeuvre entière de l'homme à son ouvrage   

    Tant de Bleu, oui, tant de Bleu dans la création   
    Outremer, indigo, roi   
    Pétrole, presque gris, turquoise, presque vert   
    Cyan, presque pur   

    Bleu Bleu Bleu, promesse de mots dans la métaphore de demain   
    Bleu épris entre blanc et noir   
    Presque blême avant que la nuit ne l'emporte   
    Bleu enfoui là, dans un silence aux couleurs de geyser   
    Bleue cette Terre ignorante aux confins de l'espace   
    Bleue, isolée, si ronde sous ses écharpes blanches, agrippée au néant   

    Bleu mon amour comme un rêve de jeune fille   
    Bleues mes caresses sur ta peau de ténèbres   
    Bleus mes baisers sur tes lèvres de myrtes   
    Bleu mon désir entre tes mains de nuit   
    Ce bleu, encore un peu, encore une fois   
    Ce bleu, il n'y en a plus   

    Oh, le bleu de l'oubli   
    Bleu phocéen, effacement maritime   
    Bleue, avec des petites bulles, mon âme dissoute dans les abysses   
    Bleu ce tremblement souterrain où je ne suis plus rien   

    Tout ce bleu qui demeure, indifférent filigrane   
    Tout ce bleu dans l'écrit, écrin de nos vies .

     

     .

     

    LEÏLA ZHOUR

     

    .

     

    bleu,

     

     

     

     


    0 0
  • 09/19/15--12:31: FEMMES
  •   Au pied de montagnes austères fécondes en fleuves jaunes et pourpres,  

    A l'orée des déserts immortels aux lumières magiques,  
    Il est des lieux où nous ne pouvons être.  
    Et nous y sommes par milliers ! Mais invisibles et séquestrées,  
    Scellées sous la garde de portes en bois ornementés,  
    Remisées sous des treilles enluminées d'inviolables verrous.  

    Et dans les rues et sur les routes nous y sommes aussi,  
    Suant la peine et le silence sous le tissu sans grâce  
    Qui arrête le vent et l'air en amont de nos corps pâles.  
    Nous sommes, oui ! Présentes et inavouées en ces lieux d'hommes  
    Et les larmes de nos mères ont creusé des lits  
    Où coulent, amères, les hontes et les peurs de nos âmes sans visages.  

    Qui voit ? Qui sait notre existence en deçà des regards qui nous fuient ?  
    Qui entend le glissement des perles de sang qui nous enchaînent ?  
    Nul ne pénètre dans les geôles de nos vies.  
    Et tous, guetteurs iniques de nos vertus et de nos vices,   
    Se meuvent au rythme du désir de nous tenir sous eux,  
    Tous sombrent en des folies stériles à rêver en vain du don de notre altérité  
    Quand ils dépècent nos coeurs et nos chairs   
    Dans l'étau de leur puissance.  

    Couvrez de cendre la chevelure secrète de boucles rebelles !  
    Brisez la vague libre d'une main levée dans l'aube claire !  
    Aucun espace ne s'ouvrira sous la poussée sanglante de nos souffrances !  
    Nos filles naîtront dans la misère de notre souffle enchaîné,  
    Elles maudiront nos ventres déjà honnis  
    Comme nous avons crié (mais au coeur de quel silence !)  
    Quand nous avons appris quels voiles de plomb allaient sceller nos vies.  

    Nos bouches resteront muettes sous nos mains en coupe  
    Quand nous goûterons aux fruits brûlants des rêves libres !  
    Nos yeux seront de pierre sous les aubes sinistres  
    Quand l'ivresse de l'espoir ébranlera nos marches !  
    Mais où ? Mais quand poserons-nous la laine poisse qui nous brise ?  
    Et nos corps nus et magnifiques,  
    Qui saura lire en leur mémoire ardente le malheur ?  

    Au feu, nos loques puantes verrouillées sur nos galbes d'amour !  
    Au feu les marqueteries tyranniques qui ferment nos maisons !  
    Que les fleuves en crue lavent nos villes  
    De la flétrissure séculaire qui attache nos pas !  
    Que des laves impétueuses passent leurs langues irradiées  
    Sur la souillure concupiscente du regard de nos geôliers !  

    Alors nous renaîtrons dans le crépuscule d'un jour juste  
    Et une nuit limpide lavera nos visages clairs.  
    Nous boirons les sources glacées qui sourdent des lendemains apaisés;  
    Sur nos coeurs fleuriront les pétales de la liberté;  
    Chantez femmes et filles des terres bannies !  
    Nous porterons au loin le fardeau de nos peines opaques !  
    Nous meurtrirons nos lèvres aux baisers des corps ressuscités  
    Et de nos seins couleront des laits au parfum de cannelle.

     

    .

     

    LEÏLA ZHOUR

    30.09.1999

    .

    augustin-ferrando-femmes-d-algerie-voilees

    Oeuvre Augustin Ferrando


    0 0
  • 09/19/15--13:00: TOURS DE SILENCE...Extraits
  • La multiple réalité s’efface
    dans l’air vide.
    Tout égare son nom
    dans l’unité secrète,
    et l’essence de chaque chose
    se recharge
    à l’abri lucide des ombres.

    ...

    Nous serons de retour chaque fois
    jusqu’à tarir l’être que nous sommes
    afin que, de pure vie,
    nous puissions gagner le sens
    de nos naissances répétées.
    ...

    Les vastes terrasses
    de la maison qui ne fut jamais bâtie ;
    les vignes ocres qui ne furent pas plantées ;
    le temps antérieur au premier instant ;
    les villes non fondées ;
    le contre-rêve, l’envers de la réalité ;
    ce qui n’est pas objet d’oubli ou de nostalgie ;
    ce qui n’existe pas ni n’a existé
    en heures ni en géographie.

    De tout ça se nourrit et meurt,
    c’est là que repose,
    et œuvre cette façon d’être que nous sommes :
    une simple possibilité
    face à des renoncements infinis.

     

    .

     

    ANGEL BONOMINI

     

    .

     

    werner-hornung

    Oeuvre Werner Hornung


older | 1 | .... | 58 | 59 | (Page 60) | 61 | 62 | .... | 171 | newer