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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 10/12/15--11:43: BERCEUSE POUR MA BIEN-AIMEE
  • Viens dormir, ma douce colombe,
    Ma bien-aimée!
    Viens voyager,
    Toi, mon amour si éreinté !

    Je caresserai tes rêves de paix,
    Tes cheveux qui racontent
    Tant d’années de luttes, tant de veillées !

    Laisse ton souffle, qui se libère, me réchauffer
    De toutes ses lunes, de tous ses soleils !
    Il couvrait tous leurs réveils, tous leurs sommeils,
    De baisers, quand ils étaient,
    Au milieu de la nuit, si effrayés,
    Quand ils se réfugiaient, petits anges,
    Dans le nid de tes insomnies, mon ange!

    Ta radieuse patience, qui toujours rit,
    Leur cachait tes peines et tes soucis.

    Viens donc dormir, ma douce colombe,
    Ma bien-aimée!

    Je bercerai, toutes les nuits,
    Ton corps qui a toujours bercé
    Tant de vagues d’espoirs portés
    Par les ailes de nouveaux fruits,
    Ton corps qui cherche, aujourd'hui,
    Un doux rivage où se reposer,
    Pour se recomposer,
    Après les fatigues de tant d'années!

    Viens donc dormir, ma douce colombe,
    Mon adorée!

    Je te bercerai, jusqu’au sourire serein de ton arrivée
    Au plus profond de mon cœur qui, jamais, n’a cessé de t’aimer !

     

    .

     

    MOKHTAR EL AMRAOUI

     

    .

    Jamil Naqsh41

    Oeuvre Jamil Naqsh

     

     


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  • 10/12/15--12:50: ALPHABET...Extrait
  • (…)
    pense comme
    pense un oiseau qui construit son nid,
    pense comme un nuage, comme
    les racines du bouleau nain
    .
    pense comme pense une feuille
    sur un arbre, comme pensent la lumière et l’ombre
    comme pense l’écorce luisante,
    comme pensent les nymphes derrière
    l’écorce, comme pense le lichen
    sur un peu de bois pourri,
    comme pense la clandestine écailleuse,
    comme pense la clairière
    brumeuse, comme pensent les marais
    quand la montée de l’arc-en-ciel
    se reflète, pense comme pensent
    un peu de bourbe, quelques gouttes
    de pluie, pense comme un miroir
    .
    si vital ; regarde le tourbillon
    de la tempête de sable
    sur son trône de néant ;
    regarde ô combien banalement,
    enfermée dans le moindre
    petit grain de sable une subtile
    vie fossilisée se repose
    après le voyage ; regarde comment,
    calmement, elle porte la
    nuée de commencements de
    la première mer ; regarde
    un signe si simple
    dans lequel, tel un être,
    .
    la vérité se reflète ;
    mais regarde
    combien c’est vrai, gracieux ; laisse
    les choses, ajoute
    les mots, mais laisse
    les choses ; regarde
    la facilité avec laquelle
    elles trouvent d’elles-mêmes un abri
    derrière une pierre ; regarde
    la facilité avec laquelle
    elles se glissent dans
    ton oreille et chuchotent
    à la mort de s’en aller
    .
    .
    .
    INGER CRISTENSEN
    .
    .
    .

    Monserrat Gudiol3,

    Oeuvre Montserrat Gudiol


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  • 10/17/15--06:44: PATRICK ASPE
  • Trouver l'âme des pierres
    À la source des galets
    Jongler la terre en ligne de sel
    Danse de l'ultime tribu
    À la flèche décrochée
    D'une forêt de larmes de plumes de serpents etoiles
    Amazone fleurs flammes et fleuve
    Pour le soleil des illusions
    Sarbacane dans l'attente
    Des nuages
    Là bas dans le grand lointain du monde qui s'effiloche
    Tremblements des ors terreurs
    Au sang d'un conquistador fou
    Âme des pierres et des sueurs
    Âme soeur

     

    .

     

    PATRICK ASPE

     

    .

     

    ilede paques

     

     

     

     


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  • 10/17/15--06:53: MARC VIDABREVE
  • Aux cœurs légers et aux cœurs lourds

    Souhaitons l'osmose

    Le contrepoids de la rencontre

    Le soin des ecchymoses

    La réversibilité des anges

    Et l'intensité des songes...

     

    .

     

    MARC VIDABREVE

     

    .

     

     

    Brooke Shaden Photography14,

    Brooke Shaden Photography


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  • 10/17/15--07:00: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Faut-il qu’il soit riche le limon
    d’où en naissances multiples
    s’échappent nos rêves.

    Faut-il qu’elle soit fragile l’absence
    quand tout se réduit
    à un bout de terre qui s’éloigne

    et plus fragile sans doute -
    mais vigilant
    dans le confus des rumeurs -
    le geste
    pour atteindre le silence.

     

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    Brooke Shaden Photography4,

    Brooke Shaden Photography

     


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  • 10/17/15--07:33: VERS LE ROYAUME DE LA PAIX
  • je conte le corps exilé et les racines migrantes
    la boussole égarée dans les décombres de l'errance
    le souffle amasse les peurs moisies des jours pétulants

    la fréquence du pas atteint l'âge des ténèbres
    brusquement l'homme dévore la chair vive de la prairie
    il disparaît sur son dos l'amphore sertie de sécheresse

    son crâne évadé subit l'avalanche des mémoires
    il porte les séquelles de sa terre et boit son calice
    ne sait plus lire le paysage étourdi par la gerçure des dunes

    il flanche à l'épreuve de l'arène à la croisée des vents
    marche contre le smalt la nuit sur l'humus du périple
    pour atteindre la statue de la miséricorde qui remue son éclat

    sous la lumière qui l'a secouru il se désaltère de sueurs nomades
    se nourrit des ocres qui s'offrent en renfort à la marche des sables
    il dépose sa complainte sur la pierre de la contrée méconnue

    à l'aurore sa lyre le secoue dans son songe
    il se réveille enchanté par la clarté de l’idylle
    s'empare du chant thaumaturge du jour naissant

    il entame alors la voie du sirocco dans l'axe du soleil
    et brave la dompteuse des déserts qui s'empare de lui en dévotion
    lui offre l'expression de l'inaccessible firmament

    de ce pas il pénètre dans le royaume de la paix

     

    .

     

     

    KAMEL YAHIAOUI

     

    .

     

    desert

     

     


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    La bataille de Ponte-Novu, qui eut lieu du 8 au 9 mai 1769, est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli — composées de Corses et de mercenaires allemands — et les armées du roi de France Louis XV, aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse. Afin d'en finir avec le gouvernement rebelle de Corse de Pascal Paoli, le commandement français décide de se porter sur Corte en passant par le passage du Golo à Ponte-Novu...Assaillis de tous côté, les Corses tentent alors de repasser sur l'autre rive, mais dans le désordre mêléà la confusion dans le commandement, les troupes en retraites de Pietro Colle se font tirer dessus par les mercenaires prussiens chargés de défendre le pont.
    Assaillis d'un côté par les Français et empêchées de l'autre de passer le pont, les troupes corses sont laminées.

    Voltaire, écrit, admiratif, à l'occasion de ce combat :

    « L'arme principale des Corses était leur courage. Ce courage fut si grand que dans un de ces combats, vers une rivière nommée Golo, ils se firent un rempart de leurs morts pour avoir le temps de recharger derrière eux avant de faire une retraite nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts pour affermir le rempart. On trouve partout de la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez les peuples libres. »

    .

    Le 17 octobre 1961 a d'abord été oublié au même titre tous les crimes de la Guerre d'Algérie

     Au matin du mardi 17 octobre, la police sait qu'une manifestation de masse se prépare ; des cars de police quadrillent la ville, des policiers cernent les bouches de métro aux portes de Paris, prêts à arrêter les manifestants. Aux portes de Paris, à la sortie des métros Étoile, Opéra, dans les couloirs de la station Concorde, sur les Grands Boulevards, les manifestants seront systématiquement matraqués, à coups de crosse, de gourdin, de bâton, souvent jusqu'à ce qu'ils s'effondrent.Les policiers frappent au visage, au ventre, des manifestants qui ne font montre à aucun moment d'aucune violence ni d'aucune résistance. Sur le boulevard Bonne-Nouvelle, au pont de Neuilly, au Pont-Neuf d'Argenteuil et en d'autres lieux, les policiers tirent sur les manifestants. Sur les ponts aux portes de Paris et sur le pont Saint-Michel, des hommes sont précipités à la Seine. En plein Paris et pendant plusieurs heures se déroule une véritable chasse au faciès, à laquelle la population parisienne assiste et collabore même parfois. Le préfet de police M. Papon suit toutes les opérations et se rend lui-même à l'Etoile, pour constater leur " bon déroulement ". Plus de dix mille Algériens sont interpellés. Ils sont internés au palais des Sports, au Parc des Expositions, au stade de Coubertin, au Centre d'Identification de Vincennes, pendant près de quatre jours. Quatre jours pendant lesquels les violences continuent. A leur arrivée, les manifestants sont systématiquement battus. Dans l'enceinte des lieux d'internement, on assiste à des exécutions et nombreux sont ceux qui meurent de blessures non soignées. Au lendemain de la manifestation, le bilan officiel est de deux morts algériens. Il fait état de " tirs échangés " entre la police et les manifestants. Malgré les efforts de quelques parlementaires, le gouvernement empêche la création d'une commission d'enquête. Aucune des plaintes déposées n'aboutira. S'il n'est pas possible de déterminer exactement combien d'Algériens furent tués le 17 octobre 1961 et les jours qui suivirent, il reste que le chiffre de plusieurs centaines de morts, avancé par J-L. Einaudi dans son livre La Bataille de Parisà partir de l'étude de registres de cimetières, de témoignages et de documents internes du F.L.N., est le plus vraisemblable.

     

    .

     Pont Neuf……..Paris.
    Ponte Novu…….....Corsica.
    Quand les flots coulent, s’écoulent et roulent et portent témoignage.
    Seine…
    Toi…fleuve des rencontres aux rives giboyeuses.
    Toi…fleuve des méandres, qui hésite et qui flâne et musarde au hasard des jours, des saisons et des temps et des amours cachés et des prairies complices,
    Toi…fleuve des échanges de marchandises et d’hommes,
    Toi…fleuve porteur de Drakkars, de péniches et chalands,
    Toi…fleuve des crues, hautes, immenses, larges et calmes et nourricières aussi.
    Toi…fleuve caressant et berçant des châteaux, de feux et de lumières.
    Toi…Fleuve de culture, de peuples de légendes et de héros vainqueurs et d’armures fêlées,
    Toi…fleuve de Paris et de ses barricades enjambées par des Gavroches fous...
    Fous d’espoirs insensées et de rêves aussi fous…
    Raconte-nous l’histoire.
    Entrouvre un peu tes flots, juste légèrement.
    Entrouvre ce tombeau de martyrs aux mains nues qui voguent entre deux eaux.
    Raconte-nous tes ponts de sinistre mémoire de cette nuit d’automne.
    Ta vague coulait glauque, couleur épouvantable d’une Algérie en deuil…
    Raconte-nous octobre…à Paris, à l’heure grise.
    Golu
    Toi…fleuve des tempêtes faites d’écumes blanches,
    Toi…fleuve impétueux chantant les transhumances,
    Toi…fleuve sans méandres aux rives sans châteaux,
    Toi…fleuve légendaire tant pavé de légendes, de feux et des lumières
    Toi…fleuve déchainé aux rive de granit,
    Toi…fleuve qui finit ta course en caressant les schistes aux senteurs de maquis,
    Toi…fleuve qui toujours lave et désaltère le rebelle/maquisard au courage inouï gavé d’insoumission et de justes révoltes.
    Raconte
    Ce jour là, néfaste, nous étions au printemps…un jour de transhumance.
    Raconte
    Sous le pont, tu emportais les corps et, acqua in bocca, tu étouffais des cris.
    Tu étais en colère
    La neige fondait rouge et levait de l’écume couleur de premier Mai.
    Nous étions un 8 Mai. Malgré tant de vaillance l’espoir était en deuil, la Corse était vaincue…
    Au gré des flots rageurs, tu portais des rêves en drapeaux, ceints d’un drapeau de rêve.,
    .
    Golu….Seine
    Qu’ils soient grands ou petits les fleuves se ressemblent,
    Ils caressent des ponts et bien des passerelles qui mènent l’un vers l’autre.
    Seine….Golu,
    La liberté a ses martyrs partout.
    Golu….Seine
    La liberté a des frères partout.
    Golu….Seine,
    Soyez fiers,
    Par-dessus les bourreaux de nos martyrs noyés,
    Vous charriez l’espoir, vous charriez la vie.

     

    .

     

    GHJISEPPU MAESTRACCI

     

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    ponte novu

    Ponte-Novu

     

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    17-octobre-61

    Pont-Neuf Paris 17 Octobre 1961

     

     

     

     

     


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  • 10/18/15--06:57: L'ART D'ECRIRE
  • Tu exprimes le manque, l’incertitude, l’abandon peut-être
    Le gouffre où tu te débats
    Tu affectionnes un style et cherches le ton qui te ferait exister
    tu es là dans l’immensité, le bleu et la voix
    la voix se heurte au bleu
    et l’horizon renvoie un écho
    ne cherche pas l’écho
    l’écho est l’exil du même
    rapproche-toi de la sérénité,
    les puissants battants du songe
    ailes ouvertes répétant à l’infini
    le geste heureux d’aller vers l’autre
    et tu découvres la précarité de l’être,
    ou le refus
    ou le silence
    ou la mort

    Tu crées en court-circuit, tu précipites le mouvement
    Certains font cela en apprentis sorciers !

    Obstines-toi à la vérité, obstines-toi à naître même si la mort menace
    Elle continue à frapper à la porte la faucheuse inconnue
    Elle ne sait rien, face vide, et pourtant elle oblige, elle exige que tu lui prêtes voix,
    Prête-lui ta voix de sagesse, puisque c’est ainsi que tu seras exemplaire
    Laisse derrière toi la fadeur quotidienne qui encombre les jours
    Te voilà prête-nom, prête-voix à cette autre qui te précède.
    N’attends pas d’elle les confidences, les dires rapportés et les médisances
    N’attends pas d’elle un dialogue, elle s’en tiendra à distance
    N’attends pas d’elle un miracle, la diffraction du je/nous dans l’arc en ciel des différences
    Accorde lui comme à tous l’hospitalitéà l’étrangère
    Elle te saura gré de l’alliance, de la reconnaissance
    et pour te souhaiter la bienvenue, elle aménagera sa demeure.
    Écris-lui, écris-la.
    Voilà une parole qui défie!
    Apprivoise-la !
    Transcende-la en existence commune, en souffle, en temps
    Accueille-la à ce seuil où son regard scrute l’horizon
    Habite son appel et résonne en ses psaumes
    Relis le monde et célèbre la vie
    Va à l’initiale des recommencements et sois l’hôte passager de l’écriture.

     

    .

     

    NICOLE BARRIERE

    Le 18/10/2015

     

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    Jamil Naqsh4,

    Oeuvre Jamil Naqsh

     

     

     


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  • 10/18/15--07:23: NADAKA RAGA GUITAR

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    Merci Colette, merci Thami, de nous offrir une si belle page par vos deux arts réunis

    .

     

    Et nous voici

    encore une fois,

    jetés dans les vendanges et bousculés d'azur,

    célébrant la beauté du monde

     

    Nous voici menacés

    dissous, désarmés,

    ivres de soleils imparfaits

     

    Îles folles de la nuit,

    Îles éclatées

    Nous scintillons dans nos défaites

    de toute l'insolence de vivre

     

    Quelles sources en marche

    Quel acharnement ?

    Mains nues,

    abandonnées aux drames, aux blessures,

    aux caresses,

    j'aime la vie jusqu'au désespoir

     

    Terre insensée,

    nous t'invoquons, royale

     

    Et nous voici dans ta poussière,

    investis, effrités,

    clamant encore la joie d'être mortels.

     

    .

     

    COLETTE GIBELIN

     

    .

     

    thami6,

    Photographie Thami Benkirane

     

     

     


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  • 10/19/15--11:02: BERNARD PERROY...Extrait
  • Et si nous allions
    par-delà les apparences
    rejoindre la voix qui se tait
    tout au fond de chacun,

    là où s'étreignent
    au fil des ans
    tous nos espoirs d'enfant
    et nos désirs les plus fous

    venus défier la mort
    et mûrir d'eau vive quand l'horloge du cœur
    se métamorphose en joie
    dans l'écoulement du temps

    qui nous captive
    comme le bruit fragile
    du goutte à goutte d'une fontaine
    parmi les bruits dispersés de la ville…

     

    .

     

    BERNARD PERROY

     

    .

     

    corse

     

     


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  • 10/19/15--11:14: VIVRE A LA HACHE XCVI
  • En dernier lieu
    en dernière instance
    quand les bouchers rigolards
    égorgent à 100 contre un
    et foutent le tout
    à la broyeuse
    une vieille,
    très vieille histoire de visages
    et de crânes
    refait surface
    Une histoire brève
    et même un tantinet brutale
    dont la concision
    donne vraiment
    pour une fois
    À RÊVER

    Au hachoir industriel
    à l’abattoir consacré
    du loup parmi les hommes,
    à une certaine profondeur
    plus basse que les nécropoles putains
    un morceau dur enraye les tranchoirs
    Subitement, ça ne passe plus
    Il y a "un os" comme on dit
    Mais on a beau vider
    purger, tamiser,
    l’hélice aiguisée
    les lames en rut
    moulinent dans le vide
    et se détraquent

    Si l’on pouvait regarder
    à la loupe ce cosmos d’horreur éternelle
    on verrait là un détachement de figures
    éjectées d’une quinte d’abîme
    Fantômes d’un soleil insupportable
    missionnés par une tempête
    non de justice
    mais de trou noir
    rassemblant son œil,
    quelques transparents
    à la manœuvre
    comme malgré eux
    ne sachant plus même
    où tourner où calmer
    leur crâne de désastre
    rasant d’un regard
    cette pâture d’enfer
    recalée des bouillons
    les plus noires

    Ce quatuor,
    peut-être ce quintette
    de pauvres élus
    leur modèle de spectre
    avaient bien des yeux
    au commencement
    des patrouilles damnées
    mais l’enfer lui-même
    pris à la gorge, subjugué
    et pour tout dire, révolté
    par une abjection rebelle
    à tout châtiment
    a cru bon hisser à l’endroit
    des yeux séparés
    la meurtrière flambante
    des cœurs parfaitement crevés
    Plus de regard donc mais
    un perpétuel lance-flammes cyclopéen
    un rayon d’apocalypse
    sectionnéà sa base

    C’est la dernière heure
    pour ceux qui croyaient
    fuir en enfer
    comme d’autres
    au Paraguay

     

    .

     

    NICOLAS ROZIER

     

    .

    NICOLAS ROZIER 33,

    Oeuvre Nicolas Rozier

    http://roziernicolas.blogspot.fr/

     

     

     


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  • 10/19/15--11:59: UN TEMPS POUR AIMER
  • Avec une conjonction de coordination
    je te réjouis
    te punis
    t'engloutis
    Avec un verbe au futur antérieur
    je te retourne le coeur
    du côté du bonheur
    Avec un rossignol andalou
    je t'enivre
    d'un chant mystique
    saturé d'étoiles
    Avec quelques adjectifs
    je te charme
    je t'embrasse
    je t'allume
    Avec une métaphore
    je nous transforme
    au présent de l'indicatif.

     

    .

     

    ANDRE CHENET

    In "L'éclosion du feu"

     

    .

     

    ANDRE2

     

     


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    Visage endormi sur un siècle de fractures
    gravé dans ma mémoire en éveil
    me voilà dans les affres mon cœur a atteint son paroxysme

    une voix gorgée d'amour s'est tue
    quand ma main a caressé l'ancêtre au féminin
    le courage s'est évanoui et ma sève refroidie

    l'aède enveloppait ma présence
    au sol s'est agenouillée ma sagesse
    mon unique conteuse est morte et sa raison gesticule encore

    la terre assoiffée prie la source éteinte
    que m'apporte la sécheresse des yeux fermés
    à jamais s'est étouffé le souffle de ma centenaire

    je porte la clé de la citadelle
    grand-mère m'a légué son parchemin de résistance
    sur la reliure du linceul je peins l'héritage blessé

    une foule de souvenirs m'ont accompagné au cimetière
    j'ai enterré une peau saine avec mes doigts gelés
    mes chandelles pleuraient le rapatriement de l'âme seule à dieu

    la sérénité de l'âge a rejoint la terre jeunesse
    l'azur du ciel scinde les rondeurs du deuil
    j'ai mal aux rides ancestrales

    une lésion traverse mon exil et salue les anges de la mort
    cette touffeur qui me harcèle jusque dans ma palette
    la couleur fume la tristesse de la chambre vide

    hommage à toi muse nourrissant mes gestes
    que la prophétesse paix fleurisse sur ta tombe
    ma robuste racine je te salue de mes maux espoirs

    je transmets l'espérance de ton verbe aux passants de la vie
    et ta bénédiction en fidèles peintures
    merci pour ta révolte ta parole ton lagon

    notre étreinte habille l'expression de l'énigme
    Setti s'en est allée avec une parcelle de ma douce patrie
    désormais je veille sur son olivier et son poème fécond



    .

     

    KAMEL YAHIAOUI

     

    .

     

    TASSADIT 2


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  • 10/19/15--12:10: PIER MAYER DANTEC
  • Quel que soit leur âge ou leur visage, les hommes sont beaux, quand leur âme n'est pas noire et que leur esprit n'est pas celui d'un reptile, d'un chacal ou d'une hyène. Le reste, c'est une question de degrés, de nuances, ou de types de beauté, même si, entraînéà certain esthétisme par une civilisation qui la met en valeur jusqu'à la folie, notre œil a toujours plus d'agrément autour de l'apollinien.
    Mais qui sait encore voir le beau dans l'étrange et le fantastique, qui sait encore voir la lueur chez le vagabond chu du ciel ? Qui perçoit la vie serrée dans ces rides qui le sont autant, et que notre pauvre société s'acharne à gommer ?!
    De quoi se sentir seul bien longtemps...
    Et toi, le pauvre en langue parce que paresseux en esprit, toi qui viens enfoncer des portes ouvertes et repeindre les nuages en gris, pour dire "jolie"à femme qui se sait telle, va, cherche la beauté cachée. Peut-être cela t'apprendra-t-il à trouver enfin des mots de plume au lieu de vieux mots décatis et scellés de plomb.

     

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    PIER MAYER DANTEC

     

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    julio romero de torres2,,

    Oeuvre Julio Romero de Torres

     

     


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  • 10/19/15--12:24: TESTAMENT
  • La poésie doit dire quelque chose.
    Dire quoi ?
    Le malheur cueilli par Dieu dès l’enfance ?
    Le voile blanc d’une aube désertant la mémoire ?
    Une silhouette rivale et une ombre muette ?
    L’expérience de la compassion, autre énigme de la bonté ?
    Que me veut la poésie ? Me racheter ?
    Rencontrer Dieu chez mes ennemis

    Paradoxe…Dieu est l’ennemi.
    Absent, laid, haineux,
    Dieu est la foudre de l’âme
    Il la traverse de haut en bas comme les longs arbres
    Dont les racines s’immergent dans les marais
    Dans la voix du poème,
    Le vers sortent incandescents de la tourbe
    Lueurs humiliées de la misère, du désert,
    A la fin pour rendre l’âme ?

    Je ne rendrai pas mon âme à ce Dieu de négoce et de délinquance mystique
    Je ne lui donnerai rien
    Ni la foudre qui me terrassera
    Ni l’absence d’oxygène
    Ni l’intensité des mots tressés
    Ni la houle de feu, ni la trace qu’on laisse derrière sa vie.

    Je ne laisserai rien de la rencontre éblouie
    Ni le goût d’écrire ressemblant les métaphores
    Ni la colère, ni le son, ni la pourpre
    Je ne laisserai rien.

    Voici l’heure du chantage immémorial de la faucheuse
    Le grand rassemblement d’être à son point de dispersion.

    Je ne laisserai rien et j’accuse à l’avance les improvisations nécrophages
    Les envolées métèques saluant mon départ.
    Je ne laisserai rien et j’emmerde Rimbaud, Mallarmé et Breton.

    Je ne laisserai rien, les flammes m’envahiront et je récuse la crémation
    Je ne laisserai rien, le goût exquis de l’enfer, je l’ai vécu ici
    Dans les flammes rougeoyantes de l’amour.

    A quoi bon perdre son temps ? Faire de la poésie avec des formulaires ?
    Transmettre l’excellence de bégaiements solaires ?
    Crucifier le don…
    Transmettre…

    Noirceur, ton âme pâlit à la mort
    Des visions malades
    L’éclair blanc de la main collée au fil électrique dénudé
    D’être maudit, d’être béni, de reconnaître l’orgasme athée
    D’affronter Dieu et ses hauteurs béantes
    Vérifiant sa toute puissance
    A l’aune de la servilité.

    La poésie doit dire quelque chose.
    En secouant le verbe, en ravageant les substantifs
    Dévoilement impudique, urgent, ténèbres
    Intranquille.
    Cesser d’être poignant pour être rebelle contre tous les systèmes.
    En rupture contre tous les systèmes de la poésie.

    Je ne laisserai rien et j’emmerde Aragon, Char et tous les autres
    Je mourrai sans aphorisme, sans métaphore
    Sans verbe ni adjectif
    La mort est sans talent
    Écœurante, primitive, sauvage, sombre, fièvre, flambante et humide
    Sans respiration, malédictions, sanglots, illettrée, bohémienne,
    Prophétie des vers…

    Je mourrai à son ordre et sans Dieu, rage démente, mordante,
    Ah cette morsure de l’amour tandis que j’écris
    Branlant ton membre au dieu du souffle
    La Diable enfin sort du bois
    Engrosse la langue de sa fourche

    Je renie les mots assassins des atrocités, des déchirures sublimes, des vies chastes
    Je m’affranchis de tous.

     

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    NICOLE BARRIERE

     

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    nicolas rozier

    Oeuvre Nicolas Rozier

    http://roziernicolas.blogspot.fr/

     

     


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  • 10/20/15--05:10: RENE CHAR
  • “ Toute poésie doit naître libre et un peu folle, tendre et rebelle aux mains qui la mettent au monde ; elle doit ignorer la course du bien et la ronde du mal ; c’est pour cela et sans ce souci qu’elle est humaine. Arbre nocturne, elle pousse au centre du jour. Elle sert à nos métamorphoses parce qu’elle dit vrai ou le croit. Et tous les opprimés sentent et savent qu’elle est leur sœur, et le frais talus de leur chemin. ”

     

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    RENE CHAR

     

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    char

     

     


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  • 10/21/15--00:47: LA POESIE DE PATRICK ASPE
  • Warao ma rivière danse la Dordogne derniers indiens introuvables

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    la rivière

    je tombe sous le charme
    les charmes
    charme - charme encore
    Warao
    pêcheurs de l’histoire des hommes
    les indiens Waraodu delta de l’Orénoque au Venezuela voyagent et vont – vont - sur sur sur de longues pirogues roguer roguant au pirogues dans les méandres du fleuve
    Ils vont vont viennent et reviennent
    fines - fines si fines embarcations pour se faufiler dans les étroits bras des rivières qui se donnent au fleuve roi
    maitre des pirogues
    chante
    chante la rivière chante
    courant coureur des poissons
    des poisons soleil
    bondissant jaillissant
    sang
    la plume d’or
    verte jaune bleue
    du perroquet
    lune - lune
    des femmes
    oubliées
    pirogues

    sur ma rivière
    mon grand-père
    lance son épervier
    est-ce déjà l’automne
    ou bien cette fin
    d’été
    je m’endors sur l'île
    au pied d’un chêne oublié
    le chien aboie
    un rire vient vers moi
    des baisers sont là
    étreinte
    étreinte
    l’eau s’en va

    pourquoi ai-je rêvé
    Orénoque

    légende des mémoires
    dans mon enfance
    oubliée
    la mousse sur les galets
    glissades garanties

    dans les bras de nos nuits

     

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    PATRICK ASPE

     

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    canoe indien


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  • 10/23/15--08:42: EBAUCHE
  • Merci Agnès...
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    La nuit à peine repliée
    une note / basse
    griffe le silence

    une lente mécanique
    se dégage
    de la rouillure
    de la frilosité du limon

    un bourgeon de chant
    essaime

    des voix palpitent
    réveillent les chairs
    pénètrent la couleur

    bientôt des tentatives
    s'échappent
    fusent de partout

    elles modulent des roulades
    des redondances
    telle une crue qu'on ne retient pas

    dans la gorge rien qu'un chant
    miel sauvage
    fruit acide

    sous la gangue
    sables mouvants
    et fièvres avant la lassitude
    balbutiante

    sous l'écorce durcie
    l'amour
    jusqu'à l'absurde incandescent.
    .
    .
    .
    .
    AGNES SCHNELL
    .
    .
    .
    .

    agnes


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