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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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     Dans le silence qui le fuit
    Une ombre se défait
    Et suit la dispersion des ailes
    Entendras-tu ces cris
    Le frémissement de la pierre
    Usée par la poussière
    A ces retours mal préparés
    Aucun accueil n’est réservé
    Selon le désir des errants
    Qui retrouvent pour la seconde fois
    Un silence perpétuel que rien ne brise 

     

    .

     

    PAUL PUGNAUD

     

    .

     

    thami,,,2

    Photographie Thami Benkirane


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    Les chemins sont perdus
    Une voie nouvelle remplace
    Les orbes tracées sur le ciel
    Un cri traverse l’étendue
    Derrière les rideaux épars
    Il n’y a pas d’autres repères
    Pour la mesure d’un espace
    Où le voyage s’aventure
    Pays traversé par le vent
    S’enlaçant autour de nos corps
    Comme une force qui regroupe
    Les éclats dispersés de la lumière

    ...

    Faut-il prendre les voies secrètes
    Les portes s’ouvrent
    et se ferment
    Comme battues par l’ouragan
    Ici les voyageurs s’arrêtent
    Ils n’osent pas aller plus loin
    Ni découvrir la nuit éteinte
    Attendant un nouveau jour
    Comme des arbres qui s’abattent
    En délivrant ciel et oiseaux

    ...

    Ces mouvements équilibrés
    Eclairent l’ombre qui s’enfuit
    Les portes s’ouvrent et voient
    Les passages secrets
    A travers l’ombre de la vie
    Immobile dans le silence
    De l’air figé
    Quand il se lève sur nos yeux
    Dans la brise d’une aube claire
    Nous célébrons
    La révolte de la lumière


    .

     

    PAUL PUGNAUD

     

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    arbre rouge serge fiorio,

    Oeuvre Serge fiorio

    http://www.sergefiorio.canalblog.com

     

     

     

     

     


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  • 10/31/15--08:29: CLOCHES
  • J’ai quitté mon nid de pierres
    Sur un bel oiseau d’airain
    Vos douleurs me sont légères
    Je suis la mort des marins

    J’apprends la tendresse aux hommes
    Que j’étreins sans les briser
    Je suis l’amour d’un fantôme
    Que se souvient d’un baiser

    L’hiver conduit mon cortège
    Et pour singer ses façons
    J’ai mis ma robe de neige
    Je suis la mort des chansons

    Les cœurs d’amants pour nous suivre
    Ôtant leurs manteaux de rois
    Prennent des robes de givre
    Les morts habitent le froid

    Dans un haut grenier de pierres
    Où la lune nous attend
    Au galant que je préfère
    Je souris avec les dents

    Les baisers que je lui donne
    Sont muets comme les lys
    Dont la pâleur l’emprisonne
    Au fond des jours abolis

    Cloches d’or cloches de terre
    Sonnez en vain dans le sang
    J’ai des ciseaux de lumière
    Je suis l’oubli des absents

    J’ai semé sur votre face
    Les iris couleur de temps
    Qu’avec mes ciseaux de glace
    Mes mains coupent dans le vent

    La fleur sans ombre des larmes
    A fait s’ouvrir dans les cieux
    Au jour qui jette ses armes
    Un ciel plus froid que vos yeux

    Ainsi j’efface une voile
    Et rends au vent sa pâleur
    Qui pleure avec les étoiles
    Dont elle effeuille le cœur

     

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    JOE BOUSQUET

     

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    remi lemenicier photographies1

    Rémi Lemenicier Photographies

    http://www.remilemenicierphotographies.com/

     

     


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  • 11/02/15--03:50: THIERRY METZ...Extrait
  • ...

    comme on aperçoit tout-à-coup
    durant une fraction de seconde à peine
    la plaine
    et tous les reliefs endormis
    lorsque l’éclair déchire la nuit

    tu comprends

    avec soudain
    cette certitude

    qu’il était là depuis toujours
    il était là sur le bord du chemin
    il était là

    une écriture de chair et de sang
    de celles qui viennent frapper à ta porte
    fermement
    jusqu’à ce que tu lui ouvres

    lorsque tu l’invites à entrer
    elle s’en vient
    dans toute la lumière
    d’une aube d’été
    bouleverser ta perception du monde
    transformer tes paysages intérieurs
    portant en elle
    des effluves de terre et de plus-que-réalité

    il ne te reste qu’à confier ta demeure
    tout entière
    à ses mains d’orfèvre
    qui longtemps
    très longtemps
    apprivoisant le feu
    à coup de poèmes forgés martelés
    ciselant sa douleur
    ont tenté de dire
    ont tenté la vie
    malgré tout

    à bout de mots
    l’homme a cessé de lutter
    fuyant ce corps trop plein
    du vide
    laissé par son fils
    il est parti le rejoindre

    reste le poète
    dont les mots sont ces brins tressés
    jetés entre hier et demain
    sur lesquels nous marchons
    funambules
    à sa suite

     

    .

     

    THIERRY METZ

     

    .

     

    serge fiorio1

    Oeuvre Serge Fiorio

    http://www.sergefiorio.canalblog.com

     

     


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  • 11/02/15--04:14: JONAS...Extrait
  • ...

    voilà, amour
    tout est prêt maintenant
    tu peux naître !
    ta vie est neuve mais porte,
    empreintes en ton corps-âme :
    l’histoire des tiens et toute la
    capoeira de la forêt primordiale

    ...

    dangers, danses et défenses
    peurs et prostrations
    inscrits en toi en miniature
    attendent leur moment pour éclore
    le chant de tes ancêtres
    est le nid d’où tes rêves
    prendront leur envol 

    ...

     .

    .

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    NANCY HUSTON

    .

    .

    .

     

    nath2

    Photographie Nathalie Magrez

     

     

     

     

     

     

     


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  • 11/02/15--11:28: JEAN SENAC...Extrait
  • N'empêchez pas la pierre
    de s'accrocher à ma voix
    elle est plus souple que la mer
    entre les doigts

     Elle reconnait son hôte
    elle vous aime mieux que moi
    au coeur éteint elle apporte
    un oiseau pour l'éveiller
    un poisson pour l'échauffer
    et la trame des genêts

     N'empêchez pas le sable
    de m'indiquer le chemin
    il est toujours agréable
    de se perdre dans sa main

     N'empêchez pas le sang
    de lier chaque parole
    les gerbes ne sont pas folles
    l'été n'est pas le printemps

     Et moi j'essaie de poser
    ma joue sur un mot fidèle.

    .

     

    JEAN SENAC

     

    .

     

    Samantha Keely Smith

    Oeuvre Samantha Keely Smith


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  • 11/04/15--03:40: RENE CHAR...

  • 0 0
  • 11/04/15--11:29: CE N'EST QUE VIVRE...Extrait
  • Peut-être n'est-il pas,
    hélas,
    de phares dans la nuit ?
    Que sommes-nous
    sinon reflets de lune et vibrations du vide,
    nuances et passages
    fluctuations
    flux et reflux,
    et le creux et le grouillement
    et le désordre et l'harmonie
    .
    Nos géographies s'éparpillent
    Nos terres s'érodent
    et se désorientent
    Nous n'avons inventé ni l'axe ni l'éclat
    Nous sommes méandres et mouvances
    oscillations et scintillements
    .
    N'est-il pas,
    oh, n'est-il pas,
    quelque part,
    une île fourmillante et nue,
    gonflée de sève,
    une île où vivre est une vitre claire,
    un miroitement d'or ?
    .
    .
    .
    COLETTE GIBELIN
    .
    .
    .

    colette


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  • 11/04/15--11:55: POEME A CRIER...Extrait
  • Tant de fois
    tu as consolé        écouté
    tant de fois tu as été
     le nid qui repose
    celle qui offrait
    la conque de ses mains
    pour protéger la flamme naissante
    pour élever la tige trop frêle
    ou redresser l’instable

    .

    Tant de fois tu t’es tendue
    vers le manque        vers le vide
    vers ce qui t’effrayait tant
    tant de fois tu aurais aiméêtre bercée.

    .

    Voici de ta chair
    des fruits humains et tendres
    à protéger        à caresser
    toi qui cherches encore
     où faire halte.
    De ta chair
    des fruits secs aussi et morts
    et tous ces mots jetés
    expulsés par dérision
    alors que c’est le noyau
    que  tu refusais
    et refuses encore…

    ...

    .

    .

    .

    AGNES SCHNELL

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    Tomasz Alen Kopera10,

    Oeuvre Tomasz Alen Kopera


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  • 11/05/15--10:48: DU TEMPS
  • Dans l'eau du temps qui coule à petit bruit,
    Dans l'air du temps qui souffle à petit vent,
    Dans l'eau du temps qui parle à petits mots
    Et sourdement touche l'herbe et le sable ;
    Dans l'eau du temps qui traverse les marbres,
    Usant au front les rêves des statues,
    Dans l'eau du temps qui muse au lourd jardin,
    Le vent du temps qui fuse au lourd feuillage
    Dans l'air du temps qui ruse aux quatre vents,
    Et qui jamais ne pose son envol,
    Dans l'air du temps qui pousse un hurlement
    Puis va baiser les flores de la vague,
    Dans l'eau du temps qui retourne à la mer,
    Dans l'air du temps qui n'a point de maison,
    Dans l'eau, dans l'air, dans la changeante humeur
    Du temps, du temps sans heure et sans visage,
    J'aurai vécu à profonde saveur,
    Cherchant un peu de terre sous mes pieds,
    J'aurai vécu à profondes gorgées,
    Buvant le temps, buvant tout l'air du temps
    Et tout le vin qui coule dans le temps.

    .

     

    GEO NORGE

     

    .

     

    Helga_Berger_lac

    Oeuvre Helga Berger


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  • 11/05/15--11:13: CHRISTIAN VIGUIE...Extrait
  • Ne t'intéresse pas le paysage
    qui s'ouvre sur l'extraordinaire
    simplement tu peux rester ébahi
    devant une poignée de porte
    un arbre
    une chose fermée sur elle-même
    devant cette pierre
    pareille à un ciel dans le ciel
    une langue dans la langue
    et dont les secrets
    seraient d'ajouter un silence
    à un autre silence
    une pierre dans le nom
    de la pierre.

    .

     

    CHRISTIAN VIGUIE

     

    .

     

    thierry tramoni

    Photographie Thierry Tramoni

     

     

     

     

     


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  • 11/05/15--11:40: ALTAZOR - CHANT I
  • Ne vois-tu pas que tu tombes déjà?
    Lave ta tête des préjugés et de la morale
    Et si voulant t’élever tu n’as rien atteint
    Laisse-toi tomber sans freiner ta chute sans peur au fond de l’ombre
    Sans peur au fond de ta propre énigme
    Tu trouveras peut-être une lumière sans nuit
    Perdue dans les crevasses des précipices.
    Tombe
    Tombe éternellement
    Tombe au fond de l’infini
    Tombe au fond du temps
    Tombe au fond de toi-même
    Tombe aussi bas qu’on peut tomber
    Tombe sans vertige
    A travers tous les espaces et tous les âges
    A travers toutes les âmes tous les désirs tous les naufrages
    Tombe et brûle en passant les astres et les mers
    Brûle les yeux qui te regardent et les cœurs qui t’attendent
    Brûle le vent avec ta voix
    Le vent qui se mêle à ta voix
    Et la nuit qui a froid en sa grotte d’os
    Tombe en enfance
    Tombe en vieillesse
    Tombe en larmes
    Tombe en rires
    Tombe en musique sur l’univers
    Tombe de ta tête aux pieds
    Tombe de tes pieds à ta tête
    Tombe de la mer à la source
    Tombe dans l’ultime abîme de silence
    Comme le navire qui sombre en éteignant ses lumières

     

    .



    VICENTE HUIDOBRO

    .

     

    tchoba5,,

    Oeuvre Tchoba

    http://www.tchoba.com

     


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  • 11/05/15--11:50: ALTAZOR - CANTO I
  • ¿por qué perdiste tu primera serenidad?
    ¿Quéángel malo se paró en la puerta de tu sonrisa
    Con la espada en la mano?
    ¿Quién sembró la angustia en las llanuras de tus
    ( ojos como el adorno de un dios?
    ¿Por qué un día de repente sentiste el terror de
    ser?
    Y esa voz que te gritó vives y no te ves vivir
    ¿Quién hizo converger tus pensamientos al cruce
    ( de todos los vientos del dolor?
    Se rompió el diamante de tus sueños en un mar
    ( de estupor
    Estás perdido Altazor
    Solo en medio del universo
    Solo como una nota que florece en las alturas del
    vacío
    No hay bien no hay mal ni verdad ni orden ni
    ( belleza
    ¿En dónde estás Altazor?
    La nebulosa de la angustia pasa como un río
    Y me arrastra según la ley de las atracciones
    La nebulosa en olores solidificada huye su propia
    ( soledad
    Siento un telescopio que me apunta como un
    ( revólver
    La cola de un cometa me azota el rostro y pasa
    ( relleno de eternidad
    Buscando infatigable un lago quieto en donde
    ( refrescar su tarea ineludible
    Altazor morirás Se secará tu voz y serás
    ( invisible
    La Tierra seguirá girando sobre su órbita precisa
    Temerosa de un traspié como el equilibrista sobre
    ( el alambre que ata las miradas del pavor.
    En vano buscas ojo enloquecido
    No hay puerta de salida y el viento desplaza los
    ( planetas
    Piensas que no importa caer eternamente si se
    ( logra escapar
    ¿No ves que vas cayendo ya?
    Limpia tu cabeza de prejuicio y moral
    Y si queriendo alzarte nada has alcanzado
    Déjate caer sin parar tu caída sin miedo al fondo
    ( de la sombra
    Sin miedo al enigma de ti mismo
    Acaso encuentres una luz sin noche
    Perdida en las grietas de los precipicios
    Cae
    Cae eternamente
    Cae al fondo del infinito
    Cae al fondo del tiempo
    Cae al fondo de ti mismo
    Cae lo más bajo que se pueda caer
    Cae sin vértigo
    A través de todos los espacios y todas las edades
    A través de todas las almas de todos los anhelos y
    ( todos los naufragios
    Cae y quema al pasar los astros y los mares
    Quema los ojos que te miran y los corazones que
    ( te aguardan
    Quema el viento con tu voz
    El viento que se enreda en tu voz
    Y la noche que tiene frío en su gruta de huesos
    Cae en infancia
    Cae en vejez
    Cae en lágrimas
    Cae en risas
    Cae en música sobre el universo
    Cae de tu cabeza a tus pies
    Cae de tus pies a tu cabeza
    Cae del mar a la fuente
    Cae al último abismo de silencio
    Como el barco que se hunde apagando sus luces

    .

     

    VICENTE HUIDOBRO

     

    .

     

     

    TCHOBA 11,

    Oeuvre Tchoba

    http://www.tchoba.com

     

     

     

     

     

     


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  • 11/07/15--10:40: ERNEST PEPIN
  •  "J’ai ouvert toutes les portes
    Toutes les fenêtres
    Pour que l’amour prenne ses aises
    Comme une brise du soir
    Qui ouvre sur ta peau un trop-plein de caresses
    J’ai ouvert la porte à grands battants
    A grand balan
    Pour accueillir tous les mots bleus
    Sur l’aile de ma mémoire
    La sève d’un crépuscule
    Et l’éclat triomphant du matin
    Tous les mots qui saupoudrent le rêve brûlant de l’alphabet
    Les mots qui parlent tout bas
    Et les mots qui crient la beauté du monde
    J’ai ouvert la porte
    Pas de barrière
    Pas de frontière
    Pour faire circuler l’audace de l’orchidée
    Le péché des roses
    Et le vent fou des amours mémorables
    Tout est à portée de main
    La corde tressée du temps
    La maison sous-marine
    Dont j’ai oublié la clef
    La pluie sur les tôles du bonheur
    J’ai ouvert toutes les portes
    Au creux de mon cœur
    Afin que je te vois
    Comme une beauté nue
    L’absolu d’un nuage poreux qui s’abandonne
    Car tout entière la vie t’appartient
    Elle est à la mesure de mes bras
    Tout près de l’invisible
    Sans portes ni fenêtres"

     

    .

     

    ERNEST PEPIN

    Texte inédit
    Le 06 Novembre 2015

    .

     

    ERNEST

     

     

     

     


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  • 11/08/15--11:30: TES PAROLES
  •  la lumière seule sépare le jour de la nuit

            la seule lumière arrimée à tes silences

       te dit au milieu des rumeurs

    que miroitent les étoiles

        fulgurances aux paupières

            ouvertes

     

                        tes paroles anciennes défigurées flottent dans la brume

                  dans les larmes des rochers solitaires assiégés de fracas

       diluées dans le vitriol des haines

                                 tes paroles dansent au-devant de mes yeux

                                                            insaisissables

     

                                                           les prières s’effritent contre les parois

                                                                                                          rêves décimés

                                                 seuls demeurent

                                           de vides lendemains

                                        défigurées     tes paroles

    vont et viennent entre midi et minuit

                                  reviennent   se balancent entre les effluves de ce jasmin

    que l’on dit reine de nuit

       et l’indolence inodore des bougainvilliers qui se déhanchent à bout de tige

                   reviennent entre minuit et midi tes paroles aux ailes décolorées

     

    te souviens-tu des landes de l’exil aplanies par les vents douteux

            des tracés obscurs qui ne font aucun sens

                     te souviens-tu de ces éclats d’émeraude

                          que m’offrait la mer à chacun de tes pas libérant l’écrin d’un sourire

                                       te souviens-tu

     

    seule la lumière sépare la nuit du jour

    la lumière seule

    arrimée

    à l’écho du silence


    .
     

    VINOD RUGHOONUNDUN   

    (août 2008)

    .

     

    swoon,

    Oeuvre Swoon


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  • 11/08/15--11:55: TERRE TERANGA...Extrait
  • en terre teranga
    le fleuve pleure ce poème
    que jamais je n’écrirai
    et le sable de ton corps en mémoire du jeudi
    tremble comme la flamme sabrée de la mèche


    la ville s’écoule à l’embouchure des couleurs
    dans le secret des palétuviers
    entre les spirales de l’oiseau-voyageur
    et la danse rocailleuse du muezzin
    le silence s’enfonce rouge dans la nuit dénudée
    ta voix émerge de la rumeur de la mer


    il me revient ces chants anciens
    nous les pleurions devant le lac de sel
    avant de faire offrande aux dieux
    et nous en aller sans nous retourner
    il me revient ces visages multiples de bourreau
    violant nos désirs menottant jusqu’à nos mots
    pillant pillant l’oasis de l’âme
    et nous contraindre à nous dessécher dans le désert
    me reviennent les souffles emmurés de nos prières
    frappées d’interdiction du prononcer
    l’immense rêve de chacun de tes sourires
    lait de vie que chaque jour tu partageais
    et ces fleurs de sucre qu’ensemble nous allions cueillir
    avant que ne disparaisse la rosée dans l’échancrure du matin
    me reviennent ces invisibles étoiles brûlées
    dans les neuf murmures de l’indicible
     

    parce qu’en terre teranga
    le fleuve pleure ce poème
    que jamais je ne dirai
    la flamme de ton corps tremble
    comme le sable en mémoire du samedi
    comme mon rire qui s’éloigne du midi


    si seulement
    si seulement je pouvais sans plus attendre
    me glisser dans l’entrebâillement du minuit
    regarder se disperser dans la soie de l’infini
    les miettes de mon être
    et les cendres retourner au limon premier
    si seulement je pouvais me faire faiseur de rêves
    et les peindre au pinceau de l’arc-en-ciel
    pour effacer toutes les larmes du monde
    si je pouvais ouvrir les portes de l’océan
    et apaiser les tumultes avant même le fracas
    si seulement je pouvais de mes mains
    construire ce pont d’argile et de miel
    qui défierait le temps et les armes
    toutes les armes
    si je pouvais lancer appel aux dieux
    qui jadis nous regardaient
    si je pouvais une à une
    soigner au safran vert
    chacune de tes meurtrissures
    et te relever rayon de lumière
    si seulement …


    aurore après aurore le soleil te recrée
    comme le diamant de toute goutte d’eau
    dans la poussière ocre-rouge
    que charrie le vent
    en terre teranga

     

    .

     

    VINOD RUGHOONUNDUN

     

    .

    teranga2,,

     

     


    0 0
  • 11/10/15--09:49: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Tu marches pieds nus par déférence
    pour ton exil sans fin
    tu marches sur une terre
    lourde de silences.

    Voix égarées
    d’un pays d’herbes amères
    où tu t’es meurtri bien avant,
    bouches agacées d’où le chant se retire
    vers la nuée d’ombre
    ou la canopée des oiseaux siffleurs…

    Jours de sable
    que dans le désordre tu égrènes
    jours fiévreux
    d’images craquelées
    d’orages lents à mourir.

    Quelque part remisés
    tes mots aux courbes douces
    aux balancements d’ailes
    tes mots seront cet indéfini
    qui glisse comme à regret
    des lèvres.

     

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    AGNES SCHNELL

     

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    Brooke Shaden Photography7,,,

    Brooke shaden photography

     

     

     

     


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    La différence entre les portes
    qui ouvrent les clefs
    et les clefs qui ouvrent les portes
    sépare la réponse des passages

    Ce n'est qu'exceptionnellement
    qu'une clef ouvre sa porte
    même si elle est sans maison
    et dressée
    au milieu d'un désert

    Il faut s'habiller
    en réponse
    pour parler aux clefs
    et en questions
    pour parler aux portes

    Il y a des clefs
    qui s'ouvrent seules
    Il y a des portes
    qui restent fermées
    et qui s'ouvrent
    à l'intérieur d'elles
    dans un seul effondrement
    de la maison
    La serrure des passages
    est toujours une question

    Devenir une porte
    qui ouvre sa clef
    est le but de toutes les portes
    la clef qui ouvre la clef
    et la porte qui ouvre la porte
    sont des propositions qu'ont fait
    certaines clefs et certaines portes
    dans l'assemblée des questions

    Celui qui entre et sort d'une maison
    est le gardien des questions
    qu'ont posé
    les portes et les clefs restées
    sans maisons

    Les réponses parfois frappent
    contre les murs là
    où on les attend pas
    et il s'agit à la maison de demander
    la permission à sa propre porte
    pour entrer dans sa propre maison

     

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    SERGE PEY

     

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    clefsbois2

     

     


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  • 11/10/15--10:20: LES VIGILES VEILLENT...
  •       sous les biefs du nord fleurit le mauve de ton sel


        dans le mot bâillonné la mer se noie en silence
               voici la quête aujourd'hui traversées d'errance


               tu cheminais le bleu des étoiles
             la lune dans une main dans l'autre le soleil
        tes rêves étaient senteur de liberté


    entre tes doigts se tissait le lin de la vie
         d'autres horizons s'ouvraient dans tes yeux
               si novembre à tes lèvres avait goût de mai
          le gris des cendres est venu avec février
    recouvrir ces couleurs poussière de lumière


                             je navigue entre les vents déposer mon offrande
                          à la racine de toute larme   et y verser l'eau de mes prières
                       celles-là mêmes que chaque matin levant je façonne
                  avec le chant des oiseaux   pour que soit l'arc- en - ciel
                       et viendra le jour où sur les biefs du nord
                            les vigiles ne veilleront plus
                                où la mer dans le silence de son sang
                                      donnera l'aurore au mot désenclavé

     

     

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    VINOD RUGHOONUNDUN
    Paris, le 05 Juin 2006.

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    Eva Czarniecka2

    Oeuvre Eva Czarniecka

     

     


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  • 11/11/15--09:07: LE MONDE D'AVENIR
  •  La quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.

    Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme.

    Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent inférieures? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre.

    Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage. Lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait.

    Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire ? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables.

    Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminitéà la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.

     

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    PIERRE RABHI

     

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    Jamil Naqsh10,

    Oeuvre Jamil Naqsh

     

     


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