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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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  • 12/03/15--15:41: LE POINT DU JOUR
  • Balancement des enfances au milieu des orties

    Jusqu’à faire trembler le ciel sur sa tige

    C’était la menthe qui courait le long de nos genoux

    Le préau de notre vie étendue à sécher sur les fils à linge

    Et ces dimanches à la lumière répétitive

    Sans aucune promesse d’invisible

    Aujourd’hui où tout m’échappe

    Je n’ai pas trahi ces matins aux herbes folles

    Et l’odeur tenace de l’inachevé

    Sous les fougères passaient les indifférences

    Dans la forêt la tension de la vie qui grimpait aux arbres

    Tendresse du lait sur la table noire

    Et le craquement contre les dents des groseilles volées contre le quotidien

    C’était le temps des halos de lune

    Et de nos amours à feu doux

    Nous étions devenus buée

    et farine sous les mains

    fruit et bouche à la fois

    Et j’échangeais les dieux mortels contre une figue

    Et l’araignée faisait le point du jour

     

    .

     

    GIL PRESSNITZER

     

    .

     

    CLAUDE CARVIN,

    Oeuvre Claude Carvin


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  • 12/04/15--03:56: LUAR NA LUBRE - TU GITANA
  • .

     

    .


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  • 12/05/15--13:43: LA TRANSPARENCE
  • Inaugurer la transparence,
    voir à travers un corps, une idée,
    un amour, la folie,
    distinguer sans obstacle l'autre côté,
    traverser de part en part
    l'illusion tenace d'être quelque chose.
    non seulement pénétrer du regard dans la roche
    mais ressortir aussi par son envers.
    Et plus encore:
    Inaugurer la transparence
    c'est abolir un côté et l'autre
    et trouver enfin le centre.
    Et c'est pouvoir suspendre la quête
    parce qu'elle n'est plus nécessaire,
    parce qu'une chose cesse d'être interférence
    parce que l'au-delà et l'en-deçà se sont unis;
    Inaugurer la transparence
    c'est te découvrir à ta place

     

    .

     

    ROBERTO JUARROZ

     

    .

     

    tham3,

    Photographie Thami Benkirane


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  • 12/08/15--02:55: POEME A CRIER...Extrait V
  • Une pensée pour Agnès

    .

    ...

    Tu as bercé tant de fruits
    les tiens ou d’autres
    trop grands parfois
     pour tes mains,
    trop exigeants.

    De nouveau si proche
    cette brûlure de l’absolu
    invasion fulgurante
    espérée
    qui te grandit et te porte
    qui mène ta main
    vers des calligraphies inconnues
    que tu ne voulais pas voir.
    Tu te replies vers ton silence
    vers tes secrets
    c’est là que tu habites le mieux.

    A vif toujours et encore
    à vif      à découvert,
    dénudée.
    Le chemin se traînait
    dans la lumière perdue
    le chemin s’égarait et tu l’ignorais.

    .

     

    AGNES SCHNELL

     

    .

     

    joshuacripps photography2

    Photographie Joshua Cripps


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  • 12/08/15--06:19: KANTARA - BIMOGO
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    Il faut revenir pas à pas
    Vers la seule fenêtre ouverte
    L’avenir est là
    Comme un enfant qui rit.
    Il reste assez de jour
    Pour guérir une forêt
    Assez d’arbres
    Pour croire à l’aurore
    Un grand coup de ciel sur ta vie
    A fait le monde pur
    Comme un drap gonflé par le vent.

     

    .

     

    HELENE CADOU

     

    .

     

    Justyna Magdalena Młynarska,

    Photographie Justyna Magdalena Młynarska


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  • 12/10/15--07:24: EUX
  • Eux

    Que savent-ils des transparences du dire
    de la lumière qui fulgure
    de la vie forgée des mains
    que savent-ils des flèches d’espérance
    des vertiges du don
    des creusets chaleureux

    qu’en savent-ils

    ceux qui ferment les portes
    et scellent les barreaux
    ceux qui dévient les sources
    et noient les étincelles
    ceux qui ordonnent les tiroirs
    et crachent sur les arcs-en-ciel
    ceux qui ternissent le cristal
    et poignardent le vent

    sauront-ils jamais ?

     

    .

     

    MICHEL NORGUIN

     

    .

     

    Eduardo Argüelles 2,

    Oeuvre Eduardo Argüelles

     

     


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  • 12/10/15--07:28: FULGURANCES
  •  Pourrai-je te donner jamais

    d’autres espaces

    que ces cristaux de pluie

    ces derniers flamboiements du couchant

    cette poignée d’étoiles incendiaires

    qui habitent mes sortilèges

     sauras-tu jamais

    les couleurs inventées

    des arcs-en-ciel dont je voudrais

    poudroyer la terre

    sous chacun de tes pas

     à toi

    qui ne connais ni jour ni nuit

    à toi

    qui cours après les vagues océanes

     te donnerai-je jamais assez

    de ces dialogues avec l’infini

    de ces échappées vers la nuit des temps

    de ces cathédrales de lumière

    ouvertes

    sans aucune clef de voûte

    que tu attendais fragile à l’orée de ton désir

    élargissant le champ de ton regard

     à toi

    qui coules désormais dans mes veines

    te donnerai-je assez

    de ces fulgurances ultimes avant l’abîme

     

    .

     

    MICHEL NORGUIN

     

    .

     

    Coquelicot-traitement-2-observe la lumiere-sebastien zbinden2

    Photographie Sébastien Zbinden

    http://www.observelalumiere.com/

     

     

     

     


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  • 12/10/15--08:58: MYSTES...Extrait
  • Pour mon fils, Abel.

    .

    Avant de partir,

    J’ai déposé un dernier baiser

    Sur la bordure des étoiles

     

    Il pleut sur l’oraison

     

    Avant de partir,

    J’ai parlé avec l’ondée

    Sur les rives du désastre

     

    Il pleut sur l’oraison

     

    Les ciels se sont brisés

    Sur les eaux, la terre.

    Un léger feu, et le vent

    Qui fendille les gouttes d’arbre.

     

    Ils sont l’ancienne histoire

    La statue de sel,

    Celle des hommes.

     

    Au loin,

    des forêts fusillées à l’aube.

    Auprès,

    des symphonies crépusculaires.

     

    Elles sont l’ancienneté de notre histoire,

    enfouie sous les pleurs de l’oraison.

     

    .

     

    MATTHIEU BAUMIER

     

    .

     

    Samantha Keely Smith

    Oeuvre Samantha Keely Smith

     

     


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    Quand le matin s’éveilla, le petit homme qui voulait repeindre le temps et mettre du rose et du bleu dans les nuages, eut le sentiment d’avoir perdu quelque chose durant la nuit. Un morceau de rêve ou de cauchemar peut-être ou la carte d’un trésor ou l’adresse d’une personne aimée que l’oubli, l’habitude ou les kilomètres auraient fait disparaître. C’est alors qu’il repéra l’ombre d’un mot qui traînait sur sa table de nuit.
    - Un mot évadé de mon sommeil ! se dit-il.
    Quand il voulut s’en saisir, un frisson d’effroi parcourut la petite ombre qui aussitôt tenta de s’évader. Triste décision, car elle se perdit inexorablement dans le silence d’un trou de mémoire.
    Un grand vide aurait dû alors peupler la matinée du petit homme si l’ombre d’un cri ou peut-être d’un autre mot, ou celle plus vaste encore d’une parole accourue pour lui porter secours, n’était survenue. Le petit homme la considéra avec un grand étonnement et tant de joie, qu’avec la candeur d’un enfant qui parle au Père Noël, il s’exclama :
    - MOT, MOT, viens ici ! Je veux savoir ce que tu caches dans ta robe bleue.
    Cette interpellation quelque peu brutale semblait impudique, car dans la robe un peu floue des mots se cache toujours quelque chose de plus grand, de plus vaste que le mot : le SENS, ce quelque chose qu’il faut aborder avec la plus grande des précautions pour éviter le contre-sens ou le double sens.
    En fait, le mot est très semblable au cœur des humains. Comme lui, il peut héberger des dimensions plus vastes et bien plus grandes que lui.
    Le sentiment est au cœur, ce que le sens est au mot.
    Le petit homme savait pourtant que l’empressement ne convient pas pour ouvrir l’ombre des mots. Sa précipitation avait fait fuir la petite ombre, jusque dans la niche du silence.
    Les cœurs ne s’ouvrent pas plus à contrecœur que les mots ne peuvent s’ouvrir à contresens.
    Le petit homme, avait-il oublié que chaque mot, chaque cœur, est la maison de l’immense ou du misérable ?
    Avait-il oublié de la vie et de l’histoire, toute prudence ?
    Avait-il oublié que les cœurs et les mots misérables sont trop petits pour contenir de l’amour ?
    Ne savait-il plus combien de patience et de soins il faut prodiguer au moindre mot et au plus petit des cœurs pour qu’ils puissent un jour contenir le vaste et le précieux pour le mettre à la taille de l’amour ?
    Savait-il encore que seuls les mots et le cœur donnent sens à la vie ?
    Quand le matin s’éveilla, le petit homme qui voulait repeindre le temps, eut le sentiment d’avoir perdu quelque chose durant la nuit…
    L’ombre d’un mot sommeillait encore sur sa table de nuit.

     

    .

     

    JEAN-MICHEL SANANES

    http://chevalfou.over-blog.net

     

    .

     

    petit-homme2

     

     


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  • 12/11/15--11:43: SINON CHANTER...Extrait
  • Un chant se lève


    Il tend ses ailes d’oiseaux vers des matins sans amarres,


    entreprend l’ascension


    comme un cri enfin délivré jaillissant


    vers d’inaccessibles hauteurs


    et le vent cogne à la fenêtre


    Il faut sortir, dit-il,


    sortir de l’ombre et de la douleur

     

    Un chant

    comme un vagissement de nouveau-né

    jeté dans le vent d'exister

    Blessure de la lumière

    et de la liberté

    Tous les refus

    Toutes les rebellions,

    dans ce cri

    et toutes les exigences,

    la rage et le plaisir

    et la terrible certitude de la mort qui viendra

    qui vient déjà

    Déjà

     

    Le vent casse les chaînes


    Le ciel se rapproche soudain


    Les montagnes se déplacent sous la poussée des mots

     

    Un chant se lève


    montant de la nuit morcelée


    comme une vague immense et qui submerge


    les terres stériles


    une houle sauvage peu à peu s’organisant


    en ligne pure


    ramassant les notes échevelées


    concentrant l’harmonie.

     

    ...

     

    .

     

    COLETTE GIBELIN

     

    .

     

    gudiol2

    Oeuvre Montserrat Gudiol

     


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  • 12/13/15--07:15: ALI KHATTAB - AL ZARQA

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  • 12/16/15--12:08: POEME A CRIER...Extrait VI
  • ...

    Les voix se mêlent
    insoumises        taiseuses
    des voix se mêlent à la tienne
    tu n’es plus seule
    tu ne portes plus       seule
    les mots arides et brefs
    que tu rugis quand tu aimes.

    Entre les lignes
    entre les mots
    tu ne sais plus où est toi
    où est l’autre.
    Des mains s’offrent
    et vers les tiennes
    se tendent et t’invitent
    à t’apaiser.
    D’autres derrière
    ne sont que griffes
    prêtes à lacérer.

    Il est des soirs
    où tu alignes tes pensées
    tu sais que cela est vain
    mais l’espérance te ravive
    et te montre où creuser.

    Tu comptes alors les jours
    où le soleil brillait jusqu’au dedans
    tu négliges
    tes saisons mornes
    où ce que tu touchais
    n’était que cendres et loques.

    ...

    ! DIAMON~11

     

     AGNES SCHNELL

     

    ! DIAMON~11

     

     

    AGNES2,


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  • 12/19/15--07:04: QUI JE FUS / QUIENES FUI
  • " On n’est jamais tout seul dans sa peau…"

    On n’est pas seul dans sa peau.

    Je suis habité; je parle à qui-je-fus et qui-je-fus me parlent. Parfois, j’éprouve une gêne comme si j’étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m’arriver que je ne m’entends plus moi-même. (Qui je fus)

    On n’est jamais tout seul dans sa peau! Je suis multiple et me multiplie depuis des années à ne plus savoir que faire de mes " Moi " qui s’entassent. Je n’ai jamais su combien on était au juste, mais on vit à l’étroit, on se gêne, on s’encombre… Quand l’un veut parler, l’autre prend la parole, et on ne s’entend plus. Quand l’un veut bouger, l’autre ne veut pas, et on se marche sur les pieds. Je crois que je vais déménager; cette fois, c’est décidé, mais qui vais-je habiter? Et comment? On ne peut pas arriver dans la peau d’un autre, comme ça, ses valises à la main et le mettre devant le fait accompli, c’est monstrueux! Je le sais parce qu’on me l’a déjà fait, et ça c’est terminé de façon sanglante.
    Il est temps que je me quitte pour aller vivre ailleurs. C’est dur de se quitter, mais peut-être renaît-on de ses adieux? Je suis fatigué de moi, il me faut voyager dans d’autres corps, d’autres âmes, d’autres langues… Il y a une semaine, je me suis écrit une lettre que je me suis lue, mais cela m’a fait plus de mal que de bien, j’aurais dû y mettre plus les formes, j’aurais dû me ménager –je n’ai jamais su être bon avec moi- j’aurais dû montrer plus de compassion à mon égard.

    Enfin c’est trop tard, le mal est fait, les valises sont à la porte, je dois partir parce que je sais qu’on peut mourir de vivre!

     

    ! DIAMON~11

     

    HENRI MICHAUX

     

    ! DIAMON~11


    “Jamás se está completamente solo en su piel…”

    No se está solo en su piel.

    Estoy habitado; hablo a quienes fui y quienes fui me hablan. En ocasiones, siento una incomodidad como si fuese extranjero. Ellos son ahora una sociedad completa y acaba de sucederme que no me entiendo más a mí mismo. (Quienes fui)

    ¡Jamás se está completamente solo en su piel! Soy múltiple y me multiplico desde hace años hasta no saber qué hacer con mis “Yoes” que se aglomeran. No he sabido jamás cuánto era lo justo, pero se vive estrecho, se incomoda, se abarrota... Cuando uno quiere hablar, otro toma la palabra, y no se entiende nada. Cuando uno se quiere mover, el otro no quiere, y se pasa por encima. Creo que voy a mudarme; esta vez, está decidido, pero ¿quién voy a habitar? ¿Y cómo? No se puede llegar a la piel de otro, así, sus maletas en la mano y ponerle delante el hecho consumado, ¡es monstruoso! Lo sé porque me ha pasado ya, y eso terminó de manera sangrienta.

    Es tiempo de que me abandone para ir a vivir a otra parte. Es duro abandonarse, pero ¿se puede renacer de sus despedidas? Estoy cansado de mí, me haré viajar a otros cuerpos, a otras almas, a otras lenguas… Hace una semana, me escribí una carta que me leí, pero ello me ha hecho más mal que bien, tendría que haber guardado más las formas en ello, tendría que haberme moderado –jamás he sabido ser bueno conmigo-, tendría que haber mostrado más compasión hacia mi persona.

    En fin, es demasiado tarde, el mal está hecho, las maletas están en la puerta, ¡debo partir porque sé que se puede morir de vivir!

    .

     

    MICHAUX

     

     

     

     


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    Dans la vie, dans le mystère limpide
    tu peux avancer

    et même au pays des ombres

    tu peux avancer
    ou retrouver la mélodie
    brisée
                du vivant.

    Cela parle au fond de toi
    comme une source, cela chante.

    Il faut écouter.

    Il ne faut pas forcer l'écoute
    Cela écoute aussi.

    Le poème du vivant.

    Eclat de lumière.
    Souffle de voix.
    Il vibre au diapason de l'univers.

                                                                     
    ! DIAMON~11


    ALAIN SUIED

     

    ! DIAMON~11

     

    suied

     

     


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  • 12/19/15--07:53: POEME A CRIER...Extrait VII
  • Il est des soirs
     où ta vie te parvient
    de si loin
    qu’elle semble un écho
    las de se répéter.
    Le familier devient alors
    étrange et si vide
    que fuir te paraît
    la seule façon de vivre.

    Tu partages ton coin de désert
    avec l’étranger de passage.
    Il a su entendre
    en même temps que toi
    le bruit du ressac
    la mer lointaine.

    Tu partages avec celui
    qui te parle à peine.
    Sa langue a d’autres courbes
    et même des ailes
    que la tienne a oubliées.

    Il sait ton besoin de silence
    il sait la vague qui brûle tes rêves
    il a connu la même.
    Il sait les ponts soudain traversés
    pour une touffe d’herbes sauvages
    parce qu’elle ressemble à une autre
    d’une autre terre
    d’un autre temps.

    Il sait les cartes étalées
    et l’œil qui hésite
    qui ne peut reconnaître le lieu           le murmure
    et l’impatience qui grandit
    dans l’oubli des origines.

    Il devine alors
    que l’eau des sources et la terre
    et tous ces gestes multipliés
    sans cesse répétés
    couvrent à peine
    l’appel du fleuve
    qui bat en toi.
    D’autres n’ont pas résisté.
    Elles ont écouté l’appel
    elles ont répondu au fleuve.

    L’étranger
    est trop présent déjà
    et son regard te dérange
    ainsi que sa voix.

    Venue de nulle part
    tu rêvais d’un quai
    toujours désert
    toujours humide
    où rien ne t’attendait
    tu rêvais de branches mortes
    et de nids désertés.
    Tu rêvais…
    ce ne fut que rêve unique !

    ! DIAMON~11

     

    AGNES SCHNELL

     

    ! DIAMON~11

     

    femme nid

     

     

     


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  • 12/19/15--08:34: POSSIBLES FUTURS...Extrait
  • Je veux entrer
    Mais je ne sais
    Ni où ni dans quoi

    Il semblerait que ce soit là
    Où je me confondrais
    Avec la source de ce
    Dont j’ai toujours eu besoin


    Mon royaume de silence
    A la forme d’une sphère

    Je n’y suis pas au centre
    Mais quelque part en haut

    Là où je me tiens
    Tout me revient, tout m’arrive

    J’ausculte
    Un présent sans frontière



    Que viens-tu faire poème
    Dans le royaume

    Je viens pour approfondir
    Le silence,

    Pour t’emmener au plus pur de lui
    Là où il te fait vivre

    L’espérance que le monde
    A de son avenir, là

    Où il trouve
    Ce que tu attends de lui et de toi

    La fusion

     

    ! DIAMON~11

     

     

    GUILLEVIC

     

     

    ! DIAMON~11

     

     

    NUES2

     

     


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  • 12/20/15--03:28: LE MURMURE DES CHÂTAIGNIERS
  • je dirai ce matin est encore plus curieux que la rosée du verbe
    j'éteindrai ma lumière mon fourneau ma voix
    je porterai ma plume mon crayon et mes feuilles
    j'irai à travers les chemins cueillir un semblant d’arôme des cépages
    l'odeur des braises fiévreuses la nuit venant
    le murmure des châtaigniers sédatifs
    j'écouterai le bruissement d'un rêve courant les champs
    je fredonnerai la chanson des labours d'hiver
    sur mon chemin un oiseau sifflera l'air du festin des vergers
    le soir venu j'irai saluer mon cheval au ruisseau des tendresses justes
    sur lui je courrai jusqu'à l’étouffement de ma peur
    je partirai loin loin loin des démangeaisons de la gueuse
    j'écouterai le feu d'une caresse d'une jouissance d'une peau
    la vie porte en elle les biens et les méfaits des hommes
    je me réserve à la clarté de l'âme
    mon cheval m'a dit la noirceur du cœur humain
    mes yeux égarés dévident l’absence de l'humanité
    là-bas l'horizon pleure la raison de l'Afrique
    ici l'Occident danse la cause de la faim
    lune mon amante déhanche le cri de l'ange
    nous n'avons pas les syllabes de la marche
    un instant juste une virgule pour astreindre l'amour
    à mon oreille à mon regard à mon cœur
    il sera esclave à mon temps
    pour que ma main déboîte l'armure de la mélancolie
    l'astre des lueurs se doit d'être au rendez-vous
    je signerai pour sûr la flamme du courage
    mon chat sur mon dos je creuserai l’abcès du soleil

     

    ! DIAMON~11

     

    KAMEL YAHIAOUI

    Le 20 décembre 2015, 5h 15

     

    ! DIAMON~11

     

    matisse2

    Oeuvre Henri Matisse

     

     


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  • 12/20/15--08:41: SINON CHANTER...Extrait
  • Tout commence par un refus
    des voix impératrices,
    de la réalité poisseuse
    Fureur
    Insoumission

    Non, je ne dirai pas
    les cailloux pointus du chemin
    avec nos traces d'escargots
    verre brisé, papiers salis

    Je sais pourtant le goût
    des pointillés du quotidien,
    dérisoires et lumineux:
    claires nuances de l'herbe,
    imperceptibles frissons des pétales,
    rayons où dansent les poussières
    fascinant le regard.

    Mais je cherche plus haut,
    l'extase, peut-être,
    la rumeur immense de l'air
    J'appelle le chant pur,
    le lyrisme royal et bâtisseur

    Je ne veux pas
    du fragmenté, du provisoire
    et de
    l'ellipse

    Mots éclatés,
    territoires explosés,
    inaboutis
    vous me déchirez cependant d'une étrange douleur,
    ou douceur
    Mais je ne veux pas
    non,
    je ne veux pas de vos chants de sirènes

    Je veux le rythme large et la symphonie totale,
    le Verbe créateur, et séducteur,
    qui propulse l'imaginaire au coeur triste du réel

    Je n'ai pas besoin de vérités,
    et d'aspérités
    Mon chant ne sera pas le miroir de ce monde
    en proie aux civilisations
    blessé
    décortiqué

    J'ai besoin d'appeler par les mots un autre monde
    fabuleuse utopie,
    vie essentielle
    où grouillent les temps attendus

    Je veux l'extraordinaire et l'enchantement
    même au prix du mensonge
    mais le mensonge n'est-il pas le possible,
     le rêvé dans l'intensité
    les masques, peut-être, sont créateurs

    Paysages éclatés,
    petits morceaux de vie,
    griffures, zébrures
    Comme je vous refuse

    Car je cherche l'ampleur et la démesure
    un souffle enfin sans retenue,
    sans dérision
    un abandon aux grandes forces de l'esprit qui balayeront
    tous ces débris du monde,
    affiches,
    esquilles d'os,
    mots solitaires sur la page

    Oh je voudrais apprendre
    le seul langage qui vaille mieux que le silence
    la parole musique
    la parole univers
    déroulant ses fastes et ses mirages,
    non pas transparente,
    ni aérienne
    mais pétrisseuse et recréatrice
    qui revendique l'absolu, et l'invente
    avec des rêves de pacotille
    la parole lucide et pourtant illusionniste
    Car l'illusion n'est-elle pas la vérité encore à naître
    la gestation tenace

    Les sarcasmes ne me retiendront pas
    J'ai la force d'un volcan terrifié par sa propre lave
    emportant nos nouvelles structures,
    nos textes fracturés
    J'ai dans le sang le mouvement des étoiles

    Je suis un autre lieu
    un pays noir où les lames de fond
     débarrassent la  mer
    de ses fossiles et de ses pieuvres

    L'excès,
    plutôt que la sobriété,
    l'envol,
    plutôt que la résignation

    Oui, j'aime vivre
    et chanter la vie large
    et le vent, et l'espace
    sans oublier
    ce qu'on peut nommer

    ! DIAMON~11

     

    COLETTE GIBELIN

     

    ! DIAMON~11

     

    Minwoo Sung

    Oeuvre Min woo Sung

     

     

     

     


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