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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    C’est une présence brûlante que je nomme
    dans la fleur d’eau qui tremble entre les feuilles
    dans l’acier rigide du pont dans la pomme
    L’agenouillement du soleil au bord du fleuve
    C’est une présence brûlante que je nomme
    quand s’avance puissant comme une étrave
    Parmi la houle brutale des hommes
    douleur contre douleur sang contre sang
    Sous la paupière lourde de l’étoile
    Au fond du limon obscur qui râle
    déchiré par les crocs du feu et de la pierre
    À l’heure où s’éternise en moi la note grave
    d’une flûte de berger ligoté dans la toile
    d’araignée des brumes
    À l’heure où une bande de cerfs allume
    Un incendie de prunelles autour de la mare
    Et que de mon seul corps je couvre toute la terre
    Pareil à une tapisserie de forêts de plaines et de céréales
    C’est une réalité durable que je nomme
    C’est un ordre d’amour que je sers

    .

     

    ANDRE LAUDE

     

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    remedios-varo-2

    Oeuvre Remedios Varo

     

     


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  • 05/03/16--11:24: BERGERIES...Extrait
  • Suppose
    Que je vienne et te verse
    Un peu d’eau dans la main
    Et que je te demande
    De la laisser couler
    Goutte à goutte
    Dans ma bouche.
    Suppose
    Que ce soit le rocher
    Qui frappe à notre porte
    Et que je te demande
    De le laisser entrer
    Si c’est pour nous conter
    Le temps d’avant le temps.
    Suppose
    Que le vol d’un oiseau
    Nous invite au voyage
    Et que je te demande
    De nous blottir en lui
    Pour avec lui voler
    A travers la pénombre.
    Suppose
    Que s’ouvrent sous nos yeux
    Tous les toits de la ville
    Et que je te demande
    De choisir la maison
    Où, le toit refermé,
    Tu aimeras la nuit.
    Suppose
    Que la mer ait envie
    De nous voir de plus près
    Et que je te demande
    D’aller lui répéter
    Que nous ne pouvons pas
    L’empêcher d’être seule.
    Suppose
    Que le soleil couchant
    S’en aille satisfait
    Et que je te demande
    D’aller lui réclamer
    Ce qu’il doit nous payer
    Pour sa journée de gloire.

    .

     

    EUGENE GUILLEVIC

     

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    chagalljaune2

    Oeuvre Marc Chagall


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    Merci Joss

     

     


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  • 05/07/16--11:19: PEUT- ÊTRE QUE LE VENT
  • PEUT-ÊTRE LE VENT qui parle
    du vent dans les chênes
    Peut-être le rêve emprisonné
    qui caresse l’idée du ciel
    A travers les barreaux
    le regard qui veille
    La transparence du jour
    ignorée du soleil

    Peut-être le désert
    la dune où passe une onde blanche
    La chevelure du sommeil
    penché sur les rizières
    Le regret qui traîne racines
    sur les champs fatigués
    Et la géométrie où durcit
    le projet du technocrate

    Peut-être la colline
    où l’air vif se découvre un parfum
    Dans les lavandes la voix
    des cueilleuses qui fraîchit
    Les nappes fugitives des risées
    ça et là renflées sur la mer intense
    Les mouettes comme des vaisseaux
    de porcelaine blanche

    Là Cézanne voyait des prismes
    Là Gauguin des arabesques - Moorea
    Et l’Estaque - les frissons du poème
    sur l’épair de la langue
    Que parmi les colombes vienne
    l’abandon ce calme toi
    Qui palpite entre les pins

    Ce moi serein qui ressuscite entre les tombes



    .

     

    XAVIER BORDES

     

    .

     

    LUCIEN JACQUES,

    Oeuvre Lucien Jacques

     


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    L'amour, dis-tu, ce sont des mots. Tu fais des phrases: tu mourras en faisant des phrases.
    Tu parles comme tu respires. Tu fabriques des paroles avec l'air même que tu respires. Mais tu voudrais savoir pourquoi. Quels chemins suit la langue de la pensée jusqu'à la voix ? Les noms les plus chers ne sont- ils dans la tête qu'une substance chimique ? La phrase une électricité ? Qui donc y mélange ces pigments qui te font le bleu entre toutes les couleurs ? As- tu des bords de mer, des villes énormes et des montagnes derrière les yeux ? Une collection de visages aimés ? Les mots sont- ils la peau de tes pensées ou leur chair ? D'où ce sang s'écoule- t- il ? Quel peuple en toi s'est assemblé ? Pour quels discours et quels commerces ? Selon quelles lois ? Est- ce cela ton histoire: ces affairements de foules sous ton front ? La population de tes routes ? La somme de toutes les phrases que tu as prononcées depuis ta naissance ? Les mots entendus, les règles apprises ? Quelle espèce de discours ou de poème es- tu ? Tant de voix en toi se disputent. Qui donc en écrira le livre ?
    Il faudrait, pour les chanter, des poumons d'oiseau. Une plume taillée pour l'envol, non pour griffer le papier. Or, tu ne peux que faire face et t'interroger...Ce que tu cherches, tu le transportes, mais jamais ne pourras l'atteindre. Il reste en toi des zones d'absence et de grisaille. D'entiers quartiers de larmes. Ta vie n'a d'autre centre que ses questions. Tu comptes les matins et les soirs, et tu te disperses en paroles. Ta voix est aussi une horloge.

    Que font les mots lorsque tu dors ? Se promènent-ils enfin librement dans ta tête, sans souci de phrases justes ni de pensées claires, quittant bientôt leurs façons empruntées pour nager tout leur saoul ? Se racontent- ils des histoires peu convenables ? Sont- ils heureux de se retrouver, se saluer, s'embrasser, s'enlacer en quelque repli tranquille de ton sommeil ? Se moquent-ils de toi ou te prennent- ils en pitié ? Plaignent-ils tes désirs ou s'arrangent- ils pour les satisfaire en douce, avec toute la bonne volonté dont ils sont capables ? Se font- ils la guerre ? Lèvent- ils des armées ? S'entretuent- ils jusqu'à ce que leur cauchemar te réveille ? Répètent- ils interminablement la même phrase, celle que tu cherches depuis toujours mais ne parviens pas àécrire ? Règlent-ils leurs pendules sur l'heure de ta disparition ? Quelle conversation ton sommeil est- il ? Avec les anges, les disparus, ou ceux qui s'endormiront après toi, celles et ceux pour qui il te semble être venu au monde mais que tu n'as jamais rencontrés ? Parles- tu au futur, au présent ou à l'imparfait ? Fais- tu un enfant ? Te mets- tu toi- même au monde ou te retires- tu sur la pointe des pieds ? Etreins- tu ta douleur ? Connais- tu ta joie ?

    .

     

    JEAN-MICHEL MAULPOIX

     

    .

     

    David Brayne,

    Oeuvre David Brayne


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  • 05/07/16--11:40: FRANCIS ROYO...Extrait
  • ...

    nous n’attendions que l’aube
    qu’un blé entre nos bras devienne
    une parole

    tu disais
    tu seras la mer
    et nous entendions des îles
    l’invisible murmure

    l’oeil noir dans la nuit
    qui s’attarde
    l’absinthe de nos jours

    .

     

    FRANCIS ROYO

     

    .

    Stagnolu Tunara2,

     

     


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  • 05/08/16--08:46: LE TEMPS SCELLE...Extrait
  • "Pour être libre, il suffit de l'être, sans en demander l'autorisation à personne. Il faut se faire une hypothèse sur son propre destin et s'y tenir, sans se soumettre ni céder aux circonstances. Une telle liberté exige de l'homme de véritables ressources intérieures, un niveau élevé de conscience individuelle, et le sens de la responsabilité devant lui-même et par là devant les autres.
    La tragédie est hélas que nous ne savons pas être libres. Nous réclamons une liberté qui doit coûter à l'autre mais sans rien lui abandonner en échange, voyant déjà là comme une entrave à nos libertés et à nos droits individuels. Nous sommes tous caractérisés aujourd'hui par un extraordinaire égoïsme. Or ce n'est pas cela la liberté. La liberté signifie plutôt apprendre à ne rien demander à la vie ni à ceux qui nous entourent, àêtre exigeant envers soi-même et généreux envers les autres. "

    .

     

    ANDREÏ TRAKOWSKY

     

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    WOLFGANG PAALEN

    Oeuvre Wolgang Paalen

     

     


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  • 05/08/16--12:41: MURALE...Extrait
  • (…)

    Comme le Christ sur le lac...
    J'ai marché dans ma vision.
    Mais je suis descendu de la croix car je crains l'altitude
    Et n'annonce pas la résurrection.
    Je n'ai changé que la cadence
    Pour entendre, nette, la voix de mon coeur...
    Aux épiques, les aigles et pour moi, le Collier du pigeon,
    Une étoile abandonnée sur les toits
    Et une ruelle menant au port...

    Cette mer m'appartient
    Cet air humide m'appartient,
    Ce quai et ce qu'il porte
    De mes pas et de mon sperme...m'appartiennent
    Et le vieil arrêt du bus m'appartient et m'appartiennent
    Mon fantôme et son maître, les ustensiles de cuivre,
    Le verset du Trône, la clé,
    La porte et les gardes et les cloches.
    Et le fer de la jument
    Envolée des remparts m'appartient...
    Et m'appartient ce qui était mien,
    La citation de l'Evangile
    Et le sel laissé par les larmes
    Sur le mur de la maison...

    Et mon nom, quand bien même je prononcerais mal
    mon nom
    fait de cinq lettres horizontales, m'appartient :

    Le mîm du fou d'amour, de l'orphelin, de qui accomplit le passé,
    Le hâ' du jardin, de l'aimée, des deux perplexités et des deux peines,
    Le mîm de l'aventurier, du malade de désir, de l'exilé apprêté et préparéà sa mort annoncée,
    Le waw de l'adieu, de la rose médiane, de l'allégeance à la naissance où qu'elle advienne, de la promesse des père et mère,
    Le dâl du guide, du chemin, de la larme d'une demeure effondrée et d'un moineau qui me cajole et m'ensanglante

    Ce nom m’appartient …

    Et il appartient à mes amis, où qu’ils se trouvent.
    Et mon corps passager, présent ou absent, m’appartient …
    Deux mètres de cette tourbe suffiront désormais …
    Un mètre et soixante-quinze centimètres pour moi …
    Et le reste, pour des fleurs aux couleurs désordonnées
    Qui me boiront lentement. Et m’appartenait
    Ce qui m’appartenait, mon passé, et ce qui m’appartiendra,
    Mon lendemain lointain et le retour de l’âme prodigue.
    Comme si rien n’avait été.
    Comme si rien n’avait été.
    Rien qu’une blessure légère au bras du présent absurde …
    Et l’Histoire se rit de ses victimes
    Et de ses héros …
    Elle leur jette un regard et passe …
    Cette mer m’appartient.
    Cet air humide m’appartient.
    Et mon nom,
    Quand bien même je prononcerais mal mon nom gravé sur le cercueil,
    Mon nom m’appartient.
    Mais moi, désormais plein
    De toutes les raisons du départ, moi,
    Je ne m’appartiens pas,
    Je ne m’appartiens pas,
    Je ne m’appartiens pas …

    .

     

    MAHMOUD DARWICH

     

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    yasser dhlan2

    Oeuvre Yasser Dhlan

     

     


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  • 05/08/16--12:56: JE T'ATTENDAIS AINSI...
  • Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires

    Dans les années de sécheresse quand le blé

    Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe

    Qui écoute apeurée la grande voix du temps



    Je t’attendais et tous les quais toutes les routes

    Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait

    Vers toi que je portais déjà sur mes épaules

    Comme une douce pluie qui ne sèche jamais



    Tu ne remuais encore que par quelques paupières

    Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées

    Je ne voyais en toi que cette solitude

    Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou



    Et pourtant c’etait toi dans le clair de ma vie

    Ce grand tapage matinal qui m’éveillait

    Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays

    Ces astres ces millions d’astres qui se levaient



    Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres

    Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau

    Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères

    Où nous allions tous deux enlacés par les rues



    Tu venais de si loin derrière ton visage

    Que je ne savais plus à chaque battement

    Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même

    Où tu serais en moi plus forte que mon sang

     

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    RENE-GUY CADOU

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    jaya

    Oeuvre Jaya Suberg


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  • 05/08/16--13:05: BRIBES...Extrait
  • ...

    ce dialogue face à face
    dans l’éboulis des mots
    l’avons-nous rêvé
    le ciel meurt-il sur nos lèvres

    au haras de nos pas
    le secret se colore
    anime nos galops d’enfants
    au loin
    dans l’errance des jours brûlés

    un doux désir de mer
    soudain
    débride toute parole

    cours à mon flanc sans peur
    le chemin ne connaît d’entrave
    que ce soleil
    muet
    fou d’étoiles

     

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     FRANCIS ROYO

    .

     

    mohamed jaamati

    Oeuvre Mohamed Jaamati

     

     


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  • 05/08/16--13:12: ANDREE CHEDID
  •  Rappelle-moi
    Ces temps sonores
    Où les murs s'effondraient

    Ce temps sans minutie
    Où l'obstacle s'enjambait

    Rappelle-moi
    Ces aurores
    Ces nuits qui rayonnaient
    Ces temps-reliefs
    Ces métaphores
    Ces heures inusitées

    Rappelle-moi
    Ce temps sur terre
    Plus fragile
    Qu'herbe d'été.

     

    .



    ANDREE CHEDID

     

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    nath magrez

    Photographie Nathalie Magrez


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  • 05/10/16--02:35: L'OR DES TIGRES...Extrait
  • Que d’autres se vantent des pages qu’ils ont écrites ;
    moi je suis fier de celles que j’ai lues.
    Je n’aurais pas été un philologue,
    je n’aurais pas interrogé les déclinaisons, les modes,la laborieuse mutation des lettres,
    le d qui se durcit en t,
    l’équivalent du g et du k,
    mais tout au long de mes années j’ai professé
    la passion du langage.
    Mes nuits sont pleines de Virgile ;
    avoir su et avoir oublié le latin
    est une possession, parce que l’oubli
    Est une des formes de la mémoire, son vague souterrain,
    l’autre face secrète de la monnaie.
    Quand dans mes yeux s’effacèrent
    les vaines apparences chéries,
    les visages et la page,
    j’entrepris l’étude du langage de fer
    dont mes aînés se servirent pour chanter
    épées et solitude,
    et maintenant, après cet siècle,
    du fond de ton Ultima Thule
    ta voix m’arrive, Snorri Sturluson.
    Le jeune homme, devant le livre, s’impose une discipline précise ;
    à mon âge, toute entreprise est une aventure qui confine à la nuit.
    Je n’achèverai pas le déchiffrement des vieilles langues du Nord,
    Je ne prolongerai pas mes mains désireuses dans l’or de Sigurd ;
    La tâche que j’entreprends est illimitée
    et va m’accompagner jusqu’à la fin,
    cette fin non moins mystérieuse que l’univers
    et que moi, l’apprenti.

     

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    JORGE LUIS BORGES

     

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    tham 10,,

    Photographie Thami Benkirane

    http://benkiranet.aminus3.com

     


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    A Toi, ma soeur d'étoiles..

     

    J'ai trouvé ce soir
    les clefs d'un sémaphore
    pour guider mon voyage
    aux sources de ma vie

    J'ai trouvé ce soir
    au doux silence enduit
    de ta présence exquise
    la trace de tes pas

    J'ai suivi l'ombre
    de mes yeux égarés
    à la silhouette de ta voix

    J'ai mûri le fruit
    qu'en deux j'ai partagé
    lorsque minuit sonna

    Qu'il est des rêves étranges
    que celui de tes doigts
    qu'il est doux de sentir
    un peu de ton émoi
    La ville aboie par un chien affamé
    des voix montent lointaines
    et le cri d'un enfant
    meurtri ce dimanche de décembre
    désenvoûte mon songe
    qui n'était que pour toi

    Je sais qu'il sont légions
    de tristes solitudes
    de morts prématurées
    de souffrances amassées
    et de désespérances

    Je sais qu'en plein enfer
    sont
    ta lutte et la mienne

    et que viendra demain...

     

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    GERALD BLONCOURT

     

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    GERALD2

    Oeuvre Gérald Bloncourt

    SEPARATION AVANT L'EXIL - HAITI - 1994


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  • 05/10/16--08:27: NOS ENNEMIS
  •  Je ne me tairai pas : je suis né du silence,
    De celui qui s’obsède à vous montrer ses plaies.
    Je suis né un beau jour, de mots de délivrance.
    Que s’ouvre notre écluse au sang des oubliés !

    Le mot ne sert à rien s’il ne chante les hommes.
    La raison n’a de sens que si le cœur l’écrit.
    Un futur est en nous pour de nouveaux royaumes
    Et l’argent et les dieux en sont leurs ennemis !

     

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    BRUNO RUIZ

     

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    cirilo_martinez_novillo

    Oeuvre Cirilo Martinez Novillo

     


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  • 05/10/16--11:12: STIG DAGERMAN
  • Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

     

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    STIG DAGERMAN

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    abed abdi 2

    Oeuvre Abed Abdi


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  • 05/10/16--11:45: ETTY HILLESUM
  • Il faut oublier des mots comme Dieu,
    la Mort, la Souffrance, l'Eternité.
    Il faut devenir aussi simple
    et aussi muet
    que le blé qui pousse
    ou que la pluie qui tombe.
    Il faut se contenter d'être.

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    ETTY HILLESUM

     

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    ETTY2


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    J’ai vu le gueux manger la terre
    quand la graine tombait du ciel
    jetée là
    par de monstrueux avions
    venus d’occident

    la graine jetée aux chiens noirs
    était blanche et blême l’enfant
    piétiné

    j’ai entendu sous un soleil atroce
    le corps des pauvres claquer
    au vent et claquer des dents
    au gré des blancs claquer
    comme un étendard famélique
    percé de trous

    j’ai vu trop souvent
    ce geste terrible des doigts joints
    portés aux lèvres
    pour signifier la faim

    mais jamais je n’ai vu non
    au grand jamais ni entendu
    ventre repu claquer au vent
    ni rentière brûler ses coupons

    sur le front d’occident je n’ai connu
    que chansons à boire rires graveleux
    et cliquetis de fourchettes s’étrillant

    j’ai rencontré l’homme blanc
    au pied des caféiers et bananiers
    des gisements filons et mines
    il pissait son vin à grands flots
    en remerciant son dieu
    dans des nuages de poussière dorée

    j’ en témoigne
    et ma chanson aussi
    on se la répétait
    à la chicotte ou à la crosse
    au gourdin et aux poings

    je me la répétait
    et mon corps hurlait
    lorsque les coups pleuvaient
    l’homme blanc frappait

    murmurée sans fin
    ma chanson a voyagé
    elle m'accompagne dans ma quête
    quand pas à pas
    je vais vers les franges lumineuses
    de mes espaces lointains

    ma petite chanson vous dit que pourtant
    il y a sur terre autant de joie que de larmes
    des chants des rires de la danse et de l'amour
    une certitude d’amour
    comme jamais homme n’en pourra imaginer
    et qu'il ne faut pas désespérer

    c'est vers les confins que la vie déborde

     

    .

     

    CHRISTIAN ERWIN ANDERSEN

     

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    tchoba4,

    Oeuvre Tchoba

     


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