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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Voici un reportage sur le très créatif et talentueux photographe Thami Benkirane, originaires de Fès, Ami virtuel depuis de nombreuses années et qui me permet d'utiliser quelques unes de ses magnifiques créations photographiques afin d'illustrer quelques poèmes de mon blog de poésies du monde...Ce dont je le remercie infiniment...

     

     

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    N’égraine pas le tournesol,
    Tes cyprès auraient de la peine,
    Chardonneret, reprend ton vol
    Et reviens à ton nid de laine.

    Tu n’es pas un caillou du ciel
    Pour que le vent te tienne quitte,
    Oiseau rural ; l’arc-en ciel
    S’unifie dans la marguerite.

    L’homme fusille, cache-toi ;
    Le tournesol est son complice.
    Seules les herbes sont pour toi,
    Les herbes des champs qui plissent.

    Le serpent ne te connaît pas,
    Et la sauterelle est bougonne ;
    La taupe, elle, n’y voit pas ;
    Le papillon ne hait personne.

    Il est midi, chardonneret.
    Le séneçon est là qui brille.
    Attarde-toi, va sans danger :
    L’homme est rentré dans sa famille !

    L’écho de ce pays est sûr.
    J’observe, je suis bon prophète ;
    Je vois tout de mon petit mur,
    Même tituber la chouette.

    Qui, mieux qu’un lézard amoureux,
    peut dire des secrets terrestres ?
    Ô léger gentil roi des cieux,
    Que n’as-tu ton nid dans ma pierre !

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    RENE CHAR

     

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    gil montaz2

    Oeuvre Gil Montaz


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    Le temps passe et nous te regardons depuis le nid ancien,
    comme un coquelicot dont les premières sèves ne s’oublient
    Fleur fragile aux allures d’arbre, souriante sur nos désordres, pluies incessantes de la belle usure

    D’elle ou de moi, à qui ressembles-tu quand tu regardes de si près tes pas
    Où t’en vas-tu, si belle, dans le vaste couloir
    Vers quel amour, quel labyrinthe choisi

    Fier de toi ou orgueilleux de moi-même,
    combien me faudra-t-il de livres pour que cessent mes doutes et cette peur de te voir tomber
    Nous te savons fidèle à tes rendez-vous au bout des ongles verts, en route vers la beauté de royaumes fertiles

    On ne part pas, ce n’est que le temps qui nous éloigne
    Le retenir ou l’accepter, voilà la vie
    Il nous contient jour après jour dans nos forêts

    Dans le silence d’être là, je murmure à ton oreille une langue sans message
    Je suis au temps vécu, entre partir et revenir
    Peut-on jamais guérir d’un lien, comment aimer sans retenir



    Ce matin, je te vois dans l’aurore d’un prince, belle dormante à jamais qui s’éveille
    Le monde n’est complet qu’aux ruptures des liens, mais je m’attarde sur la lande,
    m’arrange de ce que je ne serai plus, te rêve à l’autre en ce présent
    Devant nous-mêmes le temps est là qui t’appartient
    Il caresse notre barque démarrée

    Sois tranquille
    J’ouvre encore des cahiers neufs pour de nouveaux parfums, jamais pour la dernière leçon

    Car il n’y a rien à comprendre tant que les dieux nous ignorent

    Il n’y a que la poussière qui s’envole sur la falaise des iris

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    BRUNO RUIZ

     

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    Iris2,,

     

     

     


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    Merci à Sylvie

    ...

     Toujours les choses se dérobent et laissent
     le regard errer sur cette nappe de clarté
     dont la douceur n’est que l’approche de la pierre
     pour de violentes noces imparfaites.
     Et l’entaille demain à la mesure du corps entier,
     de quel cri s’éveillera le chemin ?
     Sous les paupières d’amande glisse le fruit des larmes évaporées,
     dur sommeil, long soleil de la besace des pauvres.

    ...

     

     La parole chargée de guérir a dressé cette ruine
     de quelques chardons bleus, de poussière et de vent ;  
     ce chemin où la mort, empoignée par tant de mots,
     comme un figuier portant ses fruits dans un vieux mur  
     et l’embellie de lierre sur la porte fanée,  
     se referme sur le devenir joyeux,  
     le lointain, très lointain murmure :
     d’un pin amoureux

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    PIERRE-ALBERT JOURDAN

    Editions Mercure de France

    http://www.recoursaupoeme.fr/essais/le-jardin-suspendu-de-pierre-albert-jourdan/sylvie-besson

     

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    lierre porte

     


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  • 05/16/16--08:32: DE L'AURORE...Extrait
  • Plus encore que le silence des ténèbres l'aube est annoncée par un silence spécifique, un silence révélateur que l'inquiétude de celui qui attend ou espère ressent comme une imminence: "Elle vient , elle est en train de venir". Le condamné, non à mort, mais à mourir, le ressentira d'une manière impossible à transcrire, même si il lui est donné de continuer à vivre . Mais si l'on n'espère ni ne craint, alors arrive la révélation de ce silence par lui même, sans promesse aucune. La promesse voile si souvent la présence réelle, la révélation vivante . Le nec spes nec metu des stoïciens prend ainsi un sens.
    Libre d'espoir et de crainte, l'esprit laisse l’âme à son vagabondage, à sa réceptivité originelle. Et à ce moment de la germination silencieuse de l'aurore, s'il est libéré de ses deux affections contraires, on entend ce silence incomparable, indicible, au-delà de toute définition, de tout concept. C'est le silence de la conception de la lumière, dirons nous, même si nous savons grâce à l'indiscrète science que les choses ne se passent pas ainsi, que cette lumière est bien là et qu'il suffit, pour qu'elle apparaisse, que la terre , et non le soleil, qui en est la source, tourne légèrement sur son axe.
    Mais si l'on n'espère ni ne craint, la science rassurante, aplanissante, perd son pouvoir, elle s'estompe.
    Et ainsi le silence de la conception qui fait de la lumière une lumière vivante, et non pas seulement offerte à la perception, se fait sentir, il s’étend sans limites, doucement, comme une huile de vie, comme si la vie naissait en elle, l'indéfinissable vie dans la lumière; l'insaisissable vie qui est elle même lumière, et ne fait qu'un avec elle.
    L'aube vient la première, à peine clarté qui efface les ténèbres plus qu'elle ne les défait, encore silencieuse: l'heure de la liberté, l'interrègne ou tout est possible, ou tout est amour qui obéit sans
    s'en apercevoir; le royaume situé entre les deux royaumes de la lumière et de l 'obscurité. Ce royaume qui n'en est pas un, car il n'y est pas d'autre impératif que celui de l'amour qu'on ne sait pas, le bienheureux amour, encore sans ombre.

    Le jour se lève.

     

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    MARIA ZAMBRANO

     

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    tham54,

    Photographie Thami Benkirane

    benkiranet.aminus3.com


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  • 05/16/16--09:05: MARIA ZAMBRANO
  • Il y a des chosesqui semblent autres ou ressemblent à d'autres ; l'orchidée qui a l'air d'un papillon ou la pierre du ruisseau qui ressemble à un crâne. Et cet air ou cette ressemblance suggère à l'esprit une autre idée que celle d'une simple analogie formelle, même lorsqu'il en est ainsi non par nature mais par hasard. Celui qui découvre un petit caillou semblable à un crâne le ramasse, le regarde et le met de côté autrement qu'il ne le ferait pour une pierre qui ne ressemblerait à rien, qui serait seulement jolie. Celui qui se trouve en plein champ devant un roc l'air absorbé par ses pensées, même s'il sait fort bien que les pierres ne pensent pas, ne laisse pas d'en rapporter une étrange impression qui l'habitera un certain temps.

    Ce qui précède montre qu'en percevant soit des êtres vivants, soit des choses, et en effectuant quelque labeur ou en exécutant quelque action, l'homme ne les isole pas de tout le reste. Entre l'être et l'apparence, il y a un jeu d'affinités et de parentés qui arrive à son comble lorsque l'un vaut l'autre, lorsqu'une chose peut être appelée du nom de l'autre, si bien qu'on les nomme toutes deux ensemble, unies par leur sens. Lorsqu'en nommant une orchidée on nomme un papillon, ou inversement, on désigne une chose qui dépasse l'être et les apparences de chacun, comme il advient toujours dans toute union.

     

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    MARIA ZAMBRANO

     

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    ORCHIDEE


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  • 05/16/16--11:35: LE VOYAGE
  • Merci à Marie-Paule Farina

     

    Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
    L'univers est égal à son vaste appétit.
    Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes!
    Aux yeux du souvenir que le monde est petit!
    -
    Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
    Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
    Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
    Berçant notre infini sur le fini des mers:

    Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme;
    D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
    Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
    La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

    Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
    D'espace et de lumière et de cieux embrasés;
    La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
    Effacent lentement la marque des baisers.

    Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
    Pour partir; cœurs légers, semblables aux ballons,
    De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
    Et, sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons!

    Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
    Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
    De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
    Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom!

     

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    CHARLES BAUDELAIRE

    " Les fleurs du mal "

     

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    CATHERINE CHAULOU2

    Oeuvre Catherine Chaulou


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    Ile d'Union (Antilles), le 28 décembre 1974 au soir

    A bord de la « Korrig »

     

    Cher Lino,

    Plus de deux mois en mer déjà sur ce petit bateau, du vent, des orages, de la pluie qui lave et ce soir l’envie de te parler.
    Tu sais, Lino, je suis plus jeune que toi mais je crois tout de même être autoriséà te dire que je t’aime bien.
    J’ai rencontré si peu d’hommes en 45 ans qu’il me semble une faute de ne pas les serrer un peu contre moi, même si en échange, j’ai bien peu à donner.
    Tu vois, je ne sais ni ce que sera ta vie ni ce que sera la mienne mais je trouverais désolant que nous nous perdions trop. C’est si rare la tendresse.
    Bientôt j’aurai un bateau et je veux que tu saches que tu y seras toujours le très bienvenu.
    Je te souhaite heureux et fier d’être.
    Et je pense que de deviner tes fragilités je sais aussi ta force.
    Tu sais Lino, nous avons 15 ans et je crains que nous n’en sortions jamais.
    Au fond je vais très bien sur ce bateau. Ça n’est pas le grand confort et c’est bien fatigant mais il y a des moments formidables.

    Bien sûr l’Atlantique c’est long mais avec la lune par-dessus et du vent dans les voiles, cela ressemble à une chanson d’amour. Et je ne sais encore rien de mieux que cela. Dans huit jours, je retrouverai ma Doudou à Point-à-Pitre puis nous rentrerons en France. Peut-être seras-tu à Paris fin janvier ? Je serais bien heureux de pouvoir te voir un soir.

    Pour ne parler de rien et juste se comprendre.

    A bientôt Lino, je t’embrasse de loin, il fait nuit et l’eau à 27°.


    Sincèrement, Jacques.

     

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    JACQUES BREL

    http://www.deslettres.fr/

     

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    jacques et lino2,

    Jacques Brel et Lino Ventura

     


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  • 05/17/16--02:37: SEKOU KOUYATE & JOE DRISCOLL
  •  

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    À brasser tant de marées dans des récitations d’enfance
    qu’attends-tu de la mer sinon ton propre achèvement d’écume

    tu ouvres la vague majuscule
    tu enfreins l’onde loi qui dicte
    ne pas finir arraisonné

    ni du sel des naufrages
    incliné sur l’horizon
    couronné du seul soleil
    qui meurt chaque soir
    tous les rayons brisés nous confient que
    sous la surface encore
    on peut survivre
    jusqu’aux larmes



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    FRANCIS ROYO

     

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    hengki koentjoro,

    Photographie Hengki Koentjoro

     


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  • 05/17/16--10:07: AGNES SCHNELL...Extrait
  • Restera-t-il en tes mots
    quelque image
    qui parlera de ton absence ?
    Restera-t-il en tes mots
    un peu de l'haleine tiède
    qui leur donna des ailes ?

    Demain tu attendras
    comme on espère la pluie
    ou la nuit parfois.
    Dépouillé de cette poussière
    qui te blessait
    qui en blessait d'autres,
    tu partiras les mains vides…

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    AGNES SCHNELL

     

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    hengki koentjoro

    Photographie Hengki Koentjoro 

     


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  • 05/17/16--10:59: PATIENCE...
  • Patience d’arachnéen
    à tisser et retisser
    contre l’invisible.

    Patience pour nos tessons
    nos lourds bagages
    notre rage sèche
    nos brûlures d’abeilles.

    Patience encore
    pour la blessure molle
    la cicatrice dévastée
    qui saigne le temps à venir.

    Patience contre la dérobade
    l’équivoque de l’oxydé.
    Patience pour creuser l’infime.

    Patience envers les écrits
    nés de l’obscur
    scandés en sautillant
    tressés sur des ruines.

    Patience pour les doigts usés
    pour le chant abandonné
    la descente
    dans l’enfer de l’autre.

    Patience enfin
    pour les tempêtes intimes
    celles que l’on retient
    lèvres scellées
    le froid au ventre.

     

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    AGNES SCHNELL
    Avril 2008

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    nath magrez,

    Photographie Nathalie Magrez


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  • 05/17/16--11:07: ANECDOTES...Extrait
  • Dionysos nous tutoyait
    Magiques étaient nos voyelles
    Les images nous appelaient
    -t'en souviens-tu
    Eve de mes six ans
    ô petite contemporaine
    d'ancolies lunatiques
    au jardin de rouges croyances ?-
    -
    Intense était
    notre passion d'innocence
    On vivait d'amour & d'airelles
    cherchant ce que le vent cherchait
    mettant aux nuages
    des virgules
    & si d'aventure on sortait
    du cercle des cigales
    il faisait blanc autour des morts
    blanc autour des cyprès
    gorgés de leur sommeil
    Ou des silences chuchotaient
    & quelquefois c'était
    comme le froissement
    d'élytres endiablés
    ou le sucré murmure d'anges
    échappés d'un long nécrologe
    -
    Il y avait
    l'image de lits grands comme de grands navires
    la main de la morte dans la dentelle
    ses doigts
    la douleur étonnée
    du silencieux peuple du deuil
    & Dieu
    à la fenêtre attendait
    qu'il ait versé toutes ses larmes
    -
    Il y avait
    entre lune & mer
    ces christs que les vents défigurent
    des fontaines sur la fraîcheur
    de villages sûrs d'exister
    & des berceuses
    où naviguaient
    des mères irréelles

     

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    RAYMOND FARINA

     

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    Jamil Naqsh7

    Oeuvre Jamil Naqsh

     

     


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            Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux
            Leurs mains crevassées par les chasses marines
            Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues
            Portent les songes des frêles brigantines

            Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d'Irlande
            Retraités, usant les bancs au levant des chaumières
            Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie-Galante
            Ils lorgnent l'horizon blanc des provendes hauturières

            Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs
            Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs
            Des voiliers brisés dans les goémons rageurs
            Et luisent leurs regards comme des louis

            Les vieux de chez moi n'attentent rien de la vie
            Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse
            Mangé la cotriade et siroté l'eau-de-vie
            La mort peut les pendre, noire comme la pinasse

            Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué
            Observant le port, le jardin, l'hortensia
            Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria
            "Adieu les belles, c'est le branle-bas"

            Et les femmes des marins fermeront leurs volets

     

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    XAVIER GRALL

     

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    BRETONS2

     

     


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  • 05/18/16--11:21: CHANGER D'ECORCE
  •           On s'en vient seul et l'on s'en va de même.
             On s'endort seul dans un lit partagé.
                On mange seul le pain de ses poèmes.
            Seul avec soi on se trouve étranger.
       Seul à rêver que gravite l'espace,
                   seul à sentir son moi de chair, de sang,
                     seul à vouloir garder l'instant qui passe,
               seul à passer sans se vouloir passant

    ...

              Mon royaume n'est pas d'ici.
              Il est tout entier dans ma tête, j'y
              trace des routes, construis des palais
              plus durables que ceux de Pharaon.
              Mes pyramides sont plus hautes que les siennes,
              mes tombeaux plus profonds.

              Pauvre et mortel, je suis le souverain
              de mon domaine intérieur. Seul j'y détiens
              le droit de respirer, l'espace de
              ma liberté.

           

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    LILIANE WOUTERS

     

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    M A R I S K A K A R T O

    Photographie Mariska Karto

     


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  • 05/18/16--11:55: PIERRE REVERDY
  •   Quels souhaits formuler pour les hommes en ce moment où la folie
             et la brutalité se sont mises, une fois de plus, au premier rang?
                La paix n'est déjà plus qu'une feuille sans poids qui vibre et tourne
             au vent qui annonce l'orage.
                Quels vœux si ce n'est d'abord que leur intelligence et leur sagesse
             politique augmentent en raison directe des merveilleux et inquiétants
             progrès accomplis dans le domaine scientifique afin qu'ils cessent d'être
             pour eux l'angoissante menace d'une effroyable arme à double tranchant.
                 Des vœux pour qu'ils soient préservés, par cette lucidité et cette
             force de jugement, du désordre et du chaos où semble les entraîner
             la perpétuelle et frénétique poursuite d'un nouvel ordre dont la
             moindre occasion permet de constater qu'il sera certainement et
             insupportablement pire que l'ancien.
                 Et des vœux enfin pour que ne les abandonne pas la chance. Cette
             chance qui fait que le monde existe encore, malgré l'erreur et la
             sottise, les travaux et les peines dont il a eu à supporter la charge
             écrasante de tous temps.
                  Mais, cette fois-ci, la chance de pouvoir bien sentir et
             comprendre que la responsabilité et les risques augmentent avec la
             puissance, et que le feu avec lequel il ne faudrait pas trop imprudem-
             ment jouer aujourd'hui est plus ardent que celui dont il fallait se
             méfier hier et qu'il faut plus que jamais savoir s'arrêter à temps.
                  Et pour la France, ce sont, bien entendu, les mêmes, avec un peu
             plus de sévérité et de tendresse seulement.

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    PIERRE REVERDY

     

    .

     

    violencepoliciere2

     

     

     

     


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  • 05/18/16--12:09: L'IRLANDAISE
  • Occitane, tu as mis dans mon âme
    Une ballade irlandaise
    Féminine comme une colline
    Une mer vert Véronèse

    Occitane, de toute mon âme
    Du si bémol au do dièse
    Je destine à qui tu devines
    Cette ballade irlandaise

    Que ne ferais-je
    Que ne ferais-je pas pour te séduire
    La pompe à neige et la brosse à reluire
    Les sortilèges des rivages les plus nostal nostalgiques
    Les cornemuses des muses celtiques

    Occitane, tu as mis dans mon âme
    Une ballade irlandaise
    Féminine comme une colline
    Une mer vert Véronèse

    Trouba troudadou troubadour
    Sous tes tours je viens faire un tour
    J'ai mis la plume à mon chapeau
    Robin des bois à Roncevaux
    C'est comme ça, tu l'as voulu, tu l'as...

    Occitane, tu as mis dans mon âme
    Une ballade irlandaise
    Féminine comme une colline
    Une mer vert Véronèse

    .

     

    CLAUDE NOUGARO

     

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    .


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    Ce ne sont pas des mains de géants
    Ce ne sont pas des mains de génies
    Qui ont forgé nos chaînes ni le crime

    Ce sont des mains habituées à elles-mêmes
    Vides d'amour vides du monde
    Le commun des mortels ne les a pas serrées

    Elles sont devenues aveugles étrangères
    A tout ce qui n'est pas bêtement une proie
    Leur plaisir s'assimile au feu nu du désert

    Leurs dix doigts multiplient des zéros dans des comptes
    Qui ne mènent à rien qu'au fin fond des faillites
    Et leur habilité les comble de néant

    Ces mains sont à la poupe au lieu d'être à la proue
    Au crépuscule au lieu d'être à l'aube éclatante
    Et divisant l'élan annule tout espoir

    Ce ne sont que des mains condamnées de tout temps
    Par la foule joyeuse qui descend du jour
    Où chacun pourrait être juste à tout jamais

    Et rire de savoir qu'il n'est pas seul sur terre
    A vouloir se conduire en vertu de ses frères
    Pour un bonheur unique où rire est une loi

    Il faut entre nos mains qui sont les plus nombreuses
    Broyer la mort idiote abolir les mystères
    Construire la raison de naître et vivre heureux.

     

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    PAUL ELUARD

     

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    jef aerosol2

    Oeuvre Jef Aérosol

    ( Jean-François Perroy )

     

     


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    Parmi les étoiles admirées, mouillées
    Par des fleuves différents et par la rosée,
    J'ai seulement choisi l'étoile que j'aimais
    et depuis ce temps-là je dors avec la nuit.

    Parmi les vagues, une vague, une autre vague,
    vague de verte mer, branche verte, froid vert,
    j'ai seulement choisi l'unique et seule vague
    et c'est la vague indivisible de ton corps.

    Vers moi toutes les gouttes toutes les racines
    et tous les fils de la lumière sont venus,
    que ce soit aube ou crépuscule ils sont venus.

    Je n'ai voulu que ta chevelure pour moi.
    Et de toutes les offrandes de la patrie
    Je n'ai choisi que celle de ton coeur sage.

     

    .

     

    PABLO NERUDA

     

    .

     

    NERUDA


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