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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Marcher parfois longtemps dans la prairie du vent.

    Ses bottes malmènent les fleurs,

    l’herbe aux rêves de voyage.

     

    Puis le petit village près d’un bois.

    L’harmonica d’une eau rapide qui se cache

    pour voir le ciel et l’ombre, et les cailloux

    entraînés de ferveur, sur leurs genoux qui brûlent.

     

    Entendre alors la persuasion très tendre

    et douce d’un oiseau qui solfie les mesures

    d’une clairière. Deux fois peut-être. Puis se tait. Se dissout

    dans la perfection pure et simple du silence.

     

    .

     

     

    PHILIPPE DELAVEAU

    Editions Gallimard

    2011

     

     

     

    .

     

     

    prairie

     

     

     

     

     


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  • 05/27/13--13:01: SOLEIL CIGALES
  •  Le lézard du souvenir bondit

    et c'est furtif entre tes ombres

    le passé perdu des provences pauvres

     

    tu écrivais sous le figuier

    sur la table usée de rotin bancal

    dans la campagne abandonnée

    et l'importance de parler

    dans le bleu hébété tentait de t'emporter

    à brides lâchées    

    à encrier ouvert

     

    où une mouche

    finissait toujours par tomber

    et noire sur noir vibrionnait

    comme confus tes jeunes mots

    dans l'ouverture d'un monde plein

     

    mais maintenant que la table

    et le jardin sont un peu mieux

    mais maintenant que tu peux

    en lui   en toi   ailleurs

    presque tout lire à lire ouvert

     

    seule t'affronte amère et sûre

    jour après jour en son contraire

    et jusqu'au noir plus noir que l'encre

    l'autre importance de se taire

     

    .

     

    JEAN PEROL

    Inédit Revue "Autre Sud" No 28

     

    .

     

     

    ROBERT MESTELAN2

    Oeuvre Robert Mestelan

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • 05/28/13--11:46: POEMES POUR ROBINSON
  •  

    " En pensant à Cé qui a aujourd'hui cinq ans "

    .

    J'ai un petit-fils
    Quelque part dans le monde
    Je ne sais où
    Il vit bien loin de moi
    Il ne sait rien de moi

    Je l'aime tant et pourtant
    Si nous nous rencontrions
    Il ne me reconnaîtrait pas
    Je ne le reconnaîtrais pas

    Je lui envoie des jouets
    Des cartes des poèmes
    Et ces sourires
    Qui cachent les larmes
    Il ne les reçoit pas... peut-être
    Ne me répondra jamais... peut-être

    Et un jour
    Tout doucement
    Le papy inconnu
    S'effacera comme une photo vieillie
    Que jamais
    Le petit Robinson n'aura tenue entre ses bras câlins

    .

     

    GUY ALLIX

     

    .

     

    Garcon-de-dos

    Oeuvre Guy Gaudenèche

    http://guygaudeneche.artblog.fr

     

     

     

     

     

     

     


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  • 06/02/13--10:11: QUE FAIS-TU GRAND-MERE ?
  • Que fais-tu grand-mère?
    J’apprends la patience et l’ennui,
    Le goût de l’instant, la joie de chaque jour,
    J’apprends que la tristesse du cœur est nuage,
    Et nuage aussi le plaisir…

    Que fais-tu grand-mère, assise-là, dehors, toute seule?
    Eh bien, vois-tu, j’apprends.
    J’apprends le petit, le minuscule, l’infini,
    J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne.
    J’apprends àêtre transparente.
    À regarder au lieu d’être regardée.
    J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent,
    La précipitation du cœur qui bat trop vite.
    J’apprends à marcher doucement,
    A bouger dans les limites plus étroites qu’avant
    Et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.

    Comment est-ce que tu apprends tout cela, grand-mère ?
    J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux.
    J’apprends avec les nuages.
    J’apprends à rester en place et à vivre dans le silence.
    J’apprends à regarder les yeux ouverts et àécouter le vent.
    J’apprends la patience et aussi l’ennui:
    J’apprends que la tristesse du cœur est un nuage,
    Et nuage aussi le plaisir:
    J’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.
    J’apprends à me réjouir au début du printemps et à la fin de l’automne,
    A voir un arc-en-ciel dans une goutte de pluie
    Et une vie entière dans une gouttelette de soleil qui scintille sur une pierre.
    J’apprends que les chemins se divisent et se perdent,
    Que les regrets sont de petites pierres pointues qui blessent les mains qui les enserrent
    Et qu’il est meilleur que nos mains restent ouvertes…
    J’apprends mes erreurs, mes chagrins, mes oublis,
    Et toutes les joies qui se faufilent, poissons d’argent dans la masse de notre vie.

    Grand-mère, je ne comprends pas : pourquoi apprendre tout cela ?
    Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains,
    A accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée.
    Par ce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées,
    J’apprends à voir du bout des doigts et àécouter avec les yeux.
    J’apprends qu’il n’est pas de temps perdu ni de temps gagné,
    Mais que l’infini est là, dans chaque instant… Cadeau trop souvent refusé dans le torrent des jours.
    J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur,
    Que leurs yeux se reflètent dans nos yeux et leurs cœurs dans nos cœurs.
    J’apprends à marcher sur des sentiers étroits sans peur,
    A regarder les montagnes qui se profilent au loin et que je n’atteindrai pas:
    J’apprends les milliers de pas qui ont marché avant moi sur ces même sentiers.
    J’apprends les vieilles traces et les jeunes nuages.
    J’apprends qu’il faut se tenir prêt à partir quand le vent souffle:
    Qu’on avance mieux en se donnant la main:
    Que même un corps immobile danse quand le cœur est tranquille.
    Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là.

    Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu grand-mère ?
    J’apprends, dit la grand-mère à l’enfant, j’apprends àêtre vieille.

     

    .

     

    AUTEUR INCONNU

     

    .

     

     

    vuillards

    Oeuvre Edouard Vuillard

     

     

     

     


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    Le dernier train s’est arrêté au dernier quai. Et personne 
    Pour sauver les roses. Nulle colombe pour se poser sur une femme en chair de parole. 

     


    Le temps s’est achevé. Le poème ne peut guère plus que ce que l’écume a pu. 
    Ne crois pas nos trains, ô amour, n’attends personne dans la cohue. 

     

    Le dernier train s’est arrêté au dernier quai, et personne 
    Ne peut retourner aux narcisses retranchés dans les miroirs de la pénombre 

     


    Où laisserai-je ma dernière description de ce qui m’est advenu comme corps ? 
    Est fini ce qui est fini. Où est ce qui est fini ? Où viderai-je ce qui m’est advenu comme pays ? 

     

    Ne crois pas nos trains, ô amour, les dernières colombes se sont envolées, envolées 

     

    Le dernier train s’est arrêté au dernier quai … et personne.

    (…)

    .

     

    MAHMOUD DARWICH


    .

     

    RAILS

     

     

     

     

     

     


    0 0

    S’envolent les colombes

    Se posent les colombes

    Prépare-moi la terre, que je me repose

    Car je t’aime jusqu’à l’épuisement

    Ton matin est un fruit offert aux

    chansons

    Et ce soir est d’or

    Nous nous appartenons lorsque l’ombre

    rejoint son ombre dans le marbre

    Je ressemble à moi-même lorsque je me

    suspends

    Au cou qui ne s’abandonne qu’aux

    étreintes des nuages

    Tu es l’air se dénudant devant moi

    comme les larmes du raisin

    L’origine de l’espèce des vagues quand

    elles s’agrippent au rivage

    Et s’expatrient

    Je t’aime, toi le commencement de mon

    âme, toi la fin

    S’envolent les colombes

    Se posent les colombes

    Mon aimé et moi sommes deux voix en une

    seule lèvre

    Moi, j’appartiens à mon aimé et mon

    aimé est à son étoile errante

    Nous entrons dans le rêve mais il

    s’attarde pour se dérober à notre vue

    Et quand mon aimé s’endort je me

    réveille pour protéger le rêve de ce

    qu’il voit

    J’éloigne de lui les nuits qui ont

    passé avant notre rencontre

    De mes propres mains je choisis nos

    jours

    Comme il m’a choisi la rose de la table

    Dors, ô mon aimé

    Que la voix des murs monte à mes genoux

    Dors, mon aimé

    Que je descende en toi et sauve ton

    rêve d’une épine envieuse

    Dors, mon aimé

    Sur toi les tresses de ma chevelure.

    Sur toi la paix

    (…)

    J’ai vu le pont

    L’Andalousie de l’amour et du sixième

    sens

    Sur une larme désespérée

    Elle lui a remis son coeur

    Et a dit : l’amour me coûte ce que je

    n’aime pas

    Il me coûte mon amour

    Puis la lune s’est endormie

    Sur une bague qui se brisait

    Et les colombes se sont envolées

    L’obscurité s’est posée

    Sur le pont et les amants

    S’envolent les colombes

    S’envolent les colombes

     

    .

     

    MAHMOUD DARWICH

     

    .

     

    MAH

     


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  • 06/02/13--10:52: DESTIN DE SABLE....Extrait
  • A tous les amants que l'ombre de la mort torture.

     

    Combien de jours
    encore

    Il y aura des lames striant les océans
    chahut du diable grands rires blancs
    dans la marée des coquillages
    l’écume sur ta chair
    et des torrents à tir ouvert
    aux flancs hallucinés des rocs


    Il y aura la neige en abondance
    fleurs étincelles sur tes cils
    pavois muet pour nos baisers
    de lents étages dans les nuages
    des lacs où nous couler
    et puis l’abîme
    originel
    où grelotter d’extase
    moi l’épouse épuisée toi
    première vigie du jour


    Combien de jours

     

    .

     

    FRANCINE SEGESTE

     

    .

     

     

    AMOUR ET MORT2

     

     

     


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  • 06/02/13--15:29: L'ANGE DEBOUT...Extrait
  • À mille lieues sous terre
    Mûrit l’orange de l’amour
    L’amour aux phalanges serrées
    Cuit sa terre sous l’arbre

    Cuit sa terre
    D’homme et femme
    Emmêlés muscles
    Nus noués
    Ligature d’ombilic

    Cuit sa terre
    Comme un gâteau d’anis
    Cuit sa terre écarlate

    Sphère rouge
    Soleil fort
    Sous l’arche de la mort.

     

    .

     

    FRANCINE SEGESTE

     

    .

     

    Enlacement-t

     

     


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    Il fut autre, couleurs extraites de la terre,
    cet acte de peindre des parois, des tatouages,
    par horreur du vain, temps et mort;
    cet acte d'enfermer l'espace entre des murs,
    par horreur du vide, temps et mort;
    cet acte de frapper sur la pierre et le bois,
    par horreur du silence, temps et mort.

    Il fut autre, calendrier du feu des astres,
    cet acte de remonter dans d'Histoire,
    par horreur de l'avenir, temps et mort;
    cet acte d'abriter sa face sous des masques,
    par horreur du présent, temps et mort;
    cet acte d'effacer l'abstrait avec des nombres,
    par horreur de l'éternel, temps et mort,

    Il fut autre, racines et grains dans la terre,
    cet acte de peupler de semis les humus,
    par horreur de la faim, temps et mort ;
    cet acte de répartir les eaux en artères,
    par horreur des sècheresses, temps et mort ;
    cet acte de choyer la lune avec les yeux,
    par horreur des ténèbres, temps et mort.

    Il fut autre, religieux engrais transparent,
    cet acte d’adorer la pluie, le soleil et la terre,
    par horreur de l’incertain, temps et mort ;
    cet acte de percer sa langue avec l’épine,
    par horreur du doute, temps et mort ;
    et cet acte d’apprendre les noms du chemin,
    par horreur du retour, temps et mort.

    Il fut autre, les sens en amoureuse mousse,
    cet acte de gésir dans l’écorce femelle,
    par horreur de se dessécher, temps et mort ;
    cet acte de lancer les flèches de la vie,
    par horreur de les garder siennes, temps et mort ;
    et cet acte de rester en fils de la chair,
    par horreur de la tombe, temps et mort.

     

    .

     

    MIGUEL ANGEL ASTURIAS

     

    .

     

    COPAN1

    Site de Copan

     

     

     

     

     


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    Tout est là. Tout commence avec la Nuit étoilée. Ce que tu cherches au plus obscur, ce que tu cherches sans chercher. Ce qui te traverse. Un abandon au monde. Et peut-être même un abandon de l'abandon. Tout est là. La nébuleuse spirale, les onze étoiles centrifuges et le croissant de soleil-lune, vestige d'éclipse, bouche de blessure-joie. Tout est là. Avec cette formidable force de réenchantement. Ecoute. C'est la vie même, qui veut la nuit comme le jour. C'est la vie comme une naissance continue. Combien de naissances dans une vie? Van Gogh n'arrête pas de poser des questions, des questions pour répondre à d'autres questions. Voilà, dit Van Gogh, si tu veux connaître le goût de la peinture, il faut que tu la boives. Que tu consentes à cette onde qui te lave les yeux. Que tu t'enfouisses, en apnée, dans la connexion des atomes. C'est Dieu plus l'énigme. Voilà ta vie est une question, et tous les matins, le sphinx te la pose. La même question. C'est quoi, dis-moi, la question de la vie? Et Van Gogh répond, c'est pas si mal, je descends à pic dans l'infini. (...) il pressent que l'air est constellé d'étincelles vivantes. Que le corps des éléments est travaillé par une violence électrique. Que la lumière noire des âmes s'y propage, aveuglante. Ça mine, ça brûle, ça ronge. L'art n'est pas un passe-temps, mais la chose la plus sérieuse de la vie. c'est la parure du chaos. C'est oublier tout ce que l'on sait à son propre sujet. C'est le tremblé d'Artaud qui en finit avec le jugement de Dieu. C'est le fuselé de John Coltrane ciselant India au Village Vanguard. C'est l'obstiné de Virginia Woolf exigeant de saturer chaque atome. Le rougi de Marina Tsvétaïéva dont les joues s'embrasent en lisant les premières pièces. Trop de souffle en moi pour une seule flûte. C'est le caressé de Chet Baker qui te demande - écoute, as-tu jamais songéàêtre libre? Ecoute, l'aube n'a plus de mémoire, et le soleil a oublié ses souvenirs. C'est un monde absolument neuf. Celui d'une toujours première fois. L'élégance du silence en hiver. Oui, tout à coup, ce silence assourdissant. Cette teneur en silence des êtres et des choses. Réfléchis - pas de beauté possible sans silence. Rien dans la création ne s'apparente plus à Dieu que le silence, note Eckhart. L'odeur des buis sous la pluie. Le cyprès au fond du jardin. Partir sur la grande roue du temps. Contempler jusqu'à l'éblouissement. Un morceau de tuile heurte un bambou. C'est le son du battement d'une seule main. Et Van Gogh sait déjà ce que dira plus tard Simone Weil : toutes les fois qu'on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. Il ne cède pas un pouce de son coeur. Il goûte le foisonnement de l'illimité. Jamais en arrêt. Pour explorer à l'extrême de soi le meilleur de soi. Avec cette griffe de violence qui ramène tout au sentier. Dans la danse de la douleur. Dans la danse de la lenteur. De cette lenteur fusante - saut d'un cheval qui passe un ravin. De cette invraisemblable vitesse de la lenteur qui permet à Van Gogh de se régénérer aux plus hautes fatigues.

     

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    ZENO BIANU

     

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    Vincent%20van%20Gogh%20Paintings%

    Oeuvre Vincent Van Gogh

     

     

     


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  • 06/03/13--03:22: MONSIEUR FRANCOIS
  • ...Couvert d'une indétronable casquette en tweed d'où s'échappaient quelques bouquets de cheveux, un mégot enfoui  dans l'importante moustache grise, il  était  vêtu d'un gilet noir  sur une  chemise chaude , d'un pantalon confortable en grosse toile bleu, cassant sur des chaussures montantes en vieux cuir entretenu. Il semblait avoir été posé là, dans son fauteuil depuis toujours , et pour toujours.  Cet homme ne quittait jamais un couteau "0pinel" avec lequel il sculptait de petits objets en bois, tout autant tranchait le saucisson, se taillait un beau morceau de pain de campagne , coupait de la ficelle (il en avait toujours dans sa poche ,en Provence c'est incontournable !!! ), s'en servait aussi de fourchette, puis à l'occasion de cure-dents  ou se nettoyait les ongles. Lorsqu'il le repliait, après l'avoir essuyé entre le pouce et l'index très abimés , il le plaçait au plus profond  de sa poche, pour être sûr de ne pas le perdre, tirait la montre de sa giletière , regardait l'heure, rabattait son couvre-chef sur le nez et s'endormait un moment... le mégot  scellé dans la moustache. Il devait certainement avoir une bouche, mais  invisible derrière ce balai de poils drus. Ses yeux s'abritaient sous d'épais sourcils en bataille " pas rangée", et même, de petites touffes "poilantes" sortaient de ses oreilles.  Un drôle de spécimen !
             Impossible de savoir si cet homme pensait, il parlait bas et rarement, et avait dû naitre ainsi, avec son "0pinel" pour animer ses mains. Rien d'autre ne semblait avoir d'intérêt pour lui que ses petites pièces de bois qu'il transformait du bout de son couteau, en une barque, un petit animal, un personnage. Les enfants, curieux et admiratifs, auraient bien voulu posséder une de ses sculptures, mais ne se risquaient pas à demander. Ils l'observaient .
             Puis un jour, à côté de leur assiette, chacun découvrait le petit cadeau en bois qui leur était finalement destiné, en toute humilité...

    Merci.... Monsieur François !!

     

    .

     

    JOSIANE

     

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    paysan 5

     

     

     

     

     


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  • 06/03/13--07:14: VIE D'UN HOMME...Extrait
  • Pour un Dieu qui rirait comme un enfant,
    Tant de cris de moineaux,
    Tant de danses dans les branches,

    Une âme se délivre de son poids,
    Les près gagnent une telle tendresse,
    une telle pudeur parmi les yeux revit,

    Les mains, comme des feuilles
    Dans l'air, qui s'enchantent...

    Qui tremble encore, qui juge ?

     

    .

     

    GIUSEPPE UNGARETTI

     

    .

     

    VIE NATURE

     

     

     

     

     

     

     


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  • 06/03/13--07:19: L'ANGE DEBOUT...Extrait
  • Mur de neige.

    Téméraire avance l’Ange
    Aux pieds pourpres
    Phalange de feu
    Gorge claire
    Cheveux de foudre.

    La langue en sang je parle
    Des cristaux scintillants
    De l’amour de la terre
    Des bois de citronniers
    Et des doigts emmêlés.

    Je parle
    Des eaux et de la tourbe
    Des feuilles que l’on brûle
    Des fleuves qui ondulent
    De la vie qui s’efface.

    Et le silence s’ouvre
    Pour que j’invente un mot
    Qui dure
    À travers l’étendue
    Sans désir ni mémoire.

     

    .

     

    FRANCINE SEGESTE

     

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  • 06/05/13--00:30: GERALD BLONCOURT
  • 23 Heures - La pluie...
    La pluie toutes ces larmes de pluie milliers de gouttes qui claquent éclatent sur les pierres chantent sur les feuilles tapent sur les tôles et par moment changent de cadence chante cette multiplication effrénée obstinée rageuse ample ces coups d’archets profonds de violoncelle ces voix fantômes qui s’entrecroisent et qui semblent livrer la sourde plainte des bidonvilles ruissellements obstinés laborieux infatigables ces cordes de guitares fluides de sons désaccordés la pluie de mon enfance rêveuse de mes yeux étonnés ouverts dans la nuit de mon amour des autres de toi à venir de mon être tendu croisant le désespoir des rues et mes forces à tenir le monde entre mes mains à soutenir l’ennui à saccager la mort à cueillir l’offrande de ma terre de mes premiers émois la pluie tombe dans mon crâne déborde mon âme inonde ma plaine la pluie la pluie qui tombe sur moi entre nous dans ta maison dans ta chambre sur ton cœur sur ton corps la pluie saison-été-caraïbe-éclaboussée la pluie encore ton visage mouillé tes larmes d’hier au soir ta robe bleue si belle tes épaules tes hanches ta taille et la pluie la pluie qui goutte à présent lentement précautionneusement tintinnabule au-dehors frisson humide de tes lèvres la pluie la pluie goutte stalactite de mes mille pensées en vrac en foule de toi pour toi la pluie de tes paupières empierrées de sommeil la pluie sur ta fatigue la pluie douce des mots sur ton front la pluie dors Sabine pluie couleur de mon désir pluie d’espace si grand de ta présence pluie du petit mendiant de ce midi de sa détresse de notre impassible impossibilité pluie de ta fuite en taxi pluie source pluie crevant le roc pour sourdre à tes pieds sous tes pas pluie ma pluie notre pluie qui tombe à genoux devant toi sur nous qui nous aimons sous le ciel d’Haïti dans la nuit sourde de ton baiser fébrilement téléphoné fiévreusement cueilli... Je t’aime mon amour...Bonne nuit...

    .

     

    GERALD BLONCOURT

     

    .

     

    haiti2

     

     

     

     


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  • 06/05/13--00:46: LEURS YEUX TOUJOURS PURS
  • Jours de lenteur, jours de pluie,
    Jours de miroirs brisés et d’aiguilles perdues
    Jours de paupières closes à l’horizon des mers,
    D’heures toutes semblables, jours de captivité.

    Mon esprit qui brillait encore sur les feuilles
    Et les fleurs, mon esprit est nu comme l’amour,
    L’aurore qu’il oublie lui fait baisser la tête
    Et contempler son corps obéissant et vain.

    Pourtant, j’ai vu les plus beaux yeux du monde,
    Dieux d’argent qui tenaient des saphirs dans leurs mains,
    De véritables dieux, des oiseaux dans la terre
    Et dans l’eau, je les ai vus.

    Leurs ailes sont les miennes, rien n’existe
    Que leur vol qui secoue ma misère
    Leur vol d’étoile et de lumière
    Leur vol de terre, leur vol de pierre
    Sur les flots de leurs ailes,

    Ma pensée soutenue par la vie et la mort.

     

    .

     

    PAUL ELUARD

     

    .

     

    REGARD2

     

     


    0 0

    ...

    Ressourcer la parole dans le silence, certes,
    mais par moments l'oublier,
    s'oublier dans le silence.

    Car si la quintessence de l'homme
    est aussi illimitée que le silence,
    la parole a les mêmes limites que l'homme.

    Comment se délivrer de soi-même?
    (Ghérasim Luca)

    En délivrant l'homme de la langue,
    le silence délivre l'homme de l'homme.

     

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    MICHEL CAMUS

     

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    Slices

     

     


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  • 06/05/13--13:12: UN ESSAIM AMOUREUX...Extrait
  • Rien n'est plus beau
    qu'un amour qui ne se croit pas immortel
    qui a la souple respiration du voilier
    endormant la vague
    prodige oui mais qui se sait tributaire
    d'un vent si incertain
    qu'il voudrait d'un seul déploiement de son erre
    boire toute une nuit d'étoiles et de lune pleine

    un amour comme une joie d'enfance
    grandie de sa fin trop proche
    et qui se tient timide
    au faîte de l'instant

    nid d'hirondelle
    dans le noir
    ah ce n'est pas cela un amour de légende
    qui se targue des mélancolies
    et geint à genoux sous la couronne des roses

    toi mon aimée demeure princière en ton rire
    chaque matin devant ta mort et ma mort
    sois libre et fière et ferme
    car il suffit de la caresse d'un rire
    pour que tout en nous se recompose
    et que soit le monde uniment
    sous nos mains le passage et la durée
    la nudité d'une âme dans la douceur du corps

    nous mourrons mon amour sans rien en perdre
    si nous séjournons visages étonnés
    dans l'instant qui nous prolonge
    et fait de nos gestes les plus simples
    -baiser murmure épaule lente-
    un feu dormant

    demeurons mon aimée
    fût-ce au coeur d'un sanglot silencieux
    une joie ouverte

    sommet de l'éclair
    rire et bonté persistants
    dans la disparition

     

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    JEAN-PIERRE SIMEON

     

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    enlacement2

     

     


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  • 06/06/13--09:31: MA VIE SANS MOI...Extrait
  • Je connais des mots doux, des mots d’écoliers

    Des veillées qui tardent à mourir à s’éteindre dans le carreau des feux, la cheminée pâlit de ses charbons manquants

    La soirée traîne de ses voiles en crépon noir

    Si la nuit noire dehors tombe et éteint tout par son effet domino

    Où fuit-elle en si peu de vacarme ?

    Je distingue à peine l’ombre de la lune qui veut vivre

     

    Il se peut que le jour s’achève alors qu’il avait peine à débuter

    Dans les pluies grasses et larges de nos oublis

    Ce sera ce jour où chacun peine à trouver où se terrer

    A trouver son rythme, sa voix, sa voie, ses gestes

     

    Se défaire de ses secrets, de ses alcôves

    Tenir enfin la dragée haute

    Au désespoir qui pend et qui luit

    Se tenir droit contracté ;  se dire de tenir

    Se dire

    « vivant » après tout ! ou « vivant » finalement

    et le nœud de pendu qu’il nous tend, uriner dessus

     

    plonger dans l’espérance sans faille

    et tu pulses vers moi tes désirs enfin

    tes désirs sans faim, tes désirs sans fin

    je titube enfin de tes clairières

     

    on dirait donc que ton corps serait vivant

    que la peau même saignerait si on la coupe

     

    si seuls, nous allions mourir

    unis, allons-nous enfin vivre ?

     

     seul dans cette nuit  totalement noire

    Le bruit des espaces naturels est mon seul compagnon

     

    On dirait que tu viendrais

    Accompagner ces derniers sursauts, les ultimes battements d’un cœur déserté

    Les traces des vies comme les sentes des baves d’escargots

    Tu t’es trainée là

    Tu as tendu la main / je t’ai vu aussi mourir finalement

     

    Je n’étais donc pas seul à l’extinction

    L’aube viendra t elle ?

    dans son fouillis de fleurs et de lumières

    L’aube ? La lumière ? recommencer ? réapprendre ? refaire ?

     

    "Que le poème aille se glissant

    Dans la bouche ouverte des mourants !

    Qu’il y ait le cri : « Que la Terre est belle ! »

     

          Pas besoin des fleurs

                 D’ailleurs !"

     

     

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    ARMAND ROBIN

     

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    SOURCE

     

     

     

     

     


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  • 06/06/13--10:31: A L'ORIENT DE TOUT...Extrait
  • Chacun de nous est finitude
    L'infini est ce qui naît d'entre nous
    fait d'inattendus et d'inespérés
    Célébrer l'au-delà du désir, l'au-delà de soi
    Seule voie en vérité où nous pourrions encore
    tenir l'initiale promesse
    Célébrer le fruit, plus que le fruit même
    mais la saveur infinie
    Célébrer le mot, plus que le mot même
    mais l'infinie résonance
    Célébrer l'aube des noms réinventés
    Célébrer le soir des regards croisés
    Célébrer la nuit au visage émacié
    Des mourants qui n'espèrent plus rien
    mais qui attendent tout de nous
    En nous l'à-jamais-perdu
    Que nous tentons de retourner en offrande
    Seule voie où la vie s'offrira sans fin
    paumes ouvertes

     

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    FRANCOIS CHENG

     

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    orient

     

     

     


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  • 06/06/13--11:05: ART POETIQUE...Extrait
  • Le poème
    Ne tue pas le vide,
    Il l’éloigne.

    Le poème fait toucher
    Le vide
    Qui le borde.

    Ce vide plus fort,
    Plus dominateur que lui.

    Si bien
    Que c’est sa présence
    A la lisière

     

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    GUILLEVIC

     

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    Mangangu

    Oeuvre Bona Mangangu

     

     

     

     


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