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Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

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    Les rêves échoués desséchés font au ras de la gueule des

    rivières

    de formidables tas d’ossements muets

    les espoirs trop rapides rampent scrupuleusement

    en serpents apprivoisés

    on ne part pas on ne part jamais

    pour ma part en île je me suis arrêté fidèle

    debout comme le prêtre Jehan un peu de biais sur la mer

    et sculpté au niveau du museau des vagues et de la fiente

    des oiseaux

    choses choses c’est à vous que je donne

    ma folle face de violence déchirée dans les profondeurs

    du tourbillon

    ma face tendre d’anses fragiles où tiédissent les lymphes

    c’est moi-même terreur c’est moi-même

    le frère de ce volcan qui certain sans mot dire

    rumine un je ne sais quoi de sûr

    et le passage aussi pour les oiseaux du vent

    qui s’arrêtent souvent s’endormir une saison

    c’est toi-même douceur c’est toi-même

    traversé de l’épée éternelle

    et tout le jour avançant

    marqué du fer rouge de choses sombrées

    et du soleil remémoré

     

    .

     

    AIME CESAIRE

     

     

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    CESAIRE

     

     

     

     


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  • 08/26/16--13:26: ALAIN DUAULT
  • «Être poète, c’est regarder le monde avec des mots. C’est être constamment sur le qui-vive — en
    entendant : qu’ils vivent, les mots, les hommes, les oiseaux. C’est-à-dire : que la beauté les sauve et invente une langue qui ouvre ses portes vers des couloirs nouveaux, déplie les temps trop sages, brise la mer gelée des évidences.
    Être poète, c’est avoir des oiseaux dans la bouche, courir le ciel, gravir le vent avec des semelles trouées comme un parapluie. C’est, guetteur mélancolique, être sujet aux langoureux vertiges. C’est vouloir découdre l’erreur des destins et des chemins défaits, prendre les rêves au sérieux, ne pas se retourner sur Eurydice pour s’arracher à une saison en enfer. Être poète, c’est écrire des poèmes pour résister à l’insoutenable poids de la nuit sur les roses.»

     

    .

     

    ALAIN DUAULT

     

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    parkes

    Oeuvre Michael Parkes


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  • 08/26/16--13:42: LE DROIT D'ASILE...Extrait
  • L’amour près du sommeil c’est l’ombre auprès de l’ombre
    sacrifice des nuits les étoiles longtemp
    sont neigé sur ton corps endormi parmi les roches brûlantes
    Du ciel écroulé sur ton sourire secret

    ton sommeil sous tes bras en mousses scintillantes
    ton sommeil dans ta maison où tourne un astre familier
    qui distille du songe au bord de l’oreiller
    ton sommeil qui la tête sous l’aile
    défend aux grands chevaux blancs de hennir
    car il est une plante magique qu’il importe de ne pas réveiller
    Arbres noirs de la nuit j’entends chanter vos oiseaux aveuglés
    et TOI femme songe de pourriture et de cheveux dénoués
    tu dors sur mon bras nu comme dorment au printemps

    les nuages et à l’automne les raisins sous les feuilles
    et l’hiver les anges fatigués et l’été
    les grands incendies de montagne dont les journaux sont illuminés

    Et tu t’en vas revoir tes rivières originelles
    les meubles étonnants qui t’ont vue petite fille
    et moi je reste là dans les draps
    trompé par la forme de cadavre et par la lueur douce de tes bras

    Les fantômes des morts de ta Maison
    promènent sur ton front
    leurs longs sourires – tristes mains d’ombre-
    Je devine celui auquel le tien répond
    C’est celui du beau capitaine tué par la foudre
    le 23 juillet 1789

    Alors pour écarter tous ces visages anéantis
    qui viennent dérober ta figure à la mienne
    Je m’endors, moi aussi, entouré des fumées
    d’amour qui s’élèvent de tes yeux fermés

    .

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    ANDRE DE RICHAUD

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    GUSTAVE MOREAU2

    Oeuvre Gustave Moreau


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  • 08/27/16--14:22: DYLAN THOMAS...Extrait
  • Alors j’allais jeune et souple sous les branches des pommiers
    Prés de la maison mélodieuse et heureux comme l’herbe est verte,
         Comme la nuit par-dessus la vallée étoilée,
         Le temps me laissait crier et grimper
         Couvert d'or dans l’apogée de ses yeux,
    Honoré parmi les chariots j’étais le prince de villes de pommes
    Et en ce temps là je possédais majestueusement arbres et feuilles,
         Les chemins avec les marguerites et l’orge,
         La descente des rivières et le fruit de la lumière.

     

    Alors j’allais vert et sans-souci, célébré parmi les granges,
    Près du jardin heureux je chantais comme si cette ferme était ma demeure,
        Sous le soleil qui n’est jeune qu’une fois,
        Et le temps me laissa jouer et exister
        Couvert d’or dans la miséricorde de ses fins,
    Et vert et or j’étais chasseur et berger, le troupeau répondait à mon cor,
    Les renards des collines glapissaient clairs et froids,
         Et le sabbat sonnait lentement
         Sur les galets de la rivière sacrée.

     

    Tout au long du soleil courait le foin délicieux,
    Aussi haut que la maison, les mélodies des cheminées,
         C’était l’air, l’eau, et leurs jeux
         Le feu vert comme herbe.
         Et la nuit sous les simples étoiles
    Tandis que je chevauchais vers le sommeil, les hiboux emportaient la ferme ailleurs,
    Longtemps j’écoutais la lune, béni parmi les écuries,
         Les engoulevents voler parmi les meules,
         Et les chevaux ruer dans l’obscur.

     

    Et puis au réveil la ferme comme un blafard voyageur errant avec la rosée revenait,
    Un coq sur son épaule : tout était lumière,
         C’était Adam et la toute jeune fille,
         Le ciel se recueillait à nouveau
         Et le soleil s'arrondissait comme au premier jour.
    C’était comme à la naissance de la simple lumière,
    Pendant le tissage du lieu originel, les chevaux captivés sortant encore chauds
         Des hennissements de la verte écurie
         Pour les champs de la félicité.

     

    Et honoré parmi les renards et les faisans près de la maison joyeuse,
    Sous le nuage tout neuf et aussi heureux que le coeur était fort,
         Dans le soleil naissant et renaissant encore et encore
         Je courais mes chemins nonchalants,
         Mes désirs dévalaient de-ci de-là au travers de la haute demeure du foin
    Et je ne me préoccupais pas, dans mon commerce avec le bleu du ciel
    De ce que le temps n’accorde, dans son cycle mélodieux, que si peu de chants matinaux
         Avant que les enfants verts et dorés
         Ne le suivent dans sa chute hors de la grâce,

     

    Et je ne me préoccupais pas, en ces jours blancs comme agneaux,
         De ce que le temps m’emporterait dans ce grenier peuplé
         D’hirondelles démultipliées par l’ombre de ma main,
         Dans la lune toujours montante,
    Ni que dans cette chevauchée vers le sommeil,
    Je l’entendrais voler par les champs immenses
    Et m’éveillerais dans une ferme à tout jamais enfuie du pays des enfants.
    Oh comme j’étais jeune et facile à vivre dans la miséricorde de ses fins,
         Et le temps me piégeait, vert et mourant,
         Alors que je chantais dans mes chaînes comme la mer.



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    DYLAN THOMAS

     

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    Julien-Dupre2

    Oeuvre Julien Dupré


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    Reçois, Terre, un hôte honoré ;

    William Yeats va pouvoir dormir

    Que le vase irlandais repose,

    Vidé de sa poésie.

     

    Dans le cauchemar des ténèbres

    Tous les chiens d’Europe aboient,

    Les nations vivantes attendent,

    Chacune enfermée dans sa haine ;

     

    Une disgrâce de l’esprit

    Se lit sur chaque face humaine,

    Et des océans de pitié

    Sont enclos, glacés, dans chaque œil.

     

    Va, poète, descends tout droit

    Jusqu’au plus profond de la nuit,

    Que ta voix qui nous laisse libres

    Nous invite à nous réjouir.

     

    Que la culture d’un beau vers

    Fasse du juron un vignoble,

    Chante les insuccès de l’homme

    Dans une extase de détresse.

     

    Fais, dans les déserts de son cœur,

    Jaillir la source guérisseuse,

    Dans la prison de ses journées

    Instruis l’homme libre à louer.

     

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    WYSTAN HUGH AUDEN

    Traduction Jean Lambert

     

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    Leszek Sokol2,

    Oeuvre Leszek Sokol

     


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  • 08/29/16--05:23: IL FAUDRAIT
  • Avant l'issue fatale il faudrait demeurer
    sur le chemin qui va de l'interrogation
    jusqu'au coeur.
    Il faudrait croire à cette démarche verbale
    et graphique pour ignorer rancoeur et peur.
    Etreindre la foi sans exiger la réponse.
    Demeurer entre le plaisir et la douleur
    entre le bien et le mal, la lumière et l'ombre.
    Réassembler sans fin, par l'instinct et la main
    le puzzle délicat de ces éclats de coeur

     

    .



    IRENE DE SAINT- CHRISTOL

    http://www.irenedesaint-christol.com

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    fleur

     

     

     


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  • 08/29/16--05:37: HORIZON BRÛLE...Extrait
  •   Chaque matin
                              Je recompose la poupée cassée
                              je recolle tous les morceaux
                              chaque matin
                              face à face
                              c'était donc toi ?

                             et chaque soir
                             je l'écrase et  la piétine
                             et lentement j'étouffe tout ce qui en sort :
                             oui, chaque soir .

                             Cependant,
                             ce coeur saigne et s'obstine à fabriquer des fleurs
                             ce murmure du sang allume des étoiles
                             que mes pieds coléreux ne peuvent effacer ;
                             je demeure toujours affamée de lumière
                             et de mots nourrissants

                            Que vienne le sommeil, le sommeil du dedans ...
                            Solitude attendue
                            par la fleur du silence !
                            Arrache, arrache un à un
                            tous ces pétales accouplés
                            avec un masculin !
                            Crache, crache au coeur du parfum
                            du pistil de l'amour !
                            Etrangle et fend le souvenir ,
                            dépèce-le
                            jette tous ces déchets
                            à la poubelle du matin ...

                            Les rats goûteront aux relents des extases !

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    IRENE DE SAINT CHRISTOL

    Editions Saint- Germain- des- Prés

    http://www.irenedesaint-christol.com

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    Femme-regardant-dans-un-miroir-brisé2

     

     

     

     


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    J'ai parfois ce sentiment que je vais mourir sans
    T'avoir assez dit que je t'aime sans que ma main
                    Chante au clair de lune de ta nuque posée du soir jusqu'à

    La pluie de l'ombre sans que j'ai épuisé tes yeux
    Et ces méandres des joues qui courbent la lumière
    J'aime tant suivre l'oubli qui déploie tes cheveux
    Cet or foulé aux doigts ce paysage balayé comme
    On chevauche une plaine ma plaine cette chanson
    Des mains tourmentées par le désir je t'ai si bien
    Imaginée que je connais toutes tes peurs ton bruit
    Silencieux et ce rêve de déchirer ta robe sur le soir
    Quand il est déjà temps de te regarder infiniment
    Car il y a tes épaules tes vagues et tes tempêtes et
    Ce qui fait inoubliable au delà du jour le visage de
    Mon amour



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    ALAIN DUAULT



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    andrea kiss

    Photographie Andréa Kiss


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    J'ai vu
    et, j'ai lentement traversé le dérisoire lieu du retour.
    traversé la cour
    où nulle herbe ne pousse
    où nulle parole ne parvient
    où nulle offrande n'existe.
    Ainsi
    j'ai poussé la porte du lieu, et ma gorge s'est gonflée de colère, haine, désespoir.
    J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai vu
    L'agneau mort.
    Celui dont j'aurais pu être le gardien coutumier pour notre bonheur.
    Innocence.
    J'ai poussé la porte du lieu et, quelque chose s'est brisé en moi.
    Comme une larme.
    Ou, un plaisir.
    Désanimé.
    J'ai poussé la porte du lieu, et, j'ai pu parvenir à l'intérieur de ma durée, car l'intérieur venait de se fissurer.
    C'est alors que je me suis mis à frapper.
    Oui : à frapper.
    Le long cou de la terre.
    Et son insignifiance immédiate.
    J'ai frappé.
    Pour que la terre parle. Dise. Parle.
    Comme nous. A son tour. Du malheur.
    Du bonheur.
    De la vérité. De nos Ignorances.

     

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    NABILE FARES

     

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    Chafik Kadi femme2,

    Oeuvre Chafik Kadi

     

     


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  • 09/01/16--04:58: PIERRE REVERDY...Extrait
  • J’aurai filé tous les nœuds de mon destin d’un trait, sans une escale: le cœur rempli de récits de voyages, le pied toujours posé sur le tremplin flexible des passerelles du départ et l’esprit trop prudent surveillant sans cesse les écueils.
    Prisonnier entre les arêtes précises du paysage et les anneaux des jours, rivéà la même chaîne de rochers, tendue pour maîtriser les frénésies subites de la mer, j’aurai suivi, dans le bouillonnement furieux de leur sillage, tous les bateaux chargés qui sont partis sans moi. Hostile au mouvement qui va en sens inverse de la terre et, insensiblement, nous écarte du bord: regardant, le dos tournéà tous ces fronts murés, à ces yeux sans éclat, à ces lèvres cicatrisées et sans murmures, par-dessus les aiguilles enchevêtrées du port qui, les jours de grand vent, du fil de l’horizon tissent la voile des nuages. En attendant un autre tour. En attendant que se décident les amarres; quand la raison ne tient plus à la rime: quand le sort est remis au seul gré du hasard jusqu’au jour où j’aurais pu enfin prendre le large sur un de ces navires de couleur, sans équipage, qui vont en louvoyant mordre de phare en phare comme des poissons attirés par la mouche mordorée du pêcheur. Courir sous la nuit aimantée sans une étoile, dans le gémissement du vent et le halètement harassé de la meute des vagues pour, lorsqu’émerge enfin des profondeurs de l’horizon sévère le fronton limpide du matin, aborder, au signal du levant, l’éclatant rivage de la Grèce — dans l’élan sans heurt des flots dociles, frémissant parmi les doigts de cette large main posée en souveraine sur la mer.

     

    .

     

    PIERRE REVERDY

     

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    garibaldi

    Oeuvre Joseph Garibaldi


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    « Lorsque l’enfant était enfant,
    Il marchait les bras ballants,
    Il voulait que le ruisseau soit rivière
    Et la rivière, fleuve,
    Que cette flaque soit la mer.
     
    Lorsque l’enfant était enfant,
    Il ne savait pas qu’il était enfant,
    Tout pour lui avait une âme
    Et toutes les âmes étaient une.
     
    Lorsque l’enfant était enfant,
    Il n’avait d’opinion sur rien,
    Il n’avait pas d’habitude
    Il s’asseyait souvent en tailleur,
    Démarrait en courant,
    Avait une mèche rebelle,
    Et ne faisait pas de mines
    quand on le photographiait.
     
     
                                                           Lorsque l’enfant était enfant,
     ce fut le temps des questions suivantes :
    Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?
    Pourquoi suis-je ici et pourquoi … pas là ?
     Quand commence le temps et où finit l’espace ?
    La vie sous le soleil n’est pas qu’un rêve ?
    Ce que je vois, entends et sens, n’est-ce pas…
    simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
     Le mal existe t-il vraiment
     avec des gens qui sont vraiment les mauvais ?
    Comment se fait-il que moi qui suis moi,
     avant de le devenir je ne l’étais pas, et qu’un jour moi…
     qui suis moi, je ne serai plus ce moi que je suis ?
     
    Lorsque l’enfant était enfant,
    Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
    Et il en est toujours ainsi.
     Lorsque l’enfant était enfant,
    Les baies tombaient dans sa main comme seul tombent des baies,
    Les noix fraîches lui irritaient la langue,
    Et c’est toujours ainsi.
     
    Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
    Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
    Et il en est toujours ainsi.
     Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
    Comme aujourd’hui encore,
    Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
    Il attendait la première neige et il l’attend toujours.
     
    Lorsque l’enfant était enfant
    il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
    Et elle y vibre toujours.  »
    .
    .
    .
    PETER HANDKE
     Introduction du film
     " Les ailes du désir "
    de Wim Wenders
    .
    .
    .

    mila 2008,


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  • 09/02/16--06:39: FRANCOIS CHENG
  • En pensant à ma petite Emma O.

    .

    " Ce sentier qu’une nuit

                    Nous avons parcouru

    Tu le prolongeras

                    Enfant de mon regard

    Par-delà la forêt

                    Dort peut-être un étang

    Ou une plage errante

                    Au gré de hautes vagues

     

    Ce sentier constellé

                    Tu le prolongeras

    Malgré vents et rosées

                    Enfant de ma mémoire

    De ce côté l’automne

                    A enfoui son secret

    En toi le temps s’envole

                    Fou d’appels d’oies sauvages "


    .

     

    FRANCOIS CHENG

     

     

    .

     

    TABLEAU D'EMMA

    Tableau d'Emma Ortoli

    Caroline Ortoli

     

     


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    La mort n'est point notre issue,
    Car plus grand que nous
    Est notre désir, lequel rejoint
    Celui du Commencement,
    Désir de Vie.
    La mort n'est point notre issue,
    Mais elle rend unique tout d'ici :
    Ces rosées qui ouvrent les fleurs du jour,
    Ce coup de soleil qui sublime le paysage,
    Cette fulgurance d'un regard croisé,
          et la flamboyance d'un automne tardif,
    Ce parfum qui assaille et qui passe insaisi,
    Ces murmures qui ressuscitent les mots natifs,
    Ces heures irradiées de vivats, d'alléluias,
    Ces heures envahies de silence, d'absence,
    Cette soif qui jamais ne sera étanchée,
          et la faim qui n'a pour terme que l'infini...
    Fidèle compagne, la mort nous contraint
    À creuser sans cesse en nous
    pour y loger songe et mémoire ;
    À toujours creuser en nous
           le tunnel qui mène à l'air libre.
    Elle n'est point notre issue.
    Posant la limite,
    Elle nous signifie l'extrême exigence de la Vie,
    Celle qui donne, élève.

    .

     

    FRANCOIS CHENG

     

    .

     

     

    zao wou ki2,

    Oeuvre Zao Wou Ki

     

     


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  • 09/03/16--08:00: I VERANI / LES PRINTEMPS
  • S’hè firmatu indè a mente, in lu dùbitu prisente

    Un frombu chi nimu un po pientà.

    Sò le matine impalidite di le prumesse fughjite

    Ch’un albore vene assulanà.

    Sò li populi in mossa  chi un temenu la fossa

    Sò li ghjorni è sò l’eternita

    Sò quelle ghjente schiffite, pronte à lampà le so vite

    Per un sognu un ansciu di sperà

    Quandu un basta a parolla  quandu si move la folla

    Quandu  l’ora hè sunata,  Avà.

      Sò li muri d’una vita alzata

    Cum’un mughju cum’una parata.  

    Disfatte sò tandu l’offese i ghjorni  à rinchinà

    E loghe e parolle diffese  e notte a scunghjurà

    Disfatte e nazion’è l’imperi   è nimu un  po parà

    Disfatte, disfatte

      Disfatte sò…è cambiera

    E nimu  a sò, un po parà 

    Cascate,  e  so muraglie avà

    Svegliate, e campagne e cità 

    Rizzate,  e soie e vuluntàè chjare sò  e so speme  

    Hè ghjunta l’ultima stonda di un mondu chi s’affonda

    Per fà piazza a un altru campà

    E la ghjente s’addunisce in ped’a le so muricce

    Per e libertà ritrove, fa festa à li tempi novi

    E fà di le so accolte, triunfà le so rivolte

    E gloria    

     

    .

     

    JEAN-PHILIPPE GUISSANI

    MAXIME MERLANDI

    http://www.barbara-furtuna.fr

    .

     

    .

     

    Dans le doute présent, une clameur inexorable
    Est venue marquer les esprits
    Ce sont ces matins blafards des promesses enfuies
    Et qu’une aube nouvelle vient ensoleiller
    Ce sont ces peuples en révolte que la mort n’effraie pas
    Ils sont le temps présent et l’éternité
    Ce sont ces gens aux traits marqués, prêts à sacrifier leur vie
    Pour un rêve, un souffle d’espoir
    Quand les mots ne suffisent plus, quand la foule se lève
    Quand l’heure est venue, maintenant.

    Ils sont les murailles d’une vie dressée
    Comme un cri, comme une barricade.

    Finis alors les humiliations et les courbettes
    Toutes les choses interdites et ces nuits de crainte
    Défaits les nations et les empires et personne ne peut rien y faire Défait, défaits…

    Défaits et tout va changer
    Et personne ne pourra l’empêcher…

    Les murailles sont tombées
    Villes et campagnes se sont éveillées
    Leurs volontés se sont dressées
    Et leurs espoirs sont clairs

    La dernière heure a sonné pour ce monde qui s’effondre
    Et fera place à un autre.
    Les gens se massent au pied des ruines
    Et les libertés retrouvées, célèbrent les temps nouveaux
    Pour faire de ce rassemblement triompher leurs révoltes


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    Sì vita sì

    Ci ne serà furtune, ore assulanate

    Sò centu le prumesse e strade à piglià

    Ci ne serà vittorie è svie imbulighjate

    Ma quandu o mente hè sorda u core sà digià

    Sì vita, sì lotta, sì fame chì nunda pò sazià

    Sì via, sì ora, sì brama chì nimu pò frazà

    Sì tempu preziosu, turrente furiosu

    Sì li ghjorni ingordi chì cunsumanu l'età

    Sì mezu è cunfine, sì principiu èfine,

    Penseru prufondu è scopu per l'umanità

    Sì vita sìè da la prima stonda, u mondu và

    Fin’a l'ultima ronda di i ghjorni, u mondu anderà U mondu anderà...

    Ci ne serà passione, amori sfiuricciati

    È parolle lampate à chì sente à sà

    Ci ne serà ricordi è mumenti scurdati

    È tanti ghjorni andati ch'ùn si ponu fermà

    Sì vita, sì vera, sì pane chì nunda pò cambià

    Sì sfida, sì spera, funtana chì nimu pò stancià

    Sì vita, sì spera, sì brama E dà la prima stonda

    Fin’a l'ultima ronda Sempre cusì u mondu và

    Dà la prima carezza À l’ultim'amarezza

    A vita sempre anderà

     

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    http://www.barbara-furtuna.fr/

     

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    Il y aura des moments heureux, des heures ensoleillées

    L’avenir est plein de promesses, de chemins à parcourir

    Il y aura aussi des victoires et des voies sans issues

    Mais quand l'esprit est sourd le cœur lui sait déjà

    Tu es vie, tu es lutte, faim que rien ne peut assouvir

    Tu es route, tu es temps, tu es envie que l'on ne peut gaspiller

    Tu es ce temps précieux, ce torrent impétueux

    Tu es ces jours avides qui engloutissent les âges

    Tu es le centre et la frontière, le début et la fin

    Tu es cette pensée profonde qui porte l'humanité

    Oui tu es la vie et depuis le début ainsi va le monde

    Jusqu’à la dernière ronde des jours ainsi le monde ira

    Il y aura encore des passions et des amours fanés

    Et des paroles jetées à qui sait entendre

    Il y aura des souvenirs et des moments oubliés

    Mais les jours qui passent nul ne les retiendra

    Tu es vie, tu es vraie, tu es pain que rien ne peut remplacer

    Tu es défi, tu es espoir, fontaine que nul ne peut tarir

    Tu es vie, tu es espoir, tu es envie

    Et du premier instant Jusqu’au dernier mouvement

    Ainsi toujours le monde ira De la première caresse

    A la dernière amertume

    La vie sera toujours ainsi


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                                  De Ghjottani, marine, ce matin

     
     " Noire la plage étrillée écume blanche                blanches
    les striures de la montagne        creux de neige inviolés
    gris le Dorsoduro de la Balagne mer argent mêlée
    de froideur et de lave                noir l’acier dur d’un coeur
    sans larme      île frileuse tremblée dans ses lignes
    menaces enroulées à ses pentes flocons
    fluides incrustés branches de bruyère fils cendrés
     
    et
     
    grappes de dentelles l’Eolie de Morsiglia plane
    dans son rai de lumière en suspens de départ    
    le ciel se gonfle             dures eaux retenues engorgées
    sur la mer          silences routes sablées salées sabrées    
    quel mot      pour dire     ça grise sous les pas      sous la dent
    dure grince crisse là-bas en creux d’éboulis
    pierres écroulées sous les coups de
     
    l’île frissonne bleue dans son cresson de cistes
    étrillés sous la neige plumetis blancs que
    rien n’abîme pas même un souffle d’air et
    moi traversant l’hiver jour de blancheur
    balles de cotons voletant sur l’écume    
    quelle légèreté soudain me grise
    quelles ailes me portent
     
    à l’autre bout du ciel              il neige mais les montagnes
    ici ont enduré le froid et la mer couve
    ses secrets sous la tôle d’ondes noires apesanteur
    de mots apesanteur du moi les morts dorment
    à l’ombre de l’hiver      tombes de marbres
    lissées par la pluie clapotis doux qui berce
    la pensée vibrations de mots envols conjugués
    au temps en attente de sons agglutinés
    sans qu’aucun n’échappe fibre d’air léger
    rougeoyant sur la langue sans espoir d’éclosion
    sons délaissés au fond des gorges tenus
    serrés sous l’aplat d’une pierre grésillement têtu
    de la flamme      crépite sur l’horizon de feu       le temps
    détruit scarabée avaleur de minutes qui me roulent
    vers ma fin  je cherche comment déroger à
    la loi j’élargis mon espace bandes d’amours-accordéon
    plis contre plis d’un amour l’autre coeur
    brisé et cet autre quels mots pour le dire
    ressac de mots inchangés qui bercent
    régularité de la vague des mots !

     

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    ANGELE PAOLI
    Editions de Corlevour

    avril 2015

     

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    THIERRY RAYNAUD

    Photographie Thierry Raynaud

    http://thierry-raynaud.com/galerie-noir-et-blanc/


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  • 09/03/16--12:17: FALLAIT PAS !
  • Fallait pas jeter le linceul de la guerre sur ces contrées martyres ! Fallait pas la guerre ! Et maintenant l'image de cet enfant, de ce déjà corps d'enfant échoué sur la plage de Bodrum me déchire les yeux, me fermente de colère. Je suis en colère, je suis en rage contre les surpuissants de la terre. C'est vous ! C'est totalement vous qui avez fertilisé la géhenne par votre regard de spadassin et par vos armées envoyées.

    Cet enfant que les vagues auront été dernières à bercer, il est un. Un parmi les milliers d'invisibles déchiquetés, brulés, rejetés. Il est un parmi les horribles fruits de la guerre. Votre guerre. Notre guerre.

    Ces morts sont nos morts.
    Ce malheur est notre malheur.
    Cette inhumanité est notre inhumanité.

    Ce sont nos bombes qui tuent. Ce sont nos obus qui perforent. C'est notre fric qui domine et écrase. C'est notre regard qui impose. Oui nous sommes pères de Daesh et autres barbares parce que nous les avons enfantés. Nos interventions humanitaires armées ont été bien fécondes, bien prolifiques. Nous, les intelligents, les modèles à suivre, les valeurs à prendre, avons été bien moyenâgeux ! Revenir à la guerre pour solution ! Sombres crétins ! Kant, Jaurès, Hessel sont piétinés sur les plages ensanglantées. Et maintenant cet enfant au souffle des vagues, cet enfant qu'il est si horrible d'admettre qu'il est mort... La mer, plus humaine que nous, tente de lui insuffler les dernières souplesses de son corps. Et elle nous le rend.

    Nous avions été des millions à clamer qu'il ne fallait pas. Il ne fallait pas en Irak. Il ne fallait pas. Ils l'ont fait, et encore, et encore. Partout, notre monde s'embrase. Le couvercle de la boite de Pandore a été ouvert, pulvérisé. La guerre se propage, les éclaboussures de sang entrent dans nos trains, nos musées, nos journaux...

    Nous allons « accueillir » 100 000, 200 000... migrants et continuer la guerre, continuer à dominer, continuer à imposer. Nos valeurs sont si grandes. Nos valeurs sont si belles. Mais nos valeurs n'imaginent même pas comment refermer le couvercle de la boite de Pandore. Nos valeurs puent le fric et ne sont rien d'autre.

    Pour que nos enfants ne s'ajoutent à cet enfant des flots bleus, il serait grand temps que nous regardions dans les yeux ces valeurs qui sont les nôtres.

     

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    SERGE GROSSVAK
    Deuil la Barre, le 03/09/2015

     

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    SYRIE

    Syrie

     


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